Il a rendu coup pour coup. Samedi, devant les Députés, la Nation et le Monde, AGF, Antoine Gizenga Funji a sinon mis KO technique du moins fait vaciller l’opposition. On eût dit qu’il est aguerri comme un vieux routier à l’inquisition des députés de l’opposition. Quand donc il prend la parole pour la riposte, il y va avec calme et pourfend l’argumentaire des téméraires qu’il se permet même de tourner en dérision puisque aussi, il est parfaitement à l’aise dans l’humour. On pensait qu’il vacillerait sous la pluie de questions assassines ou qu’il s’écroulerait sous le poids de son âge, 81 ans, raide mort. Le vétéran Antoine Gizenga Funji a étonné.
Quand leurs Hon. Députés de loin plus jeunes se remettaient dans les bras de Morphée, face aux caméras, lui, imperturbable, tenait.
Il était là, debout ou assis, «Yandi Kaka» (lui et pas un autre), la voix claire, le regard net. Si l’opposition avait évacué son porte-parole, Godefroid Mayobo Ngantient, le ministre près le Premier ministre, c’est pour aussi pour le mettre au test d’endurance physique, qu’il a réussi fort brillamment.
Étonnante, le moins que l’on puisse dire, la double prestation jeudi et samedi d’AGF. On pensait que l’octogénaire vacillerait sous la pluie de questions voulues assassines ou qu’il s’écroulerait sous le poids de son âge, 81 ans, raide mort.
Le vétéran a surpris et les Hon. Députés venus particulièrement nombreux assister à la mise à mort en direct et le pays entier qui suivait la corrida, l’affrontement meurtrier entre l’homme et la bête, devant le petit écran ou sur les ondes.
Quand leurs Hon. Députés de loin plus jeunes que lui se lâchaient dans les bras du Dieu Morphée, face aux caméras, lui, l’imperturbable, tenait bon. En redemandait. Là où Mulumba Lukoji s’empifrait d’eau, avalant verre d’eau après verre d’eau, lui n’en a bu qu’un. Incroyable, iI était là, debout ou assis, selon le protocole, «Yandi Kaka» (lui et pas un autre), la voix claire, l’oeil vif, le regard net.
Si l’opposition avait évacué son porte-parole, trop maligne, se sentant humiliée à l'idée qu'il parlerait devant eux en lieu et place du Premier ministre, il a vite pris lui-même la direction des événements et a gardé le fin mot le jour de son investiture, réglant son compte à cette opposition, rendant coup pour coup reçu, réglementairement.
Et cette opposition le voulait à la barre, c’est certes pour se conformer à la Constitution mais aussi - on le sait tous - pour mettre celui-ci au défi et au test d’endurance physique, que Gizenga Funji a réussi fort brillamment.
Sacré Gizenga! Qui l’eût dit? Qui l’eût cru que cet ennemi n°1 des tombeurs de Patrice-Émery Lumumba dans les années 60 survivrait à ses adversaires 45 ans après sans être trahi par l’âge pour pérorer avec un chant de coq annonçant l’aube du jour de renouveau pour le Congo?
Nommé Premier ministre de la 1ère Législature de la IIIème République, AGF représente aux côtés de JKK, le fer de lance de ce ticket gagnant.
OTT ÉCHEC ET MÂT. Par quel tour de main ce vétéran de l’indépendance a-t-il réussi ce spectaculaire retour sur scène? Ce n’est peut-être pas cela que ses fervents militants du PALU ont cherché à savoir en allant ovationner samedi 24 février la vedette du jour de la très spéciale cérémonie d’investiture du gouvernement par l’Assemblée nationale - événement que le pays n’a plus vécu depuis des lustres.
Mais, bien des Kinois accourus y étaient tout de même allés pour voir le vieil opposant qui ne faisait pourtant pas parler de lui comme l’autre opposant «charismatique».
On se souvient du retour d’exil de Gizenga au début de la transition mobutienne, quand l’homme avait annoncé son OTT, l’Opération tremblement de terre, que les Kinois avaient vite pris pour un pétard sans frayeur.
Or, voilà que cette annonce apparaît comme une prophétie ayant pris tout son temps de s’accomplir maintenant.
