| mercredi 25 février 2009, a 11:19 |
| Le président Joseph Kabila très prochainement à Goma |
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Le
Chef de l'Etat compte marquer de sa présence la fin des opérations
conjointes RDC-Rwanda de traque des rebelles rwandais en se rendant à
cette occasion à Goma où est également prévu dans la foulée la tenue du
prochain conseil des ministres
Les
opérations militaires conjointes RDC-Ouganda-Sud Soudan et RDC-Rwanda
à l'Est de la RDC seraient au centre du calendrier du chef de l'Etat
congolais cette semaine. Joseph Kabila pourrait parachever ce qu'il
avait commencé pour le Nord-Kivu et consolider le rapprochement avec
Kampala. Ce qui serait justement au cœur de son déplacement en Ouganda
via Kisangani et à Goma. Mais, auparavant, le Raïs est annoncé dans la
ville de Mbandaka, chef-lieu de la province de l'Equateur. Le président
congolais, Joseph Kabila, pourrait faire le déplacement de la ville de
Mbandaka ce mercredi sauf changement de dernière minute.
Dans tous les cas, ce serait cette même semaine, indiquent des sources dignes de foi.
Dans le chef-lieu de la province de l'Equateur, la visite du chef de
l'Etat de la Rd.Congo aurait pour objet de réconforter les populations
victimes de la catastrophe survenue il y a plusieurs jours à la suite
des pluies diluviennes qui se sont abattues à Mbandaka. Il est tout à
fait normal qu'un président de la République vole au secours de son
peuple en proie à une calamité naturelle.
L'Equateur, faut-il le rappeler, est une province que le Raïs connaît
très bien pour y avoir séjourné pendant longtemps dans le cadre de ses
fonctions de chef d'état-major en charge de la force terrestre
autrefois. Mais, le déplacement de Mbandaka, bien qu'important et prévu
au calendrier présidentiel, ne servira que de transit, nous a-t-on
confié lundi soir.
Joseph Kabila attendu à Kampala et à Goma
Après MbandaKa, c'est la ville de Kampala, capitale de la République
ougandaise, qui figurerait ainsi dans l'agenda du Raïs. II y serait
question de la consolidation des relations entre Kinshasa et Kampala,
surtout en cette période où les opérations militaires conjointes
RDC-Ouganda-Sud-Soudan se déroulent en Province Orientale pour traquer
les rebelles de LRA (armée de résistance du seigneur) qui ont longtemps
contribué à instaurer un climat d'insécurité dans plusieurs contrées de
la Province Orientale.
La paix qui renaît dans cette partie de la RDC ne peut, de l'avis de
plusieurs observateurs que jouer en faveur de la consolidation des
relations qui existent déjà entre la RDC et l'Ouganda dont le
rapprochement est salué par les deux pays. L'axe RDCOuganda
fonctionnerait donc bien au regard de divers enjeux en présence.
Le clou du calendrier de Joseph Kabila reposerait, sans nul doute, sur
son séjour à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. A en croire
nos sources, une parade militaire serait à l'ordre du jour pour saluer
la fin des opérations militaires conjointes RDC-Rwanda sur la traque
des FDLR. Peut-être qu'à cette occasion, le retour des militaires
rwandais à Kigali serait scellé au terme des opérations ci-haut
évoquées.
Il sera également question, pour le Raïs congolais, de réconforter les
populations victimes des affres de la guerre et de rassurer les
nombreux déplacés. Cette visite, indiquent certaines sources, serait
très attendue par les populations qui ont passé des moments difficiles
et qui ont grandement besoin de réconfort pour se réarmer moralement et
vaquer à leurs occupations habituelles.
Comme pour couronner le tout, question de donner des assurances fermes
aux populations du Nord-Kivu et du Kivu dans l'ensemble, le prochain
Conseil des ministres du Gouvernement central serait prévu ce vendredi
à Goma.
Déjà, dès ce mardi, des délégations ministérielles quittent Kinshasa
pour le chef-lieu de la province du Nord Kivu comme pour confirmer et
la présence du chef de l'Etat à Goma et la tenue du conseil des
ministres.
Ce qui fera de cette ville la capitale de la RDC ce week-end et d'où
partiront les décisions qui découleront de la tenue du Conseil des
ministres.
(DN/Ern./GW/Yes)
M. M./Forum des As
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| samedi 21 février 2009, a 17:40 |
| Joseph kabila a raison : les troupes rwandaises quittent la Rdc |
Lors
de son dernier point de presse, le chef de l'Etat, Joseph Kabila avait
annoncé que les troupes rwandaises devront quitter le Congo au plus
tard le 28 février.
Ceux
qui doutaient de la sincérité du Rwanda de respecter ses engagements au
sujet du retrait de ses troupes en Rdc doivent à l'heure qu'il est
revoir leurs analyses. En effet, selon le porte- parole de l'armée
rwandaise, le commandant Jill Rutaremara, cité par l'agence britannique
Reuters, les soldats rwandais se retirent de la province du Nord-Kivu.
Débuté ce samedi 21 février, le retrait des troupes rwandaises sera
achevé d'ici la semaine prochaine. Le gouvernement congolais ne
confirme pas que les militaires rwandais se retirent dès ce samedi,
mais évoque une cérémonie prévue le 25 février pour marquer un retrait
prévu à la fin du mois.
