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CONGO MON AMOUR
samedi 29 décembre 2007, a 00:50
RDC : 2008 une année de tous les espoirs pour le peuple
 

 
Les scripteurs des événements qui jalonnent le parcours de l'humanité retiendront de l'année 2007 en République démocratique du Congo quelques faits majeurs, notamment la détermination du Président Joseph Kabila à pacifier de manière durable, la partie Est du pays, en proie à l'insécurité due à la guerre de Nkunda et aux actions de divers groupes armés. Tout en maintenant la pression militaire sur les insurgés, le Président de la République vient en effet d'initier une conférence pour la paix, la sécurité et le développement dans le Nord et Sud-Kivu, dont l'ouverture est prévue, le 06 janvier 2008 à Goma. Cette initiative, bien accueillie par le peuple congolais, confirme l'adage selon lequel « même en cas de victoire militaire, la consolidation de la paix se fait toujours autour d'une table ».

Les mêmes scripteurs des événements s'arrêteront, en outre, sur un constat : les initiatives diplomatiques prises par la RDC pour prévenir des conflits, ou régler ceux déjà ouverts. Ces initiatives ont jeté les bases d'une solution pacifique du litige frontalier avec l'Ouganda autour de l'île Rukwanzi et de la controverse sur le tracé de la frontière entre l'Angola et la RDC aux abords du territoire de Kahemba.

Ces actions diplomatiques procèdent de la conviction que la RDC doit assumer le leadership dans la quête d'une solution durable aux différentes crises. Ce leadership s'exerce déjà effectivement aujourd'hui, comme en témoigne l'adoption, par les partenaires internationaux du plan mis au point par la RDC et qui sert dorénavant d'unique feuille de route pour la résolution de la crise créée par la présence des groupes armés incontrôlés dans l'Est du pays.

L'année 2007 a aussi vu la République Démocratique du Congo consolider les acquis de la stabilité macroéconomique sous l'œil vigilant du Fonds monétaire international (FMI) qui croit désormais en la capacité de Kinshasa d'accéder au point d'achèvement de l'initiative PPTE (Pays pauvres très endettés), avec comme toile de fond l'effacement de la dette congolaise à plus de 90 %.

A la fois tempête de sable et mer tranquille, 2007 laisse sur le cadran de l'histoire la trace d'espoirs constamment crucifiés par le nombrilisme du personnel politique auquel s'offre, cette année, la chance d'accorder enfin ses professions de foi aux vraies aspirations du peuple souverain.

En effet, profondément attaché à l'humanisme et soucieux de la dignité du peuple, le Chef de l'Etat a, dans son discours sur l'état de la nation le 6 décembre 2007 devant le parlement réuni en congrès, conforté les Congolais quant à leur avenir qu'il voit sous de meilleurs auspices.

Selon le Président de la République, l'année 2008 qui commence, augure des lendemains meilleurs pour le peuple congolais. La voie pour mette en œuvre et réussir le programme de reconstruction nationale est désormais balisée. « Notre pays se trouve à un virage déterminant de son histoire », a affirmé le Chef de l'Etat, convaincu que, « Unis comme un seul homme », les Congolais changeront ce pays et mettront fin à la pauvreté.

Ainsi en 2008, le Congo doit bannir sur son parcours « l'indiscipline et le cauchemar d'échec ».

Le peuple congolais est interpellé dans sa conscience pour qu'il se prenne en charge face aux phénomènes dévastateurs que sont la corruption, la dépravation des mœurs, le défaitisme et le scepticisme. Il faut donc que l'année 2008 soit celle de tous les espoirs et qu'elle s'ouvre sur de meilleures perspectives, tant il est vrai que le passé instruit le présent et nourrit l'avenir.

ACP

mardi 25 décembre 2007, a 10:05
Ngbanda : L'homme qui a tout raté souhaite les voeux au Peuple Congolais
 

Ngbanda se croit etre le centre de la RDC. Il croit que le train de vie des congolais depend de ses instincs fantasmiques selon qu' il est pour ou contre la democratie, le bien-etre... au Congo!
Qu' est ce que ce Monsieur n' a pas fait hier pour noyauter ,arme a la main ,toutes les veilletes democartiques dans notre pays sous son idol de Mobutu...
Aujourd' hui puisque c' est lui qui se sent une mission " salavatrice" de liberer le Congo, il pense normale et sans rire que tout le monde se rallie a sa cause ausi mitigee soit-elle! Regardez comment leurs folies d' autrefois nous ont contraint a l' opprobe...Pauvre Congo d'hier et d'aujourd'hui ! Pauvres de nous! 
Un Ngbanda "national" qui a fait autant du mal que les autres, qui est plus condamnable, con et traitre...???.  Ngbanda Zambo Ko Atumba est entrain de rater sa vie, à force de tout rater !, il  passe les fêtes loin de la RDC et pour longtemps.
 Je pense que Le Terminator doit ..................................
 
Meilleurs voeux
 
Yvon RAMAZANI

 

Parce qu'il a tout raté, Honoré Ngbanda serait au bord du suicide…

L'échec de l'ancien conseiller de Mobutu et éminence grise aujourd'hui désespéré dans ses actions de torpillage du processus de démocratisation en Rdc sonne le glas de ses funestes desseins au point de le conduire à sa propre perte.
 
Le farouche exilé congolais Honoré Ngbanda est-il au bout du rouleau pour avoir effectivement tout raté dans ses entreprises de torpillage du processus de démocratisation dont il n'a jamais voulu entendre déjà au plus fort de sa puissance aux côtés de feu maréchal Mobutu ? Comment ne pas le croire aujourd'hui que cette démocratisation du pays se réalise effectivement sous la houlette du président Joseph Kabila ?

En effet, après avoir fait rater une fin digne au maréchal Mobutu tout en ratant  lui-même de s'imposer comme son successeur, Honoré Ngbanda avait tricoté, dans la précipitation, et étalé, sans scrupule, un rouleau des mensonges qui lui donnaient le beau rôle dans le régime dont il nie aujourd'hui sa responsabilité personnelle dans la radicalisation dictatoriale et la chute aux enfers de notre pays que l'UCDP continue à combattre!

Rater d'être un bon pasteur !
 Il a vraiment tout  raté « frère » Honoré ! Après avoir porté l'habit de « pasteur » fondateur de l'église  Amor Dei (Amour de Dieu) à Kinshasa qui lui servait d'antre de toutes ses turpitudes criminelles dont les fameuses « hirondelles » du triste souvenir.

Ngbanda Zambo ko Atumba, dans son exil forcé,  s'était ensuite mué en une sorte de « messie » dont les apôtres ne sont autres que des prétendus « pasteurs » réputés dans la pratique saugrenue de l'usage abusif de la parole de Dieu pour intimider et dépouiller les pauvres fidèles. Ces « apôtres » de Ngbanda lui servant de caisse de  résonance diffusent la haine et l'intolérance : une  prévarication qui n'a d'explication que l'envoûtement diabolique.

Rater de faire carrière en politique
Il a tout raté, le pauvre Honoré Ngbanda ! Lui qui se nourrissait d'illusions de conquérir le pouvoir par tous les moyens, jusqu'à faire du mensonge systématique son fond de commerce pour charmer et tromper les Congolais. Tenez ! Il y a quand même quelque chose qu'il n'a pas raté, c'est d'envoûter les jeunes Congolais à l'étranger, notamment parmi les sans-papier qu'il continue à gaver de ses illusions en leur faisant croire que,  moyennant quelqu'émolument sonnant et trébuchant (monnaie), il leur garantit l'acquisition de statut de réfugié sous couvert de son label controversé Apareco! Faux espoir, il aurait lui-même raté ce petit statut tant convoité qui a fait faire et fait dire n'importe quoi aux demandeurs!

Il a tout raté le surnommé Terminator  pour avoir fait « égorger » et disparaître des opposants politiques quand il était aux affaires. En fait, acculé et déshabillé aujourd'hui, Ngbanda, par réflexe  de survie,  a plongé dans le délire total, produisant des révélations déjantées jusqu'au message « d'outre-tombe », en se faisant passer pour Eric Lenge! Il a instrumentalisé, sans pudeur, son parent, le pauvre cardinal Etshou, en lui fabriquant des faux résultats des élections et un pseudo-testament ! Son délire a contaminé même des personnes apparemment réfléchies qui se comportent comme des abrutis fous furieux, incapables de prendre le moindre recul sur les événements.

Rater  son « I had a dream »
Il a tout raté Honoré qui ne sait plus à quel diable se vouer ! Il a raté de porter Bemba à la magistrature suprême, échec qui a fait rater son « I had a dream » où il a rêvé de son retour triomphal dans un hélicoptère le déposant sur le Boulevard du 30 juin à Kinshasa entouré de milliers de ses partisans criant « Ngbanda Président » !

Il a rêvé de sa marche triomphale vers le pouvoir, au mieux : comme ministre de la Défense de Bemba, faute d'avoir arraché le gros lot. Pauvre de lui !

Rater d'installer le chaos
Il a tout raté, l'ancien conseiller spécial du maréchal Mobutu, aujourd'hui  au chômage ! Savez-vous que pour dissiper l'ennui qui le taraude dans son exil, il passe son temps à refaire le monde à partir d'événements mineurs, en tournant en dérision l'essentiel, en célébrant la vacuité, en dramatisant avec gravité le clownesque, en se bornant à susciter et à entretenir l'indignation, tout en banalisant le futile !

Il a ainsi raté de faire rater les élections générales, il a raté de faire rater  au peuple congolais l'accomplissement du devoir citoyen, salutaire pour éviter la RDCongo de plonger dans le chaos !

Le chaos ? Honoré Ngbanda l'attend de pied ferme. Il est aux aguets pour décrocher  ne fusse qu'un  souffle de chaos pour mobiliser ses adeptes qui le quittent, lassés par des fausses promesses et des ratées successives. Il guette le moindre incident même insignifiant entre Joseph Kabila et le patriarche Gizenga pour en faire des'' révélations''. Il rase les murs en quête de mauvaises rumeurs du pays pour alimenter ses délires mensongers.

Rater de se suicider ?
Il a tout raté, « Vieux Ghaou – asila na ye », tel que le surnomment ses jeunes partisans qui l'ont laissé tomber ! Si Ngbanda a raté l'occasion de garder son passeport diplomatique togolais lui réclamé par les autorités togolaises, il n'a pas fini de voir resurgir les fantômes de ses victimes qui attendent que justice leur soit rendue ! Poursuivi probablement par la malédiction pour avoir trahi celui qui l'avait fabriqué, Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu Wazabanga, Ngbanda Zambo Ko Atumba est entrain de rater sa vie, à force de tout rater !,
Source : Info UCDP

lundi 24 décembre 2007, a 11:31
Goma : L’heure de toutes les vérités !
 

 

* La condition de succès de la Conférence est connue : se dire la vérité. Mieux, des vérités, de sorte qu'à son issue, on réussisse les trois objectifs suivants : remettre chacun à sa place, mettre fin à la manipulation et instaurer un véritable climat de paix qui soit durable… * Ces assises doivent être ouvertes à toutes les forces politiques et sociales. Tout doit y être dit, même les choses les plus désagréables. Là où il y a nécessité d'obtenir des éclaircissements de la part des partenaires extérieurs, il faut absolument que les préoccupations soient soulevées et ces derniers répondent. C'est pour cette raison que la Rtnc doit assurer la retransmission en direct des travaux ; *Joseph Kabila jouerait sa meilleure carte politique en amenant tous les protagonistes, nationaux comme étrangers, à jouer à découvert à la faveur de la Conférence de Goma. Une conférence qui vient certes avec un retard de 47 ans. Mais au moins une conférence qui arrive sous son mandat issu des urnes ! Ce n'est donc pas un fait du hasard…

Réunis vendredi 21 décembre 2007, les activistes de la Société civile du Nord-Kivu ont pris une décision lourde de conséquences ; celle de ne pas participer à la Conférence sur la Paix, la Sécurité et le Développement au Kivu frontalier. Déplorant, en effet, la précipitation avec laquelle ces assises sont convoquées, ils se demandent si les délégués sont sûrs de leur sécurité alors que les balles continuent de crépiter dans cette partie de la République. « Si le gouvernement se trouve dans l'incapacité de mettre les insurgés hors d'état de nuire, eh bien, ils doivent organiser leur dialogue politique sans la société civile », ont-ils déclaré en se demandant si après avoir drainé la masse ainsi que les députés et le gouvernement provinciaux, les organisateurs ne tentent-ils pas de « drainer » également la Société civile « pour que demain on dise qu'on l'a cautionné aussi ». Ils se disent surpris de constater que le Gouvernement s'apprête à débloquer « 2 millions de dollars pour la conférence » alors qu'un pareil montant n'a pas été mis à la disposition des déplacés de guerre. Cette décision, on s'en doute, fait peser de sérieuses hypothèques sur l'organisation de la conférence même, donc sur ses résolutions et recommandations éventuelles au cas où les assises se tenaient malgré tout, surtout maintenant que le soutien de la Communauté internationale est acquis.

 

Se dire des vérités

 

Il est évident qu'au cas où la Société civile du Kivu persiste et signe, Laurent Nkunda ne se fera pas prier deux fois pour boycotter à son tour l'initiative, tant il est vrai que ses quatre revendications fondamentales, en l'occurrence le rapatriement des réfugiés tutsi congolais, la neutralisation et le rapatriement des ex-Far et Interahamwe, le brassage et le mandat d'arrêt ne relèvent pas de la compétence des provinces mais du Gouvernement central et des individus. Certes, à Bukavu – par exemple – l'honorable Baleke, président de l'Assemblée provinciale, a procédé samedi dernier à la restitution des travaux préparatoires. Son collègue du Nord-Kivu estime que « si chacun s'investit dans cette conférence, en se disant la vérité, en s'ouvrant aux autres », la conférence pourra bien se dérouler. « Quand les hommes se parlent franchement, il n'y aura absolument aucune contrainte. Mais si les gens ne se disent pas la vérité, ou si certaines personnes ont des agendas cachés qu'ils veulent brandir au lieu de voir l'intérêt général, au lieu de voir la souffrance des déplacés dans les camps, au lieu de voir la misère de ces réfugiés qui sont dans les pays voisins, et projeter l'avenir pour que tout le monde sente que nous sommes des être humains et que nous devons vivre dignement sur notre colline, je pense que si tout le monde a cette vision, il n'y aura pas de contrainte », ajoute-t-il. La condition de succès est dès lors connue : se dire la vérité. Mieux, des vérités !

 

Quelles sont les vérités à se dire ?

 

Effectivement, la Conférence de Goma est le rendez-vous de toutes les vérités, de sorte qu'à son issue, on réussisse les trois objectifs suivants : remettre chacun à sa place, mettre fin à la manipulation et instaurer un véritable climat de paix qui soit durable. Il ne faudrait pas que « Avant Goma = Après Goma ».

 

Quelles sont alors les vérités à se dire ?

 

 1ère vérité : depuis l'Indépendance, le Kivu n'a toujours pas résolu le problème identitaire par rapport aux ethnies des protectorats Burundi et Rwanda qui constituaient, sous la colonisation, le « Congo-Belge, Rwanda et Urundi » ! Résultat : en 47 ans d'existence en tant qu'Etat souverain, le Kivu aura connu toutes les infortunes : 1964 avec le maquis de Laurent-Désiré Kabila, 1967 avec l'aventure Schramme et Denard ainsi que l'enrôlement d'office, dans le cadre du référendum constitutionnel, des Rwandais qui s'y trouvaient, 1972 avec l'octroi collectif de la nationalité congolaise à ces Rwandais, 1981 avec le retrait tout aussi collectif de la même nationalité, entre 1981 et 1990 les opérations « Mbata » et « Kimia », 1996 avec l'Afdl, 1998 avec le Rcd, 2004 avec l'aventure Mutebusi-Nkunda à Bukavu et 2006 avec celle de Nkunda avec son Cndp !

2ème vérité : les mouvements migratoires. Le Congo a la chance de n'avoir que 122 ans d'âge. Il en est à la 5ème génération de ses citoyens pris par tranche de 25 ans. En clair, la 3ème génération (75 ans au minimum) est capable de dire aux Congolais qui étaient dans le Kivu au 30 juin 1960, qui n'y étaient pas. D'ailleurs, dans ce contexte, la Belgique – qui vient d'aider les Congolais et les Angolais à régler le problème Kahemba à partir des archives – est bien placée pour produire la nomenclature des tribus et ethnies congolaises recensées sous la colonisation. Il n'y a pas-là remise en cause des acquis du Dialogue intercongolais. Cette vérité permet de mettre fin à la manipulation de l'opinion.

3ème vérité : la question foncière par rapport à l'ethnologie et à l'ethnographie. La spécificité négro-africaine est qu'il n'existe pas de terre sans tribu ou de tribu sans terre. Dans le Kivu, la crise est essentiellement au niveau de la gestion des terres par les communautés locales. La « bataille » entre éleveurs et cultivateurs naît du fait que les premiers n'ont aucune notion de frontière ; ce qui n'est pas le cas des seconds. Les premiers pensent qu'ils peuvent, derrière leur cheptel, s'en aller partout où l'herbe est tendre, même chez le voisin dont ils ignorent d'ailleurs les revendications. Or, en Suisse ou en Hollande où l'on a du gros cheptel, les fermiers ne pratiquent pas le « nomadisme » ; ils nourrissent leurs bêtes avec du foin ! Si l'on adopte cette formule, c'est sûr qu'un pan entier des crises du Kivu disparaîtra ! 4ème vérité : la cohabitation des ethnies. Il est de notoriété publique que les ethnies ou tribus congolaises ne se battent pas entre elles au Kivu. C'est le leadership malveillant qui entretient la conflictualité. C'est à ce niveau que se pose le vrai problème, celui d'identification des leaders.

 

Pas un fait du hasard

 

Bien entendu, il y a d'autres vérités qu'il serait fastidieux d'étaler dans cet article. C'est pour cela que la Conférence de Goma ne doit pas se limiter aux thèmes choisis à Kinshasa ou planifiés de l'extérieur. Ces assises doivent être ouvertes à toutes les forces politiques et sociales. Tout doit y être dit, même les choses les plus désagréables. Là où il y a nécessité d'obtenir des éclaircissements de la part des partenaires extérieurs, il faut absolument que les préoccupations soient soulevées et que ces derniers répondent. Après tout, c'est pour cela que ces partenaires font le déplacement de Goma. On est loin de les imaginer présents rien que pour la figuration. Y aurait-il, en plus, implication des multinationales dans les crises récurrentes du Kivu ? Il n'y a pas de raison que l'on se taise. Ces multinationales doivent répondrent également. C'est pour cette raison que la Rtnc doit assurer la retransmission en direct des travaux ; comme ce fut le cas lors de la Cns. Les Congolais ont droit à l'information, à des vérités. D'autant plus que si, comme le craignent bien des analystes, le Kivu venait à « tomber », on ne voit pas comment les autres provinces ne saisiraient-elles pas l'opportunité pour en tirer toutes les conséquences ! Joseph Kabila en est sûrement conscient. Dès lors, il jouerait sa meilleure carte politique en amenant tous les protagonistes, nationaux comme étrangers, à jouer à découvert à la faveur de la Conférence de Goma. Une conférence qui vient certes avec un retard de 47 ans. Mais au moins une conférence qui a attendu son avènement ! Et ça n'est pas un fait du hasard…

Omer Nsongo die Lema




dimanche 23 décembre 2007, a 01:54
Chine-RDC : secret éventré
 



Le volumineux dossier frappé du sceau « Top secret », jalousement gardé dans certains coffres ministériels, n'était ni accessible, ni consultable. Dans l'histoire de ce pays, aucun autre dossier à part ceux de la sécurité ou de la Défense, n'était entouré d'autant de mesures de protection. Même certains ministres abordés en aparté n'étaient pas en mesure d'en donner les détails. On devait se contenter des bribes d'informations livrées à travers un laconique communiqué officiel.


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I.jpgL n'en sera plus désormais le cas, grâce au coup de chance de deux consoeurs - La Libre Belgique et La Croix- qui ont pu accéder au contrat liant la RDC à la Chine et qui s'en sont fait l'écho dans leurs dernières éditions de la semaine écoulée. Transparence dans les résultats d'exploitation

Trois étapes principales figurent au programme de répartition des résultats d'exploitation. En effet, au cours de la première étape de quatre ans, ont convenu les signataires du contrat, la totalité des bénéfices à réaliser sera destinée au remboursement et à l'amortissement de l'investissement minier, ainsi qu'aux intérêts.

A la seconde étape, 66 % du bénéfice net du résultat d'exploitation de la société congolo-chinoise couvriront le paiement et le remboursement des travaux d'infrastructures, dont le montant total est estimé à 3 milliards de dollars. L'accord stipule que les 34 % des bénéfices seront distribués proportionnellement entre les deux parties. A la troisième étape, en pleine période de l'exploitation commerciale de la société mixte de joint-venture, il est prévu le remboursement et l'amortissement de la totalité des investissements. C'est au cours de cette dernière étape qu'interviendra la répartition du dividende proportionnel à la participation, en raison de 68 % pour les entreprises chinoises et 32 % pour les sociétés congolaises.

Ceci laisse pantois les partenaires traditionnels de la RDC, intéressés à connaître les dessous de ce nouveau modèle d'aide au développement qu'expérimente le Congo démocratique, pays post-conflit, en proie aux difficultés financières inextricables pour éponger sa dette extérieure, rétablir l'autorité de l'Etat, remettre son administration en marche, reconstruire ses infrastructures détruites par des guerres, des rébellions et des pillages.

 

5.000 logements, 32 hôpitaux et 145 centres de santé

 

Une joint-venture permettra la création d'une société minière congolo-chinoise de droit congolais dont l'actionnariat sera constitué de 68 parts des entreprises chinoises et de 32 parts des entreprises congolaises qui seront désignées par le gouvernement de la RDC. Parmi ces dernières, on cite la Gecamines.

Dans ce contrat, les entreprises chinoises entendent produire pendant une période de 30 ans 8 millions de tonnes de cuivre, 200.000 tonnes de cobalt dans des sites situés dans les cuvettes de Mashamba et Dima, sur le synclinal Dik colline D. et la ville de Kolwezi, et 372 tonnes d'or dans les sites à prospecter et exploiter.

Ces entreprises chinoises bénéficieront en outre, peut-on relever dans le contrat, des incitants fiscaux ainsi que des exonérations tarifaires et douanières durant la période de leurs activités en RDC. Il leur est laissé la latitude d'importer les matériels et autres équipements ou technologies de leur choix, et même d'embaucher à l'intérieur comme à l'extérieur, le personnel qualifié pour la bonne exécution de cette gamme des projets.

Grâce à ce régime particulier, le carnet des commandes d'infrastructures pour notre pays signale 12 routes d'intérêt national et provincial, 3 autoroutes, une ligne de chemin de fer entre le Bas-Congo et Ilebo, 32 hôpitaux, 145 centres de santé, 2 universités et 5.000 logements sociaux. Le démarrage de cette multitude de chantiers, avons-nous appris d'une source chinoise, est prévu en 2008. Mais les entreprises tourneront à plein régime en 2009.

Selon les estimations des experts chinois, 3.500 Km de routes seront asphaltées en quatre ans et 3.200 Km de lignes ferroviaires construites entre le Bas-Congo et le Katanga, dont 1.000 nouveaux.

 

Le protocole d'accord entre la Chine et la RDC

 

Le contrat du siècle a été conclu le 17 septembre 2007, au cours d'une cérémonie officielle, à travers un protocole d'accord signé entre la RDC, représentée par le ministre des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction, Pierre Lumbi, et la Chine, représentée par Li Shangjin, président-directeur général de « China Railway Engineering Corporation » et pour le compte de deux autres entreprises chinoises, à savoir « Exim Bank of China » et « Sinohydro Corporation ».

Par cet accord, « Exim Bank of China » accepte de financer la réalisation d'une série d'infrastructures en RDC, à exécuter par des entreprises chinoises, en partenariat avec des sociétés congolaises, à hauteur de 6,5 milliards de dollars pour la première tranche. Les crédits pourraient se monter jusqu'à 11 milliards de dollars en phase finale. Et ce, en contrepartie de l'exploitation des ressources naturelles du Congo pendant une période de 30 ans.

 

L'exemple angolais fait tâche d'huile

 

Un regard rétrospectif montre que la percée commerciale de la Chine en Afrique, ainsi que sa coopération avec certains Etats du continent, ne datent pas d'aujourd'hui. Plus près de nous, il y a l'Angola qui s'est tournée vers ce partenaire asiatique plus proche des pays sous-développés et qui, devenu une puissance économique, entend jouer un rôle de premier plan en Afrique.

Tout est parti d'un prêt de 2 milliards de dollars consenti par l'Empire du Milieu pour la construction des ponts, routes, de trois nouvelles lignes de chemin de fer et d'un grand aéroport en Angola. Ce pays s'engageait à lui attribuer 70 % de ses ressources pétrolières.

Le succès qu'a récolté cet accord au-delà des frontières angolaises a suscité un intérêt croissant d'autres pays africains pour ce partenariat conclu à des conditions avantageuses et qui bousculent l'ordre établi dans les relations économiques internationales.

Ce « troc » d'un genre particulier, comme cela est qualifié dans certains milieux financiers, a exonéré l'Angola du fardeau de la dette extérieure vis-à-vis de la Chine.

