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CONGO MON AMOUR
mardi 30 juin 2009, a 23:53
Discours de l'Ambassadeur Mova (le 30 juin 2009 à Bruxelles
 

 

49 ans de l'indépendance

de la République Démocratique du Congo

 

Discours de Son Excellence,

 Monsieur l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles, Henri MOVA Sakanyi,

 

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République Démocratique du Congo, près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l'Union européenne et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

                                             Chers compatriotes

 

Permettez-nous, en ce jour de célébration de l'anniversaire de l'indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, de commencer par vous souhaiter la bienvenue dans ce cadre que nous espérons convivial, pour fêter cet événement de grande portée historique.

 

Cette nouvelle célébration de l'indépendance de notre pays risquait, cependant, comme tant d'autres célébrations dans le passé, d'être emportée dans le long fleuve monotone de solennités inhérentes à ces festivités, si divers signes de singularité ne venaient planer sur ces 49 ans…

 

 

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans de notre indépendance se caractérisent par diverses singularités que nous voudrions épingler comme des niches d'opportunités pleines de symboles, à la fois politique, historique et même personnelle…. 

 

« Politique » car à la faveur d'un nouveau déploiement diplomatique, la République Démocratique du Congo a décidé de concentrer sur Bruxelles ses représentations auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, de l'Union européenne et des ACP.

 

« Politique », parce que nous célébrons cet anniversaire au lendemain des élections européennes riches en leçons. Les résultats de ces élections s'imposent d'une manière nette comme une interpellation de notre conscience quant à notre responsabilité collective devant les menaces qui pèsent sur la planète.

 

Ces résultats soulignent donc la nécessité de l'intensification des efforts de chaque nation dans la mise en œuvre d'une gestion globale plus responsable de notre planète. Ils démontrent que également le dynamisme de la démocratie au sein de l'Union Européenne, ainsi que le caractère irréversible de l'intégration européenne. 

 

En évoquant les dernières élections européennes, comment ne pas épingler la participation significative des ressortissants européens d'origine congolaise, surtout en Belgique ? Ce phénomène, que nous espérons croissant et durable, a été salué en Afrique comme une belle démonstration de démocratie et d'intégration.

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans interviennent au lendemain de la redynamisation de nos relations avec le Royaume de Belgique, après des moments délicats inhérents à toute relation impliquant deux Etats souverains.

 

C'est le lieu et le moment de saluer la lucidité et le courage de deux gouvernements, belge et congolais, qui, après une analyse de la situation, ont signé une Déclaration Commune afin de donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale qui tient, chacun de nous ici le sait, d'une histoire riche et longue.

 

Nous saluons ce courage politique, qui a permis, in fine, d'instaurer un cadre propice à un dialogue permanent, franc, ouvert, constructif, et respectueux des institutions démocratiques et légitimes du Royaume de Belgique et de la République Démocratique du Congo.

 

Pour nous, nulle ombre d'un doute : la Belgique demeure un partenaire de premier plan pour la République Démocratique du Congo. Que ces 49 ans soient donc l'occasion de chanter l'amitié belgo-congolaise !

 

C'est aussi l'occasion de rappeler l'excellence de nos rapports avec le Royaume des Pays Bas. Il y a lieu de saluer l'évolution heureuse de notre coopération qui place le Royaume des Pays Bas dans le peloton de tête de notre partenariat au développement. Quant au Grand-Duché de Luxembourg, qu'il nous soit permis d'honorer la qualité de nos échanges et la sérénité qui caractérise nos relations diplomatiques.

De la même façon, nous nous tournons vers nos partenaires des ACP, avec lesquels nous partageons un défi majeur : comment sortir de la crise dans un contexte de mondialisation accrue ? Nous souhaitons vivement voir nos Etats cheminer vers une intégration économique, tout en évitant ses effets néfastes.

 

Mais, au delà de ces excellents rapports officiels avec nos partenaires européens, nous voulons, avec force, saluer de nombreuses initiatives menées, sur le terrain, par des Organisations Non Gouvernementales, dans divers secteurs. Il en est de même des structures qui brassent les intelligences belges et congolaises, évoluant en parallèle avec la diplomatie formelle, à l'instar des « amitiés belgo-congolaises ».

 

Toutes ces actions permettent de jeter des passerelles vers la mise en œuvre et la conduite des projets communs, dans des domaines aussi variés que la santé, le soutien aux petites et moyennes entreprises, le jumelage des villes, les rencontres culturelles et sportives, la coopération universitaire, etc.

 

Mesdames, Messieurs, distingués invités,

 

Parmi d'autres raisons qui fondent la singularité de ces 49 ans, il nous faudrait épingler une dimension historique. Ces 49 ans font penser naturellement à une célébration à forte signification historique : les 50 ans, qui pointent déjà à l'horizon…. Oui, aujourd'hui annonce déjà demain…. Nous voulons dire que ces 49 ans ouvrent la porte au Cinquantenaire de notre indépendance, que nous célébrerons l'année prochaine, année que nous souhaitons être l'année du Congo en Belgique.

 

C'est l'occasion pour nous de noter que nous sommes, en ce moment même, en pleine phase de réflexion d'un vaste programme d'animation culturelle original qui va se concrétiser par le projet d'érection d'un périmètre d'échanges. Ce programme permettra de mettre en exergue les richesses incommensurables de notre diversité culturelle.

 

Le Cinquantenaire sera évidemment une occasion de méditation, sur notre pays, sur nous-mêmes, sur notre destin collectif. Méditation, mais aussi un exercice d'autocritique, sans complaisance. Loin de nous lamenter, il nous faudra affronter la réalité avec pragmatisme.

 

Distingués invités,

 

Aujourd'hui, après des décennies d'une crise multiforme profonde, notre pays se relève peu à peu. Il est certain que la République Démocratique du Congo va mieux. Cela est une évidence, à la lumière des paramètres et indicateurs objectifs.

 

En effet, après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national à travers la vision du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange formalisée sous le concept « Cinq Chantiers », qui visent, comme on le sait, la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication ; l'éducation ; la santé ; l'eau et l'électricité ; l'emploi.

 

Des routes de disserte agricole sont en train d'être réhabilitées, à travers le pays. Les grandes artères de principales villes du pays sont en train d'être reconstruites, et des travaux sont amorcés dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Il faut relever également les avancées enregistrées dans l'amélioration de nos rapports avec nos voisins, à la suite de l'enclenchement de la procédure d'échange d'ambassadeurs, avec le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.

 

Des efforts de bonne gouvernance sont probants, avec notamment la mise sur pied par le gouvernement d'une commission « mains propres ». Et plus largement, la lutte contre l'impunité a pris son envol. En guise d'exemple, dans le domaine des violences faites aux femmes, une nouvelle législation a permis à la justice congolaise de mettre hors d'état de nuire plusieurs justiciables, civils et militaires. Dans ce domaine, il est clair que beaucoup reste à faire.

 

Le processus électoral va bientôt atteindre la base de la pyramide institutionnelle avec les prochaines élections municipales et locales. D'ores et déjà, la mise à jour du fichier électoral a commencé sous la responsabilité de la Commission Electorale Indépendante, gage de crédibilité des résultats issus des urnes.

 

On peut également souligner l'assainissement du cadre macro-économique et la création des conditions favorables aux investissements. Quelques statistiques corroborent la reprise. La croissance économique a été, en moyenne, supérieure à 6 %, au cours de six dernières années. Les investissements, quant à eux, ont augmenté de plus de 186 %, de 2000 à 2008. Ceci prouve à suffisance qu'il y a eu une amélioration du climat des affaires. Les réformes structurelles et institutionnelles sont engagées dans tous les secteurs depuis quelques années. Nous voulons rendre ici un hommage mérité à nos partenaires et pays amis qui continuent de croire en notre pays en nous accompagnant dans ce processus.

 

La République Démocratique du Congo demeure un vaste réservoir des ressources écologiques et un vivier de plusieurs espèces sylvicoles, animales et halieutiques, biotopes des espèces rares dont certaines sont menacées de disparition. A ce titre, notre pays est sensible aux nouveaux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la désertification, à la défense de la bio-diversité, les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo entend ainsi mettre à profit les activités pérennes respectueuses de l'environnement et participer à la promotion d'une économie verte avec l'exploitation du site d'Inga III et, plus tard, du Grand Inga. Avec une capacité énergétique de 40 000 Mega Watts, le Grand Inga pourra fournir de l'énergie verte à toute l`Afrique.

 

Pour toutes ces raisons, la République Démocratique du Congo est partenaire naturel et incontournable dans cette lutte, et, à ce titre, elle fera entendre sa voix dans toutes les initiatives visant à la meilleure gestion de l'écosystème, pour un développement durable.

 

Excellences,

Messieurs

Distingués invités

Chers compatriotes

 

La troisième raison qui fonde la singularité de ces 49 ans est assez personnelle. C'est, en effet, notre première célébration solennelle, en tant qu'ambassadeur de la République Démocratique du Congo auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand Duché de Luxembourg, de l'Union Européenne et des ACP.

