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CONGO MON AMOUR
jeudi 24 août 2006, a 10:45
Pas de schéma de Brazzaville à Kinshasa, martèle Olivier Kamitatu commentant les affrontements de dimanche à mardi
 

    L’ancien président de l’Assemblée nationale Olivier Kamitatu est catégorique sur les affrontements déplorés dans la capitale congolais après la proclamation des résultats du premier tour de la présidentielle : un chaos post-électoral prémédité par les assoiffés de violence ne passera pas. M. Olivier Kamitatu, président du parti de l’Alliance pour le renouveau du Congo (ARC), et Secrétaire permanent de l’Alliance de la majorité présidentielle (Amp) commente dans l’interview exclusive ci-après qu’il a accordée mardi à l’équipe de Digitalcongo.net la nouvelle donne politique congolaise créée par les événements malheureux du début de la semaine. Son appréciation de la situation ne cède curieusement pas au pessimisme. Ce battant du renouveau de la RDC, expression qu’il chérit et sur laquelle il revient continuellement, présente au contraire des raisons d’espérer à la condition d’un sursaut réel de rectification de tir en faisant résolument respecter par tout le monde les institutions démocratiques que le peuple tient absolument à instaurer. Voici le texte intégral de l’interview concerné. M. Kamitatu, président du parti ARC et Secrétaire permanent de l’Alliance de la majorité présidentielle Amp, quelle lecture faites-vous des événements qui viennent de se dérouler ces trois derniers jours à Kinshasa ?

Eh bien les événements dramatiques appellent d’abord une vive condamnation de tous ceux qui croient encore que les armes peuvent se substituer aux bulletins de vote. Aujourd’hui à Kinshasa, il n’est pas utile de dénombrer le nombre des victimes, de morts et des blessés, il est beaucoup plus utile de décompter le nombre de bulletins dans les urnes. Nous avons cru que c’était un schéma du passé qui ne reviendrait plus. Donc nous condamnons vivement ceux qui croient que l’on peut encore recourir aux armes pour trouver raison alors que le peuple s’est exprimé.

Le deuxième sentiment, c’est celui de profond regret par rapport, bien entendu à des observateurs, les ambassadeurs étrangers qui ont été impliqués, malgré eux, dans ce déferlement de violence. Enfin, c’est un sentiment de satisfaction en dépité de ceux qui ont cru quelque part qu’ils pourraient inciter à la haine, à la violence, à un soulèvement, à une insurrection populaire, qu’ils pourraient soulever la population, eh bien la population est restée à la maison. Elle a peut-être compris que le temps des armes est passé, et qu’aujourd’hui nous sommes en phase de la renaissance de la République démocratique du Congo par le processus électoral qui doit se poursuivre. Donc, bref condamnation, regret mais également satisfaction de la maturité du peuple congolais qui n’a pas cédé aux appels insurrectionnels, aux appels à la violence.

Le contexte qui a prévalu avant la proclamation des résultats des élections indiquait bien que les amateurs du chaos préméditaient les incidents survenus, est-ce que vous vous êtes bien attendus aux violences concrétisées ?

Eh bien, il faut s’attendre en toutes circonstances quand il y a des acteurs qui croient que les armes peuvent être une finalité à une démarche, il faut s’attendre, effectivement, que le chaos puisse encore être un phénomène de séduction. Mais je crois que nous devons tout à fait éviter le syndrome d’une répétition générale. Comme si le décor était planté, les acteurs étaient connus et que tout d’un coup nous avons fait une grande répétition avant la première qui serait le résultat définitif des élections, il faut absolument éradiquer toute forme de violence et ne pas tomber dans ce schéma en disant : voilà, ils ont commencé, ils vont poursuivre. Il faut trouver des solutions dans le sens d’un apaisement et dans le sens de remettre le processus à niveau, parce que ce processus appartient au peuple congolais qui est le souverain primaire et qui s’est déjà exprimé.   

Il est difficile de croire que, avant les élections, vous qui êtes dans l’Alliance de la majorité présidentielle, vous n’avez pas dû prévoir ces situations. N’avez-vous pas programmé des stratégies pour contrer ces événements ?

Comme vous le savez, des stratégies ont été mises en place. Nous avons tenu contre vents et marées à ce que la police, l’armée demeurent des instruments au service du processus et donc des instruments qui s’intègrent dans un ordre républicain, ce qui a été fait. Il faut féliciter la police et les forces armées. D’accord, nous n’avons rien fait pour démanteler les milices, les groupes armés. Et aujourd’hui précisément on ne peut pas mettre sur un même pied d’égalité les instruments de l’ordre républicain avec les milices et les bandes armées.