La RDC, qui se débat pour liquider sa dette extérieure, malgré son programme avec les institutions de Bretton Woods dans le cadre de l'Initiative PPTE, s'est trouvée dans le besoin de recourir à la Chine pour lancer ses chantiers. Dans certains cercles fermés, on continue à émettre des doutes sur la concrétisation de ce troc. Les plus sceptiques disent qu'il est plus profitable à la Chine qu'à la RDC, qui a ainsi bradé ses principales ressources minières.

Au Congo démocratique, on se console à l'idée que tous ces projets vont absorber l'abondante main-d'œuvre congolaise, lutter ainsi contre le chômage et permettre le développement des échanges commerciaux entre les provinces.

 

La terrible question de Kabila

 

Dans son adresse aux sénateurs et députés à l'occasion du premier anniversaire de son mandat, Joseph Kabila a posé une question qui a semblé passer inaperçue : « Que vont faire les Congolais de leur cuivre, nickel et cobalt » ? Cette question est en soi une réponse à diverses inquiétudes suscitées par le contrat sino-congolais et ses innombrables secrets. Le Président de la République a manifestement voulu informer l'opinion nationale que le développement attendu de la RDC sous sa présidence passe nécessairement par ces trois produits auxquels il faut ajouter le pétrole, le chrome, le coltan et l'inévitable diamant. La vraie préoccupation du peuple congolais propriétaire de tous ces produits est que les contrats aussi bien chinois que autres soient négociés dans la transparence et, surtout, dans le respect des intérêts supérieurs de la République. C'est parce que les choses se sont déroulées dans une certaine opacité qu'il y a aujourd'hui beaucoup d'inquiétudes. Parce que la confiance ne règne pas et que ceux qui dirigent sont souvent considérés comme des grands prédateurs. Le seul moyen d'éviter ce genre de critiques est de montrer carte blanche, en apportant la preuve que ce qui se déroule sous nos yeux n'est pas l'affaire d'une catégorie d'initiés, un éphémisme qui permet d'éviter l'usage d'un qualificatif plus cruel.

Le phare

vendredi 21 décembre 2007, a 18:32
RDC: Vingt-deux médias audiovisuels privés ont été autorisés a émettre par le Ministre Emile Bongeli
 

Vingt-deux des trente-huit médias audiovisuels privés de la République démocratique du Congo (RDC), "interdits de diffusion" en octobre, ont été autorisés jeudi à reprendre leurs émissions aux termes d'un arrêté ministériel, a-t-on appris vendredi de source officielle.

 

La mesure concerne 15 chaînes de télévision et 7 stations de radio émettant à Kinshasa, selon l'arrêté signé par le nouveau ministre de la Communication et des Médias, Emile Bongeli.

 

Cette décision se base sur le rapport d'une commission de contrôle de conformité mise en place au lendemain de la suspension de ces médias, a précisé le ministère dans cet arrêté.

 

Le signal des télévisions et radios autorisées à émettre commençait à être rétabli jeudi soir, a constaté l'AFP.

 

Les quinze médias audiovisuels encore sous le coup de la suspension, parmi lesquels figurent essentiellement des chaînes de télévision commerciales et des radios communautaires, ont été appelés à régulariser leur situation administrative et financière au regard des textes légaux.

 

Ces médias étaient interdits de diffusion pour ne pas s'être "conformés à la loi" en matière de réglementation du secteur audiovisuel, notamment pour ne pas avoir payé les taxes requises au ministère ou ne pas disposer de licence d'exploitation.

 

Cette mesure, prise le 20 octobre par le prédécesseur de M. Bongeli, Toussaint Tshilombo Send, vise à "assainir" l'espace médiatique congolais, accusé souvent de diffuser des programmes non conformes à l'éthique et à la déontologie professionnelle.

 

La levée de l'interdiction de diffusion de médias audiovisuels privés a été saluée par l'ONG congolaise Journaliste en danger (JED).

 

"Nous saluons cette décision qui rejoint la position maintes fois exprimée par notre organisation, qui a toujours condamné la suspension de ces médias", a déclaré à l'AFP Donat Mbaya, président de cette ONG de défense de la presse en RDC.

 

M. Mbaya a encouragé les médias "non encore en règle", parmi lesquels une chaîne de télévision et une station de radio de l'opposant Jean-Pierre Bemba à se conformer à la loi.

 


© 2007 AFP

vendredi 21 décembre 2007, a 06:54
CONFERENCE SUR LE KIVU : Nkunda n'en sortira pas indemne!
 


* Laurent Nkunda va se présenter à la Conférence de Goma avec des revendications qui ne relèvent nullement de sa compétence : rapatriement des réfugiés tutsi congolais, neutralisation et le rapatriement des ex-Far/Interahamwe, brassage des mutins et le renvoi du mandat d'arrêt établi par l'Auditeur général… * Les participants ne pourraient pas retenir de lui la responsabilité de la tragédie en cours au Nord-Kivu où 800 mille compatriotes sont forcés au déplacement à la suite d'une guerre post-électorale n'ayant aucune justification crédible ! Femmes, hommes et enfants sont ballottés, livrés à la faim, aux maladies et aux intempéries ; les adultes ont perdu champs, bétail ou commerce, les jeunes la scolarité etc. Et tout cela, par la volonté d'un général qui avait librement choisi de démissionner des Fardc ! * Va-t-il bénéficier de la « grâce » d'une réintégration ? Tout l'intérêt de Goma pourrait se résumer à son sort…

Il voulait absolument un dialogue avec le Gouvernement central ; il va falloir qu'il se contente du « dialogue interprovincial » où il aura du mal à faire valoir ses revendications résumées en quatre points, à savoir : le rapatriement des réfugiés tutsi congolais, la neutralisation et le rapatriement des ex-Far et Interahamwe confondus délibérément aux Fdlr, le brassage des mutins ou insurgés, alias Nkundistes et le renvoi du mandat le concernant personnellement, mandat émis par l'auditeur général des Fardc. Bref, des matières qui relèvent, à proprement parler, du Pouvoir central. Avant-hier, les leaders du Kivu présents à Kinshasa se sont retrouvés au Ghk dans le cadre des préparatifs de la Conférence de Goma. C'est le même jour que le président de l'Assemblée national, Vital Kamerhe, entouré d'autres personnalités impliquées dans la tenue de ces assises, a échangé avec les ambassadeurs en poste à Kinshasa. C'est, du reste, au terme de ce contact que le doyen diplomatique, l'ambassadeur angolais Joôa Batista Mawete, a remercié les autorités congolaises de l'initiative ainsi prise et les a exhortées à faire diligence ; son collègue belge Swinnen ayant, quant à lui, promis le concours de son pays. Pour revenir aux travaux préparatoires, Vital Kamerhe et Azarias Ruberwa se sont prononcés sur le sujet, précisément la participation de Laurent Nkunda. Commençant par faire remarquer qu'aucun participant n'est jusque-là désigné, le président de l'Assemblée nationale a souligné que « Le CNDP, mouvement du général déchu Laurent Nkunda, sera à la conférence parce qu'étant dans le groupe de ceux qui sont dans la logique de la guerre. Nous ne pouvons faire la paix qu'avec ceux qui font la guerre ». Pour sa part, réagissant par rapport au même Nkunda, Azarias Ruberwa a fait valoir la nécessité de la participation de tous les groupes armés. « … il est important que tout le monde réponde au rendez-vous. Aucune raison ne pourrait exclure sa présence car faisant parti d'un groupe armé. Il en est de même pour Jackson et tous les autres à la tête des groupes armés par rapport à l'armée congolaise ». On pourrait dire, à l'analyse de ces déclarations, que tout baigne dans l'huile.


Revendications irrationnelles


Seulement voilà : l'huile, elle, ne pourrait pas tout prendre. Notamment les revendications de Laurent Nkunda décrites ci-dessus. Voici trois mois environ que « L'Avenir » remet celles-ci sur le tapis en les disséquant une à une. Prenons le cas du rapatriement des réfugiés tutsi congolais présents au Burundi, au Rwanda et en Ouganda où ils ont du mal à s'intégrer dans les communautés locales …tutsi ! Dans son interview du 18 octobre 2007 à Rfi, Azarias Ruberwa l'avait relevé en déclarant : « Je crois que la question des réfugiés des Tutsi congolais qui sont dans les trois pays de l'Est mérite une réponse claire. C'est un droit. Les réfugiés tutsi du Nord-Kivu sont pratiquement dans des camps au Rwanda depuis 12 ans ; ils seraient Rwandais qu'ils ne seraient pas dans des camps pendant plus de 10 ans ». 12 ans ou 10 par rapport à 2007, ça signifie que ces réfugiés sont dans les pays limitrophes depuis 1995 ou 1997. La question est de savoir pourquoi n'étaient-ils pas revenus en RDC à l'avènement de l'Afdl au Pouvoir en 1997 ou pourquoi ne l'avaient-ils pas fait au cours des 5 ans où le Rcd a incarné le « Pouvoir central » dans les territoires sous son administration (entre 1998 et 2003) et pourquoi n'avaient-ils pas profité du « 1+4 » pour retourner alors que Ruberwa exerçait les fonctions de vice-président de la République en charge justement de la Commission Politique, Défense et Sécurité ! Après tout, dans la même interview, le président national du Rcd avait bien dit que « les autres réfugiés, qui étaient estimés jusque-là à ce moment-là à 430 mille de la Tanzanie, de la Zambie, du Congo-Brazzaville, de la République centrafricaine, sont rentrés au pays soit totalement, soit partiellement ». Or, ce retour s'était effectué sous son mandat ! On retiendra au moins que le rapatriement des réfugiés implique les deux gouvernements du pays d'origine et du pays d'accueil, le Hcr et les candidats au retour. Il n'y a de place ni pour un leader, ni pour un parti politique ! C'est, du reste, ce que les gouvernements congolais et rwandais avaient convenu en septembre dernier au terme des négociations de Kinshasa. En plus, il y a la donne sécuritaire pour le réfugié qui rentre. Par voie de conséquence, tant que Nkunda entretient la guerre au Nord-Kivu, aucun réfugié ne peut prendre le risque de revenir en RDC. Même le Hcr ne peut l'y encourager. Pour ce qui s'agit de la neutralisation et du rapatriement des ex-Far/Interahamwe ou Fdlr, Laurent Nkunda n'y a aucun rôle à jouer. Les négociations congolo-rwandaises de Kinshasa avaient reconnu cette compétence aux gouvernements des deux pays. Sachant pertinemment bien qu'il n'a aucune qualité de se substituer aux autorités rwandaises pour s'engager dans le rapatriement des rebelles rwandais, Laurent Nkunda n'a d'autre choix que celui des affrontements ; une autre façon d'entretenir la guerre à l'Est pour empêcher, par effet d'entraînement, le retour des réfugiés tutsi congolais. D'ailleurs, avec l'Accord de Nairobi dans lequel le Rwanda s'est engagé à présenter à la RDC et à la Monuc la liste des génocidaires ex-Far/Interahamwe et le programme de réinsertion socioéconomique des non-génocidaires, Nkunda n'a plus une seule raison de réclamer la neutralisation ou le rapatriement des rebelles hutu rwandais. En ce qui concerne le brassage, le Cndp n'est pas sans savoir que l'insertion ou la réinsertion est un acte individuel. Le mutin ou l'insurgé tutsi qui veut rejoindre l'armée nationale ou qui veut être démobilisé n'a nullement besoin du doigt indicateur de Nkunda ou de son organisation. Quant au mandat lancé contre sa personne par l'Auditeur général des Fardc, Laurent Nkunda sait que cet acte n'a aucun rapport avec les événements en cours au Nord-Kivu. Ce mandat – nous l'avons souligné dans une récente édition – a été établi à la suite de son expédition militaire sur Bukavu en 2004, sous prétexte de génocide commis sur les Banyamulenge. Les enquêtes de la Monuc et diverses ong humanitaires avaient prouvé le contraire. Or, l'une des conséquences tragiques de cette aventure est le massacre, réel celui-là, perpétré contre les réfugiés tutsi Bannyamulenge à Gatumba, toujours en 2004. Au lieu de s'en prendre à Nkunda et Mutebusi qui avaient provoqué cet exode, Ruberwa s'était plutôt acharné sur Kabila et Budja Mabe !


Une guerre sans justification crédible


En définitive, Laurent Nkunda va se présenter à la Conférence de Goma avec des revendications vidées de toute leur substance. Les participants ne pourraient cependant pas ne pas retenir de lui la responsabilité de la tragédie en cours au Nord-Kivu où 800 mille compatriotes sont forcés au déplacement à la suite d'une guerre post-électorale n'ayant aucune justification crédible ! Femmes, hommes et enfants sont ballottés, livrés à la faim, aux maladies et aux intempéries ; les adultes ont perdu champs, bétail ou commerce, les jeunes la scolarité etc. Et tout cela, par la volonté d'un général qui avait librement décidé de démissionner des Fardc ! Ne pouvant sortir indemne de la Conférence, va-t-il bénéficier de la « grâce » d'une réintégration ? Tout l'intérêt de Goma pourrait se résumer à son sort…


Omer Nsongo die Lema

mercredi 19 décembre 2007, a 14:39
Attention ! Il ne faut pas denaturer l'histoire, de la bouche de Laurent Kabila, il n'y avait pas des accords de Lemera
 

 

De la bouche de Laurent Kabila, il n'y avait pas des
accords de Lemera. J'y crois! Il y avait plutot un
parti uniquement Tutsi (ANP) au sein de l'AFDL que
Mzee a dissoute


MESSAGE DU CHEF DE L'ETAT MZEE LAURENT DESIRE KABILA
AUX CONGOLAIS DE LIBREVILLE, QUI RESTE ENCORE
D'ACTUALITE CAR A OBSEVER LES CHOSES AU CONGO
D'AUJOURD'HUI, POINT N'EST DE DIRE QUE L'HISTOIRE LUI
DONNE RAISON CHAQUE JOUR QUI PASSE: 

LORS DE CETTE RENCONTRE MZEE KABILA FAISANT LE POINT
DE LA SITUATION, A BIEN REVELE DES CHOSES: 

1. COMMENT LES TUTSI BANYAMULENGE NE SONT CONGOLAIS
QUE DE MASCARADE. ILS AVAIENT UN PARTI UNIQUEMENT A
CARACTERE ETHNIQUE ET ETHNICISTE AU SEIN DE L'AFDL QUI
S'APPELAIT «ANP» ET QUI AVAIT COMME OBJECTIF: LUTTER
POUR LA NATIONALITE CONGOLAISE 

2. COMMENT KAGAME DOIT LA SURVIE DE SON POUVOIR A MZEE
LAURENT DESIRE KABILA 

3. COMMENT LE COMPLOT CONTRE LA RDC A ETE CONCOCTE DE
LONGUE DATE 

ÉCOUTONS LAURENT DESIRE KABILA: 

«Qu'est ce qui se passe dans notre pays? Quelles sont
les motivations de nos agresseurs? On a déjà expliqué
à plusieures réprises et de différentes manières.
D'autres ont des versions selon lesquelles les
Rwandais ne voulaient pas de Kabila, parce que Kabila
n'était pas manipulable. Mais ce qu'ils veulent c'est
surtout le Congo, ce n'est pas surtout de Kabila. Pour
moi ils me prenaient pour un obstacle. 

Et nous étions avec le Rwanda. Cette alliance était
une alliance d'intérêts. Nous l'avons clamé toujours.
Nous devions passer par le Rwanda pour détroner le
régime de chez nous, qui n'était pas un régime
populaire, un régime qui a apporté la misère, etc,
etc,. Tout le monde le sait. Nous nous sommes
réconciliés avec tout ce monde là, à commencer par
Mobutu lui-même. Mais le régime, c'est un régime qui a
plongé dans l'irrésponsabilité illimitée; chose que
Mobutu a reconnu parce qu'il ne faisait sur le bateau
[Outeniqua] que s'étonner. Il croyait qu'il était Dieu
alors qu'il n'était qu'un homme. Mais notre révolution
était une révolution pardon. 

Mais notre objectif principal de l'alliance avec les
Rwandais, c'était de libérer notre pays, parcequ'aucun
pays limitrophe ne supportait une entreprise
révolutionaire qui visait le chnagement politique dans
notre pays. Donc, nous étions laissés en nous-mêmes,
un peu comme les Hutu d'aujourd'hui; les Hutu du
Burundi et du Rwanda. Personne ne pouvait écouter –
tout le monde – parcequ'il [Mobutu] achétait des
alliances policières dans les pays limitrophes. Alors
c'était difficile même si les discours étaient des
discours qui parlaient un peu bien du peuple
Congolais, mais beaucoup d'hommes d'États étaient de
mêche avec la dictature chez nous. Et puis la police
faisait le travail de traquer les opposants
anti-régimes. 

Et il était évident que lorsque l'autre tombait au
Rwanda – je parle d'Habyarimana – que le régime qui
allait être établi là-bas [ celui de Paul Kagame]
devait être un régime, non necessairement anti-Mobutu
parcequ'il les a d'ailleurs aussi soutenus. Il a donné
au Rwandais Kagame et les autres, toujours par
l'entremise du même Museveni, des excitants. Et ils
étaient partout dans des hotels de Kinshasa en même
temps que tombait son allié Habyarimana. Ils allaient
à Gbadolite, ils étaient partout dans des hotels de
Kinshasa. C'est un malin, notre frère là [Mobutu]. Un
vicieux diable! Il faisait tout ça! Et après ces gens
se sont rendus compte qu'il les trompait aussi, parce
qu'il soutenait Habyarimana, il a améné les Français,
il entrainait les anti-Tutsi… 

Alors, ils [les Tutsi] ont voulu une alliance avec un
mouvement révolutionaire, vraiment révolutionaire, qui
avait à coeur avoir une intimité quelconque. Tout
était marchandage politique: «Nous entrons, nous
mettons fin à l'agression de votre pays à partir de
notre territoire. Vous nous faites passer, nous avons
des armes, vous ne serez pas renversé mais nous allons
renverser le notre.» 

Et c'est ainsi qu'on nous a vus avec tout ce monde là
à l'intérieur de notre pays. Ils étaient quelque 3,000
hommes. Nous avions récruté énormement dans notre
armée, dans les environs de 55,000 hommes à notre
arrivée à Kinshasa. Toutes les assistances que nous
recevions alors passaient par le Rwanda, ils en ont
bénéficié beaucoup, beaucoup en armément surtout. 

KAGAME DOIT LA SURVIE DE SON POUVOIR A MZEE LAURENT
DESIRE KABILA 

Ainsi cette alliance était une alliance d'intérêts,
uniquement POUR QUE LE REGIME DE KAGAME NE SOIT PAS
RENVERSE par le Congo, le Zaire d'alors, avec tous
ceux qui le supportaient. Et pour nous, QU'IL NOUS
DONNE LIBRE PASSAGE, pour faire entrer les armes,
transit d'armement et d'autres pour renverser le
régime Mobutu. C'était là l'alliance en question avec
eux. 

Vous savez, nous sommes entrés au pays, une fois
arrivé au pouvoir, nous avions encore beaucoup
d'officiers Rwandais avec qui on a bien travaillé
comme instructeurs dans nos unités d'infanterie, c'est
ce qu'ils savaient faire, mais il y avait moins de
spécialistes. Nos soldats étaient beaucoup plus
jeunes, mais le peuple nous a acceuillis. L'anciènne
armée ne s'est pas battue avec ferveur parceque tout
le monde avait pri conscience qu'il ne pouvait plus
soutenir ce regime là. Nous avions alors du bénéficier
de cette complicité des populatins du Congo, qui
d'ailleurs m'ovationait partout où je passais. Et
c'est ainsi qu'a terminé cette prémière histoire de
libération. 

«LES RWANDAIS SONT DES GENS INSUPPORTABLES. CE SONT
DES CRIMINELS, DES SANGUINAIRES» 

Et maintenant, que s'est-il passé avec les Rwandais?
Vous savez ces gens là sont insupportables. Ce sont
des criminels, des sanguinaires. Et puis ils voulaient
dominer notre pays, ils ont commencé par dire: «Oh ,
ce sont eux qui avaient porté Kabila au pouvoir,
qu'ils pouvaientt nommer n'importe qui comme chef de
l'État, qu'ils allaient dans mon cabinet ministériel
proposer à un ministre, deux, trois ou sept, je ne
sais pas quel nombre [leur disant] toi si tu veux, toi
si tu veux, toi si tu veux (…), toi…». 

Dans l'armée, naturellement, comme j'ai fait de
l'autre [James Kabarebe] conseiller principal à
l'armée, le chef d'État Major en interime d'alors, il
a manipulé avec l'argent que nous donnions à l'armée
pour acheter ceci, cela – les armes, bien sure, c'est
le ministre de la défence qui en achetait. Et bien
avec cet argent, lui utilisait à corrompre les
Congolais et à envoyer chez lui, disant s'ils
voulaient il va en faire des grandes personalités de
l'armée, ceci cela. 

Mais ce qu'ils ne connissaient pas c'était que nous
étions mieux organisés qu'ils le pensaient, que nous
avions un service d'intelligence très raffiné. Eux ne
pensaient plus de rien. Et puis on surveillait tous
les mouvements, tous les discours, tous les propos
qu'ils avaient tenus dans des conférences avec les
étrangers, surtout des contacts personels avec les
gens qui sont dans l'armée, des cajoleries, des
flatteries tout le temps, oh parfois le président est
trop fort, il n'est pas fléxible, etc., Ils montaient
des groupes de gens contre notre pouvoir et finalement
beaucoup d'officiers y compri (?) [sont venus me
chuchoter à l'oreille: Président, il faut faire
attention avec ces gens... il y a un danger contre les
institutions de l'État], c'est-à-dire, on travaillait
avec eux mais ils complotaient. 

SUR LES ASSASSINATS DES HUTU 

Qu'est ce qu'ils demandaient? Les assassinats des
Hutu, continuellement. Ils voulaient qu'on continue à
assassiner les Hutu, moi je leur ai dit: «Ça, ce n'est
pas notre mission.» 

Quand ils ont massacré des gens à l'Équateur, les chef
traditionels sont venus me surprendre, moi j'ai dit ce
n'est pas vrai. Ils ne pouvaient pas faire ça sans
notre connaisance! Ils ont vu comment ils ont améné
des cadavres, comment ils ont mi des corps dans des
sacs et les ont jétés dans le fleuve, et se demadaient
où est ce qu'ils ont entassé tout ce monde massacré
par un certain Lieutenant appélé Daniel, pardon ,
Major Dan. Et quand ils m'ont dit ça, je l'ai expulsé.
Et puis j'ai demandé: «Mais comment se fait-il que cet
homme avec tout e son unité ait entrepri de telles
choses? » 

Or ils étaient commandités par Kigali, par Kagame qui
voulait qu'on traque les Hutu partout où ils sont
réconnus. Mais il faut que le gouvernement soit mis au
courant parce que c'est notre pays, c'est notre
territoire. Et comme ils l'ont fait sans mon
consentement, sans le consentement du gouvernement,
j'ai décidé d'expulser ces hommes là, qui étaient tout
puissants là-bas. J'ai dit qu'il faut qu'ils partent,
avec tout le bataillon de criminels qu'ils ont
introduit chez nous, d'abors sans notre accord parce
qu'ils infiltraient toujours. Tout le temps que nous
étions entrain de travailler, eux infiltraient les
gens. A Kinshasa, ils faisaient la vedette. Les belles
voitures c'est pour eux, il faut assassiner les autres
[les propriétaires]. Ils tuaient pour de belles
femmes. Et vous savez nos femmes là-bas, oh c'est pour
eux [éclat de rires]. Ils voulaient tout. Ils se sont
abbatus sur ce qu'ils voyaient. Les banques étaient
spécialement visées. C'était formidable. 

Mais en même temps, s'ils prenaient de belles
voitures, ce n'était pas pour eux qu'ils les
prenaient. Ils tuaient des gens et prenaient des
voitures, ils arrachaient des voitures à leurs
propriétaires, des simples voitures. Beaucoup de cas.
Lorsqu'il fallait les arrêter, ils criaient au
complot, alors que c'étaient eux qui complotaient.
Ainsi ça a un peu continué et je trouvais que c'était
trop. -Ils s'ingèrent dans la politique du pays; -la
criminalité était haute lorsqu'ils étaient là -et en
même temps, ils continuaient à traquer les gens [les
Hutu] pour les tuer et tuaient nos compatriotes, nos
officiers [Ngandu Kisase entre autres], nos propres
frères, les dirigeants politiques… alors nous avons
décidé de mettre fin à une sorte de coopération qui
n'était pas réglé, c'est-à-dire, comment nous allions
coopérer et quelles sont les limites imposées à nos
coopérants. Il n'y avait pas un texte légal. Ils
étaient tout puissants. 

VELEITES HEGEMONIQUES ET PLAN D'ANNEXION DU CONGO 

Et naturellement, ils n'aiment pas rentrer chez eux.
Ils étaient venus pour rester. Ils avaient des plans
d'annexion, avoir un certain Bizimungu à la tête du
Congo, c'est-à-dire un sanguinaire qui jouait comme un
homme à eux. Alors, on a dit ça c'est trop fort. Ce
n'est pas possible! Ils doivent partir. 

