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CONGO MON AMOUR
jeudi 26 juin 2008, a 13:56
Colette Braeckman répond à Karel De Gucht
 

Une réaction du Ministre des Affaires étrangères à propos de la crise entre les deux pays et notre réponse

 

 

La Belgique et la RDC : entre réalité et fantasmes

Plusieurs articles écrits récemment par Madame Colette Braeckman sur la crise diplomatique entre la Belgique et la RDC contiennent une accumulation de contrevérités et de thèses dangereuses qui me force à réagir. Ce type de rapportage induit le lecteur en erreur mais surtout interfère gravement dans l'action diplomatique de la Belgique en prêtant à notre diplomatie des intentions qu'elle n'a pas.

La Belgique ne parie pas sur un changement de régime à Kinshasa

A plusieurs reprises, Madame Braeckman a soutenu la thèse que le gouvernement belge parierait sur un changement de régime à Kinshasa. Elle prétend que « les Belges jouent la montre ». Elle écrit que « d'aucuns soupçonnent déjà un agenda caché des Belges, qui pourraient être tentés de gagner du temps en spéculant sur un éventuel basculement du pouvoir à Kinshasa ! » Elle va jusqu'à insinuer que la CIA aurait financé la Cour Pénale Internationale de La Haye pour que celle-ci arrête Jean-Pierre Bemba avant que les Belges n'envoient ce dernier à Kinshasa pour y prendre le pouvoir.. Je peux comprendre que certains extrémistes en RDC souhaitent la rupture avec notre pays et fassent circuler de telles rumeurs absurdes. Je suis stupéfait qu'une journaliste expérimentée travaillant pour l'un des principaux quotidiens de notre pays se prête à ce jeu dangereux et contribue à alimenter ces rumeurs. Madame Braeckman pense-t-elle sérieusement que j'ai l'intention de faire renverser le Président Kabila ou que la CPI peut être corrompue par le CIA ?

 

La Belgique n'exige pas de droit de tutelle ou de droit moral sur le Congo. Selon Madame Braeckman la crise diplomatique entre les deux pays aurait été « provoquée par les propos tenus par le ministre De Gucht, qui réclamait une sorte de droit de tutelle moral sur le pays ». Il s'agit là d'une grossière distorsion de propos que j'avais tenu lors d'une interview à RTL-tvi dans laquelle j'estimais qu'il était « normal d'avoir le droit, voire le devoir moral, de dire ce qui va et ne va pas en RDC ». A une époque où l'universalité des droits de l'homme n'est plus remise en question, n'est-il pas acceptable d'exprimer ses préoccupations face à des questions de bonne gouvernance ou de droits de l'homme dans n'importe quel pays du monde, a fortiori si on a une relation historique avec ce dernier? Réclamer un droit de tutelle est évidemment tout autre chose. Je n'ai jamais réclamé un tel droit et défie Madame Braeckman de me dire où et quand j'aurais formulé de tels propos.

 

Selon Madame Braeckman, cette volonté de mise sous tutelle de la RDC se traduirait par des exigences concrètes de ma part : « vouloir prolonger l'embargo sur les armes, alors que les Nations Unies envisagent de lever cette mesure…, plaider, toujours à l'ONU, pour une sorte de mise sous tutelle internationale du secteur minier, défendre enfin le maintien permanent d'un observateur désigné par le Conseil des droits de l'homme ».

 

La politique de la Belgique vis-à-vis de l'Afrique, s'inscrit dans la philosophie d'un partenariat où chaque partie assume ses responsabilités. Les trois exemples donnés par Madame Braeckman, illustrent parfaitement cette politique, à condition de ne pas être grossièrement déformés.

Il n'y a jamais eu d'embargo onusien vis-à-vis du gouvernement du Congo. Tout d'abord, il n'y a jamais eu d'embargo des Nations Unies sur les armes à l'encontre des autorités légales de la RDC. Il existe bel et bien un embargo visant tous les groupes armés illégaux dans ce pays. C'est pour cela que la Belgique a œuvré au sein du Conseil de Sécurité pour le prolonger.

 

Nous sommes en effet tous scandalisés par les atrocités commises par les milices dans l'Est du Congo. Madame Braeckman comprend-elle la portée de cet embargo ? Les autorités de la RDC ont-elles des raisons de prendre ombrage d'une mesure qui ne les vise pas et qui devrait les aider à restaurer leur autorité sur l'ensemble du territoire ?

Il est vrai que les Européens sont aussi soumis à un code de conduite qui leur impose des conditions précises pour pouvoir exporter des armes. Ces conditions s'appliquent à tous les pays extérieurs à l'Union européenne et pas seulement à la RDC. Elles visent simplement à s'assurer que les armes vendues ne soient pas utilisées, par exemple, par des enfants soldats ou par des troupes indisciplinées qui commettraient des exactions contre les populations. L'Union Européenne et la Belgique ne sont pas en principe opposées à de telles livraisons d'équipements militaires à la RDC mais estiment que celles-ci doivent aller de pair avec une réforme de l'armée et des forces de police. L'Union Européenne offre actuellement son aide aux autorités de la RDC pour mener à bien cette réforme sur le terrain. Madame Braeckman estime-t-elle que la Belgique doit, en contravention avec ses propres lois, livrer des armes à la RDC sans aucune des garanties mentionnées plus haut ?

 

La Belgique ne cherche pas à mettre sous tutelle internationale les ressources minérales du Congo.

