Depuis Bruxelles, le Chairman a parlé. Tonné. Dur dur pour son ex-Dircab, Delly Sesanga Hipungu Dja Kasseng qu'il fit ministre du Plan du 1+4 après qu'Alexis Thambwe Mwamba eût abandonné le poste avec fracas et après la saga OKE, Olivier Kamitatu Etsu accusé de vouloir mettre en place une... «tendance». Tiens, tiens!
Depuis deux jours, Sessanga a été tenté de répliquer. Il a reculé fort et doit s'assurer qu'il n'est pas trop seul et que ce n'est pas une aventure. Les mangues ne sont pas encore mûres... Le président de la Commission PAJ (Politique, Administration, Justice) de l'Assemblée nationale n'est pas un fauve. il ne sait pas monter sur un arbre. Trop haut. Trop risqué. Pour l'heure. Du moins.
ANALYSE.
Ça parle beaucoup ces derniers temps dans la ville haute. Depuis l'annonce de son projet de courant C2R, Delly Sesanga Hipungu Dja Kasseng est homme à abattre. Igwe, le Chairman, le «big Manager», ne décolère pas. On peut comprendre…
Depuis peu, rien ne lui sourit. Les déclarations qui sont faites à son sujet sont juste des déclarations convenues. Rien de vraiment consistant. Ni à New York où il voulait rencontrer les grands manitous des Nations Unies, ni en Afrique, Dakar et ailleurs, ni en Belgique où l'on a les yeux rivés vers ce qu'en pense l'Oncle Sam.
Or, l'Oncle Sam a parlé. L'Oracle…
Voici longtemps que Igwe a mangé son pain blanc. Il n'est pas loin d'être le Moïse qui montre le chemin mais qui n'arrive pas.
Il aurait pu garder sa tanière de Kinshasa. Jouer - grâce aux accords conclus avec Kabila - le Vipi chouchouté (Kabila a en avait fait tellement jusqu'à lui rendre visite, chez lui, à pied).
«DU MENU FRETIN».
«On a tout essayé», pourrait-on dire, à la suite du couple Sarkozy. Impossible de retisser le fil. Igwe avait préféré faire du muscle.
Loin des yeux, prêt du cœur? Non, loin des yeux, loin du cœur. À Kinshasa, c'est désormais la spirale win win. Tout sourit à la ville et au pays jusqu'ici tout au moins. En attendant un accident improbable.
Comment en effet diriger un parti de «patrons» - le MLC en compte des Éléphants, du François Mwamba, du Delly Sesanga, du Thomas Luhaka, etc.- quand on n'est pas soi-même présent, sur place?
On l'a vu en Côte d'Ivoire. Dès le jour où Henri Konan Bédié qui fut par-dessus le marché Chef de l'État, a quitté Abidjan pour un long exil parisien, le parti PDCI-RDA, a changé de chef pour se donner au président du Conseil économique et social, l'ancien ministre de l'Information de Houphouët-Boigny, Laurent Dona-Fologo. Avant que le crash n'arrive entre les deux hommes. Aujourd'hui, Dona-Fologo joue pour le président du pays, Laurent Gbagbo.
Les partis politiques en Afrique c'est le Chef qui ouvre les portes, gagne et redistribue. Il en reçoit en retour l'allégeance et toute l'allégeance de ses ouailles. Qu'on s'éloigne ou qu'on cesse d'être et on perd tout. La main qui donne est celle qui commande.
Le vieux lion qu'il fut lors des années rébellion et lors du 1+4, qui grondait et faisait peur dans sa jungle, auprès des membres de son espèce, n'est plus le même désormais.
Où va donc Delly Sesanga Hipungu Dja Kasseng? L'ancien Dircab de l'ancien Vipi n'est ni trop bête pour jouer seul, ni un fauve pour tuer seul et d'un coup. Mais il est la face visible de l'iceberg.
