X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Recherche Web
OK
CONGO MON AMOUR
samedi 30 juin 2007, a 09:10
Nkundabatwre aux abois et pris à son propre jeu délibéré de distraction des Congolais
 

 


Analyse des sournoises confidences du général Nkundabatware au journal Le Soft, confidences dans lesquelles le seigneur de guerre rwandophone s'essaie à une opération de charme pour transformer son cynisme et toutes ses turpitudes en actes de bravoure avec visée de se prévaloir digne libérateur du Congo !


 

Dans une interview, d'une soixantaine de questions-réponses étalées sur 23 pages A 4, publiée par « Le Soft » dans son édition n°909 datée du 7 juin 2007 et mise en ligne le 12 juin, Laurent Nkundabatware, qualifié dimanche 24 juin dernier sur Rfi de général félon par l'honorable Gilbert Kiakwama, surfe sur ce que le peuple congolais a de sentimental, d'émotionnel, donc de faible : la fibre ethnotribale ! En effet, pour justifier son aventure commencée en 2003 avec son refus de se rendre à Kinshasa pour prendre ses galons et ses fonctions, il aligne des conflits à caractère ethnique et tribal survenus dans le Bas-Congo (affaire Bundu dia Kongo fin début 2007), dans le Kasaï et le Katanga (refoulement des Kasaïens en 1993 !), dans l'ex-Kivu (cohabitation difficile entre populations congolaises autochtones et population congolaise d'expression rwandaise) ou à caractère politique survenus à Kinshasa (événements de mars 2007) et à l'Equateur (troubles survenus pendant les élections).

E qu'il s'abstient cependant de dire, c'est que la création de son mouvement n'a aucun lien direct ou indirect avec ce qui s'est passé notamment au Katanga/Kasaï, au Bas-Congo, au Bandundu, à l'Equateur et même à Kinshasa. D'ailleurs, à chaque détour de ses réponses, il s'appesantit continuellement sur le sort de la communauté congolaise d'expression rwandaise à laquelle il appartient. Bien entendu, comme à leur habitude, des Congolais mus par des calculs minables de repositionnement se prennent, soudain, à rêver d'un nouveau dialogue qui aboutirait au retour à la case départ genre Cns, caressant secrètement le fol espoir de permettre aux leurs de sortir du bourbier dans lequel ils se sont inutilement vautrés en récusant le processus électoral. Ainsi, une fois de plus, les Congolais sont en train de se laisser distraire. Et se faire avoir par un Laurent Nkundabatware-Mihigo, général renégat en passe de devenir « superstar ». La veille de la célébration de l'AN 47 de l'Indépendance de la RDC, il y a de quoi s'édifier à l'analyse de la mystification et mythification en cours…

Dans le cahier des charges de son organisation politico-militaire dénommée Cndp, le « général » circonscrit les actes d'insécurité généralisée en ces termes : « 05. Dans certaines entités territoriales de la RDC - Province du Nord-Kivu, Province du Sud-Kivu, Province Orientale - l'insécurité est devenue quasi-structurelle, en ce sens qu'à force de durer et de faire de plus en plus mal, jour après jour, elle a fini par imprégner et asseoir au quotidien au sein des populations concernées les réflexes, les comportements, les relations sociales, les opérations économiques et commerciales, etc.

Ces trois entités territoriales ont en commun d'être celles où, de façon permanente, l'intolérance, l'exclusion, les oppositions interethniques les plus exacerbées et le refus de cohabitation pacifique ont élu domicile. Mais aussi, elles sont celles où opèrent avec la plus grande violence et la plus insupportable barbarie des groupes armés étrangers en situation de rébellion à l'égard de leurs pays respectifs qui sont aussi parmi nos plus prochains voisins. Il s'agit de : FDLR/ex-FAR/lnterahamwe du Rwanda, ADF/NALU et LRA de l'Ouganda, FNL-Palipehutu du Burundi.

« 06. Dans d'autres parties du pays, l'insécurité revêt un caractère plutôt conjoncturel.

