A Monsieur Baudouin AMBA WETSHI
Rédacteur en Chef
Congo indépendant
Objet : Droit de réponse
Monsieur,
En date du 17 janvier 2007, vous avez publié « un communiqué de presse » fleuve de 06 pages avec annexes [tout un symbole !] sous la plume de l’Ambassadeur Moleka Liambi intitulé : « L’ambassadeur Moleka Liambi contre-attaque ».
Entre le devoir de réserve auquel tout diplomate est astreint et le droit de réponse qui dit bien son nom, j’ai longtemps hésité avant de vous écrire.
Mais, devant une diffamation, l’honneur n’a pas de prix. Aussi, après avoir été personnellement et nommément mis en cause dans ce document, j’ai souhaité répondre, non pour engager une polémique quelconque, (et pour quel intérêt?), mais pour éclairer l’opinion sur les contre-vérités concernant ma personne et qui sont contenues dans ce document dont la qualité intellectuelle et morale est à la mesure des intentions de son auteur ...
1. Lorsque l’ambassadeur Moleka s’insurge contre la calomnie et les pratiques diffamatoires, l’on ne peut qu’applaudir. Mais lorsque lui-même se jette pieds, points et cerveau liés dans ces mêmes pratiques pour diffamer, comble de l’ironie, des collaborateurs qui travaillent sous ses ordres, cela dépasse tout entendement.
2. A l’attention de tous ceux qui ont pris connaissance de la longue confession sans péchés de l’ambassadeur Moleka, je voudrais simplement rappeler succinctement mon itinéraire personnel:
Je m’appelle VANGU NGIMBI, je suis né le 15 novembre 1958 à Tuidi-Nzazi dans le Bas-Congo. J’ai fait toutes mes études primaires et secondaires dans les internats de cette province avant de les poursuivre respectivement à l’Université de Lubumbashi et à la Sorbonne à Paris. Titulaire d’un Doctorat en Anthropologie Sociale et en Sociologie Politique, parallèlement à d’autres formations, je suis marié à une française d’origine marocaine avec laquelle j’ai eu deux enfants. Quiconque est dans ma situation maritale sait que cette situation ne confère aucun caractère automatique, ni en droit ni de fait, pour ce qui concerne la nationalité.
Cette pratique qui consiste à diaboliser tous ceux qui sont à même d’apporter quelque chose de positif à la reconstruction de notre pays en les traitant d’étrangers et qui a causé un tort immense à l’image de la RDC jusqu’au sommet de l’Etat, notamment lors de la dernière campagne électorale est bien connue. C’est la marque de fabrique d’une certaine catégorie de compatriotes. Je n'en rajouterai donc pas.
3 Quand un Ambassadeur qui a exercé des fonctions aussi importantes, une année durant, ne connaît même pas la définition d’un engagé local, cela se passe de tout commentaire. Monsieur Moleka, peut-il indiquer à l’opinion congolaise et internationale la procédure suivant laquelle Monsieur VANGU aurait été engagé localement à l’Ambassade de la RDC à Paris, par quel Ambassadeur et la nature du contrat qui le lierait, en cette qualité, à cette Mission Diplomatique ? Par ailleurs, je crois que l’on ne confie pas des fonctions aussi importantes que celles de Chargé des Questions Politiques et de la Communication d’une Ambassade à un engagé local. Comment alors expliquer que Moleka l’ait fait ? S’agit-il peut-être d’emploi fictif ? Dans ce cas, on connaît la suite ! Nous sommes en plein dans la fable du renard et des raisins. Pendant 06 ans pourtant, tous les Chefs de mission à Paris, Monsieur Moleka compris, ont confié à Monsieur VANGU la responsabilité du Service Politique, Diplomatique et de la Presse. Pour un simple engagé local, arrivé à l’Ambassade par la seule magie ethnique, ça fait un peu beaucoup non ?
4. Je rappelle que je suis fonctionnaire du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale sous le numéro matricule 518.352 et titulaire du passeport diplomatique n°D0004449. Muté à l’Ambassade de la RDC à Paris depuis 2000, j’ai connu 04 Ministres, 06 Vice-Ministres, 02 Ambassadeurs et 02 Chargés d’Affaires. J'indique simplement que tous ne sont pas Yombe du Bas-Congo et je suis convaincu qu’ils ne sont pas tous complaisants au point de laisser du Personnel aux dossiers et c.v. douteux dans un poste diplomatique aussi prestigieux que Paris, du moins en ce qui me concerne.
La prorogation de mon mandat à Paris a été faite par Monsieur Henri Mova Sakanyi, alors Vice-Ministre des Affaires Etrangères, suivant l’ordre de mutation de régularisation n°131.1/1764/2004 du 02 avril 2004, et non par le Professeur MBWINGA.
Sieur Moleka a tous ces documents dans son bureau et tout cela est vérifiable auprès de la Centrale et de la Fonction Publique à Kinshasa. Merci la mauvaise foi !
5. Pour justifier ses déboires et ses insuffisances, Monsieur Moleka invoque des considérations tribales, combinées à d'autres inepties. Ma seule réaction est celle de la tristesse étant entendu que l’auteur d’un tel discours de caniveau est un Ambassadeur, de surcroît professeur de philosophie à l’université. Les fonctionnaires du Quai d’Orsay et tous les autres destinataires de son papier apprécieront. Voilà de quelle manière on expose la nudité de la famille RDC sur la place publique ! Je comprends mieux la pertinence de la question de mon fils Erwan, philosophe âgé de 04 ans : "Papa, ça sert à quoi ton ambassadeur ?"….. A ça, mon fils !
6. Lorsqu’on est Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire, face à un conflit professionnel, en cas de faute avérée d’un collaborateur, on sanctionne ce dernier et on en informe sa hiérarchie. On ne se morfond pas dans la presse et on ne crie pas au complot politique. Si cet ambassadeur est convaincu de ce qu’il avance, pourquoi ne met-il pas fin au contrat de cet engagé local plutôt que de lui régler ses comptes par presse interposée? Curieux non ?
Pour le reste et par respect, je m’en remets à la Hiérarchie de mon pays.
Vous remerciant pour l'indépendance d'esprit de votre organe de presse qui m'a permis d'exercer mon droit de réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, l'assurance de ma parfaite considération.
Fait à Paris, le 19 janvier 2007
Ivan VANGU NGIMBI
Ministre Conseiller
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