LE CONGO AGRESSE 

Et vous savez bien, quand est-ce qu'on les a démandé
de quitter? Le 27? C'était le 28 juillet 1998. On les
a donnés des avions pour qu'ils partent. Ils ont
entassé de tants butins volés! Moi j'ai dit,
laissez-les, ce sont des pauvres. Ils n'ont rien chez
eux là-bas! Mais nous, on continuera toujours à faire
autres choses. L'essentiel est que ces gens quittent
et qu'il n'y ait pas bain de sang. Mais ils avaient
laissés un bataiilon et demi des Rwandais, des
militaires et des officiers en civile; et puis ils
avaient des cachettes d'armes . Tout le temps que les
Congolais faisaient autres choses, eux amassaient des
armes. Ils en envoyaient à Kigali et puis ils
cachaient d'autres là-bas pour faire un coup d'État
contre Kabila. 

Bon, le 2.08.1998, ils ont déclenché leur coup d'état.
Ils ont cru qu'ils allaient prendre le pouvoir pour
assassiner, parce que, même tout près de chez moi là,
ils avaient mi dans la maison de l'autre docteur là
qui était chargé de l'armée, au sein de l'armée de
[terre], {Danny?]. Oui, je ne sais pas comment il
s'appelle maintenant. En face de chez moi à quelques
300 mètres, [Patrick?], Patrick, ils ont bourré là-bas
des armes, les unités qui venaient du Rwanda se
cachaient là parce que ce sont des grandes maisons
avec des clotures. Mais ils ont eu le malheur d'avoir
été detectés par d'autres, disant qu'il y a des gens
qui ne sortent pas là-bas, qui nettoient toujours des
armes, qu'il y a des mitrailleuses, qu'il y a ceci,
qu'il ya cela. Les officiers sont venus me dire que la
situation est très grave, ça va sitôt s'enflamer. Moi
je leur dit: «Attendez, on va les écraser. Restez
calme.» 

Le 1er.08.1998, nous avons désarmé tout ce monde là
qui étaient dans la garde présidentielle. J'ai dit
qu'ils doivent être désarmés et doivent partir. Et
puis la nuit du 2.08.1998 là, c'était la grande
musique. Ils ont attaqué la garnison du Camp Tsatsi.
Ils voulaient premdre le Camp Tsatsi pour aller
prendre l'État Major Général - où d'ailleurs il n'y a
rien, ce sont des bâtiments – et en même temps aller à
la logistique s'accaparer des armes lourdes afin de
venir à ma résidence. Et beh, tout c'était réglé au
cours de la nuit et le lendemain. On les a poursuivis
là-bas, on les a frappé beaucoup et ils ont de nouveau
traversé [la bande verte?]. On les a totalement
liquidé et le peu qui retait, on les a poursuivis,
C'était le 3, le 4. 

CAMPAGNE D'INTOXICATION A LA MUSEVENIENNE APRES
L'ECHEC DU COUP D'ETAT 

Non contents de cela parce que ça a échoué, nous ne
savions pas que Museveni de l'Ouganda et les autres
préparaient un coup. Ce que nous savions c'est qu'ils
menaient la campagne pour isoler notre gouvernement.
Quand tout allait bien, eux disaient que ça ne va pas
chez Kabila, il est tribaliste, toute l'armée ce sont
des Katangais. Encore que je n'ai pas choisi d'être
Katangais. Personne n'a demandé à Dieu de lui donner
sa tribu. Pour eux, tous les gouverneurs, tout ce
monde, Katangais! Katangais! Toute l'armée, tous les
officiers, Katangais. Ils disent maintenant ça ne va
pas, il faut chasser les Katangais. Ils ont vendu ça
un peu partout chez tous les chefs d'État, même nos
meilleurs amis qui venaient et qui voyaient, on leur
disait, mais il faut causer avec tous ces ministres,
il faut voir combien de Katangais il y en a et qui ne
sont pas Katangais. C'était là un alibi, un prétexte
pour essayer de nous isoler. Ils pensaient que le
gouvernement était si tribalisé que le leur! 
 
Alors quand ils ont commencé à prendre les choses au
sérieux, je suis allé chez Mugabe lors d'une
conférence, il n'y a pas longtemps. Il me dit:«Mais
voila ce que Museveni vient de me dire, mais moi je
n'y crois pas!». Je lui ai dit, mais où est la preuve?
Je vais appeller ma garde. Ma garde qui m'accompagne,
elle est toute ici là. Puis j'ai dit: «Trouves-moi un
seul Katangais dans ma garde, alors tu comprendras que
tout ce qu'il vous dit c'est faux. Et ils sont neuf.
Il y en a encore ici, ils sont nombreux avec moi.» Il
a dit: «C'est ça alors?!». «Si dans ma garde, je ne
suis pas entouré par mes Katangais, donc le reste est
faux.» [Les enemis ont-il exploité ça, parce qu'il a
été dit que Mzee Kabila a été abbatu par l'un de ses
garde-corps?!, on ne saura le dire. Voici ce qu'a
écrit Colette Braeckman dans le Soir du 23 janvier
2001 et je cite: «La mort du Président Kabila,
éxécutée par une main africaine, aurait été décidée
par les Américains irrités par son nationalisme, son
souci de défendre l'intégrité de son pays…Si Lumumba a
été assassiné durant l'interrègne d'Eisenhower, Kabila
pour sa part a trouvé la mort alors que Clinton
faisait ses bagages…».] 

Et puis je lui ai dit: «Regardes un peu Museveni, qui
il a, ce sont ses frères. Il a ses frères de sa tribu
là. Quelle est sa tribu à lui? Les Tutsi? Comment? Les
Tutsi. Les qui? Les Tutsi. Oui, les Tutsi, mais ils
ont, les Hima… ils sont les trois tribus en une seule
eh! Les Hima, les Tutsi et les Banyankole.» 

Alors, c'étaient donc des mensonges, ils visaient à
diviser (?), ils ont contacté tous les chefs d'États
des pays limitrophes. Ils les ont empêchés de venir à
la conférence de solidarité. Une grande conférence que
le monde entier a approuvée. Ils ont saboté. Le même
jour, parmi les chefs d'État qui étaient invités,
d'autres sont venus me dire: «Mais on ne sait pas, on
ne comprend pas! Qu'est ce qui se passe avec
Museveni?!. Museveni et l'autre là Bizimungu
prétendent avoir un droit d'ingérence au Congo, ils
disent que ce sont eux qui connaissent bien le Congo,
les spécialistes du Congo, qu'ils connaissent tout ce
qui se passe à l'intérieur du Congo et que ce sont eux
qui avaient porté Kabila au pouvoir.» 

DE LA CREATION DE L'AFDL 

Mais, je vous ai dit comment nous nous sommes noué une
alliance! Sans nous, ces messieurs, n'entreraient pas
au Congo. Ils prétendent que ce sont eux qui nous ont
portés au pouvoir, et par conséquent, ils connaissent
tout ce qui se passe là-bas. Ils parlent d'Alliance.
Comme s'ils ne savaient pas que l'Alliance c'était
quoi?! L'Alliance, ils ne l'ont jamais créee! L'AFDL,
ils ne l'ont jamais créee! 

COMMENT LES TUTSI BANYAMULENGE NE SONT CONGOLAIS QUE
DE MASCARADE. ILS AVAIENT UN PARTI UNIQUEMENT A
CARACTERE ETHNIQUE ET ETHNICISTE AU SEIN DE L'AFDL QUI
S'APPELAIT «ANP» ET QUI AVAIT COMME OBJECTIF: LUTTER
POUR LA NATIONALITE CONGOLAISE 

Mais ils nous ont imposés, pour que nous puissions
avoir droit de passage avec des armes, de prendre [une
bande] des Tutsi qui étaient à Kigali, venant de
Masisi, Rutsuru, les Banyamulenge, les soit-disant
Banyamulenge là, tous ces gens qui s'étaient réfugiés
là [à l'est du Congo]; vous les voyez d'ailleurs
défiler à la télévision parfois, mais qui étaient à
Kigali, nous disant que, voilà, ici il y a des
Congolais – où sont-ils ces Congolais? – il faut
qu'ils participent, c'est bien, comme ça le mouvement,
vous savez votre mouvement là le PRP, ça t'a améné
beaucoup de problèmes, on dit que vous êtes Marxiste…
C'est ainsi qu'on les a pris dans l'AFDL que nous
avions créee et on a dit qu'il faut qu'ils fassent
parti du mouvement. [Mais dans une interview que Mzee
Kabila a accordé à la RTBF, lors de son dernier
passage à Bruxelles, il a révélé que ces Tutsi
Banyamulenge AVAIENT UN PARTI UNIQUEMENT A CARACTERE
ETHNIQUE ET ETHNICISTE AU SEIN DE L'AFDL QUI
S'APPELAIT «ANP» ET QUI AVAIT COMME OBJECTIF: LUTTER
POUR LA NATIONALITE CONGOLAISE]. 

Mais comme ils n'étaient pas politiques, ils ne
connaisaient rien de la lutte révolutionaire, pour eux
c'était toujours: Nationalité! Nationalité!
Nationalité! Moi j'étais pour autres choses [qui
étaient prioritaires]. Eux luttaient pour la
nationalité! C'EST POUR DIRE QU'ILS N'ETAIENT MEME PAS
CONGOLAIS! (rires) Mais il fallait acheter des armes
pour passer. Et nous l'avons fait. 

Donc quand ils parlent que l'AFDL, que moi
particulièrement, j'ai avalé ces gens là, je les ai
détronés, tout cela, mais c'est d'abord leur propre
incapacité. L'incapacité de Bugera qui ne comprenait
rien ce que c'est être un sécrétaire général d'un
mouvement. Je me suis dit mais c'est quoi finalement.
Le programme est là, il ne l'applique pas. J'ai dit:
«Toi, je vais te prendre, je te donne un peu quelque
chose de bien, ministre d'État (rires).» Il me dit:
«Je préfère rester Sécrétaire Général du Mouvement.».
J'ai lui ai dit: «Tu es incapable. Tous les preuves
sont là, n'est ce pas?! Monsieur, mais tu ne peux rien
faire! (rires). Tu passes tout son temps à faire les
réunions des Tutsi. Mais quand est ce que l'AFDL sera
popularisée? Quand? Le programme est là.» J'ai dit:
«Bon maintenant, plus des anciènnes habitudes là ou
les gens devaient regner et non gouverner, tu vas à
côté. On va mettre un autre sécrétaire général.» 

Pour eux c'était un grand coup. Mais, que voulez-vous?
Un homme incapable, qui comprend rien à la situation
nationale, qui ne s'occupe que des combines de sa
pétite tribu qui demande de nationalité. Alors il
fallait quand même…(rires). Le Congo est rrop grand
pour nous occuper de pétites choses! Donc, il fallait
donc enlever l'obstacle. Et c'est ce qui a été fait.
Pour eux c'était leur cheval de bataille. Les Tutsi
devaient prendre le pouvoir, etc, etc., C'était
difficile! Ils ont vendu tout ça dans les pays
limitrophes: oh, on les a détronés, on les a fait
ceci, que Kabila, les accords qu'on avait signés, il
ne les a pas respectés! N'est ce pas ce qu'ils
disaient souvent? 

IL N'Y AVAIT PAS D'ACCORDS DE LEMERA 

Les Accords de Lemera?! Nous n'avons jamais signé des
accords. Ceux là n'étaient même pas à Lemera où nous
étions, les Bugera et les autres. Ce n'était même pas
à Lemera qu'on a signé des accords. Et puis, quels
accords étaient-ce? C'était la création du Mouvement,
les objectifs, c'était surtout ce que chaque parti
devait apporter. Mais comme il n'avaient pas de parti
[proprement dite, sauf que que ces Tutsi Banyamulenge
AVAIENT UN PARTI UNIQUEMENT A CARACTERE ETHNIQUE ET
ETHNICISTE AU SEIN DE L'AFDL QUI S'APPELAIT «ANP» ET
QUI AVAIT COMME OBJECTIF: LUTTER POUR LA NATIONALITE
CONGOLAISE], donc ils n'ont rien apporté. Pour eux
leur parti c'était le gouvernement Rwandais [et leur
objectif: lutter pour la nationalité congolaise]. Et
voilà pourquoi ils ont pésé dans la balance. On les a
aménés chez nous comme ça. 

Donc, ces choses là, c'est-à-dire les tentatives
d'humilier notre pays en prétendant qu'ils peuvent
faire ceci, qu'ils peuvent faire cela, nommer les
dirigeants, on va faire ceci, le Congo est un grand
pays. Si nous réfusons d'être dominés par les
États-Unis qui ont une prétention insupportable, et
comment est ce que nous pouvons accepter d'être
dominés par les Rwandais et les Ougandais? Nous avons
dit: «NON!» 

Ainsi donc la génèse actuelle, et puis les mésattentes
et des conflits et des conflits, c'est ce que je viens
d'expliquer. Eux voulaient dominer, avoir des gens
qu'ils vont mettre au pouvoir pour que les Tutsi
dominent toute la région [LA TUTSIFICATION DU POUVOIR
DANS LES PAYS DE LA REGION DES GRANDS LACS, C'EST CE
QUE MOI LOKONGO J'AI TOUJOURS DENONCE]. Ils le font
déjà en Ouganda, au Rwanda, au Burundi, où il n'y a
pas de régime démocratique, où ils trouvent des
excuses dans des conférences internationales pour
justifier leur réfus de la démocratie parcequ'ils sont
moniritaires, parce que s'il y a démocratie, les Hutu
continueront, et eux ne vont pas participer au
pouvoir. Mais en attendant, ce sont eux qui sont au
pouvoir sans que les Hutu participent. 

Et nous avons bien fait d'expluser ces gens là [Mzee
Kabila a du dépêché une délégation dirigé par le
Ministre de la Justice Jeannot Mwenze Kongolo à Kigali
pour informer Paul Kagame de cette décision
souvéraine]. Ils ont commencé quatre jours après, le
2.08.1998, la guerre d'agression. Ils ont bombardé,
bombardé… Ils ont bombardé Bukavu, ils ont bombardé
Goma. Ils sont rentrés en force parce que vous savez,
ils traversent. C'est une frontière là, terrestre. 

COMMENT ONDEKANE A TRAHI 

Et comme dans l'est, nos unités étaient entrain de
travailler avec les leurs, ils ont corrompu mes
officiers qui étaient là, y compri quelqu'un que vous
voyez là, celui qui était avec nous mais pas pour
longtemps, qui est leur chef, Comment on l'appelle
encore? Ondekane. Ah oui, Ondekane Jean Pierre, qu'il
présentent comme leur chef de guerre. Un homme qui
était dans le département logistique, que j'ai nommé
comme Commandant de Division d'un brigade,
provisoirement . Mais ce pétit homme, ils en ont fait
le grand chef militaire. Et ils ont eu d'autres
Congolais par la corruption, ceci, cela. Ondekane, ils
l'ont fait marier à la soeur de James Kabarebe, à une
Tutsi, directement! Il a abandonné sa femme avec les
enfants à Kinshasa. Voyez encore le problème avec les
Congolais (rire). Ils vous laissent beaucoup de
problèmes! Il est là, et maintenant, il crie qu'il va
venir encore! Bon le voilà devenu un chef de guerre de
la rébellion. Et ils sont allés ramasser tous les
autres (aigris, réplis?) que vous connaissez: les
Tambwe Mwamba, les Zahidi Ngoma [qui a été arrêté,
libéré dans une chaise roulante, l'Unesco écrivant à
Mzee Kabila d'avoir pitié de lui], l'autre là, Lunda
Bululu, Wamba dia Wamba (rires), et vraiment une
kermesse des gens en tous cas corrompus et unutiles. 

BIZIMA KARAHA, ON LE CROYAIT CONGOLAIS MAIS IL NE
L'EST PAS! 

Et Bizima Karaha, qui était votre ministre des
affaires étrangères que je croyais Congolais (rires et
applaudissements), mais à très grande surprise, quand
j'avais démandé à l'armée Rwandaise de Kagame de se
rétirer, eux avaint déjà fait des valises, ils
disaient leur armée se rétire, ils se sentent en
insécurité! 

Moi je leur ai dit: «Mais non, votre armée reste.
C'est l'armée Rwandaise qui se rétire. Ce n'est pas la
votre (rires).» Mais ils ont disparus. ET J'AI COMPRI
QU'ILS N'ETAIENT PAS CONGOLAIS ALORS! (rires),
parceque l'armée qui se rétirait c'était l'armée
Rwandaise. Un ministre Congolais, un ministre d'État a
disparu! Un ministre des affaires étrangères a
disparu! (éclats de rires). Moi je me suis dit: «NOUS
ETIONS INFILTRES ALORS, INFILTRES AU SOMMET DE
L'ETAT!» 

Ainsi, on a pu découvrir plus de documents où Kagame
dirigeait ces gens là, et où il complotait pour que
les Tutsi prennent la tête de ce grand pays qui n'est
pas le leur! C'est de trop eh! Un pays qui ne les
appartient pas, ils veulent en prendre la tête?!
Quoi?! Mais ce n'est pas possible! Ça a été trop
grave. On a vu tout ça! Si seulement on avait su
avant, ça aura été bien. Mais le conflit a éclaté
après. Ils tentent d'accomplir ce qu'ils n'ont pas pu
réussir avec le coup d'état qui avait échoué le
2.08.1998. ET maintenant, je les vois entrain
d'échouer encore. 

RESISTANCE POPULAIRE ET UNITE NATIONALE 

Notre peuple se défend. Je suis très heureux que vous
tous avez pri conscience de la gravité de la situation
pour nous mettre tous ensemble. Tous les partis
politiques confondus chez nous, tous les Congolais se
sont mis ensemble dérrière le gouvernement. Ils m'ont
soutenu, je dois l'avouer très sincèrement; et je ne
sais pas ce que je ferai pour les rendre ce qu'ils ont
fait pour moi (applaudissements). 
 MZEE KABILA, LE SOLDAT DU PEUPLE DONNE SES ASSURANCES
AU PEUPLE POUR UN DEVELOPMENT AUTO-CENTRE DU CONGO ET
POUR UN PROGRAMME DE RECONSTRUCTION NATIONALE 

Mais ce que je dois vous assurer c'est que je suis un
soldat du peuple, et je ferai mon devoir jusqu'à mon
dernier jour. Je veux que mon pays soit totalement
libre; et en tous cas, c'est un pays moderne qui se
dévelope, où sur le plan social, tout doit être
transformé même au village (applaudissements), parce
que beaucoup de nos élites, beaucoup d'intellectuels,
beaucoup de citadins, les gens de ville qui sont
habitués à la ville ont peur de rentrer dans les
villages. C'est parce qu'il n'y a pas de vie là-bas.
Nous, nous sommes engagés dans un programme de
reconstruction et cela a porté fruit. Et tout cela
sans l'assistance extérieure, parce que les habitudes
politique en Afrique, c'est qu'on doit attendre de
l'aide de la France, des États-Unis, de l'Union
Européenne, de la Banque Mondiale, de ceci, de cela… 

Mais nous, nous avons dit depuis quand nous étions des
(sous–traitants?). Nous disions que l'autre lutte sur
la lutte de l'intelligence contre la force brute
(applaudissements). Nous disions alors dans un congrès
au maquis en 1976, que parce que nous avons tout dans
notre pays, nous ne pouvons même pas aller demander de
l'aide. Il faut utiliser l'intelligensia nationale
pour transformer tout ce que nous avons
(applaudissements). 

Ainsi donc lorsque nous sommes arrivés au pouvoir,
forts de cette conviction là, et jusqu'aujourd'hui,
nous essayons de transformer nos richesses, notre
monde, l'environement, économique, social, culturel
avec l'argent de notre pays. On a jamais réçu un seul
sou d'ailleurs. Et voilà qu'ils sont mécontents. 

SUR LA SERVITUDE DE LA BANQUE MONDIALE 

Il ne manque pas à la Banque Mondiale, ils viennent
avec des plans qu'ils ont toujours présentés pendant
37 ans du régime de l'autre. Toujours le même plan. Et
la classe politique de la Deuxième République, de
connivence avec ceux qui venaient de l'extérieur,
pillait le pays et achetait des villas en Europe et
aux États-Unis. Ils auraient peut être bien fait de
voler en Europe pour aller construire là-bas au pays.
Et comme on ne voulait pas continuer avec cette
culture, celle de voler chez toi et d'amener ailleurs;
et on ne voulait plus autoriser que l'on pille sans
payer les taxes, sans laisser des infrastructures
derrière, là où vous investissez. Avec l'arrivée du
gouvernement de Salut Publique, nous devions à la fois
inverser les priorités et même réglementer le jeu de
l'exploitation du pays. Ça n'a pas plu à tout le
monde. C'est ainsi donc que nous avions commencé une
période très difficile, caractérisé par des
incompréhensions à l'extérieur. 

La Banque Mondiale est venue avec le même plan, moi
j'ai dit «NON», nous avons notre plan à nous, c'est
nous qui souffrons. Nous connaissons de quoi nous
souffrons. Nous allons faire un plan pour resoudre
notre problème. 

Ils m'ont dit” «Ou est ce que vous aurez de l'argent?»


Moi j'ai dit: «On va l'avoir ici. Le Congo est riche.»
Et nous avons fait cela, nous avons notre plan. Il est
bien. C'est un plan qui doit developer notre pays. On
les a demandés: «Messieurs, nous voulons aussi des
autoroutes, tous ces ambassadeurs qui étaient là,
parce qu'ils étaient tellement habitués à appeler des
ministres, etc., moi j'ai dit: «Attention! Mes
ministres ne sont pas des garçons de course
(applaudissements). Il faut laisser les ministres
resoudre les problèmes du pays. Si vous allez
continuer à les appeler la nuit, les coups de
téléphones, qu'est ce que vous traitez avec eux. Chez
vous, nos ambassadeurs ne peuvent pas faire ça. Nous
ne sommes pas capables d'appeler les ministres belges
, Français ou Américains qui doivent aller chez
l'ambassadeur Congolais qui doit leur dire des choses
qu'ils doivent faire. Et si vous ne faites pas là,
chez moi je ne veux pas!» 

Mais ils trouvent ça stipude, arrogant! Moi je dis:
«Mais c'est pourtant la vérité!. Chez vous ça part
bien, Ça doit aussi partir bien chez nous. Ne nous
immixer pas dans nos affaires.» 

Alors, ils me disent: «Comment est ce que vous allez
avoir de l'argent? Vous ne fairez même pas trois
mois!» Moi j'ai dit: «Trois mois?! Mais je ferai plus
que trois mois! (applaudissements).» 

SUR LE PLAN TRIENNAL DE RECONSTRUCTION NATIONALE 

Ainsi vous connaissez, nous avons préparé un bon plan
de reconstruction du pays. Ils m'ont dit qu'il faut
aller le défendre à Bruxelles. Moi j'ai dit: c'est
vrai? Oui! On a envoyé une délégation à une conférence
qu'ils ont appélé «La Conférence des Amis du Congo».
J'ai dit à mes ministres: «Allez-y, defendez votre
plan. S'ils vont donner de l'argent, c'est bien» Mais
moi je les ai informés qu'ils n'auront pas de l'argent
parcequ'ils savent bien que nous ne sommes pas entrain
de servir leurs intérêts! Si nous étions entrain de
servir leurs intérêts, ils donneraient quelques primes
d'argent pour nous corrompre. Pas pour déveloper le
Congo. Alors maintenant , il faut un choix: ou vous
êtes pour le peuple, acceptez de rentrer sans argent,
ou vous êtes pour eux, bouffez l'argent, rentrez
trahir votre peuple. C'est fini! 

Ils ont apprécié le plan, ils ont commencé à faire des
éloges: «Oh là là! C'est le prémier plan cohérent
qu'ait présenté ce pays là.» Moi j'ai dit: «Hm, toutes
les années, Mobutu ne faisait pas de plan? Si c'est le
premier, c'est mieux!» Ils ont dit que c'est un plan
cohérent, ceci, cela, mais il faut travailler avec la
Banque Mondiale, il faut travailler avec ceci… Ils
sont revenus. On a ouvert un «Trust Fund», un compte
commun, c'est-à-dire un pannier où ils vont jetter de
l'argent. Jusqu'aujourd'hui, le ministre du plan ici
me disait: «Président, ici il n'y a que 13 millions.
13 millions et encore que nous n'avons pas le droit de
toucher à ces 13 millions, parce que pour toucher, il
faut que nous puissions justifier d'abord notre
situation des violations des droits de l'homme; et il
faut qu'il y ait [la signature] de ce pays Scandinave
là, la Suède qui préside l'Union Européenne, et les
autres, et les autres…, et nous mêmes, nous sommes nul
part! Et ils veulent dire dans quel secteur cet argent
doit être utilisé. 

Moi j'ai dit alors dans ce cas ils peuvent oublier.
S'ils veulent nous contrôler de cette façon là, on a
pas besoin de cet argent. 13 millions c'est quoi?
D'abord, ils me disaient que c'était 84 millions. Moi
j'ai dit à tous les ambassadeurs de l'Union
Européenne: «84 millions pour le Congo, c'est quoi?!
Nous avons beaucoup de moyens de faire sans cela! Et
nous avons beaucoup de moyens de le faire sans vous!
Sans cet argent là! Et nous ne voulons pas des
conditions!» En tous cas, je leur ai dit: «Allez avec
votre argent! Nous continuons et nous avons plus que
100 millions, plus que le pannier des autres. Encore
nous n'aurons pas le droit de décider sur
l'utilisation de cet argent!» 

