*La communauté internationale doit éviter la complaisance vis-à-vis des manœuvres de JP Bemba. *Si on interpelle la communauté internationale, c’est parce qu’elle est la première à voir Joseph Kabila agir en candidat et non en chef de l’Etat. *Par ce jugement, la communauté internationale ne reconnaît pas l’existence des institutions au Congo dont les animateurs ne seraient que des chefs de factions. *Si on ne dit pas la vérité au leader du Mlc, on prépare d’autres événements. *On a trop laissé faire le Mlc : le 27 juillet, pendant le vote, on a ainsi préparé l’après vote.
Le calme est revenu à Kinshasa. Le calme exigé par tout le monde est respecté. Le souhait de tout le monde est que cela dure. Mais, il faut reconnaître que les derniers événements ont planté une dangereuse graine de violence. Le retour au pillage comme moyen de pression politique, voilà qui inquiète. Quoi que l’on en pense, pour rétablir l’ordre, il faudra un peu de manière forte. En ce moment là, les pseudo démocrates qui se taisent aujourd’hui, sortiront de leur réserve.
Pendant les trois journées folles, on a cherché en vain les guerroyeurs des ondes. Ni Mokia, ni quelques autres de ses semblables ni dans les médias ni dans la rue. Ce sont ceux qui ne parlent pas qui ont payé de leur vie. Si ce qui s’est passé pendant ces trois jours a laissé quelques séquelles politiques, JP Bemba sera seul à les payer. Et pourtant, il est également celui qui avait, qui a encore un quelconque avenir politique à préserver, qui ne serait pas réduit à la mendicité en attendant les prochaines élections. Il va de soi que le leader du Mlc n’aurait pas cette meute autour de lui, il agirait avec mesure. Malheureusement, ce sont ces gens sans moindre idée ni pouvoir ni de la nation, des gens qui réduisent tout à leurs petits intérêts du moment qui poussent les leaders à des actions extrêmes. On attendait également que l’Observatoire des médias qui accusait L’Avenir de donner des informations sans fondement sur les préparatifs de guerre à Kinshasa par le Mlc se montre humble. Et reconnaisse dans un communiqué qu’il avait de façon désinvolte accusé le quotidien L’Avenir d’avoir alerté l’opinion sur des préparatifs de guerre en pleine ville de Kinshasa par le Vice-président JP Bemba.
Tout le monde avait laissé faire le Mlc
Le calme est revenu. Mais, si aucune précaution n’est prise pour empêcher la répétition de tels actes demain , on aura bâti sur du sable mouvant la paix pour laquelle la communauté internationale a dépensé et dépense encore beaucoup d’argent, sans oublier le sacrifice humain de certains soldats du monde qui croient à la paix dans ce pays.
Quelles sont les précautions à prendre aujourd’hui ? Sous prétexte qu’ils se sentiraient en insécurité, les chefs rebelles ont demandé et obtenu de conserver leurs armées. Lorsque ce problème est posé, certains responsables de la communauté internationale faussent les débats en mettant le chef de l’Etat sur le même pied d’égalité. Puisque Joseph Kabila a une garde, tout le monde doit avoir une garde. Cette complaisance coûte chère aujourd’hui au pays. Il aurait coûté très chère à la communauté internationale. Car, pour atteindre leur but, les hommes du Mlc sont capables de sacrifier n’importe qui, si cela doit enlever quelques lustres à J.Kabila et donner à JP Bemba quelque avantage politique ou diplomatique. Les 14 ambassadeurs avaient risqué gros. La communauté internationale, on ne le dira jamais assez, aurait sa grande part de responsabilité dans ce drame. Tout peut encore arriver. On ne sait pas à quelle autre astuce diabolique le leader du Mlc va recourir. Tout le monde est étonné et pourtant, JP Bemba n’avait en aucun moment caché ses intentions. Mettre le Congo à feu et à sang a été un thème de campagne aussi bien à Kinshasa, à Tshikapa que dans la province de l’Equateur. Pour avoir la paix, il fallait voter pour JP Bemba. Le contraire, on l’a vécu pendant trois jours dans les rues de la Gombe. Quand le mot d’ordre de violence était donné de bouche à l’oreille, publiquement, voire dans les médias, tout le monde s’est tu oubliant que qui ne dit mot consent. Les organisations de défense des droits de l’homme préfèrent être à la défensive. Personne n’a anticipé contre ce discours en dépit des effets qu’il avait produits le 27 juillet 2006. Vivant dans la terreur, ces organismes n’ont pas osé dénoncer les actes posés par les militants du Mlc. Ils ont attendu la réplique des forces de sécurité pour condamner les actes des uns et des autres. A la place, faute de courage de leur action, ces organisations feraient mieux de se taire.
