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CONGO MON AMOUR
mardi 22 juillet 2008, a 16:34
Le Chef de l’Etat Joseph Kabila remercie les éléments de la PNC/Kasaï Occidental

 
Signe de magnanimité attentionnée du Président de la République : il vient de transmettre ses congratulations et ses remerciements aux éléments de la Police nationale du Kasaï Occidental qui ont brillé par leur conduite exemplaire aux festivités du 48ème anniversaire de l'Indépendance célébrées devant le Chef de l'Etat à Kananga José­ Alexantre Bakemo, inspecteur provincial de la PNC (Police nationale Congolaise) pour le Kasaï Occidental, a transmis dernièrement aux éléments de la PNC basés dans cette province, les remerciements du Président de la République, commandant suprême des forces armées et de la Police nationale, pour leur comportement exemplaire lors des festivités marquant le 48ème anniversaire de l'Indépendance de la RDC à Kananga. L'inspecteur provincial de la PNC qui s'adressait aux hommes de troupe a encouragé en derniers avant de les inviter à afficher un comportement toujours exemplaire.

Un mémo de l'Intersyndicale de la Fonction publique au Chef de l'Etat

Le Collectif des Syndicats de l'intersyndicale de l'administration publique (SYAP) a adressé le week-end un mémorandum au Chef de l'Etat, en guise de recours final pour l'exécution totale du “ barème de Mbudi ”.

Un responsable du SYAP, contacté par la presse, a déclaré que c'est depuis le mois de février que les contacts ont été pris avec le gouvernement et le Premier ministre sans qu'une réponse soit donnée aux revendications des fonctionnaires.

Le mémorandum rédigé mercredi dernier après une assemblée générale du collectif, fixe au 29 août le délai limite sur la position des instances nationales pour l'exécution des mesures de protestation.

ACP
 
 

mardi 15 juillet 2008, a 11:59
La vérité des faits : S’ils vous disent que Joseph Kabila Kabange n’est pas Congolais…

 

Dites-leur calmement : FAUX ! Joseph Kabila Kabange est d'ailleurs plus Congolais que ceux des Congolais qui lui contestent la nationalité congolaise.

C'est déjà assez significatif que ceux qui lui contestent la nationalité congolaise se révèlent incapables de lui en attribuer finalement une autre et qui soit exacte. Ils le présentent tantôt en fils adoptif, d'origine rwandaise, de Laurent-Désiré Kabila, tantôt de fils adoptif, d'origine tanzanienne, toujours de Laurent-Désiré Kabila, tantôt de fils adoptif, d'origine ougandaise, encore de Laurent-Désiré Kabila, quand ce n'est pas en fils de M'Zee mais avec une mère tutsi, sans cependant parvenir à situer la nationalité de cette mère dans une sous-région des Grands Lacs où les Tutsi sont présents aussi bien en RDC et au Burundi qu'au Rwanda et en Ouganda !

Pourtant, ses origines - à savoir naissance, tribus et ethnies - le placent dans six des onze provinces congolaises. Voici comment :

- son père, Laurent-Désiré Kabila, est originaire de la province du Katanga frontalière en territoire congolais avec les provinces du Kasaï occidental, du Kasaï oriental, du Maniema et du Sud-Kivu. La province du Katanga est frontalière avec l'Angola, la Zambie et la Tanzanie.  M'Zee appartient à l'ethnie Luba par son père et lunda par sa mère. L'ethnie Luba s'étend respectivement dans les provinces congolaises du Kasaï occidental et du Kasaï oriental. L'ethnie Lunda s'étend dans les provinces congolaises du Bandundu et du Kasaï occidental tout en étant présente en Angola et en Zambie.

- sa mère, Sifa Maanya, est originaire du Maniema, province autrefois comprise dans la province du Kivu frontalière avec la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda. Bangubangu, sa tribu s'étend dans les provinces congolaises du Kasai oriental, du Katanga et du Sud-Kivu.

Partant, Joseph Kabila Kabange est originaire à la fois du Katanga et du Maniema. Son ethnie paternelle ainsi que sa tribu maternelle sont dans le Bandundu, les deux Kasaï, le Grand Kivu et le Katanga tout comme en Angola, en Zambie et en Tanzanie !

Ceux de ses tribus et ethnies sont dans 8 provinces.

Si l'on ajoute son mariage avec  Marie-Olive Lembe, on se retrouve avec un couple 100 % Congo.

En effet, Marie-Olive Lembe Kabila est originaire du Bas-Congo par son père Barnabé Sita Kinsumbu et du Maniema par sa mère Léonie Kasembe Okomba. Sita Kisumbu est de la tribu Yombe présente dans le Bas-Congo, province frontalière avec le Congo-Brazzaville et l'Angola à l'extérieur ; Kinshasa et le Bandundu à l'intérieur.

Léonie Kasembe est des Anamongo présents à l'Equateur (province frontalière avec la Rca et le Congo-Brazzaville), au Kasaï oriental et au Grand-Kivu (province frontalière avec la Tanzanie, le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda).

Ainsi, ceux de ses tribus et ethnies sont dans 6 provinces.

Conséquence : le couple présidentiel se retrouve à la fois dans le Katanga, le Maniema, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Kasaï occidental, le Kasaï oriental, l'Equateur, le Bandundu et le Bas-Congo !

Mieux, il unit l'Est (comprenant la Province Orientale, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema, le Katanga, le Kasaï oriental et le Kasaï occidental) avec l'Ouest (comprenant l'Equateur, le Bandundu, Kinshasa et le Bas-Congo).

C'est bien là un atout que l'on peut considérer comme décisif dans un Congo réunifié, réconcilié et prêt pour la Reconstruction nationale.

« Plus Congolais que moi, ça n'existe pas », disait encore Joseph Kabila dans une interview à « Jeune Afrique L'Intelligent » recueillie le 9 avril 2006 et reproduite par « La République » dans la livraison n°043.

Joseph Kabila Kabange est donc de ces Congolais dont se doivent d'être fières les forces politiques et sociales qui s'attribuent depuis les années 1960 le mérite d'avoir consolidé l'unité et la conscience nationales.

De son vivant, même Mobutu s'en serait félicité !

C'est en cela que le Chef de l'Etat est un atout décisif dans les deux piliers du développement de la RDC demain, à savoir la Réconciliation et la Reconstruction nationales.

 

 

Yvon RAMAZANI

vendredi 04 juillet 2008, a 18:10
CPI:Jean-Pierre transféré à La Haye

 

 

L'opposant congolais Jean-Pierre Bemba, suspecté de crimes de guerre en Centrafrique et interpellé fin mai en Belgique, est arrivé aux Pays-Bas pour y être transféré à la Cour pénale internationale (CPI), a indiqué le procureur, l'Argentin Luis Moreno-Ocampo jeudi.

L'ancien rebelle et ex-vice-président de la République démocratique du Congo Jean-Pierre Bemba, exilé au Portugal après sa défaite à la présidentielle de 2006, va terminer son flamboyant parcours dans les geôles de la Cour pénale internationale (CPI) près de La Haye.

Le chef du Mouvement de libération du Congo (MLC, une ex-rébellion muée en parti politique) a été transféré jeudi de Bruxellles, où il avait été arrêté le 24 mai par les autorités belges qui exécutaient un mandat d'arrêt du procureur de la CPI pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis en Centrafrique entre le 25 octobre 2002 et le 15 mars 2003, à La Haye.