LES MEDIAS OCCIDENTAUX, CAISSES DE RESONNANCE DES PAYS
AGRESSEURS ET DES SUPERPUISSANCES 

Vous voyez que ce sont des blah, blah…! Ils se sont
trop familiarisés avec l'Afrique, ils jouent avec nous
comme des gamins. Mais cette fois-ci, quand ils ont vu
que le Congo est devenu majeure, reaction? – la haine.
La haine! Nous n'avons rien contre les Américains, les
Européens, les ceci, les cela. Mais vous mêmes, vous
écoutez RFI et les autres. Quelle campagne?! Quelle
bassesse?! Ils ne font qu'accuser le Congo tout le
temps: «Tout ne va pas, il n'y a pas ceci ou cela!». 

Mais ça va quand même bien sinon le peuple ne se
serait pas leagué autour du gouvernement. Cette
fois-ci, le peuple a compri que la politique [que nous
faisons], c'est la siènne. Nous, nous ne sommes que
des executants fidèles. C'est tout! C'est pourquoi
tout le monde au Congo tend à se mettre ensemble avec
la direction du pays pour que nous puissions arriver à
notre objectif. Cette fois-ci, parce que la guerre est
venue s'intercaller sur notre marche avant, nous avons
une priorité d'écraser les envahisseurs. Et je vous
avoue qu'ils seront écrasés (applaudissements). Chaque
jour qui passe, ils deviennent de plus en plus
faibles. 

Bien sure, les radios étrangères qui leur sont
favorables, parce que c'est par l'intermédiaire de ces
pétits pays là, les deux, le Rwanda, l'Ouganda, qu'on
voulait piller le grand Congo! Et, lorsque nous
pensons, maintenant, est ce que nous avons déjà
accompli ce que nous avons promi à nos compatriotes? –
c'est parce qu'ils nous ont pri au depourvu, ils nous
ont pris par surprise. Nous nous croyions qu'ils
étaient des pays amis, mais ils avaient dépuis
plusieurs mois amassé des armes, fait l'espionnage,
ils ont préparé la guerre pendant sept mois.
Maintenant c'est connu, c'est publié dans tous les
journaux occidentaux: le complot contre Kabila, les
Rwandais du Congo, sept mois de préparation de guerre
et la main des États-Unis derrière, et des autres,
comme toujours, comme toujours! Ils n'ont jamais voulu
le bonheur et l'indépendance de notre peuple! 

L'ALTERCATION AVEC LA SECRETAIRE D'ETAT AMERICAINE
MADELEINE ALBRIGHT 
> 
Mais moi je me suis toujours vu avec leur Dame là,
Madeleine Albright. Je lui ai dit: «Madame, vous vous
rendez compte! Quand on a déclenché le fameux coup
d'état là , le lendemain, c'est elle qui sonne pour
dire que Monsieur Kabila, nous ne sommes pas d'accord
avec l'extermination des Tutsi. Le lendemain du coup
d'état!» 

Moi j'ai dit: «Ou est ce que vous les aviez vus
exterminés? Vous êtes mal venue! Ces agresseurs
viennent nous agresser et vous, vous dites que nous
sommes entrain de les exterminer?! Vous voulez donc
qu'on croise les bras pour qu'ils viennent faire ce
qu'ils veulent. C'est vous qui les aviez envoyés en
mission ou c'est quoi?! Et j'ai coupé le téléphone!
(éclats de rires). J'ai cru qu'il ne fallait pas
continuer à m'expliquer… et elle va crier partout: oh,
il a coupé le téléphone, il était nerveux, ceci,
cela…» 

Comment voulez-vous que les gens viennent nous tuer,
nous on se défend, vous me dites que je suis
génocidaire! C'est quoi?! Qu'est ce que ça signifie?
Alors mieux vaut ne pas parler!!! 

Aujourd'hui, le Congo ne peut jamais baisser les bras
et ne pas se défendre. Nous avons expliqué
profondement ce que je viens d'expliquer ici
solennellement à beaucoup de pays Africains qui ont
compri, parce que beaucoup d'autres étaient trompés
par la diplomatie beaucoup plus active de Museveni,
fondée sur le mensonge, sur la distortion de
l'histoire: comment le Kivu appartenait à tel [Royaume
Tutsi] à ceci, à cela… des choses qu'il ne faut même
pas écouter. 

Le Congo est donc en guerre, et nous sommes entrain de
nous mobiliser totalement. Et vous qui êtes ici, la
preuve est qu'il y a la fête ici, et vous venez
écoutez les nouvelles du pays, moi je veux vous dire
que les nouvelles sont très optimistes, elle sont
présentes. Bien que les ennemis soient encore à
Kisangani, mais encerclés et entrain de se battre
partout, partout, les peuple est entrain de prendre
conscience [les Boyomais ne cessent de le dire: les
Tutsi ne passeront pas! Kagame ne passera pas!]. Il y
a des gens qui prennent des flêches, des lances, et
qui avancent. Le peuple se mobilise. Naturellement,
lorsqu'ils sont venus, ils ont pillé l'ouest, Matadi,
vous avez entendu, ils ont dérangé les installations
d'Inga, ce sont des jaloux. Ils ont incendié les
installations de Socir… tout réprend maintenant. On
réprend. Et nous avons plusieurs prisoniers de guerre
de ces gens. Quand ils prétendent qu'il n'y a rien de
Rwandais, mais je vous avoue que ces gens sont des
sadiques, parcequ'on a tout, les prisoniers sont là,
les preuves sont nombreuses… 

LE CONGO N'EST PAS CONTRE LES ETATS-UNIS, IL N'EST PAS
A VENDRE NON PLUS 

Le malheur est qu'un grand pays comme les États-Unis
n'a pas pu condamner ouvertment l'agression de ces
gens là contre le Congo, la violation de nos
frontières, de la souverainété de notre pays. Alors,
nous ne sommes pas d'accord avec eux, Ce n'est pas le
gouvernement Congolais qui est contre les États-Unis,
c'est ce pays, les États-Unis qui sont contre le
peuple Congolais, parcequ'ils prétendent être le pays
le plus grand et le plus fort du monde. Et ils
s'appellent quoi, leader du monde. Alors s'ils sont
leader du monde, il faut partager la justice, non!
Mais lorsque le Congo est agressé, ils viennent et ils
vous disent que vous, vous êtes mauvais, vous
comprenez?! Mais nous sommes agressé chef! (éclat de
rires). Un tel chef, on ne peut pas l'accepter! Nous
sommes agressés, mais ils nous disent, non, non, non
la démocratie, vous ne voulez pas la démocratie. Mais
nous parlons de l'agression. Et les agresseurs
sont-ils démocrates parce que vous les soutenez?! Oh
non, nous leur disons, vous savez… et ils sautent sur
un autre sujet. 

Donc nous ne sommes pas contre les occidentaux. Mais
nous ne sommes pas d'accord avec eux lorsqu'ils ne
veulent pas que les intérêts de notre peuple soient
défendus. Ça sera ainsi jour pour jour jusqu'à ce
qu'ils changent. Nous, nous n'avons rien à changer
(applaudissements). Changer pour mettre quoi! Ils ont
tout, nous n'avons rien, alors que nous sommes plus
riches que la Belgique, que la France… Comment se
fait-il que nous soyons à la queue de l'histoire et
nul part (applaudissements). Mais ce n'est pas
possible. Et ils nous trouvent foux parce qu'on peut
pas se déveloper s'ils ne nous donnent pas de
l'argent. Je vous avoue que c'est faux! Nous avons
tout, nous leurs vendons et ils viennent en masses,
ils veulent investir. Ils disaient qu'il n'y aura pas
un seul investisseur qui sera là! Mais nous en avons
beaucoup! Ils viennent. Ils ont inauculé l'appétit de
guerre dans les veines des autres pour nous empêcher
de continuer avec notre programme. Et maintenant ils
se rendent compte qu'ils ont échoué. Et maintenant,
ils vont repartir sur les accusations de la
démocratie. Oh, nous ne sommes pas démocrates. 

SUR LE PROCESSUS DE DEMOCRATISATION 

Mais, écoutez, mes frères et soeurs, vous connaissez
l'histoire de notre pays?! Nous avons pri le pays en
main et nous avons dit que nous ne ferons que 24 mois,
c'est-à-dire deux ans, et puis la démocratisation va
suivre. Et tous les autres qui ont le pouvoir, ont
fait 5 ans, 10 ans [Museveni a fait 10 ans d'abord
sans organiser les élections]. On ne leur demande pas
des comptes de démocratie. Chez nous quand j'avais
juste pri le pouvoir, oh élections! Ils me disent, oh
élections, démocratisez maintenant. Mais il y a un
mois, deux mois, les gens ne sont pas bien assis, le
pays est completement détruit, mais il faut remettre
des strictures en place! 

Ils me disent après deux mois, oh, associez les
autres. Prenez au moins quatres partis. Mais vous
choisissez sur quelle base de critères. Et quels
autres? Ils étaient ici, ils ont fait la fête, toutes
les fêtes des conférences nationales souveraines
[suivi d'une transition de 7 ans qui a connu 10
gouvernements d'union nationales sans une
démocratisation quelconque de notre pays. Le dictateur
était toujours là], des histoires comme ça, mais
c'était leur fête! Tant que je n'étais pas avec eux,
je ne peux pas les inviter. Il faut que je considère
d'abord notre propre situation et puis, nous verrons
après. Deux ans, ce n'est pas une longue période. Ils
peuvent patienter! Mais ils ont fait beaucoup,
beaucoup de bruits autour d'une certaine dictature qui
se construisait au pays. La preuve est que le peuple a
vu qu'il n'y a pas de dictature, ce sont les soldats
du peuple qui se battent pour qu'il n'y ait plus de
dictature occidentale. C'est ce que le peuple a
decouvert, parce que tout ce que nous faisions était
dans le but d'amener le peuple sur le chemin des
élections. Mais il faut un temps. 

N'importe qui aurait pri le fameux Zaire là, la tête
du fameux Zaire là aurait besoin de deux ans avant
d'organiser les élections. Eux-mêmes, les occidentaux
le disaient d'ailleurs: «Oh celui qui va prendre la
tête du Zaire, on ne sait pas comment il va s'en
sortir.» Et ils voulaient bien se laver les mains,
parcequ'ils voulaient bien être de la partie,
c'est-à-dire, faire la fête avec ceux qui vont prendre
le pouvoir, parce que sans eux, le Congo ne peut pas
se reconstruire. Ils se voyaient déjà se partageant
les cadeaux [se dit de Bechtel], qui va prendre le
Kivu pour l'or, etc., ils voulaient beaucoup plus
promouvoir leurs propres plans, mais sans le plan du
peuple Congolais. Ils étaient tous occupés à dire:
«Nos intérêts, nos intérêts, nos intérêts!» 

Et moi je vous avoue que tous ces messieurs me
connaissent bien. Moi je leur ai dit: «Comme moi je
n'ai pas de chef, je n'ai que mon peuple, je ne
donnerai à personne les intérêts de mon peuple!»
(applaudissements). On nous a laissé entendre, les
intérêts de ceci, les intérêts de cela… [les intérèts
des États-unis, de la France, de la Belgique, du
Canada, de la Grande Bretagne…]. Moi je leur ai dit:
«Commencer par demander: quels sont les intérêts du
peuple Congolais? Ou sont-ils?». S'ils disent: «Oh,
écoutez ceci…», moi je dis: «Dites-moi, est ce qu'il y
a les intérêts du peuple Congolais aux États-Unis
qu'il faut défendre là-bas? (rires et
applaudisements). S'il n'y en a pas Congolais, nous
devons faire de même, nous défendons nos intérêts
d'abord, et uniquement nos intérêts! Les autres ont
des associations des échanges, de commerce, c'est
fini! 

Mais comme ils n'ont jamais vu un tel régime, ils
viennent avec des démocraties, démocraties,
démocraties. Et nous sommes préparés à aller vers les
élections. J'ai appri avant-hier lorsqu'on m'a donné
les minutes de sécurité de ses amis là. Ils disent
maintenant: «Oh voilà, Kabila est trop fort – je ne
sais pas comment je suis trop fort – que le peuple est
derrière lui [attention il faut le suivre]. Maintenant
il va dire qu'il aille aux élections (éclats de
rires).» Mais nous ne disions pas que nous n'allions
pas aux élections. C'était prévu. Nous avons un
calendrier, nous devons l'appliquer. Maintenant, ils
trouvent que c'est trop tôt (éclats de rires), ils
trouvent que c'est trop tôt, déjà ils commencent des
critiques et ils disent, au lieu des élections, il
faut la «Table Ronde.» 

LAURENT DESIRE KABILA A DIT «NON» A LA TABLE RONDE DES
COMBINES POLITICIENNES, PAREILLE A CELLE DE SUN CITY 

La «Table Ronde», c'est-à-dire, il faut des combines
politiciènnes où le peuple ne verra pas claire, il n'y
aura pas de démocratie, ils veulent seulement le
groupe de Kabila, les autres avec lesquels il devait
se mettre ensemble, parcequ'ils écrivent même des
lettres pour dire: appelez l'UDPS, appellez Boboliko,
Le Palu, les ceci, les cela… et nous allons en
conciliabules, dans des pétites réunions là pour se
partager le gateau, les portefeuilles de l'État, pour
dire, oh c'est comme ça, vous prenez un tel
portefeuille, moi je prend ce portefeuille, ainsi de
suite. Et le peuple?! RIEN! C'est ça qu'ils appellent
«Table Ronde». Et nous, nous repondons: «Table Ronde?!
Mais il faut que le peuple décide. Nous irons vers les
élections, chaque parti doit avoir son programme, et
le peuple va trancher.» 

Maintenant, ils ont peur d'aller vers les élections.
Ils disent «Table Ronde», il veulent deux ans encore
du gouvernement, ils veulent être autour de moi, c'est
ce qu'ils vous disent, c'est ce qu'ils vous proposent
(NON, NON, NON, PAS AVANT LES ELECTIONS, repond
vivement l'assemblée). 

Vous avez raison! Mais ces messieurs sont très actifs
à écrire des lettres à tout le monde, y compri les
alliés, pour dire: «Voilà, demandez au Président
Kabila qu'il vous écoute pour qu'il y ait une «Table
Ronde». Tout le monde écrit des lettres à commencer
par Tsisekedi qui ne se fatigue pas! (rires et
appluadissement). C'est vous qui allez décider. Mais
notre position est que les combines politiciènnes ne
font pas du bien pour le peuple [comme l'après Sun
City le démontre d'ailleurs! L'histoire donne enfin
raison à Laurent Désiré Kabila!]. C'est justement
écarter le peuple du pouvoir et un groupe de
politiciens que l'extérieur va continuer à manipuler
qui va être aux affaires. Et le peuple n'aura rien.
Alors, maintenant nous disons: «NON, NON, NON! Nous
devons rester attachés à notre peuple. Nous ne devons
pas trahir notre peuple. » 

S'ils ont peur des élections, c'est leur affaire, ce
sont eux qui demandaient les élections. Pas de
combines, allons nous présenter devant vous. C'est à
vous de dire si vous voulez les divisions, si vous
voulez qu'on soit les esclaves des autres, ou si vous
choisir votre bonheur! C'est ça le problème capital
qui se trouve là-bas. On doit trancher entre les
combines politiciènnes que nous, nous rejettons
completement, parce que cela va nous amener dans des
ambassades: les États-Unis disent ceci à ce groupe! La
France a ses profs! Ça c'est pro-belge! Ça c'est pro-
quoi! Et cette fois-ci parce qu'ils ont cherché les
«pros, pros, pros», et ils n'en ont pas trouvés dans
mon gouvernement, ils se trouvent surpris: «Ah, cet
homme est seul comme ça!» 

Seul?! Mais je suis avec le peuple! C'est ça! Et ils
ont peur maintenant! Ils n'aiment pas des dirigeants
qui ont vraiment l'appui du peuple parce que ça, ils
ne contrôlent pas! Et pourquoi ils veulent nous
contrôler quand nous on ne peut pas les contrôler. Il
faut toujours se poser des questions. 

Nous pensons que nous sommes dans la bonne voie, que
s'il s'agit maintenant d'aller aux élections, nous
nous y employons, pour que tout le monde, tout le
monde, y compri les Tsisekedi et les autres, aillent
voter là-bas. Et qu'ils soient peut-être élus. Si nous
partons aux élections, nous on joue le jeu
démocratique. L'armée c'est l'armée du pays, et on
leur laisse le tout. Nous rentrons dans nos villages
et nous continuons à vivre comme les autres. Mais, on
ne peut pas accepter de ne pas aller demander le vote
du peuple, qu'on accepte que les étrangers nous
disent: «Non, faites la «Table Ronde» entre vous…»
Mais ces étrangers, vous n'êtes pas fatigués de ces
gens là?! 

LE TESTAMENT DE MZEE LAURENT DESIRE KABILA 

«Toujours, toujours, quand les choses veulent bien
aller, il y a des étrangers qui viennent. Mais,
maintenant avec le Congo actuel, je crois qu'ils n'ont
pas grand espoir, ils ne parlent que d'ASSASSINAT,
ASSASSINAT, ASSASSINEZ! Mais moi je suis prêt à tout!
Eh! J'ai choisi mon camp, c'est le camp populaire. Je
ne trahirai pas mon peuple. L'assassinat ou quoi ça ne
va rien changer. Et maintenant encore que le peuple a
pri conscience, beaucoup de centaines, de milliers de
jeunes hommes à Kinshasa et dans toutes les autres
provinces, prennent conscience. Alors je pense que
notre mission, bien que non encore accomplie, mais
elle est entrain de s'accomplir: la prise de
conscience de ce peuple qu'il est un et indivisible.
Qu'on ne le divise pas avec des partis politiques qui
n'ont aucun programme.» 

SUR LES ELECTIONS VRAIMENT NATIONALES LIBRES ET
TRANSPARENTES 

Ces partis étaient toujours là, qu'est ce qu'ils ont
changé? Et maintenant, ils ont peur d'aller au vote.
Et qu'est ce qui se passe finalement parce qu'ils ont
voulu la démocratie? Mais nous préparons. J'espère
qu'il y aura à la date prévue, les élections chez
nous. Et nous devons le faire. Et vous ici, vous aller
élire aussi, vous devez élire les dirigeants de votre
choix. (Oui, oui, applaudissemnts). Vous devez le
faire. On va commencer par les présidentiels, je
crois, d'après ce que les amis qui parlaient là-bas. 

Et nous devons tout faire pour que la direction de
notre pays soit patriotique. Pas des élections avec
l'argent venu de l'extéreur, de l'étranger. Nous ne
voulons pas ça. Et il faut que les élections soient
réellement nationales.Chacun de vous décide avec son
âme et conscience de son choix. Pas de manipulation,
des gens qui veulent rester au pouvoir pour s'habituer
à s'nerichir. Ce n'est pas bien. Nous ne sommes pas
venus pour nous éterniser au pouvoir. Nous avons un
projet que nous avons soumi au peuple, c'est au peuple
de décider de ce projet là. Nous voulons que la pays
marche. Et c'est dans le cadre d'un projet là qu'on
est entrain de dire au peuple: «Voilà ce que nous
voulons que le pays fasse, comment va-t-il y parvenir,
devenir? Avec leurs propres mains, avec leur argent,
sans compter sur l'argent des autres; parce que les
autres sont venus chercher l'argent chez nous, et puis
donc il y en a toutjours chez nous. Ce n'est pas
encore épuisé. Et maintenant avec cet argent là, nous
devons construire notre bonheur. 

«ERREURS OUI, TRAHISON JAMAIS!» 

Nous sommes engagés sur cette voie là. Je vous invite
d'être avec nous. Avec le Gouvernement du Salut
Publique, parce que c'est un gouvernement populaire,
un gouvernement du peuple qui n'est pas capable de
trahir les intérêts nationaux. Ce n'est pas possible.
Nous pouvons commettre beaucoup d'erreurs, mais pas de
trahison. Et puis chez nous il n'y aura pas de
dictature. Personne n'a besoin de dictature! On en a
vu avec notre frère Mobutu! Les gens ont sué les
années durant jusqu'à créer cette misère qui n'existe
que dans notre pays, où il y a encore des gens, pieds
nus et tout nus. Mais il y a beaucoup de contrées où
les gens sont tout nus, et les gens s'étonnent: «Mais
comment?! Les routes ont disparues, il n'y a rien! Un
grand pays où on trouve vraiment la vegetation la plus
luxuriante, mais les gens ne cultivent pas, parce
qu'ils sont condamnés avec la pétite houe, alors que
nous sommes très riches. On peut mettre partout des
tracteurs, des irrigations partout, des choses comme
ça. C'est ça notre projet. Moderniser, et non être des
chefs, des gens qui veulent s'enrichir, etc.,
S'enrichir pour faire quoi?! Il faut avoir honte
d'être riche parmi les gens appauvris comme chez nous
(applaudissements). 

REMERCIEMENTS ET APPEL A L'UNITE 

Merci beaucoup. J'ai peut être abusé de votre temps
(non, non répond l'audience), mais vous m'avez posé
une question et je devais répondre. J'ai été un tout
pétit peu long, mais sans beaucoup de détails. Nous
aurons l'occasion d'en faire. Nous avons un problème.
Nous devons tous être ensemble. Ne nous divisons pas à
cause des partis politiques qui n'ont pas servi
[positivement] le pays. L'élan actuel où il y a un
consensus national, c'est la force qui imprime d'abord
la marche vers le dévelopement avant et qui fait peur
à ces détracteurs là du Congo de toutjours. Nous
sommes entrain de vaincre. Mais si vous rélachez, vous
acceptez d'être divisés encore, avec des sentiments,
oh moi je suis de telle province… Personne n'a choisi
ni sa tribu, ni sa province. Nous sommes Congolais un
et indivisible. Et nous devons construire notre pays. 

C'est pour cela que je vous demande de dire à tous les
autres qui ne sont pas ici maintenant que vous tous
devez vraiment penser à votre pays. J'en ai la
conviction, j'ai vi l'enveloppe. C'est déjà une preuve
de votre bonne volonté et une preuve de solidarité
avec ceux qui sont dans le pays. Et nous là, nous
allons dire nous avons nos enfants là-bas au Gabon.
Ils sont là. Ils sont de coeur avec nous. Et si vous
faites cela, et vous le faites déjà, sachez que le
Congo est une très grande nation que personne ne va
battre. 

Je suis ici avec les Chefs de l'État de l'Afrique
Centrale afin de leur expliquer la situation chez nous
qu'ils connaissent déjà. Et on verra ce que l'on
pourra faire ensemble pour aider le peuple Congolais.
C'est pourquoi nous sommes ici, parce que disent-ils
«la stabilité au Congo, c'est la stabilité de toute la
région de l'Afrique Centrale». Ils sont concernés,
nous sommes concernés, nous sommes autant concernés
qu'eux. Alors c'est pourquoi nous sommes ici. Nous ne
sommes pas venus mendier! NON! Nous sommes venus
expliquer à nos frères qui nous ont demandé de les
expliquer la position du gouvernement Congolais, du
peuple Congolais face à l'agression. C'est ce que nous
allons faire. C'est mieux de les informer, et ils vont
se prononcer. Nous avons déjà parlé l'autre fois quand
j'étais venu, avec le Président Bongo, qui a condamné
l'agression, ouvertement. Et il l'a dit aux médias. Et
ils sont nombreux à condamner l'agression. 

Comme nous nous retrouvons, on fera le point de la
situation militaire qui prévaut dans le pays et les
problèmes connectés à cela. Donc voilà pourquoi nous
sommes là. Je dirai à la population de Kinshasa la
ferveur avec laquelle vous nous acceuillez ici, et
votre soutien total à leurs efforts. Et je vous
remercie beaucoup! (applaudissements suivis d'une
intervention de Tabu Ley Rocherau). 

Écoutons Tabu Ley Rocherau: «Nous les artistes
Congolais que vous connaissez les plus célèbres
artistes musiciens, sommes réunis autour du Président
de la République dépuis le jour de l'agression des
barbares Rwandais et Ougandais et nous ne l'avions pas
laché, et nous sommes toujours avec lui.» 

[Tabu Ley Rocherau est maintenant avec le RCD-Kigali
(Ruberwa et autres), donc avec les même barbares
Rwandais]. 

MESSAGE DU CHEF DE L'ETAT MZEE LAURENT DESIRE KABILA
AUX CONGOLAIS DE LIBREVILLE, QUI RESTE ENCORE
D'ACTUALITE CAR A OBSEVER LES CHOSES AU CONGO
D'AUJOURD'HUI, POINT N'EST DE DIRE QUE L'HISTOIRE LUI
DONNE RAISON CHAQUE JOUR QUI PASSE: 

LORS DE CETTE RENCONTRE MZEE KABILA FAISANT LE POINT
DE LA SITUATION, A BIEN REVELE DES CHOSES: 

1. COMMENT LES TUTSI BANYAMULENGE NE SONT CONGOLAIS
QUE DE MASCARADE. ILS AVAIENT UN PARTI UNIQUEMENT A
CARACTERE ETHNIQUE ET ETHNICISTE AU SEIN DE L'AFDL QUI
S'APPELAIT «ANP» ET QUI AVAIT COMME OBJECTIF: LUTTER
POUR LA NATIONALITE CONGOLAISE 

2. COMMENT KAGAME DOIT LA SURVIE DE SON POUVOIR A MZEE
LAURENT DESIRE KABILA 

3. COMMENT LE COMPLOT CONTRE LA RDC A ETE CONCOCTE DE
LONGUE DATE 

ÉCOUTONS LAURENT DESIRE KABILA: 

«Qu'est ce qui se passe dans notre pays? Quelles sont
les motivations de nos agresseurs? On a déjà expliqué
à plusieures réprises et de différentes manières.
D'autres ont des versions selon lesquelles les
Rwandais ne voulaient pas de Kabila, parce que Kabila
n'était pas manipulable. Mais ce qu'ils veulent c'est
surtout le Congo, ce n'est pas surtout de Kabila. Pour
moi ils me prenaient pour un obstacle. 

