A l'Apareco, on est aux anges en voyant, enfin, l'Ucdp franchir le Rubicon !
On se souviendra de l'invite, sous forme de boutade, faite par le mouvement de Ngbanda dès que la structure de Kalama, jusque-là pro-Kabila, a commencé ses attaques contre les Kabilistes de Joseph. « Encore un peut d'effort », lui a lancé l'Apareco.
C'est désormais chose faite.
En effet, ces temps derniers, c'est sous la signature inodore et incolore « Info Ucdp » que l'Ucdp s'en prend à Joseph Kabila et à son entourage. Toutes les décisions du Raïs, voire toutes les audiences qu'il accorde à des personnalités congolaises et étrangères sont analysées pour être tournées en dérision.
L'Ucdp – dont on a du mal à situer la nature exacte par rapport à des partis politiques, des asbl, des ong, des syndicats ou des médias - met ses « talents » au service des Afdélistes qui poussaient Laurent-Désiré Kabila à développer une intransigeance de laquelle même les panafricanistes les mieux lotis ont commencé à s'éloigner à la faveur de la perestroïka.
M'Zee en est mort de la manière la plus choquante et dramatique : l'assassinat.
A ce propos, il importe de rappeler que la quasi-totalité des pays progressistes du continent ont compris le non sens de pareille intransigeance dans un monde de plus en plus unipolaire ; la crise financière mondiale actuelle en étant l'illustration parfaite puisqu'elle frappe avec la même intensité, la même dureté autant les Occidentaux que les Orientaux.
En Afrique, des pays comme l'Angola, la Namibie, la Tanzanie, l'Ouganda, le Congo-Brazzaville, le Bénin, le Mali, l'Algérie, l'Egypte et la Libye, réputés progressistes, ont saisi la nécessité du dialogue permanent avec les décideurs (Occidentaux) en lieu et place de l'affrontement. Résultat : ils avancent…
Vraisemblablement, l'Ucdp n'a jusque-là rien compris de cette dynamique alors qu'elle opère chez les mêmes Occidentaux. Ouvrons la parenthèse pour relever que l'un des drames du Congo au cours de ces vingt dernières années, c'est d'avoir le verbe chez les communistes-socialistes apparentés aux nationalistes purs et durs, mais le ventre chez les capitalistes que l'on dénonce comme « pilleurs des ressources naturelles congolaises ».
Venons-en aux faits.
Qu'a-t-on constaté dans les « Lettres de l'Ucdp » de la semaine du 17 au 22 novembre 2008 ?
Cette organisation prend à partie, avec une délectation insolite, Joseph Kabila qu'il rend responsable des malheurs qui s'abattent sur le pays à la suite des événements du Kivu.
D'abord, elle lui fait le reproche d'avoir nommé Alexis Thambwe Mwamba au poste de ministre des Affaires étrangères. Pour cette structure, ATM ne le mérite pas pour la bonne et simple raison qu'il était du Rcd, alors mouvement politico-militaire prorwandais !
Pourtant, l'Ucdp aurait été conséquente avec elle-même en rappelant que cet homme a été aussi membre du Mlc et ministre du Plan sous le « 1+4 ». C'est sous son mandat que le pays s'est doté du Dscrp dont le candidat « mwana mboka » Jean-Pierre Bemba a tenté de transformer en programme de gouvernement de son parti une fois, une fois élu président de la République.
En plus, elle aurait dû ajouter que ATM député national élu du Maniema.
Croit-elle alors, en s'en prenant de façon si ouverte à cette personnalité, qu'elle ne touche pas à la sensibilité des Maniemiens ?
Voilà comment, sans peut-être le savoir, l'Ucdp fait le jeu des puissances occidentaux et du Rwanda prêtes à la balkanisation de la RDC.
Pourtant, à bien réfléchir, le choix d'ATM aux Affaires étrangères peut se révéler payant en ce que l'homme n'a pas de contentieux réel avec Kigali, encore moins avec Kampala. Donc, il peut être un interlocuteur valable pour le Rwanda et l'Ouganda. On imagine, tout de même, si un « M'Zeeiste » dur à cuire avait pris les fonctions ! Ce serait le cabrage garanti.
Faut-il encore souligner que le passage de Thambwe Mwamba au Plan a grossi assurément son carnet d'adresses remontant à l'époque Mobutu. Il peut ouvrir des portes qui peuvent être favorables à la RDC.
L'encre de sa lettre n'avait pas encore séché que l'Ucdp va encore s'en prendre à Joseph Kabila pour avoir reçu en audience lord Mallock Brown, ministre britannique des Affaires étrangères. Considérant cette visite comme « de la poudre aux yeux pour aveugler et distraire les congolais », cette structure « classe le gouvernement britannique comme ennemi du peuple congolais ! ». Elle avance comme raison les faits que Tony Blair, Premier ministre sortant, soit le « co-commanditaire de la guerre d'agression contre notre pays par le Ruanda, l'Ouganda, le Burundi » et soit devenu le « conseiller spécial d'un obscur petit fuhrer africain d'un tout petit pays (Ruanda) Paul Kagame qui utilise les moyens d'Etat pour mener des actes terroristes en RDCongo ! ».
L'Ucpd aurait dû prendre le courage d'allonger la liste avec les Américains, les Canadiens, les Belges, les Allemands etc.
Elle devrait, dès cet instant, se poser la simple question suivante : que doit faire le Grand Congo devant une telle coalition des puissances mondiales résolues à le balkaniser ? Aller à l'affrontement, comme elle le suggère ?
Tout esprit posé soutiendra le contraire : il faut négocier, négocier, ne jamais se fatiguer de négocier, surtout ne jamais cesser de négocier.
C'est ce que Joseph Kabila fait avec le Rwanda et l'Ouganda ; c'est ce qu'il fait avec les Belges, les Français, les Américains, les Britanniques.
Au final, il a raison.
L'une des preuves est que si la guerre de Laurent Nkunda était survenue en trouvant un Congo sans Institutions ni Constitution issues des urnes, on en serait déjà à envisager un Dialogue intercongolais bis. Or, qui ont amené les Congolais aux élections ? Ce sont bien les Occidentaux, en ces les Britanniques, cela est vrai. Mais l'Histoire va devoir retenir pour la postérité que de tous les candidats vertébrés pour la présidence de la République en 2006, seul Joseph Kabila s'était opposé à toute négociation susceptible de retarder le calendrier électoral, donc de prolonger indéfiniment la Transition !
Faut-il alors commettre l'impair de pousser Kabila à éconduire les Occidentaux qui viennent au pays pour échanger sur la guerre de l'Est ?
C'est ici que l'on se pose cette petite question à Kalama : à quel jeu joue l'Ucdp ? Il n'est pas exclu que ce soit le jeu subtil de l'Apareco consistant à dénoncer une balkanisation dont elle appelle secrètement l'avènement de tous vœux, conscient du peu de chances qu'il a de diriger un Congo uni, ce après avoir longtemps diabolisé les Kasaïens et les Bandundois sous Mobutu, les Katangais et les Kivutiens sous M'Zee et le Raïs.
Par : Mapamitiba
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