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CONGO MON AMOUR
mardi 03 novembre 2009, a 10:12
Ngbanda qualifie les Kinois de « déchets » vivant dans Kin-la-poubelle !
 

Effets collatéraux de l'arrestation de « Frère Patrice »

Ngbanda qualifie les Kinois de « déchets » vivant dans Kin-la-poubelle !

 

            Premier à annoncer l'arrestation de Frère Patrice, premier à en justifier la raison par un message de Dieu adressé à Joseph Kabila, le média Apareco « Œil  du Patriote » continue de verser dans la manipulation, l'intoxication, la désinformation et même l'injure. A preuve, ses livraisons du 22, du 23 et du 25 octobre 2009.

Pour en prendre la mesure, commençons par le titre « Arrestation du ‘Frère Patrice' ». Ce qui surprend d'emblée dans cet article, c'est l'usage des guillemets comme pour mettre d'emblée en doute de la foi chrétienne du chanteur pasteur !

L'Apareco relate es faits en ces termes : « Ce mercredi 21 octobre à 9 heures, ‘Kabila' reçoit en audience privée le ‘Frère Patrice' qui y avait été conduit par ZOE, le frère de Kanambe en vue de lui délivrer un message personnel de la part de l'Eternel. Dès le début de l'audience, l'Homme de  Dieu fait face à son interlocuteur et lance : « Trois fois durant les nuits du 19, 20 et 21 octobre, l'Eternel m'a ordonné de vous transmettre le message suivant : un orage très violent va souffler sur la RDC au courant du mois de novembre prochain. Ce vent sera si violent qu'il ferra déraciner le baobab. Les toitures de toutes les maisons voleront et tu seras sans abri, trempé par la pluie de l'orage ! Dieu t'ordonne donc de demander pardon au peuple, d'organiser les élections auxquelles tu ne devras pas prendre part, et de t'en aller ! »

 « Aussitôt le message délivré, ‘Kabila'  piqua une crise de colère et convoqua illico l'Administrateur principal de l'ANR en charge de l'Intérieur, Monsieur KALEB, pour ‘ramasser' Frère Patrice après que son accompagnateur ZOE se soit furtivement retiré sur la pointe des pieds. Ainsi, Frère Patrice fut conduit manu militari au bureau de l'AP/ANR Kaleb sur l'avenue des 3Z dans la commune de la Gombe où il fut interrogé durant des heures jusque tard dans la nuit, avant d'être transférer dans la Direction des services de contre espionnage située sur avenue Mongala dans la zone de la Gombe, à côté de la Direction générale de la MIDEMA, où il subit un « interrogatoire musclé », selon notre source bien introduite ».

            Bien des internautes ont réagi. Parmi eux Elonga Adjadje. Voici ce qu'il en dit : « À l'analyse du posting de l'œil du patriote, il y a lieu de se poser une question fondamentale. Frère Patrice a rencontré le Chef de l'État en audience privée. Qui est l'informateur de l'œil du patriote concernant le message divin ? Personne ne le saura jamais, secret professionnel oblige, l'œil du patriote se faisant passer pour un organe de presse. Par ailleurs, dans l'éventualité que les faits se soient passés tels que rapportés par l'œil du patriote, Frère Patrice n'est-il pas à assimiler à ces illuminés qui prennent leurs songes pour réalité ? Est-ce de cette façon, crue, qu'il aurait dû passer ce message ? Dieu a contacté Frère Patrice pour une prédiction sur le départ du Chef de l'État qui doit demander pardon au peuple congolais. Pourquoi ce même Dieu n'intervient- il pas avec des messages concernant ceux qui maltraitent nos compatriotes à l'Est du pays et dans le Bas-Congo ? »

           

Oui, c'est pitoyable !

 

            C'est tout de même surprenant que les « Aparacoïstes » soient traités avec autant de mépris par Ngbanda et son entourage.

            En effet, dans l'Abc du journalisme, tout propos rendu en citation doit être exactement celui qui a été tenu par l'auteur. Dans le cas d'espèce, l'auteur est bel et bien Frère Patrice. Pour rejoindre alors Elonga, l'audience étant privée, c'est donc Patrice qui doit avoir déclaré à Joseph Kabila : « Trois fois durant les nuits du 19, 20 et 21 octobre, l'Eternel m'a ordonné de vous transmettre le message suivant : un orage très violent va souffler sur la RDC au courant du mois de novembre prochain. Ce vent sera si violent qu'il ferra déraciner le baobab. Les toitures de toutes les maisons voleront et tu seras sans abri, trempé par la pluie de l'orage ! Dieu t'ordonne donc de demander pardon au peuple, d'organiser les élections auxquelles tu ne devras pas prendre part, et de t'en aller ! »

            A défaut de Patrice, c'est donc Kabila qui aura rendu de mémoire cette citation.

            Prenons l'hypothèse, absurde, que c'est soit Kabila qui l'aurait refilé au chef de la sécurité, et le chef de la sécurité l'ait mis sur un Procès-verbal dont l'un de ses collaborateurs aurait tiré cet extrait pour le transmettre à l'Apareco, puisque Ngbanda se vante d'avoir des antennes à tous les niveaux du pouvoir. Y a-t-il une logique dans cette démarche ? Aucune.

            Prenons alors l'hypothèse que ce soit Frère Patrice, dans son interrogatoire, ait fait cette déclaration ! Y a-t-il une logique dans sa démarche ? Pas du tout, dans la mesure où Dieu lui a dit de transmettre ce message à Joseph Kabila et non à une autre personne ! Donc, le rapportant à une autre personne, il a désobéi à l'ordre divin !

            Pour avoir été ministre de Dieu en qualité de chef spirituel de l'église « Amor Dei » (qu'est-elle devenue ?), Honoré Ngbanda est censé savoir qu'un message de Dieu, on ne le transmet qu'à son destinataire.

            Venons-en au message proprement dit.

Le combat de l'Apareco, on ne le sait que trop bien, est fondé depuis 2001 sur le même discours, le même credo : départ de Joseph Kabila parce qu'étant non congolais. C'est tout.

            Et que fait Dieu, lui qui connaît tout, lui qui connaît le Plan de la vie de Joseph Kabila, dont sa nationalité ? D'abord, il le laisse faire la guerre au sein de l'Afdl, ensuite il le laisse prendre le Pouvoir le 16 janvier 2001, enfin il le laisse gagner les élections de 2006 pour un mandat courant jusqu'au 6 décembre 2011 avec possibilité – prévue dans la Constitution – de rempiler pour un second et dernier mandat.

Voilà qu'à deux ans environ de l'échéance de 2001, Dieu – par la voix de Frère Patrice - lui donne ordre, tout simplement, de demander pardon aux Congolais (sans préciser pourquoi), mais surtout d'organiser des élections auxquelles il ne doit pas participer (sans préciser non plus pourquoi) et de s'en aller (sans dire où).

            Pourtant, nous savons tous que Dieu est un Dieu d'ordre. Tel qu'il est présenté dans la Bible, ses ordres sont précis.

            A supposer alors que « Frère Patrice » ait entendu Dieu lui parler trois fois, c'est que au moins deux fois ou une fois, il doit avoir fait comme tous les autres prophètes cités dans le Bible : demander à Dieu une orientation précise.

Moïse, par exemple, n'a pas laissé l'Eternel Dieu « disparaître » avant de lui poser des questions. Relisons Exode 3 et 4. Tous les autres prophètes qui lui ont succédé (Samuel, Elie, Elysée, Habacuc, Néhémie etc.) posé des questions de Dieu pour tout message reçu pour les souverains de leurs époques.

            En fait – pour autant que cette histoire d'audience soit vraie – Ngbanda peut bien être derrière cette démarche en ce qu'il a toujours dénié à Joseph Kabila le droit d'être congolais, donc d'être électeur et éligible. Il a toujours prôné son départ non pas que du poste de président de la République, mais carrément du pays !

           

Ils s'en souviendront

 

Toute sa démarche pue la haine.

Conséquence logique : l'Apareco signe, en conclusion de son article, la stupidité en qualifiant de fiasco le 14ème sommet de la Ceeac tenu le 24 octobre 2009 à Kinshasa, simplement parce que, déclare-t-elle, « Sur 12 Chefs d'Etat invités et attendus à Kin-la-poubelle, seuls cinq ont répondu présents au rendez-vous ! Pitoyable, n'est-ce pas ? » !

Oui, c'est vraiment pitoyable étant donné que la Ceeac ne compte pas 13 pays membres pour attendre 12 chefs d'Etat invités. Elle comprend 10 pays, à savoir l'Angola, le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Cameroun, Sao Tome e Principe, la Guinée Equatoriale, le Tchad, la RCA, le Burundi et la RDC. Sept et non cinq chefs d'Etat y ont été présents ! Il s'agit de Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville, Ali Bongo du Gabon, Fratique Mello de Menezes de Sao Tome et Principe, Theodore Obiang Nguema de la Guinée Equatoriale, Idriss Deby du Tchad, François Bozize de la RDC et Joseph Kabila de la RDV.

Pour un mouvement qui prétend disposer des « réseaux suffisamment efficaces » pour savoir tout ce qui se « manigancent à tous les niveaux en RDC », être incapable de connaître le nombre d'Etats que constitue une Ceeac à base pourtant « francophone et francophile » et ne pouvoir faire la distinction entre cinq et sept présences de chefs d'Etat, c'est effectivement pitoyable.

Plus pitoyable encore, c'est le fait, pour un mouvement qui appelle les 60 millions de Congolais  de le rejoindre - et dont près de 8 millions sont à Kinshasa - de qualifier cette ville de « Kin-la-poubelle » ; ce qui revient à dire des Kinois qu'ils sont des déchets ! Naturellement, quand on vit en plein Paris, comment ne pas trouver dans des Kinois des déchets de poubelle !

En juillet 2006, un certain Jean-Pierre Bemba s'était servi d'une fausse injure faite aux Kinois par Joseph Kabila pour les monter contre ce candidat. Il avait réussi son coup. Or, jamais Kabila n'avait tenu les propos qu'on lui avait attribués.

Par contre, les Kinois, eux, ont avec la gestion médiatique de l'affaire Patrice la preuve que l'Apareco traite leur ville de poubelle ; comme si au 17 mai 1996, on vivait dans Kin-la-belle.

Les Congolais ont leur culture. Ils se tolèrent lorsqu'ils s'injurient entre eux, et encore chez eux. Mais lorsque l'injure vient d'ailleurs, même des compatriotes, ils se révoltent.

Le moment venu, ils s'en souviendront…

 

Omer Nsongo die Lema

 

samedi 31 octobre 2009, a 14:23
La sortie de Magazine YAMBI par L'Ambassade RDC En Belgique
 

100 pages couleurs avec couverture brillante sur papier semi-épais," Yambi  magazine de liaison des Congolais de l'Union Européenne", a été présenté le jeudi 29 octobre 2009 au public, à l'ambassade de la RD Congo à Bruxelles.

Nous avons feuilleté ce magazine pour vous.
Dans l'éditorial, Eddie Tambwe, directeur de publication dit ceci :

« …Bienvenue dans un Congo qui se porte de mieux en mieux… A la lumière des paramètres et indicateurs objectifs. Après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix, avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national, à travers les « Cinq Chantiers » qui visent la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication, l'éducation, la santé, l'eau et l'électricité, l'emploi. »

Bimestriel, Yambi est édité par « carrefour Congo Culture », logé au 32 Boulevard du Souverain, 1170 Bruxelles. (Représentation de la Gécamines. Ndlr)

Le sommaire de ce premier numéro de « Yambi » comprend :

-          L'actualité en RD Congo

-          Les interviews de ministres congolais et autres personnalités de passage à Bruxelles.

-          Un regard sur les congolais de Belgique et leur environnement

-          Les actions de l'ambassadeur de la RD Congo en Belgique

-          Des pages culturelles

Bienvenue à Yambi dans le monde des médias. Cela  se traduirait par « Yambi » à Yambi !

Contacts : yambimagazine@yahoo.fr, Tél. 00 32 499 532 921 

jeudi 22 octobre 2009, a 13:06
Et si Trefon se trouvait être ce scorpion de la réforme en RDC
 

 

Nous avons voulu reproduire ici, à titre d'une réponse réfléchie et historique à l'ouvrage publié sous la direction de Théodore Trefon sur la Reforme au Congo, un article du Professeur André Ilunga Kabongo, intitulé « Déroutante Afrique ou la Syncope d'un discours » paru en 1984 dans la revue canadienne des études africaines aux Editions SAFI Press.
Ce texte est tiré du discours inaugural que le Professeur André Ilunga Kabongo a présenté aux Africanistes Etrangers réunis à la XII ème Conférence annuelle de l'Association canadienne des études africaines à l'Université de Toronto en 1982.
Contrairement à la fable dite populaire, mais bien tronquée et tendancieuse du Scorpion et du Crocodile que Théodore Trefon reprend pour peindre le Congo et le Congolais, il aurait mieux fait de savoir que le Professeur André Ilunga Kabongo qualifiait justement ces Africanistes Etrangers de Scorpion dans son anecdote reprise ci-dessous. Mais bien sûr que Trefon ne croyait pas bien qu'il s'agissait de lui ou de ses semblables africanistes étrangers. Trefon a fait le malin et il est pris par excès d'assurance en se disant que les congolais ne lisent pas et donc ignorent tout.


En effet, dans son discours inaugural du 11 mai 1982 à Totonto, le Professeur André Ilunga Kabongo ouvrit le débat entre Africanistes Etrangers et Africanistes congolais en ces termes : « Ce que je voudrais vous dire peut se résumer en une anecdote que des gens qui se croient malins racontent parfois pour caractériser mon Pays, le Zaïre » ( page 13).

Voici donc l'anecdote intégrale et authentique telle que décrite par le Professeur André Ilunga Kabongo : « Un scorpion se promène sur les rives du fleuve Zaïre à Kinshasa et perçoit un crocodile prenant un bain du soleil. Eh dit le scorpion au crocodile, peux-tu me prendre sur ton dos et m'amener sur l'autre rive à Brazza ? Que non répond le crocodile. Je te connais très bien : tu seras sur mon dos et une fois au milieu du fleuve, tu vas me piquer et nous allons couler tous les deux. Mais non rétorque le scorpion ! Comment ferais-je une chose aussi aberrante ? Si je te pique et que nous coulons tous les deux, je n'arriverai jamais à Brazzaville où pourtant je veux me rendre. Bien raisonné, dit le crocodile, monte sur mon dos et je t'emmène à Brazzaville. Et voilà notre scorpion sur le dos du crocodile qui se met à nager en direction de l'autre rive. Arrivé au beau milieu du fleuve, le scorpion pique à mort le crocodile et tous les deux se mettent à couler. Alors le crocodile mourant s'écrie dans un dernier souffle : Qu'est-ce que c'est cette affaire ? Le scorpion à moitié mort de répondre : c'est le Zaïre, ne cherche pas à comprendre (page 13).

Le Professeur Ilunga Kabongo ajoute : « j'ai longtemps pensé, quant à moi, que le sens de cette anecdote définissait aussi bien les relations de l'Afrique avec votre monde que celle qui existent entre le peuple africain et ses élites. Mais qui est le scorpion et qui est le crocodile ? La réponse paraît simple : le scorpion c'est l'Europe et l'Amérique ou encore les élites africaines tandis que le crocodile, la victime c'est l'Afrique ou les peuples africains.

Pourtant, vu sous un autre angle ; le scorpion pourrait bien être l'Afrique et ses peuples, et le crocodile l'Europe et les Elites africaines. Ce qui voudrait dire qu'en Afrique, l'Europe a été piégée, un peu comme l'Amérique le fut militairement au Vietnam où ses chars et ses avions sophistiqués furent mis en déroute dans les marécages par de simples paysans …Mon but est de tenter de montrer en quoi l'Afrique déroute, au propre comme au figuré, le modèle de développement que vous-mêmes et vos rejetons (les élites africaines) lui ont proposé depuis vingt ans. … Il me paraît nécessaire de livrer les postulats métascientifiques qui guident ma réflexion et d'esquisser le promontoire existentiel d'où je regarde notre continent et scrute votre discours… : Premièrement c'est en examinant de près la qualité de vie d'une structure sociale déterminée que nous pourrons en mesurer l'efficacité et en prédire éventuellement la longévité » (page 13)

« Deuxièmement, il me paraît que le développement actuel du monde dit « développé » est, en grande partie, le produit et la source du sous-développement de l'Afrique. Toutefois un certain développement apparaît à la périphérie et un sous-développement relatif au centre, mais situés sur des échelles de valeur différentes » (page 14)
Troisièmement, la faiblesse du discours africaniste (Africanistes Etrangers) n'est que l'aspect directement perceptible chez nous de l'inanité du discours que l'économisme triomphant (de l'occident) nous a imposé depuis plusieurs décennies (page 14)
Enfin, ceux qui pourraient réveiller le monde et tenir un autre raisonnement se trouvent dans tous les camps en présence. En d'autres termes, bourreaux et victimes se rencontrent aussi bien au centre qu'à la périphérie du système mondial, mais avec des niveaux de conscience différents et des solidarités potentielles diversement assumées (page 14).

Le Professeur André Ilunga Kabongo précise : « on a dit plusieurs choses sur mon Pays, dont la plus intéressante pour mon propos est qu'il n'existe pas… Déjà en 1966, des africanistes américains rassemblés à Bloomington avaient essayé d'établir si ce cas « pathologique », était unique, extrême ou je ne sais quoi encore» (page 14) .
Le Professeur Ilunga Kabongo ajoute : « de moi-même, je dirai tout simplement qu'en tant que scientifique, j'ai plutôt tendance à adopter une attitude critique vis-à-vis de la société à laquelle j'appartiens et il faut accorder à l'action constructive une bonne part de mes pensées et de mes énergies. Idéologiquement je ne sais où me situer dans les clivages qui vous sont familiers, bien que le progrès, sous quelque forme que ce soit, m'ait toujours attiré. Mais je demeure profondément attaché à certaines valeurs de ma tradition et à la vision du monde qui s'en dégage » (page 14).
Sur le plan plus fondamental, « je crois que je connais, dans leurs extrêmes les plus déconcertantes, l'endroit et l'envers du rationnel…. Il est vrai que la vision unidimensionnelle et orgueilleuse que nous ont légué l'Europe et l'Amérique n'arrive plus à rendre intelligible le monde africain d'aujourd'hui » (page 14).

Pour décrire l'évolution de la pensée des Africanistes Etrangers, le Professeur Ilunga Kabongo présente les périodes suivantes : « Avant 1960, s'était élaboré un discours qui fut mis en déroute par les indépendances africaines: la mission civilisatrice des Blancs en Afrique au nom de laquelle on avait édifié pendant plus d'un siècle un vaste empire colonial. Depuis les indépendances, s'est substitué un autre mythe, plus insidieux encore : celui du développement, avec son inébranlable foi et dogmes. Alors que l'Afrique avait posé son problème en termes de liberté, l'Europe a rétorqué que celle-ci n'aurait de sens que moulée dans la forme d'un Etat « moderne » et « développé ». Le Professeur Ilunga Kabongo reprend pour illustration l'ouvrage de Schwarz (1980), qui a retracé avec beaucoup d'humour cette évolution dans la littérature africaniste en ces termes : de belle, exotique et peuplée de bons sauvages au moment de sa découverte, l'Afrique est devenue soudainement « vilaine », terres de « brutes », « sans âmes » au moment de sa colonisation. Depuis vingt ans, la voilà « sous-développée », « en retard », « en voie de développement » (page 15)

Le Professeur Ilunga Kabongo tranche : « Au cœur de cette nouvelle religion se trouve un dieu ! L'homo économicus, producteur et consommateur à la fois, pour qui la valeur suprême se trouve condensée dans le nombre d'objets échangés ou consommés. En accord avec les fondements de sa cosmogonie, l'Europe nous a inculqué durant les vingt dernières années la conscience d'un nouveau type de péché originel : au lieu d'être des peuples barbares et sans cultures, notre seule faute maintenant vient de notre retard sur l'Europe (page 15).

C'est ainsi que s'est bâtie toute la théorie du développement. Ses canons vous sont bien connus : 1. Le monde entier s'achemine vers l'avènement d'une civilisation industrielle semblable à celle des Pays dits développés. 2. Les Pays en retard atteindront tôt ou tard ce niveau pourvu qu'ils transplantent chez eux les institutions et les valeurs culturelles (baptisée pour la cause de valeurs civiques) en vigueur dans les Pays dit développés. 3. Ainsi, au bout d'un tunnel plus au moins long, ils déboucheront immanquablement sur le paradis de la démocratie et du développement (page 15). Aussi, les maîtres mots de l'Afrique aujourd'hui sont partout les mêmes et très concrets : comment sortir de la crise, comment redresser l économie, comment éviter la famine (page 16).

Ce discours est donc dépassé : le développement escompté non seulement n'a pu s'accomplir mais n'aura probablement pas lieu dans un avenir prévisible.
Contrairement à la mission civilisatrice de l'Europe en Afrique, la syncope du discours sur le développement n'a pas été provoquée par un contre-discours (des africains), mais par les faits eux-mêmes. Sans doute, le contreparadigme du développement et de la modernisation en avait-il préparé le terrain (page 16).
En effet, les structures qui étaient censées mettre en route le processus de décollage économique et de la modernisation politique ont connu une subversion telle qu'elles ont accouché d'un système aberrant caractérisé par l'inversion des ordres politique et économique. Au lieu d'être ce vaste marché de production et d'échanges de biens et de services, le domaine économique est devenu plutôt un lieu de rapport de forces politiques où celui qui gagne n'est pas nécessairement celui qui travaille ou produit le plus. A la place de ces échanges par le biais de la monnaie, le trafic d'influences devient le régulateur du marché et rapporte en proportion du statut politique des agents économiques.
Par contre, la politique est devenue objet de commerce d'où la notion même d'intérêt public est évacuée (page 16)..

Si l'homo economicus règne dans la sphère politique et l'homo politicus dans la sphère économique, l'Etat quant à lui demeure patrimonial, c'est-à-dire obéissant aux normes et aux lois de la famille étendue sous la houlette d'un patriarche. Il s'en suit des tiraillements inextricables qui torpillent d'avance toute tentative de développement, ainsi qu'à la limite, la bonne gestion des affaires publiques ou la définition d'un ordre politique cohérent (page 17).

Pour terminer ce tableau, il se réfère à un grand écrivain congolais qui a caractérisé la nouvelle culture des systèmes politiques africains comme une culture « entre les eaux » … L'Afrique se meut entre la religiosité et le margoulinage , ou encore l'Afrique en prière dans les églises importées ou autochtones marche côte à côte avec une Afrique margouline, cynique qui a fini par accepter sans révolte la généralisation de la corruption, de la concussion, du mensonge et du vol même. L'Afrique en prière attend le miracle, le sollicite chaque jour comme ultime solution à la maladie , à la pauvreté et à la misère quotidiennes. Cela c'est l'Afrique de la nuit, des samedis, des dimanches. L'Afrique de la semaine et du jour se débrouille et les individus corrupteurs ou corrompus se meuvent entre deux mondes cherchant à survivre (page 18).

Cette existence déroutante semble elle-même tenir du miracle. Bien de fois, des observateurs angoissés, étrangers (Trefon et autres) et africains, s'interrogent sur les chances de perpétuation d'une telle situation. Les plus alarmistes prévoient la catastrophe toute proche et pourtant, depuis bientôt vingt ans, la vie n'en continue pas moins son petit bonhomme de chemin sans changement significatif ? Les contradictions minent la société de toute part, mais la dynamique semble mouillée et les détonateurs trop faibles pour faire sauter la montagne (page 18)…

Il ouvre le registre de responsabilité en ces termes, il y a tout d'abord l'étranger, qui demeure en Afrique l'exploiteur principal des peuples africains. On pourrait bien s'en prendre à lui, mais sous quel nom et autour de quelle contradiction directement perceptible par l'ensemble de la Population ? Est-ce le Libanais, le Grec ou l'Indien, dont le petit commerce est entrain de s'avérer indispensable pour la population… Est-ce le Belge, le Français ou le Britannique soigneusement cachés derrière les accords de coopération (moi j'ajoute les maisons d'expertise sic !) et concurrencé par l'Allemand et l'Américain …Mais bien que tout cela, dans l'Afrique d'aujourd'hui, l'étranger ou le même colonisateur d'hier passe inaperçu…

Par ailleurs, on peut affirmer que le laps de temps qui nous sépare de l'an 2000 verra l'état de morbidité physique, intellectuelle et morale de la majorité de la population africaine se perpétuer (page 19).
Mais ces sombres perspectives ne doivent pas exclure tout-à-fait le miracle ou l'improbable. Peut-être sortira-t-il de l'Afrique en prière un Prométhée noir, au verbe créateur et à la mystique révolutionnaire, qui pourra changer le cours de l'histoire en un tour de main (Barack Obama). En effet, la fatalité , il est déjà arrivé durant la décadence d'un peuple qu'un ou plusieurs envoyés, tombant pour ainsi dire du ciel, arrivent à son secours pour arrêter la fatalité et ouvrir des horizons jusqu'alors imprévisibles (page 20).

Dans sa conclusion, le Professeur Ilunga Kabongo stigmatise l'Africanisme étranger, qui, après avoir jusqu'alors bien légitimé les indépendances africaines, nourri aujourd'hui largement la religion du développement aidant plus au moins consciemment à la recolonisation de l'Afrique sous des différentes formes.

A présent que la thèse de développement s'estompe, il est temps que les plus conscients d'entre vous se ressaisissent pour faire le bilan et ouvrir des perspectives nouvelles, fondement d'une action nouvelle.
D'abord, il faut établir le constat d'échec des théories de développement économique et de la modernisation politique et abandonner en conséquence la recherche stérile des typologies vides de sens et des schémas opératoires inopérants (page 21).
Ensuite, l'africanisme étranger et singulièrement nord-africain devrait s'attaquer aux piliers mêmes de l'idéologie économiste qui règne chez vous, dont la religion du développement n'est qu'un dérivé. Il est temps que les africanistes étrangers rejoignent les rangs des critiques de la société de consommation, dont les gaspillages, les injustices, les exploitations de toute nature et la pollution menacent non seulement vos vies mais l'équilibre général de la planète.

Dans ce combat, l'apport particulier des africanistes étrangers consistera à apporter l'éclairage des valeurs les plus fondamentales de cette Afrique qui se meurt dans la non-existence, à commencer par notre innocence foncière face à l'accumulation de biens matériels et de moyens de destruction du genre humain (page22).

Enfin, le Professeur Ilunga Kabongo adresse ce vœu ardent : « un jour viendra peut-être où les peuples d'Europe et d'Amérique se rendront compte un peu tard qu'en érigeant leur richesse et leur bonheur sur l'exploitation d'autrui pendant si longtemps, ils ont perdu l'aptitude d'innover pour établir un monde plus juste, plus humain, plus équilibré, où il fasse bon vivre pour tous (page 22).
Cet extrait de la publication du Professeur André Ilunga Kabongo appelle trois réflexions fondamentales : d'abord que les élites intellectuelles africaines sont trop absentes de grands débats qui formatent le monde, voire même leur propre monde et surtout avec la destruction programmée de toute l'intelligentsia dans les universités et les corporations élitistes (médecins, juristes, ingénieurs, économistes, agronomes, vétérinaires et sociétés savantes ou initiatiques africaines). Le bâillonnement de l'Afrique a commencé du bon côté car les africanistes étrangers se substituent carrément aux Africains pour réfléchir selon leur cosmogonie et projection d'intérêts en Afrique. Une Afrique, dont ils attendent la faillite et la reprise du solde ; ensuite que les élites politiques sont privées de repères qui guident leurs actions et leurs projections autrement que ceux édictés par les experts étrangers au service de gros intérêts étrangers. D'où l'échec de reformes suggérées en Afrique et généralement initiées pour accélérer la liquidation de l'Afrique pendant que les élites dirigeantes sont exposées de manière permanente à l'abus de faiblesse, d'ignorance et d'impuissance leur empêchant de gérer utilement et rationnellement les intérêts intrinsèques des peuples africains. Car d'une part la corruption et la mauvaise gouvernance de l'élite dirigeante passe par ces abus de faiblesse, d'impuissance et d'ignorance savamment orchestrés par ceux qui veulent organiser un nouveau type d'accumulation à cycle court par commissions d'affaires juteuses, par expertise onéreuse sans compétence, par blanchiment d'argent comme il en est actuellement à Kinshasa avec des banques suspectes représentant les réseaux financiers maffieux et les paradis fiscaux en perdition, par trafic de drogues, trafic d'armes et trafic d'organes humains. D'autre part l'impuissance de l'opposition alimentaire est entretenue par des faux débats nourris des offices politiques extérieurs et n'ayant aucune connaissance de vrais enjeux nationaux ou locaux. D'où la misère de l'opposition mendiante et l'incohérence de politiques alternatives calquées sur les mêmes modèles d'affairisme, de pillage et d'irresponsabilité caractérisée devant les situations critiques des nations et des peuples ; enfin que le malheur du Congo (RDC) tient à l'envahissement du Pays par l'Etranger et à la naïveté des congolais devant les évidences d'asservissement et de liquidation dont ils font l'objet de la part de ceux qui envient son grand espace et ses grandes potentialités en ressources naturelles et humaines. D'où le grand désir ou la grande obsession de le voir en faillite .