 Ainsi, depuis les pillages de 1991 et 1993 et le massacre des Chrétiens de 1992, en pleine Conférence Nationale Souveraine (CNS), la ville de Kinshasa, à la veille ou au lendemain de chaque échéance politique, tend à devenir le théâtre de violences de plus en plus meurtrières.

 La Province du Katanga, à la même époque de la CNS, a connu une épuration ethnique dirigée par Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, l'actuel président de l'Assemblée Provinciale contre les non-originaires, en particulier les Baluba ressortissants du Kasaï. Ces derniers avaient déjà connu les mêmes pogroms, à une échelle plus vaste, lors de la sécession katangaise, au lendemain de l'indépendance, le 30 juin 1960. Cette menace-là n'est pas définitivement écartée, mais encore la rivalité entre Balubakat et « Katangais utiles » ne met pas la Province à l'abri d'éventuelles secousses porteuses de drames humains. Sans parler des groupuscules armés de la mouvance Maï-Maï qui ont mis à sac, il y a peu, le nord de la province et des représailles FARDC qui se sont ensuivies (cfr les exactions contre les populations de Kilwa).

 Plus récemment, la Province du Bas-Congo a été confrontée à des violences meurtrières d'une ampleur qui lui était jusqu'alors inconnue. Elles sont dues à l'apparition d'un mouvement à caractère politico-religieux et à visées probablement autonomistes, à moins qu'elles ne soient irrédentistes. Le Bundu-dia-Kongo (BDK), puisqu'il s'agit de lui, a été, par deux fois, l'objet d'une répression sanglante de la police et de l'armée qui ont utilisé des moyens disproportionnés pour en venir à bout. Le BDK n'a probablement pas fini de faire parler de lui.

 Dans la province de Bandundu, les récentes revendications territoriales angolaises en territoire de Kahemba ne sont pas pour rassurer sa population ni les autres Congolais qui doivent s'inquiéter de l'avenir de la paix dans cette partie de la RDC.

 Quant à la province de l'Équateur, des signes avant-coureurs d'une instabilité chronique à venir ont déjà été observés à la suite des contestations électorales et des violences qui en ont résulté ».

Naturellement, il en tire toute la conclusion ci-après : « Par conséquent, si les comptes sont bons, sur les 11 provinces (dont Kinshasa) qui forment la RDC, au moins huit connaissent une insécurité plus ou moins grande. C'est beaucoup, c'est trop, cela mérite que les pouvoirs publics y consacrent le maximum d'énergies, de talents et de ressources matérielles et financières disponibles. Faute qu'il en soit ainsi, notre pays serait condamné à l'impuissance et à la mort lente, mais sûre. Et cela, le CNDP se refuse à l'admettre ».

 

Reprise des revendications du Rcd

 

A lire intelligemment ce fameux cahier des charges, on se retrouve devant cette réalité embarrassante : Nkundabatware reprend l'essentiel des revendications du Rcd au lendemain de la guerre du 2 août 1998, renouvelées la veille de la signature de l'Accord de Lusaka et confirmées pendant le Dialogue intercongolais ! Elles portaient et portent sur les intérêts spécifiques de sa communauté ethnique résumée dans le triptyque : « terre-nationalité-pouvoir ». Sa communauté a obtenu la nationalité à la faveur de la Loi sur la nationalité ; elle a eu le Pouvoir pendant la Transition en plaçant Azarias Ruberwa à la vice-présidence de la République en charge de la Commission Politique, Défense et Sécurité ; elle reste préoccupée par la revendication terre, partant du principe sociologique négro-africain selon lequel « chaque terre appartient à une tribu et toute tribu a sa terre ».