 

Nous sommes donc conscient de la lourde responsabilité que la République Démocratique du Congo a bien voulu nous confier… Nous mettrons toutes nos forces et toutes nos énergies pour mériter cette confiance si précieuse, et être à la hauteur des enjeux liés à notre fonction.

 

Nous comptons naturellement sur l'ensemble du personnel de l'ambassade, que nous remercions pour l'accueil chaleureux qui a nous été réservé. Nous aurons besoin de tous les Congolais, de souche et d'adoption, ainsi que de tous les amis du Congo. Notre nomination est, en effet, à la croisée de divers défis qui tiennent non seulement des enjeux de la ré-dynamisation de notre coopération avec la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg et l'Union européenne, mais aussi de la nécessité de redéfinir un nouveau paradigme de notre pratique diplomatique, dans le droit fil de la philosophie des « Cinq chantiers » pour la reconstruction du Congo.

 

Les nouvelles lignes philosophiques de notre diplomatie ont été tracées par le Président de la République. Il les a formalisées sous le concept fructueux de « diplomatie de développement ». Soucieux d'un monde plus juste, d'un système d'échanges équitable, le Congo, pays épris de paix, veut développer un système de coopération allant dans le sens de la concorde entre les peuples, pour un partage juste des richesses, pour la sauvegarde de l'environnement face aux nouvelles menaces planétaires.

 

Cette approche de la coopération permettra aux Etats de mieux faire face à la crise économique actuelle qui nécessite une approche systémique des rapports entre eux. En effet, les Etats n'évoluent plus en vases clos ni de façon autarcique. Aux problèmes globaux, il ne peut y avoir que des solutions globales. Les Etats sont « interreliés », ils sont inextricablement partenaires dans la construction d'un futur commun.

 

En guise d'illustration, on remarquera que la crise actuelle accable tous les pays, même si les effets ne sont pas uniformes et d'intensité égale. En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, les facteurs, à l'origine du ralentissement économique actuel, sont facilement identifiables. La chute des cours des produits exportés fixés sur les marchés internationaux, la baisse de la demande d'exportations par les pays développés, ont entraîné une contraction de l'activité économique, des pertes d'emploi, l'amenuisement des réserves de change, des recettes budgétaires et fiscales.

 

Il est donc évident que les pays d'Afrique devraient être davantage impliqués dans la recherche des voies de sortie. Notre souhait est que les éventuelles régulations de l'économie internationale réservent plus d'attention pour l'Afrique. Car, c'est ensemble que nous relèverons les défis de la reprise économique à travers le monde. Aussi, la crise actuelle, qui fut précédée d'une crise énergétique et alimentaire, devrait constituer une opportunité pour moins de conditionnalités dans l'octroi de l'aide internationale.

 

La République Démocratique du Congo en appelle ainsi à la sagesse des décideurs internationaux afin que des initiatives courageuses soient prises en rapport avec l'allégement du fardeau de la dette extérieure, de la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde de la paix et de la sécurité, gage d'une démocratie apaisée et un d'un développement harmonieux.

 

Nous voulons, à travers la « diplomatie de développement », mieux faire entendre la voix et les intérêts du Congo, améliorer notre participation à la conduite des affaires du monde, dans l'intérêt bien compris de toutes les nations au sein de la communauté internationale, notre famille naturelle.

 

 

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

 

Mais cette « diplomatie de développement » ne serait qu'un vain concept si, déjà, nous Congolais, entre sœurs et frères, n'arrivons pas à créer entre nous un climat minimal de fraternité et de confiance mutuelle.

 

L'avenir du Congo dépend de tous les Congolais. Vous, frères et sœurs congolais de l'étranger, avec la richesse de vos expériences humaines, de vos parcours professionnels, vous constituez, à coup sûr, un vivier inépuisable de talents et d'opportunités en expertise pour notre pays.

 

Malgré nos divergences politiques, sachons que nous sommes d'abord Congolais. De ce lien fort, découle un destin commun que nulle polémique ne pourra jamais rompre. Notre responsabilité est de créer, au sein et autour de l'ambassade, un climat propice à la solidarité et à la confiance mutuelle.

  

Dans cet état d'esprit, nous sommes ouverts à vos suggestions pour qu'ensemble nous puissions cimenter davantage ces liens et assumer ensemble la défense des intérêts vitaux de la République Démocratique du Congo, notre chère patrie.

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

Chers compatriotes

 

Puissions-nous joindre nos efforts pour l'avènement d'un monde meilleur, d'une Afrique prospère et d'un Congo en paix et procureur de paix.

 

 

Vive le 30 Juin,

Vive la République Démocratique du Congo,

Puisse Dieu bénir le Congo.

Nous vous remercions ! 

 

 

mardi 30 juin 2009, a 23:53
Discours de l'Ambassadeur Mova (le 30 juin 2009 à Bruxelles
 

 

49 ans de l'indépendance

de la République Démocratique du Congo

 

Discours de Son Excellence,

 Monsieur l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles, Henri MOVA Sakanyi,

 

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République Démocratique du Congo, près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l'Union européenne et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

                                             Chers compatriotes

 

Permettez-nous, en ce jour de célébration de l'anniversaire de l'indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, de commencer par vous souhaiter la bienvenue dans ce cadre que nous espérons convivial, pour fêter cet événement de grande portée historique.

 

Cette nouvelle célébration de l'indépendance de notre pays risquait, cependant, comme tant d'autres célébrations dans le passé, d'être emportée dans le long fleuve monotone de solennités inhérentes à ces festivités, si divers signes de singularité ne venaient planer sur ces 49 ans…

 

 

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans de notre indépendance se caractérisent par diverses singularités que nous voudrions épingler comme des niches d'opportunités pleines de symboles, à la fois politique, historique et même personnelle…. 

 

« Politique » car à la faveur d'un nouveau déploiement diplomatique, la République Démocratique du Congo a décidé de concentrer sur Bruxelles ses représentations auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, de l'Union européenne et des ACP.

 

« Politique », parce que nous célébrons cet anniversaire au lendemain des élections européennes riches en leçons. Les résultats de ces élections s'imposent d'une manière nette comme une interpellation de notre conscience quant à notre responsabilité collective devant les menaces qui pèsent sur la planète.

 

Ces résultats soulignent donc la nécessité de l'intensification des efforts de chaque nation dans la mise en œuvre d'une gestion globale plus responsable de notre planète. Ils démontrent que également le dynamisme de la démocratie au sein de l'Union Européenne, ainsi que le caractère irréversible de l'intégration européenne. 

 

En évoquant les dernières élections européennes, comment ne pas épingler la participation significative des ressortissants européens d'origine congolaise, surtout en Belgique ? Ce phénomène, que nous espérons croissant et durable, a été salué en Afrique comme une belle démonstration de démocratie et d'intégration.

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans interviennent au lendemain de la redynamisation de nos relations avec le Royaume de Belgique, après des moments délicats inhérents à toute relation impliquant deux Etats souverains.

 

C'est le lieu et le moment de saluer la lucidité et le courage de deux gouvernements, belge et congolais, qui, après une analyse de la situation, ont signé une Déclaration Commune afin de donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale qui tient, chacun de nous ici le sait, d'une histoire riche et longue.

 

Nous saluons ce courage politique, qui a permis, in fine, d'instaurer un cadre propice à un dialogue permanent, franc, ouvert, constructif, et respectueux des institutions démocratiques et légitimes du Royaume de Belgique et de la République Démocratique du Congo.

 

Pour nous, nulle ombre d'un doute : la Belgique demeure un partenaire de premier plan pour la République Démocratique du Congo. Que ces 49 ans soient donc l'occasion de chanter l'amitié belgo-congolaise !

 

C'est aussi l'occasion de rappeler l'excellence de nos rapports avec le Royaume des Pays Bas. Il y a lieu de saluer l'évolution heureuse de notre coopération qui place le Royaume des Pays Bas dans le peloton de tête de notre partenariat au développement. Quant au Grand-Duché de Luxembourg, qu'il nous soit permis d'honorer la qualité de nos échanges et la sérénité qui caractérise nos relations diplomatiques.

De la même façon, nous nous tournons vers nos partenaires des ACP, avec lesquels nous partageons un défi majeur : comment sortir de la crise dans un contexte de mondialisation accrue ? Nous souhaitons vivement voir nos Etats cheminer vers une intégration économique, tout en évitant ses effets néfastes.

 

Mais, au delà de ces excellents rapports officiels avec nos partenaires européens, nous voulons, avec force, saluer de nombreuses initiatives menées, sur le terrain, par des Organisations Non Gouvernementales, dans divers secteurs. Il en est de même des structures qui brassent les intelligences belges et congolaises, évoluant en parallèle avec la diplomatie formelle, à l'instar des « amitiés belgo-congolaises ».

 

Toutes ces actions permettent de jeter des passerelles vers la mise en œuvre et la conduite des projets communs, dans des domaines aussi variés que la santé, le soutien aux petites et moyennes entreprises, le jumelage des villes, les rencontres culturelles et sportives, la coopération universitaire, etc.