A l'époque, le MLC était allé appuyer le régime du président centrafricain d'alors, Ange-Félix Patassé, pour écraser une tentative de coup d'Etat du général François Bozizé, qui parviendrait plus tard à s'emparer du pouvoir.

M. Bemba, un colosse de 1,90 m âgé de 45 ans et qui aspirait à devenir le « porte-parole de l'opposition » congolaise, vivait plus d'un an au Portugal, dans une luxueuse villa de Faro (sud), où il se disait « en exil forcé ». Il avait quitté Kinshasa sous escorte blindée de l'Onu dans la nuit du 11 avril 2007, quelques semaines après de sanglants combats entre l'armée congolaise et sa garde rapprochée, qui avait été totalement défaite.

Après son échec au second tour de la présidentielle d'octobre 2006 contre Joseph Kabila, M. Bemba s'était engagé à conduire une « opposition républicaine ». Mais, élu sénateur en janvier 2007, il avait refusé de voir ses soldats, pour la plupart natifs de sa région de l'Equateur, regagner les rangs de l'armée nationale, estimant que sa sécurité n'était pas garantie. Après des semaines de tension extrême, des combats avaient éclaté les 22 et 23 mars 2007 en plein coeur de Kinshasa, faisant au moins 300 morts selon l'Onu. Le gouvernement l'avait alors accusé d'entretenir une « milice » et le parquet général avait initié une information judiciaire contre lui.

L'enfant chéri de Kinshasa contre M. Kabila en promettant de « rendre sa souveraineté au Congo », avait finalement pris le chemin de l'exil. Né le 4 novembre 1962 à Bogada, dans la région forestière de l'Equateur, M. Bemba est le fils d'un riche homme d'affaires proche de l'ancien dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko.

Après ses études en Belgique, notamment à l'ICHEC, il dirige les entreprises familiales. Touche à tout, il se lance à son compte dans la téléphonie mobile, le fret aérien, crée deux chaînes de télévision. Mais le « Mobutu miniature », tel que le surnommait la rue kinoise, quitte brusquement la capitale en 1997 après l'arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, père de l'actuel président.

Il dirige pendant la dernière guerre en RDC (1998-2003) une rébellion soutenue par l'Ouganda et crée, le MLC, pour renverser le régime de Kabila père. Il garde une grande fierté de ses « années de brousse » en Equateur (région frontalière de la Centrafrique) où le MLC régnait en maître.

A la fin de la guerre, ce personnage controversé, réputé autoritaire et audacieux, obtient un des quatre postes de vice-président au sein du gouvernement de transition de RDC. En 2006, il apparaît dès le début de la campagne électorale comme l'adversaire le plus sérieux de Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001 à la mort de son père.

Après une campagne de second tour émaillée de violences et où ses partisans entretiennent un discours de haine contre les étrangers, il est battu au second tour par le sortant avec un score très honorable de près de 42%. Plus d'un an après son départ de Kinshasa, M. Bemba envisageait d'y revenir pour briguer le poste de porte-parole de l'opposition politique. Ses proches lui avaient même trouvé une coquette villa et il affirmait que son retour n'était plus conditionné qu'à la bonne volonté du président Kabila.

Le transfèrement jeudi de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba, suspecté de crimes de guerre en Centrafrique et arrêté le 24 mai en Belgique, à La Haye était attendu, a indiqué l'un de ses avocats, Me Aimé Kilolo Musumba.

 

AVOCAT DE BEMBA : « LE TRANSFEREMENT DE MON CLIENT ETAIT ATTENDU »

 

Le transfèrement jeudi de l'opposant congolais Jean-Pierre Bemba, suspecté de crimes de guerre en Centrafrique et arrêté le 24 mai en Belgique, à La Haye était attendu, a indiqué l'un de ses avocats, Me Aimé Kilolo Musumba.

« Ce n'est pas une surprise. La décision de mise en accusation est devenue définitive et exécutoire depuis l'arrêt de la Cour de cassation », a-t-il déclaré, interrogé par l'agence Belga.

La cour de cassation, la plus haute juridiction belge, avait rejeté mardi deux pourvois formés par M. Bemba, contre deux arrêts de la chambre des mises en accusation de Bruxelles qui avaient confirmé son maintien en détention.

Les avocats de M. Bemba avaient obtenu de la justice belge une suspension du transfèrement durant le week-end du 21 au 22 juin du sénateur Jean-Pierre Bemba, au siège de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Les avocats avaient saisi en référé le président du tribunal de première instance de Bruxelles, qui avait décidé d'interdire le transfèrement de M. Bemba à La Haye tant que la procédure devant la Cour de cassation n'avait été tranchée.

« En vertu de la loi belge du 29 mars 2004, relative à la coopération avec la CPI et les tribunaux pénaux internationaux, M. Bemba pouvait obtenir une mise en liberté provisoire indépendamment même de la question de la validité du mandat d'arrêt.

Le transfèrement de M. Bemba sera maintenant pour nous une occasion de nous rendre directement à La Haye et de présenter les éléments de défense qui permettront d'établir que la responsabilité pénale de M. Bemba n'est engagée dans cette affaire », a expliqué l'avocat.

« M. Bemba a un moral très bon et reste très serein », a encore dit Me Kilolo Musumba, qui a rendu visite à son client mercredi soir à la prison de Saint-Gilles en vue de son transfèrement.

L'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) peut encore caresser l'espoir d'obtenir sa mise en liberté par la CPI pendant la poursuite de la procédure internationale.

L'ex-chef rebelle et vice-président congolais est poursuivi par la CPI pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, dont des viols et des meurtres, commis par ses hommes en Centrafrique en 2002 et 2003. Il était en détention à la prison de Saint-Gilles depuis son interpellation le 24 mai à Rhode-Saint-Genèse en vertu du mandat d'arrêt international émis par la CPI

Djo

jeudi 26 juin 2008, a 13:56
Colette Braeckman répond à Karel De Gucht

Une réaction du Ministre des Affaires étrangères à propos de la crise entre les deux pays et notre réponse

 

 

La Belgique et la RDC : entre réalité et fantasmes

Plusieurs articles écrits récemment par Madame Colette Braeckman sur la crise diplomatique entre la Belgique et la RDC contiennent une accumulation de contrevérités et de thèses dangereuses qui me force à réagir. Ce type de rapportage induit le lecteur en erreur mais surtout interfère gravement dans l'action diplomatique de la Belgique en prêtant à notre diplomatie des intentions qu'elle n'a pas.

La Belgique ne parie pas sur un changement de régime à Kinshasa

A plusieurs reprises, Madame Braeckman a soutenu la thèse que le gouvernement belge parierait sur un changement de régime à Kinshasa. Elle prétend que « les Belges jouent la montre ». Elle écrit que « d'aucuns soupçonnent déjà un agenda caché des Belges, qui pourraient être tentés de gagner du temps en spéculant sur un éventuel basculement du pouvoir à Kinshasa ! » Elle va jusqu'à insinuer que la CIA aurait financé la Cour Pénale Internationale de La Haye pour que celle-ci arrête Jean-Pierre Bemba avant que les Belges n'envoient ce dernier à Kinshasa pour y prendre le pouvoir.. Je peux comprendre que certains extrémistes en RDC souhaitent la rupture avec notre pays et fassent circuler de telles rumeurs absurdes. Je suis stupéfait qu'une journaliste expérimentée travaillant pour l'un des principaux quotidiens de notre pays se prête à ce jeu dangereux et contribue à alimenter ces rumeurs. Madame Braeckman pense-t-elle sérieusement que j'ai l'intention de faire renverser le Président Kabila ou que la CPI peut être corrompue par le CIA ?