Faut-il le rappeler, lors de son dernier point de presse, le chef de
l'Etat, Joseph Kabila avait annoncé que les troupes rwandaises devront
quitter le Congo au plus tard le 28 février. Beaucoup d'analystes
politiques ne l'avaient pas cru. Les plus pessimistes ont même affirmé
que Kigali avait un agenda caché. Bien que le gouvernement se fût fort
de relayer les propos du président de la République, bon nombre
d'observateurs demeuraient pessimistes. Ils seront, d'ailleurs,
réconfortés dans leur sentiment par le fait que l'Assemblée nationale
du Rwanda avait demandé la prolongation de la durée des opérations
militaires conjointes Fardc – Rdf pour réduire la capacité de nuisance
des Fdlr. Avec le retrait des militaires rwandais avant le délai prévu,
ces craintes ne se justifient plus.
Selon le porte-parole de l'armée rwandaise, les objectifs des
opérations militaires conjointes ont été atteints même si les rebelles
des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (Fdlr) n'ont pas
été complètement annihilés. Sur les milliers de rebelles FDLR, quelques
centaines ont regagné le Rwanda. Les Fdlr ont vu, par ailleurs, leurs
quartiers généraux détruits.
Les soldats rwandais sont entrés au Nord-Kivu, le 20 janvier 2009, dans
le cadre d'une opération de traque conjointe avec l'armée congolaise
des rebelles hutus rwandais réfugiés en Rdc.
Théodore Ngangu/MMC
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| vendredi 20 février 2009, a 11:47 |
| Opération militaire conjointe Fardc/Dfr : Et si Kabila avait raison ? |

L'opération militaire conjointe « Forces armées de la République
Démocratique du Congo » (Fardc) et « Forces armées de la
République du Rwanda » (Dfr) suscite un déchaînement des
passions ayant le mérite de souligner tout l'intérêt de la
question « ex-Far/Interahamwe/Fdlr » dans les relations entre
les deux pays, mais aussi dans la sous-région des Grands Lacs.
Montée par les Etats-majors généraux respectifs, sous la
responsabilité évidente des gouvernements congolais et rwandais,
cette opération est pourtant mal perçue par bon nombre d'acteurs
politiques et sociaux, principalement ceux du Nord-Kivu et du
Sud-Kivu, au point de créer même une crise au sein de la
Majorité. L'Opposition s'en frotte les mains...
Ministre de la Communication et Médias, Lambert Mende a beau
dire qu'il s'agit d'une invitation lancée à l'armée rwandaise «
qui est venue avec des officiers de renseignements » ; il a beau
rassurer que « C'est ça leur mandat », personne n'y croit. A
commencer par certaines notabilités du Kivu frontalier. L'Etat-major
de l'armée rwandaise a, lui aussi, beau affirmer que son
contingent est placé sous commandement de l'Etat-major de
l'armée congolaise, rien n'y fait. La méfiance s'accentue.
C'est ainsi que le mardi 20 janvier 2009, une Déclaration dite
des Communautés du Nord-Kivu a été rendue publique, sous la
signature de MM. Balinande (pour les Nande), Jean Sekabuhoro
(pour les Hutu), Hubert Dunia Bunda (pour les Walikale) et
Anicet Demba (pour les Hunde).
Constatant, « avec surprise et indignation l'entrée massive de
l'armée rwandaise en République Démocratique du Congo » depuis
le dimanche 18 janvier 2009, la population du Nord-Kivu,
soutiennent les signataires, y dénonce « le caractère illégal et
inconstitutionnel de l'opération, engagée par des personnes non
habilitées et ne figurant ni dans les Actes d'engagement signés
par nous tous à Goma, ni dans le Communiqué conjoint de Nairobi,
ni par les Recommandations de l'Union Européenne, ni dans les
Résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité de l'ONU, ni dans
ce qui était présenté comme agenda officiel des récentes
négociations de Nairobi ». Ceci au point 1.
Au point 2, il est constaté « L'inversion des priorités de la
République » en ce que « Les Congolais du Kivu, qui
s'attendaient à voir tous les déplacés et réfugiés congolais
retourner dans leurs milieux d'origine se voient plutôt imposer
une nouvelle guerre entre étrangers sur notre sol, synonyme de
nouvelles atrocités, de nouveaux génocides, de la poursuite de
l'extermination des populations locales en vue d'un dépeuplement
systématique ».
Au point 3, est constatée « L'absence d'un accord cadre
déterminant les termes de référence, les limites spatiales et
temporelles, le rôle de chaque intervenant, les conditions
d'arrêt et surtout le chronogramme du retrait rapide et
obligatoire des militaires étrangers et ce, au mépris des
populations, des élus, des notables et des Institutions de la
République ».
Au point 4, il est fait état de « L'absence totale de mesures de
protection des populations au cours des opérations à venir, au
regard des graves faiblesses observées par les opérations menées
contre les rebelles de la LRA au détriment de nos compatriotes
de la Province Orientale ».
Tandis qu'au point 5, est relevée « L'absence totale de toute
implication de la Communauté Internationale et nos partenaires
régionaux (SADEC, Union Africaine, CEAC, MONUC, UNION EUROPEENNE)
alors que ces derniers ont, selon les accords de Goma, la
responsabilité de la garantie de bonne fin du processus en cours
».
