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CONGO MON AMOUR
jeudi 31 août 2006, a 07:28
Antoine Gizenga rejoint Kabila, le duo gagnant au 2e tour
 

 
H   *Le suspens est tombé, Antoine Gizenga a rencontré Joseph Kabila. *Le duo gagnant du 2ème tour de la présidentielle se dessine. *Comme en 1960, on va vers une coalition gagnante des nationalistes lumumbistes. *Le patriarche lumumbiste est sorti de sa résidence pour la première fois à la rencontre d’un président de la République. *A cette occasion, Antoine Gizenga a félicité Joseph Kabila pour la première place occupée au premier tour. *Homme de principe, quand Gizenga se déplace, c’est qu’il y a une avancée significative.

La situation de la présidentielle au deuxième tour se dessine. Il n’y aura pas de coup de théâtre. La rencontre d’hier entre Antoine Gizenga et Joseph Kabila augure une répétition heureuse de l’histoire du Congo. Les deux personnalités sont bien parties pour une conjugaison d’efforts au deuxième tour de la présidentielle pour arracher la victoire finale.

Pour marquer l’intimité et le caractère privé pour ne pas dire partisan de la rencontre, elle a eu lieu à la résidence du chef de l’Etat. C’était l’occasion pour le patriarche Antoine Gizenga de féliciter Joseph Kabila pour la place qu’il a occupée au premier tour de la présidentielle. Ceux qui s’étonnaient des distances que le leader du Palu observait vis-à-vis de ceux que l’on considère à juste titre comme étant de sa lignée politique ont compris qu’à chaque chose son temps. Antoine Gizenga est un politicien averti qui ne fait rien au hasard. S’il avait jusque-là gardé ses distances, ce n’est ni par stratégie ni par méfiance. Tout pour lui est fonction d’opportunité et de démarche. Sous Mzée Laurent Désiré Kabila, avec Yerodia comme directeur de cabinet, des contacts avaient été pris entre les deux des survivants des nationalistes lumumbistes. Mais à l’époque, Gizenga suivait une logique implacable. Il n’était pas question de pourparlers avec le camp Kabila tant que les activités des partis politiques restaient suspendues. Car, estimait-il, il ne pourrait aller à ces pourparlers que comme secrétaire général du Palu. Après Mzée Laurent Désiré Kabila, l’actuel chef de l’Etat pensait bien rencontrer le patriarche. Mais quelle en serait l’opportunité lorsqu’on sait que Gizenga refuse la parlote. Il ne s’engage que dans des choses qu’il juge conduire à du concret. Pour Gizenga donc, il fallait se soumettre à la légende de la chenille chère à son parti politique. Il n’était pas question de toucher à la chenille tant qu’elle était couchée par le dos. Il fallait attendre qu’elle se retourne pour savoir de quelle chenille il s’agit. On peut donc la toucher sans danger. La chenille ne donnant plus le ventre, les militants du Palu vont saisir l’opportunité de remettre les nationalistes aux affaires avec plénitude du pouvoir.

Leçon de l’histoire

Le Congo est bien un pays curieux. Il est très difficile d’y appliquer les théories jugées ailleurs comme vérifiées et irréversibles. En matière politique, la pratique ne cesse de contredire les théories. Mais, lorsque les choses se répètent heureusement, c’est un événement. Un homme d’Etat américain s’étonnait de voir Mzée Laurent Désiré Kabila réussir la pacification du Congo à quelques semaines seulement de la prise du pouvoir, alors que selon la théorie que cet Américain enseignait depuis des décennies, l’après régime totalitaire est suivi nécessairement d’un chaos indescriptible. Quelques heures après, c’était le tour de Mzée de s’étonner de la réplique de cet Américain. Le chef de l’Etat lui répondit que connaissant ses compatriotes, il avait estimé qu’il fallait à tout prix suspendre les activités politiques, le temps de mettre de l’ordre dans la boutique. Mais voilà qu’une fois rentré chez lui, l’Américain demandera avec insistance à Mzée de libéraliser les activités politiques.

Il y a dans cette attitude la mauvaise appréciation de la situation congolaise par certains milieux de la communauté internationale. Il faut donc laisser les Congolais créer un espace politique capable de leur apporter la paix. Gizenga avec Joseph Kabila, ce sera la rigueur et la bonne gouvernance. On doit le comprendre. Vouloir le contraire, c’est jouer contre le Congo. Une fois, on peut croire à une erreur, deux fois à une méprise, mais trois fois, il y a lieu d’y voir une mauvaise foi.

Attention au groupe de Binza new look

En 1960, la vague des indépendances embrasse le Congo. Alors qu’ailleurs l’indépendance ouvrait une heure d’auto développement, au Congo il sera suivi d’un chaos indescriptible, confirmant ainsi la théorie de l’Américaine Albritgh. Le pays ne respirera qu’avec le régime totalitaire de Mobutu qui avait pris la place du totalitarisme colonial. On peut dire, au regard de cette expérience, que Kasa-Vubu et Lumumba auraient eu pour péché, le maintien des institutions démocratiques.