Et nous étions avec le Rwanda. Cette alliance était
une alliance d'intérêts. Nous l'avons clamé toujours.
Nous devions passer par le Rwanda pour détroner le
régime de chez nous, qui n'était pas un régime
populaire, un régime qui a apporté la misère, etc,
etc,. Tout le monde le sait. Nous nous sommes
réconciliés avec tout ce monde là, à commencer par
Mobutu lui-même. Mais le régime, c'est un régime qui a
plongé dans l'irrésponsabilité illimitée; chose que
Mobutu a reconnu parce qu'

mardi 18 décembre 2007, a 09:49
La CPI exhortée à enquêter au Nord Kivu
 

 

 

Des appels ont été lancés pour que la Cour soit plus active dans la province, particulièrement dans les zones isolées où des crimes terribles ont été commis.

 

Blottis dans un stade de football détrempé dans le district de Rutshuru, dans la province du Nord Kivu, certains de ceux qui ont été éloignés de leurs maisons par les combats récents entre les groupes rebelles ont indiqué à l'IWPR que la justice internationale les a jusqu'à présent ignorés.

« [La Cour pénale internationale, CPI] nous a oubliés », a déclaré Laurent qui vit depuis octobre dans un immeuble abandonné près du stade, après avoir fui son village suite à une attaque des troupes fidèles au général tutsi dissident Laurent Nkunda.

La CPI a, à ce jour, initié des affaires contre deux chefs de milice congolais. Mais Thomas Lubanga et Germain Katanga viennent d'Ituri et non pas du Nord Kivu où les combats qui font rage depuis décembre dernier ont provoqué le déplacement de près de 400 000 personnes, dont plus de 160 000 dans les deux seuls derniers mois, selon les Nations Unies.

L'ONU a indiqué qu'il y a actuellement près de 800 000 PDPP (Personnes déplacées dans leur propre pays) au Nord Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo, RDC.

« Nous entendons les gens parler de la CPI à La Haye. Mais ça c'est pour l'Ituri », a indiqué un travailleur d'ONG à Rutshuru, qui aide ceux qui ont été expulsés de leurs maisons par les combats. « Qu'ils viennent enquêter ici. Nous pouvons leur monter des fosses communes. Nous pouvons leur montrer ce qui se passe ici ».

La CPI insiste sur le fait que le Nord Kivu est dans sa ligne de mire, mais ce n'est qu'un faible réconfort pour ceux qui sont sur le terrain à Rutshuru – au nord de la capitale de la province, Goma – où ceux qui fuient les combats continuent à arriver et où les conditions de vie sont lugubres.

Le travailleur de l'ONG a indiqué que des milliers de familles ont du se réfugier dans les camps et d'autres abris temporaires le mois dernier, y compris dans des écoles locales où certains cours sont annulés pour faire face à l'afflux.

Récemment, lors d'un après-midi, alors que la pluie tombait et que la terre volcanique noire se transformait en boue, les PDPP se sont rassemblés sur les gradins recouverts du stade. D'autres se sont blottis sous des bâches en plastique ou ont posé des seaux sur leurs têtes. Certains se sont réfugiés sous des voitures.

Le Programme alimentaire mondial est présent à Rutshuru et l'agence d'aide Caritas a envoyé de la nourriture, des vêtements et des casseroles. Mais le travailleur de l'ONG a indiqué que la crise humanitaire empirait dans la région, alors que de plus en plus de Congolais fuient leurs maisons. « Nous sommes complètement dépassés. Nous n'avons pas la capacité de faire face », a-t-il indiqué.

Laurent et nombre de ses voisins se sont enfuis du village de Jomba le 20 octobre lorsque les troupes de Nkunda ont attaqué. Il a affirmé que des maisons avaient été incendiées et que des femmes avaient été violées.

Un autre homme, montrant les collines à l'horizon, a indiqué que les combats signifiaient qu'il ne peut retourner à ses champs. Il a décalré être affamé et assoiffé.

Nkunda, un Tutsi congolais entraîné au Rwanda qui déclare qu'il protège la minorité tutsie du pays, aurait 6 à 8000 hommes sous ses ordres. Des tentatives pour intégrer les partisans de Nkunda dans l'armée congolaise ont échoué et des affrontements entre les deux parties se sont intensifiés dans les mois récents.

Outre la multitude de combattants, on trouve aussi les troupes des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, FDLR, dont les soldats ont affronté Nkunda et l'armée.

Le FDLR est un groupe rebelle rwandais hutu qui comprend quelques membres de la milice Interahamwe responsable du génocide rwandais de 1994 qui a coûté la vie à plus de 500 000 Rwandais tutsis.

Pour ajouter à la misère au Nord Kivu, il semble que la tension ethnique soit désormais en augmentation entre certains Hutus et Tutsis dans la province.

Majoro Sebageni, 20 ans, a indiqué à l'IWPR que lui et ses camarades de classe hutus s'étaient enfuis de leur école à Jomba suite à des rumeurs de recrutement forcé d'étudiants par l'armée de Nkunda et à des affrontements entre les Hutus et les Tutsis dans la cour de l'école.

Sebageni, qui s'est réfugié dans un orphelinat à Rutshuru, n'a aucune idée de ce qui est arrivé à ses parents et ne retournera pas chez lui, affirmant qu'il a reçu des lettres de menace de Tutsis lui ordonnant de rester à distance.

« En résultat des affrontements continus entre l'armée et les troupes de Nkunda et d'autres groupes armés, nous constatons une nette augmentation de la tension entre les Hutu et les Tutsi et entre les Tutsis et d'autres groupes au Nord Kivu », a indiqué Anneke Van Woudenberg, chercheuse sur la RDC à Human Rights Watch.

« C'est dangereux et cela pourrait résulter en d'autres problèmes entre les communautés locales et aboutir à la violence ».

Bien que de nombreuses personnes au Nord Kivu accusent clairement Nkunda pour la violence, Van Woudenberg déclare toutes les parties au conflit se sont rendues coupables de crimes graves. L'épidémie de violence sexuelle et le recrutement constant d'enfants soldats sont deux sources de préoccupation sérieuse, a-t-elle indiqué.

« Il est tout à fait clair que tous les groupes, y compris l'armée, commettent des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au Nord Kivu », a-t-elle indiqué. « Il n'y a pas de gens bien au Nord Kivu, et tous les groupes sont responsables pour les violations des droits de l'homme ».

A La Haye, la CPI est en train de sélectionner sa troisième affaire au Congo, même s'il n'est pas encore clair si cela concernera le Nord Kivu.

La Cour rassemble des informations sur les crimes commis par toutes les parties sur place, y compris le viol, le transfert forcé, le meurtre et le recrutement d'enfants soldats.

« Nous envisageons différentes possibilités – les forces de Laurent Nkunda, le FDLR et aussi les forces régulières des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo) », a indiqué Béatrice Le Frapper Du Hellen, chef de la Division de la CPI qui travaille avec les gouvernements pour assurer leur coopération.

Dans le Nord Kivu, l'opinion est partagée sur la question de savoir si la CPI devrait en faire plus.

Jules Mbokani Mathe du Centre de recherche pour l'environnement, la démocratie et les droits de l'Homme à Goma a déclaré que les arrestations de Lubanga et de Katanga avaient suscité une lueur d'espoir. « Nous comprenons que l'affaire est en train d'évoluer et qu'un jour il y aura une arrestation ici », a-t-il dit.

Mais des appels ont été émis pour que la CPI soit plus active dans la province, particulièrement dans les zones isolées où des crimes terribles ont été commis.

« Nous aimerions que la CPI commence à travailler dans le Kivus, particulièrement en ce qui concerne Nkunda », a indiqué Christian Hemedi, coordinateur de la Coalition congolaise pour la Cour pénale internationale.

Alors que certaines personnes commencent à perdre patience, Le Frapper nie que la Cour travaille trop lentement. Après l'annonce d'une enquête, 12 à 18 mois peuvent s'écouler avant que les procureurs demandent aux juges d'émettre un mandat d'arrêt.

« La pression pour nous est de combler les attentes des victimes, mais la pression est aussi de gagner les affaires devant la Cour », a-t-elle dit. « La pire situation pour moi serait de présenter un dossier mal préparé devant la Cour ».

Elle a également indiqué que la lutte contre l'impunité au Congo n'est pas de la seule responsabilité de la CPI, une vue partagée par Van Woudenberg qui a appelé le gouvernement de Joseph Kabila à accroître ses efforts.

« La CPI ne sera pas capable de s'occuper de tous les auteurs de crimes de guerre au Congo », a-t-elle déclaré. « C'est la responsabilité du gouvernement congolais de s'assurer que les personnes responsables de tels crimes soient tenues responsables ».

De retour au stade dans le district de Rutshuru où les combats se sont intensifiés dans les jours récents, Laurent désespère. « Nous avons besoin d'aide », déclare-t-il. « Que le gouvernement me donne une arme. Ça suffit maintenant ».

Lisa Clifford est reporter de justice internationale à La Haye.

mardi 18 décembre 2007, a 09:38
La dépouille de l’ex-président Mobutu pourrait être rapatriée
 


 
 

 

  C'est la recommandation faite par l'Assemblée nationale congolaise lors de la séance plénière du vendredi 14 décembre sous la présidence de Vital Kamerhe. La représentation nationale propose le rapatriement de la dépouille de l'ex-président du Zaïre, Mobutu Sese Seko, inhumée au Maroc, pour être enterrée ‘' dignement ‘' au pays dans un mausolée.

"La nation c'est la communauté de morts et de vivants", déclarait au début des années 90 le regretté kimbanguiste Vangu Mambweni. Selon lui, le pays devrait "se réconcilier" avec tous ses "grands esprits" disparus dans des conditions troublées. Il faisait allusion essentiellement aux hommes politiques de la génération de l'indépendance. Pour lui, la nation a le devoir de donner aux illustres défunts une sépulture digne de ce nom. En geste de "réconciliation". Des propos qui n'ont pas manqué de faire sourire les rationnalistes. Vangu Mabweni est décédé l'année dernière. Son message a-t-il été entendu dans les cénacles de l'Assemblée nationale? Président de la République du Zaïre, du 24 novembre 1965 au 16 mai 1997, Mobutu Sese Seko, a été renversé par l'AFDL (Alliance des forces démocratiques de libération du Cong-Zaïre) qui porta Laurent-Désiré Kabila au pouvoir. Parti en exil au Maroc, Mobutu meurt le 7 septembre de la même année à Rabat, emporté par un cancer de la prostate. Selon l'Agence congolaise de presse, la motion demandant le rapatriement des restes du défunt président a été initiée par une député originaire du Nord-Ubangi. La motion a été acceptée lors de la séance plénière. Les démarches pour rapatrier le corps du maréchal Mobutu avaient déjà été menées il y a quelques années par sa famille auprès des autorités congolaises. Celles-ci n'y voyaient aucun inconvénient.
Lors d'une visite de travail au Maroc, à l'invitation de son homologue marocain, le président de l'Assemblée Nationale, avait rencontré la veuve Mobutu, Mama Bobi Ladawa. Dans une déclaration à la presse, Mama Bobi Ladawa avait exprimé le désir de regagner le pays pour vivre auprès de ses enfants dont l'un est ministre d'Etat et l'autre député national. Il s'agit respectivement de François-Joseph Nzanga Mobutu Ngbangawe et de Mobutu Giala.

( ACP) 

samedi 15 décembre 2007, a 11:34
Le colonel Kadhafi boucle en France une visite en forme de coup d'éclat et en défendant le droit des immigrés Africain
 

 

 

Le colonel libyen Mouammar Kadhafi a bouclé vendredi une visite en France en forme de coup d'éclat qui a soulevé une bronca rarement vue malgré la promesse de milliards d'euros de contrats civils et militaires.

 

Pour son dernier jour, le "guide" libyen s'est offert une visite au château de Versailles, où il a pu longuement poser devant le trône de Louis XIV, le "roi Soleil" qu'il dit admirer.

 

A tous points de vue, cette visite aura été hors normes: par sa durée, cinq jours, le torrent de critiques suscitées, et surtout la personnalité encombrante de l'hôte du président Nicolas Sarkozy.

 

Pour son retour en France après 34 ans d'absence, il a planté sa tente de bédouin dans le jardin de sa résidence officielle. A la tête d'une imposante délégation, il a sillonné Paris dans une longue limousine blanche, escorté par ses célèbres "amazones" en treillis.

 

Il est surtout resté fidèle à son image de leader imprévisible quand il a démenti le président Sarkozy en affirmant ne pas avoir discuté avec lui du sujet ultra-sensible des droits de l'Homme. Puis, quand il a demandé à la France et aux Européens de mieux respecter leurs immigrés avant de lui donner des leçons.

 

Après la signature de contrats bouclée dès lundi soir, un double entretien avec Nicolas Sarkozy et une visite à l'Assemblée nationale, boycottée par l'opposition, M. Kadhafi a consacré son séjour au tourisme: promenade sur la Seine, visites du musée du Louvre puis du château de Versailles.

 

L'opposition socialiste a raillé le "circus Kadhafi" et accusé M. Sarkozy d'avoir donné une légitimité à un "dictateur". Même dans les rangs de l'UMP, beaucoup ont jugé que Paris en avait trop fait.

 

"Il faut parfois dîner avec le diable, oui, mais avec une longue cuillère et sans lui servir la soupe", a assuré le député PS Pierre Moscovici.

 

M. Sarkozy a rejeté les critiques, expliquant qu'il fallait "parler à tout le monde" et encourager la marche de la Libye vers la "respectabilité", cinq mois après la libération des soignants bulgares détenus en Libye.

 

Il a souligné que cette visite était profitable à la France, grâce à des retombées commerciales qu'il a chiffrées à plus de 10 milliards d'euros. Mais des interrogations entourent ce chiffre, une partie des contrats relevant de lettres d'intention ou étant des confirmations.

 

"Ce genre de gros contrats est négocié longtemps à l'avance. Et ce sont des investissement de très long terme", relativise l'analyste Nicolas Bouzou. Mais "si entre 5 et 10 milliards sont récupérés au final ce sera pas mal", ajoute-t-elle.

 

Dans la corbeille, la vente d'au moins un réacteur nucléaire civil, 21 Airbus, et de gros espoirs de ventes d'armes, notamment de 14 avions Rafale de Dassault.

 

Cette moisson n'a pas suffit à apaiser les réserves des Français qui, à 52%, ont désapprouvé la visite, selon un sondage paru vendredi.

 

Pour le politologue Naoufel Brahimi el-Mili, enseignant à Sciences Po Paris, "Kadhafi est le gagnant" de cette tournée qui l'a aussi conduit à Lisbonne, pour le sommet UE-AFrique, avant Madrid où il sera samedi.

 

"Il use du pétrole. Sa légitimité internationale est renforcée", explique-t-il.

 

Selon lui, il tire aussi "profit" de sa visite au plan intérieur: "La presse officielle expliquait que le +guide+ a dit aux Français leurs quatre vérités sur les droits de l'Homme."

 

Ce sujet aura été au coeur de la controverse. La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, a dénoncé un "baiser de la mort", avant de rentrer dans le rang.

 

Quant à Mouammar Kadhafi, il a qualifié sa visite d'"historique", en se félicitant de l'accueil "chaleureux" du président Sarkozy.

© 2007 AFP

vendredi 14 décembre 2007, a 11:33
Jean Pierre Bemba alias Baimoto"Fils du feu" ne décolère pas
 


Depuis Bruxelles, le Chairman a parlé. Tonné. Dur dur pour son ex-Dircab, Delly Sesanga Hipungu Dja Kasseng qu'il fit ministre du Plan du 1+4 après qu'Alexis Thambwe Mwamba eût abandonné le poste avec fracas et après la saga OKE, Olivier Kamitatu Etsu accusé de vouloir mettre en place une... «tendance». Tiens, tiens!

Depuis deux jours, Sessanga a été tenté de répliquer. Il a reculé fort et doit s'assurer qu'il n'est pas trop seul et que ce n'est pas une aventure. Les mangues ne sont pas encore mûres... Le président de la Commission PAJ (Politique, Administration, Justice) de l'Assemblée nationale n'est pas un fauve. il ne sait pas monter sur un arbre. Trop haut. Trop risqué. Pour l'heure. Du moins.

ANALYSE.


Ça parle beaucoup ces derniers temps dans la ville haute. Depuis l'annonce de son projet de courant C2R, Delly Sesanga Hipungu Dja Kasseng est homme à abattre. Igwe, le Chairman, le «big Manager», ne décolère pas. On peut comprendre…

Depuis peu, rien ne lui sourit. Les déclarations qui sont faites à son sujet sont juste des déclarations convenues. Rien de vraiment consistant. Ni à New York où il voulait rencontrer les grands manitous des Nations Unies, ni en Afrique, Dakar et ailleurs, ni en Belgique où l'on a les yeux rivés vers ce qu'en pense l'Oncle Sam.

Or, l'Oncle Sam a parlé. L'Oracle…

Voici longtemps que Igwe a mangé son pain blanc. Il n'est pas loin d'être le Moïse qui montre le chemin mais qui n'arrive pas.

Il aurait pu garder sa tanière de Kinshasa. Jouer - grâce aux accords conclus avec Kabila - le Vipi chouchouté (Kabila a en avait fait tellement jusqu'à lui rendre visite, chez lui, à pied).

«DU MENU FRETIN».


«On a tout essayé», pourrait-on dire, à la suite du couple Sarkozy. Impossible de retisser le fil. Igwe avait préféré faire du muscle.

Loin des yeux, prêt du cœur? Non, loin des yeux, loin du cœur. À Kinshasa, c'est désormais la spirale win win. Tout sourit à la ville et au pays jusqu'ici tout au moins. En attendant un accident improbable.

Comment en effet diriger un parti de «patrons» - le MLC en compte des Éléphants, du François Mwamba, du Delly Sesanga, du Thomas Luhaka, etc.- quand on n'est pas soi-même présent, sur place?

On l'a vu en Côte d'Ivoire. Dès le jour où Henri Konan Bédié qui fut par-dessus le marché Chef de l'État, a quitté Abidjan pour un long exil parisien, le parti PDCI-RDA, a changé de chef pour se donner au président du Conseil économique et social, l'ancien ministre de l'Information de Houphouët-Boigny, Laurent Dona-Fologo. Avant que le crash n'arrive entre les deux hommes. Aujourd'hui, Dona-Fologo joue pour le président du pays, Laurent Gbagbo.

Les partis politiques en Afrique c'est le Chef qui ouvre les portes, gagne et redistribue. Il en reçoit en retour l'allégeance et toute l'allégeance de ses ouailles. Qu'on s'éloigne ou qu'on cesse d'être et on perd tout. La main qui donne est celle qui commande.

Le vieux lion qu'il fut lors des années rébellion et lors du 1+4, qui grondait et faisait peur dans sa jungle, auprès des membres de son espèce, n'est plus le même désormais.

Où va donc Delly Sesanga Hipungu Dja Kasseng? L'ancien Dircab de l'ancien Vipi n'est ni trop bête pour jouer seul, ni un fauve pour tuer seul et d'un coup. Mais il est la face visible de l'iceberg.

Il suffit de lire les faits et gestes de certains de ses amis. Très clairement, le jeune Yves Kisombe Bisika Lisasi n'a plus le cœur à JPBG. De passage à Bruxelles en provenance des États-Unis dans le cadre d'un voyage d'étude, il a pilonné à ce point JPBG dans un journal en ligne que l'on se demande s'il saurait demain manger dans une même assiette avec son… ex-chef. Même le très… loyal François Mwamba.

Depuis Rome où il se trouvait en visite parlementaire, il tient un discours «divers» sur l'homme aux pieds de qui il aurait pleuré à chaudes larmes dans une chambre d'hôtel à Sun City le jour de la signature de l'accord de gouvernement avec la délégation gouvernementale qui faisait de JPBG le Premier ministre. François Mwamba Tshishimbi ne défend plus les yeux fermés l'ex-Vipi. «Il n'est pas un citoyen au-dessus des lois».

«Il a deux attitudes à adopter, ou forcer la porte, mais je ne le vois pas forcer la porte (en tout cas, je le lui déconseillerais fermement), ou négocier et négocier toujours son retour, attendre de voir le signal des autorités…»

Puis le tout puissant minister MLC du Plan du 1+4 d'en rajouter, plus que très clairement: «Quand j'ai été ministre dans ce pays (éphémère ministre de l'Économie sous Mobutu), lui n'était que homme d'affaires. Et il venait me voir».

D'où puise-t-il soudain cette liberté de ton?

Puis, cerise sur le gâteau, il ne défenestre pas le C2R. Au contraire, il parle haut et fort pour la démocratie, la liberté, les tendances. Sesanga a donc sa place pleine et entière au sein du MLC. Ce n'est pas l'avis de Fidèle Wandu Babala, l'actuel «DirCab» (en réalité, l'homme à tout faire, comme le fut l'ancien A-dg de la Cohydro et éphémère ministre de l'Agriculture, Justin Kangundu) du Chairman, ni celui de Jean-Lucien Bussa Tongba, pour qui les Éléphants n'ont aucune considération. «Du menu fretin, rien de plus…»

S'il y a rapprochement avec le PPRD-AMP? Qui a dit que la politique était un jeu immobile?

ÉQUATEUR CONTRE KASAÏ.


S'ils restent dans les Chambres du Parlement et dans ses commissions, les MLC doivent jouer le jeu. Qui joue peut se compromettre. En politique, il n'est guère de risque zéro.

Ne serait que dans le choix de ceux qui doivent partir, de ceux qui doivent venir, de ceux qui doivent être reçus, il n'existe point de mathématiques. Ni pour le Président de l'Assemblée Nationale, ni pour quiconque. Tout est là. Qu'en conclure?

La diabolisation qui a cours au MLC va conduire vers un choc frontal entre purs et durs du MLC - majoritairement de l'Équateur dont l'homme d'affaires et Hon. Adam Bombole - et ceux qui veulent que ça bouge - majoritairement des deux Kasaï. Or, si le MLC veut sortir de l'Équateur et être un parti national, il compte sur un apport des Kasaï qu'il a lorgnés et qu'il lorgne...

Le MLC tangue, écrit un tabloïd. Le parti du Chairman traverse une tempête.

Elle s'est levée, elle souffle et pourrait si on n'y prend garde se déchaîner et faire rage. Pour le MLC, le ciel n'est pas loin de s'obscurcir, pour citer Lautréamont. Avis de tempête force 10. De sa capacité à maîtriser la bourrasque dépendra sa survie.

Or, comme à son habitude, on s'attend que JPBG pénètre dans le MLC comme l'Éléphant dans le magasin de porcelaine.

Ses meilleurs ennemis l'y aideront.

Mais en dépit des échanges et des rencontres qui ont lieu, nul ne s'attend à l'annonce d'un débauchage d'un seul MLC. À entendre des analyses, même si le souhait est que le prochain Gizenga soit un Gizenga d'ouverture, la situation doit encore mûrir. Et puis avant d'en arriver au MLC, il faut envisager un pôle de démocrates cleans BCBG qui passerait par des centristes. Dans la jungle r-dcongolaise, il y en a encore dans… Dans l'attente, des échanges peuvent et doivent se multiplier, «on doit encore mieux se parler et mieux se connaître…»

 

KKM.

dimanche 09 décembre 2007, a 19:55
Afrique-UE : Une relation d'égal à égal
 

 
Le 2e sommet UE-Afrique a adopté dimanche à Lisbonne la "stratégie" qui doit permettre à 27 pays européens et à 53 pays africains d'ouvrir une nouvelle ère d'égal à égal dans leurs relations, a-t-on appris de source européenne.
Les chefs d'Etat et de gouvernement européens et africains ont approuvé une "stratégie conjointe" qui doit être "guidée par les principes de l'unité de l'Afrique, l'interdépendance de l'Afrique et de l'Europe, l'appropriation et la responsabilité conjointes, le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques et de l'Etat de droit, ainsi que le droit au développement".

Cette stratégie se décline en huit "partenariats" prioritaires à mettre en oeuvre d'ici le 3e sommet UE-Afrique prévu en 2010 sur le continent africain: "paix et sécurité", "gouvernance démocratique et droits de l'Homme", "commerce et intégration régionale", "objectifs du Millénaire pour le développement", "énergie", "réchauffement climatique", "migration, mobilité et emploi", et "science, société de l'information et espace".

Cette ambition d'établir un partenariat d'égal à égal entre l'Europe et ses anciennes colonies n'a pas éclipsé lors de ce sommet de nombreux sujets de divergences entre les deux continents, notamment les négociations d'accords commerciaux, le passif colonial ou la politique menée par le président zimbabwéen Robert Mugabe.



Les huit "partenariats" prioritaires à mettre en oeuvre d'ici le 3e sommet UE-Afrique prévu en 2010

PAIX ET SECURITE
Européens et Africains veulent d'essayer d'établir des positions communes sur les questions de paix et de sécurité sur leurs deux continents et au-delà.
Ils veulent également mettre en place le "système continental d'alerte rapide" pour la prévention des conflits et rendre opérationnelle la "force africaine en attente" destinée à envoyer rapidement des soldats de la paix sur le terrain.
Pour ces opérations, ils appellent à la création d'un mécanisme financier "durable, flexible et prévisible" dans le cadre de l'ONU.

GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE ET DROITS DE L'HOMME
Meilleure coopération pour lutter contre la corruption, meilleure gestion des ressources naturelles, progrès dans la lutte contre la torture, le trafic de drogue ou d'être humains...
Ils s'engagent également à entamer un "dialogue efficace" pour le retour des biens culturels acquis illégalement.

COMMERCE ET INTEGRATION REGIONALE
Les accords de partenariat économique en cours de négociations entre l'UE et l'Afrique doivent servir à renforcer l'intégration régionale.
Une attention particulière doit être apportée à la mise en place en Afrique des normes de qualité requises pour les produits qui veulent entrer dans l'UE.

OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT
L'UE doit respecter ses engagements d'atteindre 0,56% de son PIB en aide au développement d'ici 2010 et 0,7% d'ici 2015.
Les deux continents se concentreront principalement sur l'amélioration de la sécurité alimentaire, de la santé et de l'éducation.

ENERGIE
Augmenter leurs investissements dans les infrastructures énergétiques, notamment pour améliorer le réseau électrique africain.
"Explorer les voies et les manières de lancer un dialogue sur les utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire", en respectant les règles internationales.

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Africains et Européens espèrent pouvoir réduire la déforestation et mieux préserver les écosystèmes, mettre en place des capacité de prévisions climatiques plus performantes, et combattre la progression du Sahara.

MIGRATION, MOBILITE ET EMPLOI
L'objectif est de créer plus d'emplois et de meilleurs emplois pour l'Afrique et de mieux gérer les flux migratoires.
Dans cette optique, ils veulent "prendre des actions pour lutter contre l'exploitation" des travailleurs migrants, faciliter l'envoi d'argent des migrants dans leur pays d'origine, prévoir des "incitations" au retour des immigrés ou encore promouvoir un "recrutement éthique" pour "minimiser" la fuite des cerveaux dans les secteurs sensibles comme la santé.

SCIENCE, SOCIETE DE L'INFORMATION ET ESPACE
L'objectif est de réduire la fracture numérique en Afrique notamment en investissant dans les infrastructures.
Ils espèrent aussi pouvoir utiliser des technologies spatiales existantes, comme le système européen de nativation par satellite Galileo, pour mieux gérer les ressources naturelles en Afrique.

Publié par Congodebour

samedi 08 décembre 2007, a 11:19
DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE SUR L’ETAT DE LA NATION
 

 KINSHASA, Le 6 DECEMBRE 2007

 

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,

Monsieur le Président du Sénat,

Honorables Députés et Sénateurs,

Chers Compatriotes,

 

Aux termes de l'article 77 de la Constitution, le Président de la République est tenu de

prononcer, une fois l'an, devant l‘Assemblée Nationale et le Sénat réunis en Congrès, un

discours sur l'état de la Nation. C'est donc pour m'acquitter de cette obligation

constitutionnelle que Je suis aujourd'hui dans cet hémicycle. En m'accueillant aussi

chaleureusement que vous venez de le faire, vous avez réussi à rendre agréable, ce qui au

départ n'était qu'un devoir. Soyez-en sincèrement remerciés.

Constitutionnel, le rendez-vous de ce jour est aussi une première dans notre histoire. Il s'agit

d'un moment privilégié, voulu par le constituant, pour témoigner de l'émergence d'une

nouvelle culture politique dans Notre pays. Une culture sublimée par une vision partagée du

Congo que nous voulons pour Nos enfants et petits-enfants, entretenue grâce au dialogue

permanent entre gouvernants et gouvernés, et fondée sur les principes de la transparence

dans la gestion et de l'évaluation, régulière et sans complaisance, du chemin parcouru dans la

réalisation du projet intemporel de bâtir un Congo toujours plus beau.

Avant de rendre compte de ce qui a été accompli et de ce que Nous Nous proposons

d'accomplir, permettez-Moi donc de m'adresser à Notre peuple, à travers ses élus que vous

êtes, pour lui dire, une fois encore, merci.

Merci de M'avoir honoré de sa confiance et de M'avoir permis de le servir.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Une année vient de s'écouler depuis ce jour du 6 Décembre 2006 où, au lendemain des

premières érections pluralistes et démocratiques que Notre pays ait jamais connues en

quarante années d'indépendance, je prêtais serment comme premier Président de la

République élu au suffrage universel direct.

J'avais pris alors, devant Dieu et devant la Nation, l'engagement d'oeuvrer sans compter pour

la consolidation de la démocratie et de l'Etat de droit, la restauration des valeurs de

responsabilité et de solidarité, l'émergence d'une Nation riche et fière de sa diversité, et la

 

matérialisation, au coeur de l'Afrique, du destin auquel nous sommes promis:

celui d'un pays uni, fort et prospère.

A cette fin, j'avais proposé une vision et un programme, à savoir: cinq chantiers pour changer

Le Congo!

Une vision et un programme dont Les maîtres mots sont modernisation, renouvellement,

renaissance, plutôt que « point à temps », réhabilitation, ou raccommodage. Car, c'est d'une

transformation complète, d'une révolution à tous égards, y compris mental et moral, que nous

avions et avons besoin.

Une année, c'est à la fois peu et beaucoup. Peu, vu l'immensité de la tâche et l'urgence des

défis. Beaucoup cependant, Honorables Députés et Sénateurs, par rapport au mandat de cinq

ans, dont vous et Moi sommes investis.

Nous ne sommes pas encore à l'heure de la reddition des comptes, l'horizon convenu avec le

peuple pour ce faire étant celui de l'année 2011. Il est cependant indiqué que douze mois

après ma prestation de serment, nous établissions un bilan d'étape.

L'objectif premier à ce stade n'est pas d'évaluer le degré de satisfaction des besoins des

populations, mais plutôt de vérifier si Nous avançons dans la bonne direction.

Vu sous cet angle, le chemin parcouru peut être résumé de la manière suivante: certes,

beaucoup reste à faire; mais des progrès remarquables ont été accomplis, des résultats

palpables enregistrés, dans tous [es dom aines, et à plusieurs endroits du territoire national.

A titre illustratif, mentionnons quelques réalisations sur le plan institutionnel, dans le domaine

des infrastructures, dans celui des secteurs productifs et du point de vue social.

Sur le plan institutionnel, au courant de l'année qui s'achève, le pays s'est doté de toutes les

Institutions dignes d'un Etat moderne. Le paysage politique congolais s'est ainsi enrichi d'un

4

nouveau Gouvernement national multipartiste, d'une nouvelle Assemblée Nationale et d'un

Sénat où cohabitent Majorité et Opposition, et d'un Pouvoir Judiciaire en cours de

restructuration pour une meilleure distribution de la justice.

Ces Institutions sont toutes opérationnelles et fonctionnent de manière satisfaisante. Il est

essentiel cependant, pour plus d'harmonie et d'efficacité collective, que chacune s'astreigne à

rester dans les limites de ses compétences constitutionnelles, Il faut à ce sujet rappeler trois

dispositions importantes:

• Premièrement, c'est au Gouvernement, et au Gouvernement seul, qu'il revient de définir la

politique de la Nation et de veiller à sa mise en oeuvre, avec obligation d'en rendre compte à

la représentation nationale.

Deuxièmement, “Assemblée Nationale et le Sénat n'ont pas mission de gérer l'Etat, mais

plutôt de légiférer et de contrôler le Gouvernement, les entreprises publiques, ainsi que les

établissements et services publics.

• Troisièmement, seul le pouvoir judiciaire, et lui seul, est habilité à engager des poursuites et

à dire le droit, et ses décisions, coulées en force de choses jugées, s'imposent à tous.

Sur un autre plan, onze Gouvernements provinciaux et autant d'Assemblées provinciales ont

été installés, l'exercice de la démocratie est devenue une réalité et les libertés individuelles et

collectives sont garanties et de plus en plus respectées.

Rien de tout cela n'aurait été possible si des progrès notables n'avaient été enregistrés sur le

terrain de la pacification du pays et de la sécurisation des populations.

A cet égard, notre tâche est loin d'être achevée, et nous n'aurons de répit tant que la moindre

parcelle de terre de ce pays-continent sera l'otage de hors la loi.

Vu où nous en étions il y a à peine un an, Je me réjouis cependant de pouvoir rapporter ce

jour que a pacification du pays est aujourd'hui acquise sur la quasi-totalité du territoire

national Hier, le Nord Katanga, puis l'Ituri, étaient en proie à une violence inhumaine.

5

Aujourd'hui, ils ont renoué avec la paix et la sécurité si nécessaires aux activités agricoles et

pastorales.

Ainsi, sur les cent quarante-cinq territoires que compte la République Démocratique du Congo,

seuls les territoires de Rutshuru et de Masisi au Nord Kivu comptent encore en leur sein

quelques foyers de tension.

Dans ces deux territoires, un général déchu continue de semer la mort et la désolation parmi

la population innocente, obligée de quitter champs et villages et de se réfugier dans des

camps de déplacés, exposant femmes et enfants à l'insécurité et à la précarité. Cette situation

est davantage compliquée par la présence dans les mêmes territoires des éléments résiduels

de groupes armés incontrôlés, nationaux et étrangers. Les uns comme les autres se

comportent en bourreaux de nos populations.

Nos frères et soeurs du Nord et du Sud Kivu ont trop souffert, victimes de viols, vols,

assassinats et exactions diverses. Nous devons impérativement et urgemment mettre fin à ces

souffrances.

Ce sera bientôt chose faite, quoi qu'il en coûte. En attendant, Nous beur devons protection,

assistance et solidarité.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Le Gouvernement est déterminé à tout mettre en oeuvre pour rétablir rapidement et

durablement la paix et la sécurité dans les deux territoires encore troublés du Nord Kivu.

Je compte pour cela sur la bravoure des Forces Armées de la République Démocratique du

Congo. Dans des conditions extrêmement difficiles, elles accomplissent honorablement leur

mission. JÔ voudrais saisir cette occasion pour, une fois de plus, saluer le courage de Nos

hommes et femmes en armes, ces héros souvent anonymes, et leur renouveler la gratitude de

 

la Nation pour tant de privations acceptées et de sacrifices consentis depuis plus d'une

décennie. Et pour leur sang qu'ils donnent en ce moment même, pour faire triompher la cause

du Congo au Nord Kivu.

Je voudrais aussi, par la même occasion, exhorter le peuple congolais à soutenir sans réserve

sa jeune armée, à peine formée, mais quotidiennement testée.

En ma qualité de Commandant Suprême, Je lui demande, au nom de cette dernière, de bien

vouloir excuser les travers fort regrettables de certains de ses éléments incontrôlés.

La Justice militaire a été instruite de les identifier et de les punir sévèrement.

Cela dit, tout en maintenant la pression militaire, Nous n'avons pas négligé l'aspect politique

et diplomatique. L'histoire a en effet abondamment démontré que même en cas de victoire

militaire, la consolidation de la paix se fait toujours autour d'une table.

C'est tout le sens des Conférences pour la Paix, la sécurité et le Développement que Nous

Nous apprêtons à organiser pour chacune des deux provinces du Kivu. Elles sont appelées à

réunir les leaders et forces vives de ces provinces, toutes catégories et tendances politiques

confondues.

C'est aussi le sens des initiatives diplomatiques que j'ai récemment prises, pour prévenir des

conflits possibles, ou régler ceux déjà ouverts. Elles ont notamment jeté les bases d'une

solution pacifique du litige frontalier avec l'Ouganda autour de l'île de Rukwanzi, et de la

controverse sur le tracé de la frontière entre l'Angola et la République Démocratique du

Congo, aux abords du territoire de Kahemba.

Ces initiatives procèdent de la conviction forte que voici. Puisque c'est sur le territoire

congolais que se déroulent ces conflits et que ce sont les populations congolaises qui en

souffrent le plus, la République Démocratique du Congo doit assumer le leadership dans la

quête d'une solution véritable et durable.

 

Aujourd'hui, nous exerçons effectivement ce leadership. Nous en vouions pour preuve le fait

que le plan mis au point par La République Démocratique du Congo a été adopté par nos

partenaires internationaux et sert dorénavant d'unique feuille de route pour la résolution de la

crise créée par la présence des groupes armés incontrôlés à l'est de Notre pays.

Je suis donc pour la paix et Je suis profondément convaincu que c'est un devoir sacré, pour le

Chef de l'Etat que Je suis, de la construire activement et de la préserver ardemment. Je ne

suis cependant pas partisan d'un pacifisme qui, au nom de la paix, jette les bases de la

faiblesse du Congo, de l'insécurité des congolais et de l'instabilité dans la sous-région. C'est

pourquoi, J'oeuvre avec détermination, envers et contre tout, à la réforme de Notre système

de sécurité.

Mon objectif à ce niveau est de doter notre pays de quatre instruments indispensables à sa

souveraineté, à savoir:

- une armée républicaine, professionnelle et dont la qualité du personnel et de l'équipement

seront comparables à celle des meilleurs armées du monde;

- une police nationale qui rassure et protège les populations et leurs biens dans le strict

respect de La loi et des droits des citoyens;

- des services de renseignements formés et uniquement dédiés à la détection et à La

prévention des risques de sécurité pour l'Etat et les populations;

- des institutions judiciaires efficaces et impartiales, gages de la paix sociale.

C'est ici le lieu de rassurer autant les populations congolaises que les pays qui nous entourent.

L'armée forte dont le Congo entend se doter et que nous avons l'obligation de lui donner ne

répond à aucune logique ou visée expansionniste. Elle a une seule et unique vocation: la

sécurité de nos frontières et celle du peuple congolais.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Notre action au cours de l'année 2007 a aussi porté sur l'amélioration de l'état des

infrastructures de base dans notre pays. Le Gouvernement a ainsi affecté d'importantes

ressources à l'amélioration de la desserte en eau à Kinshasa comme dans plusieurs villes et

grands centres de l'intérieur du pays.

 

En ce qui concerne l'électricité, une réflexion profonde a été entamée pour élaborer la

meilleure stratégie d'action en vue de résorber le déficit en fourniture d'énergie électrique, de

juguler [es coupures intempestives et d'enrayer à terme les différents désagréments déplorés.

En attendant, quelques groupes sont en train d'être réhabilités, afin d'accroître la capacité de

production électrique des centrales hydroélectriques de Zongo et lnga Il dans le Bas-Congo et

de Nzilo au Katanga, tandis que des solutions intérimaires, mais efficaces, ont été trouvées

pour l'électrification de Kindu et Kananga.

S'agissant des Hydrocarbures, des nombreuses actions ont été entreprises en vue d'assurer

une meilleure maîtrise de ce secteur. Dans cette optique, deux commissions ont été mises en

place pour élaborer le code pétrolier et vérifier le niveau réel de production du brut Congolais.

Bien plus, le pays vient de conclure un important accord d'exploitation conjointe

d'hydrocarbures avec l'Angola et des pourparlers sont en cours, en vue de lancer l'exploitation

pétrolière dans la cuvette centrale, dans le Graben Albertine et dans le Graben Tanganyika,

ainsi que celle du gaz méthane du Lac Kivu.

Dans le domaine de l'environnement, la sécurisation de la biodiversité et des sites du

patrimoine mondial a fait l'objet d'une évaluation technique; de même que les effets sur nos

écosystèmes du réchauffement climatique et des guerres des dix dernières années. Les

conclusions sont désolantes et appellent une réaction urgente de Notre part, autant que de

Nos partenaires.

Vu la contribution de la République Démocratique du Congo à la préservation des conditions

minimales de vie sur Notre planète, elle mérite une juste compensation pour ses efforts de

conservation de la nature et devrait être financièrement assistée dans la réhabilitation de ses

parcs nationaux et de ses réserves naturelles.

Concernant les infrastructures, en attentant les grands chantiers, d'importants travaux de

sauvegarde et de réhabilitation ont été entrepris sur la voirie primaire de certaines villes, sur

plusieurs tronçons routiers d'importance nationale et régionale, ainsi que sur nombre d'écoles

et hôpitaux répartis à travers toutes les provinces. Par ailleurs, des chantiers sont en train

d'être ouverts en vue de la construction d'une nouvelle université à Bukavu et d'une autre à

Kindu.

 

Mérite d'être signalée dans le domaine de la santé, et ce, de manière particulière,

l'inauguration de l'Hôpital Marie Biamba Mutombo à Masina et de l'Hôpital de l'Amitié

Sino-congolaise à N'Djili, deux formations médicales de référence comme on n'en a plus

construit dans notre pays depuis des décennies, et qui sont opportunément situées dans deux

des quartiers de la capitale à forte concentration démographique.

Nous tenons ici à rendre un hommage vibrant aux partenaires du Gouvernement dans ces

deux réalisations. H s'agit de Notre compatriote Mutombo Dikembe, dont nous recommandons

l'exemple à d'autres membres de la diaspora congolaise, pour son patriotisme et sa

générosité. Il s'agit aussi de la République Populaire de Chine pour, une fois encore, un type

de coopération exemplaire.

S'agissant des secteurs productifs, la relance des projets agricoles sur l'ensemble du territoire

national a été une préoccupation majeure du Gouvernement, en vue de garantir

l'autosuffisance alimentaire à Notre peuple, notamment par la mécanisation. Dans ce cadre, il

convient aussi de relever la conclusion d'une convention sur l'exploitation conjointe des

ressources halieutiques dans le Lac Tanganyika avec les autres pays riverains.

L'autre secteur productif dont légitimement Nous attendons beaucoup pour le développement

de Notre pays est celui des mines. L'accent pendant l'année qui s'achève a été mis sur

l'évaluation de l'application jusque-là du code et du règlement miniers, ainsi que des divers

contrats miniers signés, soit par l'Etat, soit par les entreprises publiques.

Le rapport de la Commission chargée de ce dernier volet vient d'être remis au Gouvernement.

Après en avoir délibéré, celui-ci prendra des mesures rectificatives, s91 échet, et le Parlement

en sera tenu informé.

Sur le plan social, l'engagement de l'Etat a été fort dans les domaines de la santé et de

l'éducation. En témoignent, la promulgation du statut spécifique des médecins, les campagnes

de lutte contre les maladies endémiques et celles sexuellement transmissibles, notamment le

VIH Sida, la revalorisation progressive de la fonction enseignante et la restauration des

 

bourses d'études aux étudiants finalistes de l'enseignement supérieur et universitaire du

secteur public.

Bien d'autres actions ont été entreprises, notamment en matière de lutte anti-mines et de

réinsertion des enfants soldats et de ceux communément appelés « enfants de la rue ». Si

dans les deux premiers cas, les résultats sont encourageants, dans le dernier, ils laissent à

désirer. Ils Nous invitent à une réflexion profonde, suivie d'une action vigoureuse et

déterminée.

La jeunesse est l'avenir de Notre pays. Nous ne pouvons, sans faire le lit de la violence et de

la grande criminalité, accepter qu'une partie importante de cette jeunesse vive en marge de la

société, sans encadrement familial, sans éducation, sans logement, sans emploi, sans revenu

et donc, sans espoir.

Trouver une solution adéquate à ce problème devrait être une des priorités absolues des

pouvoirs publics. J'entends y veiller personnellement. Et Je compte sur le concours actif du

Parlement, des Cours et Tribunaux et de la Société Civile, particulièrement des Confessions

religieuses. Je compte surtout et avant tout sur le concours des parents et des familles.

Le secteur des Sports et celui de la Culture et des Arts n'ont pas non plus échappé à la

sollicitude de l'Etat. Ce dernier a soutenu la préparation de nos équipes nationales et de nos

représentants dans les compétions internationales, particulièrement Notre équipe nationale de

football. Il est aussi intervenu en faveur des artistes.

En dépit de ces interventions, des grandes déceptions ont été enregistrées dans le secteur des

Sports, du fait de la contre performance de nos athlètes. D'où la nécessité de requalifier Notre

politique en la matière.

Le peuple congolais aime le Sport et la Culture, et sa jeunesse est talentueuse. Dans ces deux

domaines, comme dans d'autres, Nous devons avoir l'ambition d'être les meilleurs.

 

Quand au domaine de l'emploi, il a été honoré par la tenue du 1

er forum sur l'emploi qui a

permis aux différents partenaires sociaux de réfléchir sur le meilleur moyen d'endiguer le

chômage.

Des statistiques fiables ne sont pas encore disponibles. Il est cependant raisonnable de parier

que la reprise économique en cours a une incidence positive en termes de préservation et de

création d'emplois, et que les différents chantiers ouverts et à ouvrir viendront davantage

améliorer les perspectives.

Avec l'emploi, se pose la question des revenus des travailleurs. Des améliorations importantes

sont certes encore nécessaires. Pour les fonctionnaires, mais aussi pour les médecins, les

professeurs d'université, les enseignants, les militaires, les agents de la police, et bien d'autres

catégories d'agents, tant du secteur public que privé.

Une embellie a cependant déjà été enregistrée, en termes de pouvoir d'achat, avec la

stabilisation du cadre macro-économique, mais aussi en termes réels, pour les fonctionnaires

et agents de l'Etat, l'enveloppe globale des salaires ayant doublé en moins d'un an, passant de

18 à 36 milliards de francs congolais.

Ce n'est pas encore Mbudi, mais on s'en rapproche.

C'est pourquoi il est important que se termine au plus vite les opérations de recensement en

cours dans a fonction publique, afin que les économies attendues soient affectées à

l'amélioration des salaires.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Le démarrage de la Troisième République a été laborieux. Il fallait assurer l'installation des

Institutions issues du nouvel ordre politique. II fallait aussi et surtout enrayer les différents

foyers de tension, consolider la démocratie, améliorer les relations avec nos voisins dans la

 

Sous-Région, regagner la confiance de Nos partenaires et trouver les ressources financières

nécessaires pour l'exécution du programme de reconstruction nationale.

Ces préalables à l'amélioration durable des conditions sociales des populations sont loin d'être

entièrement remplis. En fait, les fondations ont juste été posées, sur un terrain à peine

défriché.

Des Fondations en béton armé, fort heureusement!

L'année écoulée n'a donc pas été perdue; les sacrifices consentis ne l'ont pas été en vain, Ils

permettent que nous puissions, aujourd'hui plus qu'hier, envisager l'avenir avec assurance et,

en nous-mêmes, avoir à nouveau pleinement confiance Comme peuple, comme nation et

comme pays.

Ce résultat est le fruit du travail de Nous tous, chacun au niveau de responsabilité qui est le

sien et avec [es ressources dont il dispose. Soyons-en donc tous fiers.

C'est ici le lieu pour Moi de saluer de manière particulière et solennelle la contribution

remarquable des élus du peuple que vous êtes.

Par votre production législative et vos missions de contrôle, vous avez démontré, qu'en

République Démocratique du Congo, la démocratie devient réellement une culture. Mieux,

vous avez fourni, aux nouvelles institutions nationales et provinciales, les instruments

juridiques nécessaires à une gouvernance du pays compatible avec les aspirations du peuple.

Des nombreuses réformes sont cependant encore nécessaires concernant notre arsenal

juridique et le fonctionnement de notre Justice.

Sans réformes urgentes et courageuses dans ce secteur, tous nos autres efforts sont vains et

sans lendemain. La sécurité juridique et judiciaire est la pierre angulaire de l'Etat de droit et

d'une économie porteuse de perspectives réelles de croissance. Elle fait cruellement défaut

aujourd'hui. L'instaurer est donc une priorité absolue.

 

Pour ce faire, la contribution des trois pouvoirs de l'Etat est plus qu'attendue.

Aux deux Chambres du Parlement, il incombe d'adopter au plus tôt les lois aujourd'hui sous

examen à leurs niveaux.

S'agissant du Gouvernement, il lui revient, en amont, d'accélérer les travaux de la Commission

Nationale de Réforme du Droit et, en aval, de veiller à une application stricte, rigoureuse, sans

complaisance ni tracasserie, des lois et règlements de la République.

A travers toutes ces réformes, l'objectif ultime est d'assurer aux magistrats des conditions de

vie et de travail qui garantissent leur liberté de conscience et l'exercice de leur mission en

toute indépendance. Cela suppose que leur statut soit amélioré et que leurs droits soient

réaffirmés, étendus et respectés. Cela suppose aussi qu'ils assument, avec responsabilité,

leurs devoirs, dont celui sublime de dire le droit sous l'unique empire de la loi. C'est à cette

condition, et à cette condition seulement, que la justice contribue à la paix sociale.

La République Démocratique du Congo n'est pas une République des Juges. Que ces derniers

ne soient pas soumis au verdict des urnes, à l'instar des animateurs des pouvoirs exécutifs et

législatifs ne les dispense pas de devoir rendre compte au peuple. L'indépendance de la

justice, voulue par le constituant et que Nous appelons de tous Nos voeux, n'est donc

nullement une licence à l'arbitraire.

En tant que garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et des institutions, Je suis

quotidiennement saisi de recours contre des décisions de justice, et Je mesure la détresse des

milliers de justiciables.

Le dire, c'est faire justice à la vérité. Ce n'est pas prononcer une condamnation collective de la

magistrature.

Comme dans tous les corps, on trouve dans la magistrature congolaise, de la bonne et de la

mauvaise ivraie. Il n'est donc pas acceptable que cette dernière ternisse l'image de toute une

corporation, voire de l'ensemble du pays. De la manière la plus solennelle, J'en appelle donc à

la conscience des animateurs du Pouvoir judiciaire. Je leur rappelle qu'ils ont

 

constitutionnellement reçu mandat de veiller au respect de la loi et de sanctionner tout

énervement de celle-ci, y compris par leurs pairs.

