Le 19 mars 2003, le diocèse de Kasongo, en République démocratique du Congo, célébrait, dans le contexte de la guerre, le premier centenaire de son évangélisation par des missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), lesquels fondèrent en mars 1903 la première mission catholique (Sainte Pauline) à Kasongo-Lamba située sur la rive droite du fleuve Congo.
Quarante années avant l'arrivée des premiers missionnaires catholiques, Kasongo était occupé par des Zanzibarites, arabisés de souche omanienne ou yéménite métissés, dont les pères avaient épousé des femmes autochtones de la côte orientale africaine et spécialement de Zanzibar. Ils pénétrèrent vers 1860 dans l'Est de l'actuelle République démocratique du Congo et bâtirent de grandes cités telles que : Kasongo, Kabambare, Nyangwe, Kisangoni, Ubundu et Lomami.
Leur couleur noire facilitait leur intégration auprès des populations autochtones et leur mariage avec les femmes locales ajoutait un plus à leur implantation dans la région. Et les populations de cette région orientale du Congo furent ainsi engagées, de gré ou de force, dans un processus d'acculturation au sein d'une nouvelle Communauté dont la religion était l'islam et la langue le swahili, de souche bantoue mais intensément arabisée pour de nombreux termes de culture.
L'une des principales raisons qui poussèrent Mgr. Victor ROELENS, premier évêque du Vicariat Apostolique du Haut Congo, à envoyer des missionnaires pour fonder la mission de Kasongo, fut la lutte contre l'islam, sa civilisation et des diverses influences.
Mais au terme du premier centenaire de l'évangélisation de l'Eglise particulière de Kasongo, tirant les leçons de l'expérience du passé et annonçant les priorités pastorales pour la seconde étape de l'évangélisation de Kasongo, l'actuel évêque de Kasongo, Mgr. Théophile KABOY écrivait ceci : « Le diocèse de Kasongo ne saurait vivre en ignorant l'islam du fait de l'importance numérique des musulmans qui sont majoritaires à Kasongo même et dans la partie sud, du fait aussi qu'au cours de l'histoire des rapports entre catholiques et musulmans ont connu des hauts et des bas et qu'aujourd'hui il s'est instauré un climat d'estime et de respect mutuel ...
Dans le souci pastoral du dialogue entre croyants et à l'exemple de Jean Paul II pour ses rencontres d'Assise, le diocèse de Kasongo aura à se pencher encore davantage sur la question de chercher « les clés » pour savoir, pour comprendre et pour vire avec l'islam » Le présent travail répond à cette préoccupation pastorale de l'évêque de Kasongo. Bien de raisons nous ont poussés à nous y engager.
Il y a tout d'abord la découverte de l'islam que l'étude de cette religion à l'ISTR nous a permis de faire.
Il y a ensuite le constat des efforts menés par l'Eglise de France pour mieux connaître et mieux vivre avec la Communauté musulmane qui devient de plus en plus importante dans ce pays tout comme en Europe et en Amérique.
Il y a enfin notre propre implication dans le vivre-ensemble entre chrétiens et musulmans au sein de notre terroir. En effet, prêtre du diocèse de Kasongo, nous sommes issu d'une famille musulmane convertie au catholicisme et qui a toujours vécu dans l'entente et le respect avec les autres membres de famille demeurés dans l'islam.
Cette expérience familiale de tolérance et de cohabitation pacifique montre qu'il est possible de l'étendre à une échelle plus vaste. De nombreux chrétiens de Kasongo vivent avec des parents musulmans, se marient avec des musulmans, étudient dans des écoles où les musulmans sont parfois majoritaires, etc... Ce travail est par conséquent destiné aux diocésains de Kasongo : prêtres, religieux, religieuses et tous les chrétiens de ce diocèse qui vivent au quotidien avec les musulmans sans vraiment les connaître. Et il en est de même des musulmans.
Permettre la connaissance mutuelle entre les fidèles de ces deux traditions religieuses c'est ouvrir une nouvelle page de l'histoire et favoriser la compréhension réciproque et le dialogue fructueux. Un tel contexte socio-religieux appelle l'Eglise concernée à s'interroger sur l'esprit évangélique qui Les amis de l'ISTR Page 2/18
doit la caractériser dans cette ère nouvelle post conciliaire où la mission se définit par l'écoute fraternelle de l'homme et du monde créé par Dieu ainsi que le dialogue avec les autres croyants, notamment ceux de l'islam. Le présent travail veut s'articuler autour de trois principaux axes : L'axe rétrospectif qui consiste à mieux appréhender l'islam de Kasongo dans sa spécificité et ses rapports passés avec le christianisme ; L'axe de l'état actuel de l'islam : sa nouvelle vitalité, ses stratégies ainsi que l'attitude actuelle des évêques de Kasongo envers la communauté musulmane.
