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CONGO MON AMOUR
mardi 11 mars 2008, a 22:11
le phénomène Bundu dia Kongo ou encore celui de Nkunda, c’est un déni de la démocratie dans le chef de leurs auteurs
 


 

Dans cette interview , M. Atundu Liongo président de la Convention de la démocratie pour la République (Cdr) donne son appréciation sur le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo et, en filigrane il effleure le Cndp de Laurent Nkundabatware qui, à son avis ont tous deux un dénominateur commun. Ce politicien congolais attaque en plus la rumeur malveillante qui avait circulé dans la ville de Kinshasa sur la santé du chef de l'Etat…

 

L'Avenir : En tant qu'acteur politique, quelle lecture faites-vous de la situation politique actuelle marquée essentiellement par la persistance de l'insécurité à l'est malgré la conférence de Goma et la résurgence des troubles à l'ouest avec le phénomène Bundu dia Kongo ?

 

Atundu Liongo : La situation à Goma est différente de la situation au Bas-Congo même si les deux participent à l'insécurité dans le pays. Mais d'une façon générale, nous pouvons dire que ce sont des mouvements de résistance à l'effort du chef de l'Etat pour pacifier complètement notre pays afin que toutes les provinces bénéficient de cinq chantiers en même temps.

Pour Goma, c'est essentiellement la pression de certains Etats voisins, du Rwanda pour ne pas le citer, sur le président de la République. Je ne sais d'ailleurs pas pour quelle raison. Sans le Rwanda, il est évident que le phénomène Nkunda et une grande partie de l'insécurité seraient éliminés. Quant au phénomène Bundu dia kongo, il s'agit d'un problème interne qui procède de la lutte pour le leadership dans le Bas-Congo par les adeptes de Bundu dia Kongo à travers le chef, l'honorable Nsemi. Le gouvernement, par le ministre d'Etat à l'Intérieur, a pris des mesures conservatoires nécessaires pour rétablir l'autorité de l'Etat. Quant au président de la République d'assurer le dialogue républicain nécessaire. Mais à priori ; que ce soit le phénomène Bundu dia Kongo ou encore celui de Nkunda, c'est un déni de la démocratie dans le chef de leurs auteurs dans la mesure où notre régime actuel a mis en place les structures et les instruments de dialogue et contestation démocratiques qu'ils n'ont pas utilisés et épuisés avant de se rebeller. Et donc, devant les actes de violence des uns et des autres, le gouvernement ne pouvait que dans sa mission constitutionnelle et légitime d'ailleurs, que faire barrage à ces deux mouvements. Malheureusement, la conséquence est qu'il y a beaucoup de morts. Aujourd'hui, j'ai entendu certains acteurs politiques dire que la réaction est disproportionnée et non. Le gouvernement est en situation de légitime défense contre ces forces négatives pour protéger la population. Donc, lorsqu'on tue gratuitement les populations, lorsqu'on brûle les citoyens, lorsqu'on empêche aux Congolais de circuler dans leur propre pays, le gouvernement se doit de mener une action dissuasive et chirurgicale. C'est ce qui explique la présence du ministre Dénis Kalume sur tous les fronts pour sécuriser et rassurer les populations civiles.

 

L'Av. : Lorsque Bundu dia Kongo prône la restauration du royaume Kongo, voyez-vous de l'illumination ou êtes-vous convaincu du sérieux de la revendication ?

 

A. L : Je pense que c'est une démarche dangereuse. Je dirais même, un dérapage de la démocratie. Notre pays a déjà fort à faire. Pour avoir une république normale et nous entendre entre nous, ce n'est pas le moment de nous opposer à nos frères Gabonais, Angolais ou Congolais de Brazzaville par des propos subversifs d'un autre âge. Je crois que ce n'est pas bien réfléchi comme initiative politique, de toutes les façons, de telles prétentions ne pourraient raisonnablement aboutir.

 

L'Av : Gizenga, c'est déjà une année. S'il vous était demandé de dresser le bilan ?