De l’escalade verbale à l’escalade de violence

Il est donc grand temps aujourd’hui, si nous voulons envisager la poursuite du processus vers le deuxième tour dans l’apaisement général que toutes les milices soient désarmées, je crois que le Chef d’Etat-major général s’est exprimé d’une manière très claire, à savoir que : l’armée et la police restent l’Eglise au milieu du village mais il appartient donc à ceux qui ont encore des milices qu’ils veulent instrumentaliser et faire de Kinshasa ce qu’a été Brazzaville, nous refusons ce schéma. Eh bien, il est clair que nous allons maintenant aller de l’avant, pour nous permettre de choisir en toute liberté de conscience, le président de la République qu’il faut pour consolider la paix, pour consolider ce processus qui vient d’être loin.

Un tel programme de désarmement qui n’a pas pu être réalisé tout au long du processus de transition peut-il l’être dans le délai de deux mois qui restent avant le deuxième tour de l’élection présidentielle ?

Je ne me fais pas d’illusion. Ce qu’on n’a pas accompli en trois ans, on ne va pas le faire en soixante jours. Une volonté politique doit être manifestée. Je crois qu’un des grands enseignements de ce qui s’est passé ces derniers jours, c’est que nous avons vu qu’il y avait une préméditation, qu’il n’y a pas eu d’improvisation du camp des milices. Tout cela était bien programmé, bien préparé. Nous sommes partis d’une escalade verbale à une escalade de violence physique qui a abouti le 27 juillet au massacre des policiers. En direct on les a vus à la télévision se faire lyncher. Nous avons vu des sanctuaires se faire piller. Nous savons que des femmes ont été violées. Tout cela n’a conduit à aucune enquête, à aucune sanction. Nous avons cru que c’était de la frénésie électorale, et donc nous avons fermé les yeux. Nous avons tous été coupables de ne pas avoir réagi quand il fallait réagir.

Maintenant, le 20, 21 et 22 août, il faut tirer les conséquences : c’est que l’absence de réaction a amené maintenant à une espèce d’impunité généralisée. On a cru pouvoir poursuivre. Le président de la République a donné un discours républicain en remettant en place les institutions qui doivent assurer l’ordre et la sécurité publique. Il appartient maintenant qu’elles agissent. Une des premières actions, c’est bien entendu le cantonnement des militaires. Le chef d’Etat-major général a pris les décisions. A-t-il autorité sur des milices qui appartiennent à des gardes privées ? Des milices qui sont là pour sécuriser des individus ? Eh bien là maintenant il faut qu’il étende cette mission à ces milices qui doivent être désarmées, car on ne peut pas cantonner d’un côté des hommes qui sont là pour faire respecter la sécurité et l’ordre républicain, et de l’autre laisser les milices qui appartiennent à des individus perpétrer et se commettre dans les pillages, dans les viols, dans les violences à travers la capitale.

L’appel à l’apaisement toujours attendu de Jean-Pierre Bemba

Donc maintenant, il nous appartient de relever que le processus est menacé non par les institutions républicaines, non pas par les instruments de l’ordre public, mais menacé par ceux qui utilisent des milices. Le Chef d’Etat-major général l’a répété dans son interventions de mardi. La haute trahison pour tous ceux qui utilisent des milices et qui veulent ruiner la République, eh bien c’est la sanction qui devra être appliquée si on continue à divaguer et à utiliser des Congolais armés pour liquider, pour massacrer, pour commettre des violences sur d’autres compatriotes.

Et vous croyez vraiment, vous qui avez évolué dans le milieu des responsables mis en cause, qu’il leur sera facile des suivre les recommandations qui vont dans ce sens ?

