En attendant le Palu, et au regard de la liste des députés qui ont déjà signé à l’Amp, Joseph Kabila réunit 256 sièges. *Avec ces résultats, l’Amp va vers une majorité parlementaire confortable et écrasante. *Le candidat de l’Amp au deuxième tour de la présidentielle est bien parti pour également gagner ce dernier round. *A l’instar de Joseph Kabila, jamais aveuglé par le succès, tout le clan politique doit taire les ambitions personnelles et les querelles intestines pour ne voir que l’intérêt général.
Il y a quelques semaines, la Cei a rendu publics les résultats provisoires des législatives. En attendant que la Cour suprême de justice statue sur les différents recours qu’elle a reçus, l’Assemblée nationale se réunira le 22 septembre prochain en session ordinaire. Celui qui présidera la séance est déjà connu, c’est Joseph Mbenza Thubi, le doyen d’âge des parlementaires élus.
La loi donne à la Cour Suprême de justice deux mois pour rendre le verdict. Cela n’empêche pas les formations politiques à s’affairer dans le jeu des coalitions dans le but de se doter d’une majorité parlementaire. Tout le monde avait le regard tourné vers le Palu qui joue, selon la volonté des électeurs, le rôle d’arbitre. En dehors du Palu, les regroupements politiques se sont mis à ratisser large. Selon les informations d’une source crédible, l’Alliance de la majorité présidentielle réunit déjà 256 députés qui ont fermement pris l’engagement de gouverner avec Joseph Kabila. Dans ce décompte, les sièges du Palu ne sont pas encore comptabilisés. Cela démontre clairement que Joseph Kabila va vers la majorité écrasante. C’est le seul objectif qui reste à finaliser avec le Palu dont la dernière déclaration a levé toutes les équivoques. En ce qui concerne la majorité parlementaire, Joseph Kabila est tranquille. Il peut désormais, sans beaucoup de soucis, se consacrer à la campagne pour le deuxième tour de la présidentielle. Comme nous l’avions écrit dernièrement, en attendant d’être élu, Joseph Kabila, en sa qualité de chef du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale, a déjà la primature. Le moment venu, comme cela s’était passé avec Patrice Emery Lumumba, J. Kabila aura le choix. Lumumba avait choisi de gouverner en estimant que Joseph Kasa-Vubu grognerait. C’était sans compter avec l’interprétation des textes constitutionnels, domaine dans lequel les Congolais savent mettre leur génie au service du mal.
Le hasard de l’histoire fait qu’encore une fois, c’est un nationaliste lumumbiste qui doit choisir. Il va de soi que pour une cohabitation apaisée au sommet de l’exécutif, Joseph Kabila tirera les leçons de l’histoire. Il choisira un homme qui, en plus du fait qu’il apportera une certaine crédibilité à son gouvernement, contribuera aussi dans la paix à relever les défis de la bonne gouvernance et du développement. Il est également question de réhabiliter le clan des nationalistes lumumbistes qui, pour la deuxième fois, reçoivent le mandat du peuple. Il leur revient cette fois à ne plus avoir droit à l’erreur.
L’autre enjeu de cette majorité, c’est le deuxième tour de la présidentielle. Joseph Kabila, candidat du peuple, voudrait cette fois ratisser large. Car, l’objectif que les nationalistes et patriotes congolais s’étaient fixés, c’est d’abord de faire élire Joseph Kabila et ensuite de le doter d’une confortable majorité parlementaire. La majorité dont Joseph Kabila est déjà sûr, ne doit nullement le distraire des autres enjeux. Il faut que demain, réunissant une légitimité nationale, le chef de l’Etat puisse gouverner sans beaucoup de problèmes. Il faudra à tout prix réduire l’agitation sociale et politique. Pour ce faire, Joseph Kabila aura besoin de leaders politiques ayant des assises réelles dans l’opinion nationale. Le clan politique doit avoir à l’esprit tous ces enjeux et ne pas laisser le succès lui monter à la tête. Il est vrai que cette fois, le pouvoir est à la portée de la main. L’objectif qui reste et qui devra sous-tendre tout l’exercice du mandat, c’est de conserver le pouvoir au-delà du mandat actuel. Après, même si Joseph Kabila devra se soumettre aux prescrits de la constitution après deux mandats, il faudra qu’il ait un dauphin afin que les nationalistes et patriotes congolais aient le temps matériel de construire tout ce que le mobutisme a détruit pendant plus de trois décennies.
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