 

Les énormes richesses minières de la RDC peuvent être la meilleure et la pire des choses. Par les convoitises qu'elles suscitent et pas les revenus qu'elles génèrent, elles ont été, et continuent d'être, la cause de conflits sanglants et de malheur pour les populations locales. Exploitées de façon durable et transparente, elles pourraient se transformer en un formidable moteur de développement. Cette conviction m'a amené à créer, il y a deux ans, un groupe d'experts chargé de proposer des mesures concrètes et réalistes visant à mieux canaliser ces énormes ressources vers le développement du pays. Le rapport de ce groupe de travail a été officiellement transmis aux autorités de la RDC lors de ma dernière visite dans ce pays. Il a été reçu avec enthousiasme par les autorités et par les acteurs économiques du secteur. Madame Braeckman estime-t-elle que remettre des propositions aux autorités congolaises en leur faisant bénéficier de l'excellente expertise belge en la matière équivaut à une mise sous tutelle ? Sinon, sur quels fait avérés se base-t-elle pour lancer ses accusations ?

 

La Belgique est à juste titre préoccupée par la situation des droits de l'homme en RDC.

 

La Belgique souhaitait en effet la prolongation du mandat du rapporteur spécial des Nations Unies pour les Droits de l'Homme. La gravité de la situation à l'Est comme dans le reste du pays justifiait amplement cette mesure. La Belgique a été déçue par ce refus mais a pris bonne note de la décision des autorités congolaises. La prolongation du rapporteur spécial n'est plus à l'ordre du jour et ne doit donc plus être un obstacle dans les relations entre les deux pays. La Belgique reste toutefois vigilante à la question des droits de l'homme et demande aux autorités congolaises de prendre leurs responsabilités dans ce domaine.

Je pourrais encore ajouter qu'il est tout à fait faux que je me sois opposé aux contrats passés avec des sociétés chinoises ou que j'aurais été frustré parce que le port d'Anvers n'aurait pas obtenu de contrats lucratifs qui ne semblent exister que dans l'imagination féconde de certains journalistes.

 

Madame Braeckman prétend encore que la Belgique est isolée. Les conclusions adoptées le 16 juin dernier à l'unanimité par les 27 Ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne déplorant la fermeture des Consulats belges et exprimant la préoccupation du Conseil face à l'usage excessif de la force par la police congolaise au Bas Congo lui donnent tort.

 

Karel De Gucht

 

 

Notre réponse:

Qui est vraiment incontrôlable ?

 

 

Non seulement la colère est mauvaise conseillère, mais
elle semble empêcher de lire correctement les textes
publiés dans Le Soir. Où en effet aurions nous publié que «la CIA aurait financé la Cour pénale internationale » et que les Belges auraient jamais encouragé Jean-Pierre Bemba à gagner Kinshasa pour qu'il y prenne le pouvoir? Tout au plus avions nous suggéré que les Américains soutenaient les enquêtes de la CPI, information confirmée deux semaines plus tard par le périodique Africa Confidential, qui publia, dans son édition du 6 juin, que « selon des sources policières en Belgique, il apparut que Jean-Pierre Bemba était en possession d'un visa pour les Etats Unis et aurait eu l'intention de se rendre dans ce pays. Il semble que des officiels américains aient tenu la Cour informée de cette
intention, tandis que la mandat d'arrêt, émis le 126 mai,était tenu secret jusqu'à sa mise en œuvre. »

A propos du retour de Jean-Pierre Bemba à Kinshasa, citant des responsables de son parti, le Mouvement pour la libération du Congo, nous avons effectivement écrit qu'il se préparait à regagner le Congo, certainement pas pour y prendre le pouvoir, mais pour y occuper la fonction de « chef de l'opposition », un poste doté d'un statut légal.


Quant au « droit moral » que M. De Gucht revendique à propos du Congo, il s'agît là de propos confirmés à
plusieurs reprises, lors d'entretiens avec le président Kabila mais aussi dans la presse, et justifiés par le montant de l'aide au développement apportée par la Belgique.
Relevons en passant que si le ministre s'en était tenu aux usages diplomatiques et avait livré à huis clos réflexions et critiques au président au lieu de s'exprimer en présence d'une douzaine de témoins, la teneur de l'entretien aurait suscité moins de “fuites” et d'interprétations diverses.


Cependant, si le terme « tutelle » n'a pas été explicitement prononcé, comment interpréter autrement l'exigence de prendre connaissance des contrats passés avec la Chine et l'insistance mise à soumettre le secteur minier congolais à l'examen d'un groupe d'experts travaillant pour les Nations unies (une revendication qui perdit beaucoup de sa crédibilité lorsqu'il apparut que M. Pierre Chevalier (VLD) proposé par la Belgique comme représentant à l'ONU était depuis janvier membre du Conseil d'administration de la
société Forrest et avait ensuite été inculpé de blanchiment).


En ce qui concerne l'embargo qui frappe les fournitures d'armes et qui a été levé par résolution 1807 du Conseil de Sécurité, pourquoi M. De Gucht, à Kinshasa, a-t-il répété que la Belgique allait plaider pour que le « code de bonne conduite » de l'Union européenne reste d'application alors que les autorités de Kinshasa ne devraient pas se sentir concernées ? S'il est évident qu'il faut interdire les livraisons d'armes à des milices armées utilisant des enfants-soldats et terrorisant les populations civiles, M. De Gucht a certainement lu les nombreux rapports des ONG spécialisées et de la MONUC qui mettent en cause la
responsabilité des pays voisins (le Rwanda et l'Ouganda) dans l'approvisionnement des groupes armés
opérant dans les deux Kivu et dans l'Ituri
. En plus de demander à Kinshasa de démontrer que les militaires gouvernementaux ne feront pas un usage disproportionné de leur force lorsqu'ils rétablissent l'autorité de l'Etat, (l'armée congolaise, en pleine restructuration, s'est effectivement rendue coupable de violences disproportionnées dans le Bas Congo et est accusée d'exactions graves dans l'Est du pays) pourquoi M. De Gucht ne plaide-t-il pas pour que le même embargo sur les armes soit appliqué à ceux qui, par deux fois, ont porté la guerre au Congo et y soutiennent encore diverses milices?

