
Le Chef de l'Etat Joseph Kabila arrivé
à Goma le samedi, a, aussitôt eu des entretiens avec les autorités
locales. Bien que rien n'ait encore filtré de ces entretiens, on sait
que la situation qu'a connue la partie orientale de la Rdc était au
menu de cet entretien. Il s'agit de la situation confuse que nous avons
analysée ci haut. Il n'est pas possible que ce soit une visite simple
ou de réconfort de cette population martyre. Il y a effectivement un
vrai ras-le-bol. Sur place à Goma, on s'attendait à ce que, compte tenu
de l'analyse faite ci-dessus, le Chef de l'Etat prenne des dispositions
afin que le pays ne soit plus tourné à la dérision. On sent de plus en
plus le besoin de s'affranchir d'une tutelle internationale qui ne fait
que faire perdurer la crise à l'Est.
Ce n'est pas seulement l'opinion nationale qui a observé le ras-le-bol
de Joseph Kabila à travers son silence, mais aussi cette communauté
internationale. Pas étonnant que sa présence à Goma mobilise également
le Conseil de sécurité de l'Onu, l'Union européenne et l'Union
africaine. Qu'attendre de cette délégation ? C'est la grande question.
Le Chef de l'Etat était à Kinshasa. Pendant près de deux semaines, la
situation a été critique dans la partie orientale du pays. Le Conseil
de sécurité s'est montré aphone. Les observateurs sont d'avis que si
les membres du Conseil de sécurité se décident de faire le déplacement
de Goma, c'est sans doute pour s'assurer que Joseph Kabila ne prendra
pas des initiatives qui n'aillent pas dans le sens du maintien du statu
quo.
En réalité, on n'attend rien de cette
énième villégiature du Conseil de sécurité au Kivu. Si on peut en dire
quelque chose, c'est une moquerie de plus devant le désastre
humanitaire que causent les troupes du Cndp. On se moque bien des lois
congolaises et surtout de cette démocratie que la même communauté
internationale a prescrite à la Rdc comme panacée. Aujourd'hui, on
voudrait amener le peuple congolais à relativiser cette démocratie à
l'occidentale. Pour ce faire, le cas rwandais sera cité en exemple de
démocratie oxygénée par les réalités locales. Ce sera un retour à la
case départ, celle des démocraties à l'africaine avec comme tonalité,
la limite des libertés.
Mapamitiba
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