*La déclaration de l'honorable Yves Kisombe a fait sensation. Membre du Mlc, le député élu de Lukunga à Kinshasa a pris le contre-pied de la déclaration de son groupe parlementaire, démontrant qu'il y avait une marge entre les attitudes partisanes et le traitement objectif d'un dossier. *Partant de la lettre que le leader de Bdk a adressée au secrétaire général de l'Onu, lettre dans laquelle il demande l'autonomie de la province du Bas-Congo, le député Kisombe a déclaré haut et fort que sa province ne sera jamais ni le Kosovo ni le Timor Oriental ni le Kurdistan irakien. *Cette déclaration lui aura valu le courroux du groupe parlementaire Mlc et, selon un coup de téléphone reçu à la rédaction, citant une source crédible, la décision de JP Bemba, de son exil volontaire à Faro, excluant Yves Kisombe du Mlc est tombée. *La plénière reprendra demain samedi avec les réponses du ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, Décentralisation et Sécurité.
Encore une séance marathon hier au Palais du peuple à la suite de débats sur la question orale de l'honorable Kiakwama kia Kiziki. Commencés mercredi, les débats se sont poursuivis et clôturés hier. Organisée pour le besoin de la cause, l'opposition semble avoir pris l'option d'insister sur les éléments n'ayant aucun rapport avec les événements déplorés. Le but visé était plus de se saisir de l'occasion de ces débats télévisés pour discréditer le gouvernement. Pour ce faire, le ton et le contenu des déclarations ont été mis à contribution.
Mensonges, accusations gratuites, exhibitionnisme, falsification des faits, manipulation,…ont constitué le discours de l'opposition qui, au lieu de la lumière attendue par tous, a plutôt répandu un écran de fumée. C'est au nom de cet obscurantisme que l'opposition a refusé que l'on entende les témoins. C'est aussi au nom de la manipulation que l'opposition s'est agitée de voir dans la salle le vice gouverneur du Bas-Congo dans la salle de Congrès du Palais du peuple. Dans cette panique, le Mlc Ndom Nda Ombel a oublié les lois qui régissent la chambre basse. Heureusement, le président de l'Assemblée nationale avait le fil des idées et lui a rappelé ces dispositions du règlement intérieur. Malgré la clarté des clauses lui opposées, le député, avec les siens, a voulu persister dans la manipulation et la désinformation. Enfin, c'était le sourire jaune dans le ridicule qui, fort heureusement, ne tue pas.
Beaucoup de députés de l'opposition, pour le besoin de la cause, ont voulu faire croire que la question Bdk était très complexe. Ce qui n'est pas vrai. L'affaire Bdk n'est pas complexe. Mais dans le cadre de la politique politicienne congolaise, la complexité n'est pas constatée. Elle est présentée comme un principe. Une façon d'éviter le vrai débat. En ce qui concerne le phénomène Bdk, la complexité a été créée pour faire éviter au leader de ce mouvement la sanction suspendue sur sa tête. Ainsi, pour faire asseoir la complexité, il n'a pas été question de dire clairement ce qu'on reproche au leader de Bdk et à son mouvement. On a mis l'accent sur les débats politiciens sur les causes des frustrations qui seraient à la base d'un certain comportement. Des questions qui devraient être essentielles sont devenues accessoires. C'est ainsi qu'on n'insiste pas afin de savoir qui avait donné à Bdk la qualité de représentant du peuple ne Kongo ? Quand bien même il lui serait connu cette qualité, était-il autorisé d'utiliser les moyens dont il a usés ? Au nom de la complexité, on a condamné les excès et la manière de l'établissement de l'autorité de l'Etat, mais on a manifesté de la compréhension à la manière d'exprimer les frustrations. On exige des preuves des exactions sur le Bdk, mais on ne présente pas les preuves des accusations contre la répression. L'Etat n'existe pas, c'est la rengaine. L'absence et la présence de l'Etat sont indistinctement condamnées.
L'opposition voit les effets et non les causes
La plupart des intervenants, de la majorité comme de l'opposition, ont souligné la nécessité d'examiner avec sérieux et sans passion l'affaire BDK. Mais, vite les intervenants, perdant volontairement l'échelle de l'importance, confondent faits et causes en s'attardant sur les épiphénomènes. Ainsi, les prétendues frustrations ont été individualisées, grossies et instrumentalisées.
La majorité gouvernante, très tiède, hésitante lors de la première séance, a sorti ses griffes à la séance d'hier et de la belle manière. La majorité, sans agitation, a fait comprendre que les faits mis à charge de Bdk sont d'une gravité telle qu'il n'y a que la justice pour trancher. La déclaration de l'honorable Yves Kisombe a fait sensation. Membre du Mlc, le député élu de Lukunga à Kinshasa a pris le contre-pied de la déclaration de son groupe parlementaire, démontrant qu'il y avait une marge entre les attitudes partisanes et le traitement objectif d'un dossier. Partant de la lettre que le leader de Bdk a adressée au secrétaire général de l'Onu, lettre dans laquelle il demande l'autonomie de la province du Bas-Congo, le député Kisombe a déclaré haut et fort que sa province ne sera jamais ni le Kosovo ni le Timor Oriental ni le Kurdistan irakien. Et Yves Kisombe a promis de se battre de toutes ses forces avec tous ceux qui partagent la même conviction pour que le Bas-Congo reste une province à part entière de la Rdc. Cette déclaration a donné lieu à une grande agitation dans le groupe parlementaire du Mlc, et de l'Odr. Le député Sesanga a même tenu à monter à la tribune pour dire que les propos de Yves Kisombe l'engageaient personnellement comme député et ne reflétaient pas la position du Mlc. On a même entendu Emery Okundji de l'Odr crier haut et fort que Yves Kisombe avait trahi. Comme on devrait s'y attendre, et au moment où nous étions sous presse, un coup de téléphone, citant une source crédible, faisait état de la réaction du leader du Mlc, JP Bemba, de son exil volontaire à Faro au Portugal, demandant que Yves Kisombe, pour n'avoir pas protégé Ne Mwanda Nsemi et pour s'être mis en marge de la ligne du parti, soit exclu du parti.
La porte de la justice s'ouvre pour le leader de Bdk
L'option de la mise en accusation de Ne Mwnda Nsemi, et par conséquent de la levée de son immunité parlementaire a été proposée par certains députés. Ces élus du peuple ont motivé leur option notamment au regard des déclarations de Ne Mwanda Nsemi. Même si on mettait à part les accusations du gouvernement, l'accusé lui-même a donné les éléments qui justifient sa mise en accusation. Les députés ont cité entre autres les graves accusations portées contre certaines personnalités par Ne Mwanda Nsemi.
Ne Mwanda Nsemi avait notamment déclaré que le génocide du Bas-Congo avait été financé en livre sterling. L'argent avait été versé en deux tranches. Les auteurs de ce génocide sont deux généraux, l'un originaire du Maniema et l'autre du Katanga. Il a ajouté que ces deux généraux préparaient en plus un coup d'Etat contre les institutions du pays. Pour les députés, il n'y a que la justice qui peut apporter de la lumière à toutes ces accusations. Ne Mwanda Nsemi, leader de Bdk doit être invité à apporter des preuves de ses allégations.
A la fin des débats, il était question que le ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, Décentralisation et Sécurité réponde à plus de deux cents questions des honorables députés. Cela n'était pas possible après onze heures de séance. Un délai d'une journée a été sollicité et obtenu par le ministre d'Etat. Les députés se retrouveront donc le samedi à 10 heures pour poursuivre la séance avec les réponses du ministre.
Joachim Diana G.