| mardi 10 avril 2007, a 20:00 |
| José Makila : le voleur qui crie au voleur |
Une agitation s’observe dans les rangs du MLC depuis que l’Etat a décidé de rentrer dans ses droits. C’est, en effet, depuis que les agents du ministère des Travaux publics sont allés au domicile de José Makila pour récupérer les véhicules de l’Etat qu’il a volés, que lui et son parti sont entrés en transe.
La réalité telle qu’elle se présente indique que Makila et son parti tentent une fuite en avant pour éviter d’être éclaboussés par la vérité qui triomphe petit à petit. C’est ainsi que l’on peut comprendre ses imprécations lorsqu’il prétend que les hommes qui ont fait une descente chez lui ont volé l’argent et des appareils téléphoniques. Mais au cas où cela se serait produit, les autorités publiques ont clairement fait savoir que c’était une bavure dont les auteurs vont être punis.
Dans tous les cas, la maison qu’occupe encore José Makila appartient à l’Etat. Cette même résidence avait été habitée par Matungulu puis François Mwamba. Maintenant qu’il n’est plus aux affaires, l’élégance républicaine dont ils se targuent au MLC devait lui de vider les lieux. Mais comme chez eux le ridicule ne tue pas…
Pour revenir aux plaintes de l’ex Ministre Makila alias « le sanguinaire », il faut rappeler que la descente effectuée par les agents des TP accompagnés des policiers était la deuxième. A la première descente qui remontait à deux semaines plus tôt, ils avaient trouvé un des fils de Makila qui avait été chargé de faire la commission à son père. Donc Makila était informé de cette visite, ce qui démontre qu’elle n’était nullement irrégulière.
Au contraire c’est la situation constatée à la seconde descente qui devrait plutôt imposer quelques explications devant la justice. En effet, il été trouvé dans le parking de la résidence 2 jeeps et 1 voiture officielle qui ont été récupérés.
Il faut savoir que José Makila n’en était pas là à ses premières libertés répréhensibles avec les biens de l’Etat. Déjà à son arrivée à la tête du ministère des Travaux publics, il s’était accaparé de quelques camions de l’Hôtel de ville de Kinshasa qu’il enverra à Mbandaka. Là aussi, il devrait donner quelques explications à la justice, au Gouverneur André Kimbuta et aux députés provinciaux de la ville-province de Kinshasa.
Autre chose, les policiers qui accompagnaient les agents des TP au domicile de José Makila ont procédé à l’identification de leurs « collègues » trouvés sur le lieu. Ils ont constaté que l’un d’eux était un faux policier habillé en tenue, tandis que l’autre est un ancien membre de la garde rapprochée de JP Bemba.
Bref, il s’agissait de personnes litigieuses comme tous ceux que la police et l’armée continue à « ramasser » à travers la ville, et ces deux là ne pouvaient pas faire exception.
Quant aux biens et à l’argent que les policiers auraient emporté lors de la perquisition, les autorités ont clairement dit qu’il s’agissait d’une bavure et que les auteurs seront sanctionnés. En attendant, on est en droit de se demander : entre globalement 7.000 dollars (en argent et en nature) qui auraient été emportés et trois véhicules de l’Etat d’une valeur de plus de 100.000 dollars que Makila gardait chez lui, qui doit crier au voleur ? Et comment doit-on appeler un ministre qui désaffecte des véhicules de l’Etat pour les vendre à 1.400 USD alors qu’ils ont coûté au moins 24.000 dollars chacun ? Comment appelle-t-on ensuite un tel type qui se vend à lui-même ces véhicules avant de les revendre aux Libanais à 20.000 dollars ?
Et maintenant que l’Etat a repris ses véhicules, comment Makila compte-t-il rembourser tous ceux qu’il a roulés et qui se présentent aujourd’hui tragiquement comme receleurs, contre leur volonté ? Cela s’appelle simplement de l’escroquerie précédée d’une ignoble spoliation. Et à cet allure, les députés provinciaux de l’Equateur devront ouvrir l’œil, et le bon, pour surveiller « le sanguinaire » afin qu’il ne fasse pas « saigner » les caisses de la province pour payer ses dettes…
Finalement, c’est comme une pratique du parti de l’ex-Igwe qui avait voulu s’accaparer du pouvoir par la force avant de fuir et aller se cacher dans une ambassade. En effet, lorsqu’on se rend au parking du ministère des Travaux publics où sont gardés les véhicules récupérés, on constate, en lisant les plaques d’immatriculation STA, que 80% de ces véhicules sont affectés aux ministères qui étaient gérés par la composante MLC sous la transition 1+4. Il s’agit principalement des TP (José Makila), de l’Agriculture (Kangundu puis Romain Nymi), de l’EPSP (Engwanda).
Même la Primature où travaillait Jean-Pierre Bemba n’avait pas échappé au pillage. Quelques jours avant la prise de fonction de Gizenga Yandi Kaka, les hommes de Bemba ont tout pris, jusqu’à la moquette et aux rideaux et aux cuves des WC.
Comme nous le disions, le vol est manifestement l’activité principale de la bande à Baïmoto. Sous la deuxième République, son père volait le fisc en ne payant pas les taxes. La société Scibe doit à l’Etat pas moins de 100.000.000 de dollars (plus de 75 milliards d’anciens Zaïre) si l’on en croit les chiffres qu’avait donnés Kengo Wa Dondo à la Conférence nationale souveraine.
Pendant la rébellion, les bastions de Bemba en Equateur firent l’objet d’un pillage en règle : minerais, bois, café, etc., rien de ce qui peut être vendu ne lui a échappé. Le diamant particulièrement a fait l’objet d’un pillage en règle avec l’axe Afrique centrale et Congo Brazzaville, dans le dos du processus de Kimberley.
Alors question : qui a volé qui et qui doit crier au voleur ?
Kasinde Lubangi lwa Milongo
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