 

Mesdames, Messieurs, distingués invités,

 

Parmi d'autres raisons qui fondent la singularité de ces 49 ans, il nous faudrait épingler une dimension historique. Ces 49 ans font penser naturellement à une célébration à forte signification historique : les 50 ans, qui pointent déjà à l'horizon…. Oui, aujourd'hui annonce déjà demain…. Nous voulons dire que ces 49 ans ouvrent la porte au Cinquantenaire de notre indépendance, que nous célébrerons l'année prochaine, année que nous souhaitons être l'année du Congo en Belgique.

 

C'est l'occasion pour nous de noter que nous sommes, en ce moment même, en pleine phase de réflexion d'un vaste programme d'animation culturelle original qui va se concrétiser par le projet d'érection d'un périmètre d'échanges. Ce programme permettra de mettre en exergue les richesses incommensurables de notre diversité culturelle.

 

Le Cinquantenaire sera évidemment une occasion de méditation, sur notre pays, sur nous-mêmes, sur notre destin collectif. Méditation, mais aussi un exercice d'autocritique, sans complaisance. Loin de nous lamenter, il nous faudra affronter la réalité avec pragmatisme.

 

Distingués invités,

 

Aujourd'hui, après des décennies d'une crise multiforme profonde, notre pays se relève peu à peu. Il est certain que la République Démocratique du Congo va mieux. Cela est une évidence, à la lumière des paramètres et indicateurs objectifs.

 

En effet, après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national à travers la vision du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange formalisée sous le concept « Cinq Chantiers », qui visent, comme on le sait, la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication ; l'éducation ; la santé ; l'eau et l'électricité ; l'emploi.

 

Des routes de disserte agricole sont en train d'être réhabilitées, à travers le pays. Les grandes artères de principales villes du pays sont en train d'être reconstruites, et des travaux sont amorcés dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Il faut relever également les avancées enregistrées dans l'amélioration de nos rapports avec nos voisins, à la suite de l'enclenchement de la procédure d'échange d'ambassadeurs, avec le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.

 

Des efforts de bonne gouvernance sont probants, avec notamment la mise sur pied par le gouvernement d'une commission « mains propres ». Et plus largement, la lutte contre l'impunité a pris son envol. En guise d'exemple, dans le domaine des violences faites aux femmes, une nouvelle législation a permis à la justice congolaise de mettre hors d'état de nuire plusieurs justiciables, civils et militaires. Dans ce domaine, il est clair que beaucoup reste à faire.

 

Le processus électoral va bientôt atteindre la base de la pyramide institutionnelle avec les prochaines élections municipales et locales. D'ores et déjà, la mise à jour du fichier électoral a commencé sous la responsabilité de la Commission Electorale Indépendante, gage de crédibilité des résultats issus des urnes.

 

On peut également souligner l'assainissement du cadre macro-économique et la création des conditions favorables aux investissements. Quelques statistiques corroborent la reprise. La croissance économique a été, en moyenne, supérieure à 6 %, au cours de six dernières années. Les investissements, quant à eux, ont augmenté de plus de 186 %, de 2000 à 2008. Ceci prouve à suffisance qu'il y a eu une amélioration du climat des affaires. Les réformes structurelles et institutionnelles sont engagées dans tous les secteurs depuis quelques années. Nous voulons rendre ici un hommage mérité à nos partenaires et pays amis qui continuent de croire en notre pays en nous accompagnant dans ce processus.

 

La République Démocratique du Congo demeure un vaste réservoir des ressources écologiques et un vivier de plusieurs espèces sylvicoles, animales et halieutiques, biotopes des espèces rares dont certaines sont menacées de disparition. A ce titre, notre pays est sensible aux nouveaux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la désertification, à la défense de la bio-diversité, les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo entend ainsi mettre à profit les activités pérennes respectueuses de l'environnement et participer à la promotion d'une économie verte avec l'exploitation du site d'Inga III et, plus tard, du Grand Inga. Avec une capacité énergétique de 40 000 Mega Watts, le Grand Inga pourra fournir de l'énergie verte à toute l`Afrique.

 

Pour toutes ces raisons, la République Démocratique du Congo est partenaire naturel et incontournable dans cette lutte, et, à ce titre, elle fera entendre sa voix dans toutes les initiatives visant à la meilleure gestion de l'écosystème, pour un développement durable.

 

Excellences,

Messieurs

Distingués invités

Chers compatriotes

 

La troisième raison qui fonde la singularité de ces 49 ans est assez personnelle. C'est, en effet, notre première célébration solennelle, en tant qu'ambassadeur de la République Démocratique du Congo auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand Duché de Luxembourg, de l'Union Européenne et des ACP.

 

Nous sommes donc conscient de la lourde responsabilité que la République Démocratique du Congo a bien voulu nous confier… Nous mettrons toutes nos forces et toutes nos énergies pour mériter cette confiance si précieuse, et être à la hauteur des enjeux liés à notre fonction.

 

Nous comptons naturellement sur l'ensemble du personnel de l'ambassade, que nous remercions pour l'accueil chaleureux qui a nous été réservé. Nous aurons besoin de tous les Congolais, de souche et d'adoption, ainsi que de tous les amis du Congo. Notre nomination est, en effet, à la croisée de divers défis qui tiennent non seulement des enjeux de la ré-dynamisation de notre coopération avec la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg et l'Union européenne, mais aussi de la nécessité de redéfinir un nouveau paradigme de notre pratique diplomatique, dans le droit fil de la philosophie des « Cinq chantiers » pour la reconstruction du Congo.

 

Les nouvelles lignes philosophiques de notre diplomatie ont été tracées par le Président de la République. Il les a formalisées sous le concept fructueux de « diplomatie de développement ». Soucieux d'un monde plus juste, d'un système d'échanges équitable, le Congo, pays épris de paix, veut développer un système de coopération allant dans le sens de la concorde entre les peuples, pour un partage juste des richesses, pour la sauvegarde de l'environnement face aux nouvelles menaces planétaires.

 

Cette approche de la coopération permettra aux Etats de mieux faire face à la crise économique actuelle qui nécessite une approche systémique des rapports entre eux. En effet, les Etats n'évoluent plus en vases clos ni de façon autarcique. Aux problèmes globaux, il ne peut y avoir que des solutions globales. Les Etats sont « interreliés », ils sont inextricablement partenaires dans la construction d'un futur commun.

 

En guise d'illustration, on remarquera que la crise actuelle accable tous les pays, même si les effets ne sont pas uniformes et d'intensité égale. En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, les facteurs, à l'origine du ralentissement économique actuel, sont facilement identifiables. La chute des cours des produits exportés fixés sur les marchés internationaux, la baisse de la demande d'exportations par les pays développés, ont entraîné une contraction de l'activité économique, des pertes d'emploi, l'amenuisement des réserves de change, des recettes budgétaires et fiscales.

 

Il est donc évident que les pays d'Afrique devraient être davantage impliqués dans la recherche des voies de sortie. Notre souhait est que les éventuelles régulations de l'économie internationale réservent plus d'attention pour l'Afrique. Car, c'est ensemble que nous relèverons les défis de la reprise économique à travers le monde. Aussi, la crise actuelle, qui fut précédée d'une crise énergétique et alimentaire, devrait constituer une opportunité pour moins de conditionnalités dans l'octroi de l'aide internationale.

 

La République Démocratique du Congo en appelle ainsi à la sagesse des décideurs internationaux afin que des initiatives courageuses soient prises en rapport avec l'allégement du fardeau de la dette extérieure, de la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde de la paix et de la sécurité, gage d'une démocratie apaisée et un d'un développement harmonieux.

 

Nous voulons, à travers la « diplomatie de développement », mieux faire entendre la voix et les intérêts du Congo, améliorer notre participation à la conduite des affaires du monde, dans l'intérêt bien compris de toutes les nations au sein de la communauté internationale, notre famille naturelle.

 

 

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

 

Mais cette « diplomatie de développement » ne serait qu'un vain concept si, déjà, nous Congolais, entre sœurs et frères, n'arrivons pas à créer entre nous un climat minimal de fraternité et de confiance mutuelle.

 

L'avenir du Congo dépend de tous les Congolais. Vous, frères et sœurs congolais de l'étranger, avec la richesse de vos expériences humaines, de vos parcours professionnels, vous constituez, à coup sûr, un vivier inépuisable de talents et d'opportunités en expertise pour notre pays.

 

Malgré nos divergences politiques, sachons que nous sommes d'abord Congolais. De ce lien fort, découle un destin commun que nulle polémique ne pourra jamais rompre. Notre responsabilité est de créer, au sein et autour de l'ambassade, un climat propice à la solidarité et à la confiance mutuelle.

  

Dans cet état d'esprit, nous sommes ouverts à vos suggestions pour qu'ensemble nous puissions cimenter davantage ces liens et assumer ensemble la défense des intérêts vitaux de la République Démocratique du Congo, notre chère patrie.

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

Chers compatriotes

 

Puissions-nous joindre nos efforts pour l'avènement d'un monde meilleur, d'une Afrique prospère et d'un Congo en paix et procureur de paix.

 

 

Vive le 30 Juin,

Vive la République Démocratique du Congo,

Puisse Dieu bénir le Congo.

Nous vous remercions ! 