 

La Belgique n'exige pas de droit de tutelle ou de droit moral sur le Congo. Selon Madame Braeckman la crise diplomatique entre les deux pays aurait été « provoquée par les propos tenus par le ministre De Gucht, qui réclamait une sorte de droit de tutelle moral sur le pays ». Il s'agit là d'une grossière distorsion de propos que j'avais tenu lors d'une interview à RTL-tvi dans laquelle j'estimais qu'il était « normal d'avoir le droit, voire le devoir moral, de dire ce qui va et ne va pas en RDC ». A une époque où l'universalité des droits de l'homme n'est plus remise en question, n'est-il pas acceptable d'exprimer ses préoccupations face à des questions de bonne gouvernance ou de droits de l'homme dans n'importe quel pays du monde, a fortiori si on a une relation historique avec ce dernier? Réclamer un droit de tutelle est évidemment tout autre chose. Je n'ai jamais réclamé un tel droit et défie Madame Braeckman de me dire où et quand j'aurais formulé de tels propos.

 

Selon Madame Braeckman, cette volonté de mise sous tutelle de la RDC se traduirait par des exigences concrètes de ma part : « vouloir prolonger l'embargo sur les armes, alors que les Nations Unies envisagent de lever cette mesure…, plaider, toujours à l'ONU, pour une sorte de mise sous tutelle internationale du secteur minier, défendre enfin le maintien permanent d'un observateur désigné par le Conseil des droits de l'homme ».

 

La politique de la Belgique vis-à-vis de l'Afrique, s'inscrit dans la philosophie d'un partenariat où chaque partie assume ses responsabilités. Les trois exemples donnés par Madame Braeckman, illustrent parfaitement cette politique, à condition de ne pas être grossièrement déformés.

Il n'y a jamais eu d'embargo onusien vis-à-vis du gouvernement du Congo. Tout d'abord, il n'y a jamais eu d'embargo des Nations Unies sur les armes à l'encontre des autorités légales de la RDC. Il existe bel et bien un embargo visant tous les groupes armés illégaux dans ce pays. C'est pour cela que la Belgique a œuvré au sein du Conseil de Sécurité pour le prolonger.

 

Nous sommes en effet tous scandalisés par les atrocités commises par les milices dans l'Est du Congo. Madame Braeckman comprend-elle la portée de cet embargo ? Les autorités de la RDC ont-elles des raisons de prendre ombrage d'une mesure qui ne les vise pas et qui devrait les aider à restaurer leur autorité sur l'ensemble du territoire ?

Il est vrai que les Européens sont aussi soumis à un code de conduite qui leur impose des conditions précises pour pouvoir exporter des armes. Ces conditions s'appliquent à tous les pays extérieurs à l'Union européenne et pas seulement à la RDC. Elles visent simplement à s'assurer que les armes vendues ne soient pas utilisées, par exemple, par des enfants soldats ou par des troupes indisciplinées qui commettraient des exactions contre les populations. L'Union Européenne et la Belgique ne sont pas en principe opposées à de telles livraisons d'équipements militaires à la RDC mais estiment que celles-ci doivent aller de pair avec une réforme de l'armée et des forces de police. L'Union Européenne offre actuellement son aide aux autorités de la RDC pour mener à bien cette réforme sur le terrain. Madame Braeckman estime-t-elle que la Belgique doit, en contravention avec ses propres lois, livrer des armes à la RDC sans aucune des garanties mentionnées plus haut ?

 

La Belgique ne cherche pas à mettre sous tutelle internationale les ressources minérales du Congo.

 

Les énormes richesses minières de la RDC peuvent être la meilleure et la pire des choses. Par les convoitises qu'elles suscitent et pas les revenus qu'elles génèrent, elles ont été, et continuent d'être, la cause de conflits sanglants et de malheur pour les populations locales. Exploitées de façon durable et transparente, elles pourraient se transformer en un formidable moteur de développement. Cette conviction m'a amené à créer, il y a deux ans, un groupe d'experts chargé de proposer des mesures concrètes et réalistes visant à mieux canaliser ces énormes ressources vers le développement du pays. Le rapport de ce groupe de travail a été officiellement transmis aux autorités de la RDC lors de ma dernière visite dans ce pays. Il a été reçu avec enthousiasme par les autorités et par les acteurs économiques du secteur. Madame Braeckman estime-t-elle que remettre des propositions aux autorités congolaises en leur faisant bénéficier de l'excellente expertise belge en la matière équivaut à une mise sous tutelle ? Sinon, sur quels fait avérés se base-t-elle pour lancer ses accusations ?

 

La Belgique est à juste titre préoccupée par la situation des droits de l'homme en RDC.

 

La Belgique souhaitait en effet la prolongation du mandat du rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits de l'Homme. La gravité de la situation à l'Est comme dans le reste du pays justifiait amplement cette mesure. La Belgique a été déçue par ce refus mais a pris bonne note de la décision des autorités congolaises. La prolongation du rapporteur spécial n'est plus à l'ordre du jour et ne doit donc plus être un obstacle dans les relations entre les deux pays. La Belgique reste toutefois vigilante à la question des droits de l'homme et demande aux autorités congolaises de prendre leurs responsabilités dans ce domaine.

Je pourrais encore ajouter qu'il est tout à fait faux que je me sois opposé aux contrats passés avec des sociétés chinoises ou que j'aurais été frustré parce que le port d'Anvers n'aurait pas obtenu de contrats lucratifs qui ne semblent exister que dans l'imagination féconde de certains journalistes.

 

Madame Braeckman prétend encore que la Belgique est isolée. Les conclusions adoptées le 16 juin dernier à l'unanimité par les 27 Ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne déplorant la fermeture des Consulats belges et exprimant la préoccupation du Conseil face à l'usage excessif de la force par la police congolaise au Bas Congo lui donnent tort.

 

Karel De Gucht

 

 

Notre réponse:

Qui est vraiment incontrôlable ?

 

 

Non seulement la colère est mauvaise conseillère, mais
elle semble empêcher de lire correctement les textes
publiés dans Le Soir. Où en effet aurions nous publié que «la CIA aurait financé la Cour pénale internationale » et que les Belges auraient jamais encouragé Jean-Pierre Bemba à gagner Kinshasa pour qu'il y prenne le pouvoir? Tout au plus avions nous suggéré que les Américains soutenaient les enquêtes de la CPI, information confirmée deux semaines plus tard par le périodique Africa Confidential, qui publia, dans son édition du 6 juin, que « selon des sources policières en Belgique, il apparut que Jean-Pierre Bemba était en possession d'un visa pour les Etats Unis et aurait eu l'intention de se rendre dans ce pays. Il semble que des officiels américains aient tenu la Cour informée de cette
intention, tandis que la mandat d'arrêt, émis le 126 mai,était tenu secret jusqu'à sa mise en œuvre. »

A propos du retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, citant des responsables de son parti, le Mouvement pour la libération du Congo, nous avons effectivement écrit qu'il se préparait à regagner le Congo, certainement pas pour y prendre le pouvoir, mais pour y occuper la fonction de « chef de l'opposition », un poste doté d'un statut légal.


