Voici les miliciens de Bundu dia Kongo
Le leader de Bundu dia Kongo rejette l’arrêt de la Cour Suprême de justice, preuve qu’il ne sait pas ce que représente cette cour dont les arrêts sont sans appel. *Ce rejet entre dans la stratégie du Mlc de créer dans le pays une situation d’incertitude. *Le Mlc annonce des actions pour protester contre la corruption. *Alors qu’il n’a pas encore démontré qui était corrompu par qui, le Mlc ajoute que l’argent du trésor public aurait servi à cette corruption. *Le Mlc prétend que seuls Kabila et Kagame étaient absents du sommet France-Afrique et exige des explications. *Et pourtant, plusieurs autres présidents africains s’étaient fait représenter.
Tout le monde parle de la démocratie, mais très peu sont prêts à adopter des attitudes démocratiques. C’est le cas du Mlc, parti politique de JP Bemba. Malgré la suite des défaites, les dirigeants de ce parti politique refusent toujours de reconnaître leur mauvaise organisation.
C’est comme si les dirigeants du Mlc sont incapables de changement. Ils laissent très peu de place à la réflexion. Ils font de l’agitation inconsidérée leur méthode favorite de travail. Alors qu’ils donnent des leçons en matière de respect des lois, ils se réfèrent très peu aux lois existantes pour prendre position. Le dernier exemple est celui du chef du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo. Ce dernier vient de remettre en question l’arrêt de la Cour suprême de justice reconnaissant les résultats de l’élection de gouverneur dans la province du Bas-Congo.
Muanda ne Nsemi qui rejette la procédure utilisée par la Haute Cour pour trancher l’affaire sur l’élection du gouverneur de province du Bas-Congo, demande au chef de l’Etat d’arbitrer cette affaire. C’est une preuve de plus que le leader de Bundu dia Kongo ignore les lois. Il ne reconnaît pas que les arrêts de la Cour suprême de justice sont sans recours. Pour lui, le chef de l’Etat peut se mettre au-dessus de la Cour suprême de justice pour faire plaisir à Bundu dia Kongo. C’est encore la preuve que ce mouvement n’a rien de républicain.
Le Mlc de cœur avec Bdk
Le leader de Bundu dia Kongo n’est pas seul dans cette démarche. Il a avec lui le Mlc. A ce jour, on pense même qu’il y a parfaite identité de vues entre les deux mouvements. C’est ainsi que quand le Mlc s’enrhume, Bundu dia Kongo tousse. Il en est de même lorsque Bundu dia Kongo s’enrhume, le Mlc à son tour se met à tousser. Muanda ne Nsemi ne reconnaît pas l’arrêt de la Cour suprême de justice. Il est suivi par les dirigeants du Mlc qui, eux aussi, ne reconnaissent pas l’ensemble des résultats de l’élection des gouverneurs. On savait que les dirigeants du Mlc, n’ayant pas d’élégance démocratique, ne s’avoueraient pas vaincus. Ils continueraient à contester les résultats. Mais, là où l’affaire tourne au ridicule, c’est lorsqu’ils manquent d’arguments pour soutenir leur contestation. Muanda ne Nsemi de sa part, ne faisant confiance qu’à ce qui sort de sa tête, recourt à une certaine alchimie arithmétique pour calculer la majorité absolue. Il prétend que la loi congolaise est claire à ce sujet. Mais, il ne dit pas ce que dit cette loi et dans quelle clause de quelle loi précisément. Cet homme pense qu’il connaît mieux la loi que la Haute cour. C’est encore une preuve qu’il n’a qu’une petite idée de cette cour. Il peut donc facilement mêler la Cour suprême de justice dans la polémique suivant une discussion de la rue. La Cour suprême de justice a fait recours à la jurisprudence internationale pour trancher le contentieux électoral du Bas-Congo. Pour Muanda ne Nsemi, la Cour suprême n’avait pas besoin de recourir à la jurisprudence internationale pour connaître la majorité absolue des 29 grands électeurs. Au lieu de proposer une jurisprudence congolaise ou africaine qui contredirait l’exemple pris par la haute cour, tout ce qu’il fait, c’est de présenter des calculs sans dire en matière électorale où et dans quelles circonstances ces calculs avaient été faits. Pour lui donc : « Dans toutes les séances, quand la règle d’arrondi ne précise pas si celle-ci se fait par excès ou par défaut, l’arrondi respecte le principe suivant : primo, de zéro inclus à la moitié exclue, on arrondit à zéro. Secundo, de la moitié inclue à l’unité exclue, on arrondit à l’unité ». En vertu de ce principe, la majorité absolue est 16 car la moitié arrondie de 29 est 15, et cette moitié arrondie plus 1 est 16, selon lui.
Où ces calculs avaient-ils déjà été faits ?
S’agit -t-il d’un principe universel ou essentiellement Bundu dia Kongo ? Dans le cas où il s’agirait d’un principe universel, pour quelle raison ailleurs où la Cour a puisé les cas de jurisprudence n’avait-on pas eu recours à ce principe ?
