
A une semaine de la rentrée parlementaire, le sénateur JP Bemba se rappelle à la mémoire de ses concitoyens. Le président de l’Assemblée nationale et proche du Chef de l’Etat, Vital Kamerhe, est allé le rencontrer au Portugal. Louis Michel, le commissaire européen, a, pour sa part, déclaré qu’il plaidera, une deuxième fois, sa cause auprès de J. Kabila en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Décidément, le sort du virtuel chef de l’Opposition politique institutionnelle est entre les mains du président de la République.
« J’ai voulu savoir dans quelles circonstances Bemba accepterait de revenir pour qu’ensemble, et en ayant comme objectif la cohésion nationale, il soit possible de reconstruire le pays ». Ces propos sont attribués à Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale et l’un des proches du chef de l’Etat, en visite officielle au Portugal. Il s’est confié le vendredi 7 septembre 2007 à l’Agence portugaise de presse LUSA, reprise par 1’Agence France presse (AFP).
La rencontre avec J.P. Bemba, sénateur élu, s’est « très bien déroulée », a ajouté Kamerhe. Il a aussitôt affirmé vouloir garder la primeur des détails de ses entretiens pour le président de la République, l’Assemblée nationale et le Sénat.
A une question sur le retour du président du Mouvement de libération du Congo, deuxième force politique au regard du dernier bilan électoral, « Bemba peut retourner en RD du Congo en toute sécurité. Il jouit de l’immunité parlementaire », a ajouté Kamhere, précisant cependant qu’il s’agit là d’une question « qui devra être réglée avec le gouvernement ».
Sur ce sujet, personne n’ignore la revendication principale de J.P. Bemba. Le 1er août 2007, il avait montré son souhait de revenir dans son pays pour le 15 septembre 2007 afin « d’honorer ses obligations professionnelles ». Pour ce faire, avait-il indiqué à la presse, « ce que je veux, c’est revenir en toute sécurité, avec le soutien de la communauté internationale, de l’Union européenne et, j’espère, celui de la RDC.
La leçon du président Sassou
Comme un leitmotiv, les garanties sécuritaires reviennent sans cesse dans le discours de J.P. Bemba. Ce fut le cas lors de sa rencontre au Portugal avec Louis Michel, le commissaire européen. C’est la même exigence devant le président de l’Assemblée nationale.
Il n’est point pire aveugle que celui qui regarde sans voir. Ou voit sans comprendre. Ainsi, à ce stade de contacts, qu’il s’agisse du Belge Michel ou du Congolais Kamerhe, les choses sont claires. Pas plus que le commissaire européen, le président de l’Assemblée nationale de la RDC n’a pas fourni, de la part de son mandant, une quelconque garantie au sénateur en séjour médical au Portugal.
L’aveu selon lequel cette question « devra être réglée avec le gouvernement » est plus qu’explicite. Tout juste, croit-on savoir, le voyage au Portugal du président de l’Assemblée nationale aurait eu pour but de sonder les intentions de l’ancien candidat à la présidentielle. Espérons qu’après avoir fourni les « détails » de son rapport de mission au président de la République, à l’Assemblée et au Sénat, Kamerhe aura aidé à la prise des décisions positives en rapport avec les réclamations de J.P. Bemba.
Même espoir du côté de la communauté internationale dont les bons offices sont sollicités par le sénateur congolais. Louis Michel n’a-t-il pas déclaré qu’il plaiderait son cas auprès du président Kabila, en marge de la session de l’Assemblée générale de l’Onu le 26 septembre à New York ?
De tout ce qui précède, une seule logique, implacable : le président Kabila tient la carotte et le bâton. A en croire les analystes, ses réticences à ne pas tolérer Bemba dans le paysage politique congolais ne survivront pas longtemps à la pression sans cesse croissante qui s’exerce actuellement.
Quant au Parquet général de la République qui tient à avoir la tête de Bemba, la leçon du président Sassou Nguesso a valeur de symbole. Tout leader préoccupé par la reconstruction de son pays avec tous les bras valides, s’emploie à recréer et consolider « la cohésion nationale ». C’est ce que le président du Congo-Brazzaville a réussi en amnistiant ses intraitables adversaires, par ailleurs condamnés par la justice. J. Kabila n’est, assurément pas, incapable d’un tel dépassement. Pour l’intérêt national.
(Yes)Le Potentiel
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