On ne le dit pas assez malheureusement, et c'est peut-être le moment de le rappeler en le soulignant avec insistance : l'avenir de la communauté congolaise d'origine rwandaise est partout, sauf au Rwanda ! On en veut pour preuve le traitement discriminatoire dont sont victimes en terre rwandaise les réfugiés Tutsi congolais alors que dans toutes les autres communautés ethniques et tribales transfrontalières présentes aussi bien au Congo que dans d'autres Etats voisins, la notion de réfugié entre gens de même sang, de même clan ou encore de même ethnie ou tribu n'existe pas. Un Lari du Congo-Brazzaville, qui fuit son pays pour se sécuriser dans le Manianga de la RDC, n'est jamais traité véritablement en réfugié dans cette contrée. Il sait qu'il a de la « famille » de l'autre côté de la frontière, et son intégration est la chose la plus aisée qui soit. Dès qu'il y débarque, on le loge, on le nourrit, on lui trouve rapidement une terre à cultiver et, s'il est célibataire, une âme sœur !

Si, par contre, des Tutsi Banyamulenge qui se retrouvent au Rwanda parmi les leurs restent cantonnés dans des campements pour réfugiés parce qu'il n'y a personne dans une colline de Kigali ou de Gisenyi pour les accueillir, c'est qu'ils sont traités en étrangers par leurs frères de race et de sang. Ça s'appelle racisme, ségrégationnisme, apartheid, stigmatisation, indexation, bref mépris ! Moralité : l'avenir de la communauté congolaise d'origine rwandaise est en RDC. Il passe impérativement par l'intégration de la Nation congolaise ; n'en déplaise à Moïse Nyarugabo qui assimile intégration à absorption, à disparition !

La question de fond pour tout analyste avisé, à la lecture de l'interview de Laurent Nkundabatware et du cahier des charges de son mouvement, est dès lors de savoir si après le Rcd, si après le Cndp, il n'y aura pas de « jamais deux sans trois » ; le général félon ayant, par exemple, reconnu avoir récupéré pour le compte de son mouvement actuel le gros de l'armement provenant de l'arsenal de son ancienne organisation. Cela suppose que le Rcd ayant caché le Cndp, le Cndp ne peut pas ne pas cacher une autre organisation…

 

De la lignée des « Affreux » Scrhamme et Denard !

 

A dire vrai, la prestation de Nkundabatware trahit un homme aux abois n'ayant plus pour ressource que l'exacerbation des sentiments ethnotribalistes là où le temps a pansé les plaies d'hier et panse celles d'aujourd'hui sans nécessairement aller au « show » de la réconciliation qu'il est en train de préconiser. C'est assez visible puisque dans son entreprise de distraire les Congolais, il en appelle à la réactivation de la « Commission Vérité et Réconciliation » et suggère qu'il lui soit affecté 25 % du Budget de l'Etat congolais ! Cette Commission, pour rappel, a fonctionné au cours de la Transition. Pendant les 44 mois de la durée de celle-ci (juin 2003-février 2007), on n'a jamais entendu ni vu Laurent Nkundabatware en dire du bien !

S'il s'en fait l'avocat de la 25ème heure aujourd'hui, c'est qu'il veut se faire le héraut d'une Cause de laquelle il espère sortir héros ! Il sait qu'il va facilement trouver des Congolais prêts à lui ouvrir le boulevard de la Grandeur pendant qu'il a lui-même conscience d'être totalement perdu dans le sentier de la Décadence.C'est ce que nous tentons de démontrer dans les lignes qui suivent en analysant chacune de ses réponses aux 66 questions pertinentes de notre confrère Mukebayi Nkoso qui a fait un fabuleux travail de « psychanalyse ». Le vrai mérite de la prestation de Nkundabatware est de convaincre enfin l'opinion avertie que l'homme est de la lignée des « Affreux » que furent Jean Schramme et Bob Denard. Un vil mercenaire qui se drape derrière la Cause « Tutsi » pour assouvir sa soif insatiable de sang. Donc, un vrai danger aussi bien pour cette communauté et pour le Rwanda que pour la RDC et la région des Grands Lacs. Tenez !

 

1. Laurent Nkundabatware, le boucher de Kisangani…

 

Réponse de LN au journal « Le Soft » : « Les Congolais doivent comprendre. À Kisangani, la guerre a commencé alors que j'étais en formation dans une académie au Rwanda. On me dit que Kisangani est occupé et que je dois accompagner le chef d'état-major général adjoint chargé de l'administration Gabriel Amisi Tango Fort. J'arrive à Goma à 9 heures alors que le chef-lieu de la province Orientale est occupé depuis cinq heures du matin. Les combats font encore rage dans la ville. Nous prenons l'avion avec le général Tango Fort qui était alors mon chef. Prennent place à bord du même vol : le colonel Luboya, G2 du RCD.

