
Pertinent commentaire d’un leader avisé de la classe politique congolaise en la personne de M. Atundu sur les frasques et impairs devenus monnaie courante dans le chef des éléments de la Monuc jusqu’ici couverts par leurs responsables locaux, de quoi remettre en cause l’opportunité même de leur mission.
Il y a quelque jours, AFP agence Française de presse, relayée par RFI, a révèle l’implication voire la complicité de la Monuc dans l’insécurité au Kivu et dans les massacres qui y sont commis.
Car, pour exploiter, en toute tranquillité et en toute illégalité, les richesses minières de cette région tourmentée‚ des fins personnelles, les troupes de la Monuc fournissent, en échange, des renseignements militaires aux troupes de FDLR.
Cette révélation, à la fois troublante pour l’opinion congolaise et embarrassante pour les responsables de la Monuc, est de nature à remettre en cause le fondement moral et le principe même de la poursuite de la coopération avec la Monuc, en tout cas de leur présence au Kivu et en RDC.
La réponse de la Monuc, à travers son porte-parole, est vague et peu rassurante, laissant pantois nombre d’observateurs de la politique congolaise.
En effet, pour toutes parade et explication, le porte-parole s’est contenté de rejeter la responsabilité de la faute au contingent indien d’une part et celle de la sanction aux autorités militaires indiennes d’autre part comme si la Monuc n’avait aucune autorité et donc aucune responsabilité - sur le contingent indien stationné au Kivu.
Il est de notoriété que les troupes de la Monuc sont constituées des contingents issus de plusieurs Etats et donc de plusieurs nationalités.
Il est aussi notoirement connu que ces troupes multinationales sont placées sous la responsabilité et l’autorité de la Monuc qui, conformément au mandat du conseil de sécurité, les affectent en fonction des exigences de sécurité et des opérations de pacification ou de maintien de la paix. Et donc, tout manquement, toute faute de la part d’un membre de la Monuc, quels que soit sa nationalité et son contingent, engage la responsabilité sinon la culpabilité de la Monuc et de sa chaîne de commandement.
Ainsi en a-t-il été, par exemple, lorsque certains sujets de la Monuc se sont illustrés à Kinshasa par l’exploitation sexuelle et par la maltraitance des congolaises. Dans ce cas ci, le scandale de l’exploitation illicite et du commerce illégal est plus révoltant et plus troublant et aggrava par le fait que ce contingent qui était envoyé au Kivu pour combattre ces, pratiques et sécuriser nos populations, agit en complicité avec les troupes rwandaises de FDLR, qu’il à la mission de combattre par ailleurs.
Nos victimes dans cette région - civils et militaires - seraient donc imputables à la Monuc. Ne serait il pas temps de mettre fin à la coopération avec la Monuc, devenue contreproductive, et de penser à faire appel en cette matière, à la coopération bilatérale beaucoup plus efficace et limitée dans le temps, s’inspirant de l’Opération ARTEMIS, menée avec la France. Cette affaire soulève la question de la qualité du personnel et des troupes de la Monuc plus exactement de leur moralité, au regard des scandales de plus en plus nombres qu’ils provoquent en RDC.
Dès lors, les autorités de la république sont fondées à nourrir une suspicion légitime vis-à-vis des troupes de la Monuc, eu égard à leur attitude ambiguë à l’Est et, à cause de leurs intérêts personnels à entretenir l’insécurité, à provoquer des assassinats ciblés, par exemple des journalistes gênants, dans le but de discréditer le pouvoir démocratique, peut être le président Kabila et créer ainsi les conditions de leur Séjour indéfini dans ces zones et de leur présence prolongée en RDC. Le chef de l’Etat avait-il donc raison en disant que ces messieurs de la Monuc ne faisaient rien. Une Organisation, une institution, c’est son chef.
La Monuc, c’est donc M. Swing. Le regard de tout congolais, indistinctement, ne peut que se tourner vers M. Swing, qui a toujours bénéficié de l’appui et de l’estime des autorités congolaises, même quand il n’était pas en odeur de sain tenté au sein de sa hiérarchie à l’ONU.
Cette malheureuse affaire, énième scandale de la Monuc au Congo, donne au peuple Congolais, avide de paix et de démocratie, non sans raison, le sentiment que la Monuc vient de poignarder Joseph Kabila dans le dos. Cet épisode, aussi rocambolesque qu’incroyable, de la coopération Monuc /FDLR contre les populations congolaises et la RDC, rappelle la légende britannique d’un personnage ambigu et ambivalent, capable en même temps du bien et du mal, M. Hyde et Dr. Jerkyll.
La Monuc serait-elle à la fois Dr. Hyde et M. Jerkyll dont l’action dans la société est finalement plus maléfique que bénéfique. Il me revient tout naturellement à l’esprit l’exclamation teintée d’incrédulité lâchée par César lorsqu’il a reconnu son fils Brutus parmi ses assassins « Tuquoque » c’est-à-dire « Toi aussi ».
Ce sentiment disons, cette impression n’est pas loin d’être partagé par l’ensemble du peuple congolais tant la similitude est grande entre le coup de poignard porté par Brutus à son père, César, et le coup que vient de porter la Monuc à la crédibilité du président Kabila, fervent partisan de la coopération avec la Monuc.
Il revient à M. Swing, patron de la Monuc, de poser des actes indiscutables de correction pour se dissocier, lui et sa chaîne de commandement, de ceux que l’on pourrait alors appeler les brebis galeuses de la Monuc.
Car se réfugier derrière la nationalité des coupables, pour dégager la responsabilité de la Monuc et la sienne, n’est pas convaincant ; comme si les composantes de la Monuc agissent au nom de leurs propres Etats. Ce serait alors franchement troublant Actions speak louder han words.
Par André-Alain Atundu Liongo
Président national de la CDR
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