La Belgique félicite Antoine Gizenga et lui promet le soutien de son gouvernement. Les Etats-Unis promettent de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement congolais. A travers la Conférence des parlementaires des pays des Grands Lacs, l’Afrique soutient également le changement survenu au Congo. Sur qui va se reposer Ngbanda pour mener sa guerre de libération contre la démocratie ? Incapable de se faire élire, à cause de son passé, Ngbanda voudrait ramener le Congo à la case départ. Le gouvernement doit prendre cela au sérieux et mettre le dossier Ngbanda sur la table de coopération avec son pays d’accueil. Le gouvernement doit se comporter en chat échaudé qui craint l’eau froide.
Comme en 1960, le Congo vient de s’engager dans un important tournant de son histoire. Tout le monde est d’avis que l’histoire se répète avec la victoire des nationalistes congolais presque dans tous les scrutins. C’est la preuve que le peuple congolais n’aspire à autre chose qu’à la souveraineté, à l’intégrité territoriale tout cela sur fond d’amour pour le pays et son peuple.
On se souviendra qu’aussitôt après cette victoire, le pays a sombré dans une crise politique à la suite de la crise des institutions. L’ancienne métropole, la Belgique, - cela est prouvé aujourd’hui, - occupe une place importante dans la déstabilisation du jeune Etat. La sécession du Katanga, suivie de celle du Sud-Kasaï, constitue des événements majeurs qui avaient sonné le glas à la jeune démocratie congolaise. La guerre froide, l’impréparation des politiques congolais, l’incapacité pour la Belgique de comprendre que son ancienne colonie puisse devenir un pays avec lequel il fallait désormais traiter d’égal à égal, sont autant de causes favorisantes de cette crise. Ce sont là des valeurs prônées par Patrice Emery Lumumba. Aujourd’hui, cette victoire est encore une fois symbolisée par celui qui était en 1960, l’adjoint de Lumumba. L’histoire va-t-il continuer à se répéter ? En termes clairs, le Congo va-t-il connaître le sort qui était le sien après la victoire de Lumumba en 1960 ?
Aujourd’hui, les conditions sont-elles réunies pour permettre la répétition de l’histoire ? Il est vrai que beaucoup de choses ont littéralement changé. Plus de guerre froide, plus de Belgique qui chercherait à ne voir en la Rd. Congo qu’une colonie en lieu et place d’un partenaire. La preuve, c’est qu’en Belgique, contrairement à ce qu’on craignait, (de voir resurgir le sentiment anti-Lumumba à travers Gizenga), c’est non seulement la compréhension presque parfaite, mais aussi et surtout un souci clair de collaboration dans un partenariat d’Etat souverain en Etat souverain. Dans ce cadre, le Premier ministre du Royaume de Belgique a sincèrement félicité son homologue congolais, à l’occasion de l’investiture de son gouvernement par l’Assemblée nationale samedi 24 février dernier.
A cette occasion, le chef du gouvernement belge a encouragé le premier ministre congolais qui a pris ses fonctions dans une situation très difficile pour son pays. Il a reconnu que la tâche sera ardue parce que les défis à relever sont énormes. Après plusieurs années d’incertitude, les attentes du peuple congolais sont considérables et légitimes. Le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt a en outre assuré Antoine Gizenga du soutien de la Belgique à toutes les forces positives qui s’engagent activement pour la consolidation de la démocratie en Rdc. Il souhaite que tout cela contribue à l’avènement d’une véritable culture de bonne gouvernance pour le démarrage effectif des chantiers de la reconstruction durable de la Rd. Congo.