« À l'époque, je suis commandant brigade en formation. Je n'étais pas en fonction. C'est mon adjoint, le colonel Yvon Gizani, qui assumait mon intérim à Kisangani. Il est aujourd'hui à Kinshasa. Où est la responsabilité de Laurent Nkunda dans cette affaire ? On dit que je suis resté à Goma parce que je crains d'être arrêté à Kinshasa à cause de Kisangani. Que dire alors d'Adolphe Onosumba à l'époque président du RCD ? Il avait la charge des opérations comme chef suprême. Que dire d'Azarias Ruberwa ? Il était secrétaire général du RCD. Que dire du général Gabriel Amisi Tango Fort aujourd'hui chef d'état-major général adjoint ? Que dire de feu général Sylvain Buki alors chef d'état-major général de l'armée du RCD ? Et du général Malik à l'époque du RCD chargé des opérations ? « Chercher dans cette affaire à faire porter la responsabilité à Laurent Nkunda, c'est simplement prendre le raccourci du bouc émissaire ».

 

Observations : Les derniers événements de Kisangani datent de juillet 2002 après la tenue du Dialogue intercongolais à Sun City du 25 février au 19 avril ! Pour mémoire, l'Accord de Sun City venait d'être signé en désignant Joseph Kabila en qualité de Président de la République (pour le compte de la composante Gouvernement), Jean-Pierre Bemba en qualité de Premier ministre (pour le compte de la composante Mlc) ; le poste de Président du Parlement ayant été réservé au Rcd. Pour rappel, côté congolais, il n'y a eu que le Rcd, l'Udps et quelques petits partis à avoir boycotté cet accord.

Ces événements vont révolter l'opinion, étant donné que plus rien ne pouvait les justifier ; l'Accord de Sun City ayant, à ce moment-là, obtenu la caution de la Communauté internationale. Mme Mary Robinson, Haut commissaire pour les Droits de l'Homme, s'était même emportée au cours d'un point de presse, citant nommément Laurent Nkundabatware parmi les exécutants du massacre.De juillet 2002 à juin 2007, il s'est passé cinq ans au cours desquels l'intéressé n'a engagé la responsabilité ni d'Onosumba ou Ruberwa, ni d'Amisi ou Buki, encore mois de Malik ! Il ne s'est même pas défendu personnellement ! Qu'il ait attendu l'interview du Soft en 2007 et au moment où son mouvement, le Cndp, reprend les revendications du Rcd, c'est bien la preuve qu'il y a anguille sous roche !

Les historiens noteront que dans sa réponse, Nkundabatware fait exprès de ne pas rappeler à l'opinion que ces événements ont mis pour la 2ème fois en terre congolaise face-à-face l'armée rwandaise (soutenant le Rcd) et l'armée ougandaise (soutenant le Mlc). Ainsi, par l'entremise du Rcd et du Mlc, deux armées régulières étrangères se sont battues au Congo ; les victimes étant les populations congolaises locales...Laurent Nkundabatware n'a donc pas jugé utile de voler au secours de ces populations alors qu'il s'en est allé « sauver des vies Banyamulenge » à Bukavu.

 

2. De ses relations avec Azarias Ruberwa Manywa, l'ancien Vipi en charge de la Défense et de la Sécurité, et ce qu'il pense de lui comme homme !