C'est en raison de ces constats que viennent des « sanctions »
dont la première est la condamnation de « cette trahison » ; les
communautés du Nord-Kivu se réservant « le droit d'user de tous
les moyens à leur disposition pour faire échec à ce plan
diabolique dont la finalité manifeste est de matérialiser la
balkanisation de la République Démocratique du Congo ».
Outre l'exigence du retrait sans délai de l'armée rwandaise,
ordre est intimé aux « filles et fils du Nord-Kivu se trouvant
dans les institutions » d'accorder au gouvernement « 48 heures
pour mettre un point final à la présence rwandaise en RDC ».
Sinon, préviennent les signataires, « les ministres,
vice-ministres tant nationaux que provinciaux, les députés
provinciaux et nationaux, les sénateurs, les mandataires publics
de l'Etat devront faire le constat de la haute trahison et se
retirer en vue de rejoindre le peuple qui doit se prendre en
charge ».
Tout en demandant à la RDC, « en cas d'opération nécessitant des
interventions étrangères, de s'abstenir d'utiliser le voisin
problématique et de se tourner plutôt vers d'autres partenaires,
tels que la SADEC qui devront alors opérer sous mandat
international », les signataires font une proposition « à la
communauté internationale d'inciter le Rwanda à organiser un
dialogue inter rwandais pour mettre fin à se contradictions
internes et non les exporter indéfiniment en RDC ».
Les signataires lancent en direction des Congolais « originaires
de toutes les provinces, où qu'ils se trouvent de part le monde,
de se souder comme un seul homme pour sauver la patrie en danger
».
La déclaration se termine par la demande faite « à l'ONU, à
l'Union Africaine, à la SADEC, à l'Union Européenne, d'user de
toutes formes de pression pour arrêter la dérive du pouvoir en
pic à Kinshasa qui, manifestement, ne respecte ni la
constitution, ni ses lois, ni l'intégrité de son territoire, ni
même la vie de ses citoyens ».
Cette déclaration est reproduite dans la Presse parue le
mercredi 21 janvier 2009, notamment « Le Potentiel » dans sa
livraison n°4527.
Mauvaises prémisses
A elle seule, cette prise de position résume les contradictions
dans lesquelles s'enferme le leadership congolais,
contradictions dont tirent naturellement profit les puissances
étrangères.
En effet, les signataires ne disent même pas en quoi l'opération
militaire conjointe Fardc/Dfr est illégale et
anticonstitutionnelle, et en quoi, en plus, elle est engagée par
des personnes non habilitées du simple fait de ne pas figurer
dans les documents officiels cités au point 1.
Si, par illégalité et anticonstitutionnalité, ils entendent le
fait que le sujet n'ait pas été débattu publiquement, on ne peut
que se plaindre de l'amateurisme du leadership congolais.
Pour prendre l'exemple, tout récent, de l'opération militaire
menée par l'armée israélienne à Gaza, personne ne peut démontrer
qu'elle ait été au préalable discutée publiquement dans une
structurelle formelle (cas du Parlement) ou informelle (cas du
Congrès mondial juif). Il est, du reste, de ces opérations qui
requièrent discrétion pour en préserver l'efficacité. Surtout
quand il est question d'opérations militaires.
En outre, estimer que seules les personnes figurant dans les
Actes de Goma sont censées être impliquées dans toutes les
décisions à prendre pour telle opération politique ou telle
opération militaire, c'est réduire les prérogatives régaliennes
du Gouvernement, car cela signifie que plus rien ne peut se
faire dans cette partie du pays sans leur quitus. L'opinion se
rendra d'ailleurs compte que l'on n'a ni vu ni entendu ces
signataires réclamer leur participation aux préparatifs des
opérations conjointes Fardc/Monuc pour faire face aux offensives
du Cndp !
Par rapport au point 2, les signataires présagent déjà de
nouvelles atrocités, de nouveaux génocides, de la poursuite de
l'extermination des populations locales et du dépeuplement
systématique du Nord-Kivu pendant qu'aucune action sur terrain
n'est encore entreprise !
Au demeurant, au point 3, ils avouent ne pas connaître les
termes de référence de ladite opération par rapport aux limites
spatiales et temporelles, au rôle de chaque intervenant, aux
conditions d'arrêt et, « surtout », par rapport au chronogramme
du retrait des forces rwandaises.
Au point 4, alors qu'ils viennent de faire l'aveu de ne rien
connaître desdits termes, ils concluent à l'absence de totale
des mesures de protection des populations.
Bien entendu, ce qui doit arriver arrive au point 5 lorsque,
ignorant toujours tout des termes de références, ils font le
constat de l'absence de toute implication de la Communauté
internationale.
Au regard de toutes ces carences, on peut comprendre la nature «
sanctions » fondées sur de mauvaises prémisses. C'est de
sanctions pour le moins irrationnelles ! Et c'est dangereux pour
un leadership se voulant avisé…
Pareille garantie ne se médiatise pas
Visiblement, cette déclaration vient de quelque part.
Probablement des cercles périphériques du Pouvoir qui tirent
profit du statu quo ! Elle ressemble à cette autre déclaration
faite par quelques honorables de l'Est au sujet de la primature
qui devrait être retirée de l'Ouest sous prétexte que seul un
oriental méritait de la fonction !
