Ngbanda Zambo Ko Atumba n’a pas désarmé. Après avoir longtemps tenté de perturber le bon déroulement de la transition, et après avoir mener une croisade de déstabilisation des institutions sous plusieurs formes, le Terminator d’hier devenu aujourd’hui Manipulator, veut faire son baroud d’honneur. La petite trouvaille est de faire couler le bateau électoral qui arrive à quai.
Aidé à partir de Kinshasa par des milieux perdants qui ne sont plus à identifier, Ngbanda a, en un jour, frappé deux fois : jeudi dernier, il a fait larguer des tracts dans la ville demandant à la population de manifester leur joie le 19 novembre prochain pour saluer la victoire de Jean Pierre Bemba que toutes les données présentent comme perdant. Le même jour, il a fait diffuser une lettre que la Directeur de cabinet du Chef de l’Etat, Léonard She Okitundu, a adressée au ministre des Finances pour demande des fonds, Usd 1 million, pour l’organisation de la cérémonie d’investiture du Président qui va être élu.
Si, à Kinshasa, les lieutenants de Bemba, unique bénéficiaire de cette ultime intox malgré ses engagements prix d’ailleurs récemment avec Joseph Kabila, nient la paternité de ce tract, la manipulation a été vite éventée, et l’Union pour la Nation s’est vite fait taper sur les doigts par tous les observateurs avertis. Par le simple principe « à qui profite le crime », on voit clairement que le camp de Bemba et ses parrains politiques sur lesquels on compte Ngbanda sont derrière ce coup macabre visant à mettre la ville à feu et à sang au cas où Ce n’est pas Bemba qui sera proclamé Président de la République. Une intolérance qui dépasse tout entendement, mais qui n’étonne guère de la part de Bemba qui, à la veille même du 29 octobre, jour du vote, s’est mis en grave contradiction avec sa sage épouse qu’il avait pourtant largué dans la rue pour battre campagne à sa place et en sa faveur. La pauvre femme n’a pas supporté que son époux frappe sévèrement un de leurs fils du simple fait que cet enfant avait été surpris par son père en train de fredonner la célèbre chanson de campagne composée par Tshala Mwana. La femme a quitté le pays et n’a pas voté.
Quant à la lettre de Okitundu à Banguli, la porte parole de l’Union pour la nation, Eve Bazaïba, défroquée de l’Udps, a présenté comme une tentative de détournement des fonds et une preuve que les élections ont été truquées pour faire triompher Kabila choisi par l’Occident. Le même jour, Ngbanda a posté cette lettre sur le site Internet de son combat pour avancer les mêmes arguments.
Malheureusement, pareille vue relève d’une grave cécité intellectuelle et pose terriblement la question sur les compétences des hommes de Bemba qui aspirent à diriger le Congo. Il n’y a rien de plus faux que cette ultime manipulation visant toujours à créer des conditions de soulèvement de la population. En voici les preuves :
1. La cérémonie d’investiture du prochain Président ne peut être organisée que par l’administration actuelle au nom du principe de continuité de l’Etat, jusqu’à l’installation de la nouvelle administration et ses animateurs.
2. La lettre de Okitundu ne mention pas le nom de ce Président à investir, car il n’est pas encore connu
3. Les règles de gestion responsables imposent la nécessité d’une gestion prévisionnelle, ce qui implique que les préparatifs de l’investiture du premier président de la République du Congo, quel qu’il soit, que ces préparatifs donc débute à point pour que la fête soit parfaite. Cette obligation s’impose, par ailleurs, par le fait que la date de l’investiture du président est fixée dans le calendrier électorale : c’est le 10 décembre 2006. Comme les autres investitures à travers le monde, la cérémonie doit être, non seulement haute en couleurs avec la présence de plusieurs chefs d’Etat, mais aussi garantir la sécurité de toutes ces personnalités dont la présence dans notre pays fera de nous le point de mire de la planète ce jour-là.
4. Quant à la présomption de détournement qui se profilerait derrière la requête de Okitundu, il faut noter que dans ce cas, il s’agirait d’un détournement collectif par le simple fait que, selon le circuit de décaissement mis en lace pendant la transition, tout paiement passe par l’accord du ministère du Budget qui est sous contrôle du MLC de Jean Pierre Bemba.
Comme on peut donc le voir, il y a la part de choses à faire entre le combat démocratique et les luttes d’arrière garde. En définitive, il faut croire que Ngbanda est jaloux que ce que son régime n’a pas pu faire pour le Congo soit réussi par d’autres fils du pays que lui. C’est pourquoi, de Terminator, qu’il n’a pas cessé d’être à l’image de sa tentative de meurtre contre Okitundu à Londres, il est passé maître Manipulator, même si, depuis dix ans, ses recettes ne tiennent plus.
En bon philosophe et sophiste de son état, Ngbanda pouvait pourtant comprendre que le mode de communication de masse par les tracts ne fonctionne pas dans un espace ouvert comme en démocratie. Mais, mu par une haine qui voile jusqu’à son intelligence, il a préféré actionner ses réseaux à Kinshasa où l’on compte des maître en intox comme Olenghankoy, celui-là même qui, sous Mobutu, était souvent utilisé par les services et les officiers supérieurs de l’armée pour jeter des tracts afin de justifier le déblocage des finances pour contrer une fausse insurrection, le tout au profit des manipulateurs.
Depuis la chute du régime qu’il a servi et qui l’a servi, Ngbanda est dans une croisade qui, malheureusement, ne va pas au-delà du tube digestif comme bien de compatriotes vivant en exil à la faveur de fausses convictions politiques qui n’ont pour motivation que la justification de leur séjour prolongé en occident.
Mais de là à torpiller le devenir même de toute une Nation, cela dépasse tout entendement. En effet, du référendum constitutionnel aux élections qui se déroulent par échelon, les Congolais ont l’occasion, aujourd’hui, de s’exprimer en tant que souverain primaire, ce que Ngbanda et ses affidés du pouvoir dictatorial n’ont jamais réussi à faire pendant leur règne.
Et l’on constate que, tout au long de sa carrière de Manipulator, le faux pasteur Honoré Ngbanda ne récolte qu’échec sur échec, certainement un message claire de Dieu qu’il a aussi tenté de manipuler en se faisant passer pour son fils. L’opinion se souvient encore du témoignage d’une ancienne « sœur en christ » de Amor Dei », secte de Ngbanda, sur les méthodes de ce dernier. La femme, qui a promis de publier un livre, évoquait les actions macabres d’assassinat des acteurs politiques par empoisonnement sous les ordres de Ngbanda Zambo Ko Atumba.
Mentez, mentez, il en restera toujours. Ce qui est sûr, c’est la fin de l’imposteur a sonné. Désormais, Ngbanda est tenu à l’œil, car s’il faut sauver le Congo, c’est des hommes comme lui qui sont en train de détourner toute une jeunesse et de la prendre en otage par des formules d’envoûtement dignes de la prima curia de triste mémoire. De dignes fils du pays, qui sont allés aux études, sont quotidiennement manipulés pour entretenir de fausses oppositions en exil alors que leur avenir se trouve dans leur pays et que l’avenir de leur pays se trouve aussi en leur intelligence.
Yvon RAMAZANI
Congodebout (Congo mon Amour) |