Enfin, les deux éléments dicteront l'axe prospectif de la mission de l'Eglise à savoir comment construire des rapports interreligieux positifs et constructifs avec des personnes et des Communautés de diverses croyances, afin d'apprendre à se connaître et à s'enrichir les uns les autres, tout en obéissant à la vérité et en respectant la liberté religieuse de chacun.
L'appréhension exacte et totale de la réalité islam dans la région de Kasongo dépasse de beaucoup la seule dimension religieuse. En effet, avant d'être un fait religieux, l'islam à Kasongo a d'abord été un phénomène social, politique, économique et culturel nouveau dont l'aboutissement est ce que nous pouvons appeler l'arabo-swahilisation de Kasongo et Kabambare (le Sud-Maniema).
Dans cette partie, nous nous attacherons à établir la spécificité de l'islam à Kasongo, à savoir : L'islam comme arabo-swahilisation L'islam et son prosélytisme ayant engendré les réactions des autorités coloniales et des missionnaires catholiques.
I. L'Arabo-swahilisation du Sud - Maniema
L'islamisation du Sud-Maniema (Kasongo et Kabambare) dans la seconde moitié du XIXème siècle commence avec la présence, dans cette région, des arabo-swahili, population métissée arabo-africaine de la côte orientale du continent.
A partir de 1875, Kasongo devint l'une, sinon la principale base militaire et commerciale de ce qui est devenu un empire arabo-swahili dont le principal bâtisseur fut le célèbre Hamed Ben Mohamed Ben Yuma Ben Rajab El Murjebi, généralement connu sous son sobriquet africain de Tippo-Tip (onomatopée de bruits de fusils qu'il utilisait pour conquérir des territoires et soumettre des peuples).
Les premiers européens ayant visité la ville de Kasongo à ce temps-là sont unanimes pour exprimer leur étonnement devant l'Suvre réalisée par ce bâtisseur d'empire d'un type peu commun ».
L'objectif de cette occupation fut la recherche de l'ivoire et, liés à l'ivoire, les hommes pour le transport de cette marchandise précieuse jusqu'à la côte orientale de l'Afrique. C. Young estime à 20.000 le nombre d'ivoires exportés annuellement et à 70.000 le nombre d'hommes et de femmes qui, chaque année, étaient emportés en esclavage. Ce commerce ayant attiré d'énormes capitaux des Etats-Unis, de la Grande Bretagne et de la France, les prix avantageux qui en résultaient poussèrent ainsi les marchands arabo-swahili soit à s'installer eux-mêmes, soit à ouvrir des comptoirs dans différents coins du Maniema et à la tête desquels furent progressivement placés des hommes de confiance qui étaient soit des swahilis, soit des chefs locaux gagnés ou simplement vaincus et obligés de remettre régulièrement ces butins.
Ainsi, du projet commercial originaire naquit un dessein politique : occuper, soumettre par la force la population et organiser administrativement et socialement toute la partie orientale de l'actuelle République démocratique du Congo. Une nouvelle Communauté prit naissance et fut caractérisée par : un nouveau type de pouvoir politique un nouveau système économique une nouvelle langue Un nouveau type de pouvoir politique Il s'agit d'un pouvoir centralisé et étendu sur un territoire vaste, alors que l'unité politique naturelle de la population autochtone était constituée du clan ou du lignage. Le nouveau pouvoir regroupa des hommes et des femmes appartenant à des tribus différentes.
Par ailleurs, la violence exercée par les conquérants (razzias, recrutements forcés, esclavage, etc...) entraîna des rapports socio-politiques nouveaux entre occupants et occupés et les populations autochtones se mirent à rechercher un nouveau positionnement par rapport aux nouveaux maîtres. Il s'ensuit l'institutionnalisation de la nouvelle stratification socio-politique suivante : à la tête de la société nouvelle il y a les métis venus de Zanzibar, Bunyamwezi et Bagamoyo ensuite des « Batonge » : collaborateurs, auxiliaires, lieutenants chargés de collecter l'ivoire et de faire exécuter les ordres des maîtres viennent après la classe de « Watumwa » dérivé du mot swahili « Kutuma » (envoyer) et signifiant au départ personne garçon de courses et finalement esclave
il y a aussi les « Wajakazi » : personnes qui s'amenaient d'elles-mêmes auprès des arabo-swahilis pour demander du travail dans les plantations des « Watwana » ou garde personnelle des maîtres avec référence à la taille et à la corpulence. Ils furent aussi les gardiens des harems des arabo-swahilis
enfin la catégorie des « Wapagazi » personnes incorporées de force dans les caravanes et astreintes à transporter des marchandises et spécialement l'ivoire.
