* L’acte posé par le Rwanda au lendemain du séjour du ministre des Affaires étrangères Charles Murigande et après que Paul Kagame ait soutenu la légitimité des revendications du Cndp de Laurent Nkundabatware sent le besoin de s’éloigner d’un mouvement et d’un personnage devenus encombrants * En pole position dans la formation de la nouvelle armée congolaise aux côtés des Sud-Africains, la Belgique qui reçoit Joseph Kabila doit avoir le courage de se prononcer sur le cas du porte-parole de Nkundabatware que l’on dit porteur d’un passeport belge et dont les activités sont connues sur la place d’Anvers dans l’exploitation d’un café-bar ! * Le chef de l’Etat congolais qui débarque aujourd’hui à Bruxelles se présente devant les autorités belges avec un sujet délicat pour ceux de ses interlocuteurs qui veulent faire des apports de la Chine aux 5 Chantiers matière à débat * Les actions préconisées par l’Apareco d’Honoré Nbganda contre son séjour bruxellois prennent un coup sérieux de crédibilité car elles établissent la thèse « Apareco-Cndp : même combat » ! Contre le peuple congolais... * Le Mlc – qui a relayé le discours de l’Apareco pendant la campagne électorale - a désormais tout intérêt à s’éloigner de ce mariage contre nature...
La veille du séjour de Joseph Kabila à Bruxelles, un véritable « tsunami » vient de se produire au Rwanda avec l’arrestation, à Gisenyie, du porte-parole de Laurent Nkundabatware, le « colonel » Patient Mwendanga ! A en croire les sources qui ont livré à « L’Avenir » l’information hier jeudi 20 septembre en début de soirée, le Rwanda est très embarrassé par la situation du fait que le « colonel » Mwendanga est détenteur d’un passeport belge alors qu’il est de nationalité congolaise ! Depuis quand a-t-il ce passeport ? Serait-ce lorsqu’il était membre du Rcd ? Ou plutôt après ? Dans la première éventualité, le parti cher à Me Azarias Ruberwa se retrouve avec un cas de conscience dont il aurait vraiment pu se passer. La fiche de l’intéressé renseigne, en effet, qu’il fut gouverneur Rcd du Sud-Kivu. Il eut pour successeur Xavier Chirimanya que certaines sources impliquent dans des massacres perpétrés dans cette partie de la République sous l’administration du mouvement rebelle. L’embarras de Kigali tient du fait de ne savoir en définitive où rapatrier ce personnage encombrant. Est-ce à Bruxelles qui sera alors obligée de justifier autant aux autorités congolaises qu’à la Communauté internationale comment un sujet belge anime-t-il un mouvement insurrectionnel en RDC sans être inquiété ni par les autorités politiques, ni par les autorités belges alors que son implication dans des crimes contre l’humanité étant évidente, Mwendanga devrait se voir appliquer le principe de l’universalité du droit belge à l’encontre des génocidaires ? Va-t-il plutôt être livré à la RDC, son pays d’origine, pour qu’il réponde des mêmes crimes ? Nos sources y trouvent la raison principale pour laquelle Kigali évite d’ébruiter l’affaire, pourtant connue depuis hier de tous les milieux diplomatiques occidentaux. Au moment où il séjourne en Belgique, le chef de l’Etat congolais ne peut pas ne pas exiger des autorités belges la clarification du cas Mwandanga qui est tout de même plus grave que nos relations avec la Chine, relations pour lesquelles on s’agiterait un peu trop en Occident alors que le cas de ce porte-parole du Cndp se singularise par la perpétration des crimes contre l’humanité.
« Apareco-Cndp = même combat »
Dans le même contexte, les initiatives contestataires de l’Opposition congolaise en Belgique, dont s’attribue l’Apareco d’Honoré Ngbanda, prennent un coup sérieux de crédibilité. En effet, outre l’affaire Bemba, ces initiatives prennent ont pour prétexte l’insécurité qui prévaut à l’Est avec pour responsable affiché le fameux général déchu Laurent Nkundabatware. Seulement voilà : le même Nkundabatware est aujourd’hui au cœur du scandale des fosses communes découvertes par la Monuc. Or, dans la terminologie rwandaise créditée auprès de la communauté internationale, qui dit fosses communes dit en définitive génocide ! Cela signifie concrètement que le Cndp de Nkundabatware doit avoir commis dans les territoires qu’il occupe un crime contre l’humanité évident. Il va sans dire que le Rwanda, pour avoir procédé à l’arrestation du porte-parole de Laurent Nkundabatware seulement après découverte de ces fosses communes, a pris la résolution de s’éloigner d’un filleul devenu encombrant. On se souviendra qu’il y a de cela une dizaine de jours, Paul Kagame soutenait la légitimité des revendications du Cndp et préconisait même des négociations directes entre le Pouvoir central et ce mouvement rebelle, initiative reprise du reste par le Conseil de sécurité de l’Onu, certainement mal conseillé par des personnages comme Ngbanda. Aussi, toutes les actions de cet homme pour saboter le séjour de Joseph Kabila à Bruxelles épousent-elles directement la cause de Nkundabatware, si bien que l’on peut maintenant avancer la thèse « Apareco-Cndp = même combat » ! Et puisque l’Apareco a toujours été du côté de Bemba, il y a bien le risque d’étendre cette thèse à la déduction « Apareco-Cndp-Mlc : même combat » ! C’est sûr qu’au Mlc, personne n’en voudra ; ce qui laisse supposer qu’on y va vers une nouvelle crise. Dans tous les cas, le Rwanda – qui veut désormais rassurer la RDC de ses bonnes dispositions à l’égard du Pouvoir congolais après le séjour à Kinshasa de Charles Murigande, son ministre des Affaires étrangères et la tripartite de Kampala – pose au travers de l’arrestation de Patient Mwendanga un acte courageux. Il ne reste alors qu’aux pays et aux organisations internationales qu’il a entraînés dans sa logique erronée – très embarrassés par la tournure des événements - d’en tirer, eux aussi, toutes les conséquences.
Omer Nsongo die Lema
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