D'où
donc sont venus Laurent Nkunda Mihigo et les siens qui se battent
désormais sur la base militaire de Kamina, au Katanga où ils sont été
appelés pour les opérations de brassage, et où on compte déjà selon la
MONUC, la mission onusienne en R-dC, plusieurs blessés graves dans ce
qui est présenté comme une tentative de mutinerie? N'eût été cette
énième guerre des Kivu, les Finances publiques de R-dC s'en seraient
mieux portées et le Point d'achèvement derrière lequel le pays court,
voici plusieurs années déjaà, aurait été atteint cette année et la
réalisation de ce Point aurait vu le pays tirer profit de l'effacement
de 90% de sa dette extérieure estimée à 10 milliards de dollars.
Si
ce Point était attendu pour mars de cette année, les analystes
l'attendent désormais pour le dernier trimestre de l'année en cours
voire au premier trimestre de 2009 alors qu'une énième mission FMI
débarque à Kinshasa pour plonger dans nos comptes. Un excédent de 31,4
milliards de nos francs avait pourtant été dégagé à la suite d'une
bonne gestion des Finances. Il aurait pu servir à la consolidation de
la stabilité macroéconomique. Désormais, en vue de pouvoir faire face à
ses nouveaux engagements, le pays lance une sorte de plan d'austérité.
CORRESPONDANCE PARTICULIERE.
Après un long processus de démocratisation, et de cycle des conflits,
caractérisés par un manque de visibilité quant à la politique
économique devant guider le pays, dans un contexte d'une économie
mondiale de plus en plus complexe, la R-dC a fini par être dotée
d'institutions républicaines issues des élections organisées en 2006.
Cette stabilité institutionnelle s'est accompagnée d'une maîtrise du
cadre macroéconomique, et d'un encadrement responsable des Finances
publiques, constatés dès la mise en place du Gouvernement, en mars
2007.
Cela est attesté par les principaux fondamentaux.
DES AVRIL 2007.
On notera qu'à la prise de fonction du Gouvernement en mars 2007, le pays héritait d'une situation peu reluisante.
Les efforts déployés depuis 2001 ont été sapés durant la période
préélectorale. Ainsi, en fin 2006, le taux d'inflation se situait à
19,81%, le taux de change à 503,43 FC contre un dollar américain, et
les réserves internationales à l'équivalent de 2,88 semaines
d'importation. En plus, les Finances publiques accusaient un déficit de
56 milliards en dépit des appuis budgétaires octroyés par les bailleurs
de fonds, principalement la Banque mondiale.Cette situation économique
du pays a commencé à afficher des signaux encourageants dès avril 2007.
Grâce une politique de gestion orthodoxe pratiquée par le Gouvernement,
les indicateurs relatifs à ces fondamentaux se sont renversés pour
afficher une évolution positive.
Ainsi à fin 2007, soit neuf mois après l'installation du Gouvernement, le pays jouissait d'un cadre macroéconomique prometteur.
Le taux d'inflation était de 9,95%; le franc congolais s'est apprécié
pour se fixer à 502,99 FC contre 1 dollar américain, soit une légère
appréciation de 0,09%.
Le niveau des réserves internationales est passé à l'équivalent de 3,84 semaines d'importation.
Le déficit des Finances s'est soldé à 26,9 milliards de FC fin 2007.
Il convient de préciser que ces efforts de stabilisation basés sur le
PSSF, Programme autonome du Gouvernement Suivi par les Services du FMI,
ont été fortement appréciés par les instances dirigeantes du FMI lors
du séjour du Chef de l'Etat aux Etats-Unis en octobre 2007.
Les résultats positifs du PSSF obtenus en 2007 méritent d'être nuancés
du fait d'une inversion des tendances dès le début du mois de novembre
de la même année. Ce revirement de la situation est essentiellement
tributaire de l'augmentation de l'enveloppe salariale, des dépenses
sécuritaires consécutives à la reprise des conflits dans les Kivu et de
la hausse des prix de la quasi-totalité des produits d'importation dont
dépend la R-dC (produits pétroliers, intrants agricoles, produits
alimentaires, etc.).