Ainsi la nouvelle organisation socio-politique aboutit à la triple strate :
celle des gouvernants ou chefs
celle des collaborateurs ou auxiliaires
celle enfin des serviteurs et esclaves exécutants des travaux décidés et supervisés par les chefs ou leurs collaborateurs
Un nouveau système économique Alors que l'époque pré-arabo-swahili fut dominée par l'économie de subsistance, l'avènement des arabo-swahilis dans le Sud-Maniema introduisit l'économie de traite caractérisée par l'échange entre produits locaux très prisés (ivoire, perroquets, etc...) contre les articles désormais recherchés par les populations autochtones (fusils, habits, sel, etc...) Conséquence : attirés par le nouveau mode de consommation, les autochtones se sont mis à réajuster leur outillage mental afin d'accéder à ce nouveau monde créant un nouveau type d'homme.
Une nouvelle langue La langue swahili, sans être imposée, s'est taillée progressivement sa place dans la société autochtone à partir de trois foyers :
le foyer commercial Pour acheter ou vendre, il fallait marchander. Et la langue commerciale qui s'imposait à tous était le swahili ou plutôt le Kingwana, mélange du swahili de la côte avec des éléments des idiomes locaux. le foyer des « Boma » (places fortifiées des arabo-swahilis) Tous ceux qui habitaient avec les arabo-swahilis devaient parler le swahili à la fois pour se faire comprendre mais aussi comme mot de passe distinguant les vrais habitants des places fortifiées d'éventuels intrus et espions.
le foyer du nouveau savoir-vivre et savoir-être Ce fut principalement le domaine de l'acculturation et de l'imitation par les autochtones. Ceux-ci se mirent presque spontanément à utiliser les termes de la langue swahili ou arabe pour la salutation (salaam-aleikum) et pour la réponse polie (naam) en même temps qu'ils adoptaient le nouvel habillement (kanzu, kilemba), le sens de la propreté des pieds par le port des sandales en bois appelées « mikalabanda », ou l'aménagement des toilettes où l'on utilisait l'eau pour se purifier (msalani), la préparation de la jeune fille au mariage à travers une sorte d'école appelée « umwali », l'usage abondant de l'anthroponymie pour pérenniser des événements importants ayant coïncidé avec la naissance de tel ou tel enfant :
Machozi : enfant né à une époque de souffrance d'un parent de la famille souvent on fait allusion aux larmes de la mère
Vumilia : nom incitant à supporter quelque épreuve
Mwavita : né durant une période de conflit ou de guerre
Ramazani : naissance au cours du mois de ramadan, etc...
Ce phénomène d'acculturation était si fort que la connaissance de la langue swahilie ou l'adoption de bonnes manières de vivre issues des arabo-swahilis constituèrent pour les autochtones les critères de reconnaissance de l'homme civilisé (Musilimu avec racine islam) ou du non-civilisé (Mushenzi).
Faisant le bilan de cette présence arabo-swahili dans le Maniema en général et la région de Kasongo en particulier, J.I.ABEMBA relève les éléments suivants : 1 Les faiblesses et servitudes de l'Etat arabo-swahili avec les particularités de ses fondateurs (trafiquants d'ivoire) sans ambition politique au départ.
Seule la complexité des problèmes rencontrés pour la recherche et le transport de l'ivoire les ont amenés à exercer ici et là une certaine intervention du type politico-militaire en soumettant des populations ou en démettant des notables locaux hostiles à leurs activités et en promouvant ceux qui leur étaient favorables.
Il faut ajouter aussi les ambitions de l'Etat Indépendant du Congo sur la région, lesquelles ambitions créèrent un climat de concurrence et finit par déclencher le conflit qui fut fatal aux arabo-swahili.
2 Mais il y a eu grandeur et apports de l'Etat arabo-swahili dans la région de Kasongo : l'exercice des activités commerciales ont donné naissance au phénomène d'échange jusque là inconnu dans la vie intra et inter-tribale des populations de la région de Kasongo. Ensuite, l'occupation arabo-swahili a permis un essor économique dans le domaine de l'agriculture (manguiers, goyaviers, orangers, citronniers, riz, etc....).
Il existe encore maintenant à Kasongo et à Nyangwe des vestiges importants de cette période.Puis, il y a eu aussi l'essor des villes (Kasongo avec 30000 habitants et Nyangwe au bord du fleuve avec autant d'habitants). Enfin, tout ce développement a entraîné une nouvelle mentalité en particulier le sentiment d'appartenir à une nouvelle communauté multi tribale et n'ayant que très peu d'attache ethnique particulière avec comme signe nouveau une nouvelle langue qui a vite supplanté toutes les autres.
Ce sont là les éléments non religieux qui sous-tendent la réalité de l'islam à Kasongo. Voyons à présent comment l'islam comme religion s'est implanté à Kasongo.
II. Le prosélytisme musulman et les réactions coloniales
1 - Les pionniers du prosélytisme islamique à Kasongo Après leur défaite par les Belges, les arabo-swahilis et leurs disciples se sont soit réfugiés en Tanzanie et au Burundi soit tout simplement soumis au nouveau pouvoir politique belge. Celui-ci les regroupa dans des quartiers que l'on baptisa du nom de « quartiers arabisés ».