Et, puisque Je suis convaincu que telle est la volonté de notre population, J'affirme qu'il est

temps que les tribunaux de commerce cessent d'être un projet et deviennent une réalité.

Il est temps que cesse l'ironie du sort qui veut qu'aujourd'hui dans ce pays le criminel, parce

que riche ou politiquement bien connecté, attende plus sereinement un verdict que la victime,

car démunie, peu connue ou sans possibilité de trafic d'influence.

Il est temps que les citoyens soient rassurés que devant le juge, seuls comptent les faits et le

droit, et nullement, l'ethnie, la race, la nationalité, la couleur politique ou la condition sociale.

En un mot, il faut que les décisions de justice redeviennent justes!

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Tout aussi importantes et urgentes sont les lois sur la décentralisation et les entreprises

publiques. De la première dépend le succès ou l'échec de l'une des innovations les plus

prometteuses, mais aussi potentiellement les plus dangereuses, introduites aux termes de la

nouvelle constitution.

En son article deux, cette dernière instaure la décentralisation et détermine le nombre et la

dénomination des provinces. Plus loin, elle en précise les institutions et en délimite les

compétences.

Il manque encore cependant la loi organique qui est censée encadrer cette décentralisation et

la Conférence des Gouverneurs de province ne peut donc se réunir.

La République Démocratique du Congo est un « Etat uni et Indivisible » et la décentralisation,

d'essence constitutionnelle soit-elle, n'est pas synonyme de fédéralisme, encore moins de

confédéralisme. La ligne de démarcation mérite d'être rapidement tracée.

La loi sur la décentralisation est impatiemment attendue à cette fin.

Quant aux lois relatives aux entreprises publiques, elles n'ont pas pour objectif premier de

privatiser, encore moins de brader les actifs de l'Etat. Elles visent plutôt et avant tout à

 

assainir l'environnement des affaires, à restructurer le portefeuille de l'Etat pour une meilleure

rentabilité, à améliorer la compétitivité des entreprises et, finalement, à permettre la

croissance de Notre économie à la faveur de la forte croissance mondiale.

Plus tôt ces lois seront adoptées et promulguées, plus tôt seront bonifiés les bénéfices

économiques et sociaux qui en sont attendus.

Je ne peux en finir avec les réformes juridiques sans Nous mettre tous en garde contre la

tentation de vouloir régler tout disfonctionnement éventuel des institutions par une révision

constitutionnelle.

En principe, la loi fondamentale d'un pays ne devrait être modifiée qu'en cas d'extrême

nécessité, et uniquement dans l'intérêt supérieur de la Nation.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Dans mon discours d'investiture, Je m'étais engagé à promouvoir une diplomatie de

développement. C'est dans ce cadre que se sont inscrites Ma participation aux sommets de la

SADC et de la CEEAC, ainsi que Mes récentes visites en Afrique du Sud, en Angola, en

Belgique et aux Etats-Unis d'Amérique. C'est aussi dans ce cadre que s'inscrivent les missions

de plusieurs membres du Gouvernement au Brésil, en Inde, en Chine et dans beaucoup de

pays membres de l'Union Européenne. Cela a permis de mettre fin à l'isolement diplomatique

de notre pays, de renforcer sa position dans le monde et de lui ouvrir de possibilités

insoupçonnées de coopération et de financement.

A ce sujet, permettez qu'en quelques mots, Je puisse rendre compte des accords conclus et à

conclure avec la République Populaire de Chine, et rassurer Notre peuple quant au sens et au

contenu de Notre démarche.

La logique de ces accords se décrire en cinq points.

Premièrement, « Cinq chantiers pour changer le Congo », ce n'est ni un slogan5

i une utopie.

C'est un projet. Mieux, c'est un contrat passé avec le peuple. Nous avons donc une obligation

de résultat, et il nous faut trouver des ressources financières pour matérialiser ces chantiers

sur le terrain.

Deuxièmement, Nous avons assaini le cadre macroéconomique et Nous gérons mieux nos

finances publiques. Cependant, Nos ressources propres, quoiqu'en constante progression,

demeurent insuffisantes face à l'ampleur de Nos besoins de reconstruction.

 

Troisièmement, le concours de Nos partenaires traditionnels est fort appréciable et apprécié. Il

est cependant déjà pris en compte dans le calcul du déficit de financement à combler et, vu

les procédures de décaissement qui lui sont propres, il ne répond pas à l'urgence de nos

besoins.

Quatrièmement, Nous sommes dans la dernière ligne droite vers le point d'achèvement de

l'initiative PPTE et la réduction substantielle du fardeau de la dette. Le financement

additionnel à trouver doit être susceptible de décaissement rapide, et s'obtenir à des

conditions qui n'accroissent pas notre endettement et mettent en danger le point

d'achèvement.

Cinquièmement, puisque les institutions financières chinoises disposent de liquidités

importantes et que leur pays a des besoins importants en ressources naturelles, notamment

minières, pourquoi ne pas conclure avec eux un accord où chaque partie trouverait son

compte?

En échange de concessions minières, exploitées en partenariat avec des entreprises publiques

congolaises, donnant de l'emploi aux congolais et produisant de la valeur ajoutée localement,

les banques Chinoises acceptent de contribuer au financement de Nos cinq chantiers.

Pour la première fois dans Notre histoire, le peuple congolais pourra enfin voir à quoi aura

servi son cobalt, nickel ou cuivre!

Tel est l'esprit des accords avec la partie chinoise. Ils ont été conclus en toute transparence et

Nous sommes prêts à conclure des accords similaires avec d'autres partenaires.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

Désormais, Notre devoir est de nous attaquer aux tâches de développement et de

reconstruction Dans cette perspective, Nous accordons la priorité à a construction et à !a

modernisation des infrastructures de base, de manière à libérer le potentiel, des secteurs

productifs porteurs de croissance.

Nous avons en effet l'ambition de mettre fin à l'enclavement du Congo et des parties entières

de son territoire, d'interconnecter tous les coins et recoins du pays et de rendre fluide la

circulation des personnes, des biens et des services.

C'est pourquoi, plusieurs projets de routes, ports, aéroports et chemins de fer, d'écoles et

hôpitaux, d'adduction d'eau, d'électrification, d'aménagement des biefs maritime et fluvial et

de modernisation du système national des télécommunications ont été identifiés, sont en voie

d'être étudiés, vont être financés et devraient bientôt démarrer.

Sans être exhaustif, il s'agit principalement des projets prioritaires suivants:

- Modernisation des aéroports, dont ceux de Kavumu et de N'Djili, et Construction d'une

autoroute reliant ce dernier aéroport au centre de la ville;

- Modernisation de la voirie urbaine des principales villes du pays, sur une longueur de 450

km, en plus du Boulevard Lumumba, du Boulevard du 30 Juin et de l'Avenue de Fa Libération

à Kinshasa;

- Construction d'hôtels cinq étoiles de classe internationale, dont au moins un à Kinshasa et

un autre à Lubumbashi;

- Lancement des travaux de construction et modernisation d'une ligne de chemin de fer reliant

Sakania à Matadi;

- Construction de centres commerciaux ultra modernes;

- Réhabilitation de quatre quais au Port maritime de Matadi, de la drague de Banana, du port

de Mbandaka et de plusieurs bacs;

- Construction de deux universités modernes et réhabilitation des homes des étudiants dans

plusieurs universités et instituts d'enseignement supérieurs publics;

- Début des travaux de modernisation de plusieurs routes d'intérêt national à travers toutes

les provinces du pays, dont une route bitumée reliant Lubumbashi à Kisangani;

 

- Démarrage du programme de développement des infrastructures sociales qui prévoit à

terme la construction des hôpitaux, de centres de santé et de logements sociaux.

 

Honorables Députés et Sénateurs,

 

L'année qui commence augure des lendemains meilleurs pour notre peuple.

La voie pour mettre en oeuvre et réussir le programme de reconstruction nationale est

désormais balisée. Notre pays se trouve à un virage déterminant de son histoire. II est prêt

pour le décollage.

Mais Notre travail, Nous, congolaises et congolais, ne fait que commencer. Car, même si

l'appui de nos partenaires n'est ni à négliger, ni à récuser, en dernier ressort, c'est à Nous, et

à nous seuls, qu'il revient de construire le Congo.

Plutôt que de fonder Notre avenir sur la doctrine de l'aide et de l'assistance, Nous devons

donc apprendre à compter d'abord sur Nos propres efforts. Plutôt que de Nous décourager,

Nous devons saisir toutes les opportunités qui s'offrent à Nous, et nous devons le faire tous

ensemble, quelles que soient nos divergences.

Unis comme un seul homme, Nous changerons Notre pays et mettrons fin à la pauvreté.

Je sais qu'il y a des sceptiques et des défaitistes, nationaux et étrangers, qui soutiennent que

dans ce pays le changement n'est pas possible. Ils ne connaissent pas l'âme du congolais.

Il y a quelques temps, les mêmes avaient douté que Nous puissions ramener la paix, réunifier

le pays et organiser des élections libres et démocratiques. L'histoire s'est chargée de

démontrer qu'ils avaient tord. Aujourd'hui, il Nous appartient de démontrer qu'ils se trompent

encore. Par Notre mobilisation à tous. Par le travail de chacun. Et dans la discipline.

La pauvreté et la précarité n'ont ni couleur politique, ni appartenance ethnique. Elles ne sont

ni de gauche, ni de droite, ni du pouvoir, ni de l'opposition. Le combat pour les abattre ne

saurait donc s'accommoder de camps ou de clans. Encore moins, d'une quelconque

complaisance.

 

L'indiscipline est cause d'échec; elle ne peut être tolérée. Elle est souvent cause de

catastrophes. Elle doit être combattue.

En tant que garant de la nation et de la Constitution, J'ai la charge de veiller au

fonctionnement régulier des institutions, au respect des droits de l'homme, à la restauration

de l'autorité de l'Etat, ainsi qu'à l'application stricte des lois et règlements.

A ce titre, Je ne ménagerai aucun effort pour la lutte acharnée contre l'impunité, l'immoralité

et la corruption.

Des réformes sont en cours, et je suis à ce sujet pour la révision de la loi pénale, afin de la

rendre plus dissuasive, notamment par un relèvement des peines, surtout en cas de récidive,

ou quand le justiciable est un préposé de l'Etat.

L'action répressive cependant devra suivre. Mais aussi, prévention oblige, la formation civique

et la conscientisation de la population.

J'interpelle en effet notre population et l'invite à se prendre en charge face aux phénomènes

dévastateurs que sont la corruption et la dépravation des m

oeurs.

Sans repères moraux clairs, le progrès n'est pas possible. Le combat contre ces deux fléaux

Nous engage donc tous.

Cela étant, au lendemain des ces longues années de guerre, à l'aube de cette nouvelle ère de

pouvoirs légitimes issus des urnes, et au regard du chemin parcouru, que dire, pour conclure,

de l'état de Notre Nation?

 

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,

Monsieur le Président du Sénat,

Honorables Députés et Sénateurs,

Chers Compatriotes,

 

Avec l'engagement de chacun de Nous et avec l'aide du Seigneur, lentement mais sûrement,

la réalité est en train de rattraper le rêve.

La Nation congolaise se porte mieux qu'il y a un an, beaucoup mieux qu'il y en a quinze, et

son état s'améliore chaque jour davantage.

Que Dieu vous bénisse!

Je vous remercie.

vendredi 07 décembre 2007, a 08:33
Kabila : Le Congo " prêt pour le décollage "
 

 

vendredi 7 décembre 2007, NUMERO

* « Le paysage politique congolais s'est ainsi enrichi d'un nouveau Gouvernement national multipartiste, d'une nouvelle Assemblée Nationale et d'un Sénat où cohabitent Majorité et Opposition, et d'un Pouvoir Judiciaire en cours de restructuration pour une meilleure distribution de la justice. Ces institutions sont toutes opérationnelles et fonctionnent de manière satisfaisante », a déclaré le chef de l'Etat pour justifier ce qui a notamment été fait au plan institutionnel… * « En échange de concessions minières, exploitées en partenariat avec des entreprises publiques congolaises, donnant de l'emploi aux Congolais et produisant de la valeur ajoutée localement, les banques chinoises acceptent de contribuer au financement de nos cinq chantiers. Pour la première fois dans Notre Histoire, le peuple congolais pourra enfin voir à quoi aura servi son cobalt, nickel ou cuivre », a-t-il poursuivi pour clarifier les contrats avec la Chine. « La pauvreté et la précarité n'ont ni couleur politique, ni appartenance ethnique. Elles ne sont ni de gauche, ni de droite, ni du pouvoir, ni de l'opposition. Le combat pour les abattre ne saurait donc s'accommoder de camps ou de clans. Encore moins d'une quelconque complaisance », a-t-il relevé pour mobiliser toutes les forces politiques et sociales…

Joseph Kabila, brillamment introduit hier par le président de l'Assemblée nationale Vital Kamerhe, a fait au Palais du Peuple ce qu'il se devait faire : sans fioritures, il a assumé devant le bilan de l'An 1 de son quinquennat 2006-2007. Dans son message placé sous l'article 77 de la Constitution, il a en plus dégagé les perspectives de reconstruction et de développement pour les 4 années à venir. Effectivement, les faiseurs d'opinion habituels se sont déployés pour juger la réalisation des 5 chantiers rien que sur cette première année. Or, chacun sait en son for intérieur que ces chantiers ne se font pas entièrement en 5 ans, encore moins en 50 ans. Autrement, les pays membres du G 8 auraient cessé de construire des routes ou des ports, des écoles ou des hôpitaux, des centrales électriques ou des stations d'épuration d'eau ou de créer des emplois ; bref de se développer. Le développement étant dès lors un processus permanent, les 5 Chantiers demeurent : chaque chef d'Etat, chaque parlement, chaque gouvernement, mieux chaque législature doit y faire face. C'est justement parce qu'il en est ainsi que le chantier des 5 chantiers est celui auquel s'est attelé le Pouvoir post-conflit animé en pôle position par Joseph Kabila. C'est le chantier des fondamentaux d'un Etat normal, un Etat où chaque composante des Institutions, de l'Administration publique, de la Société politique et de la Société civile fonctionne dans les normes. Un Etat où chaque citoyen se reconnaît autant dans des droits et que dans des obligations.

 

Institutions et Sécurité

 

C'est parce qu'il est conscient du chantier de la normalisation que le chef de l'Etat, dans son message, a circonscrit ces fondamentaux aux plans institutionnel, infrastructurel et au plan socioéconomique. « Sur le plan institutionnel, au courant de l'année qui s'achève, le pays s'est doté de toutes les institutions dignes d'un Etat moderne. Le paysage politique congolais s'est ainsi enrichi d'un nouveau Gouvernement national multipartiste, d'une nouvelle Assemblée Nationale et d'un Sénat où cohabitent Majorité et Opposition, et d'un Pouvoir Judiciaire en cours de restructuration pour une meilleure distribution de la justice », a-t-il déclaré, tout heureux de les voir opérationnelles et fonctionnant de manière satisfaisante. Aussi, a-t-il rappelé à chacune les limites de ses compétences : le Gouvernement définit et conduit la politique de la Nation, le Parlement légifère et contrôle l'action gouvernementale ; les Cours et Tribunaux disent le Droit. Toujours au plan institutionnel, après avoir relevé la mise en place des institutions provinciales, il s'est appesanti sur la question sécuritaire. « A cet égard, notre tâche est loin d'être achevée, et nous n'aurons de répit tant que la moindre parcelle de terre de ce pays-continent sera l'otage de hors-la-loi », a-t-il relevé en faisant naturellement allusion aux groupes armés nationaux et étrangers. Dont celui de Laurent Nkunda qui entretient dans deux territoires sur les 145 que compte le pays des foyers de tension. « Dans ces deux territoires, un général déchu continue de semer la mort et la désolation parmi la population innocente, obligée de quitter champs et villages et de se réfugier dans des camps de déplacés, exposant femmes et enfants à l'insécurité et à la précarité », a-t-il fait remarquer en prenant l'engagement d'en finir à tout prix. « Ce sera bientôt chose faite, quoi qu'il en coûte », a-t-il lancé, auréolé par les succès militaires en cours des Fardc dont il a salué le courage. Toujours au plan institutionnel, le chef de l'Etat a fait un triomphe lorsqu'il a abordé la question d'impunité et de révision constitutionnelle. S'agissant de l'impunité, il est d'avis qu'« Il est temps que cesse l'ironie du sort qui veut qu'aujourd'hui dans ce pays le criminel, parce que riche ou politiquement bien connecté, attende plus sereinement un verdict que la victime, car démunie, peu connue ou sans possibilité de trafic d'influence ». En ce qui concerne la révision, c'est dans un tonnerre d'applaudissements qu'il a mis tout le monde en garde « contre la tentation de vouloir régler tout disfonctionnement éventuel des institutions par une révision constitutionnelle » ; la modification de la loi fondamentale ne se justifiant qu'en cas d'extrême nécessité.

 

Bilan de l'An 1

 

Au plan des infrastructures, Joseph Kabila a retenu pour l'année 2007 l'affectation d'importantes ressources à l'amélioration de la desserte en eau dans plusieurs villes et grands centres urbains (Kinshasa comprise), la réflexion entamée sur la problématique de l'énergie électrique suivie de la réhabilitation de plusieurs centrales, les actions engagées pour l'exploitation pétrolifère, la préservation de l'environnement, les travaux de sauvegarde et de réhabilitation sur la voirie primaire et sur les tronçons routiers nationaux et provinciaux, la réhabilitation des écoles et des formations médicales. Au plan socioéconomique, il a mis en exergue les réformes entamées dans le secteur minier, l'engagement de l'Etat dans les domaines de la santé et de l'éducation, dans l'encadrement de la jeunesse et dans le soutien aux activités culturelles et sportives, non sans souligner les « grandes déceptions (…) enregistrées dans le secteur des Sports, du fait de la contre-performances de nos athlètes ». Il s'est prononcé aussi sur l'Emploi et sur le Salaire avant de tirer la déduction selon laquelle « Une embellie a (…) été enregistrée, en termes de pouvoir d'achat, avec la stabilisation du cadre macro-économique, mais aussi en termes réels, pour les fonctionnaires et agents de l'Etat, l'enveloppe globale des salaires ayant doublé en moins d'un an, passant de 18 à 36 milliards de francs congolais ». C'est là qu'une autre salve d'applaudissements l'a accueilli quand il va déclarer d'un trait : « Ce n'est pas encore Mbudi, mais on s'en rapproche ». Modeste comme il sait l'être, il a admis lui-même que ces préalables « à l'amélioration durable des conditions sociales des populations sont loin d'être entièrement remplis » ; les fondations ayant été posées sur un terrain qui vient juste de subir un défrichage. « Des fondations en béton armé, fort heureusement », a-t-il lancé une fois de plus. Aussi, du bilan, il a clairement déclaré que « L'année écoulée n'a donc pas été perdue ; les sacrifices consentis ne l'ont pas été en vain ».

 

Les projets « chinois »

 

A partir de cette deuxième année, la priorité est fixée : construction et modernisation des infrastructures de base. Il a rappelé pour ce faire l'engagement qu'il avait pris dans son discours d'investiture, celui de promouvoir une diplomatie de développement. A ce sujet, il s'est prononcé pour la première fois sur les accords dits chinois qu'il va décliner en cinq points. Primo : les 5 Chantiers sont « un contrat passé avec le peuple ». Il y a donc obligation de résultat. Secundo : l'assainissement du cadre macro-économique. Cependant, même si elles sont en nette progression, les recettes internes sont dramatiquement insuffisantes. Tertio : l'apport des partenaires traditionnels. Bien que fort appréciable, il ne répond pas aux besoins urgents pour deux raisons : la prise en compte de cet apport dans le calcul du déficit de financement à combler et la longue procédure de décaissement. Quarto : l'objectif « Point d'achèvement initiative Ppte ». Quinto : la disponibilité des institutions financières chinoises et les besoins de la Chine en ressources minières. « En échange de concessions minières, exploitées en partenariat avec des entreprises publiques congolaises, donnant de l'emploi aux Congolais et produisant de la valeur ajoutée localement, les banques chinoises acceptent de contribuer au financement de nos cinq chantiers. Pour la première fois dans Notre Histoire, le peuple congolais pourra enfin voir à quoi aura servi son cobalt, nickel ou cuivre », a dit le chef de l'Etat avant de citer quelques projets prioritaires. A-t-il fermé pour autant la porte du Congo aux autres investisseurs ? Pas du tout. Soulignant que les contrats « chinois » ont été conclus en toute transparence, il a ajouté : « …nous sommes prêts à conclure des accords similaires avec d'autres partenaires ».

 

Déclaration de foi

 

Tout en se réjouissant de ces accords, il a souligné la portée inestimable de l'apport national de sorte que uni, l'ensemble du peuple congolais mette fin à la pauvreté. Et pour cause ! « La pauvreté et la précarité n'ont ni couleur politique, ni appartenance ethnique. Elles ne sont ni de gauche, ni de droite, ni du pouvoir, ni de l'opposition. Le combat pour les abattre ne saurait donc s'accommoder de camps ou de clans. Encore moins d'une quelconque complaisance », a-t-il fait valoir, convaincu que l'indiscipline est la cause de l'échec, et généralement l'indiscipline génère des catastrophes. Aussi, a-t-il pris pour cette nouvelle année l'engagement de « veiller au fonctionnement régulier des institutions, au respect des droits de l'homme, à la restauration de l'autorité de l'Etat, ainsi qu'à l'application stricte des lois et règlements », mais aussi de ne ménager aucun effort dans la lutte contre les trois grands fléaux que sont l'impunité, l'immoralité et la corruption. En mot de la fin, répondant lui-même à la question de savoir ce que l'on peut conclure au regard du chemin parcouru, Joseph Kabila a fait cette déclaration de foi : « La Nation congolaise se porte mieux qu'il y a un an, beaucoup mieux qu'il y en a quinze, et son état s'améliore chaque jour davantage ». Fait remarquable : de bout en bout, Opposition et Majorité parlementaires ont communié dans une ambiance tellement confraternelle que les sceptiques et défaitistes congolais et étrangers jusque-là convaincus que rien de bon ne peut sortir du Congo entendront longtemps, mais alors longtemps Joseph Kabila dire : « Ils ne connaissent pas l'âme du congolais ». (Texte intégral en pages suivantes)

Omer Nsongo die Lema


jeudi 06 décembre 2007, a 10:02
Ruberwa piège le Président Kabila
 

 

 

Le président du Rcd nargue le pouvoir, sa garde n'a jamais été désarmée, entre temps il sillonne le monde battant campagne pour Laurent Nkundabatware.
 
L'ancien vice-président de la République en charge de la Défense et sécurité continue à garder ses bureaux, sa garde rapprochée n'a jamais été ni désarmée ni brassée. Et il entreprend des tournées à travers le monde en quête de soutiens à la cause des Banyamulenge. Ses accointances avec le général déchu Nkundabatware ne cessent d'inquiéter les RD-Congolais. Il fait exception et ça inquiète.

La mise en place, en janvier 2007, des institutions de la République issues des élection a marqué officiellement la fin de la période de transition inaugurée en juin 2003. Conformément au décret négocié par les membres de l'espace présidentiel ayant régenté pendant la transition et signé par Joseph Kabila, chaque ancien vice-président de la République devait bénéficier de l'immunité pour des actes posés pendant l'exercice de son mandat, jouir des avantages matériels pour lui permettre de mener une vie digne de ce nom et surtout, conserver une garde rapprochée réduite.

Dès la promulgation du décret présidentiel, Yerodia Abdoulaye Ndombasi, VIPI en charge du secteur de la reconstruction avait quitté ses bureaux et remis les policiers qui assuraient sa garde à la disposition de l'inspection générale de la police nationale. Ces bureaux sont depuis lors occupés par ceux de la Sécurité d'Etat, ex-­Conseil national de Sécurité. Pour sa part, Jean-Pierre Bemba qui supervisait le secteur économique et financier du gouvernement de transition et dont les bureaux étaient basés à la primature s'était replié sur sa résidence officielle située sur le boulevard du 30 juin, en face du cimetière de la Gombe.

Sa garde s'est volatilisée lors des affrontements des 22 et 23 mars 2007. Arthur Z'Ahidi Ngoma, responsable du secteur culturel qui n'avait pas voulu comprendre que le vent de l'histoire avait pris une autre direction, a été déguerpi de la résidence qu'il occupait de la manière que l'on sait. Ses anciens bureaux situés sur l'avenue de la Justice, à Gombe, avaient été auparavant vidés  de documents officiels. L'actuel ministre d'Etat en charge de l'Agriculture et du développement François Nzanga Mobotu, depuis établi son cabinet.

Une exception suspecte

Curieusement, Azarias Ruberwa ancien vice-président de la République en charge des questions de défense et sécurité continue à garder ses bureaux et résidence non loin de la primature, à quelques mètres du fleuve Congo. De même, les éléments de sa garde rapprochée sont toujours en poste, armes au poing comme si de rien n'était. Le mot d'ordre donné par l'Etat major des FARDC de voir se soumettre au brassage les troupes à la disposition des anciens membres de l'espace présidentiel de la transition semble ne pas les concerner.