Eh bien cher Theodore Trefon, les congolais connaissent de quoi s'agit-il pour leur Pays. Vous voulez tout simplement donner l'impression d'être avant-gardiste pour ramener les victimes à se culpabiliser sur des torts qui sont commis par les scorpions étrangers et dont vous connaissez parfaitement par cœur les identités et les adresses dans les bourses d'affaires et d'expertise. A bientôt !

 

PROF. BANYAKU

 

jeudi 24 septembre 2009, a 09:31
Au-delà de la re-visitation du Protocole d’Accord Amp-Palu La révision de la Constitution devient impérative !
 



Mise sur le Net la semaine du 14 au 20 septembre dernier, l'analyse intitulée « Qui a dit de la primature Palu qu'elle est pour 5 ans ? » a – je l'estime – atteint son but : ouvrir le débat sur la gestion d'une cohabitation qui ne dit pas son nom, cela dans la mesure où, au niveau de l'Exécutif, s'opposent deux visions ! Celle, d'un côté, du Président de la République élu au suffrage universel direct et secret pour son Programme de gouvernement émanant du Projet de société du parti dont il est l'initiateur (en l'occurrence le Pprd) et, de l'autre, la vision d'un Premier ministre, naturellement non élu, en droit de défendre le sien de Programme émanant du Projet de société de son parti (entendez le Palu) ! Certes, l'article 91 de la Constitution semble régler la question de la présence de deux Programmes de gouvernement, donc de deux Projets de société. Il dispose, en effet, que « Le Gouvernement définit, en concertation avec le Président de la République, la politique de la Nation et en assume la responsabilité ». Mais, l'alinéa suivant dit du même Gouvernement qu'il « conduit la politique de la Nation », même s'il ajoute que « La défense, la sécurité et les affaires étrangères sont des domaines de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ». Concrètement parlant, le Programme Pprd-Amp de Joseph Kabila et le Programme Palu d'Adolphe Muzito se téléscopent avec pour conséquence logique l'« autoneutralisation » ! Au grand dam du Pprd et de l'Amp, cela va sans dire ! Au grand plaisir, évidemment, d'une Opposition qui, elle-même, pourrait vivre le pire dans la perspective de l'alternance, demain ou après-demain…


    Avec la récente rentrée parlementaire, l'épée de Damoclès qu'est la motion de défiance initiée par l'Opposition reste suspendue sur la tête du Premier ministre Adolphe Muzito.
    Dans sa dépêche du 15 août 2009, Radio Okapi relève l'existence « en fait une dizaine d'arriérés législatifs parmi lesquels figurent l'examen des lois sur la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) qui devra remplacer la CEI actuelle (Commission électorale indépendante) et sur la réforme judiciaire, les rapports d'enquêtes parlementaires et la motion contre le premier ministre Adolphe Muzito ».
Au sujet précisément de celle-ci, elle rappelle qu'elle « remonte à la session de mars, mais le calendrier n'a pas pu permettre de l'aborder », tout en soulignant que « Les observateurs se demandent si l'opposition qui l'avait inscrite à l'ordre du jour au cours de la session passée » va rempiler.
Après le rendez-vous manqué du lundi 21 septembre 2009, c'est en principe ce vendredi 25 courant que le sort de la motion devrait être fixé au cours de la plénière convoquée pour l'adoption du calendrier de la deuxième session parlementaire ordinaire de l'année.
Personne cependant ne se fait d'illusion : la réalité politique – différente de la réalité juridique – est que cette motion ne passera pas, ne serait-ce que pour des raisons de commodité. En effet, la Majorité n'offrira jamais à l'Opposition la rose ou la marguerite faite de défenestration-humiliation de son Premier ministre. Elle s'en est abstenue à l'égard d'Antoine Gizenga ; elle en épargnera certainement Adolphe Muzito.
En d'autres termes, si démission il peut y avoir, ça sera son affaire, négociée en interne ; quitte à l'Opposition à l'entériner juste pour la forme.
Il est vrai que tout peut arriver. A deux ans, en effet, de la fin de la législature 2006-2011, on avance lentement mais sûrement vers la recomposition du paysage politique. Tous les députés de l'actuelle législature ont envie de rempiler pendant que les suppléants rêvent de l'autonomie tandis que les vaincus de 2006 bougent.
C'est singulièrement dans l'Assemblée nationale actuelle que le vrai (et grand enjeu) se joue, si bien que la constitution (pour les uns) et la reconstitution (pour les autres) de la logistique en prévision des échéances à venir peuvent susciter des comportements à la limite de la morale !
Dans ce contexte, la chute d'Adolphe Muzito n'est pas chose acquise par avance ; on peut se le dire...

« Hold up » !

C'est parce qu'il en est ainsi que la vraie question, dans un premier temps, est moins la chute du Premier ministre que la détention, par le Palu, de l'exclusivité de l'animation du Gouvernement.
Le Protocole d'Accord Amp-Palu – je persiste et signe – ne consacre pas cette exclusivité ; à moins de l'existence d'un document secret. D'ailleurs, à l'occasion du troisième anniversaire de sa conclusion (le 30 septembre prochain), on pourrait le rendre public et en débattre.
La réalité une et unique est que le Palu a tiré de cet accord des dividendes « disproportionnés » par rapport à sa mise électorale. Car, pour un transfert de voix au Second tour défavorable à Joseph Kabila mais favorable à Jean-Pierre Bemba (des 1.500.000 votants pour Antoine Gizenga, 500.000 seulement ont transféré leurs voix au Raïs), le Palu aligne 34 députés nationaux dont la contribution est presque nulle à la production législative. En ce qui concerne la production gouvernementale, force est de constater que ce parti n'a mis dans la marmite commune ni le réseau de son partenariat intérieur, ni celui de son partenariat extérieur, simplement parce qu'inexistants !
En fait, en 45 ans d'existence, c'est à peine qu'il commence à avoir des entrées auprès des bailleurs de fonds traditionnels pendant qu'il n'est d'aucun apport dans le partenariat désormais étendu, par exemple, à la Chine, à l'Inde ou à l'Afrique du Sud.
On parlerait de hold up que ça ne serait pas faux !

Programme Kabila géré par Muzito !

C'est ici que se pose l'autre vraie question, celle de la cohabitation qui ne dit pas son nom, instituée, hélas !, par la Constitution.
On ne le dit pas assez alors que cela saute clairement aux yeux : la RDC vit la cohabitation « Amp-Palu » avec, d'un côté, un Président de la République élu au suffrage universel direct et secret sur base de son Programme de gouvernement émanant du Projet de société de son parti (Pprd) et de sa plateforme (Amp) convenu en prévision du 1er tour et, de l'autre, un Premier ministre issu, lui, d'un parti au départ concurrent, ayant pris part à l'élection présidentielle avec un Programme de gouvernement différent, émanant d'un Projet de société tout aussi différent !
Résultat : Kabila, élu pour les « 5 Chantiers », voit son programme électoral géré par un Premier ministre Palu (Gizenga, Muzito ou X) non obligé de partager avec lui la même vision !
Il est intéressant de relever, à ce propos, que si la défense, la sécurité et les affaires étrangères sont consacrés « domaines de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement », l'Administration publique, les Forces armées, la Police nationale et les Services de sécurité relèvent de l'autorité du Gouvernement.
Or, les « 5 Chantiers » échappent, si on peut le dire, des prérogatives du Chef de l'Etat d'autant plus que les « Routes », l'Eau et l'Electricité, la Santé et l'Education, l'Habitat ainsi que l'Emploi font parti des missions de l'Administration publique. Donc du Gouvernement !

Régnant et Gouvernant

Collaborant en free-lance, à l'époque de la Cns, à l'hebdo « L'Evénement », je me reconnais de ceux qui s'étaient, en 1991-1992, foncièrement opposé au Projet de Constitution/Udps défendu par le Prof. Marcel Lihau réduisant au statut de régnant le Président de la République, pourtant à élire au suffrage universel direct et secret ; le gouvernant étant le Premier ministre issu de la Majorité parlementaire. On redoutait, soutenait-on, un régime présidentiel dictatorial.  
Sous le « 1+4 », le législateur va récupérer à son compte cet argument, et la conséquence est aujourd'hui là, implacable : élu directement par le Peuple, Joseph Kabila va devoir répondre seul de son mandat devant le peuple pour un programme de gouvernement dont il n'aura pas été l'exécutant, constitutionnellement parlant !
Ça aurait pu être Bemba ou Tshisekedi, Nzuzi wa Mbombo ou Gizenga, Ruberwa ou Kashala qu'il en serait de même…

Révision pour plus de responsabilité

Il va de soi que le problème fondamental se situe et en amont, et en aval. En aval, c'est au niveau de la Constitution consacrant l'anormalité, tandis qu'en amont, c'est à celui du Protocole d'Accord « Amp-Palu » instituant  l'amoralité !
Il faut plus qu'un sursaut d'orgueil pour normaliser l'une et moraliser l'autre : le bon sens.
Effectivement, au sujet de la Constitution, l'Opposition et la Majorité ont tout à gagner d'une révision qui rende le Président de la République responsable de l'exécution du programme de gouvernement et du projet de société pour lesquels il est élu au suffrage universel direct et secret.
Trois ans après sa promulgation, la Loi fondamentale congolaise présente des faiblesses à enrayer et des atouts à consolider.
Au sujet du Protocole d'Accord, la coalition « Amp-Palu-Udémo » a tout à gagner d'une révision qui rende les partenaires responsables de ce à quoi ils se sont engagés.
    Le débat important demeure donc celui de la re-visitation de ces deux textes qui, en s'autodétruisant, neutralisent en définitive le Président de la République, peu importe qu'il se nomme Joseph Kabila.
    Il est vrai que la tâche n'est pas aisée d'autant plus que dans l'Exposé des Motifs, le point consacré à la Révision constitutionnelle tente d'exclure celle-ci pour certains principes. Il est ainsi libellé : « Pour préserver les principes démocratiques contenus dans la présente Constitution contre les aléas de la vie politique et les révisions intempestives, les dispositions relatives à la forme républicaine de l'État, au principe du suffrage universel, à la forme représentative du Gouvernement, au nombre et à la durée des mandats du Président de la République, à l'indépendance du pouvoir judiciaire, au pluralisme politique et syndical ne peuvent faire l'objet d'aucune révision constitutionnelle ».
    Le législateur est devant un choix déterminant.

OMER NSONGO DIE LEMA  

vendredi 18 septembre 2009, a 06:59
Tolérance zéro aux Affaires foncières : arrestation de dix agents impliqués dans la spoliation des immeubles de l’Etat
 

Une dizaine d'agents du ministère des Affaires foncières viennent d'être mis aux arrêts sur décision du ministre Maj Kisimba suite à l'mplication constatée des dits agents dans les dossiers de spoliation des immeubles de l'Etat et des lotissements anarchiques

Maj Kisimba n'a pas attendu longtemps pour mettre en exécution le mot d'ordre du chef de l'Etat relatif à la tolérance zéro. Pas surprenant pour ce ministre qui a pris à son compte la croisade morale initiée par le Raïs. Pour preuve, près de dix agents des affaires foncières cités dans des spoliations du patrimoine de l'Etat, des superpositions des titres et des lotissements anarchiques ont été mis à la disposition de la justice pour répondre de leurs actes.
 
Cette décision a été prise à l'issue d'une séance de travail que présidait dans son cabinet de travail le ministre Maj Kisimba Ngoy des Affaires foncières au cours de laquelle a pris part le Secrétaire général de ce ministère.

Ces agents ont été mis aux arrêts par des éléments de la police nationale congolaise qui les ont directement acheminés auprès de l'autorité compétente pour qu'ils puissent répondre de leurs actes. Celle-ci est appelée à déterminer le niveau de leurs responsabilités pour décider si possible de leur acheminement devant une juridiction de jugement.

Ces arrestations, indique-t-on démontrent bien la détermination de Maj Kisimba Ngoy de mettre fin à l'anarchie tant décriée qui ternit l'image de son ministre qui a dans son compte près de 80% de procès pendant devant les cours et tribunaux. La mise sous examen judiciaire de ces agents, a-t-on souligné, est un signal sur l'observation de l'état d'esprit qui doit régner dans ce ministère. Cette opération, souligne-t-on au cabinet du ministre des Affaires foncières, démontre l'approche qu'on fait de la lutte contre l'impunité qui doit aller de paire avec la tolérance zéro décrétée par le Chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila.

C'est dans ce contexte que la population pourrait vivre dans la quiétude sociale et que la confiance pourrait renaître au sein du ministère.

Les agents mis sous examen judiciaire se subdivisent en deux groupe conservateurs des titres immobiliers (CTI), des anciens chefs de division de cadastre (CDC) d'un Directeur de l'administration centrale qui ont tous, d'après des éléments du dossier à notre disposition posé des actes dans la spoliation de la concession de l'OCPT sur le Boulevard Tshatshi en diagonal du bâtiment de la Caisse nationale d'épargne dans la commune de la Gombe.

Le second groupe concerne un cas des géomètres véreux qui se sont illustrés au quartier industriel de la commune de Limete à la supervision des titres, au morcellement des concessions et aux lotissements anarchiques.

jeudi 17 septembre 2009, a 20:23
Le Raïs apprécie l'exécution des travaux sur le troncon Kinshasa - Kenge
 


Le mardi 15 septembre 2009, le Président Joseph Kabila, au volant de sa jeep 4X4, a effectué une visite, aller-retour, kinshasa-Kenge- Kinshasa, dans la province de Bandundu, en vue de se rendre personnellement compte de l'état d'avancement des travaux de réhabilitation de ce tronçon routier, long d'environ 250 Km, dont il avait donné le coup d'envoi, l'année dernière à partir du village Mbakana. Ces travaux sont financés par la Commission européenne et évoluent à la grande satisfaction de tous. Le Président Joseph Kabila a aussi apprécié l'évolution des travaux de construction de deux ponts qui sont en train d'être jetés sur les rivières Lufimi et Mai Ndombe, ouvrages exécutés par l'entreprise française SOGEA-SATOM, appuyée par AFRITEC, une entreprise congolaise. Le Président de la République s'est également rendu compte du travail de génie que réalise la société Sinohydro au niveau du pont Konzi, à 35 Km au-delà de la cité de Kenge. Cet endroit était jadis un véritable bourbier qui occasionnait de nombreux accidents de la circulation. Ce tronçon routier d'intérêt national fait partie de la Nationale N°1 ; il est d'une importance économique majeure. Il constitue la bretelle entre la cité de Banana, au Bas-Congo, et celle de Sakanya, au Katanga, en passant par Kinshasa, la capitale, sur une distance de plus de 2000 Km. Sa réhabilitation se trouve être une de grandes réalisations dans le cadre des Cinq chantiers de la République, dans la mesure où cette route, restée plus de deux décennies dans un état d'abandon total, privait la capitale de tout approvisionnement en produits de consommation de base en provenance des provinces de Bandundu et des deux Kasai. Aussi, ainsi qu'on le verrait, le Président Joseph Kabila ne cesse d'œuvrer pour le désenclavement intégral de la RDC, un pays à la dimension d'un sous-continent au cœur de l'Afrique, en vue d'une intégration économique sous-régionale, tel qu'elle a été prônée et encouragée au cours du dernier sommet de la SADC, tenu à Kinshasa les 7 et 8 septembre dernier. L'exécution des travaux de la modernisation des infrastructures en République démocratique du Congo- à tous les niveaux- a atteint sa vitesse de croisière. Le Président Joseph Kabila Kabange, l'architecte des Cinq chantiers de la République, est plus que déterminé à appuyer davantage sur l'accélérateur afin que, au jour le jour, les différentes réalisations, dans le cadre de ce vaste programme de développement de notre pays, soient une réalité visible et palpable.

Des infrastructures scolaires modernes

Le Président de la République a effectué, à son retour de Kenge, une brève escale dans la localité de Kwango, où il a été frappé par les conditions d'études, on ne peut plus que précaires, des élèves du primaire de cette contrée. Sans atermoiement, il a, illico, instruit le Directeur général du BCECO de procéder, dès la semaine prochaine, à la construction d'une école primaire moderne en faveur des enfants de cette localité rurale. La construction de cette école sera financée par le Gouvernement de la République pour un montant de l'ordre de 500 mille dollars américains. Cette école comprendra plusieurs salles de classe, une salle de professeurs, des bureaux équipés, des installations hygiéniques ainsi qu'une aire de jeux. Le Président Joseph Kabila, en sa qualité de premier parent congolais, a toujours œuvré pour une éducation seine en faveur des enfants congolais. Dans son souci constant de faire étudier les enfants congolais dans des conditions acceptables, le Chef de l'Etat n'a jamais laissé passer une seule occasion pour améliorer davantage les conditions d'études des cadres congolais de demain.

 

P.P

mercredi 16 septembre 2009, a 11:18
Des Sud-coréens à Kinshasa pour la construction du port en eaux profondes à Banana
 

En effet, une délégation d'experts sud-coréens conduite par Kim Wan Jung, est arrivée dimanche à Kinshasa pour finaliser les détails du projet de réalisation des travaux de construction de ce port situé à 240 Km de Matadi.

Est-ce, enfin, l'occasion pour lancer le vieux projet de construction d'un port en eaux profondes à Banana ? C'est, en tout cas ce que les Congolais souhaitent de tous leurs vœux.

Ce projet, a indiqué le Directeur de cabinet adjoint du ministre des Infrastructures, travaux publics et reconstruction (ITPR), Léopold Mavinga, qui a accueilli ces experts fait partie du programme d'intégration économique dans la sous-région de l'Afrique centrale, mais aussi des pays de la SADC.

On se souvient, en effet, que dans le cadre des programmes d'intégration au sein de la CEEAC, la RDC et la République du Congo-Brazzaville ont conclu un accord de principe pour la construction d'un pont route-rail entre Kinshasa et Brazzaville.

Un accord qui a provoqué une levée de boucliers, surtout dans le Bas-Congo où l'opinion s'est inquiétée du sort des recettes générées par les ports de Matadi et Boma par rapport à celui de Pointe Noire qui, craignait-on, allait absorber le trafic maritime au détriment de la RDC.

Plusieurs experts se sont succédés pour rassurer l'opinion congolaise. Et les nouvelles perspectives avec le port de Banana ne peuvent que relancer l'espoir. Il est, en effet, une réponse aux difficultés que connaît, notamment, le port de Matadi pour l'accueille et le déchargement de gros navires.

Banana devra aussi permettre d'accueil le trafic maritime en provenance de Lobito en Angola et de la Namibie.

Bref, Banana devient subitement un important pôle de développement qui facilitera l'accélération de l'acheminement des marchandises à l'importation comme à l'exportation.

Il restera alors à lever l'hypothèque qui existerait encore sur le site même qui doit accueillir le port à Banana. Depuis l'année dernière, une polémique avait vu le jour entre la Beltexco et l'Organisation pour l'équipement de Banana-Kinshasa (OEBK).

Cette dernière revendiquait la propriété du site visé, tandis que la Beltexco aurait finalisé et bouclé son budget de construction d'un grand port ou plusieurs petits ports sur le site querellé.

Les dernières nouvelles à ce sujet indiquaient que l'Assemblée provinciale du Bas-Congo et le Gouvernement central étaient parvenus à dénouer le dossier au mieux des intérêts des uns et des autres.

lundi 14 septembre 2009, a 17:39
Ali Bongo en quête des conseils auprès de Joseph Kabila
 

 

Visite-éclair samedi à Kinshasa du président élu du Gabon, M. Ali Bongo, qui a été reçu pendant deux heures par le premier congolais, Joseph Kabila, à qui il a expliqué les développements de la situation réelle prévalant dans son pays au lendemain des élections qui l'ont porté au pouvoir

Le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, a eu des entretiens de deux heures, samedi, au Palais de la nation, avec le nouveau Président élu du Gabon, Ali Bongo Odimba, avec qui il a échangé des vues sur des questions en rapport avec les relations entre Kinshasa et Libreville et le déroulement de la dernière élection présidentielle au Gabon.

Le Président gabonais a indiqué à la presse, au sortir de l'audience auprès du Chef de l'Etat, qu'il était important pour lui, à partir du moment où la Cour constitutionnelle avait proclamé les résultats de l'élection,  de se présenter à ses pairs de la sous-région et de venir les saluer en tant que « nouveau membre du club », en vue de  recueillir leurs « bénédictions et conseils ».


Pour le Chef de l'Etat gabonais, il était tout aussi important pour lui de rassurer tous les partenaires que le Gabon ne va pas changer de politique diplomatique, car il a toujours œuvré dans le sens de la consolidation des relations dans la sous-région pour son développement économique et social.

S'agissant de ses relations avec l'opposition qui conteste les résultats du scrutin, il a déclaré que le Gabon a toujours pratiqué la politique d'ouverture depuis la Conférence nationale, d'il y'a 20 ans. « Je suis donc disposé à travailler avec tous ceux qui sont prêts à se joindre à nous dans le cadre du développement du pays », a rassuré Ali Bongo. Dans la suite du Président gabonais, on a noté la présence de Paul Tungui, ministre d'Etat des Affaires étrangères.

Le Président gabonais, qui a fait un aller-retour, avait déjà effectué une visite similaire au Cameroun, au Congo/Brazzaville et au Tchad. A son arrivée dans la capitale congolaise, le Président élu du Gabon avait été accueilli par le ministre des Affaires étrangères, Alexis Thambwe Mwamba.

ACP

vendredi 07 août 2009, a 19:12
Pressions combinées Ong des droits de l’Homme et Médias: Le combat de Lambert Mende concerne la Nation
 

 

Singulier mois de juillet 2009 que celui étrennant l'année jubilaire du Cinquantenaire de l'Indépendance de la RDC ! Comme répondant à une consigne précise, plusieurs ong internationales « multisectorielles » et « multidimensionnelles » mitraillent quasiment le Pouvoir Kabila, chacune y allant de sa spécialité : droits de l'homme, bonne gouvernance, guerre et paix, ressources minières etc. Dans l'entreprise de démolition, elles jouissent du soutien particulier d'une consoeur de Rfi, affichée « congologue ». Il s'agit, on s'en doute, de Ghislaine Dupont. Acteurs et observateurs de la scène politique zaïro-congolaise retrouvent les relents de la diabolisation du maréchal Mobutu en 1990 et 1997, mais aussi de Laurent-Désiré Kabila entre 1997 et 2001. Une diabolisation ayant tellement affaibli le pays que l'on en vint – déjà ? – à promouvoir la thèse de la balkanisation d'un Cong considéré comme trop grand pour être bien gouverné. Sans peut-être le savoir ni le vouloir, cet affaiblissement fera le lit de la guerre de libération de 1996-1997 suivie, elle-même, de la guerre de 1998 qui, en plus du bilan effarent de 5.000.000 de compatriotes morts pour causes directes ou indirectes, de 2.000.000 de déplacés internes, de 400.000 réfugiés à l'étranger et du pillage systématique des ressources naturelles et autres formes de richesses congolaises – a (tenez bien !) conduit à la Cpi Bemba, Lubanga, Katanga et autres Gujolo…

 

 

            Criminologue de formation, Lambert Mende – l'un des acteurs politiques actifs de ces 20 dernières années – ne peut pas ne pas sentir (re) venir le coup !

            Alors, il réagit.

            L'homme a l'air d'un David devant le Goliath qu'est la « coalition » des Ong internationales comme Human Rights Watch, Amnesty International, International Group Crisis et Global Withness ayant trouvé en Ghislaine Dupony la voix qui porte. Mais, sans utiliser la fronde ni la pierre, Mende a, lui aussi, l'argumentation qui porte. Et séduit tout esprit nationaliste, surpris de la soudaineté des tirs croisés !

            Naturellement, l'opinion avertie a toujours constaté – non sans raison – que ces ong et les radios dites périphériques ne sont pas des entreprises commerciales. En effet, elles ne vendent ni leurs rapports, ni leurs émissions.

Ce qui laisse supposer un financement extérieur !

            Par qui alors ?

            La réponse n'est pas facile à donner puisqu'elle est déjà difficile à trouver. Même les recherches tentées sur le Net n'offrent pas grand-chose. Tout juste, sur chaque page d'accueil de leurs sites Web, elles sollicitent des … dons !

            Pourtant, ces « apôtres » de la transparence et de la bonne gouvernance devraient avoir le courage de publier leurs états financiers, en prenant soin d'identifier notamment les donateurs.

            En s'en abstenant, elles crédibilisent finalement la thèse des financements occultes qui ne peuvent provenir que des « puissances » se livrant à une concurrence féroce autour d'une proie dénommée Congo, une proie – hélas ! – faite de 60 millions d'habitants répandus sur un territoire de 2.345.000 km2.

Une terre connue et reconnue.

            Autant dire de ces puissances-là et de leurs relais qu'ils sont des mercenaires en col blanc.

            Véritables avocats du Diable, ils font peu cas – sinon nullement – des dégâts qu'occasionnent la sous-traitance qu'ils pratiquent.

 

Stratagème d'affaiblissement

 

            Pourtant, tout le monde reconnaît dans la RDC un Etat convalescent à tous les plans.

            Au plan politique, par exemple, ce pays fait ses premiers pas en démocratie. Les premiers, à proprement parler, après le ratage de 1960 et le ratage de 1965.

            De même, il est en train de (re)construire son armée et sa police pour garantir son dispositif sécuritaire. Bien plus, pendant qu'on lui fait des guerres par-ci par-là, il est maintenu sous embargo militaire depuis début 1990 !

            On notera, à ce propos, que la seule fois que ce pays a fait la guerre à des gouvernements ou rébellions à l'étranger, c'était sous Mobutu, au travers de l'aide apportée à l'Unita contre le Pouvoir Mpla en Angola et au Pouvoir Habyarimana au Rwanda contre la rébellion Fpr d'un certain Paul Kagame.

            Curieusement, aucune des Ong dont question, encore moins Ghislaine Dupont, n'en appelle à la levée de l'embargo frappant la RDC. Toutes contribuent en définitivement au stratagème d'affaiblissement du pays, en l'empêchant de disposer d'une armée bien équipée !

            Au plan socioéconomique, il est de notoriété publique que le Congo actuel a hérité des conséquences néfastes de la nationalisation de 1968, de la zaïrianisation de 1973 et des pillages de 1991 – 1993 ; conséquences résultant elles-mêmes de la politique coloniale d'une économie extravertie.

            Le Congo peine à rétablir les fondamentaux de la macroéconomie perturbés, généralement, par les dépenses dites de souveraineté dont, on s'en doute, celles provoquées par les exigences de la guerre et de la paix.

            Curieusement, aucune des Ong dont question, encore moins Ghislaine Dupont, n'en appelle clairement à la neutralisation des groupes armés congolais ou étrangers écumant l'Est du pays. A preuve : dans leur production de juillet dernier, elles réclament la cessation de toute offensive Fardc contre ces groupes – en premier les Fdlr – sous prétexte d'insécuriser les populations de l'Est. Mieux, elles sont très gênées pour demander aux gouvernements occidentaux d'arrêter les chefs rebelles rwandais domiciliés en Europe et en Amérique ou de faire réellement pression sur le Pouvoir Kagame pour initier le dialogue interrwandais !

