Auteur de l'ouvrage < Pourquoi j'ai choisi Kabila ? >, Vital Kamerhe vient d'user de son devoir d'ingratitude
en engageant un bras de fer avec son parti et sa famille politique dont
l'initiateur attitré – il l'a toujours proclamé - est Joseph Kabila, le
Président de la République.
Dans
cet ouvrage – dont la relecture est maintenant vivement recommandée –
le président de l'Assemblée nationale relate le contexte de ses deux
premiers contacts avec le futur chef de l'Etat. D'abord à l'aéroport de
Ndjili, en pleine guerre du 2 août 1998, lors de la prise manquée de
Kinshasa par un Rcd porté à bout de bras par le Rwanda. Ensuite à la
Cité de l'Union africaine, après que le lieutenant-général Didier
Etumba, alors général, l'eût amené en janvier 2001.
Quel aura été alors le parcours de Vital Kamerhe, depuis la dernière rencontre ?
Joseph Kabila l'avait fait le délégué au Dialogue intercongolais, pour le compte de la composante < Gouvernement >.
Joseph Kabila l'avait fait ministre de l'Information et Médias dans le premier Gouvernement <1+ 4 >.
Joseph Kabila l'avait fait secrétaire général du Pprd.
Joseph Kabila l'a fait < directeur visible > de sa campagne électorale.
Joseph Kabila l'a fait candidat à la députation nationale.
Joseph
Kabila l'a fait président de l'Assemblée nationale alors qu'il aspirait
devenir Premier ministre avant l'avènement de l'Amp en juin 2006.
Pour
la petite histoire, ambitionnant d'investir la primature avec Joseph
Kabila chef d'Etat (le partage de l'Exécutif entre l'Est et l'Ouest
importait peu à ses yeux), Vital Kamerhe n'avait pas voulu de la mise
sur pied d'une coalition élargie aux autres forces politiques et
sociales, estimant le Pprd suffisamment outillé pour remporter les
élections présidentielle et législatives nationales au 1er tour ! D'où l'ébruitement de toutes les stratégies qui se peaufinaient à Procoki pour cette coalition.
Dieu
merci : Kabila ne l'avait pas suivi dans ce schéma. D'ailleurs, lors de
la sortie de l'Amp, il avait revendiqué l'initiative de l'ouverture du
Pprd aux forces extérieures.
Pour
peu donc qu'il ait été homme d'honneur, Vital Kamerhe devrait se gêner
de briguer un mandat soutenu par la coalition Amp-Palu-Udémo dont il
n'avait pas voulu la création.
Pourtant,
il a osé réclamer le poste de président de l'Assemblée nationale ; la
primature ayant été cédée au Palu en prévision du Second tour.
C'est encore Joseph Kabila qui va lui donner le poste disputé avec Tshiongo.
Mais,
il a continué d'exiger le poste de Premier ministre. Notamment en se
portant candidat à la succession d'Antoine Gizenga en septembre 2008 !
On
se souvient de la sortie < médiatique > de quelques députés
nationaux originaires de l'Est qui ont soutenu la thèse, saugrenue,
d'une primature revenant à un ressortissant l'Est, sous prétexte que
seul un oriental maîtrise mieux les enjeux de la guerre !
C'est
bien la preuve – si besoin est – que Vital Kamerhe ne se sentait pas ou
plus à l'aise au perchoir de l'Assemblée nationale et qu'il
ambitionnait de changer d'institution.
Serait-ce là l'origine de sa fronde ?
Qu'il
en soit ainsi ou non, la vérité qui importe d'être soulignée
aujourd'hui est la suivante : c'est par Joseph Kabila que Vital Kamerhe
est devenu l'acteur politique majeur qu'il est devenu.
Avec la crise actuelle, il vient d'user de son devoir d'ingratitude.
Dès lors, la bienséance plaide pour sa démission.
On n'a pas à redouter le déluge.
Au
demeurant, tous ceux qui brandissent la menace du déluge résultant de
leur déchéance finissent de la même manière : ils ne remontent jamais à
la surface !
Notre correspondant : NDL
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