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CONGO MON AMOUR
jeudi 24 avril 2008, a 20:49
Kabila parle : Le rapport maître- esclaves entre la Belgique et la RDC, C'est fini

 
 
 
 

 

 
 

ENTRETIEN

KINSHASA

DE NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE

Barbe poivre et sel, cheveux drus, regard brillant, le président Joseph Kabila s'est donné un look de maquisard, de « freedom fighter », illustrant peut-être les combats qui se mènent en ce moment avec pour enjeu la souveraineté et le décollage économique du Congo.

Ces dernières semaines, depuis qu'il exerce la présidence de la Communauté des Etats d'Afrique centrale, il a multiplié les voyages : Zambie, Afrique du Sud, Inde, une réunion à New York au Conseil de Sécurité dont il était rentré un jour plus tôt que prévu pour recevoir lundi la délégation belge, composée du ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht, des ministres de la Défense Pieter De Crem et de la Coopération Charles Michel.

Un agenda chahuté, les Belges ayant pris comme une offense le fait que le rendez-vous qu'eux-mêmes avaient suggéré pour lundi matin soit déplacé en fin d'après-midi… Au cours des deux rencontres avec le trio belge, mené par Karel De Gucht, les échanges furent parfois rudes, à la limite de l'incident.

« Le partenariat belgo-congolais est vraiment très fort, il devrait survivre à ces tensions », devait conclure Pieter De Crem avant de repartir pour la Belgique alors que ses deux collègues s'envolaient pour l'est du pays.

Au lendemain de son dernier entretien, mené durant une heure quarante avec la délégation belge, le président Kabila a accepté de répondre aux questions du Soir.

Au-delà des péripéties liées à l'agenda proprement dit, quel bilan tirez-vous de la visite de la délégation belge ?

Il me semble que la mission n'était pas très bien organisée, parce qu'au départ il n'était question que de la visite du ministre de la Défense, invité par son homologue Chikez pour faire le point sur le partenariat militaire que nous apprécions beaucoup et entendons bien continuer. Les ministres De Gucht et Charles Michel ont décidé ensuite de venir ensemble. J'ai donc reçu la délégation dirigée par le ministre De Gucht qui m'a délivré un message au nom du gouvernement belge. Mais quel message ! Un message que je n'ai pas du tout apprécié et je le lui ai dit. Pour moi, l'essentiel, c'est que la Belgique doit se décider à propos du type de relations qu'elle souhaite entretenir avec la République démocratique du Congo. Soit de bonnes, de très bonnes relations de partenariat adulte avec un Etat souverain et indépendant, soit des relations de maître à esclave. Le gouvernement belge doit lever l'option sur ce point et construire une relation sur la base de son choix.

Estimez-vous qu'au cours de cet entretien avec vous, c'est le Congo qui aurait été traité injustement ?

Il ne s'agit pas de moi, de ma personne. Mais je constate que chaque fois qu'une mission est dirigée par le ministre des Affaires étrangères, c'est avec beaucoup d'arrogance, comme si nos visiteurs venaient ici pour nous donner des leçons. C'est inacceptable. Le Congo n'acceptera jamais cela, et surtout pas moi. Un autre peut-être, mais pas moi. Dans ce pays, on a versé le sang, et pour notre indépendance, et pour notre libération. Je n'accepterai jamais de leçons de la part de qui que ce soit, qu'il s'agisse du ministre des Affaires étrangères belge ou chinois, peu importe. La Belgique doit décider du type de relations qu'elle souhaite entretenir avec le Congo.

Il est vrai cependant que la Belgique entretient une relation de longue durée avec le Congo ?

Oui, mais la Belgique est d'abord un partenaire. Moi, j'espère bien que la Belgique sera toujours un pays ami, un pays frère, avec lequel je n'ai personnellement aucun problème. Mais une année et demie après les élections, on ne peut pas traiter avec la République démocratique du Congo comme si on était dans les années 90, qui ont été marquées par la conférence nationale souveraine, la transition, les guerres, etc. Il faut savoir que le Congo a complètement changé, et c'est cela le point de départ : il y a ici un pouvoir légitime. Même avant, je ne pouvais pas accepter que les gens puissent traiter avec notre pays comme s'il était encore une colonie…

Votre réaction aux entretiens avec la délégation belge porte-t-elle sur la forme ou sur le contenu de ce qui a été dit ?

Il y avait un problème sur la forme aussi, mais c'est surtout le contenu qui posait problème. Après notre réunion d'hier, j'espérais bien que, sur cette base, nous pourrions tourner la page. Les points de friction portaient entre autres sur le poste de rapporteur pour les droits de l'homme. Nous avons demandé que ce poste ne soit pas reconduit. L'Etat congolais n'est-il pas souverain ? Nous prenons nos décisions en fonction de nos intérêts, de la politique de notre pays et surtout de son développement. Un rapporteur spécial ici ? Mais pourquoi chez nous et pas dans d'autres pays d'Afrique ? La situation est-elle tellement grave ici qu'il faut que quelqu'un soit toujours là à observer, à surveiller ? J'ai suivi les positions des ONG, belges et autres, mais je répète que c'est inacceptable.

Ce que je refuse, c'est qu'une sorte de tutelle continue à s'exercer sur nous. Je ne récuse pas le droit de regard, car ici on applique la transparence. Qu'il s'agisse des droits de l'homme, de la gouvernance, tout le monde peut regarder ce qu'il veut. Je me considère comme le premier défenseur des droits de l'homme. Mais une tutelle, non, c'est inacceptable.

L'incident avec la Belgique est-il clos ?

Il n'y a pas d'incident, car je n'ai pas voulu qu'il y en ait, il n'y a eu que le début d'un incident, quelque chose comme une provocation… Je sais seulement qu'en Angola, en Afrique du Sud, en Tanzanie, au Soudan et ailleurs, si la délégation belge portait un message comme elle l'a fait ici, elle aurait été chassée. C'est la dernière fois que j'ai accepté de recevoir une délégation porteuse d'un tel message. La prochaine fois, il y aura certainement un incident…

__._,_.___

vendredi 18 avril 2008, a 17:15
A l’origine de sa propre auto-exclusion : Bemba s’est trahi par ses faits et gestes !