            Comme pour détourner les Congolais de l'essentiel non sans jeter le discrédit sur les Fardc, elles mettent de manière inconsidérée l'accent et sur les violences à caractère sexuel, et sur le trafic du coltan, comme si dans tout chaque congolais de l'intérieur ou de l'extérieur tapît un violeur de femme doublé de pilleur !

            Bref, le stratagème d'affaiblissement de la RDC continue…

 

Concertation

 

            Au nom du Gouvernement, le ministre Lambert Mende fait son travail. Il faut, cependant, aller au-delà des déclarations médiatiques et des positions politiques désormais affichées.

            Il est temps, à notre humble avis, pour le Gouvernement d'initier une concertation courageuse avec les Ong et les médias concernés.

            En effet, il apparaît, par moments, que ces structures sont, elles - mêmes, délibérément induites en erreur par des personnes-relais congolaises qui sont soit mal informées, soit mal intentionnées. Surtout celles qui, depuis 1990, courent après la conquête ou la reconquête des lustres du Pouvoir d'Etat. Suivez mon regard…

            Nous en voulons pour preuve le Rapport de Hrw intitulé « On va vous écraser », publié le 25 novembre 2008. Les auteurs ont cru engager la responsabilité du Gouvernement dans les événements de Kinshasa en 2007 (milice Bemba) et du Bas-Congo en 2007 et 2008 (Bdk).

            Or, voilà qu'en 2009, Députés et Sénateurs de l'Opposition – principalement ceux du Mlc – ont cherché à faire étendre l'amnistie, recommandée par la Conférence de Goma, auxdits événements alors que cette faveur visait les faits de guerre et des faits insurrectionnels commis au Nord et au Sud-Kivu.

            En d'autres termes, ces Parlementaires reconnaissaient dans les incidents de Kinshasa et du Bas-Congo des faits de guerre ou des faits insurrectionnels que tout gouvernement, de par le monde, est en droit d'annihiler par la force !

            On peut citer plusieurs autres exemples de la « manipulation ». Telle l'information livrée en octobre 2008 par Rfi portant sur la chute de la ville de Goma. Diffusée à 4h00, cette info a disparu des journaux Afrique de 4h30, 5h30, 6h30, 7h30 et 8h30 alors que le mal était déjà fait. En témoigne : les camps de déplacés de Mugunga I et II.

            A propos précisément de Ghislaine Dupont, on sait qu'avant Lambert Mende, Vital Kamerhe – alors président de la Chambre basse – avait tenté à Paris une mission de bons offices pour normaliser les rapports avec la RDC.

Personne d'honnête ne peut donc douter de la bonne foi de la partie congolaise dans le traitement de ce dossier, sauf la « sous-traitance » Rsf !

            Faut-il cependant fermer définitivement la porte ? Pas du tout. Il faut plutôt relancer le dialogue, mais en y allant avec l'argumentation politico-diplomatique et juridico-médiatique nécessaire, de sorte à faire réaliser à ces Ong et radios périphériques que les Congolais savent réagir. Mais, surtout agir lorsque l'unité nationale et l'intégrité territoriale sont menacées.

            Ainsi, le combat de Lambert Mende concerne la Nation.

 

Mapamitiba

mercredi 22 juillet 2009, a 18:34
Vérité dure mais bonne à dire:Ngbanda et Cie pour beaucoup dans les malheurs du « Clan Bemba » !
 

Enterré à Gemena le lundi 12 juillet dernier, Jeannot Bemba – comme on le dit dans une expression consacrée  - a tiré sa référence le mercredi 1er juillet à Bruxelles, en sa résidence de Waterloo, lieu symbolisant la défaite de Napoléon.  Quarante-huit heures plus tôt, il venait de faire le déplacement de La Haye  pour assister à une séance de la Cpi consacrée à la requête introduite par son fils en vue d'une mise en liberté provisoire.  Le mercredi 8 juillet, « Chairman » a bénéficié de quelques heures de sortie de la prison, juste pour s'incliner devant la dépouille mortelle de son père ; le rapatriement du corps à Kinshasa ayant été prévu pour le lendemain. Les adieux ont eu lieu pour cadres, à Bruxelles, l'église Saint Michel de Bruxelles et, à Kinshasa, la cathédrale Notre Dame du Congo. Comme on devrait s'y attendre, en Belgique, un bon millier d'Opposants de la Diaspora congolaise ont saisi l'occasion pour se mobiliser et faire entendre sa voix, décriant singulièrement la « dictature » au Pouvoir à Kinshasa, et en relançant, par effet d'entraînement, le discours de la congolité. En RDC, une foule compacte a accompagné, au pas de marche, de 7h00 à 17h00, le cortège funèbre de l'aéroport de Ndjili aux installations GB. Finalement, l'événement n'a plus été la mort du père, mais la « sortie » du fils. C'est de bonne guerre, en politique s'entend.

            D'autant que certains esprits continuent de lier la mort de Jeannot Bemba à l'emprisonnement de son fils et, dès lors qu'ils ont toujours attribué l'arrestation de ce dernier au Pouvoir central congolais, ils en viennent à la déduction que l'on devine. Au nombre de ces esprits, on s'en doute, le « maître du Savoir » (sic !) Honoré Ngbanda, président de l'Apareco.

Dans l'hommage posthume qu'il rend à « Ya Jeannot », voici ce qu'il dit au défunt : « Je sais combien la pénible situation que traverse aujourd'hui ton fils Jean-Pierre Bemba a sensiblement affecté ta santé. Plus d'une fois, nous avons partagé ta douleur et ta colère face à l'acharnement et à l'injustice dont il est victime de la part de la CPI , avec la complicité active du pouvoir d'occupation en place à Kinshasa. Nous savions que tout cela n'était que le prolongement  et la ramification du vaste complot international dont est encore victime notre pays la République démocratique du Congo ».

            Malheureusement, Ngbanda et les siens trichent avec cette Vérité une et unique : c'est Bemba fils, mais alors lui seul, qui aura fait continuellement mal à Bemba père !, et cette fois-ci, il y a été aidé par certains Opposants, certains activistes de la Société civile et certains fils de l'Equateur…

                       

Si Bemba Jr avait entendu la voix de Bemba Sr

            On se souviendra, en effet, que lors d'un point de presse tenu en 1998 au lendemain de l'entrée de J-P. Bemba en rébellion contre le Pouvoir Laurent-Désiré Kabila, Jeannot Bemba avait fait deux déclarations fort significatives.

            Par la première – il n'était pas obligé de s'exprimer ainsi publiquement – il avait donné de son fils l'image d'un manager peu scrupuleux. Malgré son diplôme en Hautes Etudes commerciales, « Chairman » s'était révélé un mauvais gérant. D'où la chute de l'empire industriel et commercial  Scibe-Zaïre.  Ses amis  du Mlc «  organisation politico-militaire » et du Mlc « organisation politique » en savent d'ailleurs quelque chose. Certains lient d'ailleurs les expéditions de Bangui à une affaire de gros sous !

            A ce propos, il est intéressant de relever l'unanimité reconnue à Jeannot Bemba d'avoir bâti un empire industriel et commercial puissant. L'hommage, à lui, rendu par le président actuel de la Fec , M. Yuma, en la cathédrale Notre Dame, en est le témoignage éloquent.

            Mais, une question est demeurée sans réponse : qui a conduit Scibe-Zaïre à la faillite, ou presque ?

            Honoré Ngbanda le sait : ce n'est ni L-D. Kabila, ni l'Afdl. Donc, ce n'est pas Joseph Kabila. Au contraire, en nommant Jeannot Bemba ministre de l'Economie, M'Zee Kabila avait permis à ce dernier de remonter un peu ses affaires. Ceci d'un. De deux, en refilant à J-P. Bemba le marché de transport des troupes, armes et  rations à destination du Sud-Kivu lors des événements « Nkunda/Mutebusi » en 2004, J. Kabila avait à son Vipi de se faire beaucoup de sous. Certaines sources parlent même d'une vingtaine de millions de dollars Us.

            Bref, le Groupe Scibe-Zaïre avait commencé son déclin sous Mobutu, et parmi les hommes qui y auront été pour beaucoup, il y a, d'abord, Jean-Pierre Bemba en personne, ensuite les anti-Jeannot dont certains avaient été cités pendant la Cns.

            Par la deuxième déclaration – il n'était pas non plus obligé de s'exprimer ainsi publiquement – Jeannot Bemba avait menacé son fils de malédiction au cas où il n'arrêtait pas l'aventure insurrectionnelle. Il l'avait ouvertement mis en garde en dénonçant, par la même occasion, l'implication des Mobutistes revanchards parmi lesquels ceux de l'Equateur qui l'avaient combattu sous le maréchal ! La malédiction, il l'avait proférée dans l'adage lingala : « matoyi elekaka moto te ». Plus d'une fois, il martela en direction de « Chairman » : « Si tu es mon fils, arrête cette aventure » !

            La réplique du fils fut cinglante ; elle est dans son ouvrage intitulé « Le Choix de la Liberté  » que Ngbanda Honoré doit avoir certainement lu.

            « Chairman » avait, dès lors, fait le choix libre de poursuivre la guerre avec son lot d'épisodes tragiques, au nombre desquels – hélas ! - les affrontements sanglants de Kisangani entre les armées rwandaise (soutenant le Rcd) et ougandaise (soutenant le Mlc), la guerre fratricide Hema-Lendu en Ituri, les événements malheureux de Mambassa, les deux expéditions armées de la branche « militaire » du Mlc sur Bangui et, bien entendu, les troubles pré et post-électoraux de Kinshasa pour ne pas compter ceux du Bas-Congo !

            Or, s'il avait entendu la voix et suivi la voie de la raison de son père Jeannot Bemba Saolona, Jean-Pierre Bemba Gombo n'aurait pas eu tout ce sang sur les mains, mais aussi sur la conscience, pendant qu'il continuait encore de baigner dans les larmes de tristesse des agents et cadres du Groupe Scibe, victimes de sa mauvaise gérance. En clair, s'il avait honoré son père en 1998, il ne se serait jamais retrouvé à La Haye , mais alors pas du tout !

Le « coup » de la Société civile et de l'Opposition-Diaspora

            Jamais deux sans trois : aux deux déclarations de Papa Bemba, il y a lieu d'ajouter l'action de la Société civile ; Ong dites de défense des droits de l'homme en tête.

            Honoré Ngbanda aura l'honnête de le reconnaître : la Société civile zaïroise (devenue congolaise à l'avènement de Laurent-Désiré Kabila) a longtemps nourri la communauté internationale en raisons de diabolisation du Pouvoir présent à Kinshasa. Elle l'avait fait sous le maréchal, elle l'a fait sous M'Zee et elle continue de le faire sous le Raïs.

            Cette Société civile a dans l'Opposition politique – surtout la branche de la Diaspora – son meilleur allié pour discréditer l'acteur politique congolais, principalement celui ayant fait la guerre : L-D. Kabila, J. Kabila, J-P. Bemba, A. Z'Ahidi Ngoma, A. Ruberwa, A. Mbusa Nyamwisi, A. Thambwe Mwamba etc.

            Or, en s'autoproclamant porte-étendard de l'Opposition/Diaspora, Honoré Ngbanda fait de lui-même le terrible aveu d'avoir contribué, d'une manière ou d'une autre, aux malheurs de Jean-Pierre Bemba ! Ne perdons pas de vue que « Chairman » est en prison sur plainte, aussi, de la Fidh ayant son siège à Paris !

            Il est alors malhonnête de la part de Nbganda et Cie d'impliquer Joseph Kabila dans la responsabilité des conséquences des actes de Jean-Pierre Bemba !

Des raisons éloignées des préoccupations politiques

            En fait, pour revenir aux déclarations de son père, Jean-Pierre Bemba n'a pas voulu intérioriser son rôle de fils Bemba.

            Pour ceux qui ne le savent pas, Jeannot Bemba fut un self made man accompli. Il n'avait pas fait d'études remarquables mais, en homme de poigne, il savait mettre à profit toutes les opportunités qui se présentaient à lui pour devenir un opérateur économique respectable, puis un acteur politique digne.

            A la tête de l'Aneza (patronat zaïrois devenu Fec), il avait même gagné une fois le trophée de meilleur manager africain. Pour mémoire, il fut président du Club des Managers Africains.

            Aussi, de sa vie de patron d'entreprise et d'acteur politique (ministre sous L-D. Kabila et sénateur sous J. Kabila), il s'attendait à tout, sauf au choc déshonorant de devenir père d'un rebelle, et encore un rebelle avec trop de sang sur soi !

            Avec une « qualité » comme celle-là, quel est cet investisseur sérieux belge ou américain, canadien ou sud-africain, japonais ou australien, qui se serait affiché  publiquement avec lui dans une chambre de commerce ou sur un terrain de tennis, dans une foire internationale ou un restaurant ? Quel est, en plus, ce palais impérial ou royal, princier ou présidentiel qui aurait ouvert grandement ses portes au père d'un rebelle impliqué, directement ou indirectement, dans la perpétration des crimes de guerre, des crimes de génocide ou des crimes contre l'humanité ?

            En un mot comme en cent, avec le concours des hommes comme Honoré Ngbanda, Jean-Pierre Bemba a « tué » Jeannot Bemba ; un père qu'il détestait sans doute pour des raisons éloignées des préoccupations politiques...

            Lorsque les langues vont commencer à se délier, bien des « Bembistes » se retrouveront à l'étroit dans leurs pensées, leurs paroles ou leurs actes issus d'une procuration signée Honoré Ngbanda, l'homme qui, avec les siens, est pour beaucoup dans les malheurs survenant au « Clan Bemba » !

Notre correspondant

O. N.L 

Article paru sous le titre initial : « Bemba fils a eu raison de Bemba père ! »

jeudi 16 juillet 2009, a 18:12
Fin de règne de l'impunité: Joseph Kabila nettoie les écuries de la Magistrature
 

Fin du règne de l'impunité

 

Six conseillers près la Cour suprême de justice, 4 premiers présidents, 10   présidents et 20 conseillers de la Cour d'appel, 6 Présidents des Tribunaux de Grande Instance, trente quatre juges d'Instance, 3 présidents et des juges des Tribunaux de paix sont révoqués de la Magistrature, de même de nombreux  magistrats civils du ministère publique. D'autres ont été démissionnés d'office pour refus de mutation ; d'autres encore mis à la retraite pour avoir soit accompli 35 ans de carrière, soit atteint l'âge de 65 ans. Bien entendu, des nouvelles nominations et promotions ont été annoncées. Détail important : le Président de la République s'est référé aux rapports du Conseil supérieur de la magistrature. On ne peut, cette fois, l'accuser de quelque violation de la loi…

 

 

            Quinze jours exactement après avoir dénoncé, dans son discours du 30 juin 2009 à l'occasion du 49ème anniversaire de l'Indépendance de la RDC célébré officiellement à Goma, les « 5 fléaux » qui gangrènent la société congolaise, en l'occurrence « l'indiscipline, l'intolérance, la concussion, la gabegie financière et la corruption », Joseph Kabila vient de joindre l'acte à la parole.

            Au fait, dans toutes ses allocutions de circonstance, notamment celles de l'investiture en décembre 2006 et de l'Etat de la nation en décembre 2007, pour ne pas citer ses différentes prestations dans les médias, il n'a cessé de stigmatiser la responsabilité des magistrats et des juges dans l'iniquité qui caractérise de nombreux actes judiciaires.

            Tous ses avertissements ont été accueillis presque dans l'indifférence alors que les hommes de loi savent pertinemment qu'aux termes de la Constitution, les arrêts de la Justice sont rendus au nom du Président de la République,  ce qui veut dire, pour le moment, au nom de Joseph Kabila Kabange !

Le dernier avertissement en date devrait, tout de même, mettre chacun sur ses gardes. « J'ai, dans ce sens, depuis le 6 décembre 2007, dénoncé à maintes reprises, la qualité préoccupante de la distribution de la justice dans notre pays », a déclaré le chef de l'Etat avant de constater, non sans regret que « Abusant de l'indépendance liée portant à la délicatesse et à la noblesse de sa charge, le magistrat se rend lui aussi coupable de dol, de concussion, de corruption et voire même des infractions de droit commun, avec une facilité déconcertante ».

            La justice s'étant elle-même mise au banc des accusés, le Président a fini par faire ce que tout le monde savait qu'il fera le moment venu : il a pris ses responsabilités, mais en demeurant dans la légalité.

            « Dans cette perspective, j'entends tirer incessamment toutes les conséquences des conclusions des travaux de la deuxième session extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature tenus à Kinshasa du 11 au 23 juin courant. Il est temps que les opérateurs judiciaires choisissent leur camp ; celui de servir ou de martyriser davantage un peuple meurtri et éprouvé par plusieurs année de conflits et de violences », a-t-il annoncé dans son message du 30 juin tout en ne doutant aucunement du soutien de la population, estimant que « ces mesures (…), dans le plus bref délai, contribueront, à coup sûr, à garantir la justice et la sécurité judiciaire pour tous ».

 

Principal enseignement à tirer

 

            Le coup de balai, il l'a donné ce mercredi 15 juillet 2009, en sa qualité de garant constitutionnel du bon fonctionnement des institutions, comme il l'a fait valoir dans son message.

Des révocations, des démissions d'office et des mises à la retraite, avec justificatif d'ordre juridique, judiciaire ou administratif, ont été prononcées en direct du plateau de la Rtnc la nuit de mercredi à jeudi.

S'agissant de magistrats et juges révoqués, la sanction s'est appuyée sur des preuves inattaquables : des dossiers de dol, de concussion, de corruption référenciés ! Dans l'ordonnance n°09/054 du 15 juillet 2009 portant révocation des magistrats civils du siège, par exemple, l'un des attendus dispose que « les deux premiers des magistrats concernés ont commis des faits infractionnels qui ont donné lieu à leur condamnation à des peines de servitude principale supérieure à trois mois et que par les arrêts ci-dessus indiqués, la cour suprême de justice a reconnu les autres délits des magistrats coupables soit de dol, soit de concussion ou de délit de justice ayant donné lieu à des actions en prise à partie ».  

Cette fois-ci, personne ne peut accuser le Président de la République de quelque violation de la loi. Dès lors que l'organe compétent a été mis en place, en l'occurrence le Conseil supérieur de la magistrature – ce qui n'avait pas été le cas avec les mises à la retraite et nominations intervenues en février 2008 – il s'est appuyé sur ses conclusions et propositions.

En attendant la publication intégrale des ordonnances – la Rédaction s'attelle à les réunir – le principal enseignement à tirer à l'instant est que le chef de l'Etat se veut respectueux des lois du pays, dont la Constitution.

Premier à déclarer grandement ouvertes les portes de la prison pour tous les inciviques se livrant justement aux fléaux de l'indiscipline, de l'intolérance, de la concussion, de la gabegie financière et de la corruption, il attendait de l'Institution « Cours et Tribunaux » qu'elle fasse son travail.

Constat amer : du 6 décembre 2006 au 30 juin 2009, soit près de deux ans et demi, et cela malgré de multiples rappels, les hommes de la loi indexés ont plutôt ouvert grandement les portes des prisons physiques ou morales aux victimes ; les coupables étant, eux, libres !

Résultat : l'impunité a apparu aux yeux de bien des observateurs comme une valeur sociétale en dépit de ses nombreux dégâts aux plans politiques, économiques et sociaux, affectant l'homme congolais physiquement, spirituellement, moralement,  matériellement et financièrement.

 

Sanction judiciaire

 

Joseph Kabila a rappelé, dans son message du 30 juin 2009, avoir proposé au peuple congolais « un ambitieux programme de reconstruction nationale appelé les cinq chantiers pour changer le pays ». Mais, il a aussitôt précisé que ce programme, à l'instar de plusieurs projets en cours d'exécution, peut être mis en péril au travers de l'enracinement des antivaleurs au nombre desquelles, tout naturellement, l'indiscipline,  l'intolérance, la concussion, la gabegie financière et la corruption.

Or, la sanction politique (remaniement ou révocation) – qui relève de son autorité – ne suffit pas pour assainir totalement et rationaliser efficacement la gestion de la Chose publique. Quand l'acte infractionnel est consommé, il revient, en toute logique, à l'organe de la loi d'appliquer la sanction judiciaire !

Les magistrats et les juges révoqués, démissionnés ou retraités étant mis dans l'impossibilité de se rattraper, c'est à leurs collègues nouvellement nommés ou promus, au nombre desquels le Premier président de la Cour suprême de justice, en la personne de M. Bemuenzi Kenga, et le nouveau Procureur Général de la République, en la personne de M. Kabange Numbi, de saisir l'occasion pour restaurer l'autorité du Pouvoir Judiciaire.

Au-delà des « 5 Chantiers », il en va de la survie même de la Nation...

 

Mapamitiba et O N L

mardi 14 juillet 2009, a 18:57
L'Ambassadeur Henri Mova reçu par le roi Albert II
 

  

 

C'est fait ! Ce mardi 14 juillet 2009, les relations diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles se sont formalisées au niveau des représentations diplomatiques.

En effet, c'est ce jour - symbole de la Libération pour la France qui fut la puissance tutélaire de la Belgique - que Henri Mova Sakanyi (HMS) a franchi le portail de Laeken, palais royal belge, pour présenter officiellement au roi Albert II ses lettres de créance en qualité d'ambassadeur de la RDC en Belgique.

L'audience traditionnelle a duré une quarantaine de minutes, et c'est une première dans l'histoire des deux Etats car, généralement, elle se limite à 15 ou 20 minutes.

C'est que l'événement, comme on dit, a valu son pesant d'or. Le roi ne pouvait que vouloir en savoir davantage sur le Congo où, on peut s'en assurer, il se rendra pour le Cinquantenaire de l'Indépendance de ce pays, autrefois « propriété » de son arrière grand-parent Léopold II et colonie belge.

Evidemment, Mova Sakanyi s'est prêté à l'exercice ; sa note biographique le présentant, du reste, en homme politique, en homme des sciences et en homme de culture.

Il y a lieu de noter que depuis 1990 – en dehors d'Albert Kisonga nommé par M'Zee Laurent-Désiré Kabila – Henri Mova Sakanyi est le seul diplomate congolais en poste à Bruxelles à jouir de cet honneur.  Ni Justine Kasa-Vubu, ni Jean-Pierre Mutamba n'ont eu accès à Laeken. Quant à Kimbulu, sous Mobutu, il était simplement tenu à l'écart à la suite des événements ayant caractérisé la première phase de la Transition entre 1990 et 1997.

C'est bien la preuve qu'au cours de ces 19 dernières années, les relations diplomatiques entre la RDC et la Belgique ont évolué en dents de scie.

En cette année jubilaire « 2009-2010 » du Cinquantenaire de l'Indépendance de la RDC, Kinshasa et Bruxelles ont convenu de se donner de signaux forts.

Le choix d'Henri Mova Sakanyi s'explique dans cette logique. Non parce que le premier ambassadeur congolais, sous la 1ère Législature de la IIIème République, à être reçu par le roi des Belges est natif du Katanga, mais parce qu'au plan de la formation académique et à celui du cursus politique, l'homme dispose d'atouts forçant l'admiration.

 

Qui est Henri Mova Sakanyi ?

 

En effet, pour sa formation, il est docteur en Relations internationales et pour la politique, il appartient à la « Révolution Kabila » du 17 mai 1997 et, actuellement, il est membre du Pprd, parti ayant pour initiateur le Président Joseph Kabila Kabange.

Il faut bien noter qu'il est l'un des rares ambassadeurs congolais accrédités à Bruxelles, sinon le seul, à être spécialiste en Relations internationales à ce niveau ; la majorité de ses prédécesseurs étant uniquement des politiques.

Sa Note biographique signale qu'il est né à Lubumbashi le 10 novembre 1962.

Chef de Travaux (Maître de Conférences) à l'Université de Lubumbashi, il est professeur à l'Université de Kinshasa depuis 2008.

Plusieurs fois membre du Gouvernement central entre 1997 et 2007, il a été tour à tour ministre des Transports et Communications, ministre de l'Environnement, Affaires Foncières et Développement Touristique, Vice-Ministre des Affaires Etrangères et  ministre de l'Information et Presse et Porte-parole du Gouvernement.

Présent dans la diplomatie depuis 1998, il a aussi été tour à tour ambassadeur désigné en France, ambassadeur désigné en Israël et ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Fédération de Russie. Comme pour dire de la confirmation de sa désignation comme ambassadeur en Belgique procède d'un long processus.

Au même chapitre, il y a lieu de retenir qu'il a été désigné Envoyé spécial pour le dégel des relations entre la RDC avec l'Union Européenne, le Portugal, la France, la Belgique, l'Italie, l'Argentine, le Brésil, l'Israël et le Japon. C'est qui explique sa qualité de Conseiller à la Présidence de la République en charge des Questions stratégiques, entre 1999 et 2000.

            On retiendra qu'il a, en plus, évolué dans le Portefeuille au poste de président  du Conseil d'administration de la Rva (Régie des voies aériennes).

            Journaliste et opérateur culturel (il est écrivain, universitaire, essayiste, compositeur de musique, poète, dramaturge et conférencier), il a créé « SAFARI », une maison d'édition, de production et de consulting dont il est le directeur général. C'est sous le label « SAFARI » que sont publiés jusque-là des recueils de poèmes tels que « Sinuosités, mots d'amour pour maux d'amour » et « Arboretum » ; des ouvrages politiques tels que « De Laurent-Désiré KABILA à J.KABILA. La vérité des faits », « Laurent-Désiré KABILA, l'actualité d'un combat. Sept ans après… », « La guerre d'agression contre la RDC : enjeux et vois de sortie durables », « De l'agression contre la RDC : engagement et mise en œuvre de la responsabilité du Rwanda  et de l'Ouganda », mais aussi des ouvrages à caractère scientifique comme  « La science des Finances publiques », le « Droit International Humanitaire »…

Attaché à la marche du Monde, il est à la tête du CISRI ou Centre d'Etudes Stratégiques et des Relations Internationales.

De sa bibliographie, on peut relever aussi des titres comme « Traité de Non prolifération nucléaire : la trahison américaine, article scientifique », « Génocides et géopolitiques dans les grands lacs : conférence à Bruxelles », « Immigrations et sous-développement : la nouvelle problématique des rapports Nord-Sud, article et série », « Le maintien de la paix dans le système international » et « Comprendre la guerre froide et la mondialisation » publié en trois tomes.

Pour information, sa thèse de doctorat est intitulée : « L'Ordre de Yalta à l'épreuve de la Perestroïka et de la Mondialisation. Théories et Pratique des Relations Internationales en mutation ».

Homme politique, homme de culture, Henri Mova Sakanyi est également activiste des Droits de l'Homme. Sa Note biographique signale qu'il fut Représentant de la section katangaise de l'Association Zaïroise de Défense des Droits de l'Homme (Azadho). C'est en cette qualité qu'il va initier « Solidaires entre nous », structure qu'il qualifie lui-même de « précurseur du Ministère des Droits humains en RDC ».

            Il dispense des cours portant sur les « Droit International Humanitaire », et « Droit Constitutionnel et Institutions politiques ».

Il y a lieu de ne pas oublier sa spécialité en finance et en économie ! D'ailleurs, sa mémoire de licence a pour titre : « Incidence de la dette extérieure sur le développement de l'Afrique subsaharienne ». Outre « La science des finances publiques », sa bibliographie, en cette double matière, comprend notamment des titres ci-après : « Plaidoyer pour l'établissement des marchés boursiers en Afrique », « Modèle de développement et endettement extérieur : conférence aux 6èmes journées Scientifiques Economiques, Université de Lubumbashi » et « La dynamique de l'économie africaine face aux mutations internationales ». En tant que professeur d'université, il dispense 5 cours, à savoir : « Questions monétaires et bancaires », « Problèmes monétaires internationaux », « Economie du développement », «  Civisme et développement » et « Relations économiques internationales ».

            C'est donc un « crack » qui prend les choses en mains.

 

Bien des bonnes choses

 

            Pour la première fois probablement depuis 1960, Bruxelles accueille ainsi un ambassadeur « multidimensionnel », un ambassadeur au fait de la plupart des sujets sensibles, au nombre desquels ceux « qui fâchent » dans les relations « RDC-Belgique ». 