Il y a lieu de relever déjà que dans trois mois – c'est-à-dire
en avril 2009 - la présence des ex-Far/Interahamwe en territoire
congolais entre dans sa quinzième année. Quinze ans au cours
desquels toutes les solutions ont été préconisées, dont le
désarmement et le rapatriement volontaires, mais aussi le
désarmement et le rapatriement forcés. Des opérations ont été
montées tantôt avec, tantôt sans le concours de la Monuc. Le
résultat est connu.
Au cours de ces mêmes 15 ans, la constante dans la présence des
ex-Far/Interahamwe/Fdlr est, d'abord, la perpétration des
violences dont sont victimes les communautés locales, entre
autres les Nande, les Hutu, les Walikale et les Hunde, ensuite
le pillage systématique des ressources naturelles locales, au
nombre desquelles le fameux coltan. Le résultat est également
connu.
Finalement, on se doit de se demander qui, des populations et de
leurs leaders, souffrent le plus desdites violences et dudit
pillage ! Ce ne sont pas les seconds !
De même, on se doit de se demander qui, des populations et de
leurs leaders, bénéficient d'une manière ou d'une autre du
pillage ! Ce ne sont pas les premières, de toutes les façons !
On peut, dès lors, pour paraphraser la Dynamique de l'Est lors
de la guerre de libération, déduire « Mort au peuple, Vie aux
leaders », car personne ne peut croire que le coltan et la
cassitérite exploités dans le Kivu, au vu et au su des Kivutiens,
et « exportés » au Rwanda soit l'oeuvre des populations
martyrisées par les « ex-Far/Interahamwe/Fdlr ».
Quand on part de cette évidence – et on ne peut qu'en partir –
on réalise que toute action visant à mettre fin à la présence de
ces derniers au Kivu a pour conséquence logique d'arrêter
l'exploitation illégale de ces ressources. Donc de conduire au
tarissement d'une source d'enrichissement rapide et illicite sur
fond du sang des populations kivutiennes.
La conclusion à tirer est qu'après que l'on ait essayé toutes
les solutions au problème « ex-Far/Interahamwe/Fdlr », la
question de fond devient celle de savoir pourquoi continuer à
retarder la solution qui est constamment préconisée par la
communauté internationale, à savoir une action concertée des
armées gouvernementales de la RDC et du Rwanda !
Pour peu que l'on soit lucide, on ne peut, un seul instant,
croire que pareille opération militaire conjointe ait été montée
sans nécessairement que l'on prenne les dispositifs sécurisants
pour les populations, dispositifs bénéficiant de la garantie
internationale !
Pareille garantie ne se médiatise pas. Ses effets se constatent.
Alors, attendons les effets, non sans nous poser cette question
de bon sens : « Et si Kabila a raison ? ».
Yvon RAMAZANI
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| vendredi 20 février 2009, a 11:40 |
| Atouts de succès du pari risqué de Joseph Kabila pour ramener la paix à l’Est de la RDC |
Hormis
le débat idéologique, si le Rwanda et l'Ouganda quittent la RDC, que la
paix s'installe, que les échanges commerciaux démarrent, l'initiative
de paix prise par le président Joseph Kabila sera bien une success
story à reconnaître indiscutablement
D'emblée,
n'ayons pas peur de mots : Il y a aujourd'hui dans notre pays au moins
quatre éléments de crise. 1. Le premier élément a trait à l'entrée
officielle – autorisée – des armées rwandaise et ougandaise. Au départ,
s'agissant des APR-RDF rwandaises, le plus officiellement, le
Gouvernement avait annoncé l'entrée d'officiers du renseignement. Par
la suite, il n'a plus été question d'officiers du renseignement. Il
sera question de la présence sur notre sol de 4 à 6.000 hommes des
troupes. Certains parlent d'un nombre plus ahurissant de soldats
rwandais présents en RDC : 10.000.
L'opposition – c'est dans son rôle – et des membres de la majorité
donnent de la voix et réclament explications et interpellation du
Gouvernement. Sur pied de l'art. 116 de la Constitution, une pétition
lancée par une Coordination revendique 262 adhésions au sein de la
Chambre basse. Soit plus qu'il n'en faut. Il est question de convoquer
une session extraordinaire de la Chambre en vue de débattre de cette
présence des forces étrangères. Si cette convocation n'est pas
automatique, la crise est réelle.
Cette affaire a lieu au lendemain des déclarations du président
français Nicolas Sarkozy qui font monter le soupçon. 2. C'est le
deuxième élément de crise. Qu'a dit Nicolas Sarkozy ? Lors de la
traditionnelle cérémonie de présentation des vœux au corps
diplomatique, au Palais de l'Elysée – la résidence du Chef de l'Etat
français –, Nicolas Sarkozy a, vendredi 16 janvier 2009, ces mots dans
son discours et à sa bouche : il veut, lui mettre fin au conflit qui
ravage l'est de la RdC, et qui oppose le Rwanda et la RDC. Il veut « un
dialogue non seulement conjoncturel, mais aussi structurel », qui
inclue « le partage de l'espace et des richesses ».
Dans ce registre où il excelle, Nicolas Sarkozy décrit le Rwanda comme
un « pays à la démographie dynamique et à la superficie petite », la
RDC « un pays à la superficie immense » avec une organisation étrange
des richesses frontalières. Les propositions de Nicolas Sarkozy
tournent autour de trois axes, d'après ce qu'en rapporte le très
sérieux quotidien français de Monde » (éd. datée 20 janvier).