Quant aux contrats chinois, le déplaisir des Belges face à ces accords de troc pour lesquels ils n'avaient pas
été consultés a été tellement évident que même des alliés européens s'en sont émus et ont chargé leurs
ambassadeurs à Kinshasa d'exprimer le «nihil obstat” de leurs gouvernements. Nous avons évidemment pris bonne note de sa déclaration selon laquelle jamais la Belgique n'avait envisagé de déstabiliser le régime congolais, ce que nous n'avions jamais présenté que comme «une hypothèse très hasardeuse », formulée par certains groupes au Congo. Aurions nous eu des raisons d'être plus affirmative ?


Revenons enfin sur le terme « incontrôlable » : sans avoir été démentie, La Libre Belgique, dans son édition
du 18 juin, prête ce propos au ministre, désignant le président Kabila au cours d'une conversation tenue en marge du Conseil européen de Luxembourg. A défaut de connaître les règles de la diplomatie, M. De Gucht devrait au moins se souvenir de l'histoire et mesurer la charge émotionnelle d'un terme tel que celui là. Concluons que le ministre sous estime peut-être la portée de l'expression qu'il a utilisée, s'étant montré “incontrôlable” lui-même, tant par le «Premier » Guy Verhofstadt du temps où il présidait le VLD qu'aujourd'hui par Yves Leterme

vendredi 20 juin 2008, a 09:01
Mobutu, Bemba: la fin des années Équateur
 


Mobutu avait fait rêver originaires et habitants de l'Equateur surnommés affectueusement «Code 32». Après trois décennies de pouvoir sans partage où les villes du Nord du pays furent célébrées comme des Mecque, il a été désacralisé par un Kasaïen - Étienne Tshisekedi - et abattu par un Katangais qu'il avait eu le tort de mépriser, le pire ennemi Laurent-Désiré Kabila. Il a néanmoins laissé une Dsp - sa redoutable armée spéciale - dont le chef de pacotille, le neveu Nzimbi a trouvé la mort en Belgique dans la totale déshérence.

Ses hommes servaient de terreau pour un autre fils de l'Équateur, fils Mobutu, le «Chairman» Jean-Pierre Bemba Gombo, qui allia terreur, férocité et mégalomanie mais par qui la province croyait renaître. Son arrestations et sa probable prochaine inculpation par la Cour Pénale Internationale jettent un discrédit sur une province bling-bling et referment une page trop salace.

Code 32 - pour trente-deux de régime Mobutu! Plus de trois décennies... Originaires et habitants de la province de l'Equateur étaient trop fiers du Congo d'après-indépendance. Les Bangala par le jeune journaliste Mobutu avaient su quadriller et manipuler la vie politique.

A l'extrême nord de la province, les Ngbandi (Gbadolite, Mobayi Mbongo) à la frontière de la Centrafrique dont ils partagent la langue généralement peu formés intellectuellement avaient réussi à prendre le dessus sur les Ngbaka (Gemena, au sud) peu formés certes mais portés sur les affaires.

NAISSANCE D'UN PUISSANT.
C'est ainsi qu'un Ngbandi, Litho Moboti, alors ministre des Finances à une époque où la Gécamines, état dans l'état, exporte 140.000 tonnes de cuivre et 40.000 tonnes de cobalt/an et pèse des milliards de dollars, décide de prendre partenaire un Ngbaka, Jeannot Bemba Saolona, conducteur de camion de transport en Équateur où, au volant de son truck Mercedes, il ravitaillait des villages de brousses en boîtes de conserve et savonnerie, achetant au passage les produits de la terre. Notamment le café.

La petite affaire va - grâce à des ponctions et détournements des deniers publics - à ce point si bien marcher que Jeannot Bemba Saolona estime devoir réclamer quelques égards que lui refuse l'homme fort du régime. Entre les deux hommes existent au moins deux races. L'un a été à l'école, l'autre pas.

Outre cela, Litho Moboti n'est autre que l'oncle propre de Joseph Désiré Mobutu à qui, par dessus le marché, le nouvel homme fort qui a évincé à la fois le président de la République Kasavubu et le Premier ministre Lumumba doit de ne pas être mort de famine lors des classes passées chez les Pères Blancs.

Mobutu doit aussi à la famille Endundo, des Mongo de Mbandaka, la grande ville du centre de la province, d'avoir échappé à une autre disette. Il gardera jusqu'à sa mort une amitié sans fin au frère aîné de José Endundo, son ami Lomata Etitingi aujourd'hui député de la nouvelle Assemblée nationale élue. Lomata a souvent eu le mérite de faire éclaffer de rire le Léopard, quand celui-ci en avait besoin.

Mais Lomata fit vite de quitter le bateau fou de son ami alors que la guerre de l'Afdl faisait rage et qu'il sentit son héros certainement irrémédiablement perdu. Avec femme et enfants, l'amuseur du roi Léopard prit la direction de l'Angleterre laissant derrière une scierie et une fabrique de peintures tombées en faillite depuis des décennies...

DERNIER PACTOLE FINANCIER.
Dernier ParSec de Mobutu et dernier caissier et banquier, le fils de Bemba Saolana, Jean-Pierre Bemba Gombo garda quelques semaines encore ses positions auprès du Maréchal malade et condamné. Au grand dam de la ribambelle d'enfants Mobutu, l'ancien D-g de la Société Scibe-Zaïre (Société commerciale Bemba) réussit à s'emparer du dernier pactole du Léopard. Dans certains milieux, on le dit «fils caché de Mobutu». Ce n'est pas sûr...