            Debater reconnu, Henri Mova Sakanyi est envoyé au front le plus intéressant qui soit pour l'instant pour le Congo post-électoral et post-conflit : celui de la Reconstruction nationale aux plans politique, économique et social.

            Pour  ne pas éparpiller les efforts au niveau du Benelux, le Président Joseph Kabila l'a désigné pour la même charge près le Pays-Bas, le Luxembourg et, tout naturellement, l'Union européenne.           

Le jubilé du Cinquantenaire augure bien des bonnes choses pour l'axe Kinshasa-Bruxelles.

 

 

Notre correspondant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Omer Nsongo die Lema

  

mardi 14 juillet 2009, a 18:57
L'Ambassadeur Henri Mova reçu par le roi Albert II
 

  

 

C'est fait ! Ce mardi 14 juillet 2009, les relations diplomatiques entre Kinshasa et Bruxelles se sont formalisées au niveau des représentations diplomatiques.

En effet, c'est ce jour - symbole de la Libération pour la France qui fut la puissance tutélaire de la Belgique - que Henri Mova Sakanyi (HMS) a franchi le portail de Laeken, palais royal belge, pour présenter officiellement au roi Albert II ses lettres de créance en qualité d'ambassadeur de la RDC en Belgique.

L'audience traditionnelle a duré une quarantaine de minutes, et c'est une première dans l'histoire des deux Etats car, généralement, elle se limite à 15 ou 20 minutes.

C'est que l'événement, comme on dit, a valu son pesant d'or. Le roi ne pouvait que vouloir en savoir davantage sur le Congo où, on peut s'en assurer, il se rendra pour le Cinquantenaire de l'Indépendance de ce pays, autrefois « propriété » de son arrière grand-parent Léopold II et colonie belge.

Evidemment, Mova Sakanyi s'est prêté à l'exercice ; sa note biographique le présentant, du reste, en homme politique, en homme des sciences et en homme de culture.

Il y a lieu de noter que depuis 1990 – en dehors d'Albert Kisonga nommé par M'Zee Laurent-Désiré Kabila – Henri Mova Sakanyi est le seul diplomate congolais en poste à Bruxelles à jouir de cet honneur.  Ni Justine Kasa-Vubu, ni Jean-Pierre Mutamba n'ont eu accès à Laeken. Quant à Kimbulu, sous Mobutu, il était simplement tenu à l'écart à la suite des événements ayant caractérisé la première phase de la Transition entre 1990 et 1997.

C'est bien la preuve qu'au cours de ces 19 dernières années, les relations diplomatiques entre la RDC et la Belgique ont évolué en dents de scie.

En cette année jubilaire « 2009-2010 » du Cinquantenaire de l'Indépendance de la RDC, Kinshasa et Bruxelles ont convenu de se donner de signaux forts.

Le choix d'Henri Mova Sakanyi s'explique dans cette logique. Non parce que le premier ambassadeur congolais, sous la 1ère Législature de la IIIème République, à être reçu par le roi des Belges est natif du Katanga, mais parce qu'au plan de la formation académique et à celui du cursus politique, l'homme dispose d'atouts forçant l'admiration.

 

Qui est Henri Mova Sakanyi ?

 

En effet, pour sa formation, il est docteur en Relations internationales et pour la politique, il appartient à la « Révolution Kabila » du 17 mai 1997 et, actuellement, il est membre du Pprd, parti ayant pour initiateur le Président Joseph Kabila Kabange.

Il faut bien noter qu'il est l'un des rares ambassadeurs congolais accrédités à Bruxelles, sinon le seul, à être spécialiste en Relations internationales à ce niveau ; la majorité de ses prédécesseurs étant uniquement des politiques.

Sa Note biographique signale qu'il est né à Lubumbashi le 10 novembre 1962.

Chef de Travaux (Maître de Conférences) à l'Université de Lubumbashi, il est professeur à l'Université de Kinshasa depuis 2008.

Plusieurs fois membre du Gouvernement central entre 1997 et 2007, il a été tour à tour ministre des Transports et Communications, ministre de l'Environnement, Affaires Foncières et Développement Touristique, Vice-Ministre des Affaires Etrangères et  ministre de l'Information et Presse et Porte-parole du Gouvernement.

Présent dans la diplomatie depuis 1998, il a aussi été tour à tour ambassadeur désigné en France, ambassadeur désigné en Israël et ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Fédération de Russie. Comme pour dire de la confirmation de sa désignation comme ambassadeur en Belgique procède d'un long processus.

Au même chapitre, il y a lieu de retenir qu'il a été désigné Envoyé spécial pour le dégel des relations entre la RDC avec l'Union Européenne, le Portugal, la France, la Belgique, l'Italie, l'Argentine, le Brésil, l'Israël et le Japon. C'est qui explique sa qualité de Conseiller à la Présidence de la République en charge des Questions stratégiques, entre 1999 et 2000.

            On retiendra qu'il a, en plus, évolué dans le Portefeuille au poste de président  du Conseil d'administration de la Rva (Régie des voies aériennes).

            Journaliste et opérateur culturel (il est écrivain, universitaire, essayiste, compositeur de musique, poète, dramaturge et conférencier), il a créé « SAFARI », une maison d'édition, de production et de consulting dont il est le directeur général. C'est sous le label « SAFARI » que sont publiés jusque-là des recueils de poèmes tels que « Sinuosités, mots d'amour pour maux d'amour » et « Arboretum » ; des ouvrages politiques tels que « De Laurent-Désiré KABILA à J.KABILA. La vérité des faits », « Laurent-Désiré KABILA, l'actualité d'un combat. Sept ans après… », « La guerre d'agression contre la RDC : enjeux et vois de sortie durables », « De l'agression contre la RDC : engagement et mise en œuvre de la responsabilité du Rwanda  et de l'Ouganda », mais aussi des ouvrages à caractère scientifique comme  « La science des Finances publiques », le « Droit International Humanitaire »…

Attaché à la marche du Monde, il est à la tête du CISRI ou Centre d'Etudes Stratégiques et des Relations Internationales.

De sa bibliographie, on peut relever aussi des titres comme « Traité de Non prolifération nucléaire : la trahison américaine, article scientifique », « Génocides et géopolitiques dans les grands lacs : conférence à Bruxelles », « Immigrations et sous-développement : la nouvelle problématique des rapports Nord-Sud, article et série », « Le maintien de la paix dans le système international » et « Comprendre la guerre froide et la mondialisation » publié en trois tomes.

Pour information, sa thèse de doctorat est intitulée : « L'Ordre de Yalta à l'épreuve de la Perestroïka et de la Mondialisation. Théories et Pratique des Relations Internationales en mutation ».

Homme politique, homme de culture, Henri Mova Sakanyi est également activiste des Droits de l'Homme. Sa Note biographique signale qu'il fut Représentant de la section katangaise de l'Association Zaïroise de Défense des Droits de l'Homme (Azadho). C'est en cette qualité qu'il va initier « Solidaires entre nous », structure qu'il qualifie lui-même de « précurseur du Ministère des Droits humains en RDC ».

            Il dispense des cours portant sur les « Droit International Humanitaire », et « Droit Constitutionnel et Institutions politiques ».

Il y a lieu de ne pas oublier sa spécialité en finance et en économie ! D'ailleurs, sa mémoire de licence a pour titre : « Incidence de la dette extérieure sur le développement de l'Afrique subsaharienne ». Outre « La science des finances publiques », sa bibliographie, en cette double matière, comprend notamment des titres ci-après : « Plaidoyer pour l'établissement des marchés boursiers en Afrique », « Modèle de développement et endettement extérieur : conférence aux 6èmes journées Scientifiques Economiques, Université de Lubumbashi » et « La dynamique de l'économie africaine face aux mutations internationales ». En tant que professeur d'université, il dispense 5 cours, à savoir : « Questions monétaires et bancaires », « Problèmes monétaires internationaux », « Economie du développement », «  Civisme et développement » et « Relations économiques internationales ».

            C'est donc un « crack » qui prend les choses en mains.

 

Bien des bonnes choses

 

            Pour la première fois probablement depuis 1960, Bruxelles accueille ainsi un ambassadeur « multidimensionnel », un ambassadeur au fait de la plupart des sujets sensibles, au nombre desquels ceux « qui fâchent » dans les relations « RDC-Belgique ». 

            Debater reconnu, Henri Mova Sakanyi est envoyé au front le plus intéressant qui soit pour l'instant pour le Congo post-électoral et post-conflit : celui de la Reconstruction nationale aux plans politique, économique et social.

            Pour  ne pas éparpiller les efforts au niveau du Benelux, le Président Joseph Kabila l'a désigné pour la même charge près le Pays-Bas, le Luxembourg et, tout naturellement, l'Union européenne.           

Le jubilé du Cinquantenaire augure bien des bonnes choses pour l'axe Kinshasa-Bruxelles.

 

 

Notre correspondant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Omer Nsongo die Lema

  

mardi 30 juin 2009, a 23:53
Discours de l'Ambassadeur Mova (le 30 juin 2009 à Bruxelles
 

 

49 ans de l'indépendance

de la République Démocratique du Congo

 

Discours de Son Excellence,

 Monsieur l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles, Henri MOVA Sakanyi,

 

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République Démocratique du Congo, près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l'Union européenne et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

                                             Chers compatriotes

 

Permettez-nous, en ce jour de célébration de l'anniversaire de l'indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, de commencer par vous souhaiter la bienvenue dans ce cadre que nous espérons convivial, pour fêter cet événement de grande portée historique.

 

Cette nouvelle célébration de l'indépendance de notre pays risquait, cependant, comme tant d'autres célébrations dans le passé, d'être emportée dans le long fleuve monotone de solennités inhérentes à ces festivités, si divers signes de singularité ne venaient planer sur ces 49 ans…

 

 

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans de notre indépendance se caractérisent par diverses singularités que nous voudrions épingler comme des niches d'opportunités pleines de symboles, à la fois politique, historique et même personnelle…. 

 

« Politique » car à la faveur d'un nouveau déploiement diplomatique, la République Démocratique du Congo a décidé de concentrer sur Bruxelles ses représentations auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, de l'Union européenne et des ACP.

 

« Politique », parce que nous célébrons cet anniversaire au lendemain des élections européennes riches en leçons. Les résultats de ces élections s'imposent d'une manière nette comme une interpellation de notre conscience quant à notre responsabilité collective devant les menaces qui pèsent sur la planète.

 

Ces résultats soulignent donc la nécessité de l'intensification des efforts de chaque nation dans la mise en œuvre d'une gestion globale plus responsable de notre planète. Ils démontrent que également le dynamisme de la démocratie au sein de l'Union Européenne, ainsi que le caractère irréversible de l'intégration européenne. 

 

En évoquant les dernières élections européennes, comment ne pas épingler la participation significative des ressortissants européens d'origine congolaise, surtout en Belgique ? Ce phénomène, que nous espérons croissant et durable, a été salué en Afrique comme une belle démonstration de démocratie et d'intégration.

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans interviennent au lendemain de la redynamisation de nos relations avec le Royaume de Belgique, après des moments délicats inhérents à toute relation impliquant deux Etats souverains.

 

C'est le lieu et le moment de saluer la lucidité et le courage de deux gouvernements, belge et congolais, qui, après une analyse de la situation, ont signé une Déclaration Commune afin de donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale qui tient, chacun de nous ici le sait, d'une histoire riche et longue.

 

Nous saluons ce courage politique, qui a permis, in fine, d'instaurer un cadre propice à un dialogue permanent, franc, ouvert, constructif, et respectueux des institutions démocratiques et légitimes du Royaume de Belgique et de la République Démocratique du Congo.

 

Pour nous, nulle ombre d'un doute : la Belgique demeure un partenaire de premier plan pour la République Démocratique du Congo. Que ces 49 ans soient donc l'occasion de chanter l'amitié belgo-congolaise !

 

C'est aussi l'occasion de rappeler l'excellence de nos rapports avec le Royaume des Pays Bas. Il y a lieu de saluer l'évolution heureuse de notre coopération qui place le Royaume des Pays Bas dans le peloton de tête de notre partenariat au développement. Quant au Grand-Duché de Luxembourg, qu'il nous soit permis d'honorer la qualité de nos échanges et la sérénité qui caractérise nos relations diplomatiques.

De la même façon, nous nous tournons vers nos partenaires des ACP, avec lesquels nous partageons un défi majeur : comment sortir de la crise dans un contexte de mondialisation accrue ? Nous souhaitons vivement voir nos Etats cheminer vers une intégration économique, tout en évitant ses effets néfastes.

 

Mais, au delà de ces excellents rapports officiels avec nos partenaires européens, nous voulons, avec force, saluer de nombreuses initiatives menées, sur le terrain, par des Organisations Non Gouvernementales, dans divers secteurs. Il en est de même des structures qui brassent les intelligences belges et congolaises, évoluant en parallèle avec la diplomatie formelle, à l'instar des « amitiés belgo-congolaises ».

 

Toutes ces actions permettent de jeter des passerelles vers la mise en œuvre et la conduite des projets communs, dans des domaines aussi variés que la santé, le soutien aux petites et moyennes entreprises, le jumelage des villes, les rencontres culturelles et sportives, la coopération universitaire, etc.

 

Mesdames, Messieurs, distingués invités,

 

Parmi d'autres raisons qui fondent la singularité de ces 49 ans, il nous faudrait épingler une dimension historique. Ces 49 ans font penser naturellement à une célébration à forte signification historique : les 50 ans, qui pointent déjà à l'horizon…. Oui, aujourd'hui annonce déjà demain…. Nous voulons dire que ces 49 ans ouvrent la porte au Cinquantenaire de notre indépendance, que nous célébrerons l'année prochaine, année que nous souhaitons être l'année du Congo en Belgique.

 

C'est l'occasion pour nous de noter que nous sommes, en ce moment même, en pleine phase de réflexion d'un vaste programme d'animation culturelle original qui va se concrétiser par le projet d'érection d'un périmètre d'échanges. Ce programme permettra de mettre en exergue les richesses incommensurables de notre diversité culturelle.

 

Le Cinquantenaire sera évidemment une occasion de méditation, sur notre pays, sur nous-mêmes, sur notre destin collectif. Méditation, mais aussi un exercice d'autocritique, sans complaisance. Loin de nous lamenter, il nous faudra affronter la réalité avec pragmatisme.

 

Distingués invités,

 

Aujourd'hui, après des décennies d'une crise multiforme profonde, notre pays se relève peu à peu. Il est certain que la République Démocratique du Congo va mieux. Cela est une évidence, à la lumière des paramètres et indicateurs objectifs.

 

En effet, après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national à travers la vision du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange formalisée sous le concept « Cinq Chantiers », qui visent, comme on le sait, la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication ; l'éducation ; la santé ; l'eau et l'électricité ; l'emploi.

 

Des routes de disserte agricole sont en train d'être réhabilitées, à travers le pays. Les grandes artères de principales villes du pays sont en train d'être reconstruites, et des travaux sont amorcés dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Il faut relever également les avancées enregistrées dans l'amélioration de nos rapports avec nos voisins, à la suite de l'enclenchement de la procédure d'échange d'ambassadeurs, avec le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.

 

Des efforts de bonne gouvernance sont probants, avec notamment la mise sur pied par le gouvernement d'une commission « mains propres ». Et plus largement, la lutte contre l'impunité a pris son envol. En guise d'exemple, dans le domaine des violences faites aux femmes, une nouvelle législation a permis à la justice congolaise de mettre hors d'état de nuire plusieurs justiciables, civils et militaires. Dans ce domaine, il est clair que beaucoup reste à faire.

 

Le processus électoral va bientôt atteindre la base de la pyramide institutionnelle avec les prochaines élections municipales et locales. D'ores et déjà, la mise à jour du fichier électoral a commencé sous la responsabilité de la Commission Electorale Indépendante, gage de crédibilité des résultats issus des urnes.

 

On peut également souligner l'assainissement du cadre macro-économique et la création des conditions favorables aux investissements. Quelques statistiques corroborent la reprise. La croissance économique a été, en moyenne, supérieure à 6 %, au cours de six dernières années. Les investissements, quant à eux, ont augmenté de plus de 186 %, de 2000 à 2008. Ceci prouve à suffisance qu'il y a eu une amélioration du climat des affaires. Les réformes structurelles et institutionnelles sont engagées dans tous les secteurs depuis quelques années. Nous voulons rendre ici un hommage mérité à nos partenaires et pays amis qui continuent de croire en notre pays en nous accompagnant dans ce processus.

 

La République Démocratique du Congo demeure un vaste réservoir des ressources écologiques et un vivier de plusieurs espèces sylvicoles, animales et halieutiques, biotopes des espèces rares dont certaines sont menacées de disparition. A ce titre, notre pays est sensible aux nouveaux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la désertification, à la défense de la bio-diversité, les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo entend ainsi mettre à profit les activités pérennes respectueuses de l'environnement et participer à la promotion d'une économie verte avec l'exploitation du site d'Inga III et, plus tard, du Grand Inga. Avec une capacité énergétique de 40 000 Mega Watts, le Grand Inga pourra fournir de l'énergie verte à toute l`Afrique.

 

Pour toutes ces raisons, la République Démocratique du Congo est partenaire naturel et incontournable dans cette lutte, et, à ce titre, elle fera entendre sa voix dans toutes les initiatives visant à la meilleure gestion de l'écosystème, pour un développement durable.

 

Excellences,

Messieurs

Distingués invités

Chers compatriotes

 

La troisième raison qui fonde la singularité de ces 49 ans est assez personnelle. C'est, en effet, notre première célébration solennelle, en tant qu'ambassadeur de la République Démocratique du Congo auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand Duché de Luxembourg, de l'Union Européenne et des ACP.

 

Nous sommes donc conscient de la lourde responsabilité que la République Démocratique du Congo a bien voulu nous confier… Nous mettrons toutes nos forces et toutes nos énergies pour mériter cette confiance si précieuse, et être à la hauteur des enjeux liés à notre fonction.

 

Nous comptons naturellement sur l'ensemble du personnel de l'ambassade, que nous remercions pour l'accueil chaleureux qui a nous été réservé. Nous aurons besoin de tous les Congolais, de souche et d'adoption, ainsi que de tous les amis du Congo. Notre nomination est, en effet, à la croisée de divers défis qui tiennent non seulement des enjeux de la ré-dynamisation de notre coopération avec la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg et l'Union européenne, mais aussi de la nécessité de redéfinir un nouveau paradigme de notre pratique diplomatique, dans le droit fil de la philosophie des « Cinq chantiers » pour la reconstruction du Congo.

 

Les nouvelles lignes philosophiques de notre diplomatie ont été tracées par le Président de la République. Il les a formalisées sous le concept fructueux de « diplomatie de développement ». Soucieux d'un monde plus juste, d'un système d'échanges équitable, le Congo, pays épris de paix, veut développer un système de coopération allant dans le sens de la concorde entre les peuples, pour un partage juste des richesses, pour la sauvegarde de l'environnement face aux nouvelles menaces planétaires.

 

Cette approche de la coopération permettra aux Etats de mieux faire face à la crise économique actuelle qui nécessite une approche systémique des rapports entre eux. En effet, les Etats n'évoluent plus en vases clos ni de façon autarcique. Aux problèmes globaux, il ne peut y avoir que des solutions globales. Les Etats sont « interreliés », ils sont inextricablement partenaires dans la construction d'un futur commun.

 

En guise d'illustration, on remarquera que la crise actuelle accable tous les pays, même si les effets ne sont pas uniformes et d'intensité égale. En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, les facteurs, à l'origine du ralentissement économique actuel, sont facilement identifiables. La chute des cours des produits exportés fixés sur les marchés internationaux, la baisse de la demande d'exportations par les pays développés, ont entraîné une contraction de l'activité économique, des pertes d'emploi, l'amenuisement des réserves de change, des recettes budgétaires et fiscales.

 

Il est donc évident que les pays d'Afrique devraient être davantage impliqués dans la recherche des voies de sortie. Notre souhait est que les éventuelles régulations de l'économie internationale réservent plus d'attention pour l'Afrique. Car, c'est ensemble que nous relèverons les défis de la reprise économique à travers le monde. Aussi, la crise actuelle, qui fut précédée d'une crise énergétique et alimentaire, devrait constituer une opportunité pour moins de conditionnalités dans l'octroi de l'aide internationale.

 

La République Démocratique du Congo en appelle ainsi à la sagesse des décideurs internationaux afin que des initiatives courageuses soient prises en rapport avec l'allégement du fardeau de la dette extérieure, de la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde de la paix et de la sécurité, gage d'une démocratie apaisée et un d'un développement harmonieux.

 

Nous voulons, à travers la « diplomatie de développement », mieux faire entendre la voix et les intérêts du Congo, améliorer notre participation à la conduite des affaires du monde, dans l'intérêt bien compris de toutes les nations au sein de la communauté internationale, notre famille naturelle.

 

 

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

 

Mais cette « diplomatie de développement » ne serait qu'un vain concept si, déjà, nous Congolais, entre sœurs et frères, n'arrivons pas à créer entre nous un climat minimal de fraternité et de confiance mutuelle.

 

L'avenir du Congo dépend de tous les Congolais. Vous, frères et sœurs congolais de l'étranger, avec la richesse de vos expériences humaines, de vos parcours professionnels, vous constituez, à coup sûr, un vivier inépuisable de talents et d'opportunités en expertise pour notre pays.

 

Malgré nos divergences politiques, sachons que nous sommes d'abord Congolais. De ce lien fort, découle un destin commun que nulle polémique ne pourra jamais rompre. Notre responsabilité est de créer, au sein et autour de l'ambassade, un climat propice à la solidarité et à la confiance mutuelle.

  

Dans cet état d'esprit, nous sommes ouverts à vos suggestions pour qu'ensemble nous puissions cimenter davantage ces liens et assumer ensemble la défense des intérêts vitaux de la République Démocratique du Congo, notre chère patrie.

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

Chers compatriotes

 

Puissions-nous joindre nos efforts pour l'avènement d'un monde meilleur, d'une Afrique prospère et d'un Congo en paix et procureur de paix.

 

 

Vive le 30 Juin,

Vive la République Démocratique du Congo,

Puisse Dieu bénir le Congo.

Nous vous remercions ! 

 

 

mardi 30 juin 2009, a 23:53
Discours de l'Ambassadeur Mova (le 30 juin 2009 à Bruxelles
 

 

49 ans de l'indépendance

de la République Démocratique du Congo

 

Discours de Son Excellence,

 Monsieur l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles, Henri MOVA Sakanyi,

 

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République Démocratique du Congo, près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l'Union européenne et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

                                             Chers compatriotes

 

Permettez-nous, en ce jour de célébration de l'anniversaire de l'indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, de commencer par vous souhaiter la bienvenue dans ce cadre que nous espérons convivial, pour fêter cet événement de grande portée historique.

 

Cette nouvelle célébration de l'indépendance de notre pays risquait, cependant, comme tant d'autres célébrations dans le passé, d'être emportée dans le long fleuve monotone de solennités inhérentes à ces festivités, si divers signes de singularité ne venaient planer sur ces 49 ans…

 

 

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans de notre indépendance se caractérisent par diverses singularités que nous voudrions épingler comme des niches d'opportunités pleines de symboles, à la fois politique, historique et même personnelle…. 

 

« Politique » car à la faveur d'un nouveau déploiement diplomatique, la République Démocratique du Congo a décidé de concentrer sur Bruxelles ses représentations auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, de l'Union européenne et des ACP.

 

« Politique », parce que nous célébrons cet anniversaire au lendemain des élections européennes riches en leçons. Les résultats de ces élections s'imposent d'une manière nette comme une interpellation de notre conscience quant à notre responsabilité collective devant les menaces qui pèsent sur la planète.

 

Ces résultats soulignent donc la nécessité de l'intensification des efforts de chaque nation dans la mise en œuvre d'une gestion globale plus responsable de notre planète. Ils démontrent que également le dynamisme de la démocratie au sein de l'Union Européenne, ainsi que le caractère irréversible de l'intégration européenne. 

 

En évoquant les dernières élections européennes, comment ne pas épingler la participation significative des ressortissants européens d'origine congolaise, surtout en Belgique ? Ce phénomène, que nous espérons croissant et durable, a été salué en Afrique comme une belle démonstration de démocratie et d'intégration.

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans interviennent au lendemain de la redynamisation de nos relations avec le Royaume de Belgique, après des moments délicats inhérents à toute relation impliquant deux Etats souverains.

 

C'est le lieu et le moment de saluer la lucidité et le courage de deux gouvernements, belge et congolais, qui, après une analyse de la situation, ont signé une Déclaration Commune afin de donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale qui tient, chacun de nous ici le sait, d'une histoire riche et longue.

 

Nous saluons ce courage politique, qui a permis, in fine, d'instaurer un cadre propice à un dialogue permanent, franc, ouvert, constructif, et respectueux des institutions démocratiques et légitimes du Royaume de Belgique et de la République Démocratique du Congo.

 

Pour nous, nulle ombre d'un doute : la Belgique demeure un partenaire de premier plan pour la République Démocratique du Congo. Que ces 49 ans soient donc l'occasion de chanter l'amitié belgo-congolaise !

 

C'est aussi l'occasion de rappeler l'excellence de nos rapports avec le Royaume des Pays Bas. Il y a lieu de saluer l'évolution heureuse de notre coopération qui place le Royaume des Pays Bas dans le peloton de tête de notre partenariat au développement. Quant au Grand-Duché de Luxembourg, qu'il nous soit permis d'honorer la qualité de nos échanges et la sérénité qui caractérise nos relations diplomatiques.

De la même façon, nous nous tournons vers nos partenaires des ACP, avec lesquels nous partageons un défi majeur : comment sortir de la crise dans un contexte de mondialisation accrue ? Nous souhaitons vivement voir nos Etats cheminer vers une intégration économique, tout en évitant ses effets néfastes.

 

Mais, au delà de ces excellents rapports officiels avec nos partenaires européens, nous voulons, avec force, saluer de nombreuses initiatives menées, sur le terrain, par des Organisations Non Gouvernementales, dans divers secteurs. Il en est de même des structures qui brassent les intelligences belges et congolaises, évoluant en parallèle avec la diplomatie formelle, à l'instar des « amitiés belgo-congolaises ».

 

Toutes ces actions permettent de jeter des passerelles vers la mise en œuvre et la conduite des projets communs, dans des domaines aussi variés que la santé, le soutien aux petites et moyennes entreprises, le jumelage des villes, les rencontres culturelles et sportives, la coopération universitaire, etc.

 

Mesdames, Messieurs, distingués invités,

 

Parmi d'autres raisons qui fondent la singularité de ces 49 ans, il nous faudrait épingler une dimension historique. Ces 49 ans font penser naturellement à une célébration à forte signification historique : les 50 ans, qui pointent déjà à l'horizon…. Oui, aujourd'hui annonce déjà demain…. Nous voulons dire que ces 49 ans ouvrent la porte au Cinquantenaire de notre indépendance, que nous célébrerons l'année prochaine, année que nous souhaitons être l'année du Congo en Belgique.

 

C'est l'occasion pour nous de noter que nous sommes, en ce moment même, en pleine phase de réflexion d'un vaste programme d'animation culturelle original qui va se concrétiser par le projet d'érection d'un périmètre d'échanges. Ce programme permettra de mettre en exergue les richesses incommensurables de notre diversité culturelle.

 

Le Cinquantenaire sera évidemment une occasion de méditation, sur notre pays, sur nous-mêmes, sur notre destin collectif. Méditation, mais aussi un exercice d'autocritique, sans complaisance. Loin de nous lamenter, il nous faudra affronter la réalité avec pragmatisme.

 

Distingués invités,

 

Aujourd'hui, après des décennies d'une crise multiforme profonde, notre pays se relève peu à peu. Il est certain que la République Démocratique du Congo va mieux. Cela est une évidence, à la lumière des paramètres et indicateurs objectifs.

 

En effet, après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national à travers la vision du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange formalisée sous le concept « Cinq Chantiers », qui visent, comme on le sait, la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication ; l'éducation ; la santé ; l'eau et l'électricité ; l'emploi.