 

 

mardi 30 juin 2009, a 23:53
Discours de l'Ambassadeur Mova (le 30 juin 2009 à Bruxelles
 

 

49 ans de l'indépendance

de la République Démocratique du Congo

 

Discours de Son Excellence,

 Monsieur l'Ambassadeur de la République Démocratique du Congo à Bruxelles, Henri MOVA Sakanyi,

 

Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de République Démocratique du Congo, près le Royaume de Belgique, le Royaume des Pays Bas, le Grand-Duché de Luxembourg, l'Union européenne et le Groupe des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

                                             Chers compatriotes

 

Permettez-nous, en ce jour de célébration de l'anniversaire de l'indépendance de notre pays, la République Démocratique du Congo, de commencer par vous souhaiter la bienvenue dans ce cadre que nous espérons convivial, pour fêter cet événement de grande portée historique.

 

Cette nouvelle célébration de l'indépendance de notre pays risquait, cependant, comme tant d'autres célébrations dans le passé, d'être emportée dans le long fleuve monotone de solennités inhérentes à ces festivités, si divers signes de singularité ne venaient planer sur ces 49 ans…

 

 

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans de notre indépendance se caractérisent par diverses singularités que nous voudrions épingler comme des niches d'opportunités pleines de symboles, à la fois politique, historique et même personnelle…. 

 

« Politique » car à la faveur d'un nouveau déploiement diplomatique, la République Démocratique du Congo a décidé de concentrer sur Bruxelles ses représentations auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays Bas, du Grand-Duché de Luxembourg, de l'Union européenne et des ACP.

 

« Politique », parce que nous célébrons cet anniversaire au lendemain des élections européennes riches en leçons. Les résultats de ces élections s'imposent d'une manière nette comme une interpellation de notre conscience quant à notre responsabilité collective devant les menaces qui pèsent sur la planète.

 

Ces résultats soulignent donc la nécessité de l'intensification des efforts de chaque nation dans la mise en œuvre d'une gestion globale plus responsable de notre planète. Ils démontrent que également le dynamisme de la démocratie au sein de l'Union Européenne, ainsi que le caractère irréversible de l'intégration européenne. 

 

En évoquant les dernières élections européennes, comment ne pas épingler la participation significative des ressortissants européens d'origine congolaise, surtout en Belgique ? Ce phénomène, que nous espérons croissant et durable, a été salué en Afrique comme une belle démonstration de démocratie et d'intégration.

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

 

Ces 49 ans interviennent au lendemain de la redynamisation de nos relations avec le Royaume de Belgique, après des moments délicats inhérents à toute relation impliquant deux Etats souverains.

 

C'est le lieu et le moment de saluer la lucidité et le courage de deux gouvernements, belge et congolais, qui, après une analyse de la situation, ont signé une Déclaration Commune afin de donner un nouvel élan à notre coopération bilatérale qui tient, chacun de nous ici le sait, d'une histoire riche et longue.

 

Nous saluons ce courage politique, qui a permis, in fine, d'instaurer un cadre propice à un dialogue permanent, franc, ouvert, constructif, et respectueux des institutions démocratiques et légitimes du Royaume de Belgique et de la République Démocratique du Congo.

 

Pour nous, nulle ombre d'un doute : la Belgique demeure un partenaire de premier plan pour la République Démocratique du Congo. Que ces 49 ans soient donc l'occasion de chanter l'amitié belgo-congolaise !

 

C'est aussi l'occasion de rappeler l'excellence de nos rapports avec le Royaume des Pays Bas. Il y a lieu de saluer l'évolution heureuse de notre coopération qui place le Royaume des Pays Bas dans le peloton de tête de notre partenariat au développement. Quant au Grand-Duché de Luxembourg, qu'il nous soit permis d'honorer la qualité de nos échanges et la sérénité qui caractérise nos relations diplomatiques.

De la même façon, nous nous tournons vers nos partenaires des ACP, avec lesquels nous partageons un défi majeur : comment sortir de la crise dans un contexte de mondialisation accrue ? Nous souhaitons vivement voir nos Etats cheminer vers une intégration économique, tout en évitant ses effets néfastes.

 

Mais, au delà de ces excellents rapports officiels avec nos partenaires européens, nous voulons, avec force, saluer de nombreuses initiatives menées, sur le terrain, par des Organisations Non Gouvernementales, dans divers secteurs. Il en est de même des structures qui brassent les intelligences belges et congolaises, évoluant en parallèle avec la diplomatie formelle, à l'instar des « amitiés belgo-congolaises ».

 

Toutes ces actions permettent de jeter des passerelles vers la mise en œuvre et la conduite des projets communs, dans des domaines aussi variés que la santé, le soutien aux petites et moyennes entreprises, le jumelage des villes, les rencontres culturelles et sportives, la coopération universitaire, etc.

 

Mesdames, Messieurs, distingués invités,

 

Parmi d'autres raisons qui fondent la singularité de ces 49 ans, il nous faudrait épingler une dimension historique. Ces 49 ans font penser naturellement à une célébration à forte signification historique : les 50 ans, qui pointent déjà à l'horizon…. Oui, aujourd'hui annonce déjà demain…. Nous voulons dire que ces 49 ans ouvrent la porte au Cinquantenaire de notre indépendance, que nous célébrerons l'année prochaine, année que nous souhaitons être l'année du Congo en Belgique.

 

C'est l'occasion pour nous de noter que nous sommes, en ce moment même, en pleine phase de réflexion d'un vaste programme d'animation culturelle original qui va se concrétiser par le projet d'érection d'un périmètre d'échanges. Ce programme permettra de mettre en exergue les richesses incommensurables de notre diversité culturelle.

 

Le Cinquantenaire sera évidemment une occasion de méditation, sur notre pays, sur nous-mêmes, sur notre destin collectif. Méditation, mais aussi un exercice d'autocritique, sans complaisance. Loin de nous lamenter, il nous faudra affronter la réalité avec pragmatisme.

 

Distingués invités,

 

Aujourd'hui, après des décennies d'une crise multiforme profonde, notre pays se relève peu à peu. Il est certain que la République Démocratique du Congo va mieux. Cela est une évidence, à la lumière des paramètres et indicateurs objectifs.

 

En effet, après les défis de la réconciliation nationale, de la démocratisation de la vie politique, de la consolidation de la paix avec notamment l'aide de nos partenaires, le gouvernement congolais s'est lancé dans un vaste programme de reconstruction sur l'ensemble du territoire national à travers la vision du Chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange formalisée sous le concept « Cinq Chantiers », qui visent, comme on le sait, la réhabilitation des infrastructures de base, principalement les voies de communication ; l'éducation ; la santé ; l'eau et l'électricité ; l'emploi.

 

Des routes de disserte agricole sont en train d'être réhabilitées, à travers le pays. Les grandes artères de principales villes du pays sont en train d'être reconstruites, et des travaux sont amorcés dans plusieurs secteurs de la vie nationale.

Il faut relever également les avancées enregistrées dans l'amélioration de nos rapports avec nos voisins, à la suite de l'enclenchement de la procédure d'échange d'ambassadeurs, avec le Burundi, le Rwanda et l'Ouganda.

 

Des efforts de bonne gouvernance sont probants, avec notamment la mise sur pied par le gouvernement d'une commission « mains propres ». Et plus largement, la lutte contre l'impunité a pris son envol. En guise d'exemple, dans le domaine des violences faites aux femmes, une nouvelle législation a permis à la justice congolaise de mettre hors d'état de nuire plusieurs justiciables, civils et militaires. Dans ce domaine, il est clair que beaucoup reste à faire.

 

Le processus électoral va bientôt atteindre la base de la pyramide institutionnelle avec les prochaines élections municipales et locales. D'ores et déjà, la mise à jour du fichier électoral a commencé sous la responsabilité de la Commission Electorale Indépendante, gage de crédibilité des résultats issus des urnes.

 

On peut également souligner l'assainissement du cadre macro-économique et la création des conditions favorables aux investissements. Quelques statistiques corroborent la reprise. La croissance économique a été, en moyenne, supérieure à 6 %, au cours de six dernières années. Les investissements, quant à eux, ont augmenté de plus de 186 %, de 2000 à 2008. Ceci prouve à suffisance qu'il y a eu une amélioration du climat des affaires. Les réformes structurelles et institutionnelles sont engagées dans tous les secteurs depuis quelques années. Nous voulons rendre ici un hommage mérité à nos partenaires et pays amis qui continuent de croire en notre pays en nous accompagnant dans ce processus.

 

La République Démocratique du Congo demeure un vaste réservoir des ressources écologiques et un vivier de plusieurs espèces sylvicoles, animales et halieutiques, biotopes des espèces rares dont certaines sont menacées de disparition. A ce titre, notre pays est sensible aux nouveaux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, à la désertification, à la défense de la bio-diversité, les émissions de gaz à effet de serre.

 

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo entend ainsi mettre à profit les activités pérennes respectueuses de l'environnement et participer à la promotion d'une économie verte avec l'exploitation du site d'Inga III et, plus tard, du Grand Inga. Avec une capacité énergétique de 40 000 Mega Watts, le Grand Inga pourra fournir de l'énergie verte à toute l`Afrique.