 

« Ruberwa m'a dit un jour qu'il était fâché contre nous parce que nous avions refusé d'accompagner le RCD à Kinshasa. Depuis que j'ai refusé d'aller prendre mes fonctions à Kinshasa, on n'a plus la même relation (...). Mais je pense que je n'ai rien à en attendre. Il n'a pas un soutien à me donner. Il n'a pas su capitaliser le poste que nous lui avions donné, ce poste pour lequel nos enfants sont morts. S'il n'a rien fait pendant qu'il était Vice-président de la République, je ne le vois pas faire quoi que ce soit aujourd'hui ». (…) Il nous a accusés d'avoir refusé de l'accompagner à Kinshasa. Mais il n'a jamais été clair dans sa vision. J'ai parlé avec lui avant qu'il ne se rende à Kinshasa. Je lui ai demandé ce que nous allions y faire. Il n'a pas su me répondre, ni me dire ce que nous allions y gagner. Si j'ai refusé d'aller à Kinshasa, c'est mon droit. Ce n'est pas le RCD qui m'a formé, ni m'a recruté comme militaire. Je n'avais donc aucune dette envers le RCD ».

 

Observations : Relisons calmement cette réponse suffisamment révélatrice de la démarche ethnotribale de l'homme. Il dit clairement que Ruberwa « n'a pas su capitaliser le poste que nous lui avons donné, ce poste pour lequel nos enfants sont morts » et déduit en substance que « S'il n'a rien fait pendant qu'il était Vice-président de la République, je ne le vois pas faire quoi que ce soit aujourd'hui ». Ces deux extraits révèlent en vérité que c'est une affaire interne à la communauté congolaise d'expression rwandophone !

Premier enseignement : c'est à cette communauté que Ruberwa devait son poste, et puisqu'il a échoué selon l'entendement du « général », le Cndp prend tout naturellement la relève ! Deuxième enseignement : il dénie au Rcd tout droit sur sa personne. « Ce n'est pas le RCD qui m'a formé, ni m'a recruté comme militaire ». Ainsi, il estime à partir de cette évidence que ne pas aller à Kinshasa, c'est son droit. La déduction à tirer ici est que Laurent Nkundabatware ne devant rien à la République Démocratique du Congo - en tout cas ce n'est pas le Pouvoir central qui l'a recruté comme militaire et l'a formé - il est en droit, à tout moment, de remettre en cause sa relation avec l'armée légale de la RDC ! Il n'y a au monde aucun pays qui puisse avoir dans son armée un militaire qui non seulement réfléchit mais en plus agit ainsi ! Un tel électron libre est un mercenaire tout fait.

Troisième enseignement : n'ayant pas à l'époque trouvé ce que sa communauté avait à gagner à se rendre à Kinshasa, Nkundabatware ne peut pas aujourd'hui, sous le couvert du Cndp, justifier ce que la même communauté a à gagner du « Dialogue intercongolais bis » vers lequel il veut pousser les Congolais !

 

3. Les événements de Bukavu…

 

« Et puis il y a Bukavu. J'ai parlé avec beaucoup de ministres à Kinshasa alors que je m'y trouvais pour sauver des vies Banyamulenge. J'ai parlé avec Azarias Ruberwa. Il m'a promis qu'une enquête allait être mise en route sur ce qui s'était passé à Bukavu. Il m'a recommandé de quitter la ville pour laisser faire l'enquête. En réalité, je pense que Ruberwa doit garder des remords de cet épisode parce que ce sont ses propres frères qui sont morts. Il n'a pas pu leur rendre justice durant son mandat ».

 

Observations : On y est justement ! De Goma où il se trouvait, le « général » qui a refusé de descendre à Kinshasa pour prendre ses fonctions va tout simplement débouler sur Bukavu pour, dit-il, « sauver des vies Banyamulenge » ! Le message est d'une clarté limpide : des vies Rega ou des vies Bembe ne représentent rien à ses yeux ! Voilà le « militaire » qui se veut l'interlocuteur tantôt du Président de la République, tantôt du Gouvernement et qui, de surcroît, a la prétention de reformer l'armée congolaise via le mixage ! ! !