La semaine dernière à Bruxelles, le père Saolona a tonné face aux caméras: «Regardez la couleur de ma peau. Il y a dans mes veines du sang belge qui coule. Les Belges ne peuvent pas faire çà à mon fils».

A sa manière, le Sénateur - il a en effet réussi entre-temps à se réconcilier avec son fils et à se faire élire Sénateur sur les listes du parti de son fils, le MLC - réagissait au bannissement d'un enfant à qui il n'a jamais cessé de prodiguer des conseils mais qui délibérément annonça - les rébellions faisant rage - qu'il avait décidé de couper les communications avec un père heureux d'être ministre de l'Économie des Kabila.

«Lui c'est lui, moi c'est moi», expliquait le «Chairman» depuis ses maquis de la jungle de l'Equateur.

C'est avec le dernier pactole de Mobutu que Jean-Pierre lança sa rébellion contre le régime de Kinshasa après avoir échoué de rallier, à la demande de Museveni et de Kagame, celle de Goma?

C'est en tout cas avec l'appui de nombre des membres du «Code 32» qu'il décida de prendre la route de la rébellion, prenant ses nouveaux quartiers à Kisangani, avant d'en être délogé par les forces coalisées du Rcd-G et de l'armée rwandaise alors que l'UPDF, l'armée ougandaise se mettait à ses côtés.

JPBG bénéficia de l'appui de l'ancien chef de la Dsp Nzimbi, un Ngbandi - ou en tout cas de certains de ses hommes défaits par l'Afdl - comme de celui d'un autre général, un autre Ngbaka, Kpama Baramoto toujours en vie et toujours en exil. Après la fin de Mobutu mort en exil à Rabat, Maroc, abandonné de tous, tous les Code 32 rêvaient de rétablir la province «dans sa dignité». L'outil c'était le MLC.

D'où l'incapacité pour l'aile kasaïenne (François Mwamba Tshishimbi, Delly Sessanga, François Luhaka, Jean-Pierre Tshimamga, etc.) malgré excès et braillements guignolesques compréhensibles - il faut éviter d'être accusé de mollesse ou de connivence avec l'ennemi - d'espérer émerger dans ce sein.

Les Code 32 ont tout ceinturé, investi tout l'or - souvent bien malgré eux - dans ce fils Jean-Pierre. C'est raté. Alors qu'ils pensaient avoir inventé la meilleure machine pour leur retour au pouvoir, la tragique et humiliante fin de Bemba les met à nouveau K.O et referment les années Equateur. Il n'est pas sûr qu'ils sachent se relever. Quand d'autres pôles - à l'Est et à l'Ouest - reprennent l'initiative.

D. DADEI.

lundi 16 juin 2008, a 09:03
Mayobo exclu du Palu
 

La décision est tombée le samedi. Dans beaucoup de milieux du Palu, elle n'a surpris personne. Dans l'espace politique cependant, cette nouvelle a fait l'effet d'une bombe dans la mesure où Godefroid Mayobo n'est pas n'importe qui. Il a été élu sur la liste du Palu comme député national dans la circonscription de Mont-Amba. Mais ce qui a fait sa popularité, c'est sa qualité de porte-parole du leader du Palu, le patriarche Antoine Gizenga. L'homme s'est propulsé au devant de l'actualité politique nationale avec la nomination de Antoine Gizenga comme Premier ministre. Pendant les consultations pour la formation du gouvernement, Mayobo est devenu un homme important par lequel tout passait. Il est devenu un véritable alter ego du Premier ministre ; à tel point que qui avait vu Mayobo, a vu Antoine Gizenga.

C'est ici que commence aussi bien l'ascension que les difficultés de ce mathématicien, assistant à l'Institut supérieur des sciences appliquées (Ista). Comme dit un adage bantou, plus le singe monte plus haut plus il fait découvrir sa nudité. Ce qui arrive à Mayobo, tire son origine à cette ascension. Le voyage du chef de l'Etat au Bandundu est à ce point de vue, porte-malheur pour Godefroid Mayobo. C'est ici que commence aussi bien l'ascension que les difficultés de ce mathématicien, assistant à l'Institut supérieur des sciences appliquées (Ista). Comme dit un adage bantou, plus le singe monte plus il fait découvrir sa nudité. Ce qui arrive à Mayobo tire son origine à cette ascension. Le voyage du chef de l'Etat au Bandundu est à ce point de vue, porte-malheur pour Godefroid Mayobo.

Il n'a pas compris Gizenga

Poursuivant son option de tenir ses réunions notamment en province, le Gouvernement Gizenga, avec le chef de l'Etat en tête, s'est réuni en mai dernier dans la province du Bandundu. Pour Antoine Gizenga qui rentrait dans son fief plus de quarante ans après, dont 30 ans d'exil forcé, avait demandé à tout le monde de comprendre que dans la délégation qui se rendait au Bandundu, la personne à mettre en vedette, c'est le chef de l'Etat. Car, c' est lui qui amenait tout le monde au Bandundu. Le premier ministre avait également fait comprendre qu'il aura l'occasion de faire une visite au Bandundu à l'occasion de laquelle il pourra être en vedette. C'est ainsi par exemple qu'arrivé par avion dans la ville où il a grandi, à savoir, la ville de Kikwit, Gizenga a trouvé des foules qui l'attendaient. Mais il a demandé à tout le monde d'attendre le chef de l'Etat avant de déclencher le processus d'accueil mis en place. Dans l'ensemble, la population de Kikwit a respecté le mot d'ordre. Mais, les dirigeants du Palu n'ont pas apprécié la présence " des groupes marginaux qui n'hésitaient pas à faire autre chose que ce qui était protocolairement prévu.