 


Une interview de Jean-Pierre Bemba à Radio Okapi, diffusée dans la presse kinoise le 14 avril 2008 concomitamment avec une analyse critique du Ccd de Jean-Pierre Lisanga Bonganga sur le même sujet, à savoir le retour à sécuriser de Chairman, a bénéficié en début de cette semaine d'une forte médiatisation.

Normal : après l'échange de courrier entre le Sénat et le Gouvernement les 24 et 29 mars passé et la publication, par la chambre haute, du communiqué du 31 courant évoquant pour la première fois les dispositions relatives à la fin du mandat selon l'article 204-6 du Règlement intérieur, l'exilé de Faro a réagi par voie de média. Selon une dépêche Afp du 1er avril, il s'est dit surpris d'apprendre de la presse ce message. Insistant sur le caractère politique de la solution à son problème, il a enjoint le gouvernement de désigner les interlocuteurs censés discuter avec lui des conditions de son retour.

Deux semaines après, il y a eu cette interview à Radio Okapi et cette analyse critique du Ccd venues relancer en quelque sorte le dossier.

Manifestement, et malheureusement, le sénateur Bemba et le député national Lisanga ont comme résolu de tronquer l'Histoire pour se dédouaner vis-à-vis de l'opinion et, de ce fait, continuer à culpabiliser Joseph Kabila et sa famille politique restés dramatiquement fidèles à l'esprit « porteur d'œuf ».

En effet, là où Bemba dit à son interviewer : « Je crois qu'heureusement vous avez vu ce que j'avais déclaré au lendemain de la décision de la Cour suprême de justice pour éviter le chaos » et explicite sa pensée en soulignant que « j'avais dit que je m'inscrivais dans une opposition républicaine et forte », Lisanga ; lui, renchérit en ces termes : « Le CCD tient à rappeler à l'opinion tant nationale qu'internationale que conformément à l'esprit de l'accord du 29 octobre 2006, le candidat Jean-Pierre Bemba, dont on avait officiellement annoncé la défaite, a évité au Peuple congolais la situation déplorée à ce jour au Kenya, en faisant une déclaration radiotélévisée demandant à ses partisans de s'inscrire dans une opposition forte et républicaine ».

La ressemblance des expressions est fortuite, préviendrait le romancier !

Pourtant, les deux Jean-Pierre savent qu'ils parcellisent la narration des faits remontant à une quinzaine de mois à peine. Des faits encore frais dans la mémoire collective, à moins de continuer de prendre les Congolais, à commencer par leurs propres électeurs, pour de gros amnésiques.

Rafraîchissons les deux honorables la mémoire :

 

Violation des Accords de la « Monuc »

 

1. Bemba n'avait accepté ni le verdict des urnes, ni celui des juges. En effet, avant le verdict des urnes, il y avait eu la déclaration proclamant sa victoire au Second tour. Faite au nom de l'Un par le sénateur Lunda Bululu en la résidence secondaire de Chairman sur le Bld du 30 juin (lieu de la plupart des événements malheureux à se produire entre août 2006 et mars 2007), cette déclaration était en elle-même une violation délibérée (la première, de toutes les façons) des accords politiques conclus entre ses délégués et ceux de Kabila sous les auspices de la Monuc, accords qui prévoyaient notamment des dispositions sécuritaires à prendre par le vainqueur en faveur du vaincu. Pour mémoire, le décret n°6/143-b du 13 novembre 2006 en est le produit.

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Contestation des résultats du Second tour

 

2. Après le verdict des juges, Chairman ne s'était pas inscrit dans la logique d'une opposition forte et républicaine ou républicaine et forte, contrairement à ce qu'il souligne. A preuve : il avait brandi la menace de la remise en cause des résultats électoraux à la première occasion. Pour rappel, considérant que le procès « n'a été ni équitable, ni juste pour restaurer la transparence et la vérité des urnes », il avait exactement ajouté ceci : « Nos griefs sur cette élection demeurent et nous serions bien fondés à en contester le verdict » !

« La République » fut l'un des rares journaux à relever que le vaincu du Second tour n'avait ni félicité Joseph Kabila de son élection (comme le font les esprits démocratiques), ni eu un seul petit mot de remerciement à l'égard des partenaires extérieurs (devenus ses principaux défenseurs). On n'a qu'à relire le texte intégral de sa déclaration.

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Attaques pendant la campagne électorale

 

3. Pour que l'Histoire soit préservée de la souillure, il est impérieux de commencer cependant par situer le parcours des deux candidats à partir de la campagne électorale.

Personnellement, seul journaliste de la presse écrite privée à me retrouver dans la suite du candidat Joseph Kabila au Premier tour, cela aux étapes de Kisangani et Isiro (Province Orientale), Gbadolite, Gemena et Bumba (Equateur), Lodja, Mbuji-Mayi et Kabinda (Kasaï oriental), Kindu (Maniema) et Lubumbashi (Katanga), j'avais beaucoup vu, énormément entendu.

Introduit dans chacune de ses adresses par Vital Kamerhe, alors secrétaire général du Pprd, le candidat Kabila n'avait pas une seule fois tenu des propos déplacés envers un seul de ses 31 concurrents. Dont Jean-Pierre Bemba. Pas une seule fois on n'avait vu ou entendu les militants du Pprd s'attaquer aux militants d'autres partis ou détruire leurs matériels de campagne.

Par contre, Jean-Pierre Bemba, selon les dépêches d'agences généralement lues sur Internet, alignait des attaques en règle soit par lui-même, soit par ses hommes interposés.

Les premières attaques avaient commencé par Lubumbashi avec des allusions à peine voilées sur les contrats miniers. Il avait conscience, lui, de s'adresser directement à Kabila étant donné que la campagne ne portait pas sur les législatives, mais sur la présidentielle !

De retour à Kinshasa, les attaques s'étaient amplifiées le 27 juillet 2006. D'abord, sur son parcours de l'aéroport de Ndjili au stade Tata Raphaël, tous les matériels de campagne de Kabila ayant été détruits. Les sièges de la Ham et de l'Ondh, de même les installations de l'Armée de l'Eternel et de l'orchestre Wenge musica maison mère avaient été vandalisées. Des policiers étaient les uns molestés, les autres abattus froidement par ses partisans. Ensuite, en plein meeting au stade, Jean-Pierre Bemba avait exploité les fameuses injures qu'aurait faites son concurrent Kabila aux Kinois. Il s'était livré à une surenchère scandaleuse. Enfin, il avait laissé ses médias exploiter à fond le discours sur la congolité promu par Honoré Nbganda et l'Apareco.