 

4. Du Rwanda, ce pays a une dette envers lui.

 

« Vous dites que le Rwanda m'a adopté ? Nous sommes allés au Rwanda aider le FPR à chasser le pouvoir dictatorial et génocidaire de Juvénal Habyarimana. Je suis allé donner mon appui avec d'autres Congolais. Tel feu le général Anselme Masasu Nindaga. Tels le général Malik, le général Obed Rwibasira, le colonel Eric Rihombere, le colonel Elie Bishondo, le colonel Bonane aujourd'hui en Ituri. Nous sommes parmi ceux qui ont sympathisé d'une manière ou d'une autre avec le Rwanda. Mes relations avec le Rwanda sont des relations fraternelles. Je suis Munyarwanda congolais. J'ai des liens de culture, de langue et d'histoire avec le Rwanda. Le Rwanda héberge encore aujourd'hui beaucoup de réfugiés rwandophones congolais. Nos familles sont là. Nous partageons un passé commun ». (…)

« Je pense en effet que le Rwanda m'est redevable. Nous disons que nous n'avons pas de comptes à demander au Rwanda puisque nous nous sommes battus pour une cause. Nous ne sommes pas allés au Rwanda comme mercenaires. Il s'est agi d'un engagement personnel pour des valeurs. Nous n'avons rien à réclamer, mais les Rwandais eux-mêmes reconnaissent que nous avons fait beaucoup pour eux. C'est d'ailleurs pour cela qu'ils nous ont accompagnés dans la marche de l'AFDL vers Kinshasa ».

 

Observations : Laurent Nkundabatware revendique courageusement sa « rwandaïté » quand il déclare, citation : « J'ai des liens de culture, de langue et d'histoire avec le Rwanda. Le Rwanda héberge encore aujourd'hui beaucoup de réfugiés rwandophones congolais. Nos familles sont là. Nous partageons un passé commun » ! Il y a lieu de poser, aux acteurs politiques qui comptent sur ce « général » pour rebondir, la question suivante : quelle la place du Kasaï ou du Katanga là-dedans ? Et celle du Bas-Congo ou de l'Equateur ? Et du Bandundu ou de Kinshasa ? Ceux qui ont succombé facilement aux sirènes du « général » - surtout nos compatriotes de Limete - devraient se ressaisir en se souvenant du rôle que l'on fait jouer continuellement à au lider maximo : celui de marchepied !

 

5. Quand on veut savoir s'il recherche des postes dans les Institutions à Kinshasa, il répond oui en mettant cependant malignement en avant son plan de paix qui en est la condition. Dans un « Condensé du cahier de charges du Congrès National pour la Défense du Peuple » signé à Bwiza, Nord-Kivu, le 30 décembre 2006, le Général de Brigade Laurent Nkunda Mihigo, réclamait au point 8 ce qui suit : « Mettre en oeuvre la loi d'amnistie déjà votée et promulguée et annuler les

mandats d'arrêt émis sans fondement et nuisibles à la réputation des victimes ».

 

En voie de quoi, le CNDP « en guise de bonne foi se déclare disposé à observer un cessez-le-feu permanent pour tester la bonne volonté du régime en place d'engager un processus démocratique véritable dans l'esprit et la lettre de ce qui vient d'être dit ». Ainsi, poursuit le texte, le CNDP « adhère sans réserve à la position de tous ceux qui, comme l'Afrique du Sud, la MONUC et des forces politiques et sociales congolaises, appellent à une solution politique négociée de la crise actuelle, car à l'évidence, la solution militaire a montré toutes ses limites ».

 

Observations : Voici un « général » qui refuse librement de prendre ses galons et ses fonctions, un « général » qui dénie au Rcd tout droit sur sa personne, un « général » qui lève une mutinerie en entraînant 2.000 militaires Fardc d'expression rwandaise dans l'aventure de Bukavu pour « sauver des vies Banyamulenge » et qui, suprême audace, réclame la mise en œuvre de la loi d'amnistie et l'annulation des mandats d'arrêt émis contre lui, mandats qu'il qualifie au demeurant de « sans fondement et nuisibles à la réputation des victimes » ! Le bourreau, le coupable se décrète victime !