Entre ceux qui avaient fui à l'extérieur et les quartiers arabisés, les contacts suivis furent noués et un certain trafic de livres, d'objets religieux ou d'idées fut établi par le canal des commerçants pakistanais qui reliaient la côte orientale de Kasongo ainsi que les visites de certains chefs musulmans en provenance de l'Est africain.
Par ailleurs, beaucoup de jeunes originaires de Kasongo et Kabambare ont réussi à rejoindre la Tanzanie et y ont suivi la formation dans les écoles coraniques ou à côté des maîtres de Confréries. A leur retour dans la région de Kasongo, ils s'installèrent dans leur village natal où ils furent bien accueillis par leurs familles et entreprirent le travail de prosélytisme musulman en ouvrant des écoles coraniques et des mosquées. Ces femmes « Walimi » (maîtres) constituèrent le premier noyau de l'élite islamique autochtone et l'islam prit une extension populaire importante.
On cite habituellement les grands noms de ces pionniers : Amisi Mupara, Useni Kitela, Hilalli Muselem, Mwalimu Saleh, Omar Kalombwe, Heradi Pene Sura, etc.. Ajoutons aussi cet autre élément qui a servi de pilier au prosélytisme musulman : la création de groupements arabisés. Ces groupements ont favorisé les contacts avec le monde musulman extérieur et, bien plus, ont permis à l'islam d'avoir une assise institutionnelle.
Le territoire de Kasongo comptait cinq groupements arabisés (Pene Senga, Makonga, Kapaya, Earahani et Muyenga). Le mode de gouvernance de ces groupements était fondé sur le Coran et les tribunaux fonctionneront à partir des prescriptions de l'islam.
Bien plus, le pouvoir colonial belge utilisera certains descendants des arabo-swahilis comme cadres dans l'appareil administratif et judiciaire, légitimant ainsi la capacité des musulmans à exercer une influence notoire dans l'exercice du pouvoir politique.
2 - Le rôle majeur joué par la Confrérie « Mulidi » La confrérie Mulidi a joué le rôde de la radicalisation politico-religieuse dans l'évolution de l'islam à Kasongo. La Confrérie Mulidi s'est voulue une famille islamique. Pour y entrer, le postulant s'engageait à :
ne plus boire d'alcool
ne plus fumer de cigarette
ne plus commettre l'adultère
abandonner la superstition, la magie, la divination demeurer au service d'Allah et du Mulidi jusqu'à la fin de sa vie A l'occasion de la mort d'un membre de la Confrérie, la solidarité oblige tous les autres membres à apporter sa cotisation.
La Confrérie Mulidi possédait sa hiérarchie :
Le Shierah est le chef suprême. Il était inconnu à Kasongo car son siège était à Bagdad. L'Akida : fut le responsable de la Confrérie au niveau régional du Maniema
Le Kalifa préside la cérémonie d'adhésion, supervise toutes les activités de la Confrérie.
Il y a un maître spirituel local qu'on appelle « Babumulidi »
Halalimashauri), le secrétaire (Mwandishi) et le Kishawishi ou bien Kombaynlu : garçon de courses, chargé de percevoir les contributions des membres et d'égorger les animaux, selon le rite mulidi.
Le Mulidi a fini par installer une véritable religion populaire qui a porté l'islam à son point culminant et dont les causes du succès sont :
Le caractère communautaire et solidaire de cette Confrérie, un des facteurs de son inculturation dans le milieu et qui cadrait bien avec la vision du monde bantoue. (prise en charge des frais de funérailles d'un membre, préoccupation pour les pauvres, les veuves et les orphelins etc.)
La qualité des propagateurs de la Confrérie : ils étaient des lettrés de haut niveau et de grande réputation dans l'Afrique orientale d'où ils provenaient. Leur engagement était également attractif et convainquant.
La didactique Mulidi était attrayante pour les enfants et les jeunes. Le Mulidi encadrait ces derniers en association de jeunes chanteurs (Wana makasida) qui véhiculaient à travers des chants bien rythmés des messages et un certain enthousiasme conquérant. Et ces enfants finissaient par avoir une forte aversion envers l'école missionnaire où régnait la passivité.
Finalement, la Confrérie Mulidi se présenta comme un islam ayant une coloration politico-religieuse de contestation et d'antagonisme à l'ordre colonial établi.
Les adeptes du Mulidi commencèrent à se proclamer et à se réclamer de l'Islam devant certaines exigences du pouvoir colonial : les ouvriers des plantations ne travaillaient plus le vendredi, les prisonniers musulmans exigeaient un régime alimentaire spécial conforme à leur religion, les enfants musulmans étaient interdits de fréquenter les écoles non musulmanes, etc....
D'où les réactions du pouvoir colonial et des missionnaires catholiques.
III. Réactions du pouvoir colonial et des missionnaires catholiques
Dans la mesure où le bouillonnement de la Confrérie Mulidi contrevenait aux projets civilisateurs et aux intérêts des coloniaux, des réactions coloniales étaient prévisibles. Elles se présentèrent sous la forme d'oppression exercée sur les musulmans :
interdiction aux visiteurs musulmans étrangers venant de la côte orientale africaine de sillonner la région de Kasongo ; relégation des « walimu » (maîtres) déjà installés dans la région.