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Provocations à Gbadolite, Gemena et Bumba

 

4. Témoin oculaire de scènes de provocation vécues par le candidat Kabila à Gbadolite, Gemena et Bumba, j'avais personnellement vu comment les éléments Fardc commis à la sécurité de Bemba dans les deux premières villes s'étaient comportés pendant la séjour de celui qui, jusque-là, fut tout de même le chef de l'Etat en fonction. A Gbado, ils avaient noué un bandeau rouge sur le front et sur le bout du canon de leurs armes. Signe qu'ils étaient prêts à tout affrontement armé avec la garde présidentielle. Neuf mois plus tard,  ces scènes vont  se répéter à Kinshasa !

A Gbado, les éléments de Bemba avaient même coupé le signal Rtnc et Digitalcongo. A Gemena, ils avaient empêché les jeeps du cortège présidentiel d'être débarqués de l'avion ; ce qui obligera Kabila de parcourir à pied la distance séparant l'aéroport de l'institut Gemena, lieu du meeting. A Bumba, Radio Liberté avait accru le discours de congolité, exactement comme elle l'avait fait à Gbadolite et à Gemena.

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Appel au soulèvement des Kinois

 

5. Le 20 août 2006, date fixée pour la proclamation par la Cei des résultats provisoires pour le Premier tour, des acteurs politiques proches ethniquement de Bemba – en l'occurrence Gabriel Mokia et Jean-Baptiste Bomanza – avaient passé des heures entières sur Radio Liberté Kinshasa (Ralik) à préparer les Kinois au soulèvement en cas de victoire de Joseph Kabila.

A partir de 11h00, les auditeurs de Ralik entendront ce message : « les résultats attendus allaient consacrer la victoire du Candidat des Occidentaux, celui avec lequel les Occidentaux entendaient signer des contrats léonins sur les dos du peuple congolais, en privant Bemba de sa victoire » !

Ils avaient même poussé la provocation à l'inimaginable en demandant aux Tanzaniens ou aux Rwandais de venir  récupérer leur « fils » au risque de le voir subir le supplice du libérien  Samuel Doë !

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

Ou plutôt si, car tout ce qu'il retiendra des événements du 20 au 24 août 2006, c'est l'attaque dont il fut l'objet en sa résidence secondaire du Bld du 30 juin alors qu'il recevait les diplomates membres du Ciat. Or, c'est le même jour et au même endroit que ses gardes avaient enfermé les éléments de la Garde présidentielle. Probablement que ses gardes, qui pouvaient tout ignorer sauf une action musclée de récupération, lui avaient caché la prise d'otage.

 

Incendie de « Ccktv »

 

6. Le 18 septembre 2006, un incendie s'était déclaré dans l'immeuble abritant le siège national du Mlc et des médias Bemba (Cctv, Cktv et Ralik). Cet incendie avait été rapidement attribué au député national Pprd Kasongo Numbi, invité pourtant à une émission par le directeur général Stéphane Kitutu. Mais la suite des événements révéla qu'il s'agissait d'un accident consécutif à un court-circuitage électrique.

Hélas !, l'infortuné se retrouvera avec une jambe cassée ; un garde de Bemba l'ayant écrasée avec une brique ! L'acte avait été commis dans la même résidence secondaire du Bld du 30 juin !

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Destruction de la Cour suprême de justice

 

7. Le 11 novembre 2006, il y avait eu destruction d'une partie de la Cour suprême de justice alors que cette instance devrait se prononcer sur la requête en annulation des résultats provisoires du Second tour de la présidentielle proclamés par la Cei et de l'entièreté de la maison communale de Gombe où le couple présidentiel venait de célébrer le mariage civil.

Dans la foulée, encore des policiers seront les uns abattus, les autres molestés par les hommes de Bemba, principalement ceux qui se trouvaient en faction dans le paramètre « Rond-point Mandela/Bld du 30 juin – Place Cadeco – Place Cour suprême de justice – Rocade Inss », devenu un no man's land dans la ville. Les sièges de l'ong Parec et de la Fecofa avaient également été détruits.

A le suivre proclamer aujourd'hui son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Dieu ne fait pas Bemba « vainqueur »

 

Peut-on, un seul instant, et en toute honnêteté, dire que pour nos deux honorables, tous ces actes-là, signés au grand jour, présageaient d'un excellent climat de confiance et de cohabitation pacifique entre le Raïs et Chairman ?

Si, dans leur entendement, la réponse est oui, c'est bien l'indice que les événements des 22 et 23 mars 2007 ont été planifiés !

Et comment ! (Lire BALISES).

Avant ces événements, il y a eu ce gros exhibitionnisme militaro-fétichiste observé plusieurs semaines durant sur le Bld du 30 juin, devant la même résidence secondaire de Jean-Pierre Bemba (lire encadré).

Faisant face aux éléments Fardc positionnés dans le cimetière de Gombe et ses voisinages immédiats, les éléments Fardc commis à la garde de Chairman terrorisaient pratiquement la population avec le même bandeau rouge noué sur le front et sur le canon de leurs armes, scène observée à Gbadolite et Gemena six mois plus tôt !

Il est de notoriété publique que ces événements résultaient de l'interview accordée par Chairman à quatre médias politiquement proches.

Pour rappel, Bemba venait de rentrer de son séjour médical au Portugal après s'être foulé ou cassé le pied dans les escaliers de sa résidence principale, aux abords du fleuve Congo. Il signait ainsi sa rentrée politique, avait-on dit !

Mais quelle rentrée politique ?

Depuis plusieurs semaines, l'Etat-major général des Fardc avait soumis tous les militaires à un recensement général. Le délai dépassé, un ultimatum de 15 jours leur avait été imparti.

Or, à quoi avait-on assisté ? Avec le recul du temps, on devrait auditionner à nouveau cette interview pour réaliser toute la démarche provocatrice dans le chef du chef de file de l'Opposition forte et républicaine !