Il suffit de lire les faits et gestes de certains de ses amis. Très clairement, le jeune Yves Kisombe Bisika Lisasi n'a plus le cœur à JPBG. De passage à Bruxelles en provenance des États-Unis dans le cadre d'un voyage d'étude, il a pilonné à ce point JPBG dans un journal en ligne que l'on se demande s'il saurait demain manger dans une même assiette avec son… ex-chef. Même le très… loyal François Mwamba.
Depuis Rome où il se trouvait en visite parlementaire, il tient un discours «divers» sur l'homme aux pieds de qui il aurait pleuré à chaudes larmes dans une chambre d'hôtel à Sun City le jour de la signature de l'accord de gouvernement avec la délégation gouvernementale qui faisait de JPBG le Premier ministre. François Mwamba Tshishimbi ne défend plus les yeux fermés l'ex-Vipi. «Il n'est pas un citoyen au-dessus des lois».
«Il a deux attitudes à adopter, ou forcer la porte, mais je ne le vois pas forcer la porte (en tout cas, je le lui déconseillerais fermement), ou négocier et négocier toujours son retour, attendre de voir le signal des autorités…»
Puis le tout puissant minister MLC du Plan du 1+4 d'en rajouter, plus que très clairement: «Quand j'ai été ministre dans ce pays (éphémère ministre de l'Économie sous Mobutu), lui n'était que homme d'affaires. Et il venait me voir».
D'où puise-t-il soudain cette liberté de ton?
Puis, cerise sur le gâteau, il ne défenestre pas le C2R. Au contraire, il parle haut et fort pour la démocratie, la liberté, les tendances. Sesanga a donc sa place pleine et entière au sein du MLC. Ce n'est pas l'avis de Fidèle Wandu Babala, l'actuel «DirCab» (en réalité, l'homme à tout faire, comme le fut l'ancien A-dg de la Cohydro et éphémère ministre de l'Agriculture, Justin Kangundu) du Chairman, ni celui de Jean-Lucien Bussa Tongba, pour qui les Éléphants n'ont aucune considération. «Du menu fretin, rien de plus…»
S'il y a rapprochement avec le PPRD-AMP? Qui a dit que la politique était un jeu immobile?
ÉQUATEUR CONTRE KASAÏ.
S'ils restent dans les Chambres du Parlement et dans ses commissions, les MLC doivent jouer le jeu. Qui joue peut se compromettre. En politique, il n'est guère de risque zéro.
Ne serait que dans le choix de ceux qui doivent partir, de ceux qui doivent venir, de ceux qui doivent être reçus, il n'existe point de mathématiques. Ni pour le Président de l'Assemblée Nationale, ni pour quiconque. Tout est là. Qu'en conclure?
La diabolisation qui a cours au MLC va conduire vers un choc frontal entre purs et durs du MLC - majoritairement de l'Équateur dont l'homme d'affaires et Hon. Adam Bombole - et ceux qui veulent que ça bouge - majoritairement des deux Kasaï. Or, si le MLC veut sortir de l'Équateur et être un parti national, il compte sur un apport des Kasaï qu'il a lorgnés et qu'il lorgne...
Le MLC tangue, écrit un tabloïd. Le parti du Chairman traverse une tempête.
Elle s'est levée, elle souffle et pourrait si on n'y prend garde se déchaîner et faire rage. Pour le MLC, le ciel n'est pas loin de s'obscurcir, pour citer Lautréamont. Avis de tempête force 10. De sa capacité à maîtriser la bourrasque dépendra sa survie.
Or, comme à son habitude, on s'attend que JPBG pénètre dans le MLC comme l'Éléphant dans le magasin de porcelaine.
Ses meilleurs ennemis l'y aideront.
Mais en dépit des échanges et des rencontres qui ont lieu, nul ne s'attend à l'annonce d'un débauchage d'un seul MLC. À entendre des analyses, même si le souhait est que le prochain Gizenga soit un Gizenga d'ouverture, la situation doit encore mûrir. Et puis avant d'en arriver au MLC, il faut envisager un pôle de démocrates cleans BCBG qui passerait par des centristes. Dans la jungle r-dcongolaise, il y en a encore dans… Dans l'attente, des échanges peuvent et doivent se multiplier, «on doit encore mieux se parler et mieux se connaître…»
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