Quant au « droit moral » que M. De Gucht revendique à propos du Congo, il s'agît là de propos confirmés à
plusieurs reprises, lors d'entretiens avec le président Kabila mais aussi dans la presse, et justifiés par le montant de l'aide au développement apportée par la Belgique.
Relevons en passant que si le ministre s'en était tenu aux usages diplomatiques et avait livré à huis clos réflexions et critiques au président au lieu de s'exprimer en présence d'une douzaine de témoins, la teneur de l'entretien aurait suscité moins de “fuites” et d'interprétations diverses.


Cependant, si le terme « tutelle » n'a pas été explicitement prononcé, comment interpréter autrement l'exigence de prendre connaissance des contrats passés avec la Chine et l'insistance mise à soumettre le secteur minier congolais à l'examen d'un groupe d'experts travaillant pour les Nations unies (une revendication qui perdit beaucoup de sa crédibilité lorsqu'il apparut que M. Pierre Chevalier (VLD) proposé par la Belgique comme représentant à l'ONU était depuis janvier membre du Conseil d'administration de la
société Forrest et avait ensuite été inculpé de blanchiment).


En ce qui concerne l'embargo qui frappe les fournitures d'armes et qui a été levé par résolution 1807 du Conseil de Sécurité, pourquoi M. De Gucht, à Kinshasa, a-t-il répété que la Belgique allait plaider pour que le « code de bonne conduite » de l'Union européenne reste d'application alors que les autorités de Kinshasa ne devraient pas se sentir concernées ? S'il est évident qu'il faut interdire les livraisons d'armes à des milices armées utilisant des enfants-soldats et terrorisant les populations civiles, M. De Gucht a certainement lu les nombreux rapports des ONG spécialisées et de la MONUC qui mettent en cause la
responsabilité des pays voisins (le Rwanda et l'Ouganda) dans l'approvisionnement des groupes armés
opérant dans les deux Kivu et dans l'Ituri
. En plus de demander à Kinshasa de démontrer que les militaires gouvernementaux ne feront pas un usage disproportionné de leur force lorsqu'ils rétablissent l'autorité de l'Etat, (l'armée congolaise, en pleine restructuration, s'est effectivement rendue coupable de violences disproportionnées dans le Bas Congo et est accusée d'exactions graves dans l'Est du pays) pourquoi M. De Gucht ne plaide-t-il pas pour que le même embargo sur les armes soit appliqué à ceux qui, par deux fois, ont porté la guerre au Congo et y soutiennent encore diverses milices?

Quant aux contrats chinois, le déplaisir des Belges face à ces accords de troc pour lesquels ils n'avaient pas
été consultés a été tellement évident que même des alliés européens s'en sont émus et ont chargé leurs
ambassadeurs à Kinshasa d'exprimer le «nihil obstat” de leurs gouvernements. Nous avons évidemment pris bonne note de sa déclaration selon laquelle jamais la Belgique n'avait envisagé de déstabiliser le régime congolais, ce que nous n'avions jamais présenté que comme «une hypothèse très hasardeuse », formulée par certains groupes au Congo. Aurions nous eu des raisons d'être plus affirmative ?


Revenons enfin sur le terme « incontrôlable » : sans avoir été démentie, La Libre Belgique, dans son édition
du 18 juin, prête ce propos au ministre, désignant le président Kabila au cours d'une conversation tenue en marge du Conseil européen de Luxembourg. A défaut de connaître les règles de la diplomatie, M. De Gucht devrait au moins se souvenir de l'histoire et mesurer la charge émotionnelle d'un terme tel que celui là. Concluons que le ministre sous estime peut-être la portée de l'expression qu'il a utilisée, s'étant montré “incontrôlable” lui-même, tant par le «Premier » Guy Verhofstadt du temps où il présidait le VLD qu'aujourd'hui par Yves Leterme

vendredi 20 juin 2008, a 09:01
Mobutu, Bemba: la fin des années Équateur


Mobutu avait fait rêver originaires et habitants de l'Equateur surnommés affectueusement «Code 32». Après trois décennies de pouvoir sans partage où les villes du Nord du pays furent célébrées comme des Mecque, il a été désacralisé par un Kasaïen - Étienne Tshisekedi - et abattu par un Katangais qu'il avait eu le tort de mépriser, le pire ennemi Laurent-Désiré Kabila. Il a néanmoins laissé une Dsp - sa redoutable armée spéciale - dont le chef de pacotille, le neveu Nzimbi a trouvé la mort en Belgique dans la totale déshérence.

Ses hommes servaient de terreau pour un autre fils de l'Équateur, fils Mobutu, le «Chairman» Jean-Pierre Bemba Gombo, qui allia terreur, férocité et mégalomanie mais par qui la province croyait renaître. Son arrestations et sa probable prochaine inculpation par la Cour Pénale Internationale jettent un discrédit sur une province bling-bling et referment une page trop salace.

Code 32 - pour trente-deux de régime Mobutu! Plus de trois décennies... Originaires et habitants de la province de l'Equateur étaient trop fiers du Congo d'après-indépendance. Les Bangala par le jeune journaliste Mobutu avaient su quadriller et manipuler la vie politique.

A l'extrême nord de la province, les Ngbandi (Gbadolite, Mobayi Mbongo) à la frontière de la Centrafrique dont ils partagent la langue généralement peu formés intellectuellement avaient réussi à prendre le dessus sur les Ngbaka (Gemena, au sud) peu formés certes mais portés sur les affaires.

NAISSANCE D'UN PUISSANT.
C'est ainsi qu'un Ngbandi, Litho Moboti, alors ministre des Finances à une époque où la Gécamines, état dans l'état, exporte 140.000 tonnes de cuivre et 40.000 tonnes de cobalt/an et pèse des milliards de dollars, décide de prendre partenaire un Ngbaka, Jeannot Bemba Saolona, conducteur de camion de transport en Équateur où, au volant de son truck Mercedes, il ravitaillait des villages de brousses en boîtes de conserve et savonnerie, achetant au passage les produits de la terre. Notamment le café.

La petite affaire va - grâce à des ponctions et détournements des deniers publics - à ce point si bien marcher que Jeannot Bemba Saolona estime devoir réclamer quelques égards que lui refuse l'homme fort du régime. Entre les deux hommes existent au moins deux races. L'un a été à l'école, l'autre pas.

Outre cela, Litho Moboti n'est autre que l'oncle propre de Joseph Désiré Mobutu à qui, par dessus le marché, le nouvel homme fort qui a évincé à la fois le président de la République Kasavubu et le Premier ministre Lumumba doit de ne pas être mort de famine lors des classes passées chez les Pères Blancs.

Mobutu doit aussi à la famille Endundo, des Mongo de Mbandaka, la grande ville du centre de la province, d'avoir échappé à une autre disette. Il gardera jusqu'à sa mort une amitié sans fin au frère aîné de José Endundo, son ami Lomata Etitingi aujourd'hui député de la nouvelle Assemblée nationale élue. Lomata a souvent eu le mérite de faire éclaffer de rire le Léopard, quand celui-ci en avait besoin.