Pourquoi ne pas croire jusque-là qu’il n’y aurait la paix au Congo que sous un totalitarisme à la Mobutu ? Il y aurait, semble-t-il, des Congolais qui regretteraient Mobutu et qui seraient prêts à introniser celui qui se présenterait comme le plus grand émule du Maréchal du Zaïre. Beaucoup de politiciens congolais avaient manifesté une haine viscérale contre Mzée Laurent Désiré Kabila parce qu’il tenait mordicus aux élections et rejetait les combines politiciennes auxquelles on l’invitait dans le but de se partager le pouvoir. Il a payé pour ses convictions sans que ceux, à l’extérieur du Congo se font passer pour apôtres de la démocratie, lui témoignent davantage de sympathie. On ne veut pas voir ressusciter le groupe Binza.

Jouer le jeu jusqu’au bout

Certains Congolais entonnant le refrain sur la démocratie plus pour plaire à une certaine opinion internationale, lui donnant l’occasion de justifier son mépris vis-à-vis d’un homme Mzée Laurent Désiré Kabila, dont le seul péché est d’avoir appris aux Congolais à compter avant tout sur leurs propres forces, ont pris les armes soi-disant pour instaurer la démocratie dans ce pays. Les voilà devant l’occasion de jouer le jeu démocratique. Chassez le naturel, il revient au galop. On a vécu une campagne électorale sans discours démocratique. A la place, on a fait recours au sinistre Honoré Ngbanda pour raconter des histoires à faire dormir debout. En lieu et place de projet de société, on s’est mis à aboyer avec la rue sur la vente des rivières, sur la vente des marchés, sur la vente des cartes d’électeurs, sur la vente du vent... Prenant le peuple congolais pour imbécile, on croyait avoir mis tout le pays sous sa coupe en trompant quelques Kinois. On est surpris par les résultats. Non seulement celui qu’on voulait vouer aux gémonies a distancé tout le monde, mais aussi, son parti politique va allègrement vers une majorité parlementaire confortable. Même dans les circonscriptions où le chef de l’Etat avait réalisé un petit score, son parti politique et dans une certaine mesure sa plate-forme, l’Amp glane des sièges. Ce résultat, même s’il faut attendre le dernier affichage par la Cei, démontre que Joseph Kabila n’avait pas besoin de fraude pour s’imposer. Ce qu’on peut du reste reprocher au Pprd et à l’Amp, c’est d’avoir oublié que la fraude existe. Même si elle ne les tente pas, mais rien ne dit que l’adversaire n’en fera pas usage. C’est ce qui est arrivé malheureusement. Certains candidats doivent leur score à des actes peu recommandables dans une démocratie, même naissante.

Pour être premier ministre, il faut être dans la majorité

Beaucoup de personnes ne suivent pas la publication des résultas des législatives. Ou ils suivent, mais se contentent de telle ou telle autre personne connue qui est élue. Ils ne réalisent pas l’implication qu’aura le fait d’aligner plusieurs députés. Puisqu’ils ignorent jusqu’à la procédure qui conduit à la nomination d’un premier ministre que certains électeurs se sont fait prendre au piège du mensonge. On leur a dit que leur leader, dont le parti politique est non partant, sera nommé Premier ministre. C’est possible. Mais qu’attendront les partis qui apporteront quelques députés dans la coalition qu’on pourrait leur proposer s’ils savent que le jeu est fait d’avance ? Le moment venu, lorsque le chef de l’Etat va nommer le premier ministre dans la majorité parlementaire, des langues vont se délier pour crier à l’injustice ou à l’exclusion. Cette majorité, comme on l’a dit plus d’une fois, se dessine entre Antoine Gizenga et Joseph Kabila.

Beaucoup de Congolais refusent de savoir que la démocratie a ses règles. On doit se défaire des pratiques des nominations sentimentales. Les Congolais doivent également savoir que dans une démocratie, qui veut être premier ministre, doit le prouver dans les urnes. Ceux qui se croient investis de la mission divine d’être premier ministre en dehors du jeu démocratique doivent apprendre à voir les choses comme elles sont.

C’est le moment pour ceux qui veulent la paix de vulgariser auprès de leurs militants le fonctionnement de la démocratie. Joseph Kabila a été accrédité de 44,80% des voix, plus que tous les 33 candidats engagés dans cette course. Il n’a pas été le choix de tout le monde, certes. C’est normal dans une démocratie. Mais, il a besoin d’une majorité pour gouverner tous les Congolais. Il en est de même de celui qui sera nommé premier ministre demain. Ce ne sera pas une faveur ni une manipulation.

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Commentaires
#1
Congolais-debout écrit le jeudi 31 août 2006, A 08:06
Ndeko Yvon, tozui message nayo pe totangi toyoki ete papa na biso Gizenga a rencontrer Kabila, basololi pe a assurer ye soutien na ye po na 2e tour. Eloko nakoki koloba eza ete, to respecter choix naye pe to respecter ye. Ye moko ayebi tina nini aponi ko soutenir Kabila. Soki oteki cigarette Albert omoni ete eza kotambola te okosala nini? Okokanga LIGABLO? Te, okoteka ata Okapi tango yango mosusu ekotambola.
MEV
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