PERTURBATIONS.
Cette situation a entraîné des perturbations des prix intérieurs et du
taux de change sous l'effet d'importants déficits publics
respectivement à 28,4 et 27,8 milliards de FC en novembre et décembre
2007.
On comprendra que la situation préoccupante dans les Kivu a induit des
dépenses urgentes qui ont certes contribué à déséquilibrer le cadre
macroéconomique.
En prenant seulement en compte les dépenses liquidées sur l'année, soit
745,7 milliards de FC des recettes de 777,1 milliards, il se dégage un
excédent de 31,4 milliards qui pouvait servir notamment à la
consolidation de la stabilité macroéconomique, en l'absence des
dépenses occasionnées par la situation sécuritaire à l'Est. A savoir
que les résultats encourageants du PSSF obtenus par le Gouvernement ont
ouvert la voie aux négociations avec les services du FMI en vue de la
conclusion d'un nouveau programme triennal, qui devrait déboucher sur
l'atteinte du Point d'Achèvement de l'Initiative PPTE. L'atteinte du
point d'achèvement constitue une cible importante à atteindre par la
R-dC, dès lors qu'on sait qu'il en découlera l'effacement de 90% de sa
dette extérieure, estimée à environ 10 milliards. Il est certes évident
que l'atteinte du Point d'achèvement est liée à la conclusion du
programme triennal. On se souviendra que le point d'achèvement n'a pu
être atteint en mars 2006 à la suite au dérapage du cadre
macroéconomique lors de la dernière revue par le FMI.
Dans
le cadre du programme triennal, une mission des experts du FMI est
attendue, dès le début de cette semaine, à Kinshasa. Cette mission a
pour objectif essentiel d'engager des concertations avec les autorités
r-dcongolaises en vue de baliser la présentation au Conseil
d'administration du FMI, en mars prochain, du programme à conclure. Au
regard des enjeux en cours, il est possible que la présentation du
programme au Conseil soit repoussé à après mars. Ce qui pourrait
naturellement ramener l'atteinte du point d'achèvement au dernier
trimestre 2008, ou au plus tard au premier trimestre 2009.
Il reste semble-t-il qu'il faille saluer la détermination du
Gouvernement qui en a fait un point d'ancrage de sa stratégie de
redynamisation de l'économie nationale. La mission du FMI se déroule
dans un contexte où le Gouvernement est appelé à mener des actions
courageuses qui devront redonner confiance à la gestion des Finances
publiques.
PLAN DE TRESORERIE.
Pour cela, le Ministre des Finances, à l'issue du Conseil des Ministres
tenu le mardi 12 février 2008, s'est dit confiant. Athanase Matenda
Kyelu estime que tout est mis en œuvre, particulièrement dans les
instances décisionnelles telles la Troïka politique qui réunit le
ministre des Finances, celui du Budget, ainsi que le Gouverneur de la
Banque Centrale du Congo, pour ramener l'équilibre et consolider la
stabilité du cadre macroéconomique.
Pour le reste du premier trimestre 2008, un plan de trésorerie
rigoureux a été arrêté. L'Etat devant réduire de manière drastique son
train de vie...
Ce plan se concentre sur les dépenses jugées contraignantes, notamment
les rémunérations, les frais de fonctionnement, les dépenses de
sécurité, les fonds de contrepartie et le service de la dette
extérieure. Il semble par ailleurs, qu'au-delà des performances liées
aux critères quantitatifs et qualitatifs du programme, il subsiste une
autre épine non moins importante sur le chemin de la conclusion du
programme avec le FMI.
Le dossier chinois, puisqu'il s'agit de cela, demeure encore une épée
de Damoclès suspendue sur la tête du Gouvernement de R-dC. Dès la
signature des accords-cadres avec la Chine, le FMI a demandé que tout
le processus se déroule dans la transparence, d'autant plus que les
Finances publiques sont censées être concernées par ces accords.
Il revient au Gouvernement de créer davantage la confiance nécessaire
au sein de la communauté des bailleurs de fonds de la R-dC, pour une
gestion axée sur des résultats concrets. Et cela n'a pas de prix pour
l'avenir du pays
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