Voici un général renégat, dans un pays doté d'une Constitution dont l'article 190 interdit formellement et qualifie de haute trahison l'organisation des formations militaires, paramilitaires, milices ou jeunesses armées, se disant prêt à faire observer au sien de groupe armé un cessez-le-feu « permanent pour tester la bonne volonté du régime en place d'engager un processus démocratique véritable » ! Cette bravade, il la balance au lendemain de la tenue des élections ! Oui, voici un « général » qui se vante à son tour de « la position de tous ceux qui, comme l'Afrique du Sud, la MONUC et des forces politiques et sociales congolaises, appellent à une solution politique négociée de la crise actuelle, car à l'évidence, la solution militaire a montré toutes ses limites », une crise qu'il a sciemment créée et entretenue à partir de son refus d'évoluer dans les Fardc ! Autant que les partenaires extérieurs, les forces politiques et sociales congolaises qui ont tenté la voie de la négociation réalisent à leurs dépens comment s'acharne-t-il à vouloir leur arracher le bras pour la main qu'ils ont essayée de lui tendre.

 

6. Dans son plan de paix, Nkunda offre des propositions.

 

« Au niveau du CNDP, nous disons qu'il faut mettre chacun à sa place. Nous ne venons pas seulement discuter des postes, nous apportons un savoir-faire qui a manqué au Gouvernement. Nous avons fait montre de notre savoir-faire en réussissant la réconciliation partout où nous sommes présents. Nous avons fait montre de notre savoir-faire dans l'organisation de l'armée et même dans la sécurisation du territoire. Voilà pourquoi, nous disons que ce n'est pas seulement une question de partage des postes, mais c'est aussi une question de négocier les capacités. Nous disposons d'une expertise capable d'aider ce Gouvernement à aller de l'avant. Nous sommes prêts à la mettre à la disposition de qui de droit ».

 

Observations : C'est du plat réchauffé que l'on repasse pour la consommation populaire ! En effet, de 1998 avec le début de la guerre à 2003 avec le début de la transition, le Rcd faisait valoir son expertise politique, diplomatique, militaire, économico-financière et socioculturelle, ridiculisant continuellement l'incompétence du « Gouvernement de Kinshasa » ! Pourtant, entre juin 2003 et février 2007 (durée de la Transition issue du Dialogue intercongolaise), cette expertise a fait flop ! Que Laurent Nkundabatware, à la tête d'une organisation politico-militaire essentiellement ethnotribale, en vienne en dire qu'il dispose « d'une expertise capable d'aider ce Gouvernement à aller de l'avant », il y a bien de quoi se demander où va-t-il la recruter !

On est, une fois de plus, en plein dans la thèse ségrégationniste de la supériorité de la race nilotique sur la race bantoue, thèse développée en Occident en prévision de la guerre de 1996 et surtout de 1998. On en connaît aujourd'hui le prix : si la première, menée par la majorité bantoue avec la minorité tutsi, s'est révélé une promenade de santé (dixit l'Opposition radicale), la seconde, elle, conduite par la majorité tutsi avec la minorité bantoue, s'est soldée par le bilan effarent de près de 4 millions de morts pour causes directes ou indirectes, de près de 2 millions de déplacés internes et de près de 400 mille réfugiés, le tout sur fond de pillage systématique des ressources naturelles et autres formes de richesses congolaises. La majorité des victimes sont des Congolais d'expression autre que rwandaise ! Voici ce dont est capable l'expertise capable d'aider le Gouvernement à aller de l'avant !

 

7. Mais le général explique que dans ces négociations, son ancien mouvement politico-militaire du RCD-G n'est nullement concerné.

 

« Le RCD est déjà au Gouvernement. Il a fait alliance avec l'AMP même s'il n'a pas obtenu un poste ministériel. Puis, le RCD a participé au Gouvernement pendant les trois années de la transition. Nous, nous n'avons rien eu. Le CNDP n'a aucun lien avec le RCD. Nous avons un lien du passé du fait d'avoir été général au RCD. Certains aspects de notre cahier reprennent des revendications partagées à l'époque avec la direction du RCD. Le RCD s'en est détourné dès qu'il est arrivé au pouvoir. Nous, nous continuons encore à nous battre pour en obtenir la matérialisation. Il n'y a pas de collaboration entre le CNDP et le RCD. Nous sommes autonomes. Il faut rappeler que nous avons connu des contradictions presqu'irréductibles avec les membres de la direction du RCD, même avec Ruberwa (...). On s'est battu en 1998 contre les anti-valeurs. Ces anti-valeurs ont continué avec la transition. On s'est battu pour que les réfugiés reviennent au pays, pour qu'il y ait réconciliation. En la matière, le RCD n'a rien fait avancer ».

