Monsieur Honoré Ngbanda,
Cela fait exactement trois ans que je me suis retiré à l'étranger pour de raisons familiales et privées, loin de Kinshasa, loin de la République Démocratique du Congo, ma patrie. Les circonstances et les événements m'ont contraint de rester loin de miens, loin de ma patrie.
Chaque soir, dans ma solitude, mes pensées vont vers mon pays, vers mes compatriotes. Je leur parle en silence, je sais qu'ils souffrent, je sais qu'ils n'ont qu'inquiétude et comme seul horizon. Je suis triste de n'être pas au milieu d'eux.
Chaque soir, avant de me coucher, je leur confie ma colère, ma révolte, mes rêves et mes espoirs.
Quelque soit la difficile période que traverse notre peuple, je ne me dois pas de désespérer car je sais qu'un jour viendrait où nous nous rencontrerions dans la paix, dans la liberté, dans l'égalité.
Un jour nous nous retrouverions.
Je sais qu'en lisant cette lettre ouverte, comme vous n'avez jamais d'arguments pour contredire ceux qui ne partagent pas totalement votre opinion, vous diriez à tout le monde que je suis soit un sujet Rwandais, soit corrompu par Kinshasa.
Je dois rassurer les miens, je suis Congolais, ex-Zaïrois de père et de mère, vrai Kinois et Africain.
De la façon dont je parlais à mes compatriotes, un jour d'hiver en sortant du cimetière de Rabat où se repose le Maréchal Mobutu, arrivé dans ma chambre, j'ai décidé de vous dire de cesser d'induire ce peuple qui a tant souffert et qui souffre encore en erreur.
Notre peuple souffre des conditions de vie de plus en plus précaire. Je vous écris car je suis un homme responsable. Un homme responsable ne peut vendre la peur à ses semblables, un homme responsable ne peut passer son temps à s'opposer sans proposer. Raison pour laquelle à chaque fois qu'il y a un problème, j'ai toujours proposé une solution.
Monsieur Honoré Ngbanda,
La politique est d'abord un débat d'idées, des enjeux et des programmes. Elle est aussi débat des gens qui la font, sur les acteurs. L'analyse sur votre discours laisse apparaître que vous avez une préférence sur le second aspect de la politique : vous parlez plus de vos adversaires que de vos idées, de vos convictions politiques peut être parce que vous n'en avez pas, économiques, philosophiques, sociales.
Avec tout le respect que je vous dois, je vous saurai gré d'accepter aussi qu'il soit de vous ici.
A chaque fois qu'un micro vous ai tendu, tous ceux qui suivent votre parcours politique anticipent souvent aisément sur vos propos presque inchangeables : soit, ce sont vos éternels sarcasmes sur certains de vos anciens collègues avec qui vous avez collaboré avec le Maréchal Mobutu, soit ce sont des éloges sur votre propre personne, soit encore se sont vos rêveries sur de sempiternels complots et menaces de mort contre votre personne. Imbue de vous-même, vous êtes persuadé d'être incompris et combattue par tous ceux qui ne partagent intégralement votre opinion, et vous êtes convaincu que tous ceux qui ne partagent pas votre opinion sont corrompus soit par le régime de Kigali, soit par les autorités de Kinshasa. Ce qui vous plongent dans une paranoïa totale.
« Le réalisme oblige »
Les hommes ne croient jamais les autres capables de ce qu'ils ne le sont pas eux - mêmes
Monsieur Honoré Ngbanda,
Je voulais vous révéler une chose, nous devons être fier de notre modèle Congolais. Il est parfaitement adapté au monde d'aujourd'hui. Ensemble et dans le dialogue, nous devons en permanence le moderniser et le faire progresser. C'est la clé de notre avenir.
Monsieur Honoré Ngbanda,
Les illusions ne durent qu'un temps. Comment vous, qui ne pouvez pas encadrer un mouvement politique pourrez diriger une nation de plus de quatre cent quarante cinq ethnies ?
Où sont parti vos anciens compagnons de l'APARECO ?
Je m'oppose certes de la manière dont notre pays est gouverner mais en tant que responsable, je ne dois pas faire du systématisme. Notre peuple a besoin d'être sauvé, il faut lui emmener des propositions de gouverner, notre peuple n'a pas besoin d'hommes politiques qui confondent leur mission, les hommes politiques qui font le travail de journalistes.
Monsieur Honoré Ngbanda,
Laissez les journalistes faire leur travail d'informer l'opinion.
Que vous nous exhibez l'acte de naissance ou de décès de madame Aimée assassinée c'est bien, mais elle n'est plus de ce monde, que son âme repose en paix, je trouve votre agissement cynique, vous vous servez même des morts pour votre course au pouvoir, que vous nous informez demain que la première Dame de la RDCongo attend un enfant , ce n'est pas important pour nous et cela fait parti de sa vie privée. Que vous nous informez de la réunion de préparation d'un coup d'Etat par les Généraux Numbi, Raüs et Kalumé au Noviciat de Mbudi, c'est de la distraction pur et simple.
Finalement vous travaillez maintenant pour le service de renseignement du Président Kabila ?
Si vous souhaitez intégrer le service de renseignement de Kinshasa pour les aider à démasquer de complots contre le régime, je vous conseillerai donc de postuler à l'ANR ou auprès du Président Kabila lui-même. Mais je ne pense pas que vous avez les qualités requises pour intégrer un service de renseignement digne de ce nom.
Concentrez-vous plutôt à monter des projets de développement pour notre peuple, car il est pauvre. Même nous qui résidons en Europe, en Amérique, en Asie, en Océanie, nous sommes pauvres, nous souffrons ! Une grande majorité des Congolais de la diaspora aimerait vous dire ce que je vous écrit aujourd'hui croyez-moi, presque tout le monde le dit bas, mais vu votre notoriété de bourreau, personne n'ose parler haut.
J'ai du caractère, raison pour laquelle je me permets de vous écrire, je suis un homme de conviction, par mes principes acquis, je dois garder mon indépendance d'esprit et de jugement. La seule chose que je ne peux pas transiger c'est mon amour vis à vis de mon pays et le respect de mes principes acquis.
Monsieur Honoré Ngbanda, l'homme d'Etat véritable sait qu'il est inutile de venger les mots, mais qu'il lui appartient de le guérir. Notre pays a besoin d'être sauvé, et non d'assister à des règlements de comptes parce qu'on a pas le pouvoir, une nation est composée d'éléments disparates, souvent marqués par une longue histoire d'hostilités. La vraie mission d'un homme d'Etat est de proposer un projet commun suffisamment élevé pour dépasser des contradictions et les intérêts particuliers, ethniques ou religieux.
L'histoire évolue, certains hommes eux en sont incapables. Vous savez Monsieur, j'avais un aïeul, écrivain et homme d'Etat de la RDCongo qui m'a élevé et m'a inculqué des principes, le Maréchal Mobutu a beaucoup appris auprès de cet homme, un homme d'une grande intelligence, j'appréciait beaucoup sa personnalité et son caractère, sans caractère, la plus grande intelligence n'est d'aucune utilité ; c'est le caractère qui décide, qui tranche, qui exalte, quelques soient les difficultés. Le caractère c'est la façon d'être soit, quoi qu'il arrive, et de ne pas dévier. Malheureusement vous manquez de caractère.
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