Premièrement, mise en place d'une coopération pacifique fondée sur des
projets telle l'exploitation, par la RDC et le Rwanda, des ressources
minières du Nord Kivu, objet de toutes les convoitises. Deuxièmement,
mise en place d'une initiative sur la question foncière, au coeur,
pose l'Elysée, des tensions intercommunautaires dans le Nord Kivu en
raison d'une longue histoire de déplacements de populations.
Troisièmement, le président veut demander aux belligérants du conflit
de travailler sur les problèmes de statut pour les minorités en RDC. Il
encourage la représentation politique de la minorité tutsie au niveau
local. Et – pourquoi pas ? – autre. Sarkozy explique qu'il va soumettre
ces propositions aux Chefs d'Etat africains lors d'un voyage qu'il
envisage en mars en RDC, au Congo-Brazzaville et au Niger.
Ce plan Sarkozy pour la paix en RDC tombe dans un contexte de
rapprochement inattendu entre Paris et Kigali dont les relations depuis
une décennie sont restées brouillées par des accusations réciproques
de crime de génocide et des émissions réciproques des mandats d'arrêt
internationaux.
L'un de ces mandats était émis par le juge anti-terroriste français
Jean-Louis Bruguière contre une personnalité clé de l'entourage du
président Paul Kagame. Rose Kabuye, directrice du protocole d'Etat du
régime rwandais, directrice d'un passeport diplomatique, est arrêtée
fin 2008 à sa descente d'avion à Francfort, en Allemagne la justice
allemande. Extradée en France, elle est remise en liberté avec promesse
de se présenter devant un juge chaque fois que nécessaire. Rose Kabuye
passe les fêtes de Noël et de Nouvel An à Kigali avec son mari et ses
enfants. Elle est revenue à Paris où, avec sa famille, elle réside dans
un hôtel de luxe !
En RDC, on est surpris d'une justice aussi généreuse face à une
personne, officier à la retraite de l'armée rwandaise APR-RDF, visé par
un mandat d'arrêt délivré par la justice française, soupçonnée d'avoir
encadré le commando qui a abattu à Kigali en avril 1994 1'avion de
Juvénal Habyarimana, provoquant la mort de 12 personnes, déclenchant
le génocide anti-Tutsi dans lequel la RDC est empêtrée, mise en examen
pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs...
3. Troisième élément de crise : il vient de l'éclatement de la bulle
immobilière aux USA avec ses répercussions dans le monde. En premier,
le crash boursier suivi chez nous par la fermeture de la
quasi-totalité des entreprises minières au Katanga, le chômage, la
récession, la misère plus grande et plus menaçante.
Si on rappelle que la législature en cours s'est bâtie sur la promesse
des 5 chantiers et si cette promesse ne peut être tenue, il faut pour
la majorité présidentielle construire un discours pour 2011. Nous
appelons à « une nouvelle analyse stratégique, une redéfinition de la
pensée politique nationale » face à un « déplacement de couche
stratosphérique » (Le Soft International n° 979, du 10 février 2009,
voir pages 4 et 5).
Dans son rôle d'arbitre impartial et de garant de l'intérêt général, le
Chef de l'Etat nous paraît en passe de « retisser le tissu national ».
Face au péril majeur qui nous englue, le devoir de tout dirigeant est
d'opérer un plus « vaste rassemblement des hommes et des femmes » « le
Soft International, op. cit ».
4. Enfin, quatrième élément de crise. C'est l'accumulation de ces
crises sur l'opinion publique. La présence des troupes étrangères a
mis le feu à la Chambre qui vient sanctionner le Gouvernement. La
Coordination des Députés pétitionnaires a reçu appui. La Société
civile et la puissance Eglise catholique rallient la thèse.
Dans un « Message des Evêques aux fidèles catholiques, aux hommes et
aux femmes de bonne volonté » daté du 12 février 2009, la CENCO, la
Conférence Episcopale Nationale du Congo, s'adresse au Parlement. Elle
le presse d' « exercer sans complaisance son pouvoir de contrôle du
Gouvernement et d'arrêter des mesures susceptibles de garantir une
gestion honnête et transparente de la République ».
Elle estime, sur « la présence des armées étrangères dans l'Est et
dans le Nord-Est », que « le Parlement doit se donner les moyens de
suivre les opérations militaires en cours, de s'assurer qu'elles
contribuent à la paix véritable en sauvegardant la souveraineté
nationale et l'intégrité territoriale du pays ».
Au Gouvernement, les Evêques le prient de défendre au mieux les
intérêts du peuple congolais et de promouvoir son bien-être et son
développement, d'assumer ses fonctions régaliennes (Paix, Sécurité des
personnes et des biens, Justice). « Nous ne rappellerons jamais assez
que l'absence d'une armée républicaine est préjudiciable à la paix dans
le pays. La réforme de notre armée s'avère prioritaire et urgente. Nous
attendons de notre Gouvernement qu'il fasse preuve d'un leadership
visionnaire et responsable qui ne subit pas les événements, mais les
anticipe en prenant des initiatives qui s'imposent ; qu'il réorganise
et redynamise la représentation diplomatique sur l'échiquier
international. Il est impérieux que la RD Congo retrouve sa place dans
le concert des nations avec des hommes formés et acquis an service de
la nation ».
« A la Communauté internationale : sachant que les Forces
Démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) sont entrées en RD
Congo sur sa demande, qu'elle s'implique effectivement afin que leur
retour ainsi que celui des combattants de l'Armée de Résistance du
Seigneur (LRA) dans leurs pays respectifs s'effectue dans le respect
des lois internationales ».