 

 

A. L : Je pense que les ministres sont bien placés pour ce faire dans leurs secteurs respectifs. Je pourrais cependant m'appesantir sur ce qui nous intéresse, nous, hommes politiques, d'une façon générale, à savoir l'effort de sécurité, une certaine maîtrise des événements politiques. On ne le souligne pas assez. Le premier ministre Gizenga joue un rôle fondamental dans notre pays. C'est leur insuffler la sagesse de son âge dans la gestion du pays. Si on doit le comparer à Mandela, je vous dirais que pendant son mandat Mandela n'a pas en réalité gouverné. Il a régné, mais grâce à sa présence, il a rassuré les Noirs et les Blancs. Ici chez nous c'est à peu près pareil. C'est que l'on demande, ce que moi personnellement j'attends du premier ministre Gizenga et qu'il a rempli est qu'il puisse insuffler la sagesse dans l'approche des problèmes ; je suis sûr que s'il n'était pas là, il y aurait eu plus de crises et des crises beaucoup plus violentes au sein du gouvernement et dans les rapports avec les provinces. Aujourd'hui, grâce au respect dû à son âge aucun acteur politique n'ose entreprendre des actions intempestives et irréfléchies dans les institutions ou en dehors contre lui.

 

L'Av. : Beaucoup sont ceux qui soutiennent que c'est un gouvernement à coquille vide, qui administre mais ne gouverne pas. Qu'en pensez- vous ?

 

A. L : Ce sont des propos rhétoriques. Aujourd'hui lorsque le ministre Dénis Kalume descend dans le Bas-Congo, rétablit les symboles de l'Etat, ce n'est pas une coquille vide. Quand le gouvernement prend l'initiative d'organiser la conférence de Goma et il en sort des actes concrets, ce n'est pas une coquille vide. Quand le gouvernement à travers le gouverneur du Katanga remet l'autorité de l'Etat en empêchant la séquestration d'un ministre, ce n'est pas une coquille vide. Il ne faut pas être impatient. Car, la détérioration est profonde et générale. Cette première année a servi à poser des actes fondamentaux sans lesquels la sécurité et les cinq chantiers n'auraient été que des slogans. Sans les efforts du ministre du Plan, on gouvernerait sans visibilité ; il faudrait aussi être attentif aux efforts de communications fournis, notamment par le site de cinq chantiers qui essaient de dire, de montrer aux leaders d'opinions, ceux qui ont accès au site, ce que le gouvernement fait, ce que le chef de l'Etat fait, ce que chacun fait pour l'amélioration de la situation générale du pays.

 

L'Av : La rumeur sur la mort du chef de l'Etat continue malheureusement a s'alimenter dans beaucoup de coins de la capitale. D'après vous, quelles stratégies qu'il faut pour mettre fin ?

 

A. L : Pour moi ce n'est pas une rumeur. C'est une opération montée par les professionnels à partir de deux actions ; l'intoxication et la désinformation. L'intoxication pour semer le trouble dans l'opinion et la désinformation pour semer le doute, conséquence, la rumeur va persister quelles que soient les preuves administrées parce que c'est un scénario prévu. Si pour démentir, on présente les photos, ils vont dire que ce sont des anciennes photos ou des anciennes images et ainsi de suite. Donc c'est une opération montée par les professionnels. Je crois que le chef de l'Etat a adopté la meilleure stratégie, c'est de laisser faire. Il ne doit faire leur jeu. Il doit faire son travail. Donc je crois que comme on dit le chien aboie, la caravane passe. Il faut travailler pendant que les autres veulent le distraire. C'est une opération de déstabilisation contre la république parce que si on parvient à déstabiliser le chef de l'Etat plus rien ne peut marcher. Ni au gouvernement ni dans le pays alors je me demande si ce sont des personnes qui aiment notre pays. En conclusion, je pense qu'il n'est pas exagéré de dire que c'est l'œuvre des fossoyeurs de la démocratie et de l'effort du développement de notre pays.

 

L'Av : Vous êtes à la tête d'un parti politique. Pouvons- nous en connaitre l'état de santé ? Vraisemblablement, depuis l'adhésion à la majorité présidentielle, plus rien n'y va. On ne l'entend plus…

 

