La situation à l'Est de la RDC a été marquée par de nombreux cas de violation des droits de l'homme. Le procureur de la Cour pénale internationale qui a déjà eu à parler des sévisses subis par la population de cette partie de la République, est monté hier sur ses quatre chevaux.
Luis Moreno Ocampo a exprimé son inquiétude sur la situation dans les Kivu et rappelé que son bureau suivait de très près les informations convergentes sur des attaques menées contre la population civile, selon un communiqué de la CPI.
Le procureur dénonce notamment « le déplacement forcé des populations, les meurtres, les viols et les pillages perpétrés lors des affrontements armés récents dans la province du Nord-Kivu ».
« Les crimes doivent cesser. La population des deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu n'a que trop souffert. Les viols et les déplacements forcés sont des crimes graves qui ne sauraient rester impunis », a affirmé le procureur.
Selon le communiqué, le procureur de la CPI s'est déjà penché sur « des crimes qui auraient été commis dans les deux provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ces dernières années » par toutes les parties belligérantes. « Il va annoncer très prochainement l'orientation de son enquête », ajoute le communiqué.
Les enfants sont des cibles faciles pour le recrutement forcé dans l'Est de la Rdc où les combats ont entraîné le placement de quelque 100.000 personnes, dont 60% d'enfants, selon l'Unicef. Unicef et Amnesty international ont aussi dénoncé le recrutement d'enfants soldats, pour certains récemment démobilisés, par les parties en conflit.
Entre-temps, la section Protection de l'enfant de la Monuc a écrit le 18 février 2008 au gouvernement sur les cas des enfants du Nord-Kivu interpellés. Elle a fait état de 31 mineurs. De ces enfants, 16 sont Rwandais, 14 Congolais et 1 Burundais.
La Monuc rappelle à ce propos que l'article 114 de la loi N°023/ 2002 du 18 novembre 2002 portant code judiciaire militaire congolais, stipule que les juridictions militaires ne sont pas compétentes à l'égard des enfants de moins de 18 ans. En plus, ajoute-elle, la RDC reconnaît que les enfants soumis au recrutement sont avant tout victimes.
Pour conclure, la Monuc affirme compter sur la collaboration du gouvernement afin que des mesures immédiates soient prises pour la libération de ces 31 mineurs afin que la Monuc, en coopération avec les partenaires, puisse procéder au rapatriement et à la réunion des familles et enfants rwandais, burundais et congolais dans les plus brefs délais.
C'est sur le gouvernement congolais que la Monuc fait pression. Mais elle ne dit rien sur les auteurs du recrutement des enfants pour servir dans les combats. Encore une politique de deux poids, deux mesures.
Il est facile de déduire que soit les enfants ont été recrutés par le Rwanda et mis à la disposition du CNDP soit alors c'est ce dernier qui recrute les enfants pour les emmener dans les zones de conflit.
Il sied de rappeler que le CNDP se trouvait dans le collimateur de la CPI depuis août 2006 quand elle avait émis un mandat d'arrêt contre le chef d'état-major de Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda. Mais Nkunda a fait obstruction à la démarche de la CPI.
Quatre Congolais sont actuellement détenus par la CPI. Les chefs de milices Thomas Lubanga, Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo sont accusés pour leur rôle dans le conflit ayant déchiré l'Ituri, une région voisine des Kivu, depuis 2002.
Quant à l'ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba Gombo, arrêté en mai à Bruxelles, est inculpé pour des crimes commis par sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), en République centrafricaine entre octobre 2002 et mars 2003.
Ci-dessous la liste de 31 enfants-soldats récupérés par le gouvernement congolais, leur âge et leur nationalité :