« Au peuple congolais et aux organisations de la société civile en
particulier : d'être vigilants pour démasquer tout plan ourdi contre
notre pays et de s'opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à
toute tentative de balkanisation et à toute exploitation illicite de
nos ressources. Autant rappeler que l'intégrité territoriale et la
souveraineté nationale sont intouchables et non négociables sous
quelque prétexte que ce soit. Le Congo nous appartient, il n'est pas un
pays sous tutelle à vendre ».
En somme, les Evêques écrivent : « Nous voulons la paix. Nous la
voulons dans l'amour. Cette paix que nous recherchons doit être fondée
sur la vérité, la justice et la liberté. Car autant la paix est
nécessaire autant la cause des victimes doit être défendue. Nous
comptons sur la force du droit pour résoudre les conflits sans devoir
sacrifier le Congo, les Congolais et leurs ressources ».
Les déclarations du président français ont fait déverser les 13 et 14
février devant le Palais Bourbon – siège de l'Assemblée nationale
française – des membres de la diaspora de RDC à l'appel – c'est nouveau
– de l'ancien Mobutiste Honoré Ngbanda Nzambo-ko-Atumba autrefois
appelé « Terminator » pour le rôle qu'il a joué dans le massacre des
Chrétiens un 16 février 1992. Très critiqué pour sa politique vis-à-vis
des Noirs de discours de Dakar, la gestion du dossier Rama Yade, la
crise des Antilles, etc., alors que son ministre des Affaires étrangère
Bernard Kouchner est au centre d'une polémique pour son rôle joué à
Brazzaville et à Libreville et est accusé de « cosmopolitisme
anglosaxon », Nicolas Sarkozy sent l'onde choc.
Le 16 février, en réponse à des questions que lui ont fait parvenir
quatre quotidiens de RDC, Sarkozy se rebiffe. « Les polémiques n'ont
pas lieu d'être et les procès qui nous sont faits sont sans fondement
Je voudrais souligner quelques idées simples. Il y a des principes
sacrés : la souveraineté de la RDC, le respect de son intégrité
territoriale, l'intangibilité de ses frontières. La France s'est
toujours battue pour ces principes. Ce n'est pas avec moi que cela
changera ».
Puis : « Il y a aussi une évidence : la RDC, c'est le cœur même de
l'Afrique, autour duquel le continent s'articule. Ses richesses
potentielles sont immenses et pourtant, les Congolais n'en profitent
pas, ou pas assez. Je suis désolé de vous le dire, mais quelque chose
ne tourne pas rond ! Ma conviction, c'est que le retour de la paix
doit s'accompagner d'un dialogue de fond. Regardez ce que nous avons
fait en Europe : nous avons surmonté nos déchirures et nos divisions,
cicatrisé les blessures si profondes de trois guerres entre la France
et l'Allemagne en particulier, pour construire, à partir des projets
concrets et dans le strict respect des Nations qui la composent, une
Europe de paix et de prospérité. Bien sûr, cela nous a pris du temps.
Mais cela nous a permis la reconstruction; cela nous a apporté une
prospérité sans égal et l'essor de nos économies ; cela nous a apporté
aussi la stabilité et la paix. Alors, au nom de quoi les pays autour
des Grands Lacs seraient-ils condamnés à la répétition des guerres et
au malheur ? Ne peuvent-ils pas surmonter cette fatalité que, pour ma
part, je refuse ? Je veux croire en l'avenir ».
Puis : « L'intérêt des Congolais et des pays de la région, c'est de
susciter des projets qui fédèrent plutôt que subir des appétits qui
divisent, de couper à leurs racines les causes de la rivalité, de la
désunion et du malheur. Des institutions existent déjà, comme la
Communauté Economique des Pays des Grands Lacs. Alors, il faudrait la
revivifier, et peut-être même aller plus loin. C'est dans cet esprit
que je voudrais lancer quelques idées : les pays de la région, de
l'Angola au Burundi, et pourquoi pas à la Tanzanie aussi, pourraient
travailler ensemble, comme nous l'avons fait en Europe, pour structurer
leurs marchés, organiser des filières agricoles, commerciales et
industrielles, introduire davantage de transparence et de régies,
développer les ressources énergétiques y compris par des micro-projets,
assurer la sécurité alimentaire et sanitaire, faciliter l'accès à l'eau
potable, protéger le patrimoine naturel, bâtir des infrastructures
régionales pour créer de nouvelles opportunités et multiplier les
débouchés ».
Puis : « Il y a tant de richesses à créer ou à mettre en valeur. Cela
suppose de la confiance en ce dialogue structurel auquel j'ai fait
référence. Cela suppose aussi la coopération qui interdit la prédation
ou l'exploitation. Et je souhaite insister sur ce point. Le Président
Kabila a dit que les décisions doivent être prises à Kinshasa, et nulle
part ailleurs. Il a raison. C'est aux Congolais eux-mêmes de trouver
des solutions. C'est vrai aussi à l'échelle de toute la région : c'est
aux Etats et aux populations de discuter, et disons-le, de coopérer
pour régler les problèmes et retrouver de la confiance. La confiance,
c'est fondamental. La paix ne peut jamais être imposée de l'extérieur ».