De 1936-1940 le Père Lazzarato compte 12 walimu envoyés en relégation. Cette mesure fut levée en 1940 : une partie des walimu rentrèrent à Kasongo et à Kabambare, d'autres moururent en exil.
De leur côté, les missionnaires menèrent un combat acharné pour réduire l'influence de l'islam dans la région : interdiction de construire des mosquées et destruction de certaines d'entre elles prohibition de faire fonctionner des écoles coraniques et obligation faite à tous les musulmans d'envoyer leurs enfants aux écoles missionnaires.
Les musulmans n'y obéirent pas toujours et il s'en suivit une véritable guerre de religions (les musulmans démolissant à leur tour des lieux de prière pour chrétiens construits dans leur village ainsi que des écoles des missionnaires).
Au niveau du pouvoir colonial belge, il surgit une divergence de vue entre socialistes et catholiques concernant l'attitude à adopter à l'égard des musulmans du Maniema. La parution du livre du professeur Armand ABEL « Les Musulmans noirs du Maniema » en 1958 fut un effort conjoint de l'Université libre de Bruxelles et du Ministère des Colonies (socialiste) d'acquérir une meilleure connaissance des problèmes spécifiques des musulmans du Maniema.
Cet effort fut relayé par l'initiative courageuse de Mgr. Richard Cleire, Evêque de Kasongo, de faire venir à Kasongo un missionnaire d'Afrique spécialiste de l'islam qui entreprit d'engager un dialogue avec les musulmans de Kasongo.
Lors de l'accession du Pays à son indépendance, le 30 juin 1960, l'opposition entre chrétiens et musulmans devint plus vive. Les chrétiens qui avaient reçu la formation dans les écoles missionnaires constituèrent l'élite dirigeante (administration publique, enseignement, infirmiers, etc....) et occupèrent tous les postes sociopolitiques.
Les musulmans, quant à eux, suite à leur auto marginalisation vis-à-vis de l'école et de tout l'apport de la civilisation occidentale et chrétienne, se retrouvèrent au second plan et comme mis à l'écart dans la gestion des affaires publiques.
Ils trouvèrent cependant l'occasion de prendre leur revanche en exploitant deux situations pour se mettre au devant de la scène du pouvoir : les partis politiques préparatoires à l'indépendance et la rébellion de 1964-1965.
Parmi les partis politiques qui s'implantèrent au Sud-Maniema, les musulmans s'inscrirent dans les partis nationalistes et radicaux (MNCL et CEREA) tandis que les catholiques se retrouvèrent majoritairement dans le parti modéré (PNP).
Le clivage chrétiens-musulmans se retrouva ainsi politiquement entre partis nationalistes et partis modérés. La victoire des partis nationaliste propulsa, au lendemain de l'indépendance, les leaders musulmans sans formation suffisante.
Quant à la rébellion muleliste de 1964 ; elle fut déclenchée par les nationalistes qui avaient été écartés du pouvoir après l'assassinat de Patrice Lumumba en 1961. Dans la région conquise par cette rébellion, et ce fut le cas pour le Sud-Maniema, l'on massacra une grande partie de l'élite politique chrétienne.
Mais lors de la reprise par le régime modéré, il y eut des règlements de compte qui plongèrent la région du Sud-Maniema dans un climat malsain de vendetta. Tel est le contexte de la genèse de l'Islam dans la région de Kasongo et de son émergence mouvementée dans ses rapports du passé avec le christianisme missionnaire. Un nouveau climat semble s'instaurer actuellement entre chrétiens et musulmans tout comme l'islam lui-même s'organise de plus en plus pour se présenter comme un partenaire respectable.
Le Maniema pâtit d'un désintérêt général depuis son élévation au statut de province en 1988, et singulièrement depuis le début du conflit en République démocratique du Congo. Le nom même de « Maniema » est largement inconnu à l'étranger, à la différence de ces voisins les Kivu, Katanga et Kasaï, sans parler du médiatique district d'Ituri.
Jusqu'en 2002 les exactions quotidiennes perpétrées dans toute la province par de multiples bandes armées se produisaient, étaient ignorées en raison de son enclavement quasi-hermétique.
De tous les maux dont souffrent aujourd'hui les habitants du Maniema, l'enclavement géographique est unanimement invoqué en tête des préoccupations. Isolée des autres provinces par l'état désastreux du réseau routier, la région est également cloisonnée.
Chaque localité est isolée de ses voisines, le temps moyen de déplacement entre un village et son chef-lieu de territoire avoisine deux jours. Les véhicules à quatre roues sont aujourd'hui pratiquement inconnus sur l'étendue de la province et le passage d'une moto dans un village constitue un événement.
