
Le ministre congolais de l’Intérieur et son homologue angolais se renvoient la balle sur la confusion qui règne autour du mouvement de troupes angolaises observé en territoire de Kahemba à la frontière entre la RDC et l’Angola.
Le ministre d’Etat en charge de l’Intérieur, Décentralisation et Sécurité, Denis Kalume Numbi, a fait état lundi 19 février en son cabinet de travail d’un mouvement des troupes angolaises à hauteur de Kahemba dans la province du Bandundu. Il est intervenu sur les antennes de la télévision nationale pour livrer cette information sans autres précisions supplémentaires, promettant cependant de descendre dans les tout prochains jours sur place au Bandundu pour s’enquérir de la situation.
Le ministre d’Etat a dit avoir contacté son homologue angolais de l’intérieur qui lui a dit « ignorer » cette situation. L’homme d’Etat congolais a promis cependant de tout mettre en œuvre pour tirer au clair cette situation. Mais, d’ores et déjà, l’on croit savoir que si l’information se précisait, la présence des troupes angolaises à l’intérieur des frontières de la République démocratique du Congo pourrait être liée à l’opération de conduite aux frontières des ressortissants congolais déclenchée depuis quelque temps par Luanda. A ce sujet, il faut dire qu’il y a une forte communauté congolaise dans la partie nord de l’Angola réputée riche en matières précieuses, notamment le diamant.
Des observateurs croient que la présence des troupes angolaises – si l’information se confirmait – ne va pas porter un coup dur aux bonnes relations qui unissent les deux pays. Car, de la même manière que l’Angola héberge une forte communauté congolaise, la RDC aussi, de son côté, a accordé son hospitalité à de nombreuses familles angolaises, au plus fort de la guerre d’indépendance des années 1970.
Actuellement, le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés organise régulièrement des opérations de rapatriement des réfugiés angolais, disséminés dans les zones frontalières des provinces du Bandundu, du Bas-Congo, de deux Kasaï.
Tout récemment, le HCR a organisé au départ de Kinshasa trois rotations d’avion par jour en faveur des réfugiés angolais désireux de retourner dans leur pays. Cette opération a permis le rapatriement de près de 3.000 réfugiés angolais depuis décembre 2006, rapporte radiookapi.net
C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la présence de certains Angolais au centre de transit de la Fikin, selon Jan Hesemann, chargé de la communication au HCR. Il a indiqué que des réfugiés angolais sont transportés à bord des camions du HCR à partir du Bas-Congo. Ils sont ensuite amenés dans un centre de transit à Kinshasa. « Ces réfugiés reçoivent une assistance. Après quelques jours, ils prennent l’avion pour l’Angola. Là, le gouvernement angolais et le Hcr les aident à se réintégrer et à retrouver une vie normale », a-t-il ajouté.
Comme l’a dit le ministre de l’Intérieur, tout est mis en œuvre pour régler rapidement cette situation. Tant mieux.
Plus de 3.400 Congolais expulsés d’Angola depuis le début de ce mois de février
Plus de 3.400 ressortissants de la République démocratique du Congo (RDC) ont été expulsés de l’Angola voisin depuis le début du mois de février, a annoncé vendredi la radio Okapi, parrainée par l’ONU.
Ces Congolais, qui travaillaient illégalement en Angola, arrivent par groupes de plusieurs dizaines chaque jour dans la région de Luiza, localité du Kasaï Occidental, située à environ 60 km de la frontière angolaise, a indiqué l’abbé Jean Muela, directeur de l’ONG catholique Caritas-Congo, à Kinshasa.
Selon la radio Okapi, qui s’est rendue sur place, la plupart de ces expulsés, vêtus de lambeaux, ont été dépouillés de tous leurs biens (…) et ont une santé précaire ».
« Leur retour forcé en RDC ne met pas fin à leur calvaire, faute de structures d’accueil », affirme la radio, précisant que Caritas tente « tant bien que mal de leur venir en aide ».
La radio affirme que parmi les expulsés, plus d’une centaine d’enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition. « Nous attendons le rapport du terrain pour évaluer les besoins. Je vais moi-même demain (samedi) au Kasaï », a précisé l’abbé Muela.
Depuis 2004, plus de 350.000 immigrés illégaux, quasiment tous des Congolais, ont été expulsés des zones diamantifères d’Angola, dans le cadre d’une opération baptisée « Diamant » et visant à lutter contre le trafic illégal de diamants angolais. (Yes)Le Potentiel/Apa
|