Le crash boursier suivi de la crise financière internationale va encore
faire reculer la RDC et retarder -bloquer - le projet phare de la
législature. Nul ne peut dire que le pays soit aujourd'hui dans une
situation idéale pour aborder ses problèmes de développement.
Il y a très peu de gens qui aimeraient être dans la situation de
Joseph Kabila Kabange. Face aux urgences, comment aborder le conflit
dans les Kivu dans un contexte incongru de position de négociation
internationale ? La question n'est pas de savoir comment nous en
sommes arrivés là. La question est que nous en sommes précisément là.
Un Nkunda ou un autre « Seigneur de guerre » soutenu par un Rwanda
soutenu par une nébuleuse anglo-saxonne rejointe désormais par Paris
met l'homme d'Etat dans une situation peu enviable. On reparle du
complot international ourdi contre notre pays, mieux, le piège dans
lequel notre pays est tombé. Nul ne peut écarter l'hypothèse d'un
consensus selon lequel la RDC est incapable de se gouverner et, de ce
fait, de laisser l'Humanité jouir des bienfaits de l'Humanité, à
savoir, les richesses dont regorge ce pays et dont le monde doit tirer
meilleur profit pour son plein épanouissement.
Toutes les crises sont nées de la volonté de l'homme de se mouvoir
librement partout dans le monde pour son complet développement, à
commencer par celui des échanges commerciaux. Eclatée en 1956, la
guerre de Suez a mis l'Egypte face à une alliance secrète, le protocole
de Sèvres, formée par Israël, la France et le Royaume-Uni, à la suite
de la nationalisation unilatérale du canal de Suez par l'Egypte.
L'alliance répondait à des intérêts communs : l'Europe avait des
intérêts, politiques, économiques et commerciaux dans le canal de Suez
et Israël réclamait l'ouverture du canal à son transport maritime.
Israël a justifié son intervention militaire contre l'Egypte comme
réponse aux attaques des Fédayins lancées sur son territoire.
Etat néant, la Somalie vit présentement sous un régime de terreur
assuré par des pirates qui prennent en otage des navires marchands sur
la mer Rouge qu'ils connaissent : ils savent où attaquer et où se
cacher après leur fuite. Avec la mondialisation, 97% de marchandises
et 60% de produits pétroliers circulent par la mer. Une résolution
n°1846 du Conseil de sécurité des Nations unies, co-parrainée par
dix-neuf Etats, réprime les actes de piraterie dans les eaux
territoriales somalienne. A Pékin, un porte-parole du ministère des
Affaires étrangères Liu Jiánchao, déclare lors d'une conférence de
presse que la Chine, à qui l'Occident a confié la « garde » et la
« gestion » de l'Afrique « envisage activement d'envoyer des navires
militaires dans le Golfe d'Aden pour participer aux opérations de
protection des voies maritimes ». Au large de la Somalie, sur la route
du pétrole, une guerre mondiale contre ces nouveaux pirates se
prépare. La Somalie, pays sans Etat, à l'Humanité de s'assumer et
d'assurer la sauvegarde de l'Humanité... C'est le sens du discours de
Nicolas Sarkozy sur la région des Grands lacs qui prolonge celui de
l'Américain Cohen
Si Si ? De la forme et du fond
Si les initiatives du Gouvernement n'ont pas toujours brillé par leur
visibilité faisant monter inutilement la tension dans le pays d'Eglise
catholique très écoutée par de peuple dont elle est solidaire « veut
savoir », « veut s'assurer » presse le Parlement « d'exercer sans
complaisance son pouvoir de contrôle (...) » !
Si le système de communication pose problème (d'experts du renseignement militaire, on en est à 4 ou 10.000 soldats rwandais
- qui ont envahi par deux fois la RDC, sans parler des Ougandais
- qui ont envahi par deux fois la RDC ; quant au sort de Laurent Nkunda
(Batware) Mihigo, les couacs ne se comptent plus) ! Si, malgré les
maladresses, le Rwanda et l'Ouganda quittent la RDC au terme
généralement annoncé, que la paix vient à s'installer dans la
sous-région, que les échanges commerciaux démarrent entre nos pays !
Si Nkunda et Ntaganda sont livrés, le premier au Gouvernement de RDC,
le deuxième au procureur de la CPI, qui les réclament activement !
Si, si, si!... Est-on fondé de condamner une initiative certes osée et
qui a surpris les spécialistes, irrité face à des déclarations
contradictoires dans les trois Capitales et le courage -l'audace - dont
des dirigeants de la sous-région ont fait montre ? Mis à part le débat
de procédure qui ne manque pas du piquant, ne serait-on pas face à une
success story susceptible de mettre ses artisans en mesure de réclamer
reconnaissance pour la paix retrouvée ? Les grands que les manuels
d'histoire nous apprennent à longueur de journée ont été souvent mal
compris et non reconnus par leurs contemporains en phase avec des
événements souvent inintelligibles en premier lieu la contre
propagande. L'Histoire - elle - les a élevés.
(DN/Milor/GW/Yes)
Tryphon Kin-Kiey M./Le Soft/International
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| mercredi 18 février 2009, a 13:09 |
| Concertation en vue entre les présidents J. Kabila et Y. Museveni pour évaluer les opérations de traque des rebelles ougandais en RDC |
La
prolongation controversée des opérations conjointes des armées
congolaise et ougandaise de traque contre les rebelles de la LRA
retranchés dans la partie Est de la RDC nécessite une urgente
concertation du président J. Kabila avec son pair Y. Museveni de
l'Ouganda.