Les partisans de celui-ci qu’ils nomment «Mbuta» (le vieux, le chef de famille, le Patriarche), n’ont voulu que célébrer avec lui son sacre national et se réjouir de la reconnaissance et du triomphe enfin de leur combat politique. L’avènement du Premier ministre effraie effectivement maintenant les caciques du statut quo qui peuvent bien trembler devant les mesures de changement que le nouveau président du conseil congolais annonce. Et pour cause.
Il y a d’abord plus d’un sceptique qui a été surpris par la solidité physique affichée par le Premier ministre; un octogénaire qui ne s’offrait pas en un spectacle de vielle tremblote à la Pape Jean Paul II au déclin de ses jours. Gizenga, lui, tient le coup.
Il a une parfaite diction. Il tient debout au perchoir plus d’une heure pour marteler les points d’un programme digne d’être exécuté par un soldat en pleine force. Gizenga ne vacille pas. Il est imperturbable. Il n’est pas ébranlé par les attaques des députés frondeurs cherchant visiblement à l’ébranler. On eût dit qu’il est aguerri comme un vieux routier à l’inquisition des députés de l’opposition.
Quand donc il prend la parole pour la riposte, il y va avec calme et jusqu’à ce que mort s’ensuive, pourfendant l’argumentaire des téméraires qu’il se permet même de tourner en dérision, puisque, aussi, il est parfaitement à l’aise dans l’humour et la belle humeur. C’est ainsi qu’il passe du négatif «Yandi Ve» (Pas lui) au positif «Yandi Kaka» (Lui et nul autre).
On sent le ciel s’écraser sur les bancs de l’opposition quand «Monsieur Roc» massacre «le ministre du Budget 1+4 sortant qui a le toupet de réclamer «Mbudi» alors qu’il l’avait mis à la poubelle lors de son règne?
A-t-on cru que dans son son «sommeil politique», le vieil homme someillait vraiment?
Quelle mouche a donc piqué François Mwamba Tshishimbi, l’ex-ministre MLC du Budget que ses adversaires disent trop arrogant et trop suffisant pour aller se mouiller dans «Mbudi», une véritable patate chaude laissée à AGF? AGF a l’élégance même de la finesse d’esprit.
Le Premier est apparu très méticuleux dans tous les gestes et mouvements. Rien de fait au hasard. Difficile de trouver un reproche à lui faire, même sur les dossiers peau de banane qu’on lui a jetés du candidat fictif ministre UNAFEC au Commerce extérieur.
Pas étonnant que le maïeur des députés, Mbenza Thubi ait reconnu que l’homme qui a été écarté du pouvoir depuis 1960 ne pouvait être impliqué ni rendu responsable de la débâcle actuelle déplorée de la RDC. Alors, sacré Gizenga, son heure est bel et bien venue pour opérer le changement attendu de tous les vœux des Congolais.
Extraits.
«Puisqu’il m’a été rapporté que l’intéressé (le mistre fantôme) aurait renoncé aux fonctions ministérielles et qu’il se trouvait en danger, j’ai décidé de procéder aux vérifications d’usage par les services compétents en vue de l’identifier et de lui apporter éventuellement la protection nécessaire» (...).
«Quant à la taille du Gouvernement jugé éléphantesque par certains d’entre vous, je répondrai que ceci est aussi bien lié à une exigence de représentation de la Coalition majoritaire qu’à celle de la charge de travail que j’attends lui imposer. Je signale, par ailleurs, que le caractère budgétivore d’un Gouvernement n’est pas fonction de sa taille car la prédation n’est pas une question de nombre, mais une question de culture. Vos collègues qui ont dirigé récemment la Commission Économique et Financière du Gouvernement savent combien a coûté l’espace 1+4, mensuellement, au budget de l’État alors que la plupart des ministères ne recevaient pas les frais de fonctionnement nécessaire pour faire marcher les services de l’État».
«À propos de la représentativité nationale jugée déséquilibrée par certains députés (...), un Gouvernement n’est pas une institution pour récompenser des provinces, des ethnies ou des clans. C’est une structure étatique où des personnes porteuses de mandat confié par le Peuple à leurs organisations politiques doivent assumer ce mandat et en subir le jugement du Peuple selon le résultat qu’ils auront réalisé. Enfin, le fait de diriger un ministère ne fait de celui-ci la propriété de la province d’origine du ministre titulaire».
ALUNGA MBUWA. |