 

Pour toutes ces raisons, la République Démocratique du Congo est partenaire naturel et incontournable dans cette lutte, et, à ce titre, elle fera entendre sa voix dans toutes les initiatives visant à la meilleure gestion de l'écosystème, pour un développement durable.

 

Excellences,

Messieurs

Distingués invités

Chers compatriotes

 

La troisième raison qui fonde la singularité de ces 49 ans est assez personnelle. C'est, en effet, notre première célébration solennelle, en tant qu'ambassadeur de la République Démocratique du Congo auprès du Royaume de Belgique, du Royaume des Pays-Bas, du Grand Duché de Luxembourg, de l'Union Européenne et des ACP.

 

Nous sommes donc conscient de la lourde responsabilité que la République Démocratique du Congo a bien voulu nous confier… Nous mettrons toutes nos forces et toutes nos énergies pour mériter cette confiance si précieuse, et être à la hauteur des enjeux liés à notre fonction.

 

Nous comptons naturellement sur l'ensemble du personnel de l'ambassade, que nous remercions pour l'accueil chaleureux qui a nous été réservé. Nous aurons besoin de tous les Congolais, de souche et d'adoption, ainsi que de tous les amis du Congo. Notre nomination est, en effet, à la croisée de divers défis qui tiennent non seulement des enjeux de la ré-dynamisation de notre coopération avec la Belgique, les Pays Bas, le Luxembourg et l'Union européenne, mais aussi de la nécessité de redéfinir un nouveau paradigme de notre pratique diplomatique, dans le droit fil de la philosophie des « Cinq chantiers » pour la reconstruction du Congo.

 

Les nouvelles lignes philosophiques de notre diplomatie ont été tracées par le Président de la République. Il les a formalisées sous le concept fructueux de « diplomatie de développement ». Soucieux d'un monde plus juste, d'un système d'échanges équitable, le Congo, pays épris de paix, veut développer un système de coopération allant dans le sens de la concorde entre les peuples, pour un partage juste des richesses, pour la sauvegarde de l'environnement face aux nouvelles menaces planétaires.

 

Cette approche de la coopération permettra aux Etats de mieux faire face à la crise économique actuelle qui nécessite une approche systémique des rapports entre eux. En effet, les Etats n'évoluent plus en vases clos ni de façon autarcique. Aux problèmes globaux, il ne peut y avoir que des solutions globales. Les Etats sont « interreliés », ils sont inextricablement partenaires dans la construction d'un futur commun.

 

En guise d'illustration, on remarquera que la crise actuelle accable tous les pays, même si les effets ne sont pas uniformes et d'intensité égale. En ce qui concerne la République Démocratique du Congo, les facteurs, à l'origine du ralentissement économique actuel, sont facilement identifiables. La chute des cours des produits exportés fixés sur les marchés internationaux, la baisse de la demande d'exportations par les pays développés, ont entraîné une contraction de l'activité économique, des pertes d'emploi, l'amenuisement des réserves de change, des recettes budgétaires et fiscales.

 

Il est donc évident que les pays d'Afrique devraient être davantage impliqués dans la recherche des voies de sortie. Notre souhait est que les éventuelles régulations de l'économie internationale réservent plus d'attention pour l'Afrique. Car, c'est ensemble que nous relèverons les défis de la reprise économique à travers le monde. Aussi, la crise actuelle, qui fut précédée d'une crise énergétique et alimentaire, devrait constituer une opportunité pour moins de conditionnalités dans l'octroi de l'aide internationale.

 

La République Démocratique du Congo en appelle ainsi à la sagesse des décideurs internationaux afin que des initiatives courageuses soient prises en rapport avec l'allégement du fardeau de la dette extérieure, de la lutte contre la pauvreté, la sauvegarde de la paix et de la sécurité, gage d'une démocratie apaisée et un d'un développement harmonieux.

 

Nous voulons, à travers la « diplomatie de développement », mieux faire entendre la voix et les intérêts du Congo, améliorer notre participation à la conduite des affaires du monde, dans l'intérêt bien compris de toutes les nations au sein de la communauté internationale, notre famille naturelle.

 

 

Mesdames, Messieurs, chers compatriotes,

 

Mais cette « diplomatie de développement » ne serait qu'un vain concept si, déjà, nous Congolais, entre sœurs et frères, n'arrivons pas à créer entre nous un climat minimal de fraternité et de confiance mutuelle.

 

L'avenir du Congo dépend de tous les Congolais. Vous, frères et sœurs congolais de l'étranger, avec la richesse de vos expériences humaines, de vos parcours professionnels, vous constituez, à coup sûr, un vivier inépuisable de talents et d'opportunités en expertise pour notre pays.

 

Malgré nos divergences politiques, sachons que nous sommes d'abord Congolais. De ce lien fort, découle un destin commun que nulle polémique ne pourra jamais rompre. Notre responsabilité est de créer, au sein et autour de l'ambassade, un climat propice à la solidarité et à la confiance mutuelle.

  

Dans cet état d'esprit, nous sommes ouverts à vos suggestions pour qu'ensemble nous puissions cimenter davantage ces liens et assumer ensemble la défense des intérêts vitaux de la République Démocratique du Congo, notre chère patrie.

 

Excellences,

Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs,

Distingués invités

Chers compatriotes

 

Puissions-nous joindre nos efforts pour l'avènement d'un monde meilleur, d'une Afrique prospère et d'un Congo en paix et procureur de paix.

 

 

Vive le 30 Juin,

Vive la République Démocratique du Congo,

Puisse Dieu bénir le Congo.

Nous vous remercions ! 

 

 

dimanche 28 juin 2009, a 17:07
Le Président Kabila renforce les capacités des gouvernants
 

 

La rétrocession des 40 % aux provinces, une initiative précipitée, voire politicienne et électoraliste ? Tant qu'elle n'est pas résolue, elle risque de faire poser de sérieuses hypothèques sur la Caisse Nationale de Péréquation…

 

 

            Présidée de bout en bout par le chef de l'Etat, la première session de la Conférence des Gouverneurs de Province (CGP) tenue du 24 au 25 juin 2009 à Kisangani a vécu. Témoignage : la photo de famille prise en deux temps, précisément à 20h14 et 20h15.

            Fait notable : la cérémonie de clôture, intervenue le jeudi 25, s'est déroulée dans la même atmosphère que celle d'ouverture, c'est-à-dire sans faste protocolaire, car ni mot de circonstance traditionnel, ni honneurs militaires spartiates, ni réception avec champagne et saumon.

            Le Président de la République a misé sur le temps et sur l'efficacité. Résultat : il permet pratiquement à chaque gouverneur de connaître les réalités du Congo profond. Le Congo réel, dirait l'autre.

            Effectivement, au sortir de cette session inaugurale, on peut dire de Moïse Katumbi du Katanga qu'il en connaît, désormais, un peu plus qu'il ne le savait jusque-là sur le Bandundu de Richard Ndambu, Simon Mbatshi du Bas-Congo davantage sur l'Equateur de Jean-Claude Baende, Alphonse Kasanji du Kasaï Oriental un peu mieux sur le Maniema de Didier Manara, André Kimbuta en sait maintenant plus que par le passé sur la problématique du Nord-Kivu de Julien Paluku, Trésor Kapuku du Kasaï Occidental sur la problématique du Sud Kivu de Léonce Chirmwami Muderhwa tandis que Médard Autsai, maître des céans, n'ignore plus rien des réalités du Katanga de Moïse Katumbi et vice-versa.

            De même, Joseph Kabila permet au Premier ministre Adolphe Muzito et, au travers des ministres présents, à l'ensemble du Gouvernement central, de disposer de la « photographie » exacte du pays. Au nombre de ces ministres : Célestin Mbuyu de l'Intérieur et Sécurité, Charles Mwando Nsimba de la Défense , Athanase Matenda des Finances, Michel Lokola du Budget et Antipas Mbusa de la Décentralisation. Les quatre derniers y ont participé en tant qu'invités.

            Ne faisant jamais les choses à moitié, le chef de l'Etat a fait bénéficier des mêmes connaissances son propre cabinet, conduit par Mme Louise Mayuma Kasende, directeur de cabinet adjoint, accompagnée des conseillers principaux Léonard Ngoy Lulu pour le Collège politique et diplomatique et Néhémie Wilondja pour le Collège juridique.

            Pour reprendre l'expression aujourd'hui à la mode, il vient de contribuer, par la CGP interposée, au renforcement des capacités de l'Exécutif national et des Exécutifs provinciaux ; de quoi de redonner du tonus au Secrétariat national pour le renforcement des capacités – Senarec en sigle – dont c'est justement la mission.

 

Options levées

 

            Maintenant qu'est fait à mi-parcours de la législature 2006-2011 un Etat de la Nation complet – dans la mesure où les rapports des gouverneurs s'ajoutent à ceux des délégations parlementaires reçues en audience en octobre 2008 par le Président de la République au Palais de la Nation – il va falloir passer à l'application des options levées.

            Celles-ci, selon le compte rendu lu par le ministre de l'Intérieur en présence de tous les gouverneurs de province, sont réparties en trois plans.