Mais Lomata fit vite de quitter le bateau fou de son ami alors que la guerre de l'Afdl faisait rage et qu'il sentit son héros certainement irrémédiablement perdu. Avec femme et enfants, l'amuseur du roi Léopard prit la direction de l'Angleterre laissant derrière une scierie et une fabrique de peintures tombées en faillite depuis des décennies...

DERNIER PACTOLE FINANCIER.
Dernier ParSec de Mobutu et dernier caissier et banquier, le fils de Bemba Saolana, Jean-Pierre Bemba Gombo garda quelques semaines encore ses positions auprès du Maréchal malade et condamné. Au grand dam de la ribambelle d'enfants Mobutu, l'ancien D-g de la Société Scibe-Zaïre (Société commerciale Bemba) réussit à s'emparer du dernier pactole du Léopard. Dans certains milieux, on le dit «fils caché de Mobutu». Ce n'est pas sûr...

La semaine dernière à Bruxelles, le père Saolona a tonné face aux caméras: «Regardez la couleur de ma peau. Il y a dans mes veines du sang belge qui coule. Les Belges ne peuvent pas faire çà à mon fils».

A sa manière, le Sénateur - il a en effet réussi entre-temps à se réconcilier avec son fils et à se faire élire Sénateur sur les listes du parti de son fils, le MLC - réagissait au bannissement d'un enfant à qui il n'a jamais cessé de prodiguer des conseils mais qui délibérément annonça - les rébellions faisant rage - qu'il avait décidé de couper les communications avec un père heureux d'être ministre de l'Économie des Kabila.

«Lui c'est lui, moi c'est moi», expliquait le «Chairman» depuis ses maquis de la jungle de l'Equateur.

C'est avec le dernier pactole de Mobutu que Jean-Pierre lança sa rébellion contre le régime de Kinshasa après avoir échoué de rallier, à la demande de Museveni et de Kagame, celle de Goma?

C'est en tout cas avec l'appui de nombre des membres du «Code 32» qu'il décida de prendre la route de la rébellion, prenant ses nouveaux quartiers à Kisangani, avant d'en être délogé par les forces coalisées du Rcd-G et de l'armée rwandaise alors que l'UPDF, l'armée ougandaise se mettait à ses côtés.

JPBG bénéficia de l'appui de l'ancien chef de la Dsp Nzimbi, un Ngbandi - ou en tout cas de certains de ses hommes défaits par l'Afdl - comme de celui d'un autre général, un autre Ngbaka, Kpama Baramoto toujours en vie et toujours en exil. Après la fin de Mobutu mort en exil à Rabat, Maroc, abandonné de tous, tous les Code 32 rêvaient de rétablir la province «dans sa dignité». L'outil c'était le MLC.

D'où l'incapacité pour l'aile kasaïenne (François Mwamba Tshishimbi, Delly Sessanga, François Luhaka, Jean-Pierre Tshimamga, etc.) malgré excès et braillements guignolesques compréhensibles - il faut éviter d'être accusé de mollesse ou de connivence avec l'ennemi - d'espérer émerger dans ce sein.

Les Code 32 ont tout ceinturé, investi tout l'or - souvent bien malgré eux - dans ce fils Jean-Pierre. C'est raté. Alors qu'ils pensaient avoir inventé la meilleure machine pour leur retour au pouvoir, la tragique et humiliante fin de Bemba les met à nouveau K.O et referment les années Equateur. Il n'est pas sûr qu'ils sachent se relever. Quand d'autres pôles - à l'Est et à l'Ouest - reprennent l'initiative.

D. DADEI.

mercredi 11 juin 2008, a 12:23
La vérité des Faits! : 31. S’ils vous disent que les événements de Kinshasa en mars 2007 ont été provoqués par Joseph Kabila Kabange…

 

Dites-leur calmement : FAUX !  Pour appréhender, pénétrer et circonscrire ces événements, il est indiqué de rappeler les faits historiques ci-après :

 

Violation des Accords de la « Monuc »

 

1. Bemba n'avait accepté ni le verdict des urnes, ni celui des juges. En effet, avant le verdict des urnes, il y avait eu la proclamation de sa victoire au Second tour. Faite au nom de l'Union pour la nation par le sénateur Lunda Bululu en la résidence secondaire de Chairman sur le Bld du 30 juin (lieu de départ de la plupart des événements malheureux à se produire entre août 2006 et mars 2007), cette déclaration était en elle-même une violation délibérée (la première, de toutes les façons) des accords politiques conclus entre ses délégués et ceux de Kabila sous les auspices de la Monuc, accords qui prévoyaient notamment des dispositions sécuritaires à prendre par le vainqueur en faveur du vaincu. Pour mémoire, le décret n°6/143-b du 13 novembre 2006 en est le produit.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Contestation des résultats du Second tour

 

2. Après le verdict des juges, Chairman ne s'était pas inscrit dans la logique d'une opposition forte et républicaine, contrairement à ce qu'il souligne. A preuve : il avait brandi la menace de la remise en cause des résultats électoraux à la première occasion. Pour rappel, dans sa déclaration du 28 novembre 2006, il avait  considéré que le procès « n'a été ni équitable, ni juste pour restaurer la transparence et la vérité des urnes ». Il ajoutera d'ailleurs ceci : « Nos griefs sur cette élection demeurent et nous serions bien fondés à en contester le verdict » !

« La République » fut l'un des rares journaux à relever que le vaincu du Second tour n'avait ni félicité Joseph Kabila de son élection (comme le font les perdants ayant réellement l'esprit démocratique), ni eu un seul petit mot de remerciement à l'égard des partenaires extérieurs (devenus ses principaux défenseurs). On n'a qu'à relire le texte intégral de sa déclaration.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Attaques pendant la campagne électorale

 

3. Pour que l'Histoire soit préservée de la souillure, il est impérieux de nous remémorer le parcours des deux candidats à partir de la campagne électorale ouverte le 29 juin pour se terminer le 28 juillet 2006.

Pour avoir couvert la campagne électorale dans la suite du candidat Joseph Kabila au Premier tour, cela successivement aux étapes de Kisangani et Isiro (Province Orientale), Gbadolite, Gemena et Bumba (Equateur), Lodja, Mbuji-Mayi et Kabinda (Kasaï oriental), Kindu (Maniema) et Lubumbashi (Katanga), nous avons beaucoup vu, énormément entendu.

Introduit dans chacune de ses adresses par Vital Kamerhe, alors secrétaire général du Pprd, le candidat Kabila n'avait pas une seule fois tenu des propos déplacés envers un seul de ses 31 concurrents. Dont Jean-Pierre Bemba. Pas une seule fois nous n'avons vu ou entendu les militants du Pprd s'attaquer aux militants d'autres partis ou détruire leurs matériels de campagne.

Par contre, Jean-Pierre Bemba alignait des attaques en règle soit par lui-même, soit par ses hommes interposés.

Les premières attaques avaient commencé par Lubumbashi avec des allusions à peine voilées sur les contrats miniers. Chairman avait conscience, lui, de s'adresser directement à Kabila étant donné que la campagne ne portait pas sur les législatives nationales ou provinciales, encore moins sur l'élection du gouverneur de province. La campagne visait la présidentielle !