Pendant ce temps, ce dernier effectue depuis plusieurs semaines une tournée à travers l'Amérique. Il dit y avoir été invité par des universités désireuses d'obtenir de lui un, éclairage suffisant -sic- sur la situation qui prévaut en RD­Congo en général et à l'Est du pays en particulier. Cette tournée est attentivement suivie par l'opinion qui serait curieuse de connaître les propos que tient aux Américains une personnalité qui a dirigé pendant des années le mouvement rebelle contre le pouvoir de Kinshasa et dont-on connaît l'acharnement à défendre la cause de la communauté tutsie.

Les observateurs notent que le motif qui aurait poussé le général Nkunda à déclencher cette guerre dont la finalité est bien connue aujourd'hui est le reproche fait à l'ancien VIPI de ne pas s'impliquer assez dans la protection de sa communauté. Azarias Ruberwa, tout en ne fustigeant les agissements de son ancien officier de renseignements, ne s'empêche nullement de reconnaître le bien fondé de cette guerre qui jette sur la route plusieurs centaines de déplacés…

Bénédictus/AfricaNews

mercredi 05 décembre 2007, a 18:13
Réunion d'Addis Abeba : Renforcer militairement Kinshasa
 

 
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et les pays de la région des Grands lacs africains sont convenus mercredi à Addis Abeba de "renforcer rapidement" les forces de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC) qui a lancé une offensive contre des rebelles.
Les Etats-Unis et les pays de la région "se sont engagés à un renforcement rapide des institutions de sécurité en RDC", selon un communiqué lu par Mme Rice à l'issue d'une réunion avec les présidents ougandais, Yoweri Museveni, rwandais, Paul Kagame, et burundais, Pierre Nkurunziza et le ministre d'Etat congolais chargé des Affaires intérieures, Denis Kalume.

Les quatre pays de la région se sont également une nouvelle fois engagés à ne "pas abriter des forces négatives" sur leurs territoires respectifs, selon ce communiqué.

L'armée congolaise mène depuis lundi une offensive dans la province du Nord-Kivu (est), frontalière du Rwanda, contre les troupes insurgées ralliées au général déchu Laurent Nkunda.

L'Est de la République démocratique du Congo (RDC) est déchiré par des affrontements depuis le début des années 90.

mercredi 05 décembre 2007, a 06:46
Joseph Kabila, un an déjà!
 

 


Dans 24 heures, une année sera écoulée depuis que J. Kabila avait prêté serment en tant que président élu. Le premier président congolais élu au suffrage universel direct saisira l'occasion pour s'adresser à la nation à travers le Congrès et ce, pour la première fois. C'est un choix libre. Car, les dispositions constitutionnelles qui l'obligent à s'adresser au Congrès ne sont pas contraignantes. Elles ne lui déterminent ni le jour ni l'occasion de le faire. Une autre personne à sa place choisirait une occasion protocolaire pour un discours de formalité. J. Kabila a choisi une date pleine de signification et d'attentes. S'adresser à la nation le 6 décembre, date anniversaire de son investiture, c'est prendre l'engagement de faire le bilan des douze mois de pouvoir. Cela intervient en un moment particulièrement agité. A l'Est du pays, les populations ont oublié les espoirs de paix augurés par les élections libres auxquelles elles avaient participé massivement. Cette population est ahurie dans la mesure où elle avait cru tordre le cou à l'insécurité en votant massivement oui à une Constitution qui réglait définitivement la question de nationalité présentée hier comme cause principale de la mal-cohabitation à l'Est du pays. Pendant que le 1er décembre on attendait une ferme action de la communauté internationale en appui aux Fardc pour résoudre cette question, les positions mi-figue mi-raisin, adoptées par les cosignataires de l'accord de Nairobi, ramènent le pays à la case départ. Ce qui redonne des ailes et à Nkundabatware et aux Fdlr. Au plan social, les agents de l'Etat, plus par mimétisme que par discernement, ont fait du déblaiement le seul langage, à leur avis, que le gouvernement comprend le mieux. Cette fois, plus que hier, une moindre pluie est un sinistre en puissance. C'est le déluge promis par Mobutu. Le gouvernement doit faire face à plusieurs dépenses imprévues. Les voiries urbaines, particulièrement à Kinshasa, se dégradent au quotidien. Se déplacer dans la capitale, même dans une belle limousine, n'est plus un plaisir. Embouteillages, nids de poules, dos d'ânes, rien n'est fait pour faciliter la circulation à Kinshasa. Pour la population, que cette situation soit la conséquence des années de mégestion écoulée, pour elle, J. Kabila et Gizenga doivent y trouver des solutions et maintenant. Pendant ce temps, le satisfecit des institutions de Brettons Wood, est pour cette population un vide d'esprit. Les performances économiques du gouvernement Gizenga ne sont pas comprises par une population dont les critères d'appréciation ignorent la macro ou la micro économie. Pour la population donc, tout se passe et se juge au vécu quotidien. Le gouvernement peut-il enjamber ce travail de fourmis à la base ? Les spécialistes diront que non. C'est ici que le pouvoir en place est incompréhensible. Il ignore éperdument la politique de « bien faire et le faire savoir ». Pas de mobilisation et du pouvoir et de la majorité à travers les formations politiques coalisées pour faire comprendre les vrais enjeux et la démarche de l'action gouvernementale. Les Congolais ont vite oublié d'où ils viennent et à quel prix, pour ne se préoccuper que de là où ils sont, oubliant même où et comment ils se sont engagés à partir. Tout cela ne changera pas par miracle. Le peuple a besoin de repères et d'animateurs. Par où sont passés les animateurs politiques de la majorité ?

J.Diana G.


mardi 04 décembre 2007, a 07:28
DECEMBRE POLITIQUE ET DIPLOMATIQUE POUR LE PRESIDENT JOSEPH KABILA
 

 

 

* Le 5 décembre 2007, sauf imprévu, le chef de l'Etat est attendu à la quadripartite d'Addis-Abeba où, autour de Condoleeza Rice, il va devoir échanger avec ses homologues burundais, ougandais et rwandais sur la sécurité dans les Grands Lacs * Le 6 décembre, c'est la célébration de l'An 1 de son mandat. Il est question d'un discours qu'il adresserait à la Nation devant le Congrès. La situation au Kivu n'incite pas à fêter à Kinshasa * Le 8 décembre, Joseph Kabila assiste à son premier sommet « Afrique-Europe » de Lisbonne en sa qualité de chef d'Etat congolais certes, mais aussi de président en exercice de la Ceeac * Le 10 décembre, il sera reçu au Vatican par le pape Benoît XVI * Sur ces entrefaites, l'offensive militaire longtemps contenue est vraisemblablement en voie d'être lancée…

La première quinzaine du mois de décembre 2007 aligne des événements importants pour la RDC. Les 3 premières dates (5, 6 et 8) auraient ressemblé aux « 3 Glorieuses » à la cubaine, mais avec cette grosse différence qu'il n'y a vraiment pas matière à fête, même si forte est la tentation de le faire pour le 6 décembre 2007 à l'occasion du premier anniversaire de l'accession de Joseph Kabila à la magistrature suprême en tant que premier chef d'Etat congolais élu au suffrage universel libre et secret. La fête se serait amplement justifiée par rapport à l'événement n'eut été la situation dramatique qui prévaut au Nord et au Sud-Kivu en raison de la crise entretenue principalement par le Cndp de Laurent Nkunda (les rumeurs le font passer pour mort) et par les ex-Far/Interahamwe (à ne pas confondre avec les Fdlr). Intervenant à la 62ème assemblée générale des Nations Unies le 27 septembre dernier, Joseph Kabila a eu à circonscrire cette situation en posant le vrai problème. « …on ne peut raisonnablement justifier que des populations congolaises continuent à faire quotidiennement l'objet de violences et exactions de tous genres, de la part des groupes armés nationaux et étrangers, et qu'elles soient massivement réduites à être des déplacés de guerre », a-t-il dit, alors que le pays a réussi à franchir toutes les étapes menant de la guerre aux élections, en passant par l'accord de cessez-le-feu de Lusaka, la tenue du Dialogue intercongolais et la Transition sous le régime « 1+4 ». La semaine passée, son épouse, Mme Olive Lembe Kabila, a fait le déplacement du Kivu sinistré davantage par les actes de violences sexuelles faites à la femme. Elle a tellement été choquée par ce qu'elle a vu et entendu qu'elle en est venue à demander, haut et fort, à ceux qui avaient amené les ex-Far et Interahamwe en RDC en 1994 à les en faire partir le plus rapidement possible. Il est donc peu probable que le couple présidentiel ait le cœur à la fête ce 6 décembre. N'en déplaise à ceux qui s'y sont investis sérieusement... Des sources généralement bien informées, il ressort que le Président de la République pourra se limiter à la célébration de l'An 1 à un culte œcuménique et à un message à la Nation par le Congrès interposé. D'où l'événement politique.

 

Addis-Abeba

 

Les deux dates voisines sont celles de grands événements diplomatiques. Effectivement, le 5 décembre 2007, la médiation américaine entre dans sa phase décisive avec le sommet d'Addis-Abeba. On sait qu'après la rencontre Kabila-Bush à la Maison-Blanche le 26 octobre 2007, après la mission Timothy Shortley dans les Grands Lacs, après la désignation de l'animateur de son antenne de Goma et après les acquis de la rencontre de Nairobi du 9 novembre dernier, l'Administration Bush organise demain mercredi une quadripartite à Addis-Abeba où sont attendus, autour de la secrétaire d'Etat Condoleeza Rice, les chefs d'Etat congolais Joseph Kabila, burundais Pierre Nkurunziza, ougandais Yowerie Museveni et rwandais Paul Kagame ( cfr livraison d'hier). D'ailleurs, c'est en prévision de ce rendez-vous que vendredi 29 novembre dernier, la sous-secrétaire d'Etat aux Affaires africaines Jendayi Frazer a jeté un gros pavé dans la mare en déclarant que son pays a transmis à Laurent Nkunda un message dans le sens soit de se rendre aux autorités congolaises, soit de s'exiler, mais non sans « inciter ses forces (...) à se démobiliser ». Bien plus, reconnaissant au Président de la République l'imperium dont il dispose, l'Administration Bush considère que le Pouvoir congolais issu des urnes a « le droit de tenter d'exercer sa souveraineté territoriale (...) », ce qui signifie concrètement « …le droit d'utiliser ses forces contre celui qui est avant tout un général rebelle de sa propre armée » ! On se souviendra qu'à son avènement à la magistrature suprême le 26 janvier 2001, Joseph Kabila avait pris l'engagement de se rendre partout où la paix de la RDC se négocie. Au cours de ces 6 dernières années, il a été de tous les rendez-vous en Afrique ou sous d'autres continents. Du reste, pour la première fois que Kinshasa est réellement en position diplomatique de force, depuis la signature de l'Accord de Lusaka en 1999 – le Plan d'élimination de la menace ex-Far/Interahamwe élaboré avec le concours de la Monuc a déjà été envoyé au Rwanda – Joseph Kabila ne se déplace plus en demandeur. Il est désormais en droit d'exiger...

 

Lisbonne

 

48 heures après Addis-Abeba, il va falloir qu'il se retrouve à Lisbonne où, du 8 au 9 décembre 2007, se tient le sommet « Afrique-Europe ». Le premier pour lui. L'importance du sommet se situe à plusieurs niveaux. L'Union européenne, en effet, est le premier bailleur des fonds multilatéral de la RDC. Elle a financé à près de 90 % le processus électoral. Elle a financé à 100 % le déplacement de l'Eufor-RDCongo grâce à laquelle les élections à Kinshasa ont pu se tenir en toute sécurité. Après les Etats-Unis, l'Union européenne est le deuxième bailleur de fonds de la Monuc. Elle a son « gouvernement » à Bruxelles, capitale de l'ex-puissance belge. Dans le cadre de la réunion du Groupe consultatif de Paris tenue du 28 au 29 novembre dernier, elle a annoncé au titre du 10ème FED pour le quinquennat 2008-2013 une enveloppe de 561 millions d'euros. Quant au Portugal, il est intimement lié à la découverte du Congo à partir de son embouchure (Diego Câo) pendant que son ex-colonie, l'Angola, est l'un des voisins les plus sûrs du Congo. Ce n'est pas tout. Depuis le sommet de la Ceeac tenue à Brazzaville du 30 au 31 octobre dernier, Joseph Kabila porte une nouvelle casquette. Celle du président en exercice de cette organisation sous-régionale représentant trois des six ex-puissances coloniales européennes : la France (pour le Congo-Brazzaville, le Gabon, la Rca, le Tchad et le Cameroun), le Portugal (pour l'Angola, Sao Tomé et Principe , l'Espagne ( Guinée-Equatoriale) ainsi que la Belgique (pour la RDC, le Burundi et le Rwanda). Bon nombre de ces Etats ont des conflits internes ayant des ramifications extérieures ; cas de la RDC, de la Rca, du Tchad et du Burundi. Toutes ces raisons concourent à la participation de Joseph Kabila au sommet de Lisbonne.

 

Vatican

 

Le 10 décembre, signale le site www.vatican.va, Joseph Kabila sera l'hôte du pape Benoît XVI. C'est la 3ème fois qu'il s'y rend ; la première le 14 juin 2002 quand il avait rencontré le pape Jean-Paul II ; la deuxième aux obsèques de ce dernier. « Cette visite, signale le site - devrait permettre une meilleure relation avec le gouvernement de la RDC ». Le Vatican continue, depuis 8 ans, d'attendre la nomination d'un ambassadeur congolais auprès du Saint-Siège. Kinshasa attend la nomination du nouvel archevêque de Kinshasa en remplacement du défunt cardinal Frédéric Etsou.

 

Phase du baroud d'honneur

 

On peut, d'ailleurs, en être sûr : Lisbonne ne laissera pas repartir les pays africains en état de guerre sans tenter une solution. Dans le cas précis de la RDC, il est bon de rappeler que l'Administration Bush – qui ne manquera pas de signaler sa présence dans la capitale lusitanienne – a déjà pris à l'endroit de Nkunda une position à laquelle l'Union européenne donnera sa caution ; ce en raison de l'obstination observée dans le chef de ce général démissionnaire. Après avoir révélé les nombreux appels téléphoniques que Timothy Shortley a eus avec ce dernier après leur tête-à-tête, Jendayi Frazer a confirmé son pavé dans la mare en ajoutant, citation : « Nkunda n'a pas été désireux jusqu'à présent de partir en exil, et il se peut donc qu'il soit nécessaire pour le président Kabila d'exercer plus de pression sur lui, y compris une pression militaire » ! Fin de citation. On sait qu'en prévision de la rencontre d'Addis-Abeba, Nkunda est entré dans une phase de baroud d'honneur avec la bataille de Kikuku et Nyanzale avant-hier. Hier, les Fardc ont vraisemblablement lancé la contre-offensive décisive (lire chronique politique en page 5). C'est que les 5, 6, 8 et 10 décembre 2007 sont quatre dates effectivement décisives pour Kabila ! Par ricochet, pour la RDC…

 

Omer Nsongo die Lema


lundi 03 décembre 2007, a 17:48
Combats à l’arme lourde au Nord-Kivu
 

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont lancé lundi une offensive contre les troupes insurgées dans plusieurs localités au nord-ouest de Goma, la capitale du Nord-Kivu (est), région en proie depuis trois mois à de violents affrontements.

"Les forces gouvernementales ont lancé ce (lundi) matin des opérations dans la zone de Mushake", à environ 40 km au nord-ouest de Goma, a déclaré le major Vivek Goyal, porte-parole militaire de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) au Nord-Kivu.

Des combats à l'arme lourde ont débuté avant 04H00 GMT aux abords de Mushake, village tenu par les soldats insurgés ralliés au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, selon un officier.

"Les FARDC nous ont attaqués tôt ce matin. Je ne pense pas qu'ils arriveront à nous déloger de Mushake", a déclaré le colonel Esaïe Munyakazi, avant d'interrompre brusquement la conversation au moment où de fortes détonations étaient entendues par téléphone.

Une autre offensive a été lancée plus tard contre les positions insurgées à Kimoka, près de Sake (à 30 km au nord-ouest de Goma).

"Nous sommes attaqués sur tous les fronts maintenant. C'est la guerre que les FARDC viennent de déclarer contre nous", a affirmé le major Antoine Balibuno, joint à Kimoka.

L'état-major des FARDC à Goma était injoignable lundi matin, mais des officiers loyalistes contactés sur le terrain ont confirmé le lancement d'une vaste opération contre toutes les positions insurgées dans le secteur de Sake, en territoire de Masisi.

A Kimoka, un officier loyaliste a déclaré que ses troupes avaient repris possession d'un des deux émetteurs téléphoniques de la zone et comptaient "déloger les insurgés des collines de Malehe" surplombant Sake.

Plusieurs centaines de militaires ont été engagés dans les combats. Dans la nuit, plusieurs camions transportant troupes et armement lourd, ainsi que quelques blindés légers, ont traversé Goma en direction de Sake, selon des témoins.

En prévision de cette offensive, les FARDC ont reçu d'importants renforts ces dernières semaines. L'armée n'attendait plus que le feu vert du président Joseph Kabila pour "rétablir l'autorité de l'Etat" au Nord-Kivu.

Depuis la mi-août, cette province frontalière du Rwanda est le théâtre d'affrontements entre FARDC, qui y ont massé plus de 20.000 hommes, et quelque 4.000 soldats insurgés ralliés à Nkunda.
Tutsi congolais, Nkunda se pose en défenseur de sa communauté contre les rebelles hutus rwandais installés dans l'est du pays, accuse l'armée de soutenir ces derniers et refuse catégoriquement de déposer les armes en dépit d'appels répétés de Kinshasa, de la Monuc et d'intenses pressions diplomatiques, notamment américaines.

Dimanche, les insurgés ont affirmé s'être emparé des positions de la 15e brigade des FARDC à Kikuku et Nyanzale (territoire de Rutshuru), à entre 100 et 130 km au nord-ouest de Goma.

Selon des habitants joints dans la région, les affrontements ont repris lundi aux abords de Nyanzale, toujours "tenu" par les insurgés.

Ces affrontements ont entraîné le déplacement de "dizaines de milliers" de civils, selon des sources humanitaires. Lundi, des centaines d'habitants de la région de Sake ont aussi pris la route, en direction de Goma.

Le lancement de cette vaste offensive de l'armée inquiète humanitaires et observateurs militaires, qui doutent de la capacité de l'armée à l'emporter contre des troupes mobiles, familières du terrain et qui pourraient se lancer dans des opérations de guérilla meurtrières pour les civils.

Le Nord-Kivu compte quelque 800.000 déplacés de guerre, selon l'ONU

 

Afrique centrale info

lundi 03 décembre 2007, a 08:11
Nkunda compte ses derniers jours !
 


Chose promise, chose due : Kinshasa a transmis le 30 novembre dernier à Kigali le Plan dit d'élimination de la menace ex-Far/Interahamwe. En le faisant 24 heures avant la date fixée, soit le 1er décembre, le gouvernement congolais - qui a bénéficié pour son élaboration de l'appui de la communauté internationale par la Monuc interposée - conforte réellement sa position, car il revient maintenant au gouvernement rwandais de s'assumer par rapport à ses propres engagements. La RDC est effectivement en position confortable en prévision du rendez-vous d'Addis-Abeba du 5 décembre prochain où sont attendus les présidents congolais Joseph Kabila, rwandais Paul Kagame, burundais Pierre Nkurunziza et ougandais Yowerie Museveni avec comme « facilitateur » Condoleeza Rice, secrétaire d'Etat américaine aux Affaires étrangères. L'affirmation tient des deux faits importants. Le premier, on s'en doute, est justement la position de l'Administration Bush par rapport à Laurent Nkunda dont certaines sources citent pour mort à l'hôpital Kibungo, au Rwanda, à la suite des blessures graves consécutives à un attentat dans sa propre cour. Le second est le démarrage du contrôle sur la frontière congolo-rwandaise.

 

Grande portée diplomatique

 

Le sort de Laurent Nkunda – à supposer que ce dernier soit encore vie - est comme scellé après la prise de position de l'Administration Bush du vendredi 29 novembre dernier. En effet, par la voix de Jendayi Frazer, secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines, l'administration dit avoir « clairement transmis le message qu'il devait se rendre, s'exiler et inciter ses forces (...) à se démobiliser », reconnaissant au passage au Président Joseph Kabila « le droit de tenter d'exercer sa souveraineté territoriale (...) il a le droit d'utiliser ses forces contre celui qui est avant tout un général rebelle de sa propre armée ». Ainsi, Nkunda a le choix entre se rendre pour être jugé ou s'exiler pour se faire oublier. Mais, dans les deux cas, il doit absolument se libérer de ou libérer ses hommes ; son repositionnement dans les Fardc ou sur la scène politique étant exclu ! Jendayi Frazer a certes rappelé la préoccupation américaine d'épargner la population des affres de la guerre. « … nous nous préoccupons surtout pour la population civile afin qu'elle ne soit pas prise au milieu d'une telle offensive contre Nkunda ; c'est pourquoi nous exhortons Nkunda (et) le gouvernement de Kabila à essayer de mettre fin à tout cela avec des moyens pacifiques », a ajouté-t-elle, révélant les contacts pris par Timothy Shortley avec le général démissionnaire, sans cependant préciser si c'est par son canal ou un autre canal que le message a été transmis à l'intéressé. Ce que l'on peut cependant retenir, c'est que Shortley est cosignataire de l'Accord de Nairobi aux côtés – pour la communauté internationale – de Haïlé Menkerios (sous-Secrétaire général pour les Affaires Politiques) et de Roeland van de Geer (envoyé spécial de l'Union européenne pour les Grands Lacs). Cette prise de position est d'une grande portée diplomatique quand on la place dans le contexte du « sommet » d'Addis-Abeba du mercredi 5 décembre 2007. Il y sera question, pour mémoire, de résolution des crises des Grands Lacs suscitées par la multitude des groupes armés congolais et étrangers qui écument une bonne partie de l'Est de la RDC, groupes sponsorisés par certains Etats de la région.

 

Retour de la manivelle

 

S'agissant du contrôle sur la frontière, il ressort d'une dépêche de l'Afp que le commandant de la 8ème région militaire (Nord-Kivu), le général Vainqueur Mayala, a tenu vendredi 29 novembre à Goma un point de presse au cours duquel il a déclaré que les équipes congolaises de vérification « des frontières, (appuyées) par la Mission de l'ONU en RDC (Monuc) et par l'Union africaine, sont prêtes depuis trois semaines pour vérifier toutes les situations sur le terrain, mais les équipes de notre partenaire, le Rwanda, ne se montrent pas ». On se souviendra qu'en marge de la rencontre de Nairobi le 9 novembre dernier, le ministre rwandais des Affaires étrangères, Charles Murigande, s'était précipité sur les médias pour se plaindre de la non désignation par Kinshasa des membres de ladite équipe. « La situation confuse qui règne le long de notre frontière commune dans le territoire de Rutshuru (…) commande que les deux équipes de vérification commencent à travailler sans délai », a fait observer le général Mayala quand on sait que le Rwanda s'est engagé, dans l'Accord de Nairobi, à « Prendre toutes les mesures nécessaires pour sécuriser sa frontière et empêcher l'entrée ou la sortie de membres de tout groupe armé, en particulier de celui du chef de milice dissident Nkunda, et d'empêcher que toute forme de soutien – militaire, matériel ou humain – soit fourni à aucun groupe armé en RDC ». Réactivé lors de la dernière réunion de la Tripartite Plus regroupant la RDC, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, le mécanisme conjoint de contrôle de la frontière permet de maintenir le dialogue permanent entre les Etats membres, obligés de se communiquer des informations sur tout mouvement d'hommes ou d'équipement de nature à susciter un conflit chez le voisin. Dans cet ordre d'idées, Kinshasa et Kigali ont pris des engagements réciproques (lire édition n°3147 du vendredi 29 novembre 2007 sous le titre « Le Rwanda bloque la liste des génocidaires ») ; les deux gouvernements ayant obtenu de la communauté internationale d'autres engagements (encadré). On sait que dans le cadre de l'Accord de Nairobi, la RDC et le Rwanda ont convenu notamment d'« Etablir un contrôle frontalier strict et empêcher tout mouvement transfrontalier illicite de combattants ou de recrues, de matériel militaire, de soutien alimentaire ou médical, pour aucun groupe armé ». A deux jours du sommet d'Addis-Abeba, force est encore de constater que ce pays n'a ni présenté la liste des génocidaires et le programme de réinsertion socioéconomique, ni déployé ses équipes dans le cadre du mécanisme de contrôle de frontière. Par contre, le Cndp n'arrête pas de guerroyer. Les derniers affrontements ont eu lieu hier dimanche 2 décembre à une centaine de km de Goma. « Les troupes (…) Nkunda et la 15e brigade des FARDC sont engagées dans des combats près du village de Kikuku, au nord de Mweso », a déclaré le porte-parole militaire de la Monuc pour le Nord-Kivu, le major Viveck Goyal. Un autre responsable de la Monuc a estimé qu'« Il est trop tôt pour savoir s'il s'agit des prémices de la grande offensive prévue ; mais ce qui est certain, c'est qu'on ne voit sur le terrain aucun signe d'une désescalade et aucune volonté de Nkunda de démobiliser ses hommes ». Des combats du baroud d'honneur ! C'est que la mise à mort lente mais sûre de Laurent Nkunda est en train de démonter tout le plan du Rwanda ou de ses commanditaires sur le Congo (BALISES). Ainsi, le général démissionnaire et le général chef d'Etat vivent le retour de la manivelle.

 

Omer Nsongo die Lema


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