            Le plan politique, administratif, culturel, sécuritaire et judiciaire comprend « le renforcement de l'Autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national, l'accélération de la mise en œuvre de la Décentralisation  » (ndlr : le Senarec y est amplement impliqué), « la suppression des barrières et de toutes les formes de tracasseries sur les voies de communication, la lutte contre l'impunité » et tout ce qui s'y ressemble (notamment la corruption, les viols et les violences faits à la femme, à la fille et à l'enfant, cas, par exemple - ndlr – de la dissipation des fonds, destinés aux journalistes ayant couvert les travaux de la CGP , évoqués publiquement par le conseiller en communication du ministre de l'Intérieur mais disparus au moment de l'exécution), « l'instauration de la justice de proximité, l'organisation régulière de l'itinérance des gouverneurs, le maintien de bons rapports entre les gouverneurs et leurs collaborateurs », mais aussi « entre les gouvernements provinciaux et les assemblées provinciales ». Il est également levé l'option d'une réunion inter-institutionnelle pour d'autres questions reconnues comme « préoccupantes ».

            Le plan social, économique et financier comprend l'institution d'un « Ordre de paiement permanent auprès des succursales de la Banque Centrale du Congo pour les dotations au profit des provinces » (ndlr : de sorte que les gouvernements provinciaux cessent de courir après le Trésor public à Kinshasa pour rentrer en possession des fonds rétrocédés), « l'accompagnement des provinces dans la mobilisation des recettes publiques » générées par les régies financières (de façon que les gouvernements provinciaux soutiennent directement la Dgi , l'Ofida, la Dgrad etc. dans la collecte des impôts et taxes revenant à l'Etat) et la « concertation permanente entre le Gouvernement central et les Gouvernements provinciaux dans la gestion du Budget d'Investissement » ( de manière que l'administration provinciale s'implique réellement dans le choix et dans le financement des travaux publics à impact visible sur terrain).

            La reconstruction et le développement forment le dernier plan. Il est levé, ici, l'option de la « réaffirmation de l'implication de tous dans la réalisation des « 5 Chantiers » (d'où la nécessité d'un consensus national à préconiser pour l'Année du Cinquantenaire débutant le 1er juillet 2009 pour s'achever le 30 juin 2010), le « démarrage du programme de réhabilitation des routes de desserte agricoles » avec l'organisation du cantonnage manuel (45 mille kilomètres sont prévus à cet effet) et la « réhabilitation suivie de la relance des unités de production agropastorales et  industrielles ».

            Au regard de ce qui précède, on dire que par la CGP , Joseph Kabila esquisse son principal chantier pour le reste de cette législature. La première évaluation est prévue en décembre prochain avec la deuxième session devant se tenir à Mbandaka.

 

Rétrocession et Péréquation

 

            Des assises de Kisangani, il est essentiellement retenu la difficulté – réelle alors – de l'application de l'article 175 de la Constitution fixant à 40 % la « part des recettes à caractère national allouées aux provinces » et sa rétention à la source. Cette disposition constitutionnelle est connue sous le vocable « rétrocession des 40 % aux provinces ».

            A en croire le ministre Célestin Mbuyu de l'Intérieur, il n'y a jamais eu bras de fer entre Pouvoir central et Pouvoirs provinciaux en la matière, mais plutôt déficit de communication, et que celui-ci, à la faveur de la CGP , est désormais comblé.

            A dire vrai, l'article 175 a tout d'une initiative précipitée, voire politicienne et électoraliste, car son application soulève de nombreuses questions auxquelles le Parlement sortant n'avait pas donné les réponses pratiques. On ne peut en douter, à la lumière des épreuves auxquelles son exécution est actuellement soumise, tant il est vrai qu'au moment de la mise en pratique, on réalise qu'il est injuste, pour les douanes par exemple, de faire jouir à des provinces frontalières des taxes qui ne leur reviennent pas !

On constate, d'ailleurs, qu'aucun député, aucun sénateur – parmi ceux qui s'en font les défenseurs acharnés – n'ose faire une proposition de loi pour sa matérialisation.

            Conséquence : même l'article 181 instituant la Caisse nationale de péréquation (Cnp) voit son application hypothéquée. Pour rappel, la Cnp a pour but de « financer des projets et programmes d'investissement public, en vue d'assurer la solidarité nationale et de corriger le déséquilibre de développement entre les provinces et entre les autres entités décentralisées ».

            Soulevée par l'auteur au cours du point de presse tenu à l'issue de la CGP , la  question de cette caisse ne pose aucun problème, a estimé le ministre de l'Intérieur qui l'a renvoyée à la législation. Il faut donc attendre la loi.

            Reste cependant à savoir comment résoudrait-on cette question si celle de la rétrocession demeurait pendante.

            On pourrait aller vers une révision, question de ne pas garder dans la Constitution une disposition inapplicable !

            Au rendez-vous de Mbandaka en décembre 2009, cette question pourrait être re-posée.

 

O.N.L

vendredi 26 juin 2009, a 20:30
Sauf Imprévu : Clôture ce soir de la 1ère Conférence des Gouverneurs de Province
 


 

Prévus pour 48 heures, soit du mercredi 24 au jeudi 25 juin 2009, les travaux de la 1ère session de la Conférence des Gouveneurs de province prennent fin ce soir, sauf changement de dernière minute.

Effectivement, selon le programme remis hier à la presse, il est question, pour aujourd'hui, de clôturer ces assises à l'issue de la lecture du compte rendu.

La journée est suffisamment surchargée, car après la reprise des travaux suspendus hier vers 21h40 – heure de Kisangani – il va falloir attaquer le gros morceau avec d'abord la poursuite des travaux en commission, ensuite la tenue de l'assemlée plénière au cours de laquelle se feront la mise en commun des rapports respectifs, l'adoption des avis et suggestions ainsi que l'adoption du budget annuel de la Conférence.

Pour rappel, il a été constitué hier 4 commissions spécialisées dont la Commission Politique, Administration, Sécurité et Justice, la Commission Economie et Finances, la Commission Reconstruction et Développement et la Commission Sociale et Culturelle.

Pour rappel également, les travaux sont présidés par le chef de l'Etat en personne sur le modèle du Conseil des ministres.

Faute de compte rendu partiel sur la première journée consacrée à la validation des mandats, à l'adoption de l'ordre du jour, à l'adoption du règlement intérieur et à la mise en place du Secrétariat permanent avant la présentation des états des lieux province par province et la constitution des commissions, on ne peut en dire davantage sur les travaux au risque de se livrer à des supputations.

Le black out est total.

A observer cependant la présence des ministres invités, notamment Athanase Matenda (Finances), Michel Lokola (Budget) et Antipas Mbusa (Décentralisation), les supputations font penser que les questions sensibles de la Rétrocession aux provinces des 40 % des recettes budgétaires générées localement, de la Caisse de Péréquation et du nouveau Découpage territorial figurent en bonne place dans l'ordre du jour. Dans le même ordre d'idées, il est fait état de l'invitation qui serait adressée au ministre de la Justice Luzolo Bambi.

Cause profonde de la “mal gouvernane”


La question que bien des observateurs se posent est de savoir comment et pourquoi les autorités nationales ont attendu 49 ans pour convoquer la Conférence des gouverneurs de province alors que toutes les Constitutions de la République depuis le 30 juin 1960 instituent cette plateforme !

Laurent-Désiré Kabila et Joseph Kabila ont droit à l'excuse. Le contexte politique dans lequel ils ont successivement évolué - le premier entre mai 1997 et janvier 2001; le second entre janvier 2001 et déembre 2006 – ne pouvait leur permettre cet exercice. Peut aussi être excusé Joseph Kasa-Vubu; la 1ère République ayant été malmanée par la politique politcienne.

Des quatre chefs d'Etat à s'être succédé à la tête du pays, seul Moutu Sese Seko a évolué dans un contexte favorable, principalement entre 1965 et 1990. En effet, il a bénéficié de la Pax americana garantie par la Guerre froide, il a été à la tête d'un puissant Parti-Etat, le Mpr (présent dans tous les coins et recoins du pays) et il n'a pas fait face à la contestation politique classique propre à tout régime démocratique.

Donc, il a été en mesure de tenir ne serait-ce qu'une dizaine de sessions de ces assises.

Il s'en est passé, et on peut comprendre la cause première de la “ mal gouvernance ” qui s'en est suivie et dont les Consultations populaires ont relevé l'ampleur début 1990. Résultat : plongé dans une longue transition de 16 ans, le pays peine, aujourd'hui, à s'en sortir.


Kabila prend les choses en mains


La portée de l'institutionnalisation de la Conférence des Gouverneurs réside dans la structuration même du Pouvoir central. Celui-ci a pour premier et principal palier le Pouvoir provincial. Le premier est un et unique; le second est par nature multiple, cela aux plans de la composition et de l'animation.

Au plan de la composition, il y a en RDC 11 Pouvoirs provinciaux représentatifs des 11 Provinces actuelles. Avec le nouveau découpage, il faut commencer à envisager la présence des 26 provinces. Au plan de l'animation, les Pouvoirs provincaux peuvent être représentatifs de la Majorité (cas de l'Amp/Pprd) ou de la Minorité (cas de l'Un/Mlc).