 

Des routes de disserte agricole sont en train d'être réhabilitées, à travers le pays. Les grandes artères de principales villes du pays sont en train d'être reconstruites, et des travaux sont amorcés dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Il faut relever également les avancées enregistrées dans l'amélioration de nos rapports avec nos voisins, à la suite de l'enclenchement de la procédure d'échange d'ambassadeurs, avec le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.

 

Des efforts de bonne gouvernance sont probants, avec notamment la mise sur pied par le gouvernement d'une commission « mains propres ». Et plus largement, la lutte contre l'impunité a pris son envol. En guise d'exemple, dans le domaine des violences faites aux femmes, une nouvelle législation a permis à la justice congolaise de mettre hors d'état de nuire plusieurs justiciables, civils et militaires. Dans ce domaine, il est clair que beaucoup reste à faire.

 

Le processus électoral va bientôt atteindre la base de la pyramide institutionnelle avec les prochaines élections municipales et locales. D'ores et déjà, la mise à jour du fichier électoral a commencé sous la responsabilité de la Commission Electorale Indépendante, gage de crédibilité des résultats issus des urnes.

 

On peut également souligner l'assainissement du cadre macro-économique et la création des conditions favorables aux investissements. Quelques statistiques corroborent la reprise. La croissance économique a été, en moyenne, supérieure à 6 %, au cours de six dernières années. Les investissements, quant à eux, ont augmenté de plus de 186 %, de 2000 à 2008. Ceci prouve à suffisance qu'il y a eu une amélioration du climat des affaires. Les réformes structurelles et institutionnelles sont engagées dans tous les secteurs depuis quelques années. Nous voulons rendre ici un hommage mérité à nos partenaires et pays amis qui continuent de croire en notre pays en nous accompagnant dans ce processus.

 

La République Démocratique du Congo demeure un vaste réservoir des ressources écologiques et un vivier de plusieurs espèces sylvicoles, animales et halieutiques, biotopes des espèces rares dont certaines sont menacées de disparition. A ce titre, notre pays est sensible aux nouveaux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la désertification, à la défense de la bio-diversité, les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo entend ainsi mettre à profit les activités pérennes respectueuses de l'environnement et participer à la promotion d'une économie verte avec l'exploitation du site d'Inga III et, plus tard, du Grand Inga. Avec une capacité énergétique de 40 000 Mega Watts, le Grand Inga pourra fournir de l'énergie verte à toute l`Afrique.

 

Pour toutes ces raisons, la République Démocratique du Congo est partenaire naturel et incontournable dans cette lutte, et, à ce titre, elle fera entendre sa voix dans toutes les initiatives visant à la meilleure gestion de l'écosystème, pour un développement durable.

 

Excellences,

Messieurs

Distingués invités

Chers compatriotes

 

La troisième raison qui fonde la singularité de ces 49 ans est assez personnelle. C'est, en effet, notre première célébration solennelle, en tant qu'ambassadeur de la République Démocratique du Congo auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand Duché de Luxembourg, de l'Union Européenne et des ACP.

 

Nous sommes donc conscient de la lourde responsabilité que la République Démocratique du Congo a bien voulu nous confier… Nous mettrons toutes nos forces et toutes nos énergies pour mériter cette confiance si précieuse, et être à la hauteur des enjeux liés à notre fonction.

 

Nous comptons naturellement sur l'ensemble du personnel de l'ambassade, que nous remercions pour l'accueil chaleureux qui a nous été réservé. Nous aurons besoin de tous les Congolais, de souche et d'adoption, ainsi que de tous les amis du Congo. Notre nomination est, en effet, à la croisée de divers défis qui tiennent non seulement des enjeux de la ré-dynamisation de notre coopération avec la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg et l'Union européenne, mais aussi de la nécessité de redéfinir un nouveau paradigme de notre pratique diplomatique, dans le droit fil de la philosophie des « Cinq chantiers » pour la reconstruction du Congo.

 

Les nouvelles lignes philosophiques de notre diplomatie ont été tracées par le Président de la République. Il les a formalisées sous le concept fructueux de « diplomatie de développement ». Soucieux d'un monde plus juste, d'un système d'échanges équitable, le Congo, pays épris de paix, veut développer un système de coopération allant dans le sens de la concorde entre les peuples, pour un partage juste des richesses, pour la sauvegarde de l'environnement face aux nouvelles menaces planétaires.

 

Cette approche de la coopération permettra aux Etats de mieux faire face à la crise économique actuelle qui nécessite une approche systémique des rapports entre eux. En effet, les Etats n'évoluent plus en vases clos ni de façon autarcique. Aux problèmes globaux, il ne peut y avoir que des solutions globales. Les Etats sont « interreliés », ils sont inextricablement partenaires dans la construction d'un futur commun.

 

En guise d'illustration, on remarquera que la crise actuelle accable tous les pays, même si les effets ne sont pas uniformes et d'intensité égale. En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, les facteurs, à l'origine du ralentissement économique actuel, sont facilement identifiables. La chute des cours des produits exportés fixés sur les marchés internationaux, la baisse de la demande d'exportations par les pays développés, ont entraîné une contraction de l'activité économique, des pertes d'emploi, l'amenuisement des réserves de change, des recettes budgétaires et fiscales.

 

Il est donc évident que les pays d'Afrique devraient être davantage impliqués dans la recherche des voies de sortie. Notre souhait est que les éventuelles régulations de l'économie internationale réservent plus d'attention pour l'Afrique. Car, c'est ensemble que nous relèverons les défis de la reprise économique à travers le monde. Aussi, la crise actuelle, qui fut précédée d'une crise énergétique et alimentaire, devrait constituer une opportunité pour moins de conditionnalités dans l'octroi de l'aide internationale.

 

La République Démocratique du Congo en appelle ainsi à la sagesse des décideurs internationaux afin que des initiatives courageuses soient prises en rapport avec l'allégement du fardeau de la dette extérieure, de la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde de la paix et de la sécurité, gage d'une démocratie apaisée et un d'un développement harmonieux.

 

Nous voulons, à travers la « diplomatie de développement », mieux faire entendre la voix et les intérêts du Congo, améliorer notre participation à la conduite des affaires du monde, dans l'intérêt bien compris de toutes les nations au sein de la communauté internationale, notre famille naturelle.

 

 

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

 

Mais cette « diplomatie de développement » ne serait qu'un vain concept si, déjà, nous Congolais, entre sœurs et frères, n'arrivons pas à créer entre nous un climat minimal de fraternité et de confiance mutuelle.

 

L'avenir du Congo dépend de tous les Congolais. Vous, frères et sœurs congolais de l'étranger, avec la richesse de vos expériences humaines, de vos parcours professionnels, vous constituez, à coup sûr, un vivier inépuisable de talents et d'opportunités en expertise pour notre pays.

 

Malgré nos divergences politiques, sachons que nous sommes d'abord Congolais. De ce lien fort, découle un destin commun que nulle polémique ne pourra jamais rompre. Notre responsabilité est de créer, au sein et autour de l'ambassade, un climat propice à la solidarité et à la confiance mutuelle.

  

Dans cet état d'esprit, nous sommes ouverts à vos suggestions pour qu'ensemble nous puissions cimenter davantage ces liens et assumer ensemble la défense des intérêts vitaux de la République Démocratique du Congo, notre chère patrie.

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

Chers compatriotes

 

Puissions-nous joindre nos efforts pour l'avènement d'un monde meilleur, d'une Afrique prospère et d'un Congo en paix et procureur de paix.

 

 

Vive le 30 Juin,

Vive la République Démocratique du Congo,

Puisse Dieu bénir le Congo.

Nous vous remercions ! 

 

 

mardi 30 juin 2009, a 23:53
Discours de l'Ambassadeur Mova (le 30 juin 2009 à Bruxelles
 

 

49 ans de l'indépendance

de la République Démocratique du Congo

 

Discours de Son Excellence,

 Monsieur l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles, Henri MOVA Sakanyi,

 

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République Démocratique du Congo, près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l'Union européenne et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

                                             Chers compatriotes

 

Permettez-nous, en ce jour de célébration de l'anniversaire de l'indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, de commencer par vous souhaiter la bienvenue dans ce cadre que nous espérons convivial, pour fêter cet événement de grande portée historique.

 

Cette nouvelle célébration de l'indépendance de notre pays risquait, cependant, comme tant d'autres célébrations dans le passé, d'être emportée dans le long fleuve monotone de solennités inhérentes à ces festivités, si divers signes de singularité ne venaient planer sur ces 49 ans…

 

 

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans de notre indépendance se caractérisent par diverses singularités que nous voudrions épingler comme des niches d'opportunités pleines de symboles, à la fois politique, historique et même personnelle…. 

 

« Politique » car à la faveur d'un nouveau déploiement diplomatique, la République Démocratique du Congo a décidé de concentrer sur Bruxelles ses représentations auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, de l'Union européenne et des ACP.

 

« Politique », parce que nous célébrons cet anniversaire au lendemain des élections européennes riches en leçons. Les résultats de ces élections s'imposent d'une manière nette comme une interpellation de notre conscience quant à notre responsabilité collective devant les menaces qui pèsent sur la planète.

 

Ces résultats soulignent donc la nécessité de l'intensification des efforts de chaque nation dans la mise en œuvre d'une gestion globale plus responsable de notre planète. Ils démontrent que également le dynamisme de la démocratie au sein de l'Union Européenne, ainsi que le caractère irréversible de l'intégration européenne. 

 

En évoquant les dernières élections européennes, comment ne pas épingler la participation significative des ressortissants européens d'origine congolaise, surtout en Belgique ? Ce phénomène, que nous espérons croissant et durable, a été salué en Afrique comme une belle démonstration de démocratie et d'intégration.

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans interviennent au lendemain de la redynamisation de nos relations avec le Royaume de Belgique, après des moments délicats inhérents à toute relation impliquant deux Etats souverains.

 

C'est le lieu et le moment de saluer la lucidité et le courage de deux gouvernements, belge et congolais, qui, après une analyse de la situation, ont signé une Déclaration Commune afin de donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale qui tient, chacun de nous ici le sait, d'une histoire riche et longue.

 

Nous saluons ce courage politique, qui a permis, in fine, d'instaurer un cadre propice à un dialogue permanent, franc, ouvert, constructif, et respectueux des institutions démocratiques et légitimes du Royaume de Belgique et de la République Démocratique du Congo.

 

Pour nous, nulle ombre d'un doute : la Belgique demeure un partenaire de premier plan pour la République Démocratique du Congo. Que ces 49 ans soient donc l'occasion de chanter l'amitié belgo-congolaise !

 

C'est aussi l'occasion de rappeler l'excellence de nos rapports avec le Royaume des Pays Bas. Il y a lieu de saluer l'évolution heureuse de notre coopération qui place le Royaume des Pays Bas dans le peloton de tête de notre partenariat au développement. Quant au Grand-Duché de Luxembourg, qu'il nous soit permis d'honorer la qualité de nos échanges et la sérénité qui caractérise nos relations diplomatiques.

De la même façon, nous nous tournons vers nos partenaires des ACP, avec lesquels nous partageons un défi majeur : comment sortir de la crise dans un contexte de mondialisation accrue ? Nous souhaitons vivement voir nos Etats cheminer vers une intégration économique, tout en évitant ses effets néfastes.

 

Mais, au delà de ces excellents rapports officiels avec nos partenaires européens, nous voulons, avec force, saluer de nombreuses initiatives menées, sur le terrain, par des Organisations Non Gouvernementales, dans divers secteurs. Il en est de même des structures qui brassent les intelligences belges et congolaises, évoluant en parallèle avec la diplomatie formelle, à l'instar des « amitiés belgo-congolaises ».

 

Toutes ces actions permettent de jeter des passerelles vers la mise en œuvre et la conduite des projets communs, dans des domaines aussi variés que la santé, le soutien aux petites et moyennes entreprises, le jumelage des villes, les rencontres culturelles et sportives, la coopération universitaire, etc.

 

Mesdames, Messieurs, distingués invités,

 

Parmi d'autres raisons qui fondent la singularité de ces 49 ans, il nous faudrait épingler une dimension historique. Ces 49 ans font penser naturellement à une célébration à forte signification historique : les 50 ans, qui pointent déjà à l'horizon…. Oui, aujourd'hui annonce déjà demain…. Nous voulons dire que ces 49 ans ouvrent la porte au Cinquantenaire de notre indépendance, que nous célébrerons l'année prochaine, année que nous souhaitons être l'année du Congo en Belgique.

 

C'est l'occasion pour nous de noter que nous sommes, en ce moment même, en pleine phase de réflexion d'un vaste programme d'animation culturelle original qui va se concrétiser par le projet d'érection d'un périmètre d'échanges. Ce programme permettra de mettre en exergue les richesses incommensurables de notre diversité culturelle.

 

Le Cinquantenaire sera évidemment une occasion de méditation, sur notre pays, sur nous-mêmes, sur notre destin collectif. Méditation, mais aussi un exercice d'autocritique, sans complaisance. Loin de nous lamenter, il nous faudra affronter la réalité avec pragmatisme.

 

Distingués invités,

 

Aujourd'hui, après des décennies d'une crise multiforme profonde, notre pays se relève peu à peu. Il est certain que la République Démocratique du Congo va mieux. Cela est une évidence, à la lumière des paramètres et indicateurs objectifs.

 

En effet, après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national à travers la vision du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange formalisée sous le concept « Cinq Chantiers », qui visent, comme on le sait, la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication ; l'éducation ; la santé ; l'eau et l'électricité ; l'emploi.

 

Des routes de disserte agricole sont en train d'être réhabilitées, à travers le pays. Les grandes artères de principales villes du pays sont en train d'être reconstruites, et des travaux sont amorcés dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Il faut relever également les avancées enregistrées dans l'amélioration de nos rapports avec nos voisins, à la suite de l'enclenchement de la procédure d'échange d'ambassadeurs, avec le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.

 

Des efforts de bonne gouvernance sont probants, avec notamment la mise sur pied par le gouvernement d'une commission « mains propres ». Et plus largement, la lutte contre l'impunité a pris son envol. En guise d'exemple, dans le domaine des violences faites aux femmes, une nouvelle législation a permis à la justice congolaise de mettre hors d'état de nuire plusieurs justiciables, civils et militaires. Dans ce domaine, il est clair que beaucoup reste à faire.

 

Le processus électoral va bientôt atteindre la base de la pyramide institutionnelle avec les prochaines élections municipales et locales. D'ores et déjà, la mise à jour du fichier électoral a commencé sous la responsabilité de la Commission Electorale Indépendante, gage de crédibilité des résultats issus des urnes.

 

On peut également souligner l'assainissement du cadre macro-économique et la création des conditions favorables aux investissements. Quelques statistiques corroborent la reprise. La croissance économique a été, en moyenne, supérieure à 6 %, au cours de six dernières années. Les investissements, quant à eux, ont augmenté de plus de 186 %, de 2000 à 2008. Ceci prouve à suffisance qu'il y a eu une amélioration du climat des affaires. Les réformes structurelles et institutionnelles sont engagées dans tous les secteurs depuis quelques années. Nous voulons rendre ici un hommage mérité à nos partenaires et pays amis qui continuent de croire en notre pays en nous accompagnant dans ce processus.

 

La République Démocratique du Congo demeure un vaste réservoir des ressources écologiques et un vivier de plusieurs espèces sylvicoles, animales et halieutiques, biotopes des espèces rares dont certaines sont menacées de disparition. A ce titre, notre pays est sensible aux nouveaux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la désertification, à la défense de la bio-diversité, les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo entend ainsi mettre à profit les activités pérennes respectueuses de l'environnement et participer à la promotion d'une économie verte avec l'exploitation du site d'Inga III et, plus tard, du Grand Inga. Avec une capacité énergétique de 40 000 Mega Watts, le Grand Inga pourra fournir de l'énergie verte à toute l`Afrique.

 

Pour toutes ces raisons, la République Démocratique du Congo est partenaire naturel et incontournable dans cette lutte, et, à ce titre, elle fera entendre sa voix dans toutes les initiatives visant à la meilleure gestion de l'écosystème, pour un développement durable.

 

Excellences,

Messieurs

Distingués invités

Chers compatriotes

 

La troisième raison qui fonde la singularité de ces 49 ans est assez personnelle. C'est, en effet, notre première célébration solennelle, en tant qu'ambassadeur de la République Démocratique du Congo auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand Duché de Luxembourg, de l'Union Européenne et des ACP.

 

Nous sommes donc conscient de la lourde responsabilité que la République Démocratique du Congo a bien voulu nous confier… Nous mettrons toutes nos forces et toutes nos énergies pour mériter cette confiance si précieuse, et être à la hauteur des enjeux liés à notre fonction.

 

Nous comptons naturellement sur l'ensemble du personnel de l'ambassade, que nous remercions pour l'accueil chaleureux qui a nous été réservé. Nous aurons besoin de tous les Congolais, de souche et d'adoption, ainsi que de tous les amis du Congo. Notre nomination est, en effet, à la croisée de divers défis qui tiennent non seulement des enjeux de la ré-dynamisation de notre coopération avec la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg et l'Union européenne, mais aussi de la nécessité de redéfinir un nouveau paradigme de notre pratique diplomatique, dans le droit fil de la philosophie des « Cinq chantiers » pour la reconstruction du Congo.

 

Les nouvelles lignes philosophiques de notre diplomatie ont été tracées par le Président de la République. Il les a formalisées sous le concept fructueux de « diplomatie de développement ». Soucieux d'un monde plus juste, d'un système d'échanges équitable, le Congo, pays épris de paix, veut développer un système de coopération allant dans le sens de la concorde entre les peuples, pour un partage juste des richesses, pour la sauvegarde de l'environnement face aux nouvelles menaces planétaires.

 

Cette approche de la coopération permettra aux Etats de mieux faire face à la crise économique actuelle qui nécessite une approche systémique des rapports entre eux. En effet, les Etats n'évoluent plus en vases clos ni de façon autarcique. Aux problèmes globaux, il ne peut y avoir que des solutions globales. Les Etats sont « interreliés », ils sont inextricablement partenaires dans la construction d'un futur commun.

 

En guise d'illustration, on remarquera que la crise actuelle accable tous les pays, même si les effets ne sont pas uniformes et d'intensité égale. En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, les facteurs, à l'origine du ralentissement économique actuel, sont facilement identifiables. La chute des cours des produits exportés fixés sur les marchés internationaux, la baisse de la demande d'exportations par les pays développés, ont entraîné une contraction de l'activité économique, des pertes d'emploi, l'amenuisement des réserves de change, des recettes budgétaires et fiscales.

 

Il est donc évident que les pays d'Afrique devraient être davantage impliqués dans la recherche des voies de sortie. Notre souhait est que les éventuelles régulations de l'économie internationale réservent plus d'attention pour l'Afrique. Car, c'est ensemble que nous relèverons les défis de la reprise économique à travers le monde. Aussi, la crise actuelle, qui fut précédée d'une crise énergétique et alimentaire, devrait constituer une opportunité pour moins de conditionnalités dans l'octroi de l'aide internationale.

 

La République Démocratique du Congo en appelle ainsi à la sagesse des décideurs internationaux afin que des initiatives courageuses soient prises en rapport avec l'allégement du fardeau de la dette extérieure, de la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde de la paix et de la sécurité, gage d'une démocratie apaisée et un d'un développement harmonieux.

 

Nous voulons, à travers la « diplomatie de développement », mieux faire entendre la voix et les intérêts du Congo, améliorer notre participation à la conduite des affaires du monde, dans l'intérêt bien compris de toutes les nations au sein de la communauté internationale, notre famille naturelle.

 

 

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

 

Mais cette « diplomatie de développement » ne serait qu'un vain concept si, déjà, nous Congolais, entre sœurs et frères, n'arrivons pas à créer entre nous un climat minimal de fraternité et de confiance mutuelle.

 

L'avenir du Congo dépend de tous les Congolais. Vous, frères et sœurs congolais de l'étranger, avec la richesse de vos expériences humaines, de vos parcours professionnels, vous constituez, à coup sûr, un vivier inépuisable de talents et d'opportunités en expertise pour notre pays.

 

Malgré nos divergences politiques, sachons que nous sommes d'abord Congolais. De ce lien fort, découle un destin commun que nulle polémique ne pourra jamais rompre. Notre responsabilité est de créer, au sein et autour de l'ambassade, un climat propice à la solidarité et à la confiance mutuelle.

  

Dans cet état d'esprit, nous sommes ouverts à vos suggestions pour qu'ensemble nous puissions cimenter davantage ces liens et assumer ensemble la défense des intérêts vitaux de la République Démocratique du Congo, notre chère patrie.

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

Chers compatriotes

 

Puissions-nous joindre nos efforts pour l'avènement d'un monde meilleur, d'une Afrique prospère et d'un Congo en paix et procureur de paix.

 

 

Vive le 30 Juin,

Vive la République Démocratique du Congo,

Puisse Dieu bénir le Congo.

Nous vous remercions ! 

 

 

dimanche 28 juin 2009, a 17:07
Le Président Kabila renforce les capacités des gouvernants
 

 

La rétrocession des 40 % aux provinces, une initiative précipitée, voire politicienne et électoraliste ? Tant qu'elle n'est pas résolue, elle risque de faire poser de sérieuses hypothèques sur la Caisse Nationale de Péréquation…

 

 

            Présidée de bout en bout par le chef de l'Etat, la première session de la Conférence des Gouverneurs de Province (CGP) tenue du 24 au 25 juin 2009 à Kisangani a vécu. Témoignage : la photo de famille prise en deux temps, précisément à 20h14 et 20h15.

            Fait notable : la cérémonie de clôture, intervenue le jeudi 25, s'est déroulée dans la même atmosphère que celle d'ouverture, c'est-à-dire sans faste protocolaire, car ni mot de circonstance traditionnel, ni honneurs militaires spartiates, ni réception avec champagne et saumon.

            Le Président de la République a misé sur le temps et sur l'efficacité. Résultat : il permet pratiquement à chaque gouverneur de connaître les réalités du Congo profond. Le Congo réel, dirait l'autre.

            Effectivement, au sortir de cette session inaugurale, on peut dire de Moïse Katumbi du Katanga qu'il en connaît, désormais, un peu plus qu'il ne le savait jusque-là sur le Bandundu de Richard Ndambu, Simon Mbatshi du Bas-Congo davantage sur l'Equateur de Jean-Claude Baende, Alphonse Kasanji du Kasaï Oriental un peu mieux sur le Maniema de Didier Manara, André Kimbuta en sait maintenant plus que par le passé sur la problématique du Nord-Kivu de Julien Paluku, Trésor Kapuku du Kasaï Occidental sur la problématique du Sud Kivu de Léonce Chirmwami Muderhwa tandis que Médard Autsai, maître des céans, n'ignore plus rien des réalités du Katanga de Moïse Katumbi et vice-versa.

            De même, Joseph Kabila permet au Premier ministre Adolphe Muzito et, au travers des ministres présents, à l'ensemble du Gouvernement central, de disposer de la « photographie » exacte du pays. Au nombre de ces ministres : Célestin Mbuyu de l'Intérieur et Sécurité, Charles Mwando Nsimba de la Défense , Athanase Matenda des Finances, Michel Lokola du Budget et Antipas Mbusa de la Décentralisation. Les quatre derniers y ont participé en tant qu'invités.

            Ne faisant jamais les choses à moitié, le chef de l'Etat a fait bénéficier des mêmes connaissances son propre cabinet, conduit par Mme Louise Mayuma Kasende, directeur de cabinet adjoint, accompagnée des conseillers principaux Léonard Ngoy Lulu pour le Collège politique et diplomatique et Néhémie Wilondja pour le Collège juridique.

            Pour reprendre l'expression aujourd'hui à la mode, il vient de contribuer, par la CGP interposée, au renforcement des capacités de l'Exécutif national et des Exécutifs provinciaux ; de quoi de redonner du tonus au Secrétariat national pour le renforcement des capacités – Senarec en sigle – dont c'est justement la mission.

 

Options levées

 

            Maintenant qu'est fait à mi-parcours de la législature 2006-2011 un Etat de la Nation complet – dans la mesure où les rapports des gouverneurs s'ajoutent à ceux des délégations parlementaires reçues en audience en octobre 2008 par le Président de la République au Palais de la Nation – il va falloir passer à l'application des options levées.

            Celles-ci, selon le compte rendu lu par le ministre de l'Intérieur en présence de tous les gouverneurs de province, sont réparties en trois plans.

            Le plan politique, administratif, culturel, sécuritaire et judiciaire comprend « le renforcement de l'Autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national, l'accélération de la mise en œuvre de la Décentralisation  » (ndlr : le Senarec y est amplement impliqué), « la suppression des barrières et de toutes les formes de tracasseries sur les voies de communication, la lutte contre l'impunité » et tout ce qui s'y ressemble (notamment la corruption, les viols et les violences faits à la femme, à la fille et à l'enfant, cas, par exemple - ndlr – de la dissipation des fonds, destinés aux journalistes ayant couvert les travaux de la CGP , évoqués publiquement par le conseiller en communication du ministre de l'Intérieur mais disparus au moment de l'exécution), « l'instauration de la justice de proximité, l'organisation régulière de l'itinérance des gouverneurs, le maintien de bons rapports entre les gouverneurs et leurs collaborateurs », mais aussi « entre les gouvernements provinciaux et les assemblées provinciales ». Il est également levé l'option d'une réunion inter-institutionnelle pour d'autres questions reconnues comme « préoccupantes ».

            Le plan social, économique et financier comprend l'institution d'un « Ordre de paiement permanent auprès des succursales de la Banque Centrale du Congo pour les dotations au profit des provinces » (ndlr : de sorte que les gouvernements provinciaux cessent de courir après le Trésor public à Kinshasa pour rentrer en possession des fonds rétrocédés), « l'accompagnement des provinces dans la mobilisation des recettes publiques » générées par les régies financières (de façon que les gouvernements provinciaux soutiennent directement la Dgi , l'Ofida, la Dgrad etc. dans la collecte des impôts et taxes revenant à l'Etat) et la « concertation permanente entre le Gouvernement central et les Gouvernements provinciaux dans la gestion du Budget d'Investissement » ( de manière que l'administration provinciale s'implique réellement dans le choix et dans le financement des travaux publics à impact visible sur terrain).

            La reconstruction et le développement forment le dernier plan. Il est levé, ici, l'option de la « réaffirmation de l'implication de tous dans la réalisation des « 5 Chantiers » (d'où la nécessité d'un consensus national à préconiser pour l'Année du Cinquantenaire débutant le 1er juillet 2009 pour s'achever le 30 juin 2010), le « démarrage du programme de réhabilitation des routes de desserte agricoles » avec l'organisation du cantonnage manuel (45 mille kilomètres sont prévus à cet effet) et la « réhabilitation suivie de la relance des unités de production agropastorales et  industrielles ».

            Au regard de ce qui précède, on dire que par la CGP , Joseph Kabila esquisse son principal chantier pour le reste de cette législature. La première évaluation est prévue en décembre prochain avec la deuxième session devant se tenir à Mbandaka.

 

Rétrocession et Péréquation

 

            Des assises de Kisangani, il est essentiellement retenu la difficulté – réelle alors – de l'application de l'article 175 de la Constitution fixant à 40 % la « part des recettes à caractère national allouées aux provinces » et sa rétention à la source. Cette disposition constitutionnelle est connue sous le vocable « rétrocession des 40 % aux provinces ».

            A en croire le ministre Célestin Mbuyu de l'Intérieur, il n'y a jamais eu bras de fer entre Pouvoir central et Pouvoirs provinciaux en la matière, mais plutôt déficit de communication, et que celui-ci, à la faveur de la CGP , est désormais comblé.

            A dire vrai, l'article 175 a tout d'une initiative précipitée, voire politicienne et électoraliste, car son application soulève de nombreuses questions auxquelles le Parlement sortant n'avait pas donné les réponses pratiques. On ne peut en douter, à la lumière des épreuves auxquelles son exécution est actuellement soumise, tant il est vrai qu'au moment de la mise en pratique, on réalise qu'il est injuste, pour les douanes par exemple, de faire jouir à des provinces frontalières des taxes qui ne leur reviennent pas !