A savoir, selon des sources proches du Palu, on a trouvé des groupes organisés qui venaient accueillir Mayobo en lieu et place du Chef de l'Etat. Pire, apprend-on de la même source, ces groupes se permettaient même de défier les autres militants du Palu. On s'est donc trouvé en face d'un groupe en faveur d'un membre du Palu mais qui marchait contre les ordres du parti. Une semaine après, le Palu ayant fini de digérer les actes de rébellion ( ?) de Godefroid Mayobo, après réunion du CENAL (Comité exécutif national) a pris la décisioin grave. . C'est ainsi que le samedi dernier, la décision du CENAL est tombée. Godefroid Mayobo, ministre près du Premier ministre est exclu définitivement du Palu et le parti lui retire également la qualité de le représenter au gouvernement. La décision est signée par Remy Mayele Mijiba, Secrétaire permanent du Palu. Comme on le voit, c'est une décision très grave dans la mesure où Mayobo n'est pas n'importe qui dans ce parti. Il est de ces personnes qui ont tout bravé pour rester fidèle au patriarche et au parti.

Malheureusement, certains proches du ministre ont vite fait de lui leur leader au point de défier et la ligne et la hiérarchie du parti. Beaucoup de déclarations ont été mises sur le compte de Godefroid Mayobo depuis que le Palu a reçu la gestion du gouvernement de la République, déclarations qui n'ont pas fait de vagues grâce à la sagesse du Premier ministre. On a mis sur le compte de Godefroid Mayobo l'ambition d'être le dauphin de Antoine Gizenga. Partant de ces intentions, on a vu l'ombre de Godefroid Mayobo dans ce qui se tramait pour remplacer le Premier ministre. Ce qui est arrivé au Bandundu est apparu aux yeux des membres du Palu comme la preuve de tout ce qui était jusque-là du domaine de la rumeur.

La crainte que l'on a c'est que le Palu s'est amputé d'un élément de grande qualité. Mayobo, c'est le débatteur du parti avec des arguments massus et mathématiques. Bref, c'est une des têtes pensantes du Palu. Comme on n'a jamais deux personnes égales dans une société, Mayobo est irremplaçable. Mais, il n'est pas la première pièce maîtresse du Palu à quitter le parti. On avait enregistré à l'époque le départ de Mama Thérèse Pakasa, celle-là même qui avait incarné le Palu et avait pris le risque pendant la dictature. On ne peut pas ne pas citer le départ de Jean-Claude Biebie et de Gérard Gifuza. Le Palu a survécu à tous ces départs. Il va de soi qu'il survivra à Mayobo. Mais, il ne faut pas que l'on remplace le vice par un autre vice. Il est temps que le Palu tire et très rapidement les leçons de l'histoire. Nous espérons qu'il n'y aura pas la chasse à l'homme sans toutefois laisser le ver dans le fruit. Ci-dessous, la décision d'exclusion du ministre Godefroid Mayobo du Palu.

Joachim Diana G.

DECISION N° PL/SPRSGCP/N°OO3/2008 DU 14 JUIN 2008 PORTANT EXCLUSION DEFINITIVE DU PARTI ET DU GOUVERNEMENT DE MONSIEUR Godefroid MAYOBO, MEMBRE DU COMITE EXECUTIF NATIONAL (CENAL) DU PARTI LUMUMBISTE UNIFIE (PALU)

Le Secrétaire Permanent représentant le Secrétaire Général Chef du PARTI ;

- Vu la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006, spécialement en son article 6 ;
- Vu la déclaration du Bureau Politique du 28 Août 1964 portant création du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) ;
- Vu les Statuts et l'Historique du Parti ;
- Vu la Réforme des Structures Politiques du Parti du 11 Novembre 1992 ;
- Vu les Pouvoirs Statutaires du Secrétaire Permanent Représentant le Secrétaire Général Chef du Parti ;
- Vu le Règlement Intérieur du Parti Lumumbiste Unifié (PALU), spécialement en son Article 120 ;
- Attendu que Monsieur MAYOBO Godefroid, membre du CENAL, a été désigné par le Parti pour assister Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, Antoine GIZENGA, dans ses fonctions de Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République ;
- Attendu que le précité s'est rendu coupable des manquements graves à la discipline du Parti, en créant des Associations concurrentes et déloyales, en l'occurrence : les Amis de Mayobo (FRANAKI) et la Fondation MAYOBO et les a utilisées contre les intérêts du Parti ;
- Attendu que, au regard de l'article 120 du Règlement Intérieur du Parti, ces faits sont constitutifs des manquements graves ;
- Vu la décision prise à la majorité des membres présents à la réunion extraordinaire du Comité Exécutif National (CENAL) en date du 14 juin 2008 ;

- Considérant la gravité des faits lui reprochés ;
- Vu l'urgence ;

DECIDE :

Article premier : Monsieur est exclu définitivement du Parti Lumumbiste Unifié (PALU) ;

Article 2 : De ce fait, il perd son mandat politique ;

Article 3 : La présente décision abroge toutes les dispositions antérieures et contraires à la présente décision ;

Article 4 : La présente décision entre en vigueur à la date de sa signature.

Le Peuple vaincra !

Fait à Kinshasa, le 14 Juin 2008.