Bemba parlait de ses soldats (« Basoda na ngai », répétait-il en lingala). Il les soustrayait à l'appel de la Haute hiérarchie militaire ; ce qui revient à dire qu'il les invitait ouvertement à la désobéissance !

Réclamant l'application des accords de la Monuc en ce qui concerne le dispositif sécuritaire spécial que le vainqueur devrait mettre en place pour le vaincu, il se gaussait en même temps des Fardc qui, selon ses propos, devraient plutôt se retrouver au Nord-Kivu pour combattre Laurent Nkunda ou à Kahemba pour en chasser les Angolais !

Ainsi, remettait-il en cause tout le processus de brassage enclenché !   

Paradoxe congolais : le lendemain de cette interview, un journal de la place soutenait que les Occidentaux avaient très bien apprécié cette prestation qu'ils considéraient comme digne d'un Opposant ! Et le surlendemain, c'était la guerre en pleine ville de Kinshasa avec son cortège de morts, de blessés et de destruction des biens.

Ça rappelait aux Kinois le pillage de 1991. Un journal de la même obédience s'en était vanté le lendemain, reprenant la réaction d'un leader de l'Union sacrée selon laquelle « Mobutu avait pillé le peuple, et maintenant le peuple pille Mobutu ». On connaît la suite avec le chômage qui s'en est suivi.

Bref, Bemba a planifié son coup ; mais cette fois-là, Dieu ne l'a pas fait « vainqueur » ! Au contraire, Dieu l'a littéralement confondu parce qu'il s'est mis à faire ce qu'en d'autres circonstances il n'aurait jamais fait.

Tenez !  Primo, il va offrir le cessez-le-feu au commandement des Fardc dès que les choses ont commencé à se gâter pour sa garde, entrée pratiquement en mutinerie. Or, le cessez-le-feu est un acte militaire, et seul le militaire (loyaliste ou rebelle) est compétent pour le prendre. L'observation est, une fois de plus, du journal « La République ».

En l'annonçant le 22 mars 2007 aux environs de 18h00 dans une déclaration faite sur Radio Okapi, Bemba a, en réalité, confirmé qu'il était toujours à la tête d'une branche armée alors que la Constitution promulguée le 18 février 2006 et à l'adoption de laquelle il avait largement et activement contribué lors du référendum des 18 et 19 décembre 2005 interdit formellement le détournement des éléments Fardc ainsi que l'entretien des forces paramilitaires, des milices etc.

Du reste, dans une déclaration du 28 mars 2007 signée de son chargé de Communication, il ressort au point 1 que « Le jeudi 22 mars 2007, l'honorable sénateur JP Bemba Gombo a demandé au Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, l'ambassadeur William Swing, de prendre des dispositions pour faciliter l'intégration par l'Etat-major général des FARDC des éléments commis à sa garde dans les villes de Gbadolite et de Gemena ». C'est la preuve, si besoin est,  que jusqu'à cette date du 22 mars, l'intégration n'était pas toujours faite !

Un malheur ne venant jamais seul, Bemba va confirmer au travers de la même  déclaration, au point 2, la détention par devers lui d'un armement à Gbadolite et Gemena. « Les entrepôts d'armements de Gbadolite et de Gemena avaient été mis sous observation de la Monuc depuis que l'honorable sénateur JP Bemba avait quitté cette ville en juillet 2003. Ces entrepôts avaient été contrôlés par une délégation de l'Etat-major général des FARDC en 2004 », y lit-on. La déclaration n'explique pas cependant pourquoi, jusqu'en mars 2007, l'armée nationale n'en avait pas encore pris possession !

Et au point 3, il est dit de l'honorable sénateur JP Bemba qu'il « prend acte ce jour de l'intégration par l'Etat-major général des FARDC des éléments commis à sa garde déployés dans les villes de Gbadolite et de Gemena, ainsi que de l'entrée en possession par la hiérarchie militaire des entrepôts d'armement de Gbadolite et de Gemena ».

En d'autres termes, c'est seulement le 28 mars 2007 que Chairman a mis à la disposition de l'armée et ses hommes, et son arsenal de guerre !

Rien qu'avec cette déclaration, il s'en est allé des circonstances atténuantes aux circonstances aggravantes. Résultat : il s'est lui-même livré aux instances judiciaires. Et la Constitution, de même que le Règlement intérieur du Sénat, soumet toute action judiciaire à charge d'un sénateur à la levée de son immunité parlementaire.

C'est ainsi que le 10 avril 2007, soit 13 jours après la déclaration suicidaire et 18 jours après les événements dits de Kinshasa, le Procureur général de la République  Tshimanga Mukeba a adressé au Président du Sénat une requête pour cette levée.

Devenu justement président du Sénat au terme de l'élection du Bureau définitif, et au nom du principe de continuité de l'Etat, Léon Kengo, juriste de formation et prédécesseur de Tshimanga Mukeba, se devait de donner suite à la procédure déclenchée.

Curieusement, il a choisi d'ignorer superbement cette correspondance. D'ailleurs, au lendemain de son élection, il a fait sur Rfi la déclaration suivante : « Je considère que ce problème est éminemment politique. Il ne faut pas en faire une question judiciaire qui risque d'exacerber la situation et l'opinion. Il faut un règlement politique de ce dossier ».

Tout aussi curieusement : il sera le premier à se plaindre du silence du Premier ministre Antoine Gizenga à sa propre correspondance !

C'est aussi cela, le fonctionnement de la République. Aux uns, on fait subir la rigueur de la loi ; aux autres, on promeut la solution politique, même quand l'acte infractionnel est signé !

Ce n'est cependant pas une raison pour tronquer l'Histoire, d'autant plus qu'il n'y a rien de pire qui puisse arriver à une Nation que de voir l'élu du peuple mentir au même peuple.

Qu'ils apprennent qu'à l'ère des autoroutes de l'Information, des traces des faits et gestes à forte dose médiatique sont enregistrés, traités et mis en banques.

Comme ces faits et gestes qui trahissent Jean-Pierre Bemba.