On constate, d'ailleurs, qu'aucun député, aucun sénateur – parmi ceux qui s'en font les défenseurs acharnés – n'ose faire une proposition de loi pour sa matérialisation.

            Conséquence : même l'article 181 instituant la Caisse nationale de péréquation (Cnp) voit son application hypothéquée. Pour rappel, la Cnp a pour but de « financer des projets et programmes d'investissement public, en vue d'assurer la solidarité nationale et de corriger le déséquilibre de développement entre les provinces et entre les autres entités décentralisées ».

            Soulevée par l'auteur au cours du point de presse tenu à l'issue de la CGP , la  question de cette caisse ne pose aucun problème, a estimé le ministre de l'Intérieur qui l'a renvoyée à la législation. Il faut donc attendre la loi.

            Reste cependant à savoir comment résoudrait-on cette question si celle de la rétrocession demeurait pendante.

            On pourrait aller vers une révision, question de ne pas garder dans la Constitution une disposition inapplicable !

            Au rendez-vous de Mbandaka en décembre 2009, cette question pourrait être re-posée.

 

O.N.L

vendredi 26 juin 2009, a 20:30
Sauf Imprévu : Clôture ce soir de la 1ère Conférence des Gouverneurs de Province
 


 

Prévus pour 48 heures, soit du mercredi 24 au jeudi 25 juin 2009, les travaux de la 1ère session de la Conférence des Gouveneurs de province prennent fin ce soir, sauf changement de dernière minute.

Effectivement, selon le programme remis hier à la presse, il est question, pour aujourd'hui, de clôturer ces assises à l'issue de la lecture du compte rendu.

La journée est suffisamment surchargée, car après la reprise des travaux suspendus hier vers 21h40 – heure de Kisangani – il va falloir attaquer le gros morceau avec d'abord la poursuite des travaux en commission, ensuite la tenue de l'assemlée plénière au cours de laquelle se feront la mise en commun des rapports respectifs, l'adoption des avis et suggestions ainsi que l'adoption du budget annuel de la Conférence.

Pour rappel, il a été constitué hier 4 commissions spécialisées dont la Commission Politique, Administration, Sécurité et Justice, la Commission Economie et Finances, la Commission Reconstruction et Développement et la Commission Sociale et Culturelle.

Pour rappel également, les travaux sont présidés par le chef de l'Etat en personne sur le modèle du Conseil des ministres.

Faute de compte rendu partiel sur la première journée consacrée à la validation des mandats, à l'adoption de l'ordre du jour, à l'adoption du règlement intérieur et à la mise en place du Secrétariat permanent avant la présentation des états des lieux province par province et la constitution des commissions, on ne peut en dire davantage sur les travaux au risque de se livrer à des supputations.

Le black out est total.

A observer cependant la présence des ministres invités, notamment Athanase Matenda (Finances), Michel Lokola (Budget) et Antipas Mbusa (Décentralisation), les supputations font penser que les questions sensibles de la Rétrocession aux provinces des 40 % des recettes budgétaires générées localement, de la Caisse de Péréquation et du nouveau Découpage territorial figurent en bonne place dans l'ordre du jour. Dans le même ordre d'idées, il est fait état de l'invitation qui serait adressée au ministre de la Justice Luzolo Bambi.

Cause profonde de la “mal gouvernane”


La question que bien des observateurs se posent est de savoir comment et pourquoi les autorités nationales ont attendu 49 ans pour convoquer la Conférence des gouverneurs de province alors que toutes les Constitutions de la République depuis le 30 juin 1960 instituent cette plateforme !

Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila ont droit à l'excuse. Le contexte politique dans lequel ils ont successivement évolué - le premier entre mai 1997 et janvier 2001; le second entre janvier 2001 et déembre 2006 – ne pouvait leur permettre cet exercice. Peut aussi être excusé Joseph Kasa-Vubu; la 1ère République ayant été malmanée par la politique politcienne.

Des quatre chefs d'Etat à s'être succédé à la tête du pays, seul Moutu Sese Seko a évolué dans un contexte favorable, principalement entre 1965 et 1990. En effet, il a bénéficié de la Pax americana garantie par la Guerre froide, il a été à la tête d'un puissant Parti-Etat, le Mpr (présent dans tous les coins et recoins du pays) et il n'a pas fait face à la contestation politique classique propre à tout régime démocratique.

Donc, il a été en mesure de tenir ne serait-ce qu'une dizaine de sessions de ces assises.

Il s'en est passé, et on peut comprendre la cause première de la “ mal gouvernance ” qui s'en est suivie et dont les Consultations populaires ont relevé l'ampleur début 1990. Résultat : plongé dans une longue transition de 16 ans, le pays peine, aujourd'hui, à s'en sortir.


Kabila prend les choses en mains


La portée de l'institutionnalisation de la Conférence des Gouverneurs réside dans la structuration même du Pouvoir central. Celui-ci a pour premier et principal palier le Pouvoir provincial. Le premier est un et unique; le second est par nature multiple, cela aux plans de la composition et de l'animation.

Au plan de la composition, il y a en RDC 11 Pouvoirs provinciaux représentatifs des 11 Provinces actuelles. Avec le nouveau découpage, il faut commencer à envisager la présence des 26 provinces. Au plan de l'animation, les Pouvoirs provincaux peuvent être représentatifs de la Majorité (cas de l'Amp/Pprd) ou de la Minorité (cas de l'Un/Mlc).

La seule plateforme où tous ces pouvoirs peuvent se concerter et agir de commun accord est justement la Conférence des Gouverneurs. Ceci d'un. De deux, le Pouvoir central ne peut agir sur un district ou un quartier donné sans impérativement passer par le palier Province, entendez Pouvoir provincial. C'est de cette façon, mais alors de cette façon seulement qu'il peut instaurer et faire respecter l'unité de commandement !

Résultat : les deux Pouvoirs sont obligés d'évoluer ensembele, d'avoir le même corps, de partager le même esprit.

Après tout, constitutionnellement parlant, le Gouvernement central ou le Gouvernement provincial rend compte de sa gestion à l'Assemblée nationale ou à l'Assemblée provinciale, selon le cas. Les députés (nationaux ou provinciaux) ont notamment pour mission de déposer auprès des bureaux de leurs organes respectifs des rapports des vacances parlementaires ou tous autres rapports sur le fonctionnement de leurs circonscriptions électorales.

Comment le Gouvernement central et le Gouvernement provincial seront-ils efficaces dans leur propre fonctionnement s'ils n'ont pas une plateforme de concertation et d'action, celle-là même qui ne peut être que la Conférence des Gouverneurs de province ? Et comment le chef de l'Etat, élu au suffrage universel direct et secret sur base de son projet de société ou de son programme électoral, peut-il influer sur l'action gouvernementale s'il n'a aucune autorité sur cette plateforme ?

En étrennant ces assises – les premières en 49 ans d'Indépendance – le président Kabila donne la preuve de la vision qu'il a pour le Congo. Un Congo qui ne peut se (re)construire qu'à partir des provinces.

A Kisangani, il a décidé de prendre les choses en mains, mais en demeurant dans la légalité constitutionnelle. Et celle-ci lui reconnaît, en plus de la qualité de membre de cette structure aux côtés du Premier ministre, du ministre de l'Intérieur et des gouverneurs de province, celle de président...

Au soir de ce jeudi 25 juin 2009, sauf changement de date, le compte rendu officiel en apporte le témoignage.


ONL

vendredi 26 juin 2009, a 10:40
Jean Pierre Bemba, adieu ou revoir ?
 


Par Le fouineur de la RD Congo
La voix de celui qui essaie de comprendre ...

Depuis le début de cette affaire, il y a eu quelques rebondissements mais rarement à l'avantage de JP Bemba. Aujourd'hui, c'est plutôt une confirmation de son jugement qui est tombée. Ses fans avaient cru un moment à la relaxation pure et simple. C'était sans tenir compte de l'opiniâtreté du Procureur Moreno qui, pour rien au monde, n'aurait voulu perdre la face. Souvenez-vous de ce que disait Emma Bonino au plus fort de la rébellion en RDC.
Force nous est de constater que le parcours du Président du MLC, général autoproclamé durant la rébellion, est jalonné de quelques erreurs stratégiques monumentaux. Indigne d'un homme politique qui se voulait grand. JP Bemba avait tout pour réussir. Il avait les cartes dans ses mains, mais les a mal joué. Le jeu Pique méchant n'est pas le Poker.
Quelques erreurs épinglés au hasard:
-Il a été le premier à légitimer le pouvoir de Jo Kabila en acceptant de devenir son 1er ministre. Alors qu'il était censé être son opposant à Sun-City.
-Il a poussé ses propres copains dans les bras de son adversaire. (Gondha, Kamitatu, ...)
-D'autres l'ont quitté pour des multiples raisons. (Endundo, Olivier Engulu, ...)
-Il n'a pas su (Ou n'a pas voulu) s'allier les poids lourds du Mobutisme. (Mokolo, Seti, feu Kaputo, ...)
-Ses conflits avec ses beaux-frères Nzanga Mobutu et Jean Bamanisa avaient-ils raison d'être? Ceci a plutôt servi ces derniers et l'AMP.
-N'y avait-il vraiment plus d'avion à vendre sur cette terre pour qu'il se sente obligé de racheter celui de Charles Taylor sachant que l'homme était mal barré au niveau international?
-Avez-vous vu les images de son armée clochardisée dormant sous des tôles avec femmes et enfants en plein centre-ville de Kinshasa?
-Peut-on attaquer en plein Kinshasa alors que l'on n'a pas suffisamment des munitions pour tenir un siège?
-Durant le sprint final du 2ème tour des élections, il ne s'est entouré que des gens qui avaient perdu au 1er tour. L'UN est une association des perdants ayant réalisés des scores en dessous de 1% sauf Kashala. Donc, des personnes qui ne lui rapportaient aucun poids électoral. Normal, eux-mêmes n'en avaient pas.
-Sortir de la RDC, même pour une cheville cassée, était une erreur comme les aller-retour vers Bruxelles.
Il aurait pu être un opposant de poids pour Jo Kabila et porte-Parole de l'opposition. Hélas, triple hélas, l'heure est plutôt à essayer de trouver des moyens crédibles pour pouvoir le tirer de ces mauvais draps. Mais lorsque l'on voit comment a fini Milosevic dans le même coin, il est permis de ne pas rêver. Espérons que Charles Taylor ne le citera pas dans ses affaires. Sinon, ce sera le bouquet final.
Bosco Ntanganda a peut-être fait pire que JP Bemba, mais il a trouvé le moyen de se rendre incontournable via le CNDP rénové en lâchant Nkunda (Qui l'avait pourtant recueilli après ses dégâts en Ituri) et surtout en se faisant tout petit médiatiquement. En soi, pour le gouvernement, c'est une politique d'autruche (La tête dans le sable pour ne pas voir les crimes de Bosco !!!).
En fait, foi du fouineur, JP Bemba a facilité la vie de ses adversaires en se mettant lui-même hors-jeu. Notez qu'il a continué à percevoir son salaire de vice-président tout en étant à Faro, cherchez l'erreur.
Attendons qu'il y ait une plainte sur les massacres de Tingi-Tingi, si la CPI est juste avec sa logique, nous verrons qui sera arrêté.

Copyright: http://www.rd- congo.info/ dit le fouineur de la RDC


lundi 22 juin 2009, a 11:19
Le Président Kabila inaugure la Conférence des Gouverneurs de province
 

 

         Concernés par les opérations « Coup de tonnerre » et « Umoja Wetu », montées la première par les Gouvernements congolais et ougandais en vue de la neutralisation de la Lra  ; la seconde par les Gouvernements congolais et rwandais en vue de la neutralisation des Fdlr, la Province Orientale et le Nord-Kivu sont à l'honneur du 24 au 30 juin 2009.

            En effet, leurs chefs-lieux respectifs, à savoir Kisangani et Goma, abritent l'un la Conférence des Gouverneurs, l'autre les festivités du 49ème de l'Indépendance de la RDC.

            Avec la promulgation de l'Ordonnance n°09/043 du 20 juin 2009 portant convocation de la Conférence des Gouverneurs, et ce conformément à l'Ordonnance n°O8/013 du 7 octobre 2008 instituant cette structure, les dates sont désormais connues : 24 et 25 pour Kisangani ; 30 juin pour Goma.

            A ce stade, tout ce qui peut être dit par rapport à ces rendez-vous 'est que le chef de l'Etat a fait un choix de solidarité avec les compatriotes de la Province Orientale et du Kivu frontalier qui ont un puissant besoin d'être rassurés, quand on sait combien les rébellions ougandaise et rwandaise transforment les revendications politiques d'hier en criminalité assumée. (lire article intitulé « Après ‘No Nkunda, no job', voici ‘No Fdlr, no job' !»).

            S'agissant particulièrement des assises de Kisangani, il importe de relever qu'elles font l'objet d'une disposition constitutionnelle. « Il est institué une Conférence des Gouverneurs de province. Elle a pour mission d'émettre des avis et de formuler des suggestions politiques à mener et sur la législation à édicter par la République. La Conférence des Gouverneurs de province est composée, outre les Gouverneurs de province, du Président de la République , du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur. Tout autre membre du Gouvernement peut y être invité. Elle est présidée par le Président de la République. Elle se réunit au moins deux fois par an sur convocation de son Président. Elle se tient à tour de rôle dans chaque province. Une loi organique en détermine les modalités d'organisation et de fonctionnement », lit-on à l'article 200 de la Constitution.

            La loi organique ayant été promulguée en 2008, il restait à passer à l'acte. C'est désormais chose faite avec la tenue de la première Conférence du genre à se tenir en RDC depuis le 30 juin 1960 !

            Avec pour maître des Céans le gouverneur Pprd Médard Autsai, la Province Orientale a une bonne raison de s'estimer honorée étant donné que son chef-lieu, Kisangani, baptisé « Ville Martyr » par Mobutu, rebaptisée « Ville Espoir » par Joseph Kabila, est justement la première entité politico-administrative à l'accueillir.

            Pour l'heure, il est à retenir que la salle de l'Alliance Franco-Congolaise, Afroco en sigle,  va abriter les cérémonies d'ouverture et de clôture pendant que les travaux en commissions se dérouleront au gouvernorat.

 

A chacun son bilan ?

 

            Tenir ces assises, c'est bien. Mais pour quel résultat ?

            La réponse est dans l'alinéa 2 de l'article 200 : émettre des avis et formuler des suggestions politiques sur la marche du pays et sur la législation.

            On notera d'emblée, avec la composition de cette structure, qu'il s'agit d'une affaire strictement gouvernementale, relevant exclusivement de l'Exécutif. En effet, la participation est réservée au Président de la République , au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur et aux Gouverneurs. Toutefois, bon nombre de ministres y sont attendus, conformément à l'incise « Tout autre membre du Gouvernement peut y être invité ». Ils sont attendus à Kisangani dès ce mardi 23 juin.

            Bien des choses sont à formaliser en ce qui concerne les avis et les suggestions. A mi-parcours de la 1ère législature de la IIIème République , il est tout à fait indiqué que le chef de l'Etat se concerte avec les principaux animateurs des provinces. Non pas parce que dans leur  majorité écrasante ces derniers sont Amp (à l'exception du vice-gouverneur Mlc de l'Equateur), mais parce que c'est une obligation constitutionnelle.

            Mais déjà, en tant que Amp, les 10 Gouverneurs de la Province Orientale , du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema, du Katanga, du Kasaï occidental, du Kasaï Oriental, du Bandundu, de Kinshasa et du Bas-Congo sont tenus au devoir du résultat par rapport aux promesses électorales de toute la famille politique.

            Chacun a donc son bilan à présenter.

            Il est cependant évident que ce bilan est d'abord celui du Président Joseph Kabila.

            A en croire une certaine opinion, ils seraient moins nombreux, ceux des gouverneurs qui se sont fait remarquer par la gestion positive de la cité au cours de ces deux dernières années et quelques mois.

            La Conférence n'est toutefois pas un tribunal.

C'est le lieu, par excellence, d'échanges d'expériences et de détermination du travail fait et du travail à faire, tout comme du travail à ne pas faire.

 

54 matières constitutionnelles et autres…

 

            A ce niveau, l'article 203, qui établit la répartition des compétences entre le Pouvoir central et les provinces, fournit un éventail des matières qui appellent effectivement avis et suggestions. Il dispose que « Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, les matières suivantes ont de la compétence concurrente du pouvoir central et des provinces ».

            Au nombre de 25, ces matières portent notamment sur la promotion et la sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales, les droits civils et coutumiers, l'établissement des impôts, la police des étrangers, la protection civile, la réglementation sur les régimes énergétiques, agricoles et forestiers, le trafic routier, l'initiative des projets, programmes et accords de coopération économique, culturelle, scientifique et sociale internationale, la protection des groupes des personnes vulnérables…

            Il y a, en plus, l'article 204 avec ses 29 matières relevant de la compétence exclusive des provinces, au nombre desquelles le plan d'aménagement de la province, la coopération inter-provinciale, les emprunts intérieurs pour les besoins des provinces des recettes budgétaires prévue à l'article 175 et de la Caisse nationale de Péréquation prévue, elle, à l'article 181. Après tout, avant d'être nationales, ces recettes sont d'abord provinciales en ce que celles qui sont générées par les régies financières comme la Dgi , l'Ofida et la Dgrad se perçoivent en provinces avant d'être canalisées vers leurs administrations centrales.

            Il est évident que l'on ne pourra pas aborder les 54 matières de la compétence concurrente Pouvoir central/Provinces ou de la compétence provinciale au risque d'alourdir les travaux et d'en hypothéquer les résultats. L'ordre du jour fixera certainement les points qui seront débattus.

              On n'éludera pas non plus la phase finale du processus électoral 2006 avec les élections urbaines, municipales et locales prévues en 2010 pour les Etd (Entités territoriales décentralisées). 

La révision du fichier électoral et le récent forum sur la Décentralisation tenu à Kinshasa intéresseront sans doute la conférence.

            Il ressort des sources recoupées que c'est au cours des assises de Kisangani que le plan de réhabilitation de l'Est du pays – annoncé lors du conseil des ministres tenu à Goma en mars dernier – sera lui aussi formalisé.

           

Une responsabilité énorme

           

            A propos précisément de la Décentralisation , il importe de noter que la formalisation du passage de 11 à 26 provinces est la première à s'opérer en RDC de façon ordonnée, c'est-à-dire dans un contexte de fonctionnement normal des institutions. On est loin, mais alors loin des 44 « Républiquettes » de la Ière République (1960-1965).

            L'Histoire retiendra finalement que l'application de cette disposition de l'article 2 de la Constitution se fait sous le mandat de Joseph Kabila, appelé d'aller de première en première ! Effectivement, la Conférence des Gouverneurs est une première, le découpage de la RDC en 26 provinces est une première, l'avènement du Cinquantenaire de l'Indépendance est une première (lire article intitulé « Année du Cinquantenaire, Année du Consensus national ? »), le lancement des « 5 Chantiers » sur toute l'étendue du pays est une première, exactement comme l'est sa propre élection au suffrage universel direct et secret, dans un contexte politique pluraliste.

            C'est une responsabilité énorme pour le chef de l'Etat et les « 15 hommes » appelés à former son brain trust.

Déjà, comme pour communier avec l'ensemble du pays, tout ce que le chef-lieu de la Province Orientale dispose comme ressources humaines et matérielles mobilisables est actuellement mis à profit, car la Conférence des Gouverneurs a pour challenge de déterminer tout le reste du programme des « premières Kabila ».

           

ONL

 

mercredi 17 juin 2009, a 14:53
Bemba en appel, Patassé menacé !
 

Le leader du Mouvement de Libération du Congo n'était ni Chef Militaire, ni dispensateur des ordres sur le théâtre d'opérations. Ses troupes avaient été placées, affirme Kilolo Musamba, l'un de ses avocats les plus en vue, sous commandement de la haute hiérarchie militaire dirigée, en son temps, par Ange Félix Patassé, l'ex-Président élu au suffrage universel direct et déchu, plus tard, par François Bozizé, à la suite des affrontements larvés, en République Centrafricaine.

La chambre d'Appel aura, enfin, la primeur des arguments des avocats de Bemba qui se réjouissent, malgré tout, de la décision de la CPI de retenir le strict minimum de crimes, au niveau de la responsabilité . Ce sera un coup de foudre, croit-on. Les faits restant têtus, les avocats promettent de s'en saisir, pour se donner raison, en défendant Bemba, leur client, dont ils clameront l'innocence, jusqu'au bout. Ce n'en était pas fini. L'épisode de la Cour Pénale Internationale boucle une étape mais pas la dernière. Dans leurs manches, les avocats de Bemba disposent encore d'autres manches. Ils promettent d'aller en appel, pour faire valoir des arguments massues. Parallèlement au processus de mise en place d'une chambre de première instance, pour juger Bemba, ils veulent, eux, saisir directement la chambre d'Appel. Leur idée consistera à démontrer que Bemba n'était ni Chef Militaire, ni dispensateur des ordres sur le théâtre d'opérations, lors des affrontements armés entre les troupes fidèles à Ange Félix Patassé, le Président élu au suffrage universel direct, et les rebelles de François Bozizé.

Les avocats qui se réjouissant, en passant, du fait que la Cour Pénale Internationale ait retenu le strict minimum, au niveau du levier de responsabilité . Ceci rend donc discutable la suite. Les faits restant, par ailleurs, têtus, il va de soi qu'ils les qualifient en droit, pour contraindre la chambre d'Appel qui dispose d'un dernier mot, à ordonner, sans atermoiements, la libération de leur client. Même si la Cour a rejeté le reste, les avocats de la défense ne démordent guère lorsqu'ils croient avoir des raisons de faire valoir des arguments en vue de prouver que Bemba n'était ni de près, ni de loin, le Chef militaire de ses éléments dépêchés à Bangui, à la rescousse du pouvoir Patassé, menacé. Hommes et femmes des troupes, armes et munitions, rations et commodités étaient globalement placés sous la direction de la haute hiérarchie militaire centrafricaine laquelle dépendait, elle-même, de Patassé. Les avocats entendent récupérer tous les faits à la décharge de Bemba. L'espoir est encore permis, à les en croire. C'est une question simplement de temps. Au Mlc, Muamba François parle d'un dossier vide, à la CPI. La responsabilité individuelle étant écartée, la justice internationale ferait mieux de libérer Bemba, soutient-on. Où est Patassé ? Félix dit Ange Patassé est aujourd'hui plus que jamais, l'une des pièces à conviction, dans le dossier Bemba.

La suite de la procédure l'implique, à tous les niveaux. Si bien qu'il doit témoigner. L'enjeu est de taille, pour cet ex-Président déchu. C'est lui, le demandeur des troupes. C'est lui qui les avait utilisées, à ses fins. C'est encore lui qui, contre vents et marées, avait résisté contre Bozizé. Patassé est l'élément clé. Il connaît tout. Son tour est arrivé. Pourquoi la CPI le laisse-t-il courir les rues, fumant le calumet de la paix avec son ex-rival, sans la moindre inquiétude ? De plus en plus, des voix condamnent véhément le fait que Bemba soit le seul à payer les frais d'une intervention dont le bénéfice aurait échappé à son contrôle, totalement. La CPI se ressaisira-t- elle ? Dans combien de temps, pour arrêter Patassé, le juger et condamner ?


lundi 11 mai 2009, a 12:41
Les activités du Ministre AlexisThambwe Mwamba
 

REPUBLIQUE    DEMOCRATIQUE   DU  CONGO

      MINISTERE DES  AFFAIRES ETRANGERES

                              Le Cabinet du Ministre

                LA   CELLULE    DES   COMMUNICATIONS    INTERNATIONALES

 

BULLETIN N° 130/ 033/ CCI/ 09

 

Avec  référence aux Communiqués Conjoints des réunions bilatérales tenues par Leurs Excellences Madame et Monsieur les Ministres des Affaires Etrangères de la République du Rwanda  Son Excellence  Rosemary  MUSEMINALI et Son Excellence  Alexis  THAMBWE  MWAMBA de la République Démocratique du Congo ,  réunions tenues respectivement à  l'Hôtel Lake KIVU SERENA à RUBAVU dans la Province de l'Ouest du RWANDA du 05 au 06 Février 2009, référence  faite aussi  au Rapport de la 5ème Réunion  bilatérale  tenue  à Kinshasa du 27 au 28 Mars 2009, le Ministère des Affaires Etrangères de la République Démocratique du Congo rappelle  que lors de ces travaux, il avait été levé l'option d'échange d'Ambassadeurs entre les deux pays en vue  de la normalisation des relations diplomatiques.

Eu égard à ce qui précède, le Ministère des Affaires Etrangères salue la désignation par les autorités Rwandaises de Monsieur AMANDIN RUGIRA comme Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du RWANDA en République Démocratique du CONGO.
Ce diplomate de carrière  a été avant sa nomination, et depuis plusieurs années Secrétaire Général au Ministère Rwandais des affaires étrangères.

Pour sa part,  avant de s'envoler vers la République Sud Africaine à l'investiture du Président Jacob ZUMA, le Ministre congolais des Affaires étrangères, S.E. M. Alexis THAMBWE MWAMBA, a annoncé la nomination, dans les tout prochains jours de l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo (RDC) au Rwanda.

Le chef de la diplomatie congolaise qui s'exprimait à la presse vendredi  08 mai 2009 à Kinshasa, a fait savoir que le processus suivait son cours et qu'il faudrait franchir toutes les étapes avant de communiquer le nom du futur ambassadeur de la RDC au Rwanda. Il a souligné qu'Il y a plusieurs étapes à franchir, notamment  le choix de la personne. Ensuite, la communication de ce nom au pays hôte. Et au quel cas il n'y aucune  objection, une ordonnance  devra être signée à cet effet.

L'amorce de la normalisation des relations entre  les deux pays avait débuté avec la relance de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) en avril 2007 à Bujumbura. Les trois pays membres de cette communauté avaient décidé à cette occasion, d'ouvrir leurs ambassades dans leurs capitales et d'accélérer la remise en marche des projets communs.

S'agissant du retour de la RDC au sein de la  CEPGL, le Ministère des Affaires Etrangères confirme la désignation en qualité de Secrétaire Exécutif Adjoint du Professeur NTUMBA LUABA  LUMU, Professeur de Droit dans les Universités Congolaises, ancien Ministre des Droits Humains, et il y a peu Directeur de l'Unité d'Exécution du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion, UEPN-DDR en sigle.

 

         Kinshasa, le 09 Mai 2009

 

La Cellule des Communications Internationales

samedi 02 mai 2009, a 11:15
LETTRE DE MONSIEUR TAMBA KUMA A M. ROLAIN MENA
 



Monsieur Rolain MENA,

Je serai personnellement très intéressé de connaître la liste de vos amis que j'aurai escroqué et au besoin, répondre de ces actes devant la justice. J'attends très tranquillement votre lettre ouverte pour pouvoir y répondre. Mais notez que je ne suis pas de nature à me faire ou me laisser facilement impressionner par des ceux qui trouvent comme seule arme les attaques personnelles. Vous m'aviez adressé un mail privé, je lève l'option de le rendre public. Si vous avez des éléments pour me savonner, ne vous privez pas de le faire sur la place publique. J'attends les éléments de preuve que vous avez pour que je les soumette moi-même à la justice.

Par ailleurs, cher monsieur, apprenez que la politique n'est pas un domaine facile. Ne pas dialoguer en politique est criminel. Je suis tout à fait d'accord de vous rayer de ma liste, à une seule condition de ne pas vilipender la famille politique que je représente. Comme je l'ai dit dans mon dernier mail, je trouve que c'est trop facile pour vous de rayer mon adresse de vos contacts et attaquer le camp que je représente. Tant que vous interviendrez dans ce sens, je ne manquerai pas de m'octroyer le droit de vous répondre.

Monsieur MENA, je lis régulièrement vos critiques envers mon camp. Dans votre liste de diffusion, j'ai une autre adresse à laquelle vous écrivez sans vous rendre compte qu'elle m'appartient. Toute action appelle à une réaction, tenez-le pour dit.

