| jeudi 27 septembre 2007, a 12:42 |
| Assemblée générale de l'Onu : Que va dire Joseph Kabila? |
*Le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila prend la parole aujourd’hui au milieu de la journée devant les délégués des 180 pays membres de l’Onu, en marge de la 62ème session de l’Assemblée générale de l’organisation planétaire. *Avant ce grand événement pour la RDC, le chef de l’Etat a eu hier des entretiens avec plusieurs personnalités de premier plan, dont les chefs de l’Etat français et portugais, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, Louis Michel ou encore Eduardo Dos Santos président de l’Angola. *Au menu de ce que va dire le président de la République ce jeudi, figure essentiellement la situation politico militaire de son pays, près d’une année après les élections. Le président fera voir à quel point les affrontements qui ont repris au nord Kivu sont sans fondement, après l’instauration de la démocratie. Par conséquent, il appartient à la communauté internationale qui a porté le processus démocratique au Congo démocratique à bras-le-corps, d’enrayer une fois pour toutes les soubresauts des hors-la-loi qui empêchent la renaissance de la paix en République démocratique du Congo.
Le chef de l’Etat congolais Joseph Kabila a fait le tour de certains de ses amis présents comme lui à New York aux travaux de l’Assemblée générale de l’Onu. Le président de la République démocratique du Congo a accordé des audiences à certains des chefs d’Etats et de gouvernements, et a été à son tour reçu par d’autres. Il s’agit du président français Nicolas Sarkozy, de la secrétaire d’Etat des Etats Unis Mme Condoleezza Rice, du président de la République d’Angola José Eduardo Dos Santos, du commissaire européen au développement et aux affaires humanitaires Louis Michel… Ces personnalités n’ont sûrement pas été choisies par hasard. On peut déceler une certaine recherche d’équilibre, comme l’a toujours montré Joseph Kabila en transitant récemment par la Belgique avant ce voyage de New York. La France est le pays qui va présider aux destinées de l’Organisation des Nations Unies pendant toute une année, à partir de cette session de l’Assemblée générale, et comme on le sait, la RDC vient juste derrière elle en ordre de préséance. La logique veut que les deux pays puissent collaborer étroitement tout au long des travaux. Traditionnellement, la RDC a toujours eu moins de problèmes avec Paris. Autant dire que les violons vont bien s’accorder entre les deux pays pour faire évoluer les débats qui ne manqueront pas d’être contradictoires, à l’image des personnalités invitées à prendre la parole du haut de la tribune du palais de verre de Manhattan.
Baliser le chemin pour mieux convaincre
L’entretien avec Condoleezza Rice secrétaire d’Etat américaine a été le plus sérieux dans la mesure où l’administration républicaine de George Walker Bush est celle qui connais le mieux les méandres sinueuses de la politique en Afrique, notamment du conflit des Grands Lacs. Il est utile de relever que cette maîtrise des dossiers a été fort perturbée par l’absence très prolongée de la diplomatie congolaise sur la scène mondiale, ce qui a considérablement retardé la résolution du conflit qui ensanglante les Grands Lacs depuis longtemps. Mme Rice a été très intéressée par ce que le président Kabila lui a appris du point de vue de son pays dans cette phase ultime de la pacification de la dernière poche de rébellion en RDC. Elle a dû également faire des recoupements avec tout ce l’administration américaine reçoit comme informations de la Mission de l’Onu au Congo, Monuc. Cela suffira-t-il à inverser renflouer davantage les caisses de la diplomatie congolaise qui est dans sa phase ascendante ? On le saura toujours assez tôt au gré de l’évolution de la situation sur le terrain des affrontements entre les Fardc et les troupes du dissident N’Kunda qui ont repris depuis hier mercredi 26 septembre 2007. Quoi qu’il en soit, le fait que le chef de l’Etat ait échangé avec un des plus proches collaborateurs du président américain est une chose qui contribuera tant soit peu à équilibrer la perception de ce dernier sur les évènements des Grands Lacs, ce qui pourrait signifier la fin de l’hégémonie rwandaise dans cette région. Quant au président angolais, les nombreuses affinités qui existent entre son pays et la RD Congo sont autant de raisons pour poursuivre des contacts entre lui et son homologue congolais en marge de la session de l’assemblée générale de l’Onu.
Que va dire Joseph Kabila ?
Bien que tout-puissants, les Etats Unis ne sont pas seuls au monde. Cette évidence explique les entretiens qui se tiennent dans les coulisses du building des Nations Unies entre les chefs d’Etats qui participent à ces rencontres annuelles que sont les assemblées générales de l’Onu. La République démocratique du Congo est aujourd’hui en haut des marches qui mènent au sommet du palais de verre de Manhattan. Le président Kabila qui prend la parole aujourd’hui devant les délégués des 180 pays qui constituent le gratin de la politique mondiale, est conscient de l’importance de l’événement. Son pays est à son second tournant de l’histoire, depuis son accession à la souveraineté internationale. La démocratie qui par son absence était devenue la source principale et privilégiée des conflits liés à la légitimité du pouvoir en RDC, est revenue au devant de la scène. Lui Joseph Kabila est le premier président démocratiquement élu depuis 1960. La RD Congo a été poussée dans cette voie par la communauté internationale qui a donné au peuple congolais l’occasion historique d’élire selon le modèle grec, ses dirigeants pendant un mandat bien déterminé. Aujourd’hui tout cela est réalisé idéalement. Pourtant, la situation est loin d’être idyllique. Le peuple congolais est en droit de se demander aujourd’hui pourquoi la communauté internationale n’est pas satisfaite ? Les troubles qui endeuillent à nouveau les familles sont-ils dus à un dysfonctionnement de la démocratie congolaise ou à autre chose ? L’opinion congolaise pense que non ; néanmoins, Joseph Kabila est le porte parole envoyé par les Congolais pour poser ces questions à la face du monde. Certes, le président pourra parler aussi des choix économiques que son gouvernement opère pour sortir du bourbier du sous développement, mais sans la sécurité et la paix qui sont menacées à l’Est du pays, les efforts de l’administration seront vains. En tout cas, 34 ans après le passage tonitruant du Maréchal Mobutu devant cette même tribune de l’Onu, la RDC fait aujourd’hui entendre de nouveau sa voix dont l’extinction a été souhaitée et entretenue par ses ennemis. Cela ressemble au réveil du géant.
Prince Malko
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