Joseph Kabila s’améliore à Kinshasa. En attendant les premières tendances, il se dégage que Joseph Kabila a largement amélioré son score à Kinshasa, se positionne bien à l’Ouest. Au même moment, le président de la République a consolidé sa position à l’Est du pays. Dans le Masisi, les rwandophones n’ont pas voté à cause des menaces de Nkundabatware. Autant on se réjouit de la tenue des élections, autant on déplore l’intolérance qui démontre que certains candidats ne sont pas prêts à faire le jeu démocratique. Il faut craindre que la violence soit transformée en valeur démocratique dans les milieux de certains jeunes. Le recours aux enfants de la rue est également un objet d’inquiétude.
Etre prudent est une attitude normale. Même le meilleur boxeur en attendant le verdict des juges, se pose des questions. Il est devant l’inconnu. Il est inquiet. C’est même un réflexe naturel. Même le meilleur élève est toujours anxieux avant et après un examen. C’est pour cette raison que la proclamation des résultats électoraux est toujours un moment solennel.
Après le dernier round de la présidentielle, malgré le fait que les résultats aient été affichés dans les différents bureaux de vote, il est très difficile d’avoir la photographie générale de cette élection. Les commentaires vont bon train. Du côté de l’UN, c’est le triomphalisme. Le camp JP Bemba n’attend même pas la proclamation. Certains ont même déjà commencé à sabler le champagne. C’est la culture de trop parler pour attirer l’attention. On constate l’envie de l’emporter proche d’une idée fixe. C’est cette envie de gagner à tout prix qui est à la base de la contestation et de recours à la violence.
Pari difficile pour JP Bemba
Dans certains bureaux de certains centres, le leader du Mlc est en tête. Mais le chef de l’Etat, Joseph Kabila a largement amélioré son score dans la capitale qui reste à conquérir. Une chose est vraie qu’il sera difficile à JP Bemba de remporter le scrutin dans l’ensemble du pays comme il est difficile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille. Le constat que l’on peut faire en attendant les tendances que pourrait donner la Cei, c’est que les grandes tendances du premier tour n’ont pas été bouleversées. Si ces tendances se maintiennent, les résultats seront en faveur du candidat Joseph Kabila. Car, en conservant son score de l’Est du pays en dépit d’une légère et compréhensible baisse du taux de participation, Joseph Kabila améliore largement son score à l’Ouest, particulièrement au Bandundu. Dans les deux Kasaï, on parle d’un grand taux de participation que d’aucuns attribuent au réveil des udpsiens décidés d’en découdre avec Joseph Kabila. Mais, on oublie qu’il y a aussi l’effet Moïse Katumbi en faveur de l’Amp. S’il y a victoire de la part du leader du Mlc, ce sera le fait d’aller au-delà de 20% du premier tour. Tout cela démontre le sérieux du scrutin et qu’il n’y avait personne qui l’avait gagné d’avance. L’objectif que tous les candidats visaient, à moins dans le camp de Joseph Kabila, ce n’est pas un score stalinien. Car, à vaincre sans péril le triomphe serait sans gloire. Comme on dit, l’essentiel c’est de l’emporter surtout lorsqu’on a en face de soi un candidat pas très démocrate qui n’hésite pas les coups au bas de la ceinture. En effet, le Mlc a maintenu sa stratégie du premier tour, celle de jouer sur certains membres des bureaux de vote. Certains, chaque fois qu’ils se retrouvaient en face de personnes supposées moins averties, ils leur indiquaient la case de JP Bemba en disant : « si vous voulez voter, mettez la croix ici ». Comme au premier tour, le clan Kabila se veut positif. Très peu pour ne pas dire pas de plaintes du tout. C’est la preuve que ce parti ne s’était pas préparé à contourner cette irrégularité. En plus de cela, on a assisté à des actes très condamnables de violence aveugle. Les cas les plus parlant sont ceux de Nzanga Mobutu qui a failli laisser sa peau à Gbadolite n’eut été l’intervention du commandant de la force terrestre qui se trouvait comme par hasard dans la ville de Gbadolité. Beaucoup de cadres de l’Amp ont été la cible des voyous. Il nous revient que bien après le vote, la résidence de l’ancien gouverneur du Bas-Congo, l’honorable Tsasa di Ntumba dans la cité de Kinzamvueté dans le Bas-Congo aurait été pillée alors que l’on déplore la mort d’un cadre du Pprd passé à tabac par les militants du challenger de Joseph Kabila. Partout, on a assisté à des actes d’intimidation dont les auteurs sont toujours les adversaires de Joseph Kabila. Nulle part on a eu vent d’actes de violence imputables aux militants de l’Amp. Si à l’Ouest le fléau s’appelle Mlc, à l’Est, le faible taux de participation est dû aux intimidations de Nkundabatware. Ce dernier a interdit à tous les rwandophones à aller voter. Car, pour Nkundabatware, il fallait empêcher que les rwandophones aillent voter pour Joseph Kabila. On comprend pourquoi le Mlc ne s’est pas donné la peine de battre campagne dans cette partie du territoire national. Sans doute que parce que Nkundabatware avait mission d’entamer l’électorat de Joseph Kabila.
Tout le monde jubile
Il y a de quoi lorsqu’on sait qu’il y a quelques jours, l’organisation des élections dans ce pays relevait d’un rêve irréalisable. Mais, une chose est de tenir les élections, une autre est de constater que certains partis politiques ne sont pas encore prêts à jouer le jeu. Il faut craindre qu’une fois au pouvoir, le pays fasse plusieurs pas en arrière. On a la nette impression que pour le camp de l’UN, la démocratie doit se faire à candidat unique et en victoire acquise d’avance. Si tel n’était pas le cas, on ne comprendrait pas que la présence d’un adversaire politique gêne et pousse à la violence. Il faut également craindre que le mensonge soit érigé en valeur démocratique dans ce pays. Tout au long de la campagne, même avant, le camp de l’UN s’est organisé à faire honneur au mensonge. La mauvaise foi est le fil conducteur de l’action politique dans ce camp politique.
La violence
En ce qui concerne la violence, on a l’impression qu’on en est arrivé à la banalisation. Le Mlc a commis des actes inacceptables pendant cette transition. Sous d’autres cieux, cela ferait scandale et personne ne déposerait son bulletin en faveur d’un tel parti politique. On cultive le silence et l’oubli sur les actes du 27 juillet par exemple. Par contre, si tels actes étaient le fait du Pprd, ce serait le plus grand thème de la campagne. Puisqu’on n’a pas suffisamment condamné, il faut s’attendre à ce que les fauteurs de troubles fassent des émules dans ce pays. En effet, si l’ordre public a été épargné c’est entre autre parce que le Pprd se refuse de se doter d’une bonne dose de vandalisme. Sur ce point, celui de vandalisme et des intimidations, le match est tellement en sens unique que dans les milieux de la jeunesse, c’est une valeur.
MABELE
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