 

Omer Nsongo die Lema

 

vendredi 18 avril 2008, a 09:47
La Rdc bénéficie de 23 millions de $Us pour la consolidation de la paix à l’Est


M. Olivier Kamitatu, ministre du Plan a signé hier le document de programme conjoint du projet « soutien à la stratégie des Nations Unies pour la sécurité et la stabilisation de l'Est de la Rdc » (UNSSS). Cette initiative sera mise en œuvre avec un financement des Pays-Bas d'un montant de 23 millions de dollars américains pour une durée prévisionnelle de 12 mois. C'est ce que révèle un communiqué de presse du programme des Nations Unies pour le développement.

L'objectif principal de ce projet est la sécurisation et la consolidation des régions instables, avant le transfert des opérations de maintien de la paix à d'autres acteurs. Les objectifs spécifiques visent la réduction de la violence armée, la protection des citoyens par les services de l'état, la pacification des communautés et la relance des économies locales. Les provinces ciblées sont la Province Orientale (District de l'Ituri), le Nord Kivu, le Sud Kivu, le Maniema et le Katanga (District de Tanganyika).

La Stratégie des Nations Unies pour la Sécurité et la Stabilité réunit les Agences des Nations Unies, le Gouvernement, les Forces Armées de la Rdc, la Police nationale, la société civile et la communauté internationale. Elle est articulée autour de 4 composantes et 16 sous composantes dans l'optique de fournir un cadre intégré de solutions aux défis afférant à la stabilité à l'Est du pays, notamment : la sécurité, l'autorité de l'Etat, le retour et la réintégration des personnes déplacées et des réfugiés.

Le PNUD par le biais de son agent de réalisation le bureau des Nations Unies pour les Services d'Appui aux Projets (UNOPS), est chargé des activités relatives à la passation des marchés, aux infrastructures et à la réhabilitation des routes afin de permettre l'exécution de l'UNSSS. Ces activités seront entreprises en étroite collaboration avec le gouvernement de la RDC et tous les partenaires au développement. La grande agence onusienne manifeste une fois de plus sa volonté d'accompagner la RDC dans sa lutte contre la pauvreté et pour la promotion de la gouvernance démocratique, gages d'une co-existence pacifique des populations, et d'un développement durable.


Jean-Marie Nkambua

jeudi 17 avril 2008, a 08:45
Madame Olive Lembe Kabila lance la caisse de solidarité pour les victimes du crash de Goma

Mme Olive Lembe Kabila, première dame de la République démocratique du Congo, a réuni hier la presse en sa résidence de Kinshasa-Gombe pour adresser son message de condoléances aux familles endeuillées suite au crash d'un Boeing de Hewa Bora à Goma. Elle a aussi profité de la même occasion pour lancer la caisse de solidarité en faveur des victimes de ce crash survenu le mardi dernier au chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Cet appel s'adresse à toute la population congolaise sans distinction de classe ni de rang social, aux entreprises publiques et privées, aux autorités du pays, etc.

A l'occasion, un compte en dollars Us et en francs congolais a même été ouvert à la Raw Bank, dénommé « initiative plus ». Le numéro du compte est : 0100726902-77 pour ceux qui verseront leurs contributions en dollars et le 0100726901-80, pour ceux qui verseront en francs congolais. Signalons par ailleurs qu'en plus de l'argent pourtant nécessaire à cette catégorie de la population, ceux des Congolais qui ont des couvertures, des casseroles en dehors des vivres frais, peuvent aussi les apporter car bon nombre de victimes n'ont même plus de maison et sont obligés de dormir à la belle étoile. Pour l'occasion, deux dépôts ont été mobilisés dans la ville de Kinshasa pour contenir ces effets. Il s'agit du dépôt PROCOKI dans le quartier SOCIMAT et de l'entrepôt Ex SOTRABEL à la 18ème rue à Limete.

« Notre pays la Rdc vient encore une fois d'être endeuillé par un accident survenu à 14 heures, précisément dans le quartier de Birere. Sur ce, je présente mes condoléances les plus attristées à toutes les familles frappées par ce drame », s'est exprimé la première dame, avant d'ajouter que « nous soutenons tous les blessés dans la prière pour que leur guérison soit assurée par le Rapha, notre médecin par excellence ». Ce message de condoléances de la première dame a été lancé de commun accord avec le Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange, parti aux Etats-Unis participer à la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies. Voilà pourquoi elle a rassuré toutes les victimes directes et indirectes que le pays ne les abandonnera jamais et tout sera fait pour leur venir en aide. Même si les mots ne suffisent pas pour consoler les victimes par rapport à un tel drame, la première dame a souligné qu'on ne peut jamais se mettre à la place de l'autre car on ne peut pas ressentir le même choc.


Mais quelles garanties pour une telle opération ?


Il faut d'abord dire que Mme Olive Lembe Kabila, en tant que maman de tous les Congolais n'a jamais affiché une certaine préférence vis-à-vis d'un coin quelconque de la République. « Vis-à-vis de ceux qui ont besoin de l'aide, je ne peux que faire ce que je peux car la misère humaine ne peut pas trouver solution par son prochain », signale-t-elle, tout en affirmant que l'aide que nous avons, nous la donnons. D'ailleurs, pendant que le crash de Kingasani survenait, la première dame accompagnait une délégation d'artistes congolais à l'exposition Yambi en Belgique. Mais au pays, plusieurs autorités du pays s'y étaient rendues afin de compatir au malheur qui avait frappé la population de ce coin du pays. A travers mon organisation, souligne Olive Lembe, nous travaillons pour trouver les familles à Kinshasa et à Kisangani pour les aider. Car, explique t-elle, nous sommes dans une situation où les familles n'ont même pas les moyens pour pleurer les leur. Quant à la garantie à donner à cette opération, Olive Lembe Kabila souligne que c'est pour la première fois, à travers l'initiative plus qu'elle demande que l'on vienne en aide à cette population. Que faire d'éventuels tricheurs ? Mme Olive Lembe est catégorique : « J'insiste sur le fait que dans ma façon de travailler, si j'attrape quelqu'un, mes collaborateurs savent comment je le traite ».