A toutes fins utiles, je suis serein et en attente de votre lettre ouverte avec les éléments de preuve auxquels vous avez fait allusion. Mais notez que vous n'êtes pas le premier à vouloir me calomnier sur ce point. Je vous invite alors à vous distinguer des autres par des éléments probants sinon...

Salutations patriotiques!

PS: j'ai eu votre ami Papy KABEYA au téléphone à qui j'ai transmis un message vous concernant. Je ne suis pas votre ennemi et je ne vous ai jamais attaqué personnellement. Je trouve que vous faites profil bas comme le passé de votre président Honoré NGBANDA. Revenez au meilleur sentiment alors qu'il est encore temps.

snc TAMBA KUMA PYSOL
tambakuma@hotmail. fr



mardi 24 mars 2009, a 09:00
John Numbi, le bras armé de Kabila
 

L'inspecteur général de la police a été l'un des artisans de la récente opération militaire menée dans le Kivu par les armées rwandaise et congolaise. Enquête sur un homme de l'ombre, dont l'influence s'étend jusqu'à Kigali.

C'est devenu presque une habitude. Chaque fois que l'inspecteur général de la police congolaise, le général John Numbi, accomplit une mission en rapport avec la crise qui mine les provinces de l'est de la RD Congo, il déchaîne les passions. Ce fut le cas en janvier 2007 lorsque, sous les auspices du Rwanda, il rencontrait secrètement Laurent Nkunda à Kigali. L'entrevue avait abouti au fameux processus de « mixage », dont l'objectif était d'intégrer les combattants du Conseil national pour la défense du peuple (CNDP) à l'armée régulière. Très décriée, l'entreprise fit long feu. Deuxième tempête, celle provoquée par l'opération Umoja Wetu (« Notre unité », en swahili). Négociée secrètement par John Numbi, elle s'est traduite par des actions conjointes des armées congolaise et rwandaise au Nord-Kivu, officiellement pour traquer les membres des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Mais les dommages collatéraux de cette opération dont il a assuré la coordination sont importants, notamment au sein de la majorité présidentielle. Bien qu'il ait agi au nom du chef de l'État, l'inspecteur général de la police est la cible de vives critiques émanant de la classe politique. À ses détracteurs, le général répond, lapidaire : « Je ne me préoccupe pas des rumeurs. Il y a des choses qui relèvent du secret défense. Quand il s'agit d'un plan pour sauver le pays, on ne peut y associer tout le monde. »

Numbi, « c'est le militaire le plus puissant du pays après le chef de l'État, tout comme l'est Katumba Mwanke, l'éminence grise du président, sur le plan politique. Il traite directement avec Kabila », explique l'un de ses compagnons d'armes. Fidèle parmi les fidèles, il appartient au premier cercle des collaborateurs du numéro un congolais, ce groupe que l'on qualifie à Kin­shasa de « gouvernement parallèle ». Né en 1962, il est originaire du Haut-Lomami (Nord-Katanga). En 1983, il décroche un diplôme en électronique à l'Institut supérieur pédagogique technique de Likasi. Selon lui, sa première rencontre avec les Kabila, père et fils, remonte à 1989, à Pweto. À cette époque, le Katanga s'appelle encore Shaba. Laurent-Désiré Kabila, rebelle errant depuis les années 1960, n'imagine pas un seul instant qu'il prendra un jour le pouvoir. Mais ce n'est qu'à l'occasion d'une nouvelle rencontre, en 1992, que John Numbi sympathisera avec le jeune Joseph Kabila.

À Kinshasa, le président Mobutu Sese Seko a décrété la démocratisation de son régime depuis avril 1990. La scène politique est en ébullition. Au Shaba, toutes les dérives sont permises : les « autochtones », sous la houlette principalement de l'Union des fédéralistes et des républicains indépendants (Uferi), le parti de Nguz a Karl-i-Bond, se livrent à une épuration ethnique. Principales victimes, les Kasaïens, priés de rentrer « chez eux ». Ceux qui ont vécu ces événements se souviennent de John Numbi, l'un des « activistes les plus fous » de la jeunesse de l'Uferi. Il aurait exécuté de « sales besognes ». Ce que l'intéressé réfute : « J'ai toujours dit que si une seule famille kasaïenne a été endeuillée à cause de moi, qu'elle se fasse connaître. Jusqu'à ce jour, je n'ai vu personne. » En 1996, soupçonné d'entretenir des liens avec les adversaires du régime zaïrois, il est arrêté à Lubumbashi et emmené à Kinshasa. Mais il réussit à échapper à ses geôliers et à se réfugier dans l'enclave de Cabinda, où sont établis des gendarmes katangais – issus de l'armée de Moïse Tshombe constituée lors de la sécession de 1960 – avec lesquels il est en contact. C'est avec ce groupe que Numbi entrera à Kinshasa en mai 1997 par Kitona (ouest), après la chute du régime zaïrois. Laurent-Désiré Kabila s'installe au pouvoir grâce à ses parrains rwandais et ougandais.

Sous Laurent-Désiré Kabila – comme c'est le cas avec son successeur –, John Numbi se montre opportuniste. Une de ses vieilles connaissances résume : « Audacieux, il a toujours agi sans réserve. Il sait s'attirer les bonnes grâces du chef. C'est Kabila père qui a fait de lui un militaire. » Petit à petit, il se fraie un chemin : chargé de la communication dans une compagnie, puis dans une brigade, Numbi se retrouvera directeur des transmissions de l'armée du nouveau pouvoir et même commandant de la 50e brigade chargée de la sécurité de la ville de Kinshasa. Ses relations avec James Kabarebe, officier rwandais qui était alors le patron de l'armée congolaise, remontent à cette époque. Mais en 1998, à la suite d'un renversement d'alliances, Rwandais et Ougandais attaquent le Congo. Nommé commandant opérationnel à Kindu, dans le Maniema, il ne peut empêcher la prise de la ville par l'ennemi. En décembre 2000, alors qu'il doit assurer avec Joseph Kabila la défense de la localité de Pweto, au Katanga, celle-ci tombe entre les mains des Rwandais. Furieux, Laurent-Désiré Kabila le décharge de ses fonctions. Quelques semaines plus tard, le 16 janvier 2001, alors qu'il est au Zimbabwe pour suivre une formation militaire, Numbi apprend que Laurent-Désiré Kabila a été assassiné.

 

Le temps d'apprendre

De retour à Kinshasa, il est nommé, en mars 2001, chef d'état-major de l'armée de l'air par le nouveau président, Joseph Kabila. Mais les officiers de carrière ne le considèrent pas comme un « vrai » militaire. L'un d'eux explique, sarcastique : « Les militaires se reconnaissent par écoles et par promotions. Nous ne connaissons pas les siennes ». Mais Numbi ne se contente pas d'être promu : il prend aussi le temps d'apprendre. Et il apprend vite, à travers les différents séminaires qu'il organise dans le cadre de ses fonctions. Parallèlement, celui qui est devenu un homme du sérail se voit confier les missions les plus délicates, notamment en matière de maintien de l'ordre. « Avec brutalité », affirment ses détracteurs. « Il est autoritaire, mais pas dur », rectifie un de ses collaborateurs. C'est lui, par exemple, qui s'illustre en mars 2007 lors du conflit entre le président Kabila et l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Ses hommes ont, en effet, pilonné la résidence de ce dernier au moment où il recevait des diplomates étrangers. Un observateur constate : « Pour Numbi, il n'y a pas d'équivoque : les ennemis de Kabila sont ses ennemis. » En juin 2007, il est nommé inspecteur général de la police congolaise. C'est à lui que revient la tâche de réprimer les manifestations du mouvement religieux Bundu dia Kongo, dans la province du Bas-Congo. Une opération qui fera de nombreuses victimes.

Si certains n'apprécient pas ses méthodes, ils reconnaissent toutefois à John Numbi une indéniable qualité : le sens de l'ordre et de l'organisation. Il a ainsi amélioré les infrastructures des services dont il a eu à s'occuper. Les officiels rwandais, avec lesquels il s'entend bien, le considèrent comme « un homme ouvert au dialogue, qui va droit au but, sait se montrer blagueur et taquin ». Tout en soulignant l'un de ses « défauts » : « Il a tendance à vouloir tout faire lui-même. » Marié, père de six enfants, John Numbi n'a pas beaucoup de loisirs. Mais quand il quitte sa tenue de général trois étoiles, il aime consacrer du temps à sa ferme de Lubumbashi. À moins qu'il n'écoute ses musiques favorites. En particulier, celle de son idole : le maître de la rumba congolaise, Luambo Makiadi.


Source : JA

dimanche 22 mars 2009, a 12:46
Qui de Kabila et de Kamerhe a fait qui ?
 


 

            Auteur de l'ouvrage < Pourquoi j'ai choisi Kabila ? >, Vital Kamerhe vient d'user de son devoir d'ingratitude en engageant un bras de fer avec son parti et sa famille politique dont l'initiateur attitré – il l'a toujours proclamé - est Joseph Kabila, le Président de la République.

            Dans cet ouvrage – dont la relecture est maintenant vivement recommandée – le président de l'Assemblée nationale relate le contexte de ses deux premiers contacts avec le futur chef de l'Etat. D'abord à l'aéroport de Ndjili, en pleine guerre du 2 août 1998, lors de la prise manquée de Kinshasa par un Rcd porté à bout de bras par le Rwanda. Ensuite à la Cité de l'Union africaine, après que le lieutenant-général Didier Etumba, alors général, l'eût amené en janvier 2001.

            Quel aura été alors le parcours de Vital Kamerhe, depuis la dernière  rencontre ?

            Joseph Kabila l'avait fait le délégué au Dialogue intercongolais, pour le compte de la composante < Gouvernement >.

            Joseph Kabila l'avait fait ministre de l'Information et Médias dans le premier Gouvernement <1+ 4 >.

            Joseph Kabila l'avait fait secrétaire général du Pprd.

            Joseph Kabila l'a fait < directeur visible > de sa campagne électorale.

            Joseph Kabila l'a fait candidat à la députation nationale.

            Joseph Kabila l'a fait président de l'Assemblée nationale alors qu'il aspirait devenir Premier ministre avant l'avènement de l'Amp en juin 2006.

            Pour la petite histoire, ambitionnant d'investir la primature avec Joseph Kabila chef d'Etat (le partage de l'Exécutif entre l'Est et l'Ouest importait peu à ses yeux), Vital Kamerhe n'avait pas voulu de la mise sur pied d'une coalition élargie aux autres forces politiques et sociales, estimant le Pprd suffisamment outillé pour remporter les élections présidentielle et législatives nationales au 1er tour ! D'où l'ébruitement de toutes les stratégies qui se peaufinaient à Procoki pour cette coalition.

            Dieu merci : Kabila ne l'avait pas suivi dans ce schéma. D'ailleurs, lors de la sortie de l'Amp, il avait revendiqué l'initiative de l'ouverture du Pprd aux forces extérieures.

            Pour peu donc qu'il ait été homme d'honneur, Vital Kamerhe devrait se gêner de briguer un mandat soutenu par la coalition Amp-Palu-Udémo dont il n'avait pas voulu la création.

Pourtant, il a osé réclamer le poste de président de l'Assemblée nationale ; la primature ayant été cédée au Palu en prévision du Second tour.

C'est encore Joseph Kabila qui va lui donner le poste disputé avec Tshiongo.

            Mais, il a continué d'exiger le poste de Premier ministre. Notamment en se portant candidat à la succession d'Antoine Gizenga en septembre 2008 !

On se souvient de la sortie < médiatique > de quelques députés nationaux originaires de l'Est qui ont soutenu la thèse, saugrenue, d'une primature revenant à un ressortissant l'Est, sous prétexte que seul un oriental maîtrise  mieux les enjeux de la guerre !

C'est bien la preuve – si besoin est – que Vital Kamerhe ne se sentait pas ou plus à l'aise au perchoir de l'Assemblée nationale et qu'il ambitionnait de changer d'institution.

Serait-ce là l'origine de sa fronde ?

Qu'il en soit ainsi ou non, la vérité qui importe d'être soulignée aujourd'hui est la suivante : c'est par Joseph Kabila que Vital Kamerhe est devenu l'acteur politique majeur qu'il est devenu.

Avec la crise actuelle, il vient d'user de son devoir d'ingratitude.

Dès lors, la bienséance plaide pour sa démission.

On n'a pas à redouter le déluge.

Au demeurant, tous ceux qui brandissent la menace du déluge résultant de leur déchéance finissent de la même manière : ils ne remontent jamais à la surface !


Notre correspondant : NDL

 

jeudi 19 mars 2009, a 18:32
7 fautes politiques de Vital Kamerhe
 


IL y a comme un consensus au niveau de la conférence des présidents : Kamerhe doit quitter le poste. Ils affirment qu'ils coupent la poire en deux entre ceux qui défendaient la légalité (kamerhe et ceux qui affirment qu'il fallait démissionner à la plénière) et l'Amp qui voudrait que Kamerhe démissionne en dehors de la plénière.
Apparemment c'est une décision de Kamerhe lui-même suivant "son souci de préserver le chef de l'Etat et sa famille politique du piège de l'inconstitutionnalité et de sauvegarder la jeune démocratie du caractère illégal"
Kamerhe a commis 7 fautes :
- une faute d'éthique politique : quand on n'est pas d'accord avec le parti on démissionne. Si on ne démissionne pas du parti du moiins des postes qu'il gère. Pcq la démocratie c'est la dictature des partis.
- faute de sociologie politique : pour l'heure aucun fait ne lui donne raison sur terrain. Tant et si bien que même dans la population du SK les voix ne s'élèvent pas pour prendre sa cause. On est avec toi mais on ne peut te soutenir pcq on va croire que nous condamnons l'opération conjointe ; donc nous sommes pour  les Fdlr : or une des critiques du rwanda c'est que les congolais travaillent avec les Fdlr (et donc pour la déstabilisation du Rw.)
les députés ont assuré le président de la république de leur soutien aux opérations qui sont menées pour le retour des FDLRs dans leur pays. Selon un membre du bureau de l'assemblée provinciale, le chef de l'Etat leur a aussi garantie que ces opérations pourront se faire sans  intervention des troupes  étrangères.
- Kamerhe qualifie d'illégalité le fait qu'on lui ai demandé de démissionner avant la session : il aurait annoncé sa volonté de démissionner par les médias ou par une conférence de presse ou écrit a son parti pour l'annoncer (gage) et puis le "handover et le check-out " allaient s'ensuivre... Ehud Olmert a démissionné il y a plus de 4 mois mais il est encore là... jusqu'à la remise et reprise avec son successeur. C'est donc un faux problème.
- Ramener le débat au niveau de l'institution afin d'avoir une crise institutionnelle autour de sa personne : c'est aussi exposer la jeune démocratie à des épreuves dont nous avons vécu une partie avec le bras de fer qu'il y a eu. Ainsi aurait-il pu poser en plénière le problème avec la possibilité de gagner au vote et de devenir de fait un président indépendant comme Kengo. Le président ayant perdit la majorité dirigera dans une situation de conflit. On a connu Mobutu-Tshisekedi et ce à quoi cela a abouti : la guerre venue de l'extérieur dans un pays totalement affaibli et une population démobilisé par des actions de paralysie chronique.
- acculé le président pourrait ainsi envisager de dissoudre le parlement après probablement quelques mois d'un gouvernement d'union nationale qui aura essayé de sauver l'essentiel. Il relancera alors un autre gouvernement d'union nationale au moment où il dirigerait par décrets et ordonnances jusqu'à des hypothétiques élections.
- Le fait d'accepter le principe de démissionner tout en demeurant reconnaissant à JK ou même en se reconnaissant Kabiliste : après avoir fait perdre des plumes à sonn parti c'est donc JK lui-même qu'il aura écorché. La meilleure façon c'est de s'assumer et d'annoncer les couleurs de son propre avenir politique. A moins qu'il attende produire l'effet de surprise.
- Kamerhe fait paraître l'assemblée nationale ou la constitution comme des entités sui generis. Et pourtant on sait que c'est au prix de négociations et accords qui constitutent les ressorts et équilibres du jeu politique actuel. Son jeu risque de casser ces équilibres. Le Pprd ou l'Amp pourrait corrompre et débaucher des gens comme Yves Kisombe càd en rupture de banc avec leurs partis. Alors que tout en restant député il a l'obligation de ne pas trahir.


Claude BUSE Misambo

jeudi 12 mars 2009, a 13:10
De Joseph Kasa-Vubu à Joseph Kabila, Pourquoi les Congolais s’acharnent-ils sur leurs Présidents?
 

 

Répondre à cette question exige de passer au peigne fin, la politique menée par les différents dirigeants depuis l'accession du pays à l'indépendance.Les premières impressions étant souvent les plus naturelles, le discours d'investiture de chaque chef de l'Etat livre ses aspirations et ses ambitions politiques profondes. Il jette ainsi les premiers jalons de son programme d'action.

 

Le président Kasa-Vubu a hérité du colonisateur, une situation économique très favorable à l'indépendance. Mobutu lui, a reçu en héritage une situation socio-économique et politique qu'il a qualifié lui-même de lamentable. Quant à  Mzee Kabila, celui-ci a trouvé un Etat sans âme et Joseph Kabila un pays en lambeaux qu'il cherche à colmater.

 

En dépit d'un certain nombre des réalisations positives, le poids de tous les ratés et échecs de différents pouvoirs depuis  l'indépendance, pèse sur Joseph Kabila en sa qualité de président en exercice. Les infrastructures socio-économiques et de communication détruites d'une façon soit délibérée, par des guerres, par l'incivisme ou par l'ignorance, constituent encore à ce jour,  une des charges que Joseph Kabila a le devoir d'assumer pour la continuité de l'Etat.

 

Nos compatriotes qui se disent opposants et surtout ceux de la diaspora ont pris un plaisir injustifié d'injurier à longueur des journées sur le net, le président de la République tout en lui attribuant des noms les plus ridicules oubliant qu'ils sont en train de montrer à la face du monde, une certaine « petitesse d'esprit » car aucun peuple, aucun citoyen sérieux ne peut gaspiller ainsi autant de temps précieux à présenter une image aussi sombre de son propre pays en lieu et place de contribuer à son épanouissement et  à son développement. Ceci démontre que,  malgré les 49 ans d'indépendance, le congolais n'a pas encore compris le rôle qu'il doit  jouer. 

 

·                De Kasa-Vubu à Mobutu

 

Si le Président Mobutu avait dénoncé la gestion de Kasa-Vubu, c'est parce que la situation était réellement chaotique. La question que l'on est tentée de se poser  est celle de savoir si c'est parce que Kasa-Vubu était mauvais gestionnaire qu'il y avait eu mauvaise gestion. Les députés et les sénateurs tous élus et venus de la masse n'ont pas fait mieux. Avec Mobutu, la situation est allée de mal en pis. Aucune de ses promesses sur le redressement de la situation du pays n'a été tenue. Sa gestion a été la plus anarchique ce qui  a ruiné irrémédiablement le pays. Ce qu'il faut épingler est que le président Mobutu n'a pas non plus travaillé seul, il a puisé ses collaborateurs dans le même peuple dont nous taisons les noms pour les plus en vus. Les résultats ont été simplement catastrophiques.

 

·                De Mzee Kabila à Joseph Kabila

 

Le Président Laurent'Désiré Kabila, malgré sa bonne foi, n'a pas pu faire mieux. Il avait même fait appel aux intellectuels universitaires de proposer des voies de sortie. Mais les résultats n'ont pas suivi.Sa mort tragique ne lui a pas permis d'aborder les autres aspects de la réalisation de son plan nationaliste fondé sur l'auto-prise en charge par le travail et l'organisation d'une gestion saine et responsable. Ilavait compris qu'il fallait d'abord initier localement des activités de production pour garantir à la population l'autosuffisance alimentaire. Sa préoccupation majeure était axée sur le développement du pays pour pouvoir réduire sensiblement  la pauvreté. Malheureusement, pendant son règne, il a été victime des critiques acerbes de la part surtout de ses compatriotes.

           

Le Président Joseph Kabila en pleine démocratie instaurée avec les institutions issues des élections est en train de démontrer une autre façon de gérer qui, avec l'adhésion de la population, pourra atteindre des résultats inimaginables.

 

 Quand les Congolais  auront  pris conscience de leur  rôle d'accompagner le Chef de l'Etat dans ses actions ; quand ils auront  uni toutes leurs forces et leurs intelligences dans un élan nationalisteautour du Président de la république, ils  auront  gagné énormément  pour les générations  actuelles et futures. Joseph Kabila a démontré qu'il est l'homme de la parole donnée. Le Congolais qui aime encore ce vaste et beau pays doit éviter de s'afficher toujours en négativiste ou en ennemi conscient ou inconscient de son  pouvoir.

 

Le problème de la République Démocratique du Congo se pose en termes  d'hommes et de culture. Le sens de la nation n'a pas encore trouvé de place dans le vécu des Congolais. C'est la culture de la facilité comme à l'âge de la cueillette qui pourchasse l'homme congolais en général, qui veut tout avoir du Congo sans travailler, c'est aussi l'esprit de la jalousie de l'autre. L'homme congolais veut qu'il soit le seul à réussir, pas son frère. Et là, il se comporte comme un chef coutumier.  Intellectuel et non intellectuel congolais semblent  se  comporter de la même manière. Pour eux, c'est toujours la faute de l'autre.

 

 Maintenant que les institutions élues démocratiquement sont en place, le moment est venu pour reconstruire un pays pillé durant plusieurs décennies de mauvaise gestion et d'une mauvaise politique de coopération. Les cinq chantiers de la République ont été lancés  par le chef de l'Etat Joseph Kabila exactement pour la reconstruction du pays dans tous les domaines.

 

L'acharnement aveugle et sans raison sur Joseph Kabila ne fait qu'aggraver le sous-développement du pays car, comment peut-on comprendre cela autrement si l'intellectuel congolais n'a que l'injure et le mensonge comme argument de son savoir. 

 

Les Congolais qui ont choisi d'aller vivre à l'étranger pour plusieurs raisons et ceux qui sont restés au pays devraient s'arrêter, s'interroger et trouver ensemble ce qui est à la base de la débâcle dans tous les domaines en s'attaquant systématiquement aux problèmes latents qui minent le pays tels que la corruption, les guerres … et apporter tout leur savoir-faire en soutenant le  Président pour un bien-être collectif. Car, affirmer que Joseph Kabila est responsable des maux que connaît notre pays comme essaient de le faire croire certains sites et blogs sur le net, serait une erreur grave pour tout Congolais conscient.

 

 

 

                                                                                                              Charles Bukassa Kadiata

 

 

jeudi 05 mars 2009, a 11:21
Accueil chalereux du RAISI à Benie
 

 

Treize heures de route carrossable au volant de son véhicule, temps pris par le président Joseph Kabila parti mardi de Kisangani pour atteindre Beni où il a été chaleureusement accueilli avant d'y déployer d'intenses activités, notamment un tête-à-tête à Kasase avec son pair ougandais Yoweri Museveni.
 

Le chef de l'Etat congolais, Joseph Kabila est arrivé mercredi à Beni. Au volant de sa voiture, il a roulé sur la route nationale n° 4 abandonnée il y a 20 ans, route qu'il vient de réhabiliter. On peut donc rouler sur cette route à du 100 km à l'heure. Il a quitté Kisangani mardi à 5 heures du matin et a atteint Beni à 18 heures. A la demande de la population, il a fait plusieurs escales, notamment à Bafwasende, Niani, Epulu, Mombassa et à Bomanda. Partout, il a été follement ovationné par la foule en liesse. Dès qu'il est arrivé à Beni, il a fait 700 mètres à pied jusqu'à la Place de l'Indépendance. Il était accompagné du gouverneur de province, M. Autsai.


Ce matin, il rencontre son homologue ougandais, Yoweri Museveni à Kasindi en territoire congolais à 75 km de Beni.

A Beni, il doit donner le coup d'envoi des travaux d'asphaltage de la route de grande importance qui reliera la Province Orientale au Grand nord, à savoir la province du Nord-Kivu jusqu'à Goma. Le chef de l'Etat congolais, profitant de son déplacement par route, inspecte l'état de la route entre Kisangani et Beni afin de se faire une idée plus ou moins claire des travaux à effectuer. Le voyage de Joseph Kabila dans cette partie de la Rdc intervient après la fin de la guerre consécutive à l'intégration des anciens rebelles dans l'armée nationale et surtout au retour des soldats rwandais qui étaient venus sur le territoire congolais en vue de participer aux opérations conjointes avec l'armée nationale congolaise pour rapatrier les rebelles hutu rwandais des Fdlr.

Voyage par route, preuve du retour de la sécurité

La présence de Joseph Kabila sur cette parie jadis troublée et le fait qu'il fasse de longues distances par route est une preuve du retour de la sécurité. Joseph Kabila saisira l'opportunité pour rencontrer son homologue ougandais à Kasindi, une localité congolaise située à la frontière de deux pays. Les deux chefs d'Etat vont évaluer les opérations conjointes menées entre les deux pays alliés à l'armée du Sud Soudan. A ce jour, tout le monde est d'avis que les opérations ont donné des résultats positifs dans la mesure où les éléments de Lra ont été dispersés dans la nature. Le souhait de l'Ouganda, on le sait, était de voir ces opérations se poursuivre jusqu'à la neutralisation totale de Lra. Il nous revient que les rebelles ougandais de Lra poursuivent les exactions contre les populations civiles dans la région de Dungu et de Faradje.

Les inquiétudes de la Société civile de la Province Orientale

Selon les sources proches de la mission de l'Onu en Rdc, les éléments de Lra auraient fait des victimes le samedi dernier. Un homme aurait été tué. La victime aurait rencontré les Lra sur la route qui mène vers Ariwara dans la province Orientale. La chefferie Malingindo aurait également été mise à sac par les rebelles ougandais de Lra. Au niveau de la société civile de la Province Orientale, contrairement au discours politicien, ces exactions risquent de s'intensifier si les soldats ougandais se retirent. Cette question va certainement figurer au menu des entretiens entre Joseph Kabila et Yoweri Museveni. Cette inquiétude de la société civile de la Province Orientale est compréhensible, mais, il n'est pas normal de faire croire qu'il n'y aurait que l'armée ougandaise pour mettre fin aux exactions de Lra. Le souhait de tout le monde, qui devrait être celui de la société civile de la Province Orientale, c'est celui de voir le gouvernement congolais prendre des dispositions afin que le Lra ne puisse plus se réorganiser afin de poursuivre des exactions contre les populations civiles.

Poser le problème en terme de la prolongation de la présence des soldats ougandais en territoire congolais peut contrarier le Chef de l'Etat congolais. De même, si l'Ouganda se met dans une espèce de chantage afin que la Rdc se trouve forcée de prolonger la présence de ses troupes sur le territoire congolais, cela peut faire penser à un agenda caché. Car, en effet, les officiers ougandais l'avaient fait remarquer, le Lra opérant sur le territoire congolais, c'est ce pays qui a intérêt à insister sur la poursuite des opérations avec des armées des pays voisins. Il n'empêche que cette question s'invite aux entretiens de ce mercredi entre Joseph Kabila et Yoweri Museveni. Il n'est pas exclu que Joseph Kabila qui est sur le terrain puisse aller dans le sens de rencontrer le souhait de Kampala. Il a été démontré que la coopération entre les pays voisins dans le but de nettoyer les poches d'insécurité aux frontières communes vaut mieux que d'attendre la solution au niveau des pays qui ne vivent pas et ne sentent pas au quotidien les effets de cette insécurité.

Sonder les voies de la coopération ougando-congolaise

Outre l'évaluation des opérations militaires conjointes contre le Lra, Joseph Kabila et Museveni vont sonder les voies de la coopération entre les deux pays dans les domaines autres que la guerre. Museveni est en fait demandeur de cette rencontre. On se souvient qu'il avait émis le souhait de rencontrer Joseph Kabila dans une localité frontalière congolaise ou ougandaise lors du dernier déplacement de l'ancien ministre des Affaires Etrangères, Mbusa Nyamwisi en Ouganda. A cette époque, la guerre faisait rage au Nord-Kivu et Museveni estimait que les autorités congolaises depuis Mobutu ne comprenaient pas qu'il s'agissait d'une guerre économique. Il voulait par conséquent rencontrer son homologue congolais pour en parler.

