| samedi 09 décembre 2006, a 12:24 |
| Une semaine décisive ce lundi pour Joseph KABILA |
Le temps n’est plus au discours mais aux actes. Après la prestation du serment par le Chef de l’Etat congolais élu au suffrage universel direct, les choses doivent se remettre en ordre. Dans son discours d’investiture, le nouveau président de la Rd Congo, Joseph Kabila a sifflé la fin de la recréation et annoncé la reprise du travail pour déclencher un développement intégral du pays. Par le fait même de sa prestation de serment, le schéma 1+4 est tombé. Désormais on ne peut plus parler de l’espace présidentiel à savoir un président assisté par quatre vice-présidents.
Dans l’ordre politique nouveau, Kabila règne seul en qualité de président de la République à coté des autres institutions de la République notamment les Cours et tribunaux, le Parlement et le Gouvernement. Cette dernière institution étant responsable devant le parlement et plus précisément sa basse chambre qu’est l’Assemblée nationale, les choses doivent d’abord commencer à être régularisées de là, notamment l’installation du Bureau définitif.
Des sources proches du Palais du peuple, siège du Parlement, rapportent que le Bureau provisoire attend l’entérinement du règlement intérieur de l’Assemblée nationale par la Cour suprême de justice.
Dès que la haute cours aura expédié cette tâche, une plénière sera convoquée à l’Assemblée nationale au cours de laquelle des élections seront organisées pour mettre en place le Bureau définitif.
Premier ministre du Palu
Il sied de signaler en passant que la loi prévoit que le 1er ministre sortira du parti ou de la plate forme politique qui aura la majorité parlementaire. Juridiquement parlant, aucun parti politique n’a gagné cette majorité. Mais sur le plan politique, c’est l’Alliance pour la majorité présidentielle (Amp) qui a la majorité parlementaire.
A ce stade, la loi électorale stipule dans l’une de ses dispositions qu’au cas où aucun parti n’a gagné la majorité parlementaire, le président de la république désignera un informateur qui ira à l’Assemblée nationale pour contacter le groupe majoritaire et faire rapport au chef de l’Etat.
Cela peut prendre deux mois. Cette procédure n’est pas bien accueillie par certains acteurs politiques. Ces derniers estiment que le peuple a dégoûté le 1+4 et maintenant que le chef de l’Etat a déjà pris ses fonctions, la solution politique doit être privilégiée pour ne pas interrompre l’élan de la mise en place des autres institutions de la République. C’est ainsi que ce dernier sur base des accords signés avec d’autres partis, il peut nommer le 1er ministre du parti lumumbiste unifié (Palu). Un juriste contacté par l’Avenir a indiqué que les faits précèdent toujours le droit.
Accélérer la mise en place
C’est dans cette logique que doit s’inscrire le reste du processus. De ce fait, des sources sûres rapportent que dès la semaine prochaine, le Bureau définitif sera installé et que le groupe majoritaire à la Chambre basse proposera au chef de l’Etat le candidat 1er ministre.
Sans nul doute, les accords politiques signés entre l’Amp et le Palu sont clairs. C’est ainsi que certaines langues parlent déjà du patriarche Gizenga Antoine comme futur chef du gouvernement.
D’autres sources signalent que le décret nommant le 1er ministre est déjà sur la table du président de la République et n’attend que l’installation du Bureau définitif de l’Assemblée nationale pour être publié. Comme quoi, cette installation et cette nomination vont se succéder dans un laps de temps relativement court et ce sera probablement la semaine prochaine.
Cela est autant vrai quand on considère les propos du chef de l’Etat dans son discours d’investiture le mercredi 6 décembre dernier. Une fois nommé par le président de la République, le 1er ministre formera son gouvernement.
Tenir compte de l’opposition
Le souhait de tous est que ce gouvernement soit de large union nationale pour paraphraser le chef de l’Etat. « En démocratie il y a de la place pour tout le monde notamment ceux qui sont au pouvoir et dans l’opposition. » Il appartient au Parlement de voter un projet de loi le plus vite possible sur le statut de l’opposition. Dans tous les cas, la formation du gouvernement est nécessaire afin de démarrer sans plus attendre les travaux de la reconstruction du pays.
Les cinq chantiers qui font la priorité du prochain quinquennat trouvent leur réalisation au sein du gouvernement et cela en tenant compte de la spécificité de chaque domaine tels l’électrification du pays, les voies des communications, l’administration publique, la lutte contre la corruption et l’impunité, le respect des droits de l’homme, l’accès à l’eau potable et aux soins de santé en passant par la justice sociale. La tâche est énorme, mais avec l’appui de tout le peuple congolais et des partenaires au développement, les défis de la reconstruction du Congo seront relevés.
Octave M. Luamuele |
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