Il y a une volonté politique à faire prévaloir. Le peuple congolais maintenant témoin de ceux qui veulent la bonne poursuite de ce processus, il est clair qu’il faut saluer l’engagement du 30 juillet, tout le monde s’est exprimé dans la paix, dans la sécurité, tout le monde a été sécurisé, tout le monde a pu voter dans la plus grande transparence et dans le calme. Il appartient que le peuple congolais conserve cette victoire sur lui-même d’abord, parce que comme l’a répété le président de la République, c’est une victoire du Congo, des Congolais, ce n’est pas la victoire de Joseph Kabila candidat qui a obtenu un score extraordinaire, c’est la victoire de tout le peuple congolais. Il en est maintenant le dépositaire, il doit la garder jalousement pour que nous consolidions cela et que nous donnions au pays un président de la République légitime tel que la Constitution en dispose, je crois qu’aujourd’hui c’est un geste de volonté politique, le président de la République l’a exprimé clairement dans son allocution qui ponctuait le premier tour de la présidentielle. Nous attendons des adversaires qu’ils aient également une démarche républicaine.

Est-ce dans cet ordre d’idées qu’il faut comprendre le mutisme de Jean-Pierre Bemba jusqu’à ce jour ?

Je ne peux pas me substituer à un candidat. Tout ce que je peux dire, c’est que nous attendons la manifestation et un appel républicain à l’apaisement. Le président de la République est garant de la bonne marche du pays, il est garant du bon fonctionnement des institutions, il s’accomplit dans ce rôle, nous attendons que tout le monde puisse suivre cette marche : l’apaisement, pour qu’il y ait un deuxième tour qui respecte les dispositions constitutionnelles et qui permette au peuple congolais d’avoir toutes les institutions, y compris et surtout le président de la République élu.

Nous savons qu’à partir du 4 septembre nous aurons l’Assemblée nationale qui sera installée le 19 septembre, c’est une première institution légitime forte, c’est une première base de légitimité. Maintenant il faut donner un président de la République, et cela est un deuxième tour. Nous y sommes préparés, mais il faut que la population puisse voter dans la paix et la sécurité. Je crois que l’exemple donné par les milices depuis quelques jours est un très mauvais exemple qui n’appelle pas que nous soyons optimistes pour l’avenir.

Une autre crainte émise par la population au regard des malheureux incidents survenus est le glissement vers le manichéisme, c’est-à-dire la fraction du pays en deux tendances rageusement opposées, soit qu’on voit rouge ou vert… croyez-vous que c’est dans une telle ambiance que l’on pourra parvenir à un deuxième tour d’élection présidentielle dans la sérénité ?

Nous avons constaté qu’il y a une disparité dans le vote des Congolais. Effectivement les chiffres parlent d’eux-mêmes et il ne faut pas s’en cacher. Il ne faut pas faire la politique d’autruche et ne pas voir un Congo dans sa réalité. Mais je ne veux pas croire ici qu’il y ait deux Républiques démocratiques du Congo : la république de l’Est et la république de l’Ouest. Il y a des attentes, il y a des expressions d’une volonté populaire. Une partie de la population a exprimé des doutes, elle doit être rassurée par le président de la République. Il a commencé par rassurer par un discours très fort, très républicain au terme duquel Joseph Kabila, le candidat président de la République, garant des institutions, a bien dit à la population : « Je vous ai compris, j’ai compris vos attentes ».

Maintenant il appartiendra à la faveur de la campagne électorale d’aller plus loin, et lorsque le président sera élu, il appartiendra à la majorité parlementaire au sein de laquelle seront désignés ceux qui vont gouverner de répondre ces attentes, sans négliger, bien entendu, une grande partie du pays qui ne comprend pas cette dichotomie, ce clivage. Maintenant nous devons tout faire pour analyser s’il y a réellement une fracture. Je ne le crois pas. Je crois qu’il y a eu une fronde momentanée, je crois qu’il appartient aux gouvernants de se mettre tous ensemble pour consolider la cohésion nationale, et je cois que là, bien entendu, vous trouverez des acteurs qui sont déterminés à mieux intégrer les attentes des populations dans leurs programmes d’actions politiques.

Comment l’Alliance de la majorité présidentielle entend-elle aller au deuxième tour ? Quelles sont les stratégies éventuelles que vous allez déployer pour convaincre le plus grand électorat de Kinshasa ?   

L’électorat de Kinshasa est un électorat extrêmement sensible aux médias. C’est un électorat sur-médiatisé. Je dirais que le taux de performance politique des Kinois est un taux de performance extraordinaire. Parce qu’ils ont à juger la qualité des acteurs politiques au regard et sous le prisme de beaucoup de médias, des télévisions, des journaux. Et c’est une population impatiente, extrêmement jeune, à qui il faut un discours particulier, mais qui s’intègre dans un espace national. Une voix d’un Congolais de Kinshasa équivaut à une voix d’un Congolais de quelles que soient son origine et sa province d’origine. Donc je crois que là il appartiendra qu’il y ait des politiques particulières, mais qui s’intègrent dans un espace national.

