
M. Karel de Gucht, ministre belges des Affaires étrangères est attendu ce mardi à Kinshasa. Il a toujours soutenu que la plus grande bataille que devra mener le peuple congolais est celle de la lutte contre la corruption et les détournements. Les relations entre la République démocratique du Congo et la Belgique connaîtront sûrement un nouveau rebondissement avec l’arrivée cette semaine à Kinshasa de Karel De Gucht, ministre belge des Affaires étrangères. Une visite qui intervient après la tenue de la commission mixte belgo-congolaise. Mais également à la suite de derniers événements politiques qui se sont produits à Kinshasa et qui n’ont pas du tout laissé indifférentes les autorités belges. Les entretiens s’annoncent sous le signe de la franchise et de la sincérité pour un partenariat solide. Au fond, la diplomatie belge est en action dans la région des Grands Lacs que visite cette semaine le ministre belge des Affaires étrangères.
Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangères du royaume de Belgique, est attendu, sauf changement de dernière minute ce mardi à Kinshasa. Il est à la tête d’une délégation belge de haut niveau pour marquer l’importance de cette visite. Visite attendue depuis longtemps et qui intervient juste après la réunion de la grande commission mixte belgo- congolaise. Vu sous cet angle, il n’est pas exclu que le chef de la diplomatie belge entend donner une nouvelle impulsion à la coopération entre les deux pays dans l’intérêt réciproque des peuples congolais et belge.
On sait qu’au cours de ces travaux de la commission mixte, la partie belge a été conduite par le ministre belge à la Coopération, Armand de Decker, qui a annoncé le doublement de l’enveloppe financière de son pays à la RDC. De 70 millions d’euros, elle a été portée à 195 millions d’euros pendant trois ans et sera consacrée aux domaines des infrastructures, de la santé et de l’enseignement.
Une visite politique
Cependant, au-delà du caractère économique et social de cette coopération belgo-congolaise, la visite de Karel De Gucht est essentiellement politique au regard de derniers événements qui se sont produits à Kinshasa et dans la région. Certes, le ministre belge des Affaires étrangères ne manquera pas de souligner l’organisation des élections en RDC et la mise en place des institutions issues des urnes.
Mais compte tenu des débats qui se sont déroulés ces dernières semaines en Belgique, au sein des commissions des Affaires étrangères et de la Défense du Parlement belge, il sera question d’échanger avec les nouvelles autorités congolaises de leur vision politique.
En effet, Karel De Gucht est de ceux-là qui ont adhéré à la proposition de la mise en place d’une coordination internationale en vue d’apprécier l’affectation des ressources financières qui seront mises à la disposition de la RDC. Cette question a fait l’objet d’un débat houleux à Bruxelles, allant jusqu à nécessiter la présence au Parlement belge de Louis Michel, Commissaire européen au Développement et à l’Aide humanitaire. Le fond du problème est que les autorités congolaises doivent donner des signaux forts de la bonne gouvernance et qu’il n’est pas du tout question, selon certains parlementaires belges, de délivrer un cheque en blanc sur base « des déclarations de bonnes intentions » du gouvernement Gizenga.
Par contre, Louis Michel estime qu’il serait maladroit d’empiéter sur la souveraineté du Congo en mettant en place cette coordination internationale. Qu’il serait logique de tolérer une marge d’erreurs aux nouveaux dirigeants congolais et qu’une surveillance poserait problème avec l’opposition constitutionnelle. Outre cet aspect lié à la contribution des partenaires extérieurs en faveur de la RDC, Karel De Gucht évoquera avec les autorités congolaises l’évolution du processus démocratique au Congo. Les derniers événements du Bas-Congo, les affrontements de Kinshasa sont considérés à Bruxelles comme des atteintes graves au processus politique en RDC.