La seule plateforme où tous ces pouvoirs peuvent se concerter et agir de commun accord est justement la Conférence des Gouverneurs. Ceci d'un. De deux, le Pouvoir central ne peut agir sur un district ou un quartier donné sans impérativement passer par le palier Province, entendez Pouvoir provincial. C'est de cette façon, mais alors de cette façon seulement qu'il peut instaurer et faire respecter l'unité de commandement !

Résultat : les deux Pouvoirs sont obligés d'évoluer ensembele, d'avoir le même corps, de partager le même esprit.

Après tout, constitutionnellement parlant, le Gouvernement central ou le Gouvernement provincial rend compte de sa gestion à l'Assemblée nationale ou à l'Assemblée provinciale, selon le cas. Les députés (nationaux ou provinciaux) ont notamment pour mission de déposer auprès des bureaux de leurs organes respectifs des rapports des vacances parlementaires ou tous autres rapports sur le fonctionnement de leurs circonscriptions électorales.

Comment le Gouvernement central et le Gouvernement provincial seront-ils efficaces dans leur propre fonctionnement s'ils n'ont pas une plateforme de concertation et d'action, celle-là même qui ne peut être que la Conférence des Gouverneurs de province ? Et comment le chef de l'Etat, élu au suffrage universel direct et secret sur base de son projet de société ou de son programme électoral, peut-il influer sur l'action gouvernementale s'il n'a aucune autorité sur cette plateforme ?

En étrennant ces assises – les premières en 49 ans d'Indépendance – le président Kabila donne la preuve de la vision qu'il a pour le Congo. Un Congo qui ne peut se (re)construire qu'à partir des provinces.

A Kisangani, il a décidé de prendre les choses en mains, mais en demeurant dans la légalité constitutionnelle. Et celle-ci lui reconnaît, en plus de la qualité de membre de cette structure aux côtés du Premier ministre, du ministre de l'Intérieur et des gouverneurs de province, celle de président...

Au soir de ce jeudi 25 juin 2009, sauf changement de date, le compte rendu officiel en apporte le témoignage.


ONL

vendredi 26 juin 2009, a 10:40
Jean Pierre Bemba, adieu ou revoir ?
 


Par Le fouineur de la RD Congo
La voix de celui qui essaie de comprendre ...

Depuis le début de cette affaire, il y a eu quelques rebondissements mais rarement à l'avantage de JP Bemba. Aujourd'hui, c'est plutôt une confirmation de son jugement qui est tombée. Ses fans avaient cru un moment à la relaxation pure et simple. C'était sans tenir compte de l'opiniâtreté du Procureur Moreno qui, pour rien au monde, n'aurait voulu perdre la face. Souvenez-vous de ce que disait Emma Bonino au plus fort de la rébellion en RDC.
Force nous est de constater que le parcours du Président du MLC, général autoproclamé durant la rébellion, est jalonné de quelques erreurs stratégiques monumentaux. Indigne d'un homme politique qui se voulait grand. JP Bemba avait tout pour réussir. Il avait les cartes dans ses mains, mais les a mal joué. Le jeu Pique méchant n'est pas le Poker.
Quelques erreurs épinglés au hasard:
-Il a été le premier à légitimer le pouvoir de Jo Kabila en acceptant de devenir son 1er ministre. Alors qu'il était censé être son opposant à Sun-City.
-Il a poussé ses propres copains dans les bras de son adversaire. (Gondha, Kamitatu, ...)
-D'autres l'ont quitté pour des multiples raisons. (Endundo, Olivier Engulu, ...)
-Il n'a pas su (Ou n'a pas voulu) s'allier les poids lourds du Mobutisme. (Mokolo, Seti, feu Kaputo, ...)
-Ses conflits avec ses beaux-frères Nzanga Mobutu et Jean Bamanisa avaient-ils raison d'être? Ceci a plutôt servi ces derniers et l'AMP.
-N'y avait-il vraiment plus d'avion à vendre sur cette terre pour qu'il se sente obligé de racheter celui de Charles Taylor sachant que l'homme était mal barré au niveau international?
-Avez-vous vu les images de son armée clochardisée dormant sous des tôles avec femmes et enfants en plein centre-ville de Kinshasa?
-Peut-on attaquer en plein Kinshasa alors que l'on n'a pas suffisamment des munitions pour tenir un siège?
-Durant le sprint final du 2ème tour des élections, il ne s'est entouré que des gens qui avaient perdu au 1er tour. L'UN est une association des perdants ayant réalisés des scores en dessous de 1% sauf Kashala. Donc, des personnes qui ne lui rapportaient aucun poids électoral. Normal, eux-mêmes n'en avaient pas.
-Sortir de la RDC, même pour une cheville cassée, était une erreur comme les aller-retour vers Bruxelles.
Il aurait pu être un opposant de poids pour Jo Kabila et porte-Parole de l'opposition. Hélas, triple hélas, l'heure est plutôt à essayer de trouver des moyens crédibles pour pouvoir le tirer de ces mauvais draps. Mais lorsque l'on voit comment a fini Milosevic dans le même coin, il est permis de ne pas rêver. Espérons que Charles Taylor ne le citera pas dans ses affaires. Sinon, ce sera le bouquet final.
Bosco Ntanganda a peut-être fait pire que JP Bemba, mais il a trouvé le moyen de se rendre incontournable via le CNDP rénové en lâchant Nkunda (Qui l'avait pourtant recueilli après ses dégâts en Ituri) et surtout en se faisant tout petit médiatiquement. En soi, pour le gouvernement, c'est une politique d'autruche (La tête dans le sable pour ne pas voir les crimes de Bosco !!!).
En fait, foi du fouineur, JP Bemba a facilité la vie de ses adversaires en se mettant lui-même hors-jeu. Notez qu'il a continué à percevoir son salaire de vice-président tout en étant à Faro, cherchez l'erreur.
Attendons qu'il y ait une plainte sur les massacres de Tingi-Tingi, si la CPI est juste avec sa logique, nous verrons qui sera arrêté.

Copyright: http://www.rd- congo.info/ dit le fouineur de la RDC


lundi 22 juin 2009, a 11:19
Le Président Kabila inaugure la Conférence des Gouverneurs de province
 

 

         Concernés par les opérations « Coup de tonnerre » et « Umoja Wetu », montées la première par les Gouvernements congolais et ougandais en vue de la neutralisation de la Lra  ; la seconde par les Gouvernements congolais et rwandais en vue de la neutralisation des Fdlr, la Province Orientale et le Nord-Kivu sont à l'honneur du 24 au 30 juin 2009.

            En effet, leurs chefs-lieux respectifs, à savoir Kisangani et Goma, abritent l'un la Conférence des Gouverneurs, l'autre les festivités du 49ème de l'Indépendance de la RDC.

            Avec la promulgation de l'Ordonnance n°09/043 du 20 juin 2009 portant convocation de la Conférence des Gouverneurs, et ce conformément à l'Ordonnance n°O8/013 du 7 octobre 2008 instituant cette structure, les dates sont désormais connues : 24 et 25 pour Kisangani ; 30 juin pour Goma.

            A ce stade, tout ce qui peut être dit par rapport à ces rendez-vous 'est que le chef de l'Etat a fait un choix de solidarité avec les compatriotes de la Province Orientale et du Kivu frontalier qui ont un puissant besoin d'être rassurés, quand on sait combien les rébellions ougandaise et rwandaise transforment les revendications politiques d'hier en criminalité assumée. (lire article intitulé « Après ‘No Nkunda, no job', voici ‘No Fdlr, no job' !»).

            S'agissant particulièrement des assises de Kisangani, il importe de relever qu'elles font l'objet d'une disposition constitutionnelle. « Il est institué une Conférence des Gouverneurs de province. Elle a pour mission d'émettre des avis et de formuler des suggestions politiques à mener et sur la législation à édicter par la République. La Conférence des Gouverneurs de province est composée, outre les Gouverneurs de province, du Président de la République , du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur. Tout autre membre du Gouvernement peut y être invité. Elle est présidée par le Président de la République. Elle se réunit au moins deux fois par an sur convocation de son Président. Elle se tient à tour de rôle dans chaque province. Une loi organique en détermine les modalités d'organisation et de fonctionnement », lit-on à l'article 200 de la Constitution.

            La loi organique ayant été promulguée en 2008, il restait à passer à l'acte. C'est désormais chose faite avec la tenue de la première Conférence du genre à se tenir en RDC depuis le 30 juin 1960 !

            Avec pour maître des Céans le gouverneur Pprd Médard Autsai, la Province Orientale a une bonne raison de s'estimer honorée étant donné que son chef-lieu, Kisangani, baptisé « Ville Martyr » par Mobutu, rebaptisée « Ville Espoir » par Joseph Kabila, est justement la première entité politico-administrative à l'accueillir.

            Pour l'heure, il est à retenir que la salle de l'Alliance Franco-Congolaise, Afroco en sigle,  va abriter les cérémonies d'ouverture et de clôture pendant que les travaux en commissions se dérouleront au gouvernorat.

 

A chacun son bilan ?

 

            Tenir ces assises, c'est bien. Mais pour quel résultat ?

            La réponse est dans l'alinéa 2 de l'article 200 : émettre des avis et formuler des suggestions politiques sur la marche du pays et sur la législation.

