J. Kabila, président
A. Gizenga, Premier ministre ; V. Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale ; Samba Kaputo, ministre de l’Intérieur ; O. Kamitatu, ministre des Affaires étrangères ; Nzanga Mobutu, ministre à la Coopération internationale
Samedi 30 septembre, le Salon Congo du Grand Hôtel Kinshasa était archicomble pour la signature de l’accord de partenariat entre l’Alliance de la majorité présidentielle et ses nouveaux alliés. Plus particulièrement, le Parti des lumumbistes unifiés, Palu, avec Antoine Gizenga, et l’Union des mobutistes, Udemo, conduite par Nzanga Mobutu. D’autres personnalités politiques, non moins des moindres, étaient également dans la salle, telle la présence remarquable de José Endundo Bononge. Une cérémonie haut en couleurs qui met un terme à plusieurs spéculations.
Ainsi, les messes sont dites en ce qui concerne ces deux plates-formes qui sont maintenant en ordre de bataille. Reste à entendre leurs discours de campagne pour convaincre particulièrement les indécis dans ce sprint final. Bien entendu, il y a la situation au sein de l’UDPS qui reste à clarifier au regard des prises de position diverses. Car, c’est dans exactement 11 jours que la prochaine campagne électorale démarrera officiellement.
LE SCHEMA DE L’AMP
Mais d’ores et déjà, en ce qui concerne l’Alliance de la majorité présidentielle, il existerait un schéma en prévision de la mise en place du futur gouvernement. La première ébauche de l’équipe gouvernementale tient à sortir du clivage « Est-Ouest » pour être un gouvernement réellement représentatif de toutes les provinces du pays. Un véritable gouvernement national.
C’est ainsi que dans l’hypothèse de la victoire de Joseph Kabila à l’issue du second tour de la présidentielle, et de l’AMP assurée déjà de détenir la majorité parlementaire, 305 députés sur les 500, selon les dires, la répartition des postes-clés s’effectuera de la manière suivante. La présidence de la République reviendra incontestablement à Joseph Kabila.
Grâce à l’apport du Palu, et selon les accords signés, Antoine Gizenga sera le Premier ministre. Le ministère de l’Intérieur reviendra à Samba Kaputo, le fondateur de MSR. Ce parti a réalisé un bon score au terme des élections législatives. Aussi, l’actuel conseiller spécial du chef de l’Etat en matière de sécurité accèderait au ministère de l’Intérieur. Olivier Kamitatu sera sûrement nommé ministre des Affaires étrangères. Son expertise à la présidence de l’Assemblée nationale de la transition milite en faveur de sa nomination à ce poste important.
Nzanga Mobutu a toutes les chances de devenir ministre à la Coopération internationale au regard de son poids politique et de sa propre personnalité. Il y a lieu de rappeler que le chef de file de l’Udemo s’est classé quatrième au premier tour de l’élection présidentielle et dispose de 9 députés au sein de l’Assemblée nationale.
En ce qui concerne la présidence de l’Assemblée nationale, ce poste reviendra à Vital Kamerhe, secrétaire général du PPRD. Bras droit du président Kabila, Kamerhe a abattu un travail titanesque tout au long du premier tour de la présidentielle pour que le candidat de l’AMP se classe en ordre utile avec 44,8 % des suffrages exprimés contre 20 % à celui du Renaco. Bien plus, le PPRD accuse 111 députés à l’Assemblée nationale sur les 305 qui reviendraient à l’AMP, passant ainsi pour le premier grand parti politique de la République démocratique du Congo.
C’est à juste titre que ce poste pourrait bien lui revenir dès lors qu’il se précise davantage que c’est l’AMP qui détiendrait la majorité parlementaire. Quant au Sénat, l’on se réserve encore de proposer les noms en attendant les résultats du 29 octobre prochain.
MAJORITE COHERENTE, OPPOSITION POSITIVE
Il est un fait que ce schéma pourrait bien subir des modifications au fur et à mesure des échanges de points de vue. Et bien sûr au regard également des résultats définitifs du second tour de l’élection présidentielle. Quant à la majorité, elle est d’ores et déjà acquise pour l’AMP compte tenu de premiers éléments d’information.
Cependant, le défi le plus important est de savoir gérer cette majorité pour autant que d’elle dépend souvent la stabilité du gouvernement. Il faudra dès maintenant poser les jalons d’une véritable cohésion au sein de cette majorité en se mettant d’accord sur le contenu du programme du gouvernement. Car en fait, le prochain exécutif ne sera jugé que dans sa capacité de remettre les populations au travail, de combattre la corruption, de restaurer la confiance vis-à-vis des partenaires extérieurs.
Autant cette majorité doit faire preuve de cohésion, autant l’Opposition aura l’obligation politique d’être positive. C’est-à-dire, jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir en veillant à la bonne exécution du programme de l’Etat pour éviter tout abus du pouvoir et un comportement laxiste.
Evidemment, pour mieux jouer ce rôle, il importe de disposer de cette capacité à élever le niveau du débat national en évitant toute allure politicienne susceptible de déboucher sur une éventuelle crise politique. Alors, prenons encore notre mal en patience et attendons voir la suite des événements. |