La Haute Autorité des médias, en dépit du travail important qu’il a abattu, s’est montrée très complaisant face à un certain discours. C’est avec peine qu’on a constaté que la défense de Ghislaine Dupont par exemple, a préoccupé plus les organisations de régulation et d’auto régulation, et même le service de la Monuc chargé des droits de l’homme plus que le sort des Congolais. Si le Mlc s’était arrêté à la violence de dimanche soir, si, pendant les trois jours, la garde de JP Bemba s’était promenée dans les rues de Kinshasa réglant des comptes à tout ce qui semblait proche de Joseph Kabila sans la moindre réplique des services de l’Etat chargés de la sécurité des personnes et des biens, l’affaire n’aurait pas eu la même ampleur qu’aujourd’hui. L’exemple du 27 juillet 2006 est là pour corroborer nos propos. Que faut-il penser par là ?
Le Mlc sera contré dans ses manœuvres manipulatrices
On ne règlera jamais la situation congolaise dans la complaisance. Il est clair que Joseph Kabila n’avait aucune intention d’insécuriser un seul de ses adversaires sinon en leur promettant un KO en règle aux élections. Si les autres, les anciens chefs rebelles avaient besoin de leurs milices en dépit de la protection leur proposée par la Monuc, c’est à des fins semblables à ce qui est arrivé à Kinshasa depuis dimanche 20 août dernier. Les résultats qui ont été à la base des échauffourées de dimanche ne sont que ceux du premier tour. Quelle sera l’attitude de JP Bemba lorsqu’il saura qu’il est battu et qu’il n’a plus de chance de se représenter, sinon d’attendre cinq ans après ?
Le Mlc a dénoncé des irrégularités, a accusé la Cei dans laquelle il siégeait à travers son représentant qui occupe le poste de premier vice-président de cette institution. Le parti de Bemba, préparant ce qui est arrivé dimanche, a injustement fait croire que la Cei était au service de Joseph Kabila. Cela ne l’a pas empêché de mener largement à Kinshasa et n’a pas empêché Joseph Kabila de réaliser des mauvais scores à l’Ouest où il y avait la même Cei dirigée par le même Abbé Malumalu.. La communauté internationale impliquée de plus près dans le travail de la Cei, sait que tout cela n’est que manœuvre dilatoire. Mais, elle n’a pas rappelé le leader du Mlc à l’ordre. On l’a laissé faire croire que les élections étaient organisées contre lui jusqu’à la dernière manœuvre de son représentant de se mettre en opposition contre tous. Tout cela parce que le Mlc ne savait plus expliquer les accusations contre la Cei alors que son représentant y siégeait dans la première loge. Elle a attendu la fin du scrutin et la connaissance des résultats affichés dans différents bureaux pour se mettre en opposition et accuser le recrutement des membres des bureaux de vote.
Attention après le verdict de la Cour suprême de justice
Si la communauté internationale ne le sait pas, même si les observateurs l’ont fait savoir, le Mlc a intimidé les électeurs à Kinshasa. Des groupes des badauds étaient plantés aux abords des bureaux pour obliger les électeurs à voter pour le candidat numéro 2. Les autres partis politiques ont laissé faire. Il va de soi qu’on ne laissera pas le parti de JP Bemba se comporter comme au premier tour. Il faut s’attendre aux échauffourées si le Mlc ne comprend pas qu’il faut jouer franc jeu. Tel que se présente la configuration des résultats, à moins d’un miracle, on ne voit pas JP Bemba gagner au deuxième tour. Il faut même s’attendre à ce qu’il obtienne un score humiliant. Car, plus personne ne le laissera manipuler les chefs des bureaux de vote comme il l’avait fait à Kinshasa et à l’Equateur. Connaissant cela, la communauté internationale doit prendre des dispositions pour éviter que le Mlc cherche à bloquer les choses à partir déjà du verdict de la Cour suprême de justice.
L’Avenir a souvent mauvaise langue, mais on lui donne toujours raison un ou deux mois après. Pourquoi toutes ces interpellations à l’endroit de la communauté internationale ? C’est tout simplement parce que si Joseph Kabila intervient pour rétablir l’ordre, la même communauté internationale qui pense qu’il n’existe plus d’institutions au Congo, y verra l’intervention du candidat Kabila et non du chef de l’Etat, garant de la sécurité des hommes et des biens. Comme quoi, un homme averti en vaut deux.
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