            On notera d'emblée, avec la composition de cette structure, qu'il s'agit d'une affaire strictement gouvernementale, relevant exclusivement de l'Exécutif. En effet, la participation est réservée au Président de la République , au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur et aux Gouverneurs. Toutefois, bon nombre de ministres y sont attendus, conformément à l'incise « Tout autre membre du Gouvernement peut y être invité ». Ils sont attendus à Kisangani dès ce mardi 23 juin.

            Bien des choses sont à formaliser en ce qui concerne les avis et les suggestions. A mi-parcours de la 1ère législature de la IIIème République , il est tout à fait indiqué que le chef de l'Etat se concerte avec les principaux animateurs des provinces. Non pas parce que dans leur  majorité écrasante ces derniers sont Amp (à l'exception du vice-gouverneur Mlc de l'Equateur), mais parce que c'est une obligation constitutionnelle.

            Mais déjà, en tant que Amp, les 10 Gouverneurs de la Province Orientale , du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Maniema, du Katanga, du Kasaï occidental, du Kasaï Oriental, du Bandundu, de Kinshasa et du Bas-Congo sont tenus au devoir du résultat par rapport aux promesses électorales de toute la famille politique.

            Chacun a donc son bilan à présenter.

            Il est cependant évident que ce bilan est d'abord celui du Président Joseph Kabila.

            A en croire une certaine opinion, ils seraient moins nombreux, ceux des gouverneurs qui se sont fait remarquer par la gestion positive de la cité au cours de ces deux dernières années et quelques mois.

            La Conférence n'est toutefois pas un tribunal.

C'est le lieu, par excellence, d'échanges d'expériences et de détermination du travail fait et du travail à faire, tout comme du travail à ne pas faire.

 

54 matières constitutionnelles et autres…

 

            A ce niveau, l'article 203, qui établit la répartition des compétences entre le Pouvoir central et les provinces, fournit un éventail des matières qui appellent effectivement avis et suggestions. Il dispose que « Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, les matières suivantes ont de la compétence concurrente du pouvoir central et des provinces ».

            Au nombre de 25, ces matières portent notamment sur la promotion et la sauvegarde des droits humains et des libertés fondamentales, les droits civils et coutumiers, l'établissement des impôts, la police des étrangers, la protection civile, la réglementation sur les régimes énergétiques, agricoles et forestiers, le trafic routier, l'initiative des projets, programmes et accords de coopération économique, culturelle, scientifique et sociale internationale, la protection des groupes des personnes vulnérables…

            Il y a, en plus, l'article 204 avec ses 29 matières relevant de la compétence exclusive des provinces, au nombre desquelles le plan d'aménagement de la province, la coopération inter-provinciale, les emprunts intérieurs pour les besoins des provinces des recettes budgétaires prévue à l'article 175 et de la Caisse nationale de Péréquation prévue, elle, à l'article 181. Après tout, avant d'être nationales, ces recettes sont d'abord provinciales en ce que celles qui sont générées par les régies financières comme la Dgi , l'Ofida et la Dgrad se perçoivent en provinces avant d'être canalisées vers leurs administrations centrales.

            Il est évident que l'on ne pourra pas aborder les 54 matières de la compétence concurrente Pouvoir central/Provinces ou de la compétence provinciale au risque d'alourdir les travaux et d'en hypothéquer les résultats. L'ordre du jour fixera certainement les points qui seront débattus.

              On n'éludera pas non plus la phase finale du processus électoral 2006 avec les élections urbaines, municipales et locales prévues en 2010 pour les Etd (Entités territoriales décentralisées). 

La révision du fichier électoral et le récent forum sur la Décentralisation tenu à Kinshasa intéresseront sans doute la conférence.

            Il ressort des sources recoupées que c'est au cours des assises de Kisangani que le plan de réhabilitation de l'Est du pays – annoncé lors du conseil des ministres tenu à Goma en mars dernier – sera lui aussi formalisé.

           

Une responsabilité énorme

           

            A propos précisément de la Décentralisation , il importe de noter que la formalisation du passage de 11 à 26 provinces est la première à s'opérer en RDC de façon ordonnée, c'est-à-dire dans un contexte de fonctionnement normal des institutions. On est loin, mais alors loin des 44 « Républiquettes » de la Ière République (1960-1965).

            L'Histoire retiendra finalement que l'application de cette disposition de l'article 2 de la Constitution se fait sous le mandat de Joseph Kabila, appelé d'aller de première en première ! Effectivement, la Conférence des Gouverneurs est une première, le découpage de la RDC en 26 provinces est une première, l'avènement du Cinquantenaire de l'Indépendance est une première (lire article intitulé « Année du Cinquantenaire, Année du Consensus national ? »), le lancement des « 5 Chantiers » sur toute l'étendue du pays est une première, exactement comme l'est sa propre élection au suffrage universel direct et secret, dans un contexte politique pluraliste.

            C'est une responsabilité énorme pour le chef de l'Etat et les « 15 hommes » appelés à former son brain trust.

Déjà, comme pour communier avec l'ensemble du pays, tout ce que le chef-lieu de la Province Orientale dispose comme ressources humaines et matérielles mobilisables est actuellement mis à profit, car la Conférence des Gouverneurs a pour challenge de déterminer tout le reste du programme des « premières Kabila ».

           

ONL

 

mercredi 17 juin 2009, a 14:53
Bemba en appel, Patassé menacé !
 

Le leader du Mouvement de Libération du Congo n'était ni Chef Militaire, ni dispensateur des ordres sur le théâtre d'opérations. Ses troupes avaient été placées, affirme Kilolo Musamba, l'un de ses avocats les plus en vue, sous commandement de la haute hiérarchie militaire dirigée, en son temps, par Ange Félix Patassé, l'ex-Président élu au suffrage universel direct et déchu, plus tard, par François Bozizé, à la suite des affrontements larvés, en République Centrafricaine.

La chambre d'Appel aura, enfin, la primeur des arguments des avocats de Bemba qui se réjouissent, malgré tout, de la décision de la CPI de retenir le strict minimum de crimes, au niveau de la responsabilité . Ce sera un coup de foudre, croit-on. Les faits restant têtus, les avocats promettent de s'en saisir, pour se donner raison, en défendant Bemba, leur client, dont ils clameront l'innocence, jusqu'au bout. Ce n'en était pas fini. L'épisode de la Cour Pénale Internationale boucle une étape mais pas la dernière. Dans leurs manches, les avocats de Bemba disposent encore d'autres manches. Ils promettent d'aller en appel, pour faire valoir des arguments massues. Parallèlement au processus de mise en place d'une chambre de première instance, pour juger Bemba, ils veulent, eux, saisir directement la chambre d'Appel. Leur idée consistera à démontrer que Bemba n'était ni Chef Militaire, ni dispensateur des ordres sur le théâtre d'opérations, lors des affrontements armés entre les troupes fidèles à Ange Félix Patassé, le Président élu au suffrage universel direct, et les rebelles de François Bozizé.

Les avocats qui se réjouissant, en passant, du fait que la Cour Pénale Internationale ait retenu le strict minimum, au niveau du levier de responsabilité . Ceci rend donc discutable la suite. Les faits restant, par ailleurs, têtus, il va de soi qu'ils les qualifient en droit, pour contraindre la chambre d'Appel qui dispose d'un dernier mot, à ordonner, sans atermoiements, la libération de leur client. Même si la Cour a rejeté le reste, les avocats de la défense ne démordent guère lorsqu'ils croient avoir des raisons de faire valoir des arguments en vue de prouver que Bemba n'était ni de près, ni de loin, le Chef militaire de ses éléments dépêchés à Bangui, à la rescousse du pouvoir Patassé, menacé. Hommes et femmes des troupes, armes et munitions, rations et commodités étaient globalement placés sous la direction de la haute hiérarchie militaire centrafricaine laquelle dépendait, elle-même, de Patassé. Les avocats entendent récupérer tous les faits à la décharge de Bemba. L'espoir est encore permis, à les en croire. C'est une question simplement de temps. Au Mlc, Muamba François parle d'un dossier vide, à la CPI. La responsabilité individuelle étant écartée, la justice internationale ferait mieux de libérer Bemba, soutient-on. Où est Patassé ? Félix dit Ange Patassé est aujourd'hui plus que jamais, l'une des pièces à conviction, dans le dossier Bemba.

La suite de la procédure l'implique, à tous les niveaux. Si bien qu'il doit témoigner. L'enjeu est de taille, pour cet ex-Président déchu. C'est lui, le demandeur des troupes. C'est lui qui les avait utilisées, à ses fins. C'est encore lui qui, contre vents et marées, avait résisté contre Bozizé. Patassé est l'élément clé. Il connaît tout. Son tour est arrivé. Pourquoi la CPI le laisse-t-il courir les rues, fumant le calumet de la paix avec son ex-rival, sans la moindre inquiétude ? De plus en plus, des voix condamnent véhément le fait que Bemba soit le seul à payer les frais d'une intervention dont le bénéfice aurait échappé à son contrôle, totalement. La CPI se ressaisira-t- elle ? Dans combien de temps, pour arrêter Patassé, le juger et condamner ?


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