*Justifiant
son absence à la réunion de l’espace présidentiel, le leader du Mlc dit
n’avoir pas été contacté. *Faux, peut-on lui rétorquer. Car, non
seulement, le secrétaire général du gouvernement avait actionné les
mêmes mécanismes pour informer tous les membres de l’espace
présidentiel, mais aussi, W.L. Swing s’était déplacé personnellement
pour convaincre JP Bemba à venir à la réunion. *Pour lui permettre à
participer à tout prix à cette réunion, les deux autres vice-présidents
avaient même exigé de retarder la réunion pour permettre au leader du
Mlc d’y prendre part. *Mais, JP Bemba a dit niet et par ce refus, il
entend bloquer le gouvernement. *Le fait que le Mlc ment sur toute la
ligne dans ce dossier, est une preuve qu’il a un agenda caché.
*Ci-joint la chronologie des faits par le chef d’Etat major des Fardc
qui n’est pas un membre de parti politique.
L’oubli est une qualité, mais en ce qui
concerne les événements que Kinshasa a vécus du 20 au 22 août dernier,
toute mémoire courte devient un vice. C’est ce que le Mouvement
Conscience verte tient à faire comprendre par le rappel des faits. De
façon systématique, les dirigeants du Mlc déforment les faits, occultes
ceux trahissent leurs projets cachés.
Doit-on se taire se contenter du calme
relatif survenu après ces événements sanglants ? Non ! Voici bientôt
dix jours que la ville de Kinshasa a été mise à feu et à sang par la
volonté délibérée d’un parti politique et de sa « milice » armée ayant
pour unique et seul répondant le vice-président de la République
Jean-Pierre Bemba. Jamais dans les annales de la Transition issue du
Dialogue intercongolais incidents meurtriers sur fond de pillages n’ont
connu une fuite de responsabilité aussi généralisée que ceux du
dimanche 20, du lundi 21 et du mardi 22 août 2006.
A défaut de condamner ceux par qui la
perturbation est arrivée, on s’acharne plutôt à tirer sur le chef de
l’Etat et la Garde républicaine quand on ne distribue pas les mauvais
points aux deux parties, et cela indistinctement.
Paradoxe : dix jours après, le Mlc n’arrive toujours pas à présenter
une version des faits qui tienne la route. Sur Rfi, dimanche 27 août
dernier, on a entendu son secrétaire général François Mwamba situer le
début des incidents vers 18h30. Pourtant, le déploiement des éléments
armés du Mlc vers le rond-point Forescom d’où une partie s’est dirigée
vers le Bureau provincial de la Cei et l’autre la Place Ubc pendant
qu’un troisième groupe investissait le poste de la Police de roulage
sur le Bld du 30 juin a commencé, selon le lieutenant-général Kisempia
Sungilanga Lombe, vers 17h00 ! La chronologie ci-dessous telle que
rendue par le chef d’Etat-major général des Forces Armées de la
République Démocratique du Congo en fait foi. C’est bien la preuve que
François Mwamba ignorait tout de ce qui se passait dans le périmètre du
siège de son parti depuis une heure et demi.
Peut-on dire que son président ne le
savait pas non plus, alors qu’il s’apprêtait - comme l’a soutenu sur
Rfi le secrétaire général - à prendre acte des résultats provisoires du
scrutin présidentiel ?
Du moment où le déploiement des
éléments Mlc a eu pour effets d’entraînement la panique survenue au
centre de presse installé à Sainte Anne, centre à partir duquel le
Bureau de la Cei devait rendre publics ces résultats, tout porte à
croire qu’il s’agissait d’une action préméditée. L’opinion avertie
l’aura au moins constaté : le Mlc n’a ni donné sa version des faits, ni
sollicité une enquête censée établir les responsabilités. Espérons que
cette enquête aura bel et bien lieu.
Arrêt du fonctionnement de l’Etat !
En attendant, force est de constater
plusieurs zones d’ombre dans la narration des incidents surtout par
plusieurs médias. Exemples : pourquoi ne dit-on rien des attaques dont
a été l’objet le Palais de la Nation pendant que le Vice-président
Bemba échangeait avec les membres du Ciat en sa résidence secondaire
située non loin de là ? Pourquoi ne dit-on rien des attaques portées
respectivement contre le cortège du coordonnateur du Ciat et chef de la
Monuc William Swing et du cortège du coordonnateur du Comité des Sages
Joachim Chissano ? Il y a lieu de noter que ces trois attaques ont eu
lieu le même lundi 21 août 2006. Pourquoi, alors qu’il devait tout de
même savoir que sa milice venait de transformer sa résidence privée en
geôle, cela en y enfermant deux éléments de la Garde présidentielle, le
vice-président Bemba a-t-il laissé les mêmes membres du Ciat y
pénétrer ? Pourquoi ne dit-on rien du massacre systématique des
policiers qui se trouvaient dans le périmètre rond-point Mandela,
triangle Cadeco, Cour suprême de justice et Bld du 30 juin à la hauteur
du Golf de Kinshasa ? Pourquoi ne dit-on rien ou pas grand-chose du
pillage tout aussi systématique des biens publics et privés y
localisés ? On constate plutôt que le débat est, à la vitesse de
l’éclair, déplacé de l’établissement des responsabilités à la rencontre
« Kabila - Bemba ». Et même à ce sujet, la manipulation de l’opinion
continue. Samedi 26 août 2006, l’Espace présidentiel s’est réuni au
Palais de la Nation sur initiative du Président Joseph Kabila. Le
secrétaire du Gouvernement, le Prof. Tumba Luaba, a actionné les mêmes
mécanismes par lesquels il avertit les vice-présidents de la
République. Il a saisi officiellement Jean-Pierre Bemba. Mieux, William
Lacy Swing s’est personnellement déplacé pour la résidence actuelle du
vice-président en charge de l’Ecofin. Deux fois mieux, les
vice-présidents Ruberwa et Z’Ahidi ont fait retarder d’une heure la
réunion pour convaincre leur collègue de les rejoindre. Quatre fois
contactés pour la même séance, quatre fois Bemba a dit non !
Pourquoi dans ce cas s’acharner à
déclarer à l’opinion qu’il n’a pas été officiellement invité à cette
occasion et soutenir en plus qu’il n’attend que le tête-à-tête avec
Kabila ? Or, les incidents qui se sont produits la semaine passée sont
tout, sauf un conflit entre deux partis politiques ou deux composantes
ou deux candidats. C’est une affaire d’Etat, donc du Gouvernement. Et,
aux termes des dispositions transitoires de la Constitution promulguée
le 18 février 2006 et qui régit aujourd’hui le Congo, c’est au niveau
de l’Espace présidentiel que l’on arrête l’objet du jour du conseil des
ministres. Dès lors, le retour de Bemba à l’Espace présidentiel
s’inscrit dans le schéma institutionnel. Il y a lieu de retenir que
plusieurs dossiers importants attendent le Gouvernement, au nombre
desquels - par exemple - la rentrée scolaire.
Boycotter les réunions à ce niveau
revient à bloquer le fonctionnement du Gouvernement et, par ricochet,
de l’Etat ! Ainsi, après avoir tenté de perturber le processus
électoral, Jean-Pierre Bemba voudrait arrêter le fonctionnement de
l’Etat... C’est étonnant qu’une certaine classe politique congolaise
n’appréhende pas cette évidence et se plaise plutôt à soutenir
l’insoutenable. Et à justifier l’injustifiable. C’est dans le souci de
rappeler JP Bemba au bons sentiments , cela dans l’intérêt supérieur de
l’Etat que le Mouvement de Conscience verte (Mcv), à la suite de toutes
les bonnes volonté, en appelle à la vérité des faits. La paix en Rd.
Congo en dépend.
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