La
question de la durée de la présence militaire sur le sol congolais de
l'armée ougandaise engagée dans l'opération conjointe à côté des
troupes des Fardc et celles du Sud-Soudan lancée depuis deux mois dans
le Haut-Uélé, dans la province Orientale contre l'armée de résistance
du seigneur, Lra, est au centre du débat. Initialement annoncé pour le
samedi dernier, le départ des forces ougandaises n'a pas eu lieu. Cela
suscite des questions de la part d'une certaine opinion qui, pour une
raison ou une autre, assimile cette présence à une «occupation» qui
répondrait à un agenda caché.
Kampala justifie la poursuite de la présence des éléments de son armée
par la persistance du danger que représente pour sa sécurité les
rebelles ougandais évoluant dans cette partie de la Rd Congo. De son
point de vue, il s'agit d'une considération spécifiquement militaire et
non d'une quelconque obstination ou refus à demeurer sur le territoire
congolais contre le gré du gouvernement congolais. Les déclarations du
ministre ougandais de la Défense appuyant ce point de vue ont été
balayés par son homologue congolais, Mwando Nsimba qui ne reconnaît
nullement qu à ce propos qu'il ait eu des pourparlers avec la partie
gouvernementale congolaise.
Selon lui, 90 % des objectifs assignés à l'opération ayant été
atteints, il n'y a plus de raison pour que des troupes ougandaises
restent sur place. Dans ce cadre, il a annoncé la destruction du
quartier général de Lra dirigé par Joseph Kony dans le parc de la
Garamba, leur mise en déroute, l'arrestation de plusieurs de ses
éléments et dépendants dont l'une des femmes du chef rebelle ougandais.
En donnant son feu vert au déclenchement de cette opération conjointe,
estime un observateur, Kinshasa entendait crever l'abcès dans une
région du pays où règne depuis plusieurs années l'instabilité.
Définir une nouvelle orientation
En attendant la résolution de l'équation Lra, Kinshasa et Kampala
poursuivent des contacts en vue d'évaluer, à chaque étape, la situation
sur le terrain. Dans ce cadre, il est prévu avant fin février une
rencontre au sommet entre le président congolais, Joseph Kabila
Kabange, et son homologue ougandais, Yoweri Museveni. L'annonce en a
été faite par le ministre de la Communication et des Médias et
porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga.
Dans l'entretemps, les deux chefs d'Etat se félicitent des progrès
réalisés au cours des opérations de traque des rebelles ougandais dont
les principaux camps ont été détruits dans le parc de la Garamba. Il
est évident qu'au cours d'importants entretiens qu'auront les
présidents congolais et ougandais dont les troupes sont engagées sur le
terrain des combats à Faradje, Dungu et autres localités, l'occasion
leur sera donnée de faire le point de la situation dans la perspective
de définir une nouvelle orientation tenant compte des réalités
actuelles.
Ces futures concertations revêtent une importance particulière dans la
mesure où elles contribueront à baliser la voie, à renforcer les
relations entre les deux pays qui avaient jadis connu une nette
détérioration. En rapport avec la mise en déroute des éléments de Kony,
le débat sur la durée de l'opération conjointe déclenchée dans la
Province Orientale contre les rebelles ougandais de la Lra, procède
désormais, selon un observateur, de la volonté commune de deux
gouvernements.
Aller jusqu'au bout
Dans la situation actuelle marquée par des avancées remarquables des
troupes de la coalition face à l'ennemi affaibli et déboussolé,
Kinshasa réaffirmera sans doute l'option déjà annoncée de voir des
forces ougandaises regagner sitôt leur pays en vue de permettre aux
Fardc de parachever la mission de pacification du Haut-Uélé et, au
besoin, avec l'assistance de la Monuc dont le renforcement des troupes
décidé dernièrement par le Conseil de sécurité des Nations unies est
réclamé à cor et à cri par l'Ong américaine Human rights.
Les succès enregistrés par cette opération conjointe sont fondés en
dépit de nombreuses tueries des populations et l'enlèvement d'enfants
enregistré à Dungu et à Faradje. On ne prendra pour preuve que la
reddition que le numéro 2 de la Lra est en train de négocier avec le
gouvernement ougandais. N'eut été la forte pression militaire et les
pertes subies, les compagnons de Joseph Kony n'en seraient sans doute
pas là. Ce conflit vieux de plus de vingt ans ne pourrait trouver son
dénouement que par la manière forte mais aussi en poussant l'armée de
résistance du seigneur à signer l'accord de paix négocié avec Kampala
mais chaque fois repoussé par les rebelles lorsqu'il faut passer à la
concrétisation.
Dans cette épreuve militaire, la Rd Congo a un important rôle à jouer
d'autant plus que ce conflit a un impact dans l'insécurité sur le
territoire congolais aussi bien qu'au Sud-Soudan et en Centrafrique. La
liquidation totale de cette rébellion aura, en définitive, l'avantage
d'apporter la paix dans une région où les populations n'aspirent qu'à
son retour.
(DN/PKF)
Ndong.M.N./La République
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| Présentation | Congo Debout :Dans ce monde d'aujourd'hui, la puissance passe par l'information. Ce blog informe les Congolais, dit-on. Qui informe et s'informe se développe. Y.R
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