Jean-Marie Nkambua

mardi 15 avril 2008, a 09:48
Mise au point de Mgr Cyprien Mbuka sur la déclaration de l’honorable Ne Muanda Nsemi

 

 

L'Evêque diocésain de Boma Mgr Cyprien Mbuka, a fait une mise au point face à la déclaration de Ne Muanda Nsemi, député national et chef spirituel du mouvement Bundu dia Kongo (BDK) devant l'Assemblée nationale. C'était le vendredi 28 mars 2008 par la voix des ondes de la radio-télévision diocésaine Nguizani de Roma. Face à deux affirmations portées par l'honorable Muanda Nsemi dans lesquelles il cite d'abord Monseigneur Mbuka seul et ensuite avec les autres évêques du Bas-Congo, l'évêque de Boma a, sur un ton narratif, donné d'abord, par une chronologie des faits, le rapport des menaces, des exactions crimes perpétrés par les adeptes de BDK sur les chrétiens, spécialement les prêtres, les catéchistes et les fidèles à partir de décembre 2007. C'est alors qu'il a effectué une démarche de dialogue et de rencontre avec l'honorable ,Muanda Nsemi, le 03 février 2008 à Kinshasa, pour le mettre au courant de ces exactions commises par les gens qui se réclament de son mouvement. C'était pour inviter le chef spirituel du BDK à adresser un message à ses adeptes afin qu'ils cessent ce comportement.

Mgr Mbuka a, par ailleurs, pour une seconde fois, avec l'évêque de Kisantu et le vicaire général du diocèse de Matadi, rencontré Ne Muanda Nsemi, et tous les trois lui ont partagé leurs préoccupations face aux traitements inhumains qu'infligent les adeptes de BDK aux chrétiens. Cette rencontre a eu lieu le 26 février, et à l'issue de celle-ci, une déclaration commune avait été signée par les trois prélats et Ne Muanda Nsemi invitant la population à la paix, au dialogue et au respect mutuel.

Chacun, parmi eux, avait pour mission de faire large diffusion de ce document afin de pacifier la population.
Monseigneur Mbuka a ensuite exprimé sa frustration et son indignation devant les déclarations mensongères où ne Muanda Nsemi a affirmé que l'objet de sa visite était le cas des moeurs d'un prêtre et que l'objet de la rencontre avec les évêques était la dénonciation de la «préparation et la planification d'une guerre de religion entre les chrétiens et les adeptes de BDK dans la province ». L'évêque de Boma en même temps qu'il a déploré une telle attitude de contre-vérité dans le chef de Ne Muanda Nsemi, a qualifié ces propos déplacés de mensongers.

A la fin de sa déclaration, Monseigneur Mbuka a invité l'Honorable Muanda Nsemi à cultiver le sens de la vérité, de la solidarité et  bannir tout esprit d'intolérance  et d'exclusion pour promouvoir les valeurs de la culture kongo qu'il veut défendre. Le pasteur de l'Eglise de Boma a par ailleurs exhorté les honorables parlementaires à dépasser les vaines dissensions et à privilégier l'humain dans leurs débats, c'est-à-dire à mettre au centre le bien de l'homme dans la recherche des solutions par rapport aux problèmes actuels.

En dernier lieu, aux membres du gouvernement de la République, l'évêque a adressé une invitation à la considération des moyens dans le rétablissement de l'ordre  de la paix.

(Milor)

dimanche 13 avril 2008, a 16:24
Vient de paraître: " Le Manuel d’Apprentissage de Microsoft office Excel 2007 sous MS Windows "

 

L'Institut Supérieur de Commerce (ISC) vient d'enrichir sa documentation en recherche scientifique par la présentation de l'ouvrage intitulé " Manuel d'Apprentissage de Microsoft office Excel 2007 sous MS Windows, écrit par Monsieur  Yvon Ramazani Salumu , paru aux éditions CRIGED à l'ISC. La cérémonie s'est déroulée ce vendredi 11 avril 2008 dans la salle de lecture de l'Institut ? et a connu la participation du corps administratif et scientifique, des membres du gouvernement et des étudiants. Le directeur du centre de recherche a salué la présence du ministre du plan qui a patronné la cérémonie, et l'intérêt accordé par celui-ci à la recherche scientifique car au sein d'une institution universitaire, la recherche est fondamentale.
Selon le Directeur général de cette institution le professeur Kanga Matondo qui a présenté l'ouvrage, une institution qui ne favorise pas la publication, finit par sombrer, car elle place les professeurs dans une situation d'anémie scientifique. L'ouvrage porté sur les fonds baptismaux ce vendredi 11 avril 2008 s'inscrit en droite ligne dans le domaine de l'informatique, domaine du savoir et de la pensée par excellence, la pensée étant la chose la mieux partagée du monde. Cet ouvrage a 200 pages avec 8 chapitres ; son auteur est diplômé de 3ème cycle en économie et développement, membre du corps scientifique et titulaire de cours d'informatique et de gestion au niveau de graduat. Le 21ème siècle est marqué par la révolution de l'informatique ; celle-ci est omniprésente dans la vie au point d'influencer les comportements des individus. C'est ainsi que les hommes cherchent à la capitaliser dans la résolution des problèmes de gestion. Elle a bouleversé le mode de vie. Au 20 siècle l'analphabète était celui qui ne savait ni lire ni écrire, tandis qu'au 21ème siècle l'analphabète est celui qui ne sait pas utiliser l'outil informatique. Pour l'auteur du livre, M. Yvon Ramazani, être doté d'un outil informatique procure un pouvoir décisionnel immense. La publication de ce manuel qui s'adresse à toute personne désireuse d'apprendre et d'enrichir ses connaissances, intervient après 11 ans de recherche et de documentation de la part de son auteur.
Ainsi que l'exige la tradition de alma mater, le procès verbal qui a sanctionné la publication de ce livre étant prononcé, le ministre du plan qui l'a baptisé, a encouragé l'auteur avant de mettre l'accent sur le bien fondé de la vulgarisation de l'outil informatique pour espérer réduire le taux d'analphabétisme. Olivier Kamitatu, ministre du plan, déplore la multiplicité des entreprises dans le secteur informel qui s'élève à plus de 2 millions 900 milles et brasse 10 à 12 milliards de dollars, alors que l'informatique fait défaut.
 
Rébecca Muzama

mardi 08 avril 2008, a 07:57
Dure réalité pour les Institutions : BDK ne changera jamais de statut!

 

Au terme du débat sur les derniers événements en date au Bas-Congo impliquant Bundu dia Kongo, les honorables députés ont fait un certain nombre de recommandations dont la plus importante, du moins telle que présentée à l'opinion, est la tenue de la Conférence du Bas-Congo. Assises préconisées l'année dernière à la suite des événements similaires de 2007.