Pour le Parti Lumumbiste Unifié (PALU),

Le Secrétaire Permanent Représentant le Secrétaire Général Chef du Parti Remy MAYELE MIJIBA

 

mercredi 11 juin 2008, a 12:23
La vérité des Faits! : 31. S’ils vous disent que les événements de Kinshasa en mars 2007 ont été provoqués par Joseph Kabila Kabange…
 

 

Dites-leur calmement : FAUX !  Pour appréhender, pénétrer et circonscrire ces événements, il est indiqué de rappeler les faits historiques ci-après :

 

Violation des Accords de la « Monuc »

 

1. Bemba n'avait accepté ni le verdict des urnes, ni celui des juges. En effet, avant le verdict des urnes, il y avait eu la proclamation de sa victoire au Second tour. Faite au nom de l'Union pour la nation par le sénateur Lunda Bululu en la résidence secondaire de Chairman sur le Bld du 30 juin (lieu de départ de la plupart des événements malheureux à se produire entre août 2006 et mars 2007), cette déclaration était en elle-même une violation délibérée (la première, de toutes les façons) des accords politiques conclus entre ses délégués et ceux de Kabila sous les auspices de la Monuc, accords qui prévoyaient notamment des dispositions sécuritaires à prendre par le vainqueur en faveur du vaincu. Pour mémoire, le décret n°6/143-b du 13 novembre 2006 en est le produit.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Contestation des résultats du Second tour

 

2. Après le verdict des juges, Chairman ne s'était pas inscrit dans la logique d'une opposition forte et républicaine, contrairement à ce qu'il souligne. A preuve : il avait brandi la menace de la remise en cause des résultats électoraux à la première occasion. Pour rappel, dans sa déclaration du 28 novembre 2006, il avait  considéré que le procès « n'a été ni équitable, ni juste pour restaurer la transparence et la vérité des urnes ». Il ajoutera d'ailleurs ceci : « Nos griefs sur cette élection demeurent et nous serions bien fondés à en contester le verdict » !

« La République » fut l'un des rares journaux à relever que le vaincu du Second tour n'avait ni félicité Joseph Kabila de son élection (comme le font les perdants ayant réellement l'esprit démocratique), ni eu un seul petit mot de remerciement à l'égard des partenaires extérieurs (devenus ses principaux défenseurs). On n'a qu'à relire le texte intégral de sa déclaration.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Attaques pendant la campagne électorale

 

3. Pour que l'Histoire soit préservée de la souillure, il est impérieux de nous remémorer le parcours des deux candidats à partir de la campagne électorale ouverte le 29 juin pour se terminer le 28 juillet 2006.

Pour avoir couvert la campagne électorale dans la suite du candidat Joseph Kabila au Premier tour, cela successivement aux étapes de Kisangani et Isiro (Province Orientale), Gbadolite, Gemena et Bumba (Equateur), Lodja, Mbuji-Mayi et Kabinda (Kasaï oriental), Kindu (Maniema) et Lubumbashi (Katanga), nous avons beaucoup vu, énormément entendu.

Introduit dans chacune de ses adresses par Vital Kamerhe, alors secrétaire général du Pprd, le candidat Kabila n'avait pas une seule fois tenu des propos déplacés envers un seul de ses 31 concurrents. Dont Jean-Pierre Bemba. Pas une seule fois nous n'avons vu ou entendu les militants du Pprd s'attaquer aux militants d'autres partis ou détruire leurs matériels de campagne.

Par contre, Jean-Pierre Bemba alignait des attaques en règle soit par lui-même, soit par ses hommes interposés.

Les premières attaques avaient commencé par Lubumbashi avec des allusions à peine voilées sur les contrats miniers. Chairman avait conscience, lui, de s'adresser directement à Kabila étant donné que la campagne ne portait pas sur les législatives nationales ou provinciales, encore moins sur l'élection du gouverneur de province. La campagne visait la présidentielle !

De retour à Kinshasa, les attaques s'étaient amplifiées le 27 juillet 2006. D'abord, sur son parcours de l'aéroport de Ndjili au stade Tata Raphaël, tous les matériels de campagne de Kabila avaient été détruits. Les sièges de la Ham et de l'Ondh, de même les installations de l'Armée de l'Eternel et de l'orchestre Wenge musica maison mère avaient été vandalisées. Des policiers étaient les uns molestés, les autres abattus froidement par ses partisans. Ensuite, en plein meeting au stade, Jean-Pierre Bemba avait exploité les fameuses injures qu'aurait faites son concurrent Kabila aux Kinois. Il s'était livré à une surenchère scandaleuse. Enfin, il avait laissé ses médias exploiter à fond le discours sur la congolité promu par Honoré Nbganda et l'Apareco.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Provocations à Gbadolite, Gemena et Bumba

 

4. Témoins oculaires de scènes de provocation vécues par le candidat Kabila à Gbadolite, Gemena et Bumba, nous avons vu comment les éléments Fardc commis à la sécurité de Bemba dans les deux premières villes s'étaient comportés pendant la séjour de celui qui, jusque-là, était tout de même le chef de l'Etat en fonction. A Gbado, ils avaient noué un bandeau rouge sur le front et sur le bout du canon de leurs armes. Signe qu'ils étaient prêts à tout affrontement armé avec la garde présidentielle. Neuf mois plus tard,  ces scènes vont  se répéter à Kinshasa !

A Gbadolite, les éléments de Bemba avaient même coupé le signal Rtnc et Digitalcongo la veille de l'arrivée de Joseph Kabila Kabange.

A Gemena, ils avaient empêché les jeeps du cortège présidentiel d'être débarquées de l'avion ; ce qui obligera Kabila de parcourir à pied la distance séparant l'aéroport de l'institut Gemena, lieu du meeting.

A Bumba, Radio Liberté avait accru le discours sur la congolité, exactement comme elle le faisait à Gbadolite et à Gemena.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Appel au soulèvement des Kinois

 

5. Le 20 août 2006, date fixée pour la proclamation par la Cei des résultats provisoires pour le Premier tour, des acteurs politiques proches ethniquement de Bemba avaient passé des heures entières sur Radio Liberté Kinshasa (Ralik) à préparer les Kinois au soulèvement en cas de victoire de Joseph Kabila.