De retour à Kinshasa, les attaques s'étaient amplifiées le 27 juillet 2006. D'abord, sur son parcours de l'aéroport de Ndjili au stade Tata Raphaël, tous les matériels de campagne de Kabila avaient été détruits. Les sièges de la Ham et de l'Ondh, de même les installations de l'Armée de l'Eternel et de l'orchestre Wenge musica maison mère avaient été vandalisées. Des policiers étaient les uns molestés, les autres abattus froidement par ses partisans. Ensuite, en plein meeting au stade, Jean-Pierre Bemba avait exploité les fameuses injures qu'aurait faites son concurrent Kabila aux Kinois. Il s'était livré à une surenchère scandaleuse. Enfin, il avait laissé ses médias exploiter à fond le discours sur la congolité promu par Honoré Nbganda et l'Apareco.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Provocations à Gbadolite, Gemena et Bumba

 

4. Témoins oculaires de scènes de provocation vécues par le candidat Kabila à Gbadolite, Gemena et Bumba, nous avons vu comment les éléments Fardc commis à la sécurité de Bemba dans les deux premières villes s'étaient comportés pendant la séjour de celui qui, jusque-là, était tout de même le chef de l'Etat en fonction. A Gbado, ils avaient noué un bandeau rouge sur le front et sur le bout du canon de leurs armes. Signe qu'ils étaient prêts à tout affrontement armé avec la garde présidentielle. Neuf mois plus tard,  ces scènes vont  se répéter à Kinshasa !

A Gbadolite, les éléments de Bemba avaient même coupé le signal Rtnc et Digitalcongo la veille de l'arrivée de Joseph Kabila Kabange.

A Gemena, ils avaient empêché les jeeps du cortège présidentiel d'être débarquées de l'avion ; ce qui obligera Kabila de parcourir à pied la distance séparant l'aéroport de l'institut Gemena, lieu du meeting.

A Bumba, Radio Liberté avait accru le discours sur la congolité, exactement comme elle le faisait à Gbadolite et à Gemena.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Appel au soulèvement des Kinois

 

5. Le 20 août 2006, date fixée pour la proclamation par la Cei des résultats provisoires pour le Premier tour, des acteurs politiques proches ethniquement de Bemba avaient passé des heures entières sur Radio Liberté Kinshasa (Ralik) à préparer les Kinois au soulèvement en cas de victoire de Joseph Kabila.

A partir de 11h00, les auditeurs de Ralik entendront ce message : « Les résultats attendus allaient consacrer la victoire du candidat des Occidentaux, celui avec lequel les Occidentaux entendaient signer des contrats léonins sur les dos du peuple congolais, en privant Bemba de sa victoire » !

Ils avaient même poussé la provocation à l'inimaginable en demandant aux Tanzaniens ou aux Rwandais de venir récupérer leur « fils » au risque de le voir subir le supplice du libérien  Samuel Doë !

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

Ou plutôt si, car tout ce qu'il retiendra des événements du 20 au 24 août 2006, c'est l'attaque dont il fut l'objet en sa résidence secondaire du Bld du 30 juin alors qu'il recevait les diplomates membres du Ciat. Or, c'est le même jour et au même endroit que ses gardes avaient enfermé les éléments de la Garde présidentielle. Probablement que ses gardes, qui pouvaient tout ignorer sauf une action musclée de récupération, lui auront caché cette prise d'otage.

C'est déjà révélateur qu'au sujet de ces incidents, le Mlc n'ait jamais insisté dans la réclamation d'une enquête internationale indépendante.

 

 

Incendie de « Ccktv »

 

6. Le 18 septembre 2006, un incendie s'était déclaré dans l'immeuble abritant le siège national du Mlc et des médias Bemba (Cctv, Cktv et Ralik). Cet incendie avait été rapidement attribué au député national Pprd Kasongo Numbi, invité pourtant à une émission par le directeur général de Cctv, Stéphane Kitutu O'leontwa. Mais la suite des événements révéla qu'il s'agissait d'un accident consécutif à un court-circuitage électrique.

Hélas !, l'infortuné Kasongo Numbi se retrouvera avec une jambe cassée ; un garde de Bemba lui ayant fracassé la jambe avec une brique ! L'acte avait été commis dans la même résidence secondaire du Bld du 30 juin !

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Destruction de la Cour suprême de justice

 

7. Le 11 novembre 2006, il y avait eu destruction d'une partie de la Cour suprême de justice alors que cette instance devrait se prononcer sur la requête en annulation des résultats provisoires du Second tour de la présidentielle proclamés par la Cei et de l'entièreté de la maison communale de Gombe où le couple présidentiel venait de célébrer le mariage civil.

Dans la foulée, encore des policiers seront les uns abattus, les autres molestés par les hommes de Bemba, principalement ceux qui se trouvaient en faction dans le paramètre « Rond-point Mandela/Bld du 30 juin – Place Cadeco – Place Cour suprême de justice – Rocade Inss », devenu un no man's land dans la ville. Les sièges de l'ong Parec et de la Fecofa avaient également été détruits.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Dieu ne fait pas Bemba « vainqueur »

 

Peut-on, un seul instant, et en toute honnêteté, dire que tous ces actes-là, signés au grand jour, présageaient d'un excellent climat de confiance et de cohabitation pacifique entre Joseph Kabila Kabange et Jean-Pierre Bemba Gombo, l'un ou l'autre comme chef d'Etat ou chef de file de l'Opposition ?

Bien au contraire. Et Bemba le savait étant donné qu'avant les événements de mars 2007, il y a eu ce gros exhibitionnisme militaro-fétichiste observé plusieurs semaines durant sur le Bld du 30 juin, devant la même résidence secondaire.

Faisant face aux éléments Fardc positionnés dans le cimetière de Gombe et ses voisinages immédiats, les éléments Fardc commis à la garde de Chairman terrorisaient pratiquement la population avec le même bandeau rouge noué sur le front et sur le canon de leurs armes, scène observée à Gbadolite et Gemena six mois plus tôt !

Déjà, dans l'émission « Pona Ekolo », un bembiste louait l'intrépidité des éléments de l'ex-branche armée du Mlc. Un député Mlc originaire de l'Equateur prédisait une défaite cuisante aux Fardc en cas d'affrontement armé avec les mêmes éléments.

Il est de notoriété publique que les événements de Kinshasa résultaient de l'interview accordée par Chairman à quatre médias politiquement proches.

Pour rappel, Bemba – à qui Joseph Kabila Kabange a rendu visite en sa résidence principale aussitôt connus les ennuis de santé avec la foulure au pied qu'il s'est faite dans ses escaliers - venait de rentrer de son séjour médical au Portugal. Il devait signer sa rentrée politique !

Mais quelle rentrée politique ?

Depuis plusieurs semaines, en effet, l'Etat-major général des Fardc avait soumis tous les militaires à un recensement général. Le délai dépassé, un ultimatum de 15 jours leur avait été imparti.

Or, à quoi avait-on assisté ? Avec le recul du temps, on devrait auditionner à nouveau cette interview pour circonscrire toute la démarche provocatrice dans le chef de celui qui se voulait chef de file de l'Opposition forte et républicaine ! Car Bemba parlait de ses soldats (« Basoda na ngai », répétait-il en lingala). Il les soustrayait à l'appel de la Haute hiérarchie militaire ; ce qui revient à dire qu'il les invitait ouvertement à la désobéissance, à la mutinerie !

