KINSHASA (AFP) - 15/11/2006 16h08 - Le président sortant Joseph Kabila termine largement en tête du second tour de la présidentielle en République démocratique du Congo (RDC), selon des données compilées par l'AFP à l'issue de la publication mercredi par la Commission électorale indépendante (CEI) des résultats de chacune des 169 circonscriptions.
La loi électorale stipule que la CEI est la seule habilitée à annoncer les résultats provisoires complets, ce qu'elle doit faire d'ici au 19 novembre après avoir examiné d'éventuelles réclamations sur les résultats partiels, encore susceptibles de modifications.
Selon les chiffres compilés par l'AFP, Joseph Kabila recueille 58% des suffrages exprimés contre 42% au vice-président Jean-Pierre Bemba.
Le taux de participation s'établit à plus de 65% des 25,4 millions d'inscrits contre 70,5% au premier tour, lors duquel M. Kabila avait recueilli 44,81% et M. Bemba 20,03%.
Le camp du vice-président a affirmé mardi que ses propres compilations plaçaient son champion en tête et a mis en doute "l'impartialité" de la Commission, quelques jours après l'avoir accusée de "tricherie".
Mercredi, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a appelé les deux candidats à "accepter les résultats" du scrutin. "Si le calme règne, cela aura un impact important sur la région africaine des Grands lacs", a-t-il dit en marge de la 12e conférence internationale sur le climat à Nairobi.
Ces derniers jours, l'imminence de l'annonce des résultats complets a exacerbé les tensions à Kinshasa, majoritairement acquise à M. Bemba.
En août, les troupes des deux candidats s'étaient affrontées à l'arme lourde, peu avant l'annonce des résultats du premier tour, faisant 23 morts. Samedi, de nouveaux tirs ont fait quatre morts aux alentours de la résidence officielle du vice-président, impliquant notamment ses gardes, des enfants des rues et des forces de police, selon le ministère de l'Intérieur.
Mercredi matin, le président Kabila a appelé les Congolais à garder leur "calme en attendant l'annonce des résultats officiels" et prévenu que l'ordre serait rétabli en cas de nouveau "dérapage".
L'atmosphère restait très tendue mercredi à Kinshasa. La présence d'un millier d'hommes armés fidèles à M. Bemba en plein centre-ville, dans le quartier administratif de la Gombe, théâtre des affrontements d'août et de samedi, continuait notamment d'alimenter les craintes de nouvelles violences.
Un accord, dont les détails n'ont pas été précisés, a été conclu lundi avec le camp Bemba pour le transfert de ses hommes vers la résidence du vice-président à Maluku (80 km à l'est de Kinshasa), mais n'a pu être mis en oeuvre mardi comme prévu, a indiqué le général Prosper Nabyolwa, commandant militaire de la ville-province de Kinshasa.
Un officier occidental a confié à l'AFP que le dispositif prévu pour les éloigner était au point mort, les soldats de Bemba ayant refusé mardi d'embarquer à bord de camions des forces armées de RDC venus les chercher.
Depuis les affrontements de samedi, les hommes chargés de la garde de la résidence officielle de M. Bemba sont théoriquement cantonnés à l'intérieur de celle-ci, et la sécurité à l'extérieur est confiée aux Casques bleus de la Mission de l'Onu en RDC (Monuc) qui a déployé plusieurs blindés sur les lieux.
Mercredi, de nombreux hommes de M. Bemba, en armes, étaient pourtant réapparus dans les rues bordant la résidence, a constaté un photographe de l'AFP.
L'Eufor, qui dispose de 1.400 hommes à Kinshasa et d'un millier en réserve au Gabon, se tient prête à appuyer la Monuc, forte de 17.600 Casques bleus dans le pays, en cas de nouvelles violences post-électorales.
Ces élections, considérées comme les premiers scrutins libres en 41 ans dans l'ex-Zaïre, doivent mettre fin à une difficile transition politique entamée en 2003 après une guerre régionale de près de cinq ans sur le sol congolais.
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