L’affaire sévit sur le net. Du moins sur les différents
sites politiques des exilés congolais. Et, évidement, Joseph Kabila en est le
sujet central. C’est l’histoire d’un
sujet congolais, Georges Masudi Oyema (et non Onyema), arrêté récemment au
Venezuela en compagnie d’autres sujets américains et mexicains qui tentaient
d’introduire et de faire transiter par Caracas deux tonnes de cocaïne. Des
agents de l’immigration ainsi que des policiers vénézuéliens seraient aussi
arrêtés pour la même affaire. L’information a été livrée par le ministre
vénézuélien de l’Intérieur qui, malencontreusement ou pour avoir été induit en
erreur, aurait présenté Masudi comme un proche parent du Président Kabila.
Les extrémistes congolais, principalement ceux de l’Apareco de Honoré Ngbanda,
ont monté tout un dossier pour faire remonter Masudi jusqu’au sommet de l’Etat.
L’intention est bien claire : nuire et faire ternir l’image du Chef de l’Etat
qui, selon des sources dignes de foi, va bientôt entamer une longue tournée
euro américaine pour « vendre » le programme du Gouvernement qui
tourne autour de ses cinq chantiers. Ça s’appelle la stratégie d’emmerdement
maximum.
La non affaire
L’affaire, qui n’en est manifestement pas une, puisque chaque jour des
trafiquants de drogue, leurs passeurs et leurs cargaisons sont arrêtés à
travers le monde, l’affaire donc a été diffusée avec toutes les réserves
d’usage concernant la parenté de Masudi. Et la toute première dépêche de
Associated Press (AP) datée du 16 juin 2007 contenait un démenti formel de
Théodore Mugalu, chef de la maison civil du Chef de l’Etat. Mais les fauves du
net politique se sont bien gardés d’en faire mention. Les organes de presse
étrangers sérieux n’en ont pas fait mention. Même à Kinshasa, les journaux qui
ont reçu l’info n’en ont pas fait mention. Idem chez la très sérieuse Radio
Okapi qui ne s’y est même pas attardé après avoir constaté l’exploitation que
venait d’en faire l’Apareco qui a aussi manipulé les sites de l’Udps.
Qui est donc Masudi Oyema ? Un fait : il est bel et bien originaire du Maniema,
province dont le Chef de l’Etat n’est pas originaire. Impossible donc qu’il ait
la moindre parenté, même à travers sa mère qui est également du Maniema, mais
avec laquelle il ne partage pas le même territoire, Masudi est Mukusu de
Kibombo et la mère du Raïs est de Kabambare.
Onyema aurait-il accédé au cercle restreint de Joseph Kabila, notamment à
travers son épouse ? Ici on n’en a pas souvenance. Ce qui est connu, c’est que
bien de gens, nationaux comme étrangers, aujourd’hui comme sous Mobutu ou
Kabila père, en RDC comme ailleurs en Afrique et sous d’autres continents, bien
de gens, des téméraires, jouent du trafic d’influence au nom de hautes
personnalités, généralement des Chefs d’Etat et/ou leurs familles politiques
et/ou biologique ou encore par leur cercle privé d’amis. Certains tombent dans
les filets de la police et de la justice, d’autres courent souvent, mais
finissent aussi mal comme Georges Masudi. D’ailleurs, selon la première et
unique dépêche de AP, aucun élément ne permettait d’établir clairement une
quelconque parenté entre le concerné et le Chef de l’Etat, même si le
journaliste paraît quelque peu troublé quant à savoir comment il aurait obtenu
un passeport diplomatique et comment il sillonnait le monde, avant de répondre
lui-même par la possibilité de la corruption et de l’impunité. Mais ça, les
requins politiques du net se sont gardés de mentionner.
Encore une maladroite manip’ de Ngbanda
Là donc peut s’arrêter l’affaire, le reste de la broderie sur Internet pouvant
être renvoyé dans l’imagination de ses auteurs, même s’il tentent
maladroitement une connexion avec Denis Kalume qui se trouve être aussi
originaire du Maniema. Il faut, cependant, retenir que Georges Masudi n’en est
pas à sa première infortune du genre. Il a déjà purgé une peine de 7 ans de
prison à Londres pour escroquerie et trafic de stupéfiants, ce dernier détail
n’ayant pas été mentionné par l’Apareco pour des raisons évidentes de
manipulation. Il était (et serait encore) de connivence avec un groupe de
britanniques qui opèrent dans le secteur du diamant.
Il est bel et bien arrivé au Congo au début de la transition 1+4. Au moment des
élections, il est parmi ceux qui opèrent un libre choix politique en ralliant
l’AMP à travers un parti politique, l’Uprdi. Il se présente effectivement aux
législatives nationales à Kindu sous le label AMP. Et avec lui d’autres
candidats tels que Tambwe Mwamba, Faustin Luangha et Albert Etshumba qui se
présentent comme indépendant, et Raphaël Luhulu qui s’aligne sous les couleurs
du Pprd après avoir été rapporteur de l’Assemblée nationale de transition sous
le label des Maï Maï.
Comme d’autres candidats AMP, tels que Faustin Luangha, Georges Masudi échoue
lamentablement face à la machine broyeuse de Tambwe Mwamba. Il ne s’est donc
pas retiré au profit de ce dernier comme le prétend l’Apareco. Pour preuve, il
a tenté de se représenter aux provinciales, mais ne l’a pas fait pour des
raisons que l’on ignore.
C’est peu après ces élections, et avant même la formation du Gouvernement
Gizenga qu’il disparaît de la circulation avant de faire sa réapparition sur
les sites de l’Apareco dans une non affaire du genre de ceux dont Honoré
Ngbanda est devenu spécialiste. Lui-même a, d’ailleurs, eu à détenir un
passeport officiel togolais et devrait dire à ses adeptes comment cela était
arrivé et comment, avec ce passeport, lui qui n’est pas togolais a sillonné les
capitales occidentales. Avec des notes verbales et des autorisations de sortie
togolaises ? Et comment, pourquoi et dans quelles conditions il lui a été
retiré.
D’autre part, Honoré Ngbanda est de ces
Congolais qui ne peuvent pas jeter la pierre à Georges Masudi Oyema qui, lui,
n’est pas défendable, loin s’en faut. Alors membre de l’ambassade de la RDC en Belgique, Ngbanda en
fut déclaré persona non grata puis expulsé, justement après avoir été retrouvé
en détention de drogue, notamment dans sa voiture.
MMC
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