Réclamant l'application des accords de la Monuc en ce qui concerne le dispositif sécuritaire spécial que le vainqueur devrait mettre en place pour le vaincu, il se gaussait en même temps des Fardc qui, selon ses propos, devraient plutôt se retrouver au Nord-Kivu pour combattre Laurent Nkunda ou à Kahemba pour en chasser les Angolais !

Ainsi, remettait-il en cause tout le processus de brassage enclenché !  

Paradoxe congolais : au lendemain de cette interview, un journal de la place soutenait que les Occidentaux avaient très bien apprécié cette prestation qu'ils considéraient comme digne d'un Opposant ! Et le surlendemain, c'était la guerre en pleine ville de Kinshasa avec son cortège de morts, de blessés et de destruction des biens.

L'épisode rappelait aux Kinois le pillage de 1991. Un journal de la même obédience s'en était vanté le lendemain, reprenant la réaction d'un leader de l'Union sacrée selon laquelle « Mobutu avait pillé le peuple, et maintenant le peuple pille Mobutu ». On connaît la suite avec le chômage qui s'en est suivi.

Bref, Bemba a planifié son coup ; mais cette fois-là, Dieu ne l'a pas fait « vainqueur » ! Au contraire, Dieu l'a littéralement confondu parce qu'il s'est mis à faire ce qu'en d'autres circonstances il n'aurait jamais fait.

Tenez !  Primo, il va offrir le cessez-le-feu au commandement des Fardc dès que les choses ont commencé à se gâter pour sa garde, entrée pratiquement en mutinerie. Or, le cessez-le-feu est un acte militaire, et seul le militaire (loyaliste ou rebelle) est compétent pour le prendre. L'observation est, une fois de plus, du journal « La République ».

En l'annonçant le 22 mars 2007 aux environs de 18h00 dans une déclaration faite sur Radio Okapi, Bemba a, en réalité, confirmé qu'il était toujours à la tête d'une branche armée alors que la Constitution promulguée le 18 février 2006 et à l'adoption de laquelle il avait largement et activement contribué lors du référendum des 18 et 19 décembre 2005 interdit formellement le détournement des éléments Fardc ainsi que l'entretien des forces paramilitaires, des milices etc.

Du reste, dans une déclaration du 28 mars 2007 signée de son chargé de Communication, il ressort au point 1 que « Le jeudi 22 mars 2007, l'honorable sénateur JP Bemba Gombo a demandé au Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, l'ambassadeur William Swing, de prendre des dispositions pour faciliter l'intégration par l'Etat-major général des FARDC des éléments commis à sa garde dans les villes de Gbadolite et de Gemena ». C'est la preuve, si besoin est,  que jusqu'à cette date du 22 mars, l'intégration n'était pas toujours faite !

Un malheur ne venant jamais seul, Bemba va confirmer au travers de la même  déclaration, au point 2, la détention par devers lui d'un armement à Gbadolite et Gemena. « Les entrepôts d'armements de Gbadolite et de Gemena avaient été mis sous observation de la Monuc depuis que l'honorable sénateur JP Bemba avait quitté cette ville en juillet 2003. Ces entrepôts avaient été contrôlés par une délégation de l'Etat-major général des FARDC en 2004 », y lit-on. La déclaration n'explique pas cependant pourquoi, jusqu'en mars 2007, l'armée nationale n'en avait pas encore pris possession !

Et au point 3, l'honorable sénateur JP Bemba « prend acte ce jour de l'intégration par l'Etat-major général des FARDC des éléments commis à sa garde déployés dans les villes de Gbadolite et de Gemena, ainsi que de l'entrée en possession par la hiérarchie militaire des entrepôts d'armement de Gbadolite et de Gemena ».

En d'autres termes, c'est seulement le 28 mars 2007 que Chairman a mis à la disposition de l'armée et ses hommes, et son arsenal de guerre !

Rien qu'avec cette déclaration, il s'en est allé des circonstances atténuantes aux circonstances aggravantes, se livrant lui-même aux instances judiciaires.

La Constitution, à l'instar du Sénat, soumet toute action judiciaire à charge d'un sénateur à la levée de son immunité parlementaire. C'est ainsi que le 10 avril 2007, soit 13 jours après la déclaration suicidaire et 18 jours après les événements dits de Kinshasa, le Procureur général de la République, Tshimanga Mukeba, a adressé au Président du Sénat une requête pour cette levée.

Devenu président du Sénat au terme de l'élection du Bureau définitif, et au nom du principe de continuité de l'Etat, Léon Kengo, juriste de formation et prédécesseur de Tshimanga Mukeba, se devait de donner suite à la procédure déclenchée. Curieusement, il va superbement ignorer cette correspondance. D'ailleurs, au lendemain de son élection, il fera sur Rfi la déclaration suivante : « Je considère que ce problème est éminemment politique. Il ne faut pas en faire une question judiciaire qui risque d'exacerber la situation et l'opinion. Il faut un règlement politique de ce dossier ».

Tout aussi curieusement : il sera le premier à se plaindre du silence du Premier ministre Antoine Gizenga à sa propre correspondance favorable à Jean-Pierre Bemba !  C'est aussi cela, le fonctionnement de la République. Aux uns, on fait subir la rigueur de la loi ; aux autres, on promeut la solution politique, même quand l'acte infractionnel est signé !

Ce n'est cependant pas une raison pour tronquer l'Histoire, d'autant plus qu'il n'y a rien de pire qui puisse arriver à une Nation que de voir l'élu du peuple mentir au même peuple.

Au regard de ce qui précède, personne de raisonnable ne peut faire porter à Joseph Kabila Kabange la responsabilité des événements de Kinshasa de mars 2007.

N'en déplaise à Jean-Pierre Bemba qui continue de soutenir dans ses déclarations que le Chef de l'Etat aurait tenté de le tuer à trois reprises.

 

 

jeudi 24 avril 2008, a 20:49
Kabila parle : Le rapport maître- esclaves entre la Belgique et la RDC, C'est fini

 
 
 
 

 

 
 

ENTRETIEN

KINSHASA

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE

Barbe poivre et sel, cheveux drus, regard brillant, le président Joseph Kabila s'est donné un look de maquisard, de « freedom fighter », illustrant peut-être les combats qui se mènent en ce moment avec pour enjeu la souveraineté et le décollage économique du Congo.

Ces dernières semaines, depuis qu'il exerce la présidence de la Communauté des Etats d'Afrique centrale, il a multiplié les voyages : Zambie, Afrique du Sud, Inde, une réunion à New York au Conseil de Sécurité dont il était rentré un jour plus tôt que prévu pour recevoir lundi la délégation belge, composée du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, des ministres de la Défense Pieter De Crem et de la Coopération Charles Michel.

Un agenda chahuté, les Belges ayant pris comme une offense le fait que le rendez-vous qu'eux-mêmes avaient suggéré pour lundi matin soit déplacé en fin d'après-midi… Au cours des deux rencontres avec le trio belge, mené par Karel De Gucht, les échanges furent parfois rudes, à la limite de l'incident.

« Le partenariat belgo-congolais est vraiment très fort, il devrait survivre à ces tensions », devait conclure Pieter De Crem avant de repartir pour la Belgique alors que ses deux collègues s'envolaient pour l'est du pays.

Au lendemain de son dernier entretien, mené durant une heure quarante avec la délégation belge, le président Kabila a accepté de répondre aux questions du Soir.

Au-delà des péripéties liées à l'agenda proprement dit, quel bilan tirez-vous de la visite de la délégation belge ?