 

Observations : Le doute est ainsi levé ; le Cndp reprend effectivement à son compte les revendications du Rcd parce que le Rcd - c'est Nkundabatware qui le clame - « s'en est détourné dès qu'il est arrivé au pouvoir ».D'ailleurs, l'intéressé persiste et signe : « Nous, nous continuons encore à nous battre pour en obtenir la matérialisation ». Vive l'agenda caché ! La pertinente question suivante vient à l'esprit, à savoir : quelle est alors la place du Kasaï ou du Katanga là-dedans ? Et celle du Bas-Congo ou de l'Equateur ? Et du Bandundu ou de Kinshasa ?

 

8. Êtes-vous Nkunda ou Nkundabatware ?

 

« Mon nom est Laurent Nkunda Mihigo. Le patronyme Nkundabatware existe dans le langage kinyarwanda mais je ne le porte pas. Ceux qui me le collent veulent me caricaturer ».

 

Observations : On aurait bien souhaité l'entendre donner la signification exacte du patronyme Nkundabatware, car si Laurent Nkunda Mihigo y trouve une manière de le caricaturer, c'est que ça doit être quelque chose d'encombrant.

 

Correspondance particulière de Omer Nsongo die Lema/MMC

< Retour
Commentaires
Signature pour votre commentaire

Adresse e-mail (facultatif):

M'avertir d'un nouveau commentaire de cet article
code de vérification (ci-dessous)



Présentation
Congo Debout :Dans ce monde d'aujourd'hui, la puissance passe par l'information. Ce blog informe les Congolais, dit-on. Qui informe et s'informe se développe. Y.R

Envoyer un mail à l'auteur
publicité
commentaire(s)
Ngbanda qualifie les Kinois de « déchets » vivant dans Kin-la-poubelle ! masivi (22/11/2009 17:22)

cette prophetie n´es...

Kinshasa, un nouveau Dubaï ? 000000 (02/11/2009 16:40)

moi je cherche l...

VOICI LES OEUVRES DE MOISE KATUMBI AU KATANGA pppp (29/10/2009 18:56)

le gouverneur du kat...

Newsletter

Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :


mes catégories
Pmu (1)
Afrique (1)
Politique (1)
politique (1)
Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«juin 2007»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03
04 05 06 07 08 09 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30
archives
2009-11 (2)
2009-10 (2)
2009-09 (5)
2009-08 (1)
2009-07 (4)
2009-06 (8)
2009-05 (2)
2009-03 (6)
2009-02 (5)
2008-12 (4)
2008-11 (5)
2008-10 (3)
2008-09 (5)
2008-08 (4)
2008-07 (4)
2008-06 (4)
2008-04 (8)
2008-03 (13)
2008-02 (9)
2008-01 (7)
2007-12 (20)
2007-11 (5)
2007-10 (14)
2007-09 (15)
2007-08 (13)
2007-07 (16)
2007-06 (19)
2007-05 (20)
2007-04 (9)
2007-03 (9)
2007-02 (14)
2007-01 (8)
2006-12 (8)
2006-11 (9)
2006-10 (12)
2006-09 (29)
2006-08 (40)
D'autres blogs sur monGenie
Le brick à vrac
Les trésors de Marilyn Monroe
0N SE FAIT LA VIE PLUS BELLE -
Flash Blog
Le blog de Blaise
Best Of

LE CHANGEMENT EN MARCHE: JHON NUMBI DONNE A LA POLICE UN VISAGE HUMAIN
Visites depuis

Le début du mois : 2408

Le mois dernier : 2155

L'ouverture du blog : 150990


** ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog