*Contrairement à ce que d’aucuns pensent, il n’est pas question de
faire rencontrer J.P Bemba et J.Kabila en tant que Chef de l’Etat. *Le
rencontre commencée hier et qui se poursuit aujourd’hui, met face à
face deux candidats au deuxième tour de la présidentielle. *Pour le
clan politique de Joseph Kabila, les questions liées aux événements du
20 au 22 août 2006 ne peuvent être résolues que dans le cadre des
institutions de l‘Etat. *La rencontre doit amener le Mlc à abandonner
la voie de la violence et à s’inscrire dans le jeu démocratique
A la suite des événements malheureux
qui ont endeuillé la capitale de la Rdc, il a été décidé d’une
rencontre entre Joseph Kabila et JP Bemba. L’inopportunité de telle
rencontre a finalement été reconnue par tout le monde. Tout ce qu’on
peut faire, puisqu’il ne pourrait être question d’occulter les
problèmes réels qui se posent au pays, c’est de favoriser la rencontre
entre deux candidats retenus pour le deuxième tour de la
présidentielle. Cette rencontre aura pour but de faire en sorte que les
mêmes causes produisent les mêmes effets. En termes clairs, au cours de
cette rencontre, il faut amener les deux candidats à respecter les
règles du jeu. Tout le monde est d’avis que le premier tour s’est passé
dans la pagaille. Beaucoup de Kinois particulièrement sont allés voter
dans la peur sinon dans la manipulation. Pour beaucoup de jeunes qui
n’avaient jamais voté, il était difficile de comprendre si ce que les
militants du Mlc faisaient était autorisé.
Le Mlc doit respecter les règles
Alors que la campagne électorale était
officiellement clôturée le 28 juillet à minuit, le Mlc l’a poursuivie
jusque dimanche 30 juillet, jour du scrutin. Comme cela ne suffisait
pas on avait vu des militants du Mlc aux coins des bureaux de vote,
chercher à parler à tous ceux qui venaient voter. Certains avaient même
reçu de l’argent pour voter pour le candidat numéro 2. Tel est le cas
de l’épouse d’un journaliste de la Rtga dans la commune de Lemba. Elle
avait reçu 3.500 Fc. Au moment où elle voulait en parler à son mari,
les agités du Mlc sont venus menacer le confrère. Ce dernier, de peur
de se voir agressé, voire de retrouver avec l’accusation de corrupteur,
n’a pas eu de choix que de sauter le mur. Il a ainsi échappé aux agités
du Mlc. Ces scènes, on les a vécues partout à travers la ville de
Kinshasa.
En plus de cela, les militants du Mlc
se sont donnés le rôle de justicier. Ils ont eu recours à la justice
expéditive. C’est ainsi que le dancing « Le Champion » a été incendié
parce que les militants du Mlc ont confondu la prime des témoins qu’un
dirigeant du Pprd distribuait et la corruption des électeurs. Du
n’importe quoi. Même si quelqu’un avait effectivement tenté de
corrompre les électeurs, est-ce une raison d’incendier le bar ? On
avait vécu la même situation à Kingabwa. Il y a eu même mort d’hommes.
Dans la province de l’Equateur comme dans le Bas-Congo, les électeurs
qui pensaient autrement étaient menacés de mort. En plus, qui avait
donné aux militants du Mlc et autre la mission de rendre justice là où
ils devraient seulement constater et saisir les organes spécialisés ?
Tout le monde avait également été
témoin de la destruction des calicots d’autres candidats que JP Bemba.
Le candidat Joseph Kabila était le plus particulièrement visé. Ceux qui
portaient pagnes et T.Shirts à l’effigie de Joseph Kabila ont été
violentés. On se rend bien compte que le Mlc s’était inscrit dans la
logique de la violence. Il faut ajouter à cela le discours de la haine.
Le Mlc est le parti politique qui avait préparé des fous du roi pour
insulter à longueur de journées le président de la République en
fonction. Autre acte de tricherie, c’est la démagogie. On ne peut pas
construire une démocratie sur base de la désinformation. Le Mlc a fait
croire aux Congolais que son leader, en sa qualité de vice-président de
la République, n’avait aucune décision. C’est selon lui, Joseph Kabila
qui faisait tout. Mais, dans son bilan, le leader du Mlc se dit avoir
stabilisé la monnaie et stabiliser la macro économie. Au-delà de la
réunion de ce mercredi, les deux délégations doivent se rappeler ces
anti-valeurs et le Mlc doit s’engager à n’y plus faire recours. De
toutes les façons, la délégation de famille politique du candidat
Joseph Kabila ne doit pas s’attendre à ce que JP Bemba vire à 90 degrés
en abandonnant la seule stratégie qui lui avait permis de réaliser le
score de 20% au premier tour.
Pas question de dialogue avec le chef de l’Etat
Il revient au professeur Samba Kaputo
et autres de dire au Mlc que cette fois, on ne le laissera pas faire.
S’il veut que la paix règne dans ce pays, le parti politique de JP
Bemba doit respecter les règles du jeu. Si la Monuc, le reste des
hommes de bonne volonté ne sont pas attentifs à cela, ce qui est arrivé
le 20 août on le vivra avant terme, c’est-à-dire pendant les opérations
de vote.
Il nous revient que pour le compte du candidat Joseph Kabila, la
délégation est conduite par le professeur Samba Kaputo, conseiller
spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité. Il sera accompagné
par le général Kalume, conseiller du chef de l’Etat en matière
militaire. Quant à la délégation du Mlc, elle est composée de Sesanga,
Directeur de cabinet, de Thomas Luhaka, président du bureau de
l’Assemblée nationale et de François Muamba, secrétaire général du Mlc
et ministre du Budget .
Si on est arrivé à ce résultat, c’est
tout simplement parce qu’il ne peut être question de bipolariser la
scène politique à la manière du faux clivage Est-Ouest qui a pris corps
dans un discours d’un candidat. Si les deux délégations ne se mettent
pas d’accord sur ces points essentiels sans qu’on élabore une nouvelle
constitution, mieux vaudrait que cette rencontre n’ait pas lieu.
Ci-dessous le communiqué intégral de la Monuc
Communiqué de presse MONUC/PIO/CP45/2006
Ouverture ce mardi des travaux de la
Commission Mixte sur les événements de Kinshasa « Kinshasa, le 29 août
2006 ». La session d’ouverture de la Commission Mixte mise sur pied,
sous l’égide de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RD
Congo (MONUC), suite aux événements survenus à Kinshasa du 20 au 22
août 2006, a eu lieu ce mardi 29 août. Cette première rencontre entre
les délégations des états-majors politiques des deux candidats au
second tour de l’élection présidentielle s’est déroulée dans un climat
constructif. Elle avait pour but de valider les termes de référence de
la Commission Mixte.
Les délégués (trois pour chaque groupe) ont décidé de la création de
deux Sous-commissions : une Sous-commission d’enquête indépendante, qui
sera chargée d’établir les faits sur les événements du 20 au 22 août
dernier à Kinshasa, et une autre Sous-commission qui aura pour tache de
définir les règles de conduite afin que la campagne électorale pour le
second tour de l’élection présidentielle et la période post-électorale
se
déroulent dans le calme, conformément à la volonté des Congolais qui se
sont massivement déplacés le 30 juillet 2006 pour aller voter.
Les deux parties ont par ailleurs
promis pleine collaboration à la Commission d’enquête indépendante et
se sont engagées à œuvrer pour la poursuite du processus électoral,
conformément à l’Accord Global et Inclusif.
A cette fin, les deux Sous-commissions commenceront leurs travaux le
mercredi 30 août 2006.
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