Il me semble que la mission n'était pas très bien organisée, parce qu'au départ il n'était question que de la visite du ministre de la Défense, invité par son homologue Chikez pour faire le point sur le partenariat militaire que nous apprécions beaucoup et entendons bien continuer. Les ministres De Gucht et Charles Michel ont décidé ensuite de venir ensemble. J'ai donc reçu la délégation dirigée par le ministre De Gucht qui m'a délivré un message au nom du gouvernement belge. Mais quel message ! Un message que je n'ai pas du tout apprécié et je le lui ai dit. Pour moi, l'essentiel, c'est que la Belgique doit se décider à propos du type de relations qu'elle souhaite entretenir avec la République démocratique du Congo. Soit de bonnes, de très bonnes relations de partenariat adulte avec un Etat souverain et indépendant, soit des relations de maître à esclave. Le gouvernement belge doit lever l'option sur ce point et construire une relation sur la base de son choix.

Estimez-vous qu'au cours de cet entretien avec vous, c'est le Congo qui aurait été traité injustement ?

Il ne s'agit pas de moi, de ma personne. Mais je constate que chaque fois qu'une mission est dirigée par le ministre des Affaires étrangères, c'est avec beaucoup d'arrogance, comme si nos visiteurs venaient ici pour nous donner des leçons. C'est inacceptable. Le Congo n'acceptera jamais cela, et surtout pas moi. Un autre peut-être, mais pas moi. Dans ce pays, on a versé le sang, et pour notre indépendance, et pour notre libération. Je n'accepterai jamais de leçons de la part de qui que ce soit, qu'il s'agisse du ministre des Affaires étrangères belge ou chinois, peu importe. La Belgique doit décider du type de relations qu'elle souhaite entretenir avec le Congo.

Il est vrai cependant que la Belgique entretient une relation de longue durée avec le Congo ?

Oui, mais la Belgique est d'abord un partenaire. Moi, j'espère bien que la Belgique sera toujours un pays ami, un pays frère, avec lequel je n'ai personnellement aucun problème. Mais une année et demie après les élections, on ne peut pas traiter avec la République démocratique du Congo comme si on était dans les années 90, qui ont été marquées par la conférence nationale souveraine, la transition, les guerres, etc. Il faut savoir que le Congo a complètement changé, et c'est cela le point de départ : il y a ici un pouvoir légitime. Même avant, je ne pouvais pas accepter que les gens puissent traiter avec notre pays comme s'il était encore une colonie…

Votre réaction aux entretiens avec la délégation belge porte-t-elle sur la forme ou sur le contenu de ce qui a été dit ?

Il y avait un problème sur la forme aussi, mais c'est surtout le contenu qui posait problème. Après notre réunion d'hier, j'espérais bien que, sur cette base, nous pourrions tourner la page. Les points de friction portaient entre autres sur le poste de rapporteur pour les droits de l'homme. Nous avons demandé que ce poste ne soit pas reconduit. L'Etat congolais n'est-il pas souverain ? Nous prenons nos décisions en fonction de nos intérêts, de la politique de notre pays et surtout de son développement. Un rapporteur spécial ici ? Mais pourquoi chez nous et pas dans d'autres pays d'Afrique ? La situation est-elle tellement grave ici qu'il faut que quelqu'un soit toujours là à observer, à surveiller ? J'ai suivi les positions des ONG, belges et autres, mais je répète que c'est inacceptable.

Ce que je refuse, c'est qu'une sorte de tutelle continue à s'exercer sur nous. Je ne récuse pas le droit de regard, car ici on applique la transparence. Qu'il s'agisse des droits de l'homme, de la gouvernance, tout le monde peut regarder ce qu'il veut. Je me considère comme le premier défenseur des droits de l'homme. Mais une tutelle, non, c'est inacceptable.

L'incident avec la Belgique est-il clos ?

Il n'y a pas d'incident, car je n'ai pas voulu qu'il y en ait, il n'y a eu que le début d'un incident, quelque chose comme une provocation… Je sais seulement qu'en Angola, en Afrique du Sud, en Tanzanie, au Soudan et ailleurs, si la délégation belge portait un message comme elle l'a fait ici, elle aurait été chassée. C'est la dernière fois que j'ai accepté de recevoir une délégation porteuse d'un tel message. La prochaine fois, il y aura certainement un incident…

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vendredi 18 avril 2008, a 17:15
A l’origine de sa propre auto-exclusion : Bemba s’est trahi par ses faits et gestes !

 


Une interview de Jean-Pierre Bemba à Radio Okapi, diffusée dans la presse kinoise le 14 avril 2008 concomitamment avec une analyse critique du Ccd de Jean-Pierre Lisanga Bonganga sur le même sujet, à savoir le retour à sécuriser de Chairman, a bénéficié en début de cette semaine d'une forte médiatisation.

Normal : après l'échange de courrier entre le Sénat et le Gouvernement les 24 et 29 mars passé et la publication, par la chambre haute, du communiqué du 31 courant évoquant pour la première fois les dispositions relatives à la fin du mandat selon l'article 204-6 du Règlement intérieur, l'exilé de Faro a réagi par voie de média. Selon une dépêche Afp du 1er avril, il s'est dit surpris d'apprendre de la presse ce message. Insistant sur le caractère politique de la solution à son problème, il a enjoint le gouvernement de désigner les interlocuteurs censés discuter avec lui des conditions de son retour.

Deux semaines après, il y a eu cette interview à Radio Okapi et cette analyse critique du Ccd venues relancer en quelque sorte le dossier.

Manifestement, et malheureusement, le sénateur Bemba et le député national Lisanga ont comme résolu de tronquer l'Histoire pour se dédouaner vis-à-vis de l'opinion et, de ce fait, continuer à culpabiliser Joseph Kabila et sa famille politique restés dramatiquement fidèles à l'esprit « porteur d'œuf ».

En effet, là où Bemba dit à son interviewer : « Je crois qu'heureusement vous avez vu ce que j'avais déclaré au lendemain de la décision de la Cour suprême de justice pour éviter le chaos » et explicite sa pensée en soulignant que « j'avais dit que je m'inscrivais dans une opposition républicaine et forte », Lisanga ; lui, renchérit en ces termes : « Le CCD tient à rappeler à l'opinion tant nationale qu'internationale que conformément à l'esprit de l'accord du 29 octobre 2006, le candidat Jean-Pierre Bemba, dont on avait officiellement annoncé la défaite, a évité au Peuple congolais la situation déplorée à ce jour au Kenya, en faisant une déclaration radiotélévisée demandant à ses partisans de s'inscrire dans une opposition forte et républicaine ».

La ressemblance des expressions est fortuite, préviendrait le romancier !

Pourtant, les deux Jean-Pierre savent qu'ils parcellisent la narration des faits remontant à une quinzaine de mois à peine. Des faits encore frais dans la mémoire collective, à moins de continuer de prendre les Congolais, à commencer par leurs propres électeurs, pour de gros amnésiques.

Rafraîchissons les deux honorables la mémoire :

 

Violation des Accords de la « Monuc »

 

1. Bemba n'avait accepté ni le verdict des urnes, ni celui des juges. En effet, avant le verdict des urnes, il y avait eu la déclaration proclamant sa victoire au Second tour. Faite au nom de l'Un par le sénateur