Le statut de Kindu, comme ville ne s'est pas fait accompagner d'un transfert de patrimoine ou d'un investissement public digne d'un chef lieu de province donnant à Kindu l'allure d'un "grand village".
1.Superficie
D'une superficie totale de 101,295 km² (soit une densité de 2,19 hab/km²), Kindu est située de part et d'autre du fleuve Congo et s'étend du Nord au Sud sur environ 9,5 km et sur 10 km de l'Est à l'Ouest.
La commue la plus vaste de la ville est celle de Kasuku (46,295 km²) suivi de celle de Mikelenge (30km²) et de celle de d'Alungili (25km²).
2.Situation, limites et accès
Kindu occupe une position de carrefour sur le territoire national, sur le continent Africain et sur les routes aériennes, car la ville est située au croisement des axes Nord-Ouest/Sud-Est et Sud-Ouest/Nord-Est. Situé dans le territoire de Kailo à 497m d'altitude, le point le plus bas de la ville est la commune d'Alunguli (470m) et son point le plus haut est la commune de Tokolote.
Limité du Nord à l'Ouest et au Sud par la collectivité de Bangueguele et à l'Est par la collectivité de Wasongola, quatre voies d'accès mènent à Kindu et permettent d'y sortir.
En effet, le fleuve Congo, qui traverse le Maniema du Nord au Sud en passant par Kindu permet de se rendre dans la Province Orientale, Kisangani et Kibombo et dans le Katanga, Kogolo, Kabalo et Lubumbashi, grâce notamment à des barges qui accostent dans des installations portuaires, fonctionnelles jadis sur les deux rives du fleuve.
Aussi, la voie ferrée va vers Kalemie, Kamina et Kananga puis Likasi, Lubumbashi, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana, l'Afrique du Sud et Maputo. Mais de nos jours, l'arrivée du train est irrégulière à Kindu et l'événement reste prisé par les habitants qui délectent en attroupement.
Des routes non asphaltées, dont l'état laisse souvent à désirer, traversent la ville, permettant ainsi d'aller dans toutes les autres provinces du pays. La Nationale 1 va vers Kisangani, la Nationale 2 vers Kalima, Bukavu en passant par Shabunda et la Nationale 3 vers Moba, Mbuju-Mayï, Kamina, Kananga, Kinshasa etc. Il existe aussi une route menant à Kasongo, Kongolo et au Katanga.
Kindu dispose également d'un aéroport moderne avec une piste asphaltée et balisée de 2 200 m de long et de 45 m de large pouvant accueillir des avions à réaction "moyen courrier".
3.Patrimoine
La ville de Kindu ne possède pas de site touristique mais le patrimoine ci-dessous fait la fierté de ses habitants :
• La colline Obeta (Office Belge de tourisme en Afrique) 497m de haut située dans la commune de Mikelenge
• La grande stèle, monument symbolisant la paix (en fait ancien monument du Mouvement Populaire de la Révolution, en sigle MPR) situé à la place de la tribune.
• La gare et le port sont des constructions de style belge gothique ;
• Le cercle SNCC est un bâtiment de style gothique;
• Les quatre îlots au milieu et le long du fleuve (visibles à partir de la colline Obeta) font rêver mais sont non exploités.
• Le petit séminaire, les chapelles (St Esprit et St Gaston) et les cathédrales (St Pierre et St Paul);
• Le beach central qui relie les deux rives de la ville est une curiosité pour les non habitants;
• La salle Champagnat, en mémoire de Marcelin Champagnat (fondateur de la congrégation religieuse Mariste) est un charme.
4.Habitants
La population de Kindu est de 221 084 habitants (d'après le recensement 2003 de l'hôtel de ville de Kindu) soit 54 178 femmes, 44 415 hommes, 58 827 garçons et 63 664 filles. Kusuka est le quartier le plus peuplé de la ville (57 583 habitants) avant Tokoloké (dans la commune de Mikelenge : 31 816 habitants) et Magobo (commune d'Alunguli: 24 535 hab.). La population de Kindu est hétérogène, cependant, sa rive gauche est considérée comme le fief des Bakusu et sa rive droite celui des Balega.
Il faut cependant relever que la population de Kindu a évolué en fonction des périodes d'affrontements militaires qu'a connu la région.
5.Titre administratif
Située au centre de la République Démocratique du Congo, la province du Maniema couvre une superficie de 132.250 km². Elle est limitée au nord par la Province Orientale, au sud par le Katanga, à l'est par le Nord Kivu et le Sud Kivu et à l'ouest par le Kasaï Oriental.
Elle est l'une des trois provinces issues du découpage territorial de l'ancien Kivu en 1988. A l'instar de deux provinces soeurs (Nord Kuvu et Sud Kuvu), le Maniema n'est pas subdivisé en districts. Il compte seulement 7 territoires (Kibombo, Kasongo, Pangi, Punia, Lubutu, Wamaza et Kaïlo) et la ville de Kindu.