Majorité parlementaire avec l’Amp !

Vous m’avez posé une question sur les stratégies de l’Amp. Nous allons d’abord vérifié la consistance de l’Amp dans l’Assemblée nationale. La majorité parlementaire que représente l’Amp, j’en ai la conviction, aura maintenant à développer des politiques orientées de manière très pragmatique vers les attentes des populations, y compris les populations de Kinshasa. L’Amp n’est pas un fait virtuel, maintenant elle va se consolider par un nombre d’élus qui seront bien identifiés et qui vont siéger à l’Assemblée nationale. Eh bien, le président de la République, qui est le président de l’Amp dispose déjà d’une majorité parlementaire, et vous savez combien depuis le début de l’indépendance en 1960 les cohabitations ont été néfastes pour la République démocratique du Congo, je ne veux peux rappeler entre Kasa-Vubu et Lumumba, entre Mobutu et Tshisekedi.

Il y a maintenant une majorité parlementaire qui sera bien identifiée et qui relève en partie de l’Amp, eh bien le président de la République qui est le président de l’Amp, nous souhaitons qu’ensemble nous puissions construire un projet d’avenir qui intègre toutes les préoccupations des Congolais, qu’ils soient de l’Est ou de l’Ouest, parce qu’il n’y a pas deux Congo, il n’y a qu’une République démocratique du Congo qui est indivisible.

M. le président, il y a une caractéristique fort significative dans ces élections, c’est que l’attention était trop focalisée sur l’élection présidentielle un peu au dépens du scrutin législatif. Ne croyez-vous pas que cela soit pour quelque chose dans les dérapages aux conséquences déplorés dès le premier scrutin vécu ?

Je crois qu’il est clair que nous avons accepté de combiner les scrutins. N’oublions pas qu’au début de ce processus, nous nous étions engagés à commencer par les élections locales, ensuite les provinciales, les législatives et de terminer le processus par l’élection présidentielle. Faute de temps, faute moyens, nous avons pris un raccourci. Combiner les scrutins, raccourci dangereux, parce que nous n’avions pas vu qu’il y avait deux niveaux du pouvoir, deux niveaux de responsabilité. Nous avons fait un amalgame. Certains électeurs étaient parfois pris dans ce paradoxe de choisir un député dont la famille politique n’était pas celle du candidat qu’ils ont choisi comme président de la République.

Plus d’amalgame de choix au 2ème tour de la présidentielle

Maintenant nous voulons que cet amalgame, que ce paradoxe disparaisse, qu’on établisse pleinement pour toutes le choix du président de la République au deuxième tour. Le président Joseph Kabila a obtenu près de 45 %, maintenant nous allons lui donner une majorité claire. Il y aura une majorité et il aura une légitimité forte qui lui permettre de donner le meilleur de lui-même ainsi que les parlementaires pour l’avenir, pour le bonheur de la République démocratique du Congo.

Une dernière question, M. le président : nous avons constaté que la pression de la communauté internationale dans le règlement de la crise autour des incidents du début de la semaine a été efficace. Quel rôle la Monuc et l’Eufor ont-ils joué dans ce règlement ?

Un rôle éminemment important ! Il faut bien saluer la présence de la Monuc et de l’Eufor. Il est clair, comme je l’ai dit plus haut, qu’il y a des regrets que les ambassadeurs aient été impliqués, bien malgré eux, dans ce cycle de violences, puisqu’ils ont été la victime. Nous le regrettons profondément. Mais je crois que le rôle plus que jamais de la Monuc est de vérifier d’où partent les tirs, de sanctionner, mais surtout de permettre au peuple congolais d’accomplir sereinement la poursuite du processus qui l’amène vers la renaissance de la République démocratique du Congo.

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C’est moi qui vous remercie.

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on ne peut pas enterrer un homme poltique avant sa mort physique. fabien (30/11/2009 21:14)

slt, invite a allez ...

Le géneral Sony Kafuta accuse "On a voulu m'éliminer physiquement" celio (30/11/2009 14:55)

bonjour Pasteur Sony...

Ngbanda qualifie les Kinois de « déchets » vivant dans Kin-la-poubelle ! masivi (22/11/2009 17:22)

cette prophetie n´es...

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