Même son de cloche du côté de cet autre grand pays occidental dont le rôle dans la crise congolaise de 1960 n’était pas moindre. Il s’agit des Etats-Unis qui ont eux aussi salué l’investiture du gouvernement Gizenga. Le Département d’Etat reconnaît la tenue réussie des élections dans ce pays et en félicite l’ensemble du peuple congolais. « Nous souhaitons travailler vivement en étroite collaboration avec le nouveau gouvernement. Nous renouvelons notre engagement de soutenir les efforts du Congo visant à mener à bonne fin cette transformation historique, à travers le développement politique, économique, dans un climat de paix et de sécurité sur toute l’étendue du pays », a réaffirmé Sean Mc Cornack, porte-parole du Département d’Etat. Au niveau du continent, c’est le même élan de solidarité envers le gouvernement congolais. L’une des manifestations, c’est sans aucun doute la tenue dans la capitale congolaise de la conférence des parlementaires des pays des Grands Lacs dont les travaux se clôturent ce mercredi.
Seul Ngbanda contre tous
Tout cela tranche avec l’attitude de Honoré Ngbanda, ancien conseiller spécial de Mobutu, exilé en France. Cet homme qui doit son sobriquet de « Terminator » aux nombreux actes d’atteinte aux droits de l’homme, estime que le processus électoral qu’a connu dernièrement le Congo n’est pas suffisant. Il faut, estime-t-il changer les choses par un recours aux armes. Il s’engage à mener cette nouvelle guerre. Il promet de n’arriver dans ce pays que pour prendre le pouvoir. En termes clairs, on ne doit pas attendre Honoré Ngbanda venir s’impliquer dans le processus démocratique. Car, les élections lui font peur.
La question que plus d’un se posent, est de savoir avec qui et quels moyens, l’ancien conseiller spécial de Mobutu sera-t-il capable de mener et de réussir cette guerre ? A la question de savoir ce qu’il aura comme arrière base pour sa guerre, il compte sur le changement d’attitudes sur le continent et dans le monde. Au niveau national comme à l’extérieur du pays, Honoré Ngbanda s’engage dans une diplomatie de sape. Comme il est certain de ne pas être écouté, notamment à cause de son passé, Honoré Ngbanda entend faire parler des faits. C’est ainsi que fonctionne déjà la stratégie de grossissement et de déformation systématique des faits et gestes dans le pays.
Compte tenu de la gravité des déclarations qu’il a faites, Honoré Ngbanda voudrait donner l’impression qu’au niveau du pays, il n’a pas d’alliés ni de suppôts. C’est ainsi qu’il dit à qui veut l’entendre qu’il n’est pas avec l’UN, même s’il avait été contacté pour adhérer à cette plate-forme.
Cependant, force est de constater que Honoré Ngbanda s’appuie sur toutes les actions de l’UN et sur les accusations de cette plate-forme pour mener sa diplomatie de sape. Hier c’était la cause de Me Thérèse Landu, arrêtée dans le cadre des événements de l’incendie de la Cour suprême de justice. Il présente cette arrestation comme la preuve que le régime de Kinshasa n’est pas démocratique. Il exploite également les accusations sans preuves de fraude électorale et la corruption devenue le refrain quotidien de l’UN et particulièrement du Mlc. Aujourd’hui, il a fait sien les événements du Bas-Congo. Connaissant l’homme et partant de l’exploitation qu’il fait de ces événements, on peut douter qu’il s’agisse là des faits du hasard.
Battre le fer quand il est encore chaud
Le gouvernement congolais doit prendre cela comme un signal très fort. Honoré Ngbanda est capable de multiplier au pays ce genre d’événements qui lui permettront d’avoir des arguments contre le régime issu des urnes. Il est temps que l’autorité congolaise se comporte en chat échaudé, au point de craindre l’eau froide. Car, on avait vu un Jp Bemba, parti du pays sans même un petit groupe de scouts, revenir au pays à la tête d’une prétendue armée de libération. Il en est de même de Z’Ahidi Ngoma et ses amis du Rcd, parti du pays pour des soins en France, il s’est retrouvé à la tête d’un mouvement rebelle. Le changement des circonstances n’a pas fait de tous les voisins du Congo des amis. Il faut, dans le cadre de la paix voulue comme toile de fond de la refondation du Congo, on mette sur la table le problème de Honoré Ngbanda avec le pays qui l’héberge. La recréation doit se terminer de ce côté.
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