A partir de 11h00, les auditeurs de Ralik entendront ce message : « Les résultats attendus allaient consacrer la victoire du candidat des Occidentaux, celui avec lequel les Occidentaux entendaient signer des contrats léonins sur les dos du peuple congolais, en privant Bemba de sa victoire » !

Ils avaient même poussé la provocation à l'inimaginable en demandant aux Tanzaniens ou aux Rwandais de venir récupérer leur « fils » au risque de le voir subir le supplice du libérien  Samuel Doë !

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

Ou plutôt si, car tout ce qu'il retiendra des événements du 20 au 24 août 2006, c'est l'attaque dont il fut l'objet en sa résidence secondaire du Bld du 30 juin alors qu'il recevait les diplomates membres du Ciat. Or, c'est le même jour et au même endroit que ses gardes avaient enfermé les éléments de la Garde présidentielle. Probablement que ses gardes, qui pouvaient tout ignorer sauf une action musclée de récupération, lui auront caché cette prise d'otage.

C'est déjà révélateur qu'au sujet de ces incidents, le Mlc n'ait jamais insisté dans la réclamation d'une enquête internationale indépendante.

 

 

Incendie de « Ccktv »

 

6. Le 18 septembre 2006, un incendie s'était déclaré dans l'immeuble abritant le siège national du Mlc et des médias Bemba (Cctv, Cktv et Ralik). Cet incendie avait été rapidement attribué au député national Pprd Kasongo Numbi, invité pourtant à une émission par le directeur général de Cctv, Stéphane Kitutu O'leontwa. Mais la suite des événements révéla qu'il s'agissait d'un accident consécutif à un court-circuitage électrique.

Hélas !, l'infortuné Kasongo Numbi se retrouvera avec une jambe cassée ; un garde de Bemba lui ayant fracassé la jambe avec une brique ! L'acte avait été commis dans la même résidence secondaire du Bld du 30 juin !

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Destruction de la Cour suprême de justice

 

7. Le 11 novembre 2006, il y avait eu destruction d'une partie de la Cour suprême de justice alors que cette instance devrait se prononcer sur la requête en annulation des résultats provisoires du Second tour de la présidentielle proclamés par la Cei et de l'entièreté de la maison communale de Gombe où le couple présidentiel venait de célébrer le mariage civil.

Dans la foulée, encore des policiers seront les uns abattus, les autres molestés par les hommes de Bemba, principalement ceux qui se trouvaient en faction dans le paramètre « Rond-point Mandela/Bld du 30 juin – Place Cadeco – Place Cour suprême de justice – Rocade Inss », devenu un no man's land dans la ville. Les sièges de l'ong Parec et de la Fecofa avaient également été détruits.

A l'entendre proclamant par la suite son innocence, Bemba agit comme s'il n'avait rien vu, rien entendu !

 

Dieu ne fait pas Bemba « vainqueur »

 

Peut-on, un seul instant, et en toute honnêteté, dire que tous ces actes-là, signés au grand jour, présageaient d'un excellent climat de confiance et de cohabitation pacifique entre Joseph Kabila Kabange et Jean-Pierre Bemba Gombo, l'un ou l'autre comme chef d'Etat ou chef de file de l'Opposition ?

Bien au contraire. Et Bemba le savait étant donné qu'avant les événements de mars 2007, il y a eu ce gros exhibitionnisme militaro-fétichiste observé plusieurs semaines durant sur le Bld du 30 juin, devant la même résidence secondaire.

Faisant face aux éléments Fardc positionnés dans le cimetière de Gombe et ses voisinages immédiats, les éléments Fardc commis à la garde de Chairman terrorisaient pratiquement la population avec le même bandeau rouge noué sur le front et sur le canon de leurs armes, scène observée à Gbadolite et Gemena six mois plus tôt !

Déjà, dans l'émission « Pona Ekolo », un bembiste louait l'intrépidité des éléments de l'ex-branche armée du Mlc. Un député Mlc originaire de l'Equateur prédisait une défaite cuisante aux Fardc en cas d'affrontement armé avec les mêmes éléments.

Il est de notoriété publique que les événements de Kinshasa résultaient de l'interview accordée par Chairman à quatre médias politiquement proches.

Pour rappel, Bemba – à qui Joseph Kabila Kabange a rendu visite en sa résidence principale aussitôt connus les ennuis de santé avec la foulure au pied qu'il s'est faite dans ses escaliers - venait de rentrer de son séjour médical au Portugal. Il devait signer sa rentrée politique !

Mais quelle rentrée politique ?

Depuis plusieurs semaines, en effet, l'Etat-major général des Fardc avait soumis tous les militaires à un recensement général. Le délai dépassé, un ultimatum de 15 jours leur avait été imparti.

Or, à quoi avait-on assisté ? Avec le recul du temps, on devrait auditionner à nouveau cette interview pour circonscrire toute la démarche provocatrice dans le chef de celui qui se voulait chef de file de l'Opposition forte et républicaine ! Car Bemba parlait de ses soldats (« Basoda na ngai », répétait-il en lingala). Il les soustrayait à l'appel de la Haute hiérarchie militaire ; ce qui revient à dire qu'il les invitait ouvertement à la désobéissance, à la mutinerie !

Réclamant l'application des accords de la Monuc en ce qui concerne le dispositif sécuritaire spécial que le vainqueur devrait mettre en place pour le vaincu, il se gaussait en même temps des Fardc qui, selon ses propos, devraient plutôt se retrouver au Nord-Kivu pour combattre Laurent Nkunda ou à Kahemba pour en chasser les Angolais !

