
*Beaucoup de maisons et terrains de l’Etat dans les communes de la Gombe, Ngaliema et Limete ont été spoliés. *Le gouvernement a mis en place une commission pour récupérer ces biens de l’Etat vendus à vil prix. *Les acquéreurs de ces biens, sentant venir le danger, ont commencé à les vendre à d’autres personnes. *Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat appelle les éventuels acheteurs de ces maisons et terrains à la prudence. *Avant d’acheter une maison ou un terrain dans ces communes, il faut aller vérifier au cabinet du ministre si cette maison ou ce terrain n’est pas sous le coup de la récupération par l’Etat. *Ceux qui ignoreront cette précaution jetteront leur argent par la fenêtre et n’auront à s’en prendre qu’à eux-mêmes.
La Rdc a vécu pendant des décennies comme un bien sans maître. Dans cette situation, il était difficile de parler de la protection des biens de l’Etat. C’est ainsi que l’Etat congolais est devenu le ventre mou sur lequel s’acharnaient les spoliateurs de tous bords. Car, ils étaient convaincus que spolier l’Etat c’est ne spolier personne, mais aussi ils ne s’attendaient à aucune sanction. C’est dans ce cadre que de nombreuses maisons et de nombreux terrains appartenant à l’Etat ont changé de main parfois, si pas toujours, à vil prix. A l’allure où la spoliation se faisait, on était en droit de s’attendre à ce que l’Etat devienne locataire dans ce pays. La situation ne devrait plus perdurer. Et le gouvernement Gizenga a fait de la récupération des biens de l’Etat son cheval de bataille. C’est aussi cela la restauration de l’autorité de l’Etat. Une commission de la récupération des biens spoliés a donc été mise en place. Cependant, depuis que la Commission de récupération des immeubles et terrains de l’Etat (Crit) a effectivement démarré ses travaux, une certaine effervescence est constatée dans le domaine de l’immobilier dans la capitale Kinshasa et principalement dans les quartiers résidentiels des communes huppées de la capitale. Dans les communes de la Gombe, de Ngaliema et de Limete particulièrement, des immeubles et des terrains « font à ce jour objet de vente de la part des acquéreurs frauduleux », constate le ministère de l’Urbanisme et Habitat. Suite à cette situation, dit un communiqué signé hier par le ministre Laurent Simon Ikenge Lisambola, toute personne qui serait intéressée par l’achat d’une de ces maisons, est obligée de prendre des précautions, de contacter préalablement le « cabinet du ministère de l’Urbanisme et de l’Habitat pour authentification des documents ayant conduit à l’établissement des titres de propriété aux noms des bénéficiaires ». Cette précaution vaut un précieux conseil que le ministère prodigue à la population. C’est également une façon de protéger les Congolais et les étrangers qui pourraient tomber dans le piège des inciviques. Car, ceux qui avaient mal acquis des maisons et terrains de l’Etat cherchent à s’en débarrasser afin que la récupération frappe ceux qui, de bonne foi, acquièrent ces maisons dans les circonstances présentes. Le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, par ce communiqué, voudrait faire éviter des agréments à ceux qui pourraient acheter ces biens mal acquis. Car, l’Etat, partant du fait que les vendeurs n’auraient pas qualité, n’entend pas faire de quartier aux nouveaux acheteurs.
Une escroquerie
Comme on le voit, c’est une escroquerie que de vendre dans la précipitation une maison ou un terrain que l’on sait avoir été mal acquis et pour lequel le propriétaire attitré a engagé la procédure de récupération. Compte tenu des dégâts que ces ventes pourraient causer chez des honnêtes personnes, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat demande par ailleurs à l’Office notarial de la ville de Kinshasa ainsi qu’aux Conservateurs des Titres immobiliers de s’abstenir de légaliser des actes de vente passés pour des maisons et des terrains qui se trouvent dans les trois communes, sans une préalable consultation avec son ministère. Un homme averti en vaut deux. Il ne servira à rien de courir dans les médias et exhiber des documents afin de se présenter comme des victimes innocentes. A l’heure qu’il est, on doit se mettre en tête que très peu de personnes qui auraient acquis légalement un terrain ou une maison dans ces communes, chercheraient à s’en débarrasser sans raison. Les nouveaux acheteurs doivent connaître ces raisons certes, mais il est plus sûr de s’adresser au ministère de l’Urbanisme et Habitat qui a déjà la liste de toutes les maisons et terrains de l’Etat spoliés par des tiers.
La continuité de l’Etat c’est aussi réparer le tort
Hier, c’est tout le monde qui se plaignait du fait que certains individus s’étaient mis au-dessus de l’Etat au point de se permettre tn comportement qui rappelait la loi de la jungle avec le règne de la raison du plus fort. Maintenant que le gouvernement a décidé de faire régner la loi et l’ordre, il y a lieu que tous les citoyens de ce pays le soutiennent. Le discours du genre « où était le gouvernement quand on vendait ces maisons » est à bannir. Car, il y a un temps pour tout. Il y avait un temps pour piller, le temps de restituer les choses dérobées a sonné. Le gouvernement qui a pris l’engagement de remettre l’Etat dans ses droits n’était pas là. Bien entendu, il y a « le sacro-saint principe de la continuité de l’Etat. Même dans ce cadre, il faut comprendre que l’Etat qui avait donné ou toléré, puisse se reprendre et récupérer les choses qui avaient été mal données. Il est reconnu que la plupart des maisons et terrains spoliés n’avaient pas suivi la procédure légale en la matière. L’Etat n’est pas seulement continuateur des actions des anciens gouvernants, mais aussi il est le garant du respect des lois. A ce titre, il est le redresseur des torts.
Les distraits ne s’en prendront qu’à eux-mêmes
Le ministre tire avec raison les oreilles des éventuels acheteurs, mais cette spoliation n’aurait pas eu l’ampleur qu’elle a aujourd’hui si les conservateurs des titres fonciers avaient effectivement fait leur travail. Il faut reconnaître que c’est un domaine qui compte parmi ceux qui exigent une fermeté exemplaire. Malheureusement, comme ce sont des gens qui « logent » tout le monde, les conservateurs des titres fonciers disposent d’une arme puissante qui met à leurs pieds ceux qui pourraient avoir le pouvoir de les sanctionner. Magistrats, membres du gouvernement, officiers de la police et de l’armée doivent savoir qu’il est temps de se dépouiller du vieil homme en servant avant tout le bien public. Il y va de la renaissance de ce pays. Tout le monde doit apporter son soutien à la commission de récupération et au ministère de l’Urbanisme et Habitat. En ce qui concerne le commun des Congolais, le soutien est total. Ils l’ont démontré par leur approbation de la démolition des maisons construites anarchiquement.
L’Avenir
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