A. L : C'est vrai que depuis les élections, nous nous sommes faits assez discrets pour des raisons stratégiques. Nous observons. Nous évitons de nous agiter inutilement. Nous sommes en train d'observer pour adopter la méthodologie qu'il faut par rapport à nos modestes moyens, par rapport à notre présence modeste dans les institutions. Nous avons un député dans l'assemblée provinciale de l'Equateur et pas plus tard qu'hier, il y a eu une réunion pour voir dans quelle mesure nous pourrions avoir quelques prétentions lors des élections locales et municipales prochaines. Mais, je peux vous rassurer que le parti est bien présent dans l'Equateur, notamment dans le district de la Mongala , dans les Kivus ; à Bukavu et à Goma. Le parti est bien présent ici à Kinshasa, notamment au Camps Luka et se porte normalement. Nous regrettons cependant le fait que nous ne sentons pas la synergie des autres partis de l'Amp à travers des actions combinées, par exemple dans cette histoire de rumeur. C'est à nous les partis, membres de l'Amp de nous réunir pour adopter une stratégie concertée. Dans cet ordre d'idées, nous pourrions mener à travers tous le pays des actions de masse et de soutien envers le chef de l'Etat. C'est ce que l'on peut faire. Normalement c'est tout l'Amp qui devrait se réunir et que chacun ait une mission auprès de sa base. Il faut ici apprécier les efforts du secrétaire général du Pprd, mais tout seul, c'est comme une goutte dans l'eau. C'est donc une réflexion que je soumets au secrétaire exécutif MM. Katumba, Koyagialo, Kanbinga, à la direction de l'Amp. Il ne faudrait pas que l'institution Amp considère que le problème du chef de l'Etat ne concerne que les décideurs de l'Amp ou qu'un parti. Le problème de la sécurité du chef de l'Etat, c'est notre problème à nous tous de l'Amp et même d'ailleurs au-delà.

 

L'Av : Nous sommes arrivés à la fin de notre entretien. Qu'auriez-vous à ajouter ?

 

A. L : Moi je voudrais conclure en demandant au peuple congolais de ne pas se laisser distraire. Les cinq chantiers sont une tâche difficile à exécuter mais qui démarre. Il faudrait par exemple que le Bas-Congo qui est une région connue pour ses vertus de tolérance trouve les moyens de donner une suite plausible aux revendications, si revendication il y a en demandant aux adeptes de Bundu dia Kongo d'être tolérants, de respecter les engagements que toute la nation a pris dans le cadre de la constitution, d'utiliser les instruments démocratiques républicains de dialogue, de recherche des solutions, bref, de vivre avec leur temps. En recourant à la force, je ne sais pas quelle solution ils ont amené. Ils augmentent la désolation chez nous. Je demanderais aussi aux autres parties de la république, qui chacune a ses problèmes de ne pas suivre la voie de la violence. Chaque province a ses problèmes, si le dialogue est la voie nécessaire il faudrait que les institutions républicaines comme les assemblées provinciales puissent être une source, une structure de recherche des solutions permanentes ; parce que je considère qu'organiser une table ronde pour le Bas- Congo et dans d'autres parties si nécessaire, c'est un peu avouer, consacrer l'échec des autorités provinciales. La voie de la démocratie n'est pas la seule mais à ces jours, c'est la meilleure, disons la moins mauvaise.

Dans le cadre de la démocratie, nous devrons tous participer à la restauration de l'autorité de l'Etat et d'un Etat de droit en favorisant la communication, la circulation des personnes et de leurs biens pour laisser au gouvernement et au président de la République le temps et les moyens de s'occuper adéquatement des mouvements sociaux qui éclatent de plus en plus dans tous les secteurs. Car, quelle que soit la détermination du chef de l'Etat, il ne peut réaliser les cinq chantiers immédiatement et complètement, surtout si certains se transforment en spectateurs.

 

Propos recueillis par Yassa

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Commentaires
#1
johnny voza zola écrit le dimanche 27 avril 2008, A 17:55
Le peuple congolais doit comprendre une chose, aussi longtemps il n'y aura pas d'equite en RDC, les leaders des provinces vont toujours se soulever au nom de leurs provinces.

Pour ce qui concerne le Bas congo, il faut d'abord le prendre comme un citoyen Mukongo, mais non comme un Bundu dia kongo.

Son ideologie de Bundu dia kongo n'engage pas tous les Bakongo mais sa demarche aide le Bas congo d'aller en avant. Aucune personne ne pourra accepter quelqu'un du dehors de venir diriger sa maison.

Moi etant mukongo je soutiens les demarches de Ne Mwana pour les companies du bas congo puissent etre diriger par les Bakongo

D'ou Kabila doit laisser les Bakongo de diriger leurs province conformement a un federalisme democratique.

Human right Activist
Johnny Voza Zola
#2
WY écrit le lundi 28 avril 2008, A 14:31
C'est bien de défendre cette philosophie que je trouve y compris votre raisonnement très attardés et rétrogrades
Pour un activiste de droit de l'homme soutenir l'idée de la préférence de l'identité provinciale en ce qui concerne le travail est déplorable;Le congolais doit se sentir libre partout en RDC .C'est cela l'équité.Nous devons nous garder de jugement passionné qui peut nous conduire à des dérives.L'histoire est là aussi pour nous le rappeller alors prudence, prudence.ROME ne s'est pas construit en un seul jour dit-on.
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