Homme à ne pas céder au chantage, Joseph Kabila n'avait pas sauté sur l'occasion que lui offrait Museveni. Aujourd'hui, la donne a changé. La paix est revenue au Nord-Kivu, même s'il faut attendre que les dernières convulsions cessent. Il serait plus aisé pour Joseph Kabila d'aborder cette question sans pression. Si aujourd'hui, entre le Rwanda et la Rdc on peut parler d'autre chose que de la guerre et des Fdlr, Kampala doit en faire autant. Attendre que le Lra soit mis hors d'état de nuire avant de parler économie. Il faudra également que les autorités ougandaises apprennent que faire la guerre aux voisins pour atteindre des objectifs économiques n'est pas une stratégie dont on peut se vanter. Si donc le Lra continue des exactions en vue de permettre la prolongation des opérations conjointes, Kinshasa ne pourra pas s'engager sur cette voie et usera de tous les moyens pour défendre son territoire et protéger sa population.

Les cinq chantiers réalité en province

Au même moment qu'il continue avec la diplomatie de paix qui est à la base de la situation que l'on vit maintenant dans la partie Est du pays, Joseph Kabila ne perd pas le temps pour relancer les cinq chantiers dans les provinces. C'est ainsi qu'il avait annoncé la réhabilitation de l'aéroport de Kisangani. Avant même qu'il quitte le chef-lieu de la province Orientale, les experts de la Rva sont déjà à pied d'œuvre. C'est le sens du déplacement de l'Administrateur délégué général de la Régie des Voies Aériennes (RVA) à Kisangani où Jean Acisse, est arrivé le dimanche dernier.
Aujourd'hui, ce sera le tour de la route dont Joseph Kabila lance les travaux. Lorsqu'on sait que Joseph Kabila est encore dans cette partie du pays, on découvrira au fil des visites des différents projets dont l'exécution n'attendait que la fin effective de la guerre. Selon l'Adg se la Rva, les travaux de la réhabilitation de l'aéroport se terminera à la fin de cette année. Il a même précisé que ce sera avant Noël 2009.

Aujourd'hui, on saura les détails techniques et la durée des travaux de la route que Joseph Kabila inaugure à Beni. Au niveau de Goma, il sera sans aucun doute question de la réhabilitation de l'aéroport endommagé par l'irruption volcanique. Il y aura sans aucun doute d'autres projets. Le plus important de tous, c'est ce projet de paix qui permet aux habitants de Goma en particulier et ceux de la province du Nord-Kivu en général, de vivre, de dormir de se réveiller et de travailler sans la psychose du crépitement d'armes. De Goma.

Escale significative à Bafwasende

Arrivée à 8h30 au chef lieu du territoire de Bafwasende, le Prési­dent de la République est monte dans sa jeep à 9 h00 après une marche à pieds sur environ 500 m au centre commercial.

Accueilli à la stèle érigé jadis par le MPR de triste mémoire, le Président Kabila a pris d'abord la direction du bureau du territoire jusqu'au niveau du bureau de la Police pour faire demi tour et reprendre la nationale N° 4, en lon­geant la tribune, le centre com­mercial posant des questions à l'Administrateur du territoire Idris sur la situation sociale et sécuritaire pour monter à bord de sa jeep au bas de la colline où est érigée l'église catholique.

L'Admi­nistrateur du territoire a fait la syn­thèse des préoccupations de la population dans un rapport qui lui a été déposé. Le manque criant d'infrastructures scolaires au ni­veau primaire, secondaire et ins­tituts supérieurs, routes de des­serte agricole, appui aux agricul­teurs, des dizaines de ponts qui rendent l'évacuation des produits agricoles difficiles, pont Avakubi sur la rivière Ituri, l'insécurité à Opienge, sont autant de préoccu­pations exprimées au Président Kabila.

Bien avant son arrivée des équipes d'avance avaient palpé les nombreux problèmes qui blo­quent le développement de Bafwasende : Absence d'énergie électrique, pas d'eau potable (Regideso), les femmes violentées pendant la période trouble allon­gée. Telle est la liste des problè­mes qui bloquent le rayonnement de Bafwasende.

Les grandes attentes

Plusieurs mémos déposés par les filles et fils de Bafwasende à la Présidence attendent des réac­tions depuis quelques années. Peut-on croire qu'avec le passage de Rais lui-même sur plus de 200 km, de 122 km au-delà de 310 km sans une activité économique de grande envergure, mais plutôt la forêt dense, le territoire de Bafwasende regroupe pourtant d'immenses richesses dans son sol et sous sol non encore exploitées.

Les investisseurs sont donc atten­dus pour transformer les richesses potentielles en richesses réelles. La paix qui s'installe à petit feu pourra peut être servir de leitmo­tiv pour le développement de cette partie de la République, soutient oubliée.

(PKF)


lundi 02 mars 2009, a 12:23
Opérations militaires combinées RDC-Rwanda-Ouganda : Ba Ki-moon conforte la position de Kabila
 

 

            Joseph Kabila, en séjour de travail à Kisangani après Mbandaka, a reçu le samedi 28 février 2009 le secrétaire général de l'Onu, en tournée en Afrique depuis le 24 dernier, tournée commencée par l'Afrique du Sud et le Zimbabwe pour se poursuivre par le Rwanda, le Kenya et l'Egypte.

C'est du chef-lieu de la Province Orientale que Ba Ki-moon est descendu à Goma en fin de journée avant de visiter, le lendemain, le centre d'accueil des déplacés de guerre à Kibati, à une douzaine de km de la capitale provinciale.

            Au cours du point de presse tenu à Goma juste après son arrivée, le secrétaire général des Nations Unies s'est évidemment prononcé sur les échanges qu'il a eu avec le chef de l'Etat congolais, opérations militaires combinées Fardc/Updf et Fardc/Rdf incluses.

             << …le président Kabila et moi-même avons évalué la situation actuelle ; nous pensons que c'est une opportunité que la situation actuelle est bien meilleure que ce qu'on a vu >>, a-t-il avant d'ajouter : << Nous avons essayé de réfléchir sur comment maintenir et améliorer les Fardc >>.

Ayant exprimé au président Kabila sa satisfaction à la suite des progrès constatés sur le terrain des opérations militaires, Ba Ki-moon s'est réjouit également << de l'amélioration des relations avec le président Kagame du Rwanda >>. Il croit que les deux chefs d'Etat << pourront travailler ensemble afin d'avancer le rapprochement…>> enclenché au travers de l'opération << Umoja Wetu >>.

Se prononçant à ce sujet, il a estimé que << l'opération conjointe congolo-rwandaise (…) de ces deux dernières semaines a eu un aboutissement positif >>.

S'agissant particulièrement des Fdlr, sa position est claire : << Nous devons nous assurer que les Fdlr ne se réorganisent pas et qu'elles ne reviennent pas au niveau auquel elles étaient >>, a-t-il dit. Il s'est voulu convaincant en précisant que << Dans le contexte du mandat qui lui a été attribué par le Conseil de sécurité, la Monuc est en train de faire tout son possible pour assister les autorités congolaises, et en particulier l'armée nationale congolaise, avec l'appui logistique, l'appui technique et (…) également un appui d'entraînement, et nous allons continuer de travailler dans cette direction >>.

Ba Ki-moon a certes relevé << les limites en capacités et en ressources >> de la Monuc, mais il a aussi fait observer que celle-ci << fait des efforts pour soutenir l'armée congolaise et protéger les civils >>.

            Il a saisi l'opportunité pour dire combien il était heureux de cette occastion lui ayant permis << de discuter avec le président Kabila de la nécessité d'une coopération étroite entre le gouvernement et la population de RDC et l'Onu >>, considérant au passage qu'<< Une étroite collaboration entre le gouvernement et la Monuc est particulièrement importante pour stabiliser l'est et protéger la population >>.

 

Exclusion, puis inclusion !

 

            Quel enseignement peut-on tirer de la rencontre Kabila-Ba Ki-moon de Kisangani au lendemain de la fin de l'opération << Umoja Wetu >> ?

            D'abord, la Monuc est aujourd'hui mise devant ses responsabilités. Car, il a été malheureusement constaté que la mission onusienne agit plus sur le terrain politique que sur le terrain militaire. Au demeurant, un expert indépendant, Jason Stearns pour ne pas le citer, est d'avis que << Le problème, c'est que la Monuc a toujours eu plus de succès sur le plan politique que militaire. Alors que son rôle principal est la protection des civils, elle n'a pas très bien rempli cette fonction…>>.

            Mais, la réalité – continuellement escamotée – est que l'Accord de Lusaka (duquel la mission onusienne tient son existence) charge de la Monuc de procéder au rétablissement de la paix en RDC et, parmi les mécanismes prévus, il y a au chapitre 8 le désarmement des groupes armés étrangers au nombre desquels (selon le chapitre 9) la Lra (Ouganda) et les ex-Far/Interahamwe confondus aux Fdlr (Rwanda).

            Les observateurs avertis ont le loisir de constater qu'en dix ans bientôt d'opérationnalité, la Monuc n'a jamais réussi à désarmer un seul groupe armé étranger cité dans l'Accord de Lusaka, encore moins traduit en justice auprès du Tribunal pénal international un seul chef rebelle alors que les atrocités attribuées notamment à la Lra et aux Fdlr sont évidentes !

            C'est probablement en raison de cette carence que les présidents Kabila, Museveni et Kagame, encouragés par les Américains et les Européens, ont opté pour des opérations militaires combinées n'impliquant pas directement la Monuc.

            On se souviendra comment, au lendemain de ces opérations, la mission onusienne s'est empressée de se plaindre de son exclusion avant de proposer ses bons offices.

            Ce n'est donc pas sans surprise qu'à l'occasion de la parade militaire organisée le 24 février dernier dans le cadre du retrait des troupes rwandaises du territoire congolais, le << retour >> de la Monuc dans lesdites opérations a été mis en exergue par les officiels de la RDC et du Rwanda présents à Goma. Autant que les ministres de la Défense, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont annoncé la poursuite des opérations anti-Fdlr au Sud-Kivu par une action concertée Fardc/Monuc pendant que les Fardc et la Pnc vont entreprendre le ratissage au Nord-Kivu.

 

Déduction

 

            En rappelant, au cours de sa conférence de presse de samedi dernier à Goma, que << Le mandat de la MONUC est de soutenir l'action des autorités et institutions congolaises, pas de s'y substituer >> tout en précisant que << La MONUC travaille à étendre l'autorité de l'Etat et à établir l'état de droit, qui sont les seules garanties de la paix et de la stabilité dans la région >>, Ba Ki-Moon incite les observateurs à déduire de cette déclaration que cette fois-ci, la mission onusienne entend jouer concrètement et pleinement le rôle militaire pour lequel elle avait été montée !

            Kabila, Museveni et Kagame l'y ramènent.

            C'est en cela que, dans le contexte politique actuel dominé par la crise institutionnelle, Ba Ki-moon conforte la position du premier cité.

 

Omer Nsongo die Lema

(en reportage à Goma)

 

 

mercredi 25 février 2009, a 11:19
Le président Joseph Kabila très prochainement à Goma
 


Le Chef de l'Etat compte marquer de sa présence la fin des opérations conjointes RDC-Rwanda de traque des rebelles rwandais en se rendant à cette occasion à Goma où est également prévu dans la foulée la tenue du prochain conseil des ministres

Les opérations militaires conjointes RDC-Ouganda-Sud ­Soudan et RDC­-Rwanda à l'Est de la RDC seraient au centre du calendrier du chef de l'Etat congolais cette semaine. Joseph Kabila pourrait parachever ce qu'il avait commencé pour le Nord-Kivu et consolider le rapprochement avec Kampala. Ce qui serait justement au cœur de son déplacement en Ouganda via Kisangani et à Goma. Mais, auparavant, le Raïs est annoncé dans la ville de Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur. Le président congolais, Joseph Kabila, pourrait faire le déplacement de la ville de Mbandaka ce mercredi sauf changement de dernière minute.


Dans tous les cas, ce serait cette même semaine, indiquent des sources dignes de foi.

Dans le chef-lieu de la province de l'Equateur, la visite du chef de l'Etat de la Rd­.Congo aurait pour objet de réconforter les populations victimes de la catastrophe survenue il y a plusieurs jours à la suite des pluies diluviennes qui se sont abattues à Mbandaka. Il est tout à fait normal qu'un président de la République vole au secours de son peuple en proie à une calamité naturelle.

L'Equateur, faut-il le rappeler, est une province que le Raïs connaît très bien pour y avoir séjourné pendant longtemps dans le cadre de ses fonctions de chef d'état-major en charge de la force terrestre autrefois. Mais, le déplacement de Mbandaka, bien qu'important et prévu au calendrier présidentiel, ne servira que de transit, nous a-­t-on confié lundi soir.

Joseph Kabila attendu à Kampala et à Goma

Après MbandaKa, c'est la ville de Kampala, capitale de la République ougandaise, qui figurerait ainsi dans l'agenda du Raïs. II y serait question de la consolidation des relations entre Kinshasa et Kampala, surtout en cette période où les opérations militaires conjointes RDC-Ouganda-Sud-Soudan se déroulent en Province Orientale pour traquer les rebelles de LRA (armée de résistance du seigneur) qui ont longtemps contribué à instaurer un climat d'insécurité dans plusieurs contrées de la Province Orientale.

La paix qui renaît dans cette partie de la RDC ne peut, de l'avis de plusieurs observateurs que jouer en faveur de la consolidation des relations qui existent déjà entre la RDC et l'Ouganda dont le rapprochement est salué par les deux pays. L'axe RDC­Ouganda fonctionnerait donc bien au regard de divers enjeux en présence.

Le clou du calendrier de Joseph Kabila reposerait, sans nul doute, sur son séjour à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. A en croire nos sources, une parade militaire serait à l'ordre du jour pour saluer la fin des opérations militaires conjointes RDC­-Rwanda sur la traque des FDLR. Peut-être qu'à cette occasion, le retour des militaires rwandais à Kigali serait scellé au terme des opérations ci-haut évoquées.

Il sera également question, pour le Raïs congolais, de réconforter les populations victimes des affres de la guerre et de rassurer les nombreux déplacés. Cette visite, indiquent certaines sources, serait très attendue par les populations qui ont passé des moments difficiles et qui ont grandement besoin de réconfort pour se réarmer moralement et vaquer à leurs occupations habituelles.

Comme pour couronner le tout, question de donner des assurances fermes aux populations du Nord-Kivu et du Kivu dans l'ensemble, le prochain Conseil des ministres du Gouvernement central serait prévu ce vendredi à Goma.

Déjà, dès ce mardi, des délégations ministérielles quittent Kinshasa pour le chef-lieu de la province du Nord­ Kivu comme pour confirmer et la présence du chef de l'Etat à Goma et la tenue du conseil des ministres.

Ce qui fera de cette ville la capitale de la RDC ce week-end et d'où partiront les décisions qui découleront de la tenue du Conseil des ministres.   

(DN/Ern./GW/Yes)

M. M./Forum des As

samedi 21 février 2009, a 17:40
Joseph kabila a raison : les troupes rwandaises quittent la Rdc
 


Lors de son dernier point de presse, le chef de l'Etat, Joseph Kabila avait annoncé que les troupes rwandaises devront quitter le Congo au plus tard le 28 février.

Ceux qui doutaient de la sincérité du Rwanda de respecter ses engagements au sujet du retrait de ses troupes en Rdc doivent à l'heure qu'il est revoir leurs analyses. En effet, selon le porte- parole de l'armée rwandaise, le commandant Jill Rutaremara, cité par l'agence britannique Reuters, les soldats rwandais se retirent de la province du Nord-Kivu. Débuté ce samedi 21 février, le retrait des troupes rwandaises sera achevé d'ici la semaine prochaine. Le gouvernement congolais ne confirme pas que les militaires rwandais se retirent dès ce samedi, mais évoque une cérémonie prévue le 25 février pour marquer un retrait prévu à la fin du mois.


Faut-il le rappeler, lors de son dernier point de presse, le chef de l'Etat, Joseph Kabila avait annoncé que les troupes rwandaises devront quitter le Congo au plus tard le 28 février. Beaucoup d'analystes politiques ne l'avaient pas cru. Les plus pessimistes ont même affirmé que Kigali avait un agenda caché. Bien que le gouvernement se fût fort de relayer les propos du président de la République, bon nombre d'observateurs demeuraient pessimistes. Ils seront, d'ailleurs, réconfortés dans leur sentiment par le fait que l'Assemblée nationale du Rwanda avait demandé la prolongation de la durée des opérations militaires conjointes Fardc – Rdf pour réduire la capacité de nuisance des Fdlr. Avec le retrait des militaires rwandais avant le délai prévu, ces craintes ne se justifient plus.

Selon le porte-parole de l'armée rwandaise, les objectifs des opérations militaires conjointes ont été atteints même si les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) n'ont pas été complètement annihilés. Sur les milliers de rebelles FDLR, quelques centaines ont regagné le Rwanda. Les Fdlr ont vu, par ailleurs, leurs quartiers généraux détruits. 

Les soldats rwandais sont entrés au Nord-Kivu, le 20 janvier 2009, dans le cadre d'une opération de traque conjointe avec l'armée congolaise des rebelles hutus rwandais réfugiés en Rdc.



Théodore Ngangu/MMC

vendredi 20 février 2009, a 11:47
Opération militaire conjointe Fardc/Dfr : Et si Kabila avait raison ?
 


L'opération militaire conjointe « Forces armées de la République Démocratique du Congo » (Fardc) et « Forces armées de la République du Rwanda » (Dfr) suscite un déchaînement des passions ayant le mérite de souligner tout l'intérêt de la question « ex-Far/Interahamwe/Fdlr » dans les relations entre les deux pays, mais aussi dans la sous-région des Grands Lacs.

Montée par les Etats-majors généraux respectifs, sous la responsabilité évidente des gouvernements congolais et rwandais, cette opération est pourtant mal perçue par bon nombre d'acteurs politiques et sociaux, principalement ceux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, au point de créer même une crise au sein de la Majorité. L'Opposition s'en frotte les mains...

Ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende a beau dire qu'il s'agit d'une invitation lancée à l'armée rwandaise « qui est venue avec des officiers de renseignements » ; il a beau rassurer que « C'est ça leur mandat », personne n'y croit. A commencer par certaines notabilités du Kivu frontalier. L'Etat-major de l'armée rwandaise a, lui aussi, beau affirmer que son contingent est placé sous commandement de l'Etat-major de l'armée congolaise, rien n'y fait. La méfiance s'accentue.

C'est ainsi que le mardi 20 janvier 2009, une Déclaration dite des Communautés du Nord-Kivu a été rendue publique, sous la signature de MM. Balinande (pour les Nande), Jean Sekabuhoro (pour les Hutu), Hubert Dunia Bunda (pour les Walikale) et Anicet Demba (pour les Hunde).

Constatant, « avec surprise et indignation l'entrée massive de l'armée rwandaise en République Démocratique du Congo » depuis le dimanche 18 janvier 2009, la population du Nord-Kivu, soutiennent les signataires, y dénonce « le caractère illégal et inconstitutionnel de l'opération, engagée par des personnes non habilitées et ne figurant ni dans les Actes d'engagement signés par nous tous à Goma, ni dans le Communiqué conjoint de Nairobi, ni par les Recommandations de l'Union Européenne, ni dans les Résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l'ONU, ni dans ce qui était présenté comme agenda officiel des récentes négociations de Nairobi ». Ceci au point 1.

Au point 2, il est constaté « L'inversion des priorités de la République » en ce que « Les Congolais du Kivu, qui s'attendaient à voir tous les déplacés et réfugiés congolais retourner dans leurs milieux d'origine se voient plutôt imposer une nouvelle guerre entre étrangers sur notre sol, synonyme de nouvelles atrocités, de nouveaux génocides, de la poursuite de l'extermination des populations locales en vue d'un dépeuplement systématique ».

Au point 3, est constatée « L'absence d'un accord cadre déterminant les termes de référence, les limites spatiales et temporelles, le rôle de chaque intervenant, les conditions d'arrêt et surtout le chronogramme du retrait rapide et obligatoire des militaires étrangers et ce, au mépris des populations, des élus, des notables et des Institutions de la République ».

Au point 4, il est fait état de « L'absence totale de mesures de protection des populations au cours des opérations à venir, au regard des graves faiblesses observées par les opérations menées contre les rebelles de la LRA au détriment de nos compatriotes de la Province Orientale ».

Tandis qu'au point 5, est relevée « L'absence totale de toute implication de la Communauté Internationale et nos partenaires régionaux (SADEC, Union Africaine, CEAC, MONUC, UNION EUROPEENNE) alors que ces derniers ont, selon les accords de Goma, la responsabilité de la garantie de bonne fin du processus en cours ».

C'est en raison de ces constats que viennent des « sanctions » dont la première est la condamnation de « cette trahison » ; les communautés du Nord-Kivu se réservant « le droit d'user de tous les moyens à leur disposition pour faire échec à ce plan diabolique dont la finalité manifeste est de matérialiser la balkanisation de la République Démocratique du Congo ».

Outre l'exigence du retrait sans délai de l'armée rwandaise, ordre est intimé aux « filles et fils du Nord-Kivu se trouvant dans les institutions » d'accorder au gouvernement « 48 heures pour mettre un point final à la présence rwandaise en RDC ». Sinon, préviennent les signataires, « les ministres, vice-ministres tant nationaux que provinciaux, les députés provinciaux et nationaux, les sénateurs, les mandataires publics de l'Etat devront faire le constat de la haute trahison et se retirer en vue de rejoindre le peuple qui doit se prendre en charge ».

Tout en demandant à la RDC, « en cas d'opération nécessitant des interventions étrangères, de s'abstenir d'utiliser le voisin problématique et de se tourner plutôt vers d'autres partenaires, tels que la SADEC qui devront alors opérer sous mandat international », les signataires font une proposition « à la communauté internationale d'inciter le Rwanda à organiser un dialogue inter rwandais pour mettre fin à se contradictions internes et non les exporter indéfiniment en RDC ».

Les signataires lancent en direction des Congolais « originaires de toutes les provinces, où qu'ils se trouvent de part le monde, de se souder comme un seul homme pour sauver la patrie en danger ».

La déclaration se termine par la demande faite « à l'ONU, à l'Union Africaine, à la SADEC, à l'Union Européenne, d'user de toutes formes de pression pour arrêter la dérive du pouvoir en pic à Kinshasa qui, manifestement, ne respecte ni la constitution, ni ses lois, ni l'intégrité de son territoire, ni même la vie de ses citoyens ».

Cette déclaration est reproduite dans la Presse parue le mercredi 21 janvier 2009, notamment « Le Potentiel » dans sa livraison n°4527.


Mauvaises prémisses


A elle seule, cette prise de position résume les contradictions dans lesquelles s'enferme le leadership congolais, contradictions dont tirent naturellement profit les puissances étrangères.

En effet, les signataires ne disent même pas en quoi l'opération militaire conjointe Fardc/Dfr est illégale et anticonstitutionnelle, et en quoi, en plus, elle est engagée par des personnes non habilitées du simple fait de ne pas figurer dans les documents officiels cités au point 1.

Si, par illégalité et anticonstitutionnalité, ils entendent le fait que le sujet n'ait pas été débattu publiquement, on ne peut que se plaindre de l'amateurisme du leadership congolais.

Pour prendre l'exemple, tout récent, de l'opération militaire menée par l'armée israélienne à Gaza, personne ne peut démontrer qu'elle ait été au préalable discutée publiquement dans une structurelle formelle (cas du Parlement) ou informelle (cas du Congrès mondial juif). Il est, du reste, de ces opérations qui requièrent discrétion pour en préserver l'efficacité. Surtout quand il est question d'opérations militaires.

En outre, estimer que seules les personnes figurant dans les Actes de Goma sont censées être impliquées dans toutes les décisions à prendre pour telle opération politique ou telle opération militaire, c'est réduire les prérogatives régaliennes du Gouvernement, car cela signifie que plus rien ne peut se faire dans cette partie du pays sans leur quitus. L'opinion se rendra d'ailleurs compte que l'on n'a ni vu ni entendu ces signataires réclamer leur participation aux préparatifs des opérations conjointes Fardc/Monuc pour faire face aux offensives du Cndp !

Par rapport au point 2, les signataires présagent déjà de nouvelles atrocités, de nouveaux génocides, de la poursuite de l'extermination des populations locales et du dépeuplement systématique du Nord-Kivu pendant qu'aucune action sur terrain n'est encore entreprise !

Au demeurant, au point 3, ils avouent ne pas connaître les termes de référence de ladite opération par rapport aux limites spatiales et temporelles, au rôle de chaque intervenant, aux conditions d'arrêt et, « surtout », par rapport au chronogramme du retrait des forces rwandaises.

Au point 4, alors qu'ils viennent de faire l'aveu de ne rien connaître desdits termes, ils concluent à l'absence de totale des mesures de protection des populations.

Bien entendu, ce qui doit arriver arrive au point 5 lorsque, ignorant toujours tout des termes de références, ils font le constat de l'absence de toute implication de la Communauté internationale.

Au regard de toutes ces carences, on peut comprendre la nature « sanctions » fondées sur de mauvaises prémisses. C'est de sanctions pour le moins irrationnelles ! Et c'est dangereux pour un leadership se voulant avisé…


Pareille garantie ne se médiatise pas


Visiblement, cette déclaration vient de quelque part. Probablement des cercles périphériques du Pouvoir qui tirent profit du statu quo ! Elle ressemble à cette autre déclaration faite par quelques honorables de l'Est au sujet de la primature qui devrait être retirée de l'Ouest sous prétexte que seul un oriental méritait de la fonction !

Il y a lieu de relever déjà que dans trois mois – c'est-à-dire en avril 2009 - la présence des ex-Far/Interahamwe en territoire congolais entre dans sa quinzième année. Quinze ans au cours desquels toutes les solutions ont été préconisées, dont le désarmement et le rapatriement volontaires, mais aussi le désarmement et le rapatriement forcés. Des opérations ont été montées tantôt avec, tantôt sans le concours de la Monuc. Le résultat est connu.

Au cours de ces mêmes 15 ans, la constante dans la présence des ex-Far/Interahamwe/Fdlr est, d'abord, la perpétration des violences dont sont victimes les communautés locales, entre autres les Nande, les Hutu, les Walikale et les Hunde, ensuite le pillage systématique des ressources naturelles locales, au nombre desquelles le fameux coltan. Le résultat est également connu.

Finalement, on se doit de se demander qui, des populations et de leurs leaders, souffrent le plus desdites violences et dudit pillage ! Ce ne sont pas les seconds !

De même, on se doit de se demander qui, des populations et de leurs leaders, bénéficient d'une manière ou d'une autre du pillage ! Ce ne sont pas les premières, de toutes les façons !

On peut, dès lors, pour paraphraser la Dynamique de l'Est lors de la guerre de libération, déduire « Mort au peuple, Vie aux leaders », car personne ne peut croire que le coltan et la cassitérite exploités dans le Kivu, au vu et au su des Kivutiens, et « exportés » au Rwanda soit l'oeuvre des populations martyrisées par les « ex-Far/Interahamwe/Fdlr ».

Quand on part de cette évidence – et on ne peut qu'en partir – on réalise que toute action visant à mettre fin à la présence de ces derniers au Kivu a pour conséquence logique d'arrêter l'exploitation illégale de ces ressources. Donc de conduire au tarissement d'une source d'enrichissement rapide et illicite sur fond du sang des populations kivutiennes.

La conclusion à tirer est qu'après que l'on ait essayé toutes les solutions au problème « ex-Far/Interahamwe/Fdlr », la question de fond devient celle de savoir pourquoi continuer à retarder la solution qui est constamment préconisée par la communauté internationale, à savoir une action concertée des armées gouvernementales de la RDC et du Rwanda !

Pour peu que l'on soit lucide, on ne peut, un seul instant, croire que pareille opération militaire conjointe ait été montée sans nécessairement que l'on prenne les dispositifs sécurisants pour les populations, dispositifs bénéficiant de la garantie internationale !

Pareille garantie ne se médiatise pas. Ses effets se constatent.

Alors, attendons les effets, non sans nous poser cette question de bon sens : « Et si Kabila a raison ? ».

Yvon RAMAZANI

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