Cette conférence est cependant tributaire d'une autre recommandation, décisive celle-là, portant sur la spécification du statut de Bdk ; le mouvement (ou son chef spirituel) ayant été enjoint de choisir entre une organisation politique, une organisation culturelle ou une organisation religieuse.

On se souvient que c'est en raison de la confusion sur le statut que le gouvernement central, réuni la dernière semaine de mars à Matadi, a eu à prendre la décision de retrait de son acte d'agrément à Bdk.

Si toutefois on va plus loin dans la recherche de la vérité sur le statut, le premier à soulever la question de façon claire et nette est le chef de l'Etat en personne. En effet, au cours de son point de presse du 26 mars 2007 nécessité par les événements de Kinshasa, Joseph Kabila avait annoncé les couleurs en demandant à Bdk de s'identifier soit comme mouvement politique, soit comme mouvement religieux, et non les deux à la fois.

Qu'une année après, presque jour pour jour, le gouvernement d'abord et l'Assemblée nationale ensuite en soient venus à débattre de la question, c'est qu'il y a eu dans le chef de Bundu dia Kongo volonté délibérée de ne rien changer à son caractère.

Il n'y a pas à proprement parler de défi à l'Autorité ou de déni de l'Autorité. Le justificatif est dans la philosophie même du mouvement. Et la meilleure façon de pénétrer celle-ci et de l'interroger, c'est de consulter sa documentation. C'est ce que nous avons fait.

Voici ce que son chef spirituel, Ne Muanda Nsemi, en dit : «  La philosophie Kôngo est une philosophie à vision globale ; car pour elle, la Religion, la Science, et la Politique forment un tout inséparable ». Et de poursuivre : « Car la Religion, la science, et la Politique sont les trois côtés d'un même triangle équilatéral ». Conclusion : « Bundu dia Kongo est un Groupe Religieux à Vision Globale qui travaille actuellement pour provoquer, en Afrique, la renaissance de la Religion Solaire, de la Haute Technologie, et de la Politique Eclairée basée sur la connaissance, la justice divine, et le bien être du plus grand nombre ».

Ne Muanda Nsemi explique cette trilogie en ces termes : « La Religion est une expression de l'Amour de Dieu. La Science et la Technique sont des expressions de l'Intelligence créatrice de Dieu, tandis que la Politique est une expression du Pouvoir de Dieu ».

Et lui-même, dans cette trilogie ? Il se considère comme le « Messager de la vérité ». Il le fait dans les propos suivants : « Suivant les besoins d'une époque donnée, le Messager de la vérité peut être un Religieux, un Scientifique, ou un Politicien. Il peut même être les trois à la fois. Alors la tradition Kôngo dit qu'on a affaire à un Makandala. Puisque, par définition, Ne Makandala veut dire le Chef Politique et Religieux, Roi et Prêtre à la fois ».

Donc, l'honorable Ne Muanda Nsemi étant les trois, son mouvement ne peut pas être uniquement politique, religieux ou culturel. Il doit absolument être les trois.

Partant de cette évidence, on peut déjà réaliser la vanité de la recommandation qui lui a été faite à l'Assemblée nationale et la non prise en compte de la décision du gouvernement de lui retirer son acte d'agrément.

L'affaire, sans doute, se terminera devant les instances judiciaires qui, elles-mêmes, ne changeront rien à son statut.

C'est à ce bras de fer qu'il faut désormais se préparer.

 

Un véritable anti-Congo

 

Le dindon de la farce, on s'en doute, est l'Opposition politique, mais aussi les personnes physiques et (ou) morales qui auront pris fait et cause pour Bdk sans avoir au préalable circonscrit sa philosophie.

Profitant des événements du Bas-Congo (dont il est pourtant le protagoniste principal pour ne pas dire l'instigateur), Bdk n'est pas à la recherche de l'unité nationale du Congo. Pour s'en convaincre, il suffit d'analyser sa réflexion intitulée « Le mariage forcé des nations africaines ».

L'introduction est formulée en ces termes : « L'Afrique est confrontée à plusieurs problèmes qui ne sont que les conséquences d'un certain nombre de situations dans lesquelles on a laissé glisser ce continent, soit par ses Ennemis ou bien par l'ignorance de ses fils. L'un de ces problèmes est cette grande bombe à retardement qu'on appelle les frontières héritées de la colonisation. Ces frontières ne sont pas conformes aux Lois de la Nature. Ainsi, elles constituent un problème très grave pour l'avenir de l'Afrique ».

S'agissant de l'Afrique centrale – dont il préconise l'abolition des frontières – il présente cette région du continent en « un grand enssemble composé de plusieur differentes tribus telles que les Bakongo, les Bangala, les Anamongo, les Baluba, les Nande, les Bashi, les Basuahili, etc. » ; les fautes de grammaire étant les siennes. Ignorant totalement les autres colonies, il aborde directement celle des Belges : « Avant l'époque Coloniale belge, les Bakongo, les Baluba, les Basuahili n'étaient pas des citoyens d'un même pays.

Les Bakongo avaient leur pays à eux qui s'appelle le KONGO, le Royaume du Kongo, le pays de Kongo dia Ntotela.

Les Bangala avaient leur propre pays dans cette région de l'Equateur où coule la grande rivière MONGALA et la rivière Ubangi.

Les Baluba avaient leur pays à eux, leurs propres terres situées dans cette région qu'on appelle actuellement le KASAI.

Les Basuahili avaient leur pays situé à l'Est dans la région des grands Lacs de l'Afrique Central ».

Et il explique sa conception de l'Afrique centrale qu'il confond délibérément à la colonie belge : «  Chacun de ces peuples de l'Afrique Central à sa culture, sa tradition, sa langue Ancêstrale et son pays National formé par la somme des terres laissées par ses Ancêtres », dit-il ; les fautes grammaticales étant encore les siennes  (lire encadré).