Des risques de « museler » l’Opposition sont manifestes, ce qui remettrait en cause la finalité des élections qui viennent de se dérouler en RDC. Bruxelles, qui s’était déjà appesantie sur cette question, avait instruit le ministre belge des Affaires étrangères d’en parler en long et en large avec les autorités congolaises. Car, pour le royaume de Belgique, il n’est pas du tout question que le processus démocratique au Congo déraille et que l’Opposition soit opprimée. Sûrement que le ministre belge des Affaires étrangères saisira cette opportunité pour avoir des garanties à Kinshasa que la liberté d’expression sera respectée autant doit l’être les institutions de la République. Il ne manquera donc pas d’inviter les autorités congolaises au dialogue au sein des institutions de la République.
Luanda : Prochaine étape
Mais l’occasion faisant le larron, cette opportunité permettra également de dissiper le malentendu intervenu après l’annonce de la remise du titre de Dr. honoris causa au président Joseph Kabila. Ce malentendu qui découle de la décision unilatérale du ministre belge de la Défense, André Flahaut, s’est déroulé sur fond de l’organisation prochaine des élections législatives en Belgique. Une polémique qui oppose les Socialistes aux Libéraux.
Selon le programme du cabinet du ministre belge des Affaires étrangères, après Kinshasa, Karel De Gucht se rendra à Luanda ce jeudi 12 avril. Une visite tout aussi importante au regard du rôle joué par Luanda durant tout le processus politique en RDC jusqu’à l’organisation des élections congolaises. Nombreux sont les observateurs qui sont convaincus que le ministre belge demandera aux autorités angolaises de persévérer dans cette voie tant que la situation en RDC demeurera précaire. Et s’il faut reprendre les propos de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, prononcés dans son message urbi et orbi à l’occasion de la messe de Pâques, la République démocratique du Congo demeure encore « une terre de souffrances ». Comme pour dire que, nonobstant, l’organisation des élections, le processus politique reste fragile.
Le différend frontalier de Kahemba ne manquera pas d’être effleuré pour maintenir le climat de bon voisinage entre le Congo et l’Angola. Ce différend met déjà en mal le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement de la région des Grands Lacs alors que la RDC et l’Angola ont signé pour autant qu’ils font partie des pays de champ de cette conférence internationale.
Raison pour laquelle après Kinshasa et Luanda, le ministre belge des Affaires étrangères se rendra sûrement à Kigali et à Bujumbura. Déplacement politique et diplomatique qui s’explique par le fait que la Belgique a joué un rôle majeur dans la mise en chantier de cette conférence internationale sur la région des Grands Lacs.
Aujourd’hui qu’un « Plan Marshall, pour la reconstruction et le développement de la région des Grands Lacs est en marche, la Belgique ne peut lâcher prise dès lors que des signes de dérapage sont perçus à l’horizon. Elle entend offrir ses misions de bons offices en s’appuyant sur sa diplomatie agissante pour autant qu’elle connaît bien les pays de la région.
De Gucht satisfait de la déclaration de l’Onu sur le Congo Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a adopté mardi une déclaration de la Présidence sur la RDCongo. Selon le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, « cette déclaration démontre que la communauté internationale continue de s’intéresser à ce qui se passe au Congo ».
La déclaration intervient après les violences qui se sont déroulées à Kinshasa du 22 au 25 mars derniers, entre les forces gouvernementales et la garde personnelle du sénateur Jean-Pierre Bemba. « Le message du Conseil de sécurité est équilibré. D’une part, on ne peut ignorer la violence et les pertes en vies humaines. D’autre part, je constate que le Conseil de sécurité tire un certain nombre de leçons auxquelles je souscris entièrement. La violence ne peut jamais apporter de solution, un espace indispensable doit être garanti pour que tous les partis politiques puissent participer effectivement au débat politique national, tous les partis doivent accepter les règles du jeu politique », a déclaré M. De Gucht.
Le ministre conclut que l’essentiel, « c’est que cette déclaration souligne expressément l’importance du soutien continu de la part de la communauté internationale mais également le fait que les partenaires internationaux doivent travailler ensemble en concertation étroite ».
APA/Le Potentiel
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