Trahissant le fond de sa pensée, le leader de Bundu dia Kongo ne semble pas non plus prendre la vraie mesure de l’enjeu. Se croyant dans un jeu d’enfant, il pense qu’il suffisait d’accepter le deuxième tour, non parce que les arguments juridiques le justifiaient, mais parce que cela ne coûterait pas grand-chose ni à la Cei ni au pays. Cela s’appelle détourner l’attention à autre chose qu’à l’essentiel. Personne n’a jamais parlé de manque d’argent ou des difficultés à organiser ce deuxième tour. Ce qu’il fallait, c’est que ce deuxième tour soit justifié juridiquement.
Selon une radio périphérique captée à Kinshasa, le Mlc conteste lui aussi les résultats de l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs des provinces. On connaît le refrain sur la corruption. Le Mlc n’y a jamais apporté la moindre preuve. Cette fois, le parti de JP Bemba ajoute que cette corruption avait été faite avec l’argent de l’Etat. On attendra longtemps pour que le Mlc présente la moindre preuve de ces accusations. Incapable de se soumettre au verdict des urnes, le Mlc s’agite parce qu’il est également incapable de soutenir le rythme dans l’opposition. Dans une espèce de honteux chantage, le Mlc préconise des actions. Lesquelles ? Ils ne peuvent pas être clairs. Car, les dirigeants du Mlc eux-mêmes ne savent pas ce qu’il faudra faire. Une chose est d’annoncer les actions de rue, une autre est d’être capables de les réussir. A ce sujet, le Mlc avait déjà fait un test non concluant avec sa dernière opération ville morte. On se souvient que pour protester contre la corruption, le Mlc avait décrété une journée morte que la population congolaise, sauf à Gemena, avait ignorée.
A la recherche d’une crise politique
Le but poursuivi par le Mlc, c’est de créer dans le pays une situation d’incertitude. Cela explique en appui de toute la contestation des élections, une vision tronquée - comme savent l’avoir les aigris de la situation du pays.
Ainsi, le Mlc est le seul parti politique qui veut exploiter l’affaire Ilunga Kasongo politiquement. Pour le Mlc, l’affaire Kasongo démontrerait que ce gouvernement ne sera pas à la hauteur de sa tâche. Parce qu’a poursuivi Romain Nimy, le premier ministre n’avait pas interviewé tous les candidats qui lui avaient été présentés. Romain Nimy est actuellement ministre de l’Agriculture au gouvernement qui expédie les affaires courantes. Auprès de qui avait-il passé son interview ? Se sent-il capable de diriger son département ou non ? C’est du n’importe quoi.
Le même Romain Nimy a démontré au cours de la même prestation médiatique qu’il vient d’un autre monde. Se prononçant sur le sommet France-Afrique, il estime que deux chefs d’Etat africains seulement étaient absents à ce forum. Il a cité Paul Kagame et Joseph Kabila. Et le ministre Mlc demande des explications à cette situation. Cela donne encore une fois la piteuse image des dirigeants du Mlc. Ils érigent leur ignorance en des règles universelles. Il faut dire à Romain Nimy que plusieurs autres présidents africains n’avaient pas fait le déplacement de Cannes. A titre d’exemple, on peut citer Thabo Mbeki, Kadhafi, Gbagbo, Eduardos dos Santos, Mugabe, Obiang Ngwema, Muhamed VI,... on peut allonger la liste.
En ce qui concerne la Rdc, le pays n’était pas absent au sommet. Ce qui aurait inquiété et susciter des interrogations, c’est la non représentation du Congo. Le chef de l’Etat, suivant son calendrier, pouvait ne pas être présent personnellement. Il doit avoir donné des raisons à son homologue français qui n’avait pas trouvé à y redire. Dans aucun media l’absence de Joseph Kabila avait été présentée comme faisant problème, d’autant plus que le pays avait à ce sommet une forte délégation. Et c’est faux de dire qu’aucune raison n’avait été avancée pour expliquer l’absence du chef de l’Etat à ce sommet. Le conseiller diplomatique du chef de l’Etat repris par les médias nationaux avait expliqué cette absence par la situation qui prévalait dans le pays avec les événements malheureux du Bas-Congo.
Au sujet de la délégation congolaise, le Mlc n’a pas apprécié la présence de Yves Kisombe dans la suite de Vital Kamerhe. On est en train de chercher des formules pour lui créer des ennuis. Comme telles formules n’existent pas officiellement, on en invente. Ainsi, Romain Nimy prétend-il qu’un député doit requérir l’autorisation de son parti politique avant de faire partie d’une mission parlementaire. Un député national qui serait sous les ordres d’un parti politique qui n’est qu’une association privée, il faut être du Mlc pour y croire. Cela s’appelle chercher la petite bête. Si le Mlc se réunit, comme l’a dit Romain Nimy au sujet de Yves Kisombe, contre qui on pourrait prendre des sanctions, c’est toujours dans la recherche d’une crise politique. On veut même la fabriquer de toutes pièces. Voilà un parti politique qui accuse le camp Kabila de tout prendre, mais qui n’applaudit pas lorsqu’un de ses membres est amené représenter le pays dans une importante mission. Au Mlc, on ne sait pas ce qu’on veut.
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