Ainsi, remettait-il en cause tout le processus de brassage enclenché !  

Paradoxe congolais : au lendemain de cette interview, un journal de la place soutenait que les Occidentaux avaient très bien apprécié cette prestation qu'ils considéraient comme digne d'un Opposant ! Et le surlendemain, c'était la guerre en pleine ville de Kinshasa avec son cortège de morts, de blessés et de destruction des biens.

L'épisode rappelait aux Kinois le pillage de 1991. Un journal de la même obédience s'en était vanté le lendemain, reprenant la réaction d'un leader de l'Union sacrée selon laquelle « Mobutu avait pillé le peuple, et maintenant le peuple pille Mobutu ». On connaît la suite avec le chômage qui s'en est suivi.

Bref, Bemba a planifié son coup ; mais cette fois-là, Dieu ne l'a pas fait « vainqueur » ! Au contraire, Dieu l'a littéralement confondu parce qu'il s'est mis à faire ce qu'en d'autres circonstances il n'aurait jamais fait.

Tenez !  Primo, il va offrir le cessez-le-feu au commandement des Fardc dès que les choses ont commencé à se gâter pour sa garde, entrée pratiquement en mutinerie. Or, le cessez-le-feu est un acte militaire, et seul le militaire (loyaliste ou rebelle) est compétent pour le prendre. L'observation est, une fois de plus, du journal « La République ».

En l'annonçant le 22 mars 2007 aux environs de 18h00 dans une déclaration faite sur Radio Okapi, Bemba a, en réalité, confirmé qu'il était toujours à la tête d'une branche armée alors que la Constitution promulguée le 18 février 2006 et à l'adoption de laquelle il avait largement et activement contribué lors du référendum des 18 et 19 décembre 2005 interdit formellement le détournement des éléments Fardc ainsi que l'entretien des forces paramilitaires, des milices etc.

Du reste, dans une déclaration du 28 mars 2007 signée de son chargé de Communication, il ressort au point 1 que « Le jeudi 22 mars 2007, l'honorable sénateur JP Bemba Gombo a demandé au Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, l'ambassadeur William Swing, de prendre des dispositions pour faciliter l'intégration par l'Etat-major général des FARDC des éléments commis à sa garde dans les villes de Gbadolite et de Gemena ». C'est la preuve, si besoin est,  que jusqu'à cette date du 22 mars, l'intégration n'était pas toujours faite !

Un malheur ne venant jamais seul, Bemba va confirmer au travers de la même  déclaration, au point 2, la détention par devers lui d'un armement à Gbadolite et Gemena. « Les entrepôts d'armements de Gbadolite et de Gemena avaient été mis sous observation de la Monuc depuis que l'honorable sénateur JP Bemba avait quitté cette ville en juillet 2003. Ces entrepôts avaient été contrôlés par une délégation de l'Etat-major général des FARDC en 2004 », y lit-on. La déclaration n'explique pas cependant pourquoi, jusqu'en mars 2007, l'armée nationale n'en avait pas encore pris possession !

Et au point 3, l'honorable sénateur JP Bemba « prend acte ce jour de l'intégration par l'Etat-major général des FARDC des éléments commis à sa garde déployés dans les villes de Gbadolite et de Gemena, ainsi que de l'entrée en possession par la hiérarchie militaire des entrepôts d'armement de Gbadolite et de Gemena ».

En d'autres termes, c'est seulement le 28 mars 2007 que Chairman a mis à la disposition de l'armée et ses hommes, et son arsenal de guerre !

Rien qu'avec cette déclaration, il s'en est allé des circonstances atténuantes aux circonstances aggravantes, se livrant lui-même aux instances judiciaires.

La Constitution, à l'instar du Sénat, soumet toute action judiciaire à charge d'un sénateur à la levée de son immunité parlementaire. C'est ainsi que le 10 avril 2007, soit 13 jours après la déclaration suicidaire et 18 jours après les événements dits de Kinshasa, le Procureur général de la République, Tshimanga Mukeba, a adressé au Président du Sénat une requête pour cette levée.

Devenu président du Sénat au terme de l'élection du Bureau définitif, et au nom du principe de continuité de l'Etat, Léon Kengo, juriste de formation et prédécesseur de Tshimanga Mukeba, se devait de donner suite à la procédure déclenchée. Curieusement, il va superbement ignorer cette correspondance. D'ailleurs, au lendemain de son élection, il fera sur Rfi la déclaration suivante : « Je considère que ce problème est éminemment politique. Il ne faut pas en faire une question judiciaire qui risque d'exacerber la situation et l'opinion. Il faut un règlement politique de ce dossier ».

Tout aussi curieusement : il sera le premier à se plaindre du silence du Premier ministre Antoine Gizenga à sa propre correspondance favorable à Jean-Pierre Bemba !  C'est aussi cela, le fonctionnement de la République. Aux uns, on fait subir la rigueur de la loi ; aux autres, on promeut la solution politique, même quand l'acte infractionnel est signé !

Ce n'est cependant pas une raison pour tronquer l'Histoire, d'autant plus qu'il n'y a rien de pire qui puisse arriver à une Nation que de voir l'élu du peuple mentir au même peuple.

Au regard de ce qui précède, personne de raisonnable ne peut faire porter à Joseph Kabila Kabange la responsabilité des événements de Kinshasa de mars 2007.

N'en déplaise à Jean-Pierre Bemba qui continue de soutenir dans ses déclarations que le Chef de l'Etat aurait tenté de le tuer à trois reprises.

 

 

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Congo Debout :Dans ce monde d'aujourd'hui, la puissance passe par l'information. Ce blog informe les Congolais, dit-on. Qui informe et s'informe se développe. Y.R

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