Kindu est le chef lieu de la province du Maniema et une entité administrative décentralisée à statut de ville et subdivisé en trois communes: le centre ville (habité jadis par les colons), Mikelenge (la cité), situées sur la rive gauche du fleuve Congo, et Alunguli (essentiellement agricole) située sur la rive droite du fleuve. Les trois communes de Kindu, situées dans le territoire de Kailo, sont subdivisées en neuf quartiers.
6.Activités socio-économiques
La rive droite de Kindu n'a jamais bénéficié des infrastructures collectives dont disposent la rive gauche. Mais d'une manière générale, à part la gare, le port et l'aéroport national, la ville ne dispose pas d'infrastructure collective pouvant contribuer efficacement à son développement économique.
Les populations de Kindu pratiquent l'agriculture périurbaine (produits maraîchers). La ville est approvisionnée par son hinterland en produit agricoles divers et par les autres provinces (venant de Kinshasa, Goma et Lubumbashi) en produits alimentaires. Kindu approvisionne à son tour les provinces en produits agricoles et son hinterland en article de traite et en produits fini. Cette redynamisation des activités économiques est due à la reprise des activités du train et de la navigation dans le port de la ville.
La ville n'est pas approvisionnée en eau courante et en électricité. Ce qui explique pourquoi les petites industries telles que les rizières, huileries, décortiqueuses de café ainsi que les petites industries de transformation des produits de la pêche et de l'élevage fonctionnent de manière artisanale avec des groupes électrogènes, donc pas à leur pleine capacité. Cette situation n'encourage pas non plus l'implantation d'activités industrielles. La ville exporte cependant de l'huile de palme, du riz et de l'arachide, venant de son hinterland vers Kinshasa, Goma et Lubumbashi d'où elle importe des produits finis pour son hinterland.
C'est ainsi qu'après le couché du soleil, la ville est généralement plongée dans l'obscurité à l'exception de quelques organisations et particuliers fortunés possédant des groupes électrogènes et des panneaux solaires.
Par ailleurs, il n'y a pas de service de voirie, les routes de desserte sont dans un état très défectueux entraînant beaucoup de poussière en saison sèche avec son corollaire de maladies hydriques et respiratoires.
Il n'est pas possible de capter des stations de télévision à Kindu si l'on ne dispose pas d'une antenne parabolique. Cependant, la Radio Okapi très bien implantée est la plus écoutée des radios. RTNC et RAGA émettent de manière sporadique en raison de problèmes électriques et de difficultés techniques.
Les maisons à Kindu ont généralement des clôtures en haies basses, dévoilant l'architecture des bâtiments qui sont souvent construits de brique de terre rouge cuite ou non et des toitures en tuiles ou en paille selon les moyen dont dispose le propriétaire.
Le transport urbain est inexistant. Même si quelques ONG et organisations internationales utilisent des voitures, les habitants de Kindu se déplacent généralement à pied ou à vélo sur des routes en terre jaune. Le vélo n'est pas un moyen de transport en commun mais il peut être loué pour transporter ses bagages ou des marchandises.
En plus de tous ces problèmes, la ville souffre de l'inondation de ses deux rives, toutes les décades.
Kindu, de part sa population croissante, son extension urbaine et son développement, ressemble de plus en plus à une ville. Il existe une société privée fournissant l'accès Internet grâce à un groupe électrogène et une parabole pour la réception et la transmission de données.
Hôtels/Hébergement
La ville de Kindu dispose officiellement de 21 hôtels non classés, d'une capacité d'accueil de 210 chambres et 57 appartements mais leur état laisse à désirer car ils ne disposent ni d'électricité ni d'eau courante. Les seuls encore fonctionnels sont le "Relais" (le seul à une étoile mais sans électricité ni eau courante), "Lusa", "Luanda", "Guest house", "hôtel du Marché Mwachane" et l'"hôtel Moderne".
La seconde cause de souffrance de la population est l'insécurité générée par les hommes armés et les membres des services dits « de sécurité ». L'insécurité dans un endroit donné est proportionnelle aux effectifs locaux de ces individus.
Généralement diffus, le danger se fait plus aigu dans les zones fortement militarisées. Celles-ci coïncident singulièrement avec les régions minières, où l'extraction artisanale des matières précieuses (or et diamant surtout) est synonyme d'argent facile pour quiconque a un pouvoir de contrainte.
Les zones les plus touchées actuellement sont les régions de LUBUTU, KASESE et NAMOYA. Le comportement globalement nuisible des fonctionnaires sensés protéger la population, tout comme l'anarchie qui règne dans l'activité minière, avec son cortège de détresses sociales, sanitaires et économiques, est du ressort du seul politique.
Au premier plan des besoins humanitaires du Maniema figure aussi l'enseignement. La faillite du système scolaire au Maniema est totale.
La situation de l'enseignement dans certaines parties de la province comme la région de KABAMBARE est spécialement grave et requiert à notre avis une intervention de toute urgence.
Parmi les priorités identifiées dans la province se trouvent enfin l'accès à l'eau potable, problématique sur toute l'étendue du territoire, et l'accès aux soins médicaux qui reste extrêmement difficile pour une majorité d'habitants du Maniema.
REGIONS PRIORITAIRES : Autant que la mission ait pu en juger, il apparaît que les territoires réclamant l'aide humanitaire la plus importante sont d'abord celui de KABAMBARE, suivi du Territoire de KIBOMBO et du Territoire de PANGI. De plus il est souhaitable que l'axe Kindu – Rivière Lomami, très mal connu, fasse l'objet d'une enquête ; Enfin le Territoire de Lubutu ne mérite pas d'être délaissé par l'aide humanitaire comme il l'est aujourd'hui.
Les maux qui frappent les zones de Lubutu, Punia, Kasese, Namoya, voire Kampene, proviennent pour l'essentiel de l'exploitation anarchique du diamant et du minerai d'or, celleci ayant été autorisée par le régime de Mobutu. Outre les questions d'insécurité que nous venons d'évoquer, voici quelques-unes des conséquences de cette activité : Des élèves et des professeurs quittent leurs écoles pour venir tenter leur chance dans les foyers miniers, spécialement au sud-est Maniema. Des mères de famille de localités éloignées abandonnent leurs enfants aux grands-parents dans l'espoir de s'enrichir dans les foyers miniers. Là elles tombent fréquemment dans la prostitution. Il en va de même de nombreuses jeunes filles. Les enfants ainsi laissés au village souffrent souvent de malnutrition car leurs grand-mères sont incapables de subvenir à leurs besoins.
Des hommes abandonnent aussi femme et enfants pendant de longs mois pour aller creuser. Le tissu familial et social est rompu. Le SIDA et d'autres maladies vénériennes progressent dans ces milieux, où règne la dépravation sexuelle. Les fonctionnaires accourent de tous les horizons pour prendre leur part du gâteau, et la corruption est à son comble. Ils harassent les creuseurs, les commerçants et toute personne susceptible de détenir quelque argent.
En dépit de la richesse indéniable provenant de la vente de ces matières, la misère frappe un grand nombre d'habitants. Et le coût de la vie est élevé. La nourriture est inabordable pour les indigents.
Histoire Les migrations venues de l'Est ont vue des populations d'origine bantoue occuper le Nord et le centre de la région. Il s'agit des Balega, Balengola, Bakumu-Babira et Wasongola orientaux qui se sont métissés avec les pygmées qu'elles y trouvèrent.
Les migrations venues de l'Ouest et du Nord ont concernées les Mongo (Bakela, Bamelo, Bakusu, Bahombo, Ankutshu, Basongo-Meno, Bakela, Bambelo, Bakutu, Nkunda, Ekonda, Baluba et Balubaïse).
Les migrations venues du Sud comprennent les Basonge, Wazura, Wagenia, Balungu, Mamba, Kasenga, Nonda, Bakwange, Wazimba, Babuyu, Bangubangu, Banyamikebwe, Bahemba, Wazura et Bahombo.
C'est vers 1860 que les commerçants Arabe-swahili s'installent d'abord à Nyangwe et créent plus tard d'autres sites de transit pour le commerce de l'ivoire et d'esclaves, apportant ainsi à la région, la culture Swahili: religion musulmane, mode d'habillement, architecture et pratiques agricoles et laissant un vestige important : le chemin de la caravane, qui jadis permettait aux Arabes d'acheminer de l'or et de l'ivoire en direction de Zanzibar et Udjidi à travers le Lac Tanganika.
De nos jours, les pratiques de l'Islam sont toujours respectées à Kindu et des vestiges de la présence arabe sont toujours visibles à travers les ruines d'anciennes constructions comme les mosquées faisant de Kindu, un poste avancé de l'Islam en pleine forêt équatoriale.
Ces grands mouvements migratoires ont permis à la ville de se développer à partir d'un petit village de pécheurs, de la tribu Wasongola, dénomé Kindo (expression qui signifie bruits de pas), du nom de la petite rivière qui le traverse.
Ce développement a été accentué pendant la période coloniale, lorsque le Baron Édouard EMPAIN, (Beloeil , 20.09.1852 - Woluwé , 22.07.1929), collabora avec le roi Léopold II au développement économique du Congo, notamment par la création de la Compagnie des chemins de fer des Grands Lacs africains et de ports. Ce partenariat a permis la création, à Kindu, d'un port et d'une gare, reliant Kindu, par voie ferrée au Katanga et par voie maritime à la Province orientale. Ces deux infrastructures ont permis le désenclavement de Kindu et cela a entraîné un afflux de population vers la zone. C'est ainsi que Kindu est désigné chef lieu du district du Maniema (district de la province du Grand Kivu avec Kindu comme chef lieu de district et Bukavu comme Chef lieu) et est communément appelé " Kindu port Empain"
Freddy