A la lumière de cette conception, tout indique que Ne Muanda Nsemi est pour la balkanisation pure et simple de la RDC puisqu'il met en exergue, par rapport au « mariage forcé » les différences des coutumes, des langues et des mentalités. Cet autre extrait, à lui seul, est suffisamment révélateur de son état d'esprit : « En 1885, lors de la proclamation de l'Etat Indépendant du Kongo à Vivi (au Kongo Central), les Bakongo étaient les seuls citoyens de cet Etat. (2) Quatre années plus tard, en 1889, la Belgique prend le pays de l'Equateur et l'annexe de force à l'ETAT DU KONGO CENTRAL. C'est le grand mariage Forcé entre les BAKONGO et les BANGALA, deux peuples Differents par leurs coutumes, leurs langues, leurs mentalités » !.

Il fait de même pour toutes les autres provinces, successivement les Kasaï, le Kivu, le Katanga, la Province Orientale.

Sa sanction est dès lors cinglante : « Mettez tout ceci ensemble, et vous allez obtenir l'EMPIRE COLONIAL BELGE alias la RDC. Composé de plusieurs peuples differents, mis ensemble par la force, par la dictature Coloniale et transgressant la Loi divine du libre arbitre des peuples. Plusieurs peuples differents, plusieurs mentalités, plusieurs pays, des milliers de kilometres à parcourir, et les politiciens congolais prétendent diriger ce sous-continent par la dictature, la force des armes, l'injustice, les anti-valeurs, et en concentrant le pouvoir à Kinshasa ! Quelle ignorance des lecons de l'Histoire ! », dit-il !

Au regard de ce qui précède, Ne Muanda Nsemi se révèle un véritable anti-Congo !

Le doute n'est pas permis…

 

Omer Nsongo die Lema

 

 

mardi 01 avril 2008, a 13:06
La lettre de Monsieur Yvon RAMAZANI à Monsieur Nathan EMASUNG

 

 

                       

 

 

 

Cher Monsieur Nathan,

 

Votre mail du lundi 17mars 2008  attire mon attention pour les trois faits suivants :

 

- primo, vous le signez par le qualificatif « Un Congolais affranchi ». Première observation : vous refusez de vous assumez pendant que les personnes que vous mettez en exergue, en l'occurrence M. Ramazani et M. Ngbanda, sont des gens bien identifiés et bien identifiables, responsables de leurs faits et gestes.

 

- secundo, vous me conseillez de ne pas passer ma vie à suivre les faits et gestes de M. Ngbanda puisque, selon vos propos, je perds mon temps.

 

- tertio : sans vous reconnaître de l'Apareco, vous estimez qu'en toute honnêteté, la RDC « ne mérite pas d'avoir un Président parachuté et incompétent comme ‘Joseph Kabila' » ; le nom du chef de l'Etat étant mis entre guillemets.

 

Cher Monsieur Nathan,

 

Il est de ces petits gestes qui en disent long que les grands.

Ainsi, le petit geste de mettre entre guillemets le nom du Président de la République trahit, à dire vrai, votre adhésion à l'Apareco d'Honoré Ngbanda, promoteur du discours de congolité.

Ce discours, fondé au départ sur la contestation de la nationalité congolaise du chef de l'Etat, développe maintenant la thèse fondée sur l'intelligence et la compétence.

C'est bien la preuve qu'ayant pris conscience des limites de la congolité, le promoteur Ngbanda a besoin de nouveaux prétextes pour poursuivre son combat perdu. Autrement, pour avoir conseillé le maréchal Mobutu, il devrait savoir quels critères applique-t-on en politique pour déterminer la compétence ou l'incompétence, l'intelligence ou l'inintelligence d'un chef d'Etat !

Serait-ce lorsque les choses marchent dans un pays donné que forcement le chef de l'Etat est intelligent et compétent, et dès qu'apparaissent les premières difficultés, il cesse d'office d'être l'un et l'autre ?

Puisque tel est son critérium, Honoré Ngbanda peut-il se permettre de dire aujourd'hui de Nicolas Sarkozy, en baisse dans les sondages, qu'il est de moins en moins intelligent, de moins en moins compétent ? Que Georges Bush, à la tête des Etats-Unis secoués par la récession, est lui aussi de moins en moins intelligent, de moins en moins compétent ? Que Thabo Mbeki, battu au dernier congrès de l'Anc, a cessé d'être intelligent et compétent ?

Avec un tel critérium, Honoré Ngbanda laisse donc entendre que Mobutu, qui aura conduit le Congo là où il a l'a conduit de 1965 à 1997, n'aura été ni intelligent, ni compétent !

Les Mobutistes et la famille biologique Mobutu apprécieront.

 

Non, cher « Congolais affranchi ».

 

Joseph Kabila, dont vous mettez les noms entre guillemets, entre dans les annales du Congo comme l'homme par qui le Dialogue intercongolais aura permis la fin de la guerre de 1998, la gestion d'une transition ouverte à toutes les forces politiques et sociales et l'avènement d'un processus électoral démocratique ayant le mérite de n'avoir exclu personne ; les non-participants – comme Honoré Ngbanda – ayant opté librement pour l'autoexclusion.

Grâce à ce processus, plus de 99,99 % d'acteurs politiques actifs au cours de ces 48 ans d'Indépendance sont actuellement aux affaires ; les uns au sein du Pouvoir, les autres de l'Opposition ; un Pouvoir et une Opposition issus tous les deux des urnes.

Il faut être foncièrement un esprit mauvais pour ne pas l'admettre.

Je note même, à votre attention, qu'un non participant (le parti Udps pour ne pas le citer), a dernièrement fait des recommandations pertinentes au Gouvernement par rapport aux travaux de la Conférence de Goma ; preuve – si besoin est – qu'il a fini par reconnaître les institutions en place.

On peut donc tout dire, une chose est au moins vraie : c'est sous Joseph Kabila que la démocratie est en train de faire ses premiers pas. Pour la première fois depuis le 14 septembre 1960.

Si vous n'admettez pas cette évidence, c'est que vous refusez de voir la vérité triompher.

 

 

 

Yvon RAMAZANI

 

 

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Congo Debout :Dans ce monde d'aujourd'hui, la puissance passe par l'information. Ce blog informe les Congolais, dit-on. Qui informe et s'informe se développe. Y.R

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bonjour j'en ...

Le président Joseph Kabila ou le Deng Xiaoping congolais ? farel issiaka (20/12/2008 10:05)

Votre article du 20/...

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Je vient de passe qu...

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