Cher Monsieur Nathan,
Votre mail du lundi 17mars 2008 attire mon attention pour les trois faits suivants :
- primo, vous le signez par le qualificatif « Un Congolais affranchi ». Première observation : vous refusez de vous assumez pendant que les personnes que vous mettez en exergue, en l'occurrence M. Ramazani et M. Ngbanda, sont des gens bien identifiés et bien identifiables, responsables de leurs faits et gestes.
- secundo, vous me conseillez de ne pas passer ma vie à suivre les faits et gestes de M. Ngbanda puisque, selon vos propos, je perds mon temps.
- tertio : sans vous reconnaître de l'Apareco, vous estimez qu'en toute honnêteté, la RDC « ne mérite pas d'avoir un Président parachuté et incompétent comme ‘Joseph Kabila' » ; le nom du chef de l'Etat étant mis entre guillemets.
Cher Monsieur Nathan,
Il est de ces petits gestes qui en disent long que les grands.
Ainsi, le petit geste de mettre entre guillemets le nom du Président de la République trahit, à dire vrai, votre adhésion à l'Apareco d'Honoré Ngbanda, promoteur du discours de congolité.
Ce discours, fondé au départ sur la contestation de la nationalité congolaise du chef de l'Etat, développe maintenant la thèse fondée sur l'intelligence et la compétence.
C'est bien la preuve qu'ayant pris conscience des limites de la congolité, le promoteur Ngbanda a besoin de nouveaux prétextes pour poursuivre son combat perdu. Autrement, pour avoir conseillé le maréchal Mobutu, il devrait savoir quels critères applique-t-on en politique pour déterminer la compétence ou l'incompétence, l'intelligence ou l'inintelligence d'un chef d'Etat !
Serait-ce lorsque les choses marchent dans un pays donné que forcement le chef de l'Etat est intelligent et compétent, et dès qu'apparaissent les premières difficultés, il cesse d'office d'être l'un et l'autre ?
Puisque tel est son critérium, Honoré Ngbanda peut-il se permettre de dire aujourd'hui de Nicolas Sarkozy, en baisse dans les sondages, qu'il est de moins en moins intelligent, de moins en moins compétent ? Que Georges Bush, à la tête des Etats-Unis secoués par la récession, est lui aussi de moins en moins intelligent, de moins en moins compétent ? Que Thabo Mbeki, battu au dernier congrès de l'Anc, a cessé d'être intelligent et compétent ?
Avec un tel critérium, Honoré Ngbanda laisse donc entendre que Mobutu, qui aura conduit le Congo là où il a l'a conduit de 1965 à 1997, n'aura été ni intelligent, ni compétent !
Les Mobutistes et la famille biologique Mobutu apprécieront.
Non, cher « Congolais affranchi ».
Joseph Kabila, dont vous mettez les noms entre guillemets, entre dans les annales du Congo comme l'homme par qui le Dialogue intercongolais aura permis la fin de la guerre de 1998, la gestion d'une transition ouverte à toutes les forces politiques et sociales et l'avènement d'un processus électoral démocratique ayant le mérite de n'avoir exclu personne ; les non-participants – comme Honoré Ngbanda – ayant opté librement pour l'autoexclusion.
Grâce à ce processus, plus de 99,99 % d'acteurs politiques actifs au cours de ces 48 ans d'Indépendance sont actuellement aux affaires ; les uns au sein du Pouvoir, les autres de l'Opposition ; un Pouvoir et une Opposition issus tous les deux des urnes.
Il faut être foncièrement un esprit mauvais pour ne pas l'admettre.
Je note même, à votre attention, qu'un non participant (le parti Udps pour ne pas le citer), a dernièrement fait des recommandations pertinentes au Gouvernement par rapport aux travaux de la Conférence de Goma ; preuve – si besoin est – qu'il a fini par reconnaître les institutions en place.
On peut donc tout dire, une chose est au moins vraie : c'est sous Joseph Kabila que la démocratie est en train de faire ses premiers pas. Pour la première fois depuis le 14 septembre 1960.
Si vous n'admettez pas cette évidence, c'est que vous refusez de voir la vérité triompher.
Yvon RAMAZANI
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