
Le
camp Alliance de la majorité présidentielle (Amp) triomphe de manière
décisive sur l’Union pour la Nation avec la victoire de ses candidats à
l’élection des gouverneurs dans les deux Kasaï en attendant
l’aboutissement. Ngoy
Kasaji de l’Amp a battu Dominique Kanku du Mlc avec 51 voix contre 11
sur 64 votants. *Au Kasaï-Ocidental un autre candidat de l’Amp, Trésor
Kapuku a battu Alex Kande du Mlc avec. 28 voix contre 26 sur 54
votants. *Avec cette victoire, et en attendant le sort réservé aux
candidats du Bas-Congo, l’Amp totalise 9 gouverneurs sur 11 contre un
seul pour le Mlc. *La leçon à tirer, c’est que le bruits faits autour
de JP Bemba et son organisation politique ne reflètent pas son vrai
poids politique. *Que restera-il de ce petit poids politique après cinq
ans ? *pour y répondre, il faut que l’UN survive d’abord à ce naufrage.
Tel semble ne pas être le cas.
L’Alliance de la majorité présidentielle, plate-forme de Joseph Kabila
vient encore une fois de remporter une victoire stratégique sur la
plate-forme de JP Bemba. Alphonse Ngoyi Kasanji, diamantaire bien
connu, membre de l’Amp a été élu gouverneur de la province du Kasaï
Oriental. Cette élection a eu lieu hier à Mbuji-Mayi. Ngoy Kasanji qui
a comme vice-gouverneur Bruno Kazadi, l’a emporté au premier tour.
Le perdant à cette élection n’est pas n’importe qui. Dominique Kanku
est le gouverneur sortant de cette province. Le Mlc avait tellement
misé sur lui que, pour ce poste de gouverneur, il avait renoncé à son
mandat de député. C’est un coup très dur et pour Dominique Kanku et
pour le Mlc qui, faute de la gestion du pays, voulait s’offrir quelques
provinces stratégiques afin d’arrondir son porte-monnaie et surtout de
mettre la coalition au pouvoir au pas.
Le candidat de l’AMP, Alphonse Ngoyi Kasanji, a été élu avec 51 voix
sur 68 suffrages exprimés. Dominique Kanku, candidat du Mlc quant à
lui, ne s’est contenté que de 11 voix. De son côté, Katanga Mukumadi,
candidat indépendant, a obtenu 3 voix.
Enfin, un autre diamantaire au nom de Auguy Ilunga, s’est classé
dernier sur la liste avec une seule voix. Quant à l’autre candidat de
l’Amp, à savoir le Pprd Christophe Kolomoni, il s’est désisté au profit
de Ngoyi Kasaji. C’était aussi le cas pour le candidat indépendant
Kabweni Saba qui avait jeté les manches au profit du président de la
Fecodi, Ngoyi Kasaji.
Dès ce moment là, estimaient les observateurs, le ras de marée de Ngoy
Kasaji se dessinait. Pour Dominique Kanku et le Mlc, c’est plus qu’une
défaite, c’est une humiliation. Après tous les bruits faits autour de
cette élection, la énième victoire de l’Amp démontre, si besoin en
était encore, que cette plate-forme n’avait pas volé sa victoire à la
présidence de la République, aux législatives, aux sénatoriales et
maintenant au gouvernorat des provinces.
A ce sujet, sur 11 provinces que compte le pays, l’Amp dirigera neuf en
attendant le verdict ce matin de la Cour suprême de justice sur le cas
du Bas-Congo. L’UN de JP Bemba n’a jusque-là que la province de
l’Equateur qui sera dirigée par José Makila Sumanda.
Malgré toute la tension, et le déploiement de la police d’intervention
rapide, aucun incident majeur n’est à signaler, comme le Signale le
communiqué de la Commission électorale indépendante (Cei). Il nous
revient également, contrairement aux prétentions du Mlc, qu’après
l’annonce de ces résultats, la ville de Mbuji-Mayi est entrée en fête.
On signale également que le calme règne dans cette ville et sur toute
l’étendue de la province.
Même sort au Kasaï-Occidental
Alors que le Mlc a ameuté l’opinion en faveur de Alex Kande, les grands
électeurs du Kasaï-Occidental ont plutôt mis leur dévolu sur un
candidat de l’Amp en la personne de Trésor Kapuku. Il a été élu à la
majorité absolue des voix, soit 28 voix contre 26 pour Alex Kande.
Serré, mais suffisant pour l’Amp de voter de victoire en victoire. A
Kananga, autant qu’à Mbuji-Mayi, l’élection s’est déroulée dans le
calme et la transparence.
Tout s’est déroulé devant des témoins de chaque candidat. Il faut
reconnaître que, les bruits fantaisistes propagés au sujet de la
corruption des électeurs ont permis aux candidats gouverneurs de cette
province de se parer de vigilance. On ne peut pas dire que c’était trop
de peine pour rien.
Car, il fallait de cela pour relativiser les accusations faites par les
membres de l’UN en quête d’explication à leur descente aux enfers. On
avait noté une présence très remarquable des observateurs nationaux et
internationaux, eux aussi ameutés par les accusations de fraude et de
corruption. Dans cette province on a interdit formellement
l’utilisation des cameras et des téléphones portables.
Si les cameras pourraient intimider les électeurs, les téléphones
portables pouvaient permettre à faire les dernières promesses et servir
ainsi d’auxiliaire à la corruption. Contrairement à ce qui s’était
passé ailleurs, à Kananga, la journée d’hier avait été déclarée chômée
et payée.
Le directeur de province voulait par cette décision, faire participer
toute la population à cet important événement. Au départ, il y avait 4
candidats. L’Amp alignait un candidat, l’UN deux et un indépendant.
Tout était permis dans la mesure où les deux plates-formes étaient au
coude à coude au sein de l’Assemblée provinciale. Ce sont les députés
indépendants qui ont fait la décision, estime-t-on. On ne sait jamais.
L’élection étant secret, on ne sait pas qui a voté pour qui. On se
contente des résultats.
Des leçons à tirer
Il y a beaucoup de leçons à tirer après cette élection. Beaucoup
d’observateurs se posent des questions sur le véritable poids électoral
et du Mlc et de son leader JP Bemba. On a l’impression d’avoir vécu un
véritable mirage. Ceux qui disaient que c’est par hasard que JP Bemba
s’est retrouvé en position de challenger de Joseph Kabila n’avaient pas
tort.
La question que plus d’un se posent est de savoir si ce petit poids
électoral de JP Bemba et de son mouvement politique résistera a l’usure
de temps. Déjà, sa première action comme leader de l’opposition a été
un échec patent. Dans les rangs de l’UN, on assiste à une agitation qui
ressemble à un véritable remue-ménage.
Beaucoup de dirigeants politiques hier proches de JP Bemba semblent
avoir compris que pour réussir, il faut s’organiser en dehors du Mlc et
de son leader. L’autre leçon que l’on doit tirer, concerne les députés
provinciaux du Bas-Congo. Ils ont le choix entre la voie tracée par
leurs collègues de deux Kasaï ou de placer leur province dans la
mouvance de turbulences.
Quoi qui arrivera aujourd’hui à la Cour suprême de justice, il n’y a
pas de raisons que l’Assemblée provinciale du Bas-Congo change son
choix du reste